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J’ai avorté à 17 ans, et je vais bien, merci !

Selon le grand Pro­fes­seur Nisand, sa col­lègue gyné­co­logue Bri­gitte Letombe et Sophie Mari­no­pou­los, psy­cha­na­lyste, il fau­drait « s’in­quié­ter du recours à l’a­vor­te­ment des jeunes ».

Ces trois pro­fes­sion­nels, qui affirment écou­ter les femmes, disent n’a­voir jamais « ren­con­tré de femmes pour qui l’avortement a[it] consti­tué «un évé­ne­ment fon­da­teur de leur vie d’adulte». Pour eux, il s’a­git même d’une « énor­mi­té ». Les énor­mi­tés les saluent donc bien bas et leur pré­sentent quatre témoi­gnages de jeunes femmes ayant avor­té à 17 ans. L’une d’elle, dit gar­der « une dent très nette contre cer­tains méde­cins, qui pro­jettent leur concep­tion du monde et leurs idées sur leurs patients, et peuvent cau­ser des trau­ma­tismes dont ils ne sont sans aucun doute pas conscients. » (Lili) , une autre écrit : « Je n’ai jamais res­senti de regret, de peine ou d’hésitation, depuis le depart tout était trés clair pour moi et je pense que cette expe­rience m’aura fait gran­dir et murir. » (Claire) ; la troi­sième affirme : « J’ai 17 ans, je suis lycéenne et je ne regrette pas une seconde ma déci­sion ». (Lou) ; et la qua­trième, enfin, déclare n’a­voir « pas vécu cette période comme dif­fi­cile, ni même mar­quante » (Hélène).

Puisque ces trois pro­fes­sion­nels se targuent d’é­cou­ter les femmes, en voi­ci ! Et s’ils se demandent pour­quoi ils n’en­tendent pas ces paroles dans le cadre de leur pra­tique, qu’ils s’in­ter­rogent sur les effets de cen­sure que leurs repré­sen­ta­tions impriment sur les femmes qu’ils reçoivent…

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IVG : « Ce qui m’a mar­qué, c’est le silence ».

J’ai avor­té 3 fois dans ma vie. Je dois faire par­tie de celles que cer­tains dési­gne­raient comme pre­nant l’avortement pour une contra­cep­tion. Cette idée quand elle ne me met pas en colère me fait mar­rer : non mais est-ce qu’ils s’imaginent vrai­ment qu’en 20 ans de vie sexuelle je n’ai bai­sé que 4 fois en comp­tant mon môme ?

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IVG : « Il FALLAIT pleu­rer. L’institution nous OBLIGE à pleurer »

C’était il y a envi­ron 5 ans. J’avais 22 ans. Si je témoigne aujourd’hui c’est sur­tout pour dénon­cer les com­por­te­ments et le mépris dont j’ai été vic­time, qui plus est, com­por­te­ments qui ont failli me coû­ter la vie.

Je me suis retrou­vée enceinte. Bizar­re­ment, je l’avais pres­senti dès la pre­mière semaine. Un jour où je ne me sen­tais pas bien, je me suis dit « je ne suis pas seule »… Allez savoir pour­quoi ?
Bref un mois plus tard, j’ai fait un test et celui-ci s’est révé­lé posi­tif. J’en ai tout de suite fait part à mon ami. La déci­sion a été rapide à prendre : nous étions jeunes, en couple depuis peu, étu­diants, sans le sou.
Je suis donc allée très rapi­de­ment prendre un ren­dez-vous pour un avor­te­ment à l’hôpital. La liste d’attente était telle que j’ai eu un ren­dez-vous un mois plus tard, soit à 11 semaines de gros­sesse!

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IVG : « Ce n’est pas l’ivg dont j’ai le regret, mais de ne pas avoir dit plus clairement à ce médecin combien il était odieux. »

Parents de jumeaux de deux ans‚ pas mal com­blés, nous venions de démé­na­ger, pleins de pro­jets, mais dans une période un peu incer­taine‚ parce que sans bou­lot. Gros­sesse sous sté­ri­let, à 33 ans, deux enfants tous petits… Le retrait du sté­ri­let aurait pu entraî­ner la fin de la gros­sesse, mais ce ne fut pas le cas. Le ren­dez vous a donc été pris pour une IVG‚ le ren­dez vous « psy­cho­lo­gique » expé­dié — visi­ble­ment sans pro­blème, je n en ai qu’un vague sou­ve­nir — ; nous vou­lions qu’elle ait lieu à l’hôpital public, et pas dans la cli­nique pri­vée où le gyné­co exer­çait habi­tuel­le­ment. (on ne se refait pas quand on défend le ser­vice public). Visi­ble­ment, ça a aga­cé le mon­sieur (qu’on ne connais­sait pas, on venait d’arriver dans la région). On est venu tôt, tous les deux, on a jon­glé pour trou­ver des copains pour gar­der les mômes‚ pas simple, on a atten­du, long­temps… des heures. Quand le gyné­co a fini par arri­ver‚ visi­ble­ment la tête ailleurs, énerve, il m’a deman­dé si j’étais à jeun. Hon­nête, j’ai répon­du que j’avais pris une gor­gée de café deux heures avant (c’était long… et même tirer deux taffes d’une clope). Il a fait un scan­dale, il ne nous adres­sait pas la parole, par­lait au reste des soi­gnants‚ a dit qu’il ne pou­vait pas pra­ti­quer l’IVG puisque je n’étais pas à jeun, ce que nous ne com­pre­nions pas, puisqu’il n’était pas ques­tion d’anesthésie géné­rale. Le méde­cin a dit qu’il n’intervenait que sous anes­thé­sie, que c’était à prendre ou à lais­ser, que de toutes façons c’était « trop tard pour aujourd’­hui ‚qu’elle revienne ce soir‚ elle dor­mira à l’hosto, pour une inter­ven­tion demain matin »… On a essayé d’expliquer la situa­tion, il a tour­né le dos, n’avait pas eu le temps de déjeu­ner, était atten­du ailleurs…
Pas vrai­ment le choix…