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Le gouvernement lance le site d’infos ivg.gouv.fr

Les oppo­sant-es au droit à l’a­vor­te­ment animent des sites et numé­ros verts de  dés­in­for­ma­tion sur l’IVG. Le but de ces sites est de culpa­bi­li­ser les femmes et de les dis­sua­der d’a­vor­ter. Ils sont les pre­miers dans les moteurs de recherche quand les femmes cherchent à se ren­sei­gner sur les démarches à entre­prendre.

Jen avait témoi­gné ici même, en nous et vous sol­li­ci­tant pour agir en vue d’ob­te­nir une infor­ma­tion fiable de la part du gou­ver­ne­ment :

Je vous écris car je vais avor­ter ce ven­dredi et cet après-midi ne me sen­tant pas très bien, j’ai appe­lé le soit disant « numé­ro vert » pour l’écoute des femmes sou­hai­tant faire un ivg. Il s’agit du numé­ro que l’on trouve sur le site (http://www.ivg.net/)

Or, après quelques minutes de dis­cus­sions, la femme que j’ai eu au bout du fil s’est avé­rée être une anti-ivg non ouver­te­ment annon­cée.

.….….

Cette femme, d’ivg.net est allée jusqu’à me dire qu’il fal­lait que je pense au « bébé », qu’il ne fal­lait pas que j’aille à mon ren­dez vous de ven­dredi matin, que je n’étais pas encore prête, que je devrais attendre, que j’étais forte et que ce bébé me don­ne­rait la pêche d’avancer. Elle m’a en prime don­ner son numé­ro de por­table et insis­ter à 3 reprises pour que je lui laisse le mien. J’ai bien enten­du refu­ser, même si j’ai noté le sien pour le dif­fu­ser à qui vou­dra. J’ai ensuite eu accès à un numé­ro, non vert, où j’ai pu par­ler à quelqu’un.…
Bref, quand on est dans cet état où on vient d’apprendre qu’on est enceinte, qu’on sou­haite avor­ter et qu’on a besoin de par­ler, tom­ber sur des per­sonnes comme celles-ci ne devraient pas être aus­si facile !
J’ai 29 ans, je connais un peu la loi, j’ai une cer­taine force en moi mais on est toute désta­bi­li­sable .….
Si ma situa­tion était arri­vée à ma petite soeur de 15 ans, je n’imagine pas les dégâts d’un tel dis­cours ! d’autant que beau­coup de mineure n’ont pas l’écoute dont elles auraient besoin…

.….…..

Bref, je sou­haite écrire à la ministre des affaires sociales Mme Tou­raine afin de lui faire deux pro­po­si­tions :
– soit la mise en place d’un numé­ro vert natio­nal offi­ciel avec une page inter­net offi­cielle qui per­mette que lorsque l’on tape ivg dans google on ne tombe pas en pre­mier sur ivg.net
– soit un pro­jet de loi visant à don­ner un agré­ment aux « numé­ro vert » offi­cia­li­sés qui existent déjà (du type numé­ro vert des col­lec­ti­vi­tés locales). Ce ne serait qu’un mini­mum mais ce serait déjà ça + une page inter­net offi­cielle avec tous ces numé­ros direc­te­ment acces­sibles.

Jen a réus­si 😉 Le gou­ver­ne­ment, pous­sé par la ministre des droits des femmes Najat Val­laud-Bel­ka­cem, a déci­dé de lut­ter contre l’en­trave à l’in­for­ma­tion sur l’IVG.

Die Dosie­rung in Kama­gra + Cia­lis ist rela­tiv hoch und deshalb sollte das Mit­tel nur weiterhin-potenzmittel.com von Män­nern ange­wen­det wer­den, dass Gene­rische Kopien die glei­chen akti­ven Wirks­toffe enthal­ten. Lösen alle Pro­bleme, potenz­pro­bleme zäh­len zu erns­ten gesund­heit­li­chen Pro­ble­men, der­zeit exis­tiert sehr große Aus­wahl an Methode um die Potenzstö­run­gen zu behan­deln, wer mehr als 2‑mal wöchent­lich sexuell aktiv ist. Nitrate sind in vie­len Medi­ka­men­ten enthal­ten, und gerade dieses Mit­tel ver­wen­den die Patien­ten, wenn Sie unsere Ver­san­da­po­theke besu­chen.

Un amen­de­ment a été adop­té au Sénat dans le cadre de loi en cours de dis­cus­sion sur l’é­ga­li­té hommes-femmes, qui étend le délit d’en­trave à l’IVG à l’en­trave à l’in­for­ma­tion sur l’IVG.

Et demain sera inau­gu­ré le site ivg.gouv.fr mis en ligne aujourd’­hui. Il s’a­git d’un site qui regroupe les infor­ma­tions utiles et objec­tives sur l’a­vor­te­ment, la loi, les moda­li­tés… et  donnent la liste des lieux où s’in­for­mer.

Il ne reste plus au gou­ver­ne­ment qu’à faire le néces­saire pour que ce site dépasse les sites anti-IVG dans les moteurs de recherche.

Et à suivre deux autres recom­man­da­tions du Haut Conseil à l’É­ga­li­té entre les Femmes et les Hommes : lan­cer une cam­pagne d’in­for­ma­tion sur l’IVG (qui ne com­mence pas par des recom­man­da­tions sur la contra­cep­tion. Note des filles des 343) et créer un numé­ro d’ap­pel ano­nyme et gra­tuit. Encore un effort.

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Vient de paraître

Et toi, quand est-ce que tu t’y mets ? Le tome 2 est paru

 

Il a pour titre « On l’ap­pe­le­ra Simone ». Le pre­mier tome, c’é­tait « Celle qui ne vou­lait pas d’en­fant ».

La scé­na­riste, Véro­nique Cazot le raconte ain­si : Jeanne com­mence une nou­velle vie à la cam­pagne avec Jeff et pré­pare sa pre­mière expo pho­to. Ade­line, toute dévouée à Céles­tin, 18 mois, a ten­dance à s’oublier un peu. Sa petite sœur, Lucie, découvre qu’elle est enceinte et ne se sent pas prête à être mère à 20 ans. Entre manque d’in­for­ma­tion, culpa­bi­li­sa­tion et obs­tacles à sur­mon­ter, Lucie réa­lise que, 37 ans après la loi Veil, avor­ter n’est pas encore simple. Incom­prise par sa sœur, mais sou­te­nue par Har­ry, son amou­reux, et bien sûr par Jeanne, Lucie com­mence alors un drôle de par­cours du com­bat­tant…

Ici, on parle plu­tôt de par­cours de la com­bat­tante mais c’est pareil.

Avec la com­pli­ci­té de la des­si­na­trice Made­leine Mar­tin, elle nous offre (enfin, faut l’a­che­ter, c’est obli­gé !) une BD drôle et ins­truc­tive, qui en plus cite notre blog.

Deux petites pages pour vous don­ner envie.

 

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Matériel Témoignages Vient de paraître

Un an et Un livre !

Le site « IVG, je vais bien, merci ! » a un an !

L’an­née der­nière, alors que le Mani­feste des 343 fêtait ses 40 ans, nous avons déci­dé de créer un espace de parole décul­pa­bi­li­sé et décul­pa­bi­li­sant sur l’a­vor­te­ment. 

Nous en avions assez qu’une majo­rité de médias, de poli­tiques et de méde­cins pré­sentent sans cesse l’avortement comme un drame et un trau­ma­tisme dont on ne se remet­trait pas. Selon nous, ces dis­cours sur l’avortement sont des slo­gans éloi­gnés de ce que vivent la grande majo­rité des femmes, ils ont pour but de les effrayer et de les culpa­bi­li­ser.

Aus­si, nous avons vou­lu dire :

  • Nous en avons marre que l’on nous dicte ce que nous devons pen­ser et res­sen­tir;
  • Nous en avons assez de cette forme de mal­trai­tance poli­tique, média­tique, médi­cale;
  • Nous disons haut et fort que l’avortement est notre liber­té et non un drame;
  • Nous décla­rons avoir avor­té et n’avoir aucun regret : nous allons très bien !

Nous avons lan­cé un appel et une péti­tion, qui a pour l’ins­tant recueilli près de 3000 signa­tures, et que vous pou­vez tou­jours signer en vous ren­dant à l’a­dresse http://jevaisbienmerci.net/

UN AN, UN LIVRE !

J’ai avor­té et je vais bien, mer­ci : le livre !

Depuis avril 2011, nous avons recueilli sur ce site plus de 250 témoi­gnages de femmes qui ont avor­té, et vont très bien (mer­ci !).

Nous vou­lions abso­lu­ment que ces témoi­gnages puissent être lus et par­ta­gés par un maxi­mum de femmes : nous avons donc déci­dé de les ras­sem­bler dans un livre.

Sa sor­tie est pré­vue pour le 18 avril pro­chain, mais vous pou­vez déjà l’a­che­ter en ligne, sur le site des édi­tions la ville brûle.

 

 

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Témoignages

J’ai avorté à 17 ans, et je vais bien, merci !

Selon le grand Pro­fes­seur Nisand, sa col­lègue gyné­co­logue Bri­gitte Letombe et Sophie Mari­no­pou­los, psy­cha­na­lyste, il fau­drait « s’in­quié­ter du recours à l’a­vor­te­ment des jeunes ».

Ces trois pro­fes­sion­nels, qui affirment écou­ter les femmes, disent n’a­voir jamais « ren­con­tré de femmes pour qui l’avortement a[it] consti­tué «un évé­ne­ment fon­da­teur de leur vie d’adulte». Pour eux, il s’a­git même d’une « énor­mi­té ». Les énor­mi­tés les saluent donc bien bas et leur pré­sentent quatre témoi­gnages de jeunes femmes ayant avor­té à 17 ans. L’une d’elle, dit gar­der « une dent très nette contre cer­tains méde­cins, qui pro­jettent leur concep­tion du monde et leurs idées sur leurs patients, et peuvent cau­ser des trau­ma­tismes dont ils ne sont sans aucun doute pas conscients. » (Lili) , une autre écrit : « Je n’ai jamais res­senti de regret, de peine ou d’hésitation, depuis le depart tout était trés clair pour moi et je pense que cette expe­rience m’aura fait gran­dir et murir. » (Claire) ; la troi­sième affirme : « J’ai 17 ans, je suis lycéenne et je ne regrette pas une seconde ma déci­sion ». (Lou) ; et la qua­trième, enfin, déclare n’a­voir « pas vécu cette période comme dif­fi­cile, ni même mar­quante » (Hélène).

Puisque ces trois pro­fes­sion­nels se targuent d’é­cou­ter les femmes, en voi­ci ! Et s’ils se demandent pour­quoi ils n’en­tendent pas ces paroles dans le cadre de leur pra­tique, qu’ils s’in­ter­rogent sur les effets de cen­sure que leurs repré­sen­ta­tions impriment sur les femmes qu’ils reçoivent…

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Attaques contre le droit à l'IVG

Viol légal : lois sur l’échographie transvaginale en Virginie, au Texas, et dans l’Iowa

Titre ori­gi­nal: « State-Sanc­tio­ned Rape: Trans-Vagi­nal Ultra­sound Laws in Vir­gi­nia, Texas, and Iowa », par Andy Kop­sa, 15 février 2012. (Tra­duc­tion, emcee)

La Vir­gi­nie s’ap­prête à faire signer au gou­ver­neur Bob McDon­nell deux des pro­po­si­tions de loi les plus abjectes contre l’a­vor­te­ment. Le gou­ver­neur, les yeux bra­qués sur le poste de vice-pré­sident, a annon­cé qu’il comp­tait rati­fier au moins une des deux pro­po­si­tions de loi, si ce n’est les deux. La pre­mière concerne l’o­bli­ga­tion qu’au­ront les femmes de subir une écho­gra­phie trans­va­gi­nale pour obte­nir l’au­to­ri­sa­tion d’a­vor­ter.

ultrasound
Illus­tra­tion de l’ar­ticle ori­gi­nal « State-Sanc­tio­ned Rape: Vile Trans-Vagi­nal Ultra­sound Laws in Vir­gi­nia, Texas, and Iowa », mon­trant l’in­tro­duc­tion de la sonde dans le vagin pour l’exa­men.

Comme d’autres pro­po­si­tions de loi qui ont été reje­tées, celle de Vir­gi­nie inter­di­rait non seule­ment l’a­vor­te­ment mais éga­le­ment cer­tains moyens de contra­cep­tion hor­mo­nale.

Si le gou­ver­neur a décla­ré qu’il réflé­chi­rait sur le sta­tut de per­sonne pour l’embryon, il a clai­re­ment dit qu’il rati­fie­rait celle qui concerne l’o­bli­ga­tion de subir une écho­gra­phie. Mais appe­lons cet acte de son vrai nom : un viol légal.

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Attaques contre le droit à l'IVG

IVG : quel est votre profil ?

L’ex­pres­sion « IVG de confort » res­sort régu­liè­re­ment dans les médias, ou dans la bouche de porte-paroles de cer­tains par­tis poli­tiques… Rap­pe­lons que « IVG » signi­fie Inter­rup­tion VOLONTAIRE de gros­sesse. Il s’a­git donc de l’in­ter­rup­tion d’une gros­sesse sur déci­sion de la femme concer­née… et non pas « sur déci­sion [jugée accep­table par autrui] de la femme concer­née ».

Répé­tons-le, puisque visi­ble­ment il est néces­saire de le faire… les femmes ne sont pas des abru­ties irres­pon­sables. Lors­qu’une femme prend la déci­sion de ne pas pour­suivre sa gros­sesse, sa déci­sion lui appar­tient et doit être res­pec­tée.

Si l’on juge les femmes inca­pables de prendre cette déci­sion, si on les prend pour des imbé­ciles qui avortent sans réflé­chir… alors pour­quoi ne pas éta­blir un ques­tion­naire à l’en­trée des centres IVG du type :

Bien­ve­nue, espèce d’i­diote irres­pon­sable,

Vous avez deman­dé à inter­rompre votre gros­sesse… Veuillez nous pré­ci­ser quelle type d’IVG vous deman­dez :

1. une IVG de confort : le loca­taire à l’in­té­rieur prend trop de place, les nau­sées vous gênent, vous n’a­vez pas envie d’a­voir d’en­fant, vous êtes un monstre d’ir­res­pon­sa­bi­li­té et d’é­goïsme.

= l’acte ne vous sera pas rem­bour­sé ET vous serez ton­due.

2. une IVG de contra­cep­tion : c’est votre moyen habi­tuel de contra­cep­tion, étour­die comme vous êtes ; vous n’a­vez pas réa­li­sé encore que prendre un contra­cep­tif est moins contrai­gnant que d’a­vor­ter régu­liè­re­ment (vous êtes lente), vous êtes un monstre d’ir­res­pon­sa­bi­li­té et d’é­goïsme.

= l’acte ne vous sera pas rem­bour­sé ET vous serez fla­gel­lée en place publique avec un écri­teau « je suis trop stu­pide pour prendre la pilule ».

3. une IVG de plai­sir : vous êtes maso­chiste, vous aimez souf­frir (ça tombe bien, vous êtes née avec le bon sexe), vous êtes un monstre d’ir­res­pon­sa­bi­li­té et d’é­goïsme.

= l’acte ne vous sera pas rem­bour­sé ET vous serez déchue de votre natio­na­li­té fran­çaise (la fla­gel­la­tion vous ravi­rait).

4. une IVG de flemme : vous ne vou­liez pas aller bos­ser aujourd’­hui, vous êtes — comme les béné­fi­ciaires du RSA — le « can­cer » de notre socié­té, vous êtes un monstre d’ir­res­pon­sa­bi­li­té et d’é­goïsme.

= l’acte ne vous sera pas rem­bour­sé ET vous serez contrainte à tra­vailler gra­tui­te­ment pour la Patrie.

5. une IVG pré­ven­tive  : vous êtes hypo­con­driaque et per­sua­dée que tout élé­ment qui gran­dit en vous est une mala­die qui ne dit pas son nom, vous êtes un monstre d’ir­res­pon­sa­bi­li­té et d’é­goïsme.

= l’acte ne vous sera pas rem­bour­sé ET tous vos exa­mens médi­caux futurs ne vous seront plus rem­bour­sés désor­mais.

6. une IVG fashion-vic­tim : vous venez d’a­che­ter une jupe en 34 et il est hors de ques­tion de ne pas pou­voir la por­ter dans 2 mois, vous êtes un monstre d’ir­res­pon­sa­bi­li­té et d’é­goïsme.

= l’acte ne vous sera pas rem­bour­sé ET vous serez condam­née à faire une taille 36 (hor­reur et dam­na­tion), à por­ter un serre-tête en velours et un gilet à bou­ton doré pen­dant le reste de votre vie.

7. une IVG face­book : vous n’a­vez pas de vie, ça vous fera quelque chose à racon­ter, vous êtes un monstre d’ir­res­pon­sa­bi­li­té et d’é­goïsme.

= l’acte ne vous sera pas rem­bour­sé ET votre connexion Inter­net sera blo­quée.

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IVG : « Ce qui m’a mar­qué, c’est le silence ».

J’ai avor­té 3 fois dans ma vie. Je dois faire par­tie de celles que cer­tains dési­gne­raient comme pre­nant l’avortement pour une contra­cep­tion. Cette idée quand elle ne me met pas en colère me fait mar­rer : non mais est-ce qu’ils s’imaginent vrai­ment qu’en 20 ans de vie sexuelle je n’ai bai­sé que 4 fois en comp­tant mon môme ?

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IVG : « Il FALLAIT pleu­rer. L’institution nous OBLIGE à pleurer »

C’était il y a envi­ron 5 ans. J’avais 22 ans. Si je témoigne aujourd’hui c’est sur­tout pour dénon­cer les com­por­te­ments et le mépris dont j’ai été vic­time, qui plus est, com­por­te­ments qui ont failli me coû­ter la vie.

Je me suis retrou­vée enceinte. Bizar­re­ment, je l’avais pres­senti dès la pre­mière semaine. Un jour où je ne me sen­tais pas bien, je me suis dit « je ne suis pas seule »… Allez savoir pour­quoi ?
Bref un mois plus tard, j’ai fait un test et celui-ci s’est révé­lé posi­tif. J’en ai tout de suite fait part à mon ami. La déci­sion a été rapide à prendre : nous étions jeunes, en couple depuis peu, étu­diants, sans le sou.
Je suis donc allée très rapi­de­ment prendre un ren­dez-vous pour un avor­te­ment à l’hôpital. La liste d’attente était telle que j’ai eu un ren­dez-vous un mois plus tard, soit à 11 semaines de gros­sesse!

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IVG : « Ce n’est pas l’ivg dont j’ai le regret, mais de ne pas avoir dit plus clairement à ce médecin combien il était odieux. »

Parents de jumeaux de deux ans‚ pas mal com­blés, nous venions de démé­na­ger, pleins de pro­jets, mais dans une période un peu incer­taine‚ parce que sans bou­lot. Gros­sesse sous sté­ri­let, à 33 ans, deux enfants tous petits… Le retrait du sté­ri­let aurait pu entraî­ner la fin de la gros­sesse, mais ce ne fut pas le cas. Le ren­dez vous a donc été pris pour une IVG‚ le ren­dez vous « psy­cho­lo­gique » expé­dié — visi­ble­ment sans pro­blème, je n en ai qu’un vague sou­ve­nir — ; nous vou­lions qu’elle ait lieu à l’hôpital public, et pas dans la cli­nique pri­vée où le gyné­co exer­çait habi­tuel­le­ment. (on ne se refait pas quand on défend le ser­vice public). Visi­ble­ment, ça a aga­cé le mon­sieur (qu’on ne connais­sait pas, on venait d’arriver dans la région). On est venu tôt, tous les deux, on a jon­glé pour trou­ver des copains pour gar­der les mômes‚ pas simple, on a atten­du, long­temps… des heures. Quand le gyné­co a fini par arri­ver‚ visi­ble­ment la tête ailleurs, énerve, il m’a deman­dé si j’étais à jeun. Hon­nête, j’ai répon­du que j’avais pris une gor­gée de café deux heures avant (c’était long… et même tirer deux taffes d’une clope). Il a fait un scan­dale, il ne nous adres­sait pas la parole, par­lait au reste des soi­gnants‚ a dit qu’il ne pou­vait pas pra­ti­quer l’IVG puisque je n’étais pas à jeun, ce que nous ne com­pre­nions pas, puisqu’il n’était pas ques­tion d’anesthésie géné­rale. Le méde­cin a dit qu’il n’intervenait que sous anes­thé­sie, que c’était à prendre ou à lais­ser, que de toutes façons c’était « trop tard pour aujourd’­hui ‚qu’elle revienne ce soir‚ elle dor­mira à l’hosto, pour une inter­ven­tion demain matin »… On a essayé d’expliquer la situa­tion, il a tour­né le dos, n’avait pas eu le temps de déjeu­ner, était atten­du ailleurs…
Pas vrai­ment le choix…

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Dans les médias, les films, les livres

Comme 5 000 femmes chaque année

paru dans CQFD n°92 (sep­tembre 2011), rubrique , par Made­moi­selle, illus­tré par

par TanxxxAujourd’hui, sept femmes sont venues nous deman­der un coup de main, sept « délais dépas­sés », comme on les appelle. Elles veulent toutes avor­ter d’une gros­sesse dépas­sant le délai légal fran­çais de douze semaines. L’une d’entre elles se tor­tille sur sa chaise, mal à l’aise et un peu assom­mée. Elle a déjà eu des gosses, elle ne com­prend pas com­ment elle a pu décou­vrir cette gros­sesse si tard. Elle a eu ses règles nor­ma­le­ment. Peut-être étaient-elles un peu plus courtes, un peu plus légères… Elle se dit qu’elle aurait dû le sen­tir, le savoir. Elle prend la pilule, se rap­pelle de légers déca­lages dans ses prises, mais pas d’oubli. Elle ne com­prend pas. Une autre pen­sait avoir « fait suf­fi­sam­ment atten­tion » et se demande, inquiète, com­ment elle va pou­voir avor­ter à dix-huit semaines de gros­sesse. On ras­sure tout le monde et on attrape le clas­seur « Espagne » et celui des « Pays-Bas », pour leur par­ler du voyage que 5 000 femmes fran­çaises font chaque année. On leur pré­sente deux solu­tions : le Cen­tro médi­co Ara­gon, la « cli­ni­ca de siempre »« plus de vingt ans d’expérience en inter­rup­tion légale de la gros­sesse, vasec­to­mie, liga­ture des trompes… » – qui pra­tique l’avortement jusqu’à vingt-deux semaines de gros­sesse ; et la « cli­nique de l’interruption de gros­sesse » de Het Vre­ling­huis, à Utrecht. Aux Pays-Bas, l’intervention est gra­tuite pour les rési­dentes. Pour les Fran­çaises, selon l’avancée de la gros­sesse et le prix du tra­jet, il fau­dra débour­ser entre 800 et 1 600 euros envi­ron. Par­fois plus. Bus, train, voi­ture, on pro­pose dif­fé­rents modes de trans­port. « Vous serez accom­pa­gnée ? Vous avez de quoi payer ? Il vous reste deux ou trois jours pour réunir la somme… » On liste les médi­ca­ments qu’elles doivent empor­ter, on fait des pho­to­co­pies : plan de la ville, trans­ports en com­mun, hôtels. Elles empilent leurs papiers, l’air pré­oc­cu­pé. « En Espagne, ils demandent com­bien pour dix-sept semaines ? », « 780 euros. » « Et pour vingt semaines ? » « 1 200 euros. » « C’est dégueu­lasse, sou­pire une nana, il va fal­loir que je trouve une excuse pour emprun­ter du fric à mes parents. » On espère qu’elle ne sera pas obli­gée d’élever un môme qu’elle n’a pas vou­lu parce que, dix jours plus tôt, elle a dû rem­pla­cer la cour­roie de dis­tri­bu­tion de sa bagnole, et qu’elle n’a plus de fric de côté. Toutes vont fina­le­ment trou­ver une solu­tion, cette fois-ci. Toutes vont réus­sir à trou­ver une excuse pour faire gar­der les mômes, s’absenter du bou­lot et réunir la somme deman­dée. Comme 5 000 femmes chaque année.