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Attaques contre le droit à l'IVG Dans les médias, les films, les livres

« Take the boat », un documentaire sur l’interdiction de l’IVG en Irlande, cherche des sous pour exister

On nous a envoyé ça :

Take the Boat” est un film docu­men­taire qui traite de l’interdiction de l’avortement en Irlande. Il ques­tionne le poids de la poli­tique dans l’intimité des femmes, toutes sus­cep­tibles d’être un jour confron­tées à un tel choix.

Beau­coup de Fran­çais l’ignorent mais tous les ans, 5 000 Irlan­daises se rendent en Angle­terre pour avor­ter. Dans leur pays, c’est illé­gal. Et tabou : leurs com­pa­triotes disent qu’  »elles prennent le bateau. » En plus de se sen­tir iso­lées et cri­mi­nelles, elles doivent débour­ser des cen­taines d’euros.

N’ou­bliez jamais qu’il suf­fi­ra d’une crise poli­tique, éco­no­mique ou reli­gieuse pour que les droits des femmes soient remis en ques­tion». Cette mise en garde de Simone de Beau­voir est plus que jamais d’actualité depuis que le gou­ver­ne­ment espa­gnol a pré­vu de limi­ter l’accès à l’avortement. Ce film est donc l’occasion de se rap­pe­ler que le droit des femmes à dis­po­ser de leur corps n’est tou­jours pas acquis en Europe.

Mais pour que ce film puisse exis­ter, nous avons besoin d’aide. Un  appel au finan­ce­ment par­ti­ci­pa­tif sur le site Touscoprod.com a été lan­cé et nous avons jusqu’au 20 mai 2014 pour récol­ter 10 000€.
Si cet objec­tif n’est pas atteint, le pro­jet ne touche rien et les contri­bu­teurs récu­pèrent leur mise.

Alors, si « Take the boat » vous touche, n’hé­si­tez pas à contri­buer et sur­tout à relayer le pro­jet.
Vous pou­vez aus­si nous suivre sur Face­book et Twit­ter.

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Attaques contre le droit à l'IVG Législations

Presque on croirait avoir un gouvernement de gauche

Non, je plai­sante.

Quoi qu’il en soit, hier l’as­sem­blée natio­nale a voté l’a­men­de­ment (à la loi sur l’é­ga­li­té hommes-femmes) qui sup­prime le besoin pour une femme d’être en détresse pour avoir le droit d’a­vor­ter. La nou­velle rédac­tion dit qu’il suf­fit qu’une femme ne veuille pas d’une gros­sesse pour qu’elle ait ce droit. C’est un pas vers ce que ce blog reven­dique, un droit incon­di­tion­nel à l’IVG, sans que qui­conque ne juge des moti­va­tions des femmes concer­nées.

En l’é­cri­vant, je réa­lise com­bien ce que j’é­cris est incroyable : des gens (des hommes en large majo­ri­té) décide de ce que chaque femme a le droit ou pas de faire d’une gros­sesse débu­tante. Ils pour­raient, tout aus­si bien que le gou­ver­ne­ment espa­gnol, reti­rer ce droit.

Cette même assem­blée a reje­té l’a­men­de­ment d’une quin­zaine d’UM­Pistes encore plus réacs que les autres, amen­de­ment qui pro­po­sait de dérem­bour­ser l’IVG puis­qu’elle ne cor­res­pond plus à une situa­tion de détresse.

On attend un peu pour ouvrir le cham­pagne. La loi doit encore pas­ser devant le Sénat puis reve­nir à l’As­sem­blée.

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Attaques contre le droit à l'IVG Manifestations

Solidarité féministe internationale avec les femmes d’Espagne / Manif à Villeurbanne

Le 10 décembre, le Rap­port Estre­la* sur la san­té et les droits sexuels et repro­duc­tifs a été reje­té par les dépu­té-es euro­péens suite, notam­ment, à du lob­bying inten­sif de mou­ve­ments anti-fémi­nistes et contre l’a­vor­te­ment.

Ven­dre­di 20 décembre, le gou­ver­ne­ment espa­gnol a pré­sen­té une loi visant à inter­dire le
droit à l’a­vor­te­ment sauf en cas de :
« — grave dan­ger encou­ru par la femme pour sa vie ou sa san­té phy­sique ou psy­cho­lo­gique : le texte impose que le diag­nos­tic soit émis par deux méde­cins dif­fé­rents et étran­gers à l’é­ta­blis­se­ment pra­ti­quant l’a­vor­te­ment,
— viol, à la condi­tion qu’elle ait dépo­sé plainte, — mal­for­ma­tion fœtale, sous réserve de deux rap­ports médi­caux — l’un sur la mère et l’autre sur le fœtus, qui confir­me­ront le motif d’in­ter­rup­tion de gros­sesse »***.

Dans ce contexte de remise en ques­tion du droit à dis­po­ser de nos corps et d’une dif­fu­sion mas­sive de dis­cours anti « théo­rie du genre », incluant des posi­tions anti-avor­te­ment, anti-mariage homo, mas­cu­li­niste et trans­phobe etc., nous, des fémi­nistes, pro­po­sons d’or­ga­ni­ser ensemble

un ras­sem­ble­ment (mixte) dans l’es­pace public, le same­di 11 jan­vier à 14h30 devant la mai­rie de Vil­leur­banne (Métro A, arrêt Gratte-Ciel).

L’ob­jec­tif est d’oc­cu­per l’es­pace ensemble, au même endroit, à la même heure pour défendre le droit à dis­po­ser de nos corps, visi­bi­li­ser nos ana­lyses et posi­tions poli­tiques, et affi­cher notre soli­da­ri­té avec les fémi­nistes espa­gnoles.

 

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Attaques contre le droit à l'IVG

Et si vouloir avorter suffisait ?

Un « Rap­port rela­tif à l’ac­cès à l’IVG » (Volet 2 : accès à l’IVG dans les ter­ri­toires) a été ren­du par le Haut conseil à l’é­ga­li­té entre les femmes et les hommes à la ministre des Droits des femmes en novembre 2013.

Ce rap­port recom­mande 40 mesures, dont 3 dans la par­tie « Droit : faire de l’IVG un droit à part entière ». Et on ne peut qu’être d’ac­cord avec les trois recom­man­da­tions qui enté­rinent le fait que les femmes sont aptes à prendre seules les déci­sions les concer­nant, sans contrôle des psy ou des méde­cins…

RECOMMANDATION N°1
Rem­pla­cer dans l’Article L2212‑1 du Code de la san­té publique auto­ri­sant l’avortement l’expression « La femme enceinte que son état place dans une situa­tion de détresse peut deman­der à un méde­cin l’in­ter­rup­tion de sa gros­sesse » par l’expression « La femme qui ne sou­haite pas pour­suivre une gros­sesse peut deman­der à un‑e méde­cin de l’in­ter­rompre »

RECOMMANDATION N°2
Sup­pri­mer l’obligation du délai de réflexion de 7 jours pré­vu aujourd’hui entre les deux pre­mières consul­ta­tions néces­saires avec un‑e méde­cin avant une IVG

RECOMMANDATION N°3
Sup­pri­mer de l’article L.2212–8 du Code de la san­té publique la men­tion expli­cite de la clause de conscience for­mu­lée ain­si : « Un méde­cin n’est jamais tenu de pra­ti­quer une inter­rup­tion volon­taire de gros­sesse », ain­si que pour les autres pro­fes­sion­nel-le‑s de san­té men­tion­né-e‑s dans le même article. La pos­si­bi­li­té de recours à la « clause de conscience » est déjà accor­dée de manière géné­rale à tout le per­son­nel soi­gnant pour l’ensemble des actes médi­caux.

Un amen­de­ment a été ajou­té mer­cre­di, en com­mis­sion, au pro­jet de loi « pour l’é­ga­li­té entre les femmes et les hommes » qui sera dis­cu­té à l’As­sem­blée natio­nale à par­tir du 20 jan­vier. Cet amen­de­ment reprend la recom­man­da­tion 1.

L’a­li­bi de la détresse obli­ga­toire, sans doute néces­saire pour faire pas­ser  la loi de dépé­na­li­sa­tion, n’a plus lieu d’être et la loi va (peut-être) le recon­naître. Si une femme ne veut pas d’une gros­sesse, elle a le droit incon­di­tion­nel d’a­vor­ter.

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Attaques contre le droit à l'IVG Manifestations

Les avortées décomplexées contre les cathos intégristes

Same­di 31 mars, les cathos inté­gristes ont orga­ni­sé, comme chaque mois un ras­sem­ble­ment devant le centre IVG de l’hô­pi­tal Tenon.

Une contre-mani­fes­tante a uti­li­sé le titre de notre livre à venir.

Et d’autres femmes sont venues spon­ta­né­ment signer sa pan­carte.

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Attaques contre le droit à l'IVG

Avortement aux Etats-Unis: des projets de lois comme s’il en pleuvait

Les pro­jets de lois pour limi­ter, entra­ver, et abo­lir de fait, le droit des femmes à l’a­vor­te­ment se mul­ti­plient aujourd’­hui sur tout le ter­ri­toire USa­mé­ri­cain.

Les répu­bli­cains (en par­ti­cu­lier) se sont fait une spé­cia­li­té de ten­ter d’a­bo­lir, sans y arri­ver, tou­te­fois, l’ar­rêt Roe v. Wade, qui recon­naît l’a­vor­te­ment depuis 1973 comme un droit consti­tu­tion­nel.

Cepen­dant, les groupes anti-IVG sont par­ve­nus à rendre l’a­vor­te­ment tou­jours plus dif­fi­cile d’ac­cès, grâce à la com­pli­ci­té des élus de cer­tains états qui, soit ont omis volon­tai­re­ment de prendre des mesures pour faire appli­quer le droit à l’a­vor­te­ment, soit ont adop­té des lois sour­noises pour le limi­ter – qu’il s’a­gisse du rem­bour­se­ment de l’acte, d’exa­mens obli­ga­toires à la charge de la patiente, d’o­bli­ga­tion de consul­ter un « cabi­net de conseils » en matière de soins repro­duc­tifs ou de l’i­nac­ces­si­bi­li­té des centres d’IVG.

Sans par­ler de l’au­to­ri­sa­tion de se pré­va­loir de la « clause de conscience » pour les per­son­nels soi­gnants, les phar­ma­ciens ou les centres hos­pi­ta­liers, de l’in­dif­fé­rence des auto­ri­tés au har­cè­le­ment et aux menaces que subissent les per­son­nels de ces centres, leurs familles et les femmes qui s’y rendent pour avor­ter.

Cela, en ver­tu du 1er Amen­de­ment qui garan­tit la liber­té d’ex­pres­sion et la liber­té de conscience en matière de reli­gion.

Mal­gré cela, ces mesures ne sont tou­jours pas satis­fai­santes pour le lob­by anti-avor­te­ment, qui revient à la charge avec d’autres pro­jets de loi visant à por­ter un coup fatal à la loi sur l’IVG, et qui est sou­te­nu par cer­tains élus des congrès des états qui débordent d’i­ma­gi­na­tion pour inter­dire aux femmes – et plus par­ti­cu­liè­re­ment aux plus dému­nies — l’ac­cès à l’IVG.

Après la Vir­gi­nie, le Texas, et l’Io­wa , entre autres,  c’est main­te­nant au tour de la Loui­siane de remettre sa copie au Congrès de l’é­tat.

L’é­tat de Loui­siane pré­sente aujourd’­hui un pro­jet de loi qui inter­di­ra à qui­conque de pra­ti­quer des avor­te­ments s’il n’est pas méde­cin agréé.

Selon NOLA.com (publié le 1 mars 2012) :

« Les avor­te­ments pra­ti­qués par toute per­sonne qui n’est pas doc­teur en méde­cine accré­di­té par l’é­tat de Loui­siane seraient consi­dé­rés comme un crime en ver­tu de la loi pro­po­sée jeu­di 1 mars par le séna­teur démo­crate Rick Ward III. Ward  a décla­ré que sa pro­po­si­tion de loi concer­ne­rait les infir­mier-ère‑s diplo­mé-e‑s d’é­tat, les infir­miers auxi­liaires, les assis­tants des méde­cins, les aides-soi­gnant-e‑s et ceux qui n’ont reçu aucune for­ma­tion médi­cale.

Le pro­jet de loi de Ward intro­duit la notion d’  »homi­cide volon­taire aggra­vé par le démem­bre­ment du fœtus » quand ceux qui ne sont pas doc­teurs en méde­cine se seront ser­vis de pinces, de for­ceps ou d’autres moyens pour démem­brer le fœtus au cours de l’a­vor­te­ment. Qui­conque accu­sé de ce crime serait pas­sible d’une peine de un à dix ans de pri­son, d’un amende entre 10 000 et 100000 dol­lars, ou à la fois d’une amende et d’une peine de pri­son.

Un autre aspect inté­res­sant de ce pro­jet de loi, c’est que les méde­cins doivent attes­ter par écrit qu’une femme qui a subi une inter­ven­tion à la suite d’un avor­te­ment spon­ta­né ou d’une gros­sesse qui se pas­sait mal, néces­si­tait vrai­ment une inter­ven­tion pour ce motif, en joi­gnant à son dos­sier les docu­ments et écho­gra­phies prou­vant le diag­nos­tic du méde­cin ».

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Viol légal : lois sur l’échographie transvaginale en Virginie, au Texas, et dans l’Iowa

Titre ori­gi­nal: « State-Sanc­tio­ned Rape: Trans-Vagi­nal Ultra­sound Laws in Vir­gi­nia, Texas, and Iowa », par Andy Kop­sa, 15 février 2012. (Tra­duc­tion, emcee)

La Vir­gi­nie s’ap­prête à faire signer au gou­ver­neur Bob McDon­nell deux des pro­po­si­tions de loi les plus abjectes contre l’a­vor­te­ment. Le gou­ver­neur, les yeux bra­qués sur le poste de vice-pré­sident, a annon­cé qu’il comp­tait rati­fier au moins une des deux pro­po­si­tions de loi, si ce n’est les deux. La pre­mière concerne l’o­bli­ga­tion qu’au­ront les femmes de subir une écho­gra­phie trans­va­gi­nale pour obte­nir l’au­to­ri­sa­tion d’a­vor­ter.

ultrasound
Illus­tra­tion de l’ar­ticle ori­gi­nal « State-Sanc­tio­ned Rape: Vile Trans-Vagi­nal Ultra­sound Laws in Vir­gi­nia, Texas, and Iowa », mon­trant l’in­tro­duc­tion de la sonde dans le vagin pour l’exa­men.

Comme d’autres pro­po­si­tions de loi qui ont été reje­tées, celle de Vir­gi­nie inter­di­rait non seule­ment l’a­vor­te­ment mais éga­le­ment cer­tains moyens de contra­cep­tion hor­mo­nale.

Si le gou­ver­neur a décla­ré qu’il réflé­chi­rait sur le sta­tut de per­sonne pour l’embryon, il a clai­re­ment dit qu’il rati­fie­rait celle qui concerne l’o­bli­ga­tion de subir une écho­gra­phie. Mais appe­lons cet acte de son vrai nom : un viol légal.

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Nouvelle menace sur le droit à l’avortement : payer les femmes pauvres pour qu’elles y renoncent

Les grands esprits réac­tion­naires se ren­contrent. La région du Pié­mont en Ita­lie a pour pro­jet de ver­ser une allo­ca­tion de 250 euros pen­dant un an et demi aux femmes qui renoncent à avor­ter pour cause de pau­vre­té, tan­dis qu’en Alle­magne, une petite caisse d’as­su­rance mala­die pro­met 300 euros de prime aux femmes qui s’en­gagent à ne pas avor­ter en adhé­rant à l’as­so­cia­tion Pro­life.

En Italie

Chèque anti IVG, le pre­mier oui !

Pour qui renonce à avor­ter, 250 euros par mois pen­dant un an et demi

Une contri­bu­tion finan­cière qui crée déjà la polé­mique, avant même son appro­ba­tion défi­ni­tive par le Conseil Régio­nal. La com­mis­sion Bilan­cio de la Région Pié­mont a don­né son accord à la créa­tion d’un fond des­ti­né à sou­te­nir toutes les femmes qui renon­ce­ront à avor­ter si leur déci­sion a été prise à cause de pro­blèmes éco­no­miques.

Ce fond, dure­ment cri­ti­qué par les asso­cia­tions laïques et fémi­nines de tout le pays et par­ti­cu­liè­re­ment par la «casa delle Donne» qui tra­vaille depuis des années sur le ter­rain et offre des aides dans les domaines de la san­té, des vio­lences faites aux femmes et de la mater­ni­té, sera dis­tri­bué sous la forme d’un chèque men­suel. Le mon­tant envi­sa­gé serait de 250 euros par mois pen­dant dix-huit mois.

L’ap­pro­ba­tion en Com­mis­sion d’un amen­de­ment de la loi finan­cière régio­nale pré­sen­té par le lea­der du groupe «Progett’Azione» du Pdl, Gian Luca Vignale, a per­mis de don­ner la voie libre à l’i­ni­tia­tive dans les centres de consul­ta­tion.

L’a­men­de­ment pré­voit l’im­pli­ca­tion des centres de consul­ta­tions qui auront pour tâche de pla­ni­fier, pour chaque femme, un pro­jet spé­ci­fique per­son­na­li­sé. Les béné­fi­ciaires rece­vront une carte pré­payée, sur laquelle, une fois par mois, sera ver­sée la contri­bu­tion. A condi­tion, par contre, d’être capable de prou­ver que le choix d’a­vor­ter était dû à « l’in­di­gence ».

« Per­sonne, a com­men­té sur son site le Coor­di­na­men­to lai­co nazio­nale, ne dit com­ment feront ses femmes pour résoudre mira­cu­leu­se­ment leurs pro­blèmes en dix-huit mois si elles n’ont pas de tra­vail, pas d’allocations chô­mage suf­fi­santes, pas d’ac­cès aux crèches ni à toutes les struc­tures sociales qui devraient sou­te­nir la famille »

La mesure est sou­te­nue par la majo­ri­té de centre droit Pdl-Lega Nord mais l’ap­pro­ba­tion défi­ni­tive ne sub­vien­dra qu’a­près l’exa­men du pro­jet par le Conseil Régio­nal. L’a­men­de­ment n’a été approu­vé que par les votes du Pdl : l’op­po­si­tion de centre gauche et la Lega ont deman­dé que le pro­jet soit exa­mi­né en séance.

La Lega, par ailleurs, a déjà pré­vu d’autres modi­fi­ca­tions. Mario Caros­sa, son chef de file au Conseil Régio­nal a annon­cé sa volon­té d’im­po­ser une condi­tion indis­pen­sable pour pou­voir béné­fi­cier du chèque anti avor­te­ment : la femme enceinte devra rési­der dans la région Pié­mont depuis au moins trois ans. Par contre, la pro­po­si­tion de Gian­na Pen­te­ne­ro, conseillère Pd, qui pré­co­ni­sait l’ins­ti­tu­tion d’un fond pour les femmes enceintes en dif­fi­cul­té à par­tir du qua­trième mois de gros­sesse, ren­dant ain­si la contri­bu­tion éco­no­mique indé­pen­dante de la pra­tique ou non de l’IVG, a été reje­tée.

Le Pd a aus­si pro­tes­té au niveau natio­nal « Les femmes subissent les consé­quences de la crise et n’ont cer­tai­ne­ment pas besoin d’une humi­lia­tion sup­plé­men­taire » a décla­ré Livia Tur­co qui a ajou­té «  Je ne doute pas que le Conseil Régio­nal rejet­te­ra cette pro­po­si­tion »

ELENA LISA / TORINO / 16/02/2012

En Allemagne

300 euros contre une pro­messe de ne pas avor­ter

Une caisse d’assurance mala­die alle­mande encou­rage ses membres à renon­cer à l’IVG. Une prime de 300 euros est accor­dée à la nais­sance d’un enfant, en échange d’une pro­messe solen­nelle: ne jamais avor­ter.

300 euros de prime pour la nais­sance d’un enfant. C’est ce qu’offre la petite caisse-mala­die d’entreprise pour le com­merce, l’industrie et les assu­rances (BKK IHV) de Wies­ba­den, près de Franc­fort. A prio­ri rien d’étonnant dans un pays à la nata­li­té mori­bonde qui tente de relan­cer sa nata­li­té.

Sauf que cette prime n’est pas allouée sans contre­par­tie. Seuls les assu­rés qui auront adhé­ré à l’association « Pro­Life », par­te­naire de la BKK IHV, pour­ront y avoir droit. Et pour deve­nir membre il faut faire une pro­messe solen­nelle: celle de ne jamais avor­ter.

Sou­tien des catho­liques conser­va­teurs

Pro­Life est, en effet, une asso­cia­tion née en Suisse en 1989, qui milite contre l’interruption volon­taire de gros­sesse. Faire à nou­veau inter­dire l’avortement parais­sant rela­ti­ve­ment com­pro­mis, Pro­Life a déve­lop­pé une autre stra­té­gie: s’associer avec des caisses d’assurances mala­dies pour inci­ter les femmes à renon­cer d’elles-mêmes à l’IVG. Elle comp­te­rait actuel­le­ment 50.000 membres. Depuis 2009, l’association s’est expor­tée en Alle­magne. Et en 2010, elle est deve­nue par­te­naire de la BKK IHV.

Cette ini­tia­tive est lar­ge­ment saluée dans les milieux catho­liques conser­va­teurs. Ain­si la branche alle­mande de la contro­ver­sée confré­rie sacer­do­tale de Saint Pie X fait son éloge sur son site inter­net.

Dans cette caisse d’assurance mala­die peuvent être ras­sem­blés tous ceux qui se battent pour la vie »

peut-on y lire. Et la confré­rie appelle clai­re­ment à rejoindre l’association Pro­Life. Car selon elle, si les membres des autres assu­rances « peuvent aus­si refu­ser l’avortement taci­te­ment, ce renon­ce­ment silen­cieux n’est recon­nu par per­sonne et cette pro­tes­ta­tion reste inau­dible ».

En fin de texte, on peut même trou­ver les indi­ca­tions pra­tiques pour rejoindre l’association ain­si qu’un lien direct vers le contrat d’adhésion.

Un conseil d’ad­mi­nis­tra­tion sous influence Pro­Life

A ce jour, envi­ron 1.200 des 16.000 assu­rés de la BKK IHV ont déci­dé de renon­cer à l’IVG au tra­vers de Pro­Life. Cepen­dant, ce posi­tion­ne­ment de la caisse d’assurance n’est pas tout à fait légal. En effet, selon la loi alle­mande, les assu­rances sont dans l’obligation de finan­cer les avor­te­ments légaux. De plus, en tant que per­sonnes morales de droit public, elles ont un devoir de neu­tra­li­té. Mili­ter pour cer­tains buts idéo­lo­giques est donc inter­dit.

Résul­tat: la BKK IHV est actuel­le­ment sur­veillée de près par l’Office fédé­ral des assu­rances sociales (Bun­des­ver­si­che­rung­samt, BVA), l’instance éta­tique qui contrôle les quelques 200 caisses dans le pays. L’Office exa­mine depuis 2011 les dif­fé­rentes offres de l’assurance pour véri­fier leur léga­li­té.

De son côté, le direc­teur de la BKK IHV, Heinz-Wer­ner Stumpf, reste assez silen­cieux sur le sujet. Selon le maga­zine Der Spie­gel, ses seules décla­ra­tions consistent à assu­rer que les offres de sa caisse sont par­fai­te­ment conformes au droit alle­mand. « Il ne répond aux ques­tions que par mail, et il met par prin­cipe ses avo­cats en copie », pré­cise le jour­na­liste de l’hebdomadaire.

Et selon lui, Stumpf ne risque pas d’interrompre la coopé­ra­tion avec Pro­Life de son plein gré.

Dans cette affaire, le conseil d’administration de la BKK IHV a éga­le­ment son mot à dire et plu­sieurs membres de ce comi­té ont un pro­fil bien spé­cial : ils appar­tiennent à Pro­Life. »

Debo­rah Ber­lioz / Ber­lin / 16/02/2012

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Attaques contre le droit à l'IVG

IVG : quel est votre profil ?

L’ex­pres­sion « IVG de confort » res­sort régu­liè­re­ment dans les médias, ou dans la bouche de porte-paroles de cer­tains par­tis poli­tiques… Rap­pe­lons que « IVG » signi­fie Inter­rup­tion VOLONTAIRE de gros­sesse. Il s’a­git donc de l’in­ter­rup­tion d’une gros­sesse sur déci­sion de la femme concer­née… et non pas « sur déci­sion [jugée accep­table par autrui] de la femme concer­née ».

Répé­tons-le, puisque visi­ble­ment il est néces­saire de le faire… les femmes ne sont pas des abru­ties irres­pon­sables. Lors­qu’une femme prend la déci­sion de ne pas pour­suivre sa gros­sesse, sa déci­sion lui appar­tient et doit être res­pec­tée.

Si l’on juge les femmes inca­pables de prendre cette déci­sion, si on les prend pour des imbé­ciles qui avortent sans réflé­chir… alors pour­quoi ne pas éta­blir un ques­tion­naire à l’en­trée des centres IVG du type :

Bien­ve­nue, espèce d’i­diote irres­pon­sable,

Vous avez deman­dé à inter­rompre votre gros­sesse… Veuillez nous pré­ci­ser quelle type d’IVG vous deman­dez :

1. une IVG de confort : le loca­taire à l’in­té­rieur prend trop de place, les nau­sées vous gênent, vous n’a­vez pas envie d’a­voir d’en­fant, vous êtes un monstre d’ir­res­pon­sa­bi­li­té et d’é­goïsme.

= l’acte ne vous sera pas rem­bour­sé ET vous serez ton­due.

2. une IVG de contra­cep­tion : c’est votre moyen habi­tuel de contra­cep­tion, étour­die comme vous êtes ; vous n’a­vez pas réa­li­sé encore que prendre un contra­cep­tif est moins contrai­gnant que d’a­vor­ter régu­liè­re­ment (vous êtes lente), vous êtes un monstre d’ir­res­pon­sa­bi­li­té et d’é­goïsme.

= l’acte ne vous sera pas rem­bour­sé ET vous serez fla­gel­lée en place publique avec un écri­teau « je suis trop stu­pide pour prendre la pilule ».

3. une IVG de plai­sir : vous êtes maso­chiste, vous aimez souf­frir (ça tombe bien, vous êtes née avec le bon sexe), vous êtes un monstre d’ir­res­pon­sa­bi­li­té et d’é­goïsme.

= l’acte ne vous sera pas rem­bour­sé ET vous serez déchue de votre natio­na­li­té fran­çaise (la fla­gel­la­tion vous ravi­rait).

4. une IVG de flemme : vous ne vou­liez pas aller bos­ser aujourd’­hui, vous êtes — comme les béné­fi­ciaires du RSA — le « can­cer » de notre socié­té, vous êtes un monstre d’ir­res­pon­sa­bi­li­té et d’é­goïsme.

= l’acte ne vous sera pas rem­bour­sé ET vous serez contrainte à tra­vailler gra­tui­te­ment pour la Patrie.

5. une IVG pré­ven­tive  : vous êtes hypo­con­driaque et per­sua­dée que tout élé­ment qui gran­dit en vous est une mala­die qui ne dit pas son nom, vous êtes un monstre d’ir­res­pon­sa­bi­li­té et d’é­goïsme.

= l’acte ne vous sera pas rem­bour­sé ET tous vos exa­mens médi­caux futurs ne vous seront plus rem­bour­sés désor­mais.

6. une IVG fashion-vic­tim : vous venez d’a­che­ter une jupe en 34 et il est hors de ques­tion de ne pas pou­voir la por­ter dans 2 mois, vous êtes un monstre d’ir­res­pon­sa­bi­li­té et d’é­goïsme.

= l’acte ne vous sera pas rem­bour­sé ET vous serez condam­née à faire une taille 36 (hor­reur et dam­na­tion), à por­ter un serre-tête en velours et un gilet à bou­ton doré pen­dant le reste de votre vie.

7. une IVG face­book : vous n’a­vez pas de vie, ça vous fera quelque chose à racon­ter, vous êtes un monstre d’ir­res­pon­sa­bi­li­té et d’é­goïsme.

= l’acte ne vous sera pas rem­bour­sé ET votre connexion Inter­net sera blo­quée.

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Attaques contre le droit à l'IVG

L’avortement : pas tout à fait acquis et encore très fragile

Cet article vient du blog je suis fémi­niste.

Ce 28 sep­tembre 2011, c’était le « Jour pour la dépé­na­li­sa­tion de l’avortement en Amé­rique Latine et aux Caraïbes » (pour celles qui lisent l’espagnol entrez « Des­pe­na­li­za­ción del Abor­to en Amé­ri­ca Lati­na y el Caribe » dans un moteur de recherche et une pluie d’articles appa­rai­tra… ou cli­quez sur tous les liens que j’ai inclus ci-bas!). Je ne suis pas une experte en la ques­tion, mais il semble qu’il n’y a qu’à Cuba où l’avortement est libre, dans tous les autres pays visés, il serait soit inter­dit, soit très lour­de­ment res­treint.

Il faut savoir qu’au Mexique, il n’y a que le Dis­tri­to Fede­ral (Mexi­co, DF) qui per­met l’avortement libre durant les 12 pre­mières semaines de gros­sesse. En effet, dans la capi­tale, le seul désir de la mère de mettre un terme à sa gros­sesse est consi­dé­ré comme une rai­son suf­fi­sante. Dans cer­tains autres états, diverses rai­sons le per­mettent, par exemple, si la vie de la mère en dépend, si la gros­sesse est le pro­duit d’un viol, si la pour­suite de la gros­sesse peut nuire à la san­té phy­sique de la mère… mais, mes rai­sons pré­fé­rées sont les sui­vantes : dans quelques états seule­ment, il n’est pas cri­mi­nel que la gros­sesse soit inter­rom­pue de façon natu­relle (com­prendre : si tu fais une fausse-couche, on te met­tra pas en pri­son), aus­si la gros­sesse peut être inter­rom­pue dans le cas où la san­té men­tale et/ou phy­sique de la mère peut être affec­tée (on n’arrête pas le pro­grès !) et dans d’autres, si la mère a déjà 3 enfants ou plus ET est pauvre. Oui, vous avez bien lu. Cepen­dant, plu­sieurs orga­ni­sa­tions fémi­nistes affirment que dans la plu­part des états, les cri­tères ne sont pas consi­dé­rés par les méde­cins, et les avor­te­ments ne sont pas pra­ti­qués. Sans comp­ter les quelques états où il est com­plè­te­ment inter­dit d’avorter, peu importe la rai­son. Il va sans dire qu’on ne comp­ta­bi­lise pas les morts de femmes suite à des avor­te­ments clan­des­tins, puisque si elles avouent s’être fait avor­ter quand elles se rendent à l’hôpital, on ne les soigne pas, on appelle la police !

Enfin, s’est tenu dans la ville de Mexi­co ce même jour un vote cru­cial sur la ques­tion. À 7 contre 4, les juges de la Cour Suprême de Jus­tice de la Nation (Supre­ma Corte de Jus­ti­cia de la Nacion[1]) ont voté en faveur de la motion d’inconstitutionnalité de la modi­fi­ca­tion du 7e article de la Consti­tu­tion de Baja Cali­for­nia, selon laquelle modi­fi­ca­tion la pro­tec­tion de la vie com­mence dès le moment même de la concep­tion. En clair, l’État de Baja Cali­for­nia veut modi­fier sa Consti­tu­tion afin que le droit à la vie soit garan­ti dès que le sper­ma­to­zoïde ren­contre l’ovule. Mais la cause a été por­tée en appel devant la Cour Suprême (SCJN) parce que l’on pré­tend que cette réforme est incons­ti­tu­tion­nelle (!). 7 juges ont éga­le­ment trou­vé que cette inter­pré­ta­tion bri­mait les droits des femmes et était incons­ti­tu­tion­nelle en ver­tu de la Consti­tu­tion des États-Unis du Mexique. Or, pour annu­ler la Réforme de l’article, il eut fal­lu 8 votes. Donc, même si seule­ment 4 juges ne trouvent pas cette inter­pré­ta­tion incons­ti­tu­tion­nelle, Baja Cali­for­nia pour­ra modi­fier sa Consti­tu­tion, avec la béné­dic­tion du plus haut tri­bu­nal du pays.