J’ai avorté à 17 ans, et je vais bien, merci !

Selon le grand Pro­fes­seur Nisand, sa col­lègue gyné­co­logue Bri­gitte Letombe et Sophie Mari­no­pou­los, psy­cha­na­lyste, il fau­drait « s’in­quié­ter du recours à l’a­vor­te­ment des jeunes ».

Ces trois pro­fes­sion­nels, qui affirment écou­ter les femmes, disent n’a­voir jamais « ren­con­tré de femmes pour qui l’avortement a[it] consti­tué «un évé­ne­ment fon­da­teur de leur vie d’adulte». Pour eux, il s’a­git même d’une « énor­mi­té ». Les énor­mi­tés les saluent donc bien bas et leur pré­sentent quatre témoi­gnages de jeunes femmes ayant avor­té à 17 ans. L’une d’elle, dit gar­der « une dent très nette contre cer­tains méde­cins, qui pro­jettent leur concep­tion du monde et leurs idées sur leurs patients, et peuvent cau­ser des trau­ma­tismes dont ils ne sont sans aucun doute pas conscients. » (Lili) , une autre écrit : « Je n’ai jamais res­senti de regret, de peine ou d’hésitation, depuis le depart tout était trés clair pour moi et je pense que cette expe­rience m’aura fait gran­dir et murir. » (Claire) ; la troi­sième affirme : « J’ai 17 ans, je suis lycéenne et je ne regrette pas une seconde ma déci­sion ». (Lou) ; et la qua­trième, enfin, déclare n’a­voir « pas vécu cette période comme dif­fi­cile, ni même mar­quante » (Hélène).

Puisque ces trois pro­fes­sion­nels se targuent d’é­cou­ter les femmes, en voi­ci ! Et s’ils se demandent pour­quoi ils n’en­tendent pas ces paroles dans le cadre de leur pra­tique, qu’ils s’in­ter­rogent sur les effets de cen­sure que leurs repré­sen­ta­tions impriment sur les femmes qu’ils reçoivent…

Hélène : « je n’ai pas vécu cette période comme difficile, ni même marquante »

J’avais 17 ans quand je me suis ren­due compte que j’étais enceinte du gar­çon que je venais de quit­ter, à quelques jours du bac de fran­çais. Je n’ai pas vou­lu en par­ler à ma famille, je me suis ren­due au Plan­ning fami­lial suf­fi­sam­ment tôt pour pou­voir pra­ti­quer un avor­te­ment médi­ca­men­teux.
Cette gros­sesse est arri­vée juste au moment où je com­men­çais à avoir de vrais pro­jets pour mon orien­ta­tion après le bac, alors je n’ai pas hési­té une seconde, j’ai tout de suite su qu’il fal­lait que j’avorte.
Je n’ai rien regret­té, ni sur le moment, ni par la suite. En dehors du carac­tère désa­gréable de l’avortement en lui-même (qui rend d’ailleurs absurde les dis­cours selon les­quels cer­taines s’en servent comme « moyen de contra­cep­tion régu­lier »), je n’ai pas vécu cette période comme dif­fi­cile, ni même mar­quante. C’est comme ça, c’était un choix entre moi et moi. Le fœtus avait la taille de l’ongle de mon petit doigt, ET il ne m’est pas venu à l’idée de culpa­bi­li­ser.
C’est seule­ment par la suite, devant la réac­tion de cer­taines amies plus « conser­va­trices » à qui j’ai par­lé de cet avor­te­ment que j’ai pu sen­tir la pres­sion sociale qui entoure les femmes qui avortent et me sen­tir culpa­bi­li­sée (ou en tout cas, sen­tir que les gens auraient trou­vé nor­mal que je le sois).
Aujourd’hui j’ai 25 ans, et je pour­suis tou­jours mes études. Je n’ai vrai­ment pas l’intention d’avoir un enfant avant un bon moment, et si je devais à nou­veau avor­ter un jour pour pou­voir mener ma vie comme je l’entends, je n’hésiterais pas.

Mer­ci pour cet espace de par­tage décul­pa­bi­li­sant.

Hélène

Lou : « J’ai 17 ans, je suis lycéenne et je ne regrette pas une seconde ma décision ».

Cela fait 6 mois que j’ai avor­té.
J’ai 17 ans, je suis lycéenne et je ne regrette pas une seconde ma déci­sion.

J’ai tou­jours eu beau­coup de pro­blème avec mes contra­cep­tions. J’ai a peu près tout essayé: pilule, implant contra­cep­tif, anneau, patch… Rien a faire, à chaque fois, les effets secon­daires étaient trop impor­tants pour pou­voir conti­nuer. Sauf pour la pilule mais beau­coup de mal à la prendre de façon régu­lière.

Bref, au moment ou je suis tom­bée enceinte, il y avait préservatif+pilule. Mais quand je me suis réveillée le len­de­main matin, j’ai sen­ti qu’il se pas­sait quelque chose, sans pou­voir l’affirmer avec cer­ti­tude. J’ai atten­du deux semaines avant de faire un pre­mier test, accom­pa­gnée de mes amies, qui était néga­tif mais qui ne m’a pas ras­su­rer pour un sous. Seins ten­dus, sen­sa­tions nau­séeuses. Ça sem­blait mal par­ti.
Cinq jours plus tard, un same­di matin avant d’aller en cours, j’ai refait un test qui cette fois était posi­tif.

Je n’oublies pas cette sen­sa­tion mélan­gée entre de la satis­fac­tion (savoir que tout fonc­tion­nait nor­ma­le­ment chez moi à été un grand sou­la­ge­ment) mais égale­ment une sen­sa­tion d’impuissance totale.
Je suis res­tée 10 minutes dans ma chambre, his­toire de reprendre mes esprits, et je suis direc­te­ment allé voir ma mère.
« Maman, je suis enceinte, il faut que tu m’aides, je ne sais pas par où com­men­cer«
Je savais qu’elle ne me juge­rais pas, car elle a elle même subit trois IVG avant de me dési­rer, et ne conce­vait pas l’idée de devoir subir une gros­sesse. Son idée est qu’il faut le vou­loir pour l’accepter.

Le défi­lé médi­cal à com­mencé. Au bout d’une semaine, je me suis enten­due dire que l’avortement médi­ca­men­teux n’était pas pos­sible, que le plan­ning fami­lial était com­plet pour trois mois, et que j’avais inté­rêt à aller dans une cli­nique pri­vée très chère pour pou­voir avoir une place.
On a donc déci­dé, avec ma mère, d’en par­ler à mon beau-père car il avait un ami gyné­co­logue. Deux heures plus tard, j’étais dans son cabi­net, il me fai­sait une écho­gra­phie, et m’annonçait que je pou­vais très bien prendre la pilule RU. Ce que j’ai fais trois jours plus tard.
Cinq minutes après la prise du com­primé, j’étais tor­due de dou­leur, à vou­loir m’arracher les tripes.
Cela à durer envi­ron une heure, en se cal­mant petit à petit. Ma mère et un ami étaient là pour m’accompagner. Et mes règles sont arri­vées nor­ma­le­ment.

Je n’ai pas souf­fert mora­le­ment de cet avor­te­ment, c’était la seule chose à faire, et la seule solu­tion conce­vable dans ma tête. Un peu mélan­co­lique sur le moment, certes, mais aucuns regrets.
Je vois bien d’ici les cari­ca­tures qu’on peut faire de ma situa­tion. Lycéenne et enceinte, quelle irres­pon­sable !
Et bien non, je n’ai pas honte de ce qui m’est arri­vé. Et per­sonne ne devrait.
Pour le « père », je ne lui ai jamais dit. Non pas que j’ai honte de lui avouer, mais c’est qu’il n’y avait pas matière à dis­cu­ter, et que ce n’est pas vrai­ment une per­sonne de confiance.
Mes amis, eux, sont au cou­rant, et ils ne me regardent pas de tra­vers.
Je n’oublis pas cette période de ma vie, mais je suis très loin d’en faire des cau­che­mars la nuit.
Je suis fière de ce que je suis, et cette épreuve fait par­tie de mon his­toire.
Alors, je vais bien, mer­ci !

Lou.

Claire : « Je n’ai jamais res­senti de regret, de peine ou d’hésitation, depuis le depart tout était trés clair pour moi et je pense que cette expe­rience m’aura fait gran­dir et murir. »

C’est arri­vé en 2007, j’avais 17ans.
C’était il y a presque trois ans. J’avais un copain depuis quelques mois et puis pas envie de le dire aux parents, pas envie de deman­der la pilule, pas envi de leur éta­ler ma vie…
Donc pen­dant ces quelques mois rap­ports peu voir pas pro­tégé, pour­tant je suis d’un milieu social moyen donc tout à fait au cou­rant des risques encou­rus. Pas assez appa­re­ment puisque je suis tom­bé enceinte en sep­tembre, j’avais pris la pilule du len­de­main… trop tar­di­ve­ment.
Deux semaines plus tard les rêgles qui n’arrivent pas, la peur qui com­mence à se faire sen­tir.
J’ai donc pris ren­dez-vous au plan­ning famil­liale de ma ville puisqu’il était hors de ques­tion pour moi de par­ler de quoi que se soit avec mes parents.
Le fameux ren­dez-vous arrive: le test aus­si, on vous fait faire pipi dans un bocal, la « gen­til » infir­miere y trempe un petit bout de papier… il faut attendre… C’est a se moment qu’elle me regarde, l’air plein de com­pas­sion avant de me dire :  » ah bah oui, parce que la vous etes enceinte ! «
Mer­ci pour le tact, même s’il n’y a pas 100 facons d’annoncer se genre de chose j’imagine qu’elle aurait pu s’y prendre autre­ment.
J’encaisse le coup, je pleurs, et la elle me demande se que je sou­haite faire .
Je doit avouer que sur le moment je n’ai même pas com­pris sa ques­tion: « com­ment ca se que je veux faire ?«
-« Bah oui, vous sou­hai­tez le gar­der ou pas ?«
-« NON !«
-« Vous ne vou­lez pas y refle­chir ?«
-« Ah mais non mais c’est deja tout vu pour moi !«
Aprés ca, elle vous annonce qu’elle va vous exa­mi­ner pour confir­mer le diag­nos­tique. Ima­gi­nez , moi gamine de 17ans qui n’a jamais vu un gyné­co de sa vie.…
Pour faire une paren­thèse je dirait que ce qui m’as le plus mar­qué dans toute cette his­toire ce n’est pas l’avortement en sois, ni l’acte en lui même (ça c’est fait pas médi­ca­ment) ni le coté éthique de tout ça mais bien toutes les démarches et la facon dont vous etes trai­té. Du betail. Dans la salle d’attente minus­cule où les murs sont peint rouges sang (très sub­til comme colo­rie) on été bien une 10aines à attendre deux heures qu’un gyne­co nous exa­mine.
Suite à ca, l’infirmiere me demande com­ment je compte en par­ler à mes parents; je lui répond que je n’ai pas l’intention de leur en par­ler.
Voi­la que cette trés chère madame m’explique que je suis obli­gée etc… Or m’étant tout de même ren­sei­gné avant je savais qu’il suf­fi­sait d’être accom­pa­gné de quelqu’un de majeur.
La conver­sa­tion close, je doit ren­con­trer une psy quelques jours plus tard pour voir si je confirme ma déci­sion (avec du recul‚ j’ai eu l’impression que tout était fait pour dis­sua­der les femmes d’avorter)
Le ren­dez vous avec la psy:
Pour le coup, j’ai eu à faire avec une per­sonne agréable, com­pré­hen­sive et qui m’a bien expli­qué mes droits. Sou­la­ge­ment.
Sou­la­ge­ment aus­si de savoir que comme j’avais réagi rapi­de­ment, il n’y aurait pas d’intervention chi­rur­gi­cale mais une prise de médi­ca­ment en deux etapes.
Avant la pre­miere prise qui doit per­mettre à la muqueuse ute­rine de se déta­cher et donc d’emporter les indé­si­rables cel­lules avec elle, j’ai du faire une prise de sang.
La prise de sang:
Nou­veau pro­blème, ayant tout payé, je demande à ne rien rece­voir chez moi. Mais un beau jour en ren­trant des cours, je trouve un mes­sage sur le répon­deur de la secre­taire de mon méde­cin disant qu’elle ne pou­vait rien dire à ma mère et que celle ci devrait voir avec moi.
Affo­lée, j’appel le méde­cin, et sous cou­vert de celui ci j’ai pu racon­ter que cette prise de sang allé ser­vir à ce que je puisse prendre la pilule.
Mini savon de la part des parents… rien de bien méchant en com­pa­rai­son de ce que je leur caché.
A se moment là, je n’avais plus qu’une hâte: en finir et vite.
Je ne sup­por­tais plus de savoir que quelque chose était en train de pous­ser dans mon ventre.
J’ai donc pris à l’hopital les pre­miers médi­ca­ments et 48h apres j’ai pas­sé une mâti­né à l’hopital pour la deuxième prise.
Autant vous dire que se ne fut pas une par­tie de plai­sir, je pense n’avoir jamais autant souf­fert de ma vie. Entre les bouf­fées de cha­leurs dut aux hor­mones et la dou­leur du aux contrac­tions j’était plu­tot mal !
Le soir même ca allé deja mieux et j’avais mes règles « clas­siques », c’est aus­si la que j’ai com­mencé la pilule.
Par la suite j’ai eu une visite de controle pour voir que tout allait bien.

A aucun moment je n’ai eu de regret mais le sen­ti­ment qui m’habite même après 3ans c’est tou­jours celui de la honte.
Honte d’avoir cru que ca ne pou­vait arri­ver qu’aux autres, aux « pauvres filles », et honte de se que les gens pour­raient pen­ser de moi s’ils le savaient.
La plu­part de mes amies étaient au cou­rant, je n’ai jamais été jugé.
Pour ce qui est du gar­çon et bien il a été absent de toute ces démarches comme s’il ne se ren­dait pas réelle­ment compte des enjeux. La seule chose qu’il a pu faire pour m’aider c’est me prê­ter de l’argent pour les médoc.
Là ou je fus agréa­ble­ment sur­prise c’est lorsque je dus par­ler de tout ca à une Cpe de mon lycée car le len­de­main de l’intervention j’était tres mal en cours (mer­ci les hor­mones).
La Cpe vou­lait me faire voir l’infirmière mais je lui ai sim­ple­ment dit que sa ne ser­vait à rien et que si j’était comme ca c’est parce que je venais d’avorter.
Elle m’as sim­ple­ment dit en sou­riant que si je l’avais gar­dé j’aurais été comme ca pen­dant 9mois ! Sa légè­re­té ma fait du bien.
Der­nier (faux) pro­blème, quelques jours plus tard elle me convoque et me res­sort tout les mots d’absences fait et signé par mes soins , en me disant qu’elle sup­pose que mes parents ne sont pas der­rière tout ca.
Effec­ti­ve­ment.
Elle m’a juste dit que j’aurais dut lui en par­ler plus tôt. Et puis c’est tout.

Quand j’y repense j’ai eu de la chance car mes parents n’ont jamais rien su de tout ca, en France on peu « soit disant » avor­té sans leur en par­ler mais dans les faits c’est un vrai par­cours du com­bat­tant.
J’ai été aidé par de bonnes per­sonnes: mon méde­cin, sa secre­taite, mes amies, la Cpe,la psy, cer­taines infir­mières…
Mais les lour­deurs admi­nis­tra­tives rendent le tout trés com­pli­qué, l’attente aus­si auront été le plus dur pour moi.
Fina­le­ment toutes ces choses ont fait que je m’inquiété plus de gar­der mon secret que de me poser réel­le­ment la ques­tion de l’avortement.
Je n’ai jamais res­senti de regret, de peine ou d’hésitation, depuis le depart tout était trés clair pour moi et je pense que cette expe­rience m’aura fait gran­dir et murir.
Certes si j’avais pu l’éviter cela aurait été mille fois mieux mais bon.…
C’est la pre­mière fis que j’en parle de façon aus­si détaillé, et je pense que je peux enfin tour­ner une page sur tout ca. Plus de m’éloigne de ces dou­lou­reux moments (au sens strict du terme) mieux c’est.

Claire.

Lili : « j’en garde une dent très nette contre cer­tains méde­cins, qui pro­jettent leur concep­tion du monde et leurs idées sur leurs patients, et peuvent cau­ser des trau­ma­tismes dont ils ne sont sans aucun doute pas conscients. »

J’ai avor­té en 1999, à 17 ans. Com­bo d’erreurs fatales: pre­mier ché­ri, pre­mier rap­port, pré­ser­va­tif qui claque, et pilule qui appa­rem­ment n’avait pas fait son effet suite à une gas­tro-enté­rite cara­bi­née. J’étais alors à la fac, prête à pas­ser un concours. Décembre 1999, règles en retard, sen­sa­tions d mal-être géné­ral. Croyant à un retour en force de sou­cis gyné­co­lo­giques, je me suis donc poin­tée aux urgences gyné­co, où un interne m’a gen­ti­ment annon­cé « Mais vous êtes enceinte, made­moi­selle! » Le monde m’est tom­bé sur la tête. J’ai tout de suite émis l’hypothèse d’une IVG, sans me poser d’autres ques­tions. 17 ans, mineure, en études, à peine par­tie de chez mes parents, et déjà maman, c’était non. J’ai tout de même eu droit à un ser­mon de la part de l’interne, qui m’a bien rap­pelé qu’il faut faire atten­tion (non, sans blague?), qu’à 17 ans on n’est pas capable de prendre de déci­sions par soi-même (ah tiens), et qu’en prime, vu, je cite dans le texte, « mon bel uté­rus, ma bonne san­té [je ferai] tout à fait une bonne mère ». Et m’a aus­si conseillé, par la même occa­sion, un accou­che­ment sous X. Avec l’argumentaire, je pense, assez clas­sique: « Pen­sez aux couples sté­riles qui n’ont pas la chance de pro­créer, offrez la vie ». Me voi­là donc en ren­dez-vous avec le psy­cho­logue de l’hôpital, qui a écou­té ce que j’avais à dire (j’en étais arri­vée à un extrême: soit j’avorte, soit vous avez un cas pour votre légiste) avant de m’envoyer vers un ser­vice d’orthogénie qui ne deman­dait qu’une auto­ri­sa­tion écrite des parents (et non un extrait de livret de famille, et la pré­sence obli­ga­toire d’un tuteur légal – gros avan­tage, une signa­ture paren­tale, ça s’imite). J’en avais par­lé à mon copain de l’époque, qui n’a abso­lu­ment pas per­cuté ce qui se pas­sait, j’y suis donc allée toute seule. Ledit copain ayant pré­féré ne pas venir. C’était assez bizarre, je n’ai pas sen­ti grand chose, je n’en garde que le sou­ve­nir d’un flou artis­tique. Et d’un goû­ter avec com­pote et gaufre. En revanche, je n’avais pas énor­mé­ment appré­cié le « Et vous vou­lez le voir? » de la part du gyné­co de ser­vice. Quand on est allon­gée, les cuisses écar­tées, sur une table, j’estime qu’on est déjà en posi­tion de fai­blesse. Alors rajou­ter de la culpa­bi­lité ou que sais-je, une forme de curio­sité mal­saine, c’est pour le moins ori­gi­nal et tota­le­ment dépla­cé.
Ren­trée à la mai­son, j’ai beau­coup pleu­ré, raté mon année d’études dans la fou­lée. Je n’ai pu réus­sir à en par­ler à mes proches qu’au bout de quelques années.
Sur l’instant, et dans les mois qui ont sui­vi, je pense que ça a été un des moments les plus dou­lou­reux de ma vie. D’autant qu’à ma propre culpa­bi­lité et à mes angoisses se sont ajou­tées les pro­jec­tions du corps médi­cal, que je juge, a pos­te­riori, bles­santes et tota­le­ment infan­ti­li­santes.
Main­te­nant, j’ai trente ans, un métier, des pro­jets, une vie. Un ché­ri avec qui on parle de faire des bébés, quand le moment se pré­sen­tera, quand on aura déjà construit notre quo­ti­dien à deux avant de pou­voir l’envisager à trois.
Le temps a gom­mé dou­ce­ment les bles­sures; main­te­nant je vais bien. Mais j’en garde une dent très nette contre cer­tains méde­cins, qui pro­jettent leur concep­tion du monde et leurs idées sur leurs patients, et peuvent cau­ser des trau­ma­tismes dont ils ne sont sans aucun doute pas conscients.

Lili.

Ce contenu a été publié dans Témoignages, avec comme mot(s)-clé(s) , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

12 réponses à J’ai avorté à 17 ans, et je vais bien, merci !

  1. Marjorie dit :

    Mer­ci pour cette ini­tia­tive cou­ra­geuse et néces­saire.

    (Une toute petite réserve. Pour des ques­tions de cré­di­bi­li­té, peut-être aurait-il fal­lu cor­ri­ger les très nom­breuses énormes fautes qui par­sèment cette note)

  2. Albert dit :

    « qu’à 17 ans on n’est pas capable de prendre de déci­sions par soi-même […] tout à fait une bonne mère »
    L’in­terne était un cré­tin fini ou quoi? Dans la même phrase il vous dit qu’à 17ans vous n’êtes pas assez mûre pour déci­der avor­ter, mais que vous êtes assez mûre pour éle­ver un enfant?!
    Sur­pre­nant…

    • Christine dit :

      C’est parce que éle­ver un enfant, c’est NATUREL pour une femme, même si elle est une jeune fille. Ça ne demande aucune réflexion, ni matu­ri­té.

  3. yep dit :

    Si les mecs pou­vaient tom­ber enceint(e)s aus­si, bien des choses se pas­se­raient dif­fé­rem­ment.

  4. Valérie dit :

    Alors com­ment dire ?
    J’ai croi­sé des méde­cins odieux. Et je pèse mes mots.
    J’ai décou­vert à 35 ans que j’é­tais tou­jours une petite fille.
    J’ai décou­vert que la liber­té d’a­vor­ter en france est fra­gile.
    A part mon géné­ra­liste (je suis à la limite de la véné­ra­tion pour ce pra­ti­cien qui écoute, aide, ne juge jamais, prends son télé­phone pour prendre RDV pour moi pour mes 2 IVG).

    Pre­mière IVG j’ai 35 ans et de sérieux sou­cis de contra­cep­tion liés à un pro­blème de san­té (impos­sible de sup­por­ter la pilule et refus de DIU par tous les gyné­cos sol­li­ci­tés) en prime des sou­cis de couple. Me voi­là enceinte. L’IVG s’est impo­sée et tout se serait à peu près bien pas­sé, si le gyné­co (obs­té­tri­cien tout de même mais appren­ti en écho vagi­nales semble-t-il) m’a non seule­ment fait la morale (« à votre âge tout de même ! ») et m’a per­mis de me sou­ve­nir à quel point un col de l’u­té­rus est sen­sible et 2 fois encore (for­cé­ment écho de contrôle oblige après une IVG par médi­ca­ment). Je voue une belle haine à ce type, parce que merde, je ne me suis pas levée un matin en me disant « pour­quoi ne pas tes­ter l’IVG ?! »
    Pre­mier constat : une femme est une éter­nelle mineure pour cer­taines choses. Même quand elle est seule concer­née.

    Et cer­tain-e‑s osent par­ler d’IVG de confort ? Les­quelles, je suis curieuse de savoir?. Du coup j’ai pas­sé les 5 années sui­vantes sur un forum IVG.
    Parce que non seule­ment on est mal reçues ‑quand on est reçues !-, mais en prime on nous prends pour des idiotes (euphé­misme). Et on repart sou­vent sans aucune infor­ma­tion sur quoi faire, quoi prendre en cas de dou­leurs. Bref à l’is­sue de cette pre­mière IVG moral en berne, grosses dou­leurs et une grosse colère envers le corps médi­cal. Grosse claque aus­si en réa­li­sant que non, non, non, en france on avorte pas faci­le­ment. J’ai été déniai­sée une bonne fois sur le sujet !

    Deuxième IVG : 42 ans. Obs­té­tri­cien limite agres­sif mais qui sait faire une écho vagi­nale au moins (après autant d’an­nées d’é­tudes ‑comme il me l’a expli­qué obli­geam­ment- c’est le mini­mum non ?). Bref.
    Re colère mais enfin lui au moins n’est pas un bou­cher. Il est juste un pro de la culpa­bi­li­sa­tion : son de l’é­cho­graphe à fond, mais dom­mage pour lui pas de rythme car­diaque, l’i­dée à fait pschitt. Mais le prin­cipe reste le même : si tu avortes tu es une salope.

    Y’en a marre de tout ça, de ces gens qui sortent de leur fonc­tion alors même qu’on ne leur demande rien, juste de faire le bou­lot pour lequel ils sont payés toute de même ! Oui je sais c’est tri­vial, mes­quin limite dépla­cé, mais je suis furax.
    J’ai aus­si la sale impres­sion que l’IVG est mena­cée et ça vrai­ment ça me rend dingue.
    A croire que les femmes qui sont mortes n’ont pas lais­sé plus de sou­ve­nir que ça dans la mémoire des gens.… L’His­toire n’ap­prend jamais rien en effet.…

  5. Ines dit :

    J’ai 18ans, j’ai subis un avor­te­ment chi­rur­gi­cal il y a 2 jours. C’est arri­vé comme ça, je le sen­tais. je n’ai pas eu besoin de faire de test de gros­sesse pour en être sur, j’a­vais déjà tous les symp­tômes. Il n’é­tait pas ques­tion pour moi de gar­der cet enfant, je fais des études de droit, je suis jeune, pas stable. Impos­sible. Ma déci­sion été prise depuis le début, j’al­lais avor­ter. J’ai traî­ner un peu, mais mon copain m’a sou­te­nu jus­qu’au bout, m’a accom­pa­gner au plan­ning fami­lial, écho, a fait le tour des hôpi­taux avec moi etc.. J’ai fini par opter pour l’hôpital La pitié sal­pê­trière, dans le 13ème arron­dis­se­ment de Paris. Je pense que ce fut mon meilleur choix. Je suis arri­vée, prise de ren­dez vous pour voir le méde­cin ain­si que l’anesthésiste. J’a­vais, au préa­lable, opter pour une IVG chi­rur­gi­cale avec anes­thé­sié locale, et de toute façon, impos­sible de pra­ti­quer une IVG médi­ca­men­teuse : trop dou­lou­reuse, trop tard aus­si. Les méde­cins ont été aux petits soins avec moi, tous très très gen­tils, res­pec­tueux, com­pré­hen­sifs et qui ne jugent à aucun moment! J’ai du repous­ser mes ren­dez vous a cause de mes par­tiels. Non seule­ment ça ne leur a pas poser de pro­blème, mais ils s’en sont sou­ve­nu et m’ont tous deman­dé com­ment j’a­vais pas­sé lors du ren­dez vous suivent !!!! J’é­tais ras­su­rée, peu stres­sée. Ma soeur, mon copain et mes amies me sou­te­naient jus­qu’au bout. Le jour de l’in­ter­ven­tion arri­va. j’é­tais à l’hôpital a 8h30 après ma douche à la béta­dine, accom­pa­gnée de mon copain. On attends en salle d’at­tente, et lorsque c’est à mon tour de ren­trer (on ne peut pas entrer accom­pa­gnée) mon homme part, pas­ser des par­tiels lui aus­si. Je ne me sou­vient que très peu de ce qui s’en suis. Je m’ins­talle dans ma chambre, avec 2 autres filles, vêtues, comme moi, d’une simple blouse bleue, il fal­lait enle­ver tout ce qu’on pou­vait enle­ver. plu­sieurs infir­mière, toutes très sym­pa­thiques, sont venues me poser quelques ques­tions (si j’é­tais bien venue a jeun, si j’a­vais pas fumer, bien pris ma douche la veille et le len­de­main à la béta­dine etc..) puis, on me posa une per­fu­sion. j’ai pris quelques médi­ca­ments à leur demande et puis, trou noir. je me suis endor­mie sans trop savoir com­ment. Je me réveille, à l’en­trée du bloc opé­ra­toire. j’at­ten­dais qu’on vienne me cher­cher. L’anesthésiste arrive quelques temps après, regarde mon dos­sier et me dis que compte tenue de l’avancée de ma gros­sesse, il était impos­sible de pra­ti­quer l’IVG sous anes­thé­sie locale (sou­la­ge­ment, j’a­vais peur de sen­tir les piqûre) le per­son­nel a été très gen­til. je me suis encore endor­mie et je me réveille en salle de réveil, une infir­mière a coté de moi. elle me fait une per­fu­sion de tra­ma­dol vu que j’a­vais mal au ventre, a appe­ler ma soeur et mon copain pour les tenir au cou­rant et je me suis ren­dor­mie. Je me réveille fina­le­ment dans ma chambre. je me sen­tais par­fai­te­ment bien. L’infirmière me remis mon pier­cing à ma demande (pour évi­ter qu’il se referme) et on me demande com­ment je vais. Le méde­cin vient me voir pour me dire que tout c’est par­fai­te­ment bien dérou­lé, aucune com­pli­ca­tion et j’al­lais pou­voir man­ger. J’ai man­ger sans pro­blème, les nau­sées com­men­çaient déjà à dis­pa­raître. J’ai pu repar­tir tout de suite après. je n’ai même pas eu besoin de dor­mir, je me sen­tais tel­le­ment bien que je suis par­tie rejoindre mon copain à la fin de ses par­tiels, qui a été aux petits soins avec moi. C’est impor­tant d’être sou­te­nue dans cette période, si je ne l’é­tais pas, je ne crois pas que je serai dans cet état d’es­prit. Pour toute les pari­sienne, je vous conseille l’hôpital de la pitié, ça a été mon MEILLEUR choix !!!!

  6. Elisabeth dit :

    J’ai 30 ans, ai avor­té il y a deux mois avec le sou­tien de mon com­pa­gnon et je suis loin d’y pen­ser tous les jours ni même de culpa­bi­li­ser (à ma propre sur­prise, les mises en garde pour dépres­sion post-avor­te­ment étant fré­quentes sur les sites d’in­for­ma­tion). En bref, JE VAIS BIEN, mer­ci!

  7. Caroline dit :

    J’ai 20 ans je suis étu­diante, je prends la pilule depuis plu­sieurs années, mais je suis tête en l’air.
    Je me sens faible, fati­guée, nau­séeuse, essouf­flée, tout de suite je pense que je suis enceinte. Oubli de pilule sans doute. Je prends mon cou­rage à deux mains je vais chez le méde­cin, si je suis enceinte il faut faire vite. La ques­tion ne se pose même pas, il faut que j’a­vorte et le plus tôt sera le mieux . J’an­nonce au méde­cin que « si je suis enceinte c’est d’une semaine tout au plus ». Le méde­cin me regarde d’un air pater­na­liste et sou­rit, il me touche le ventre, il me dit mais « non made­moi­selle vous n’êtes pas enceinte, par contre vous avez une otite c’est ça qui vous fatigue ». Pas d’ordonnance pour une prise de sang, rien, il ne m’a pas écou­tée. Je ne sais pas quoi pen­ser, je n’ai pas osé le contre­dire.
    Les jours passent, je suis tou­jours fati­guée, mes seins sont gon­flés et dou­lou­reux. Je retourne voir un autre méde­cin. Le plan­ning fami­lial je ne veux pas, je risque d’y croi­ser une de mes cama­rades qui y est en stage. Il m’é­coute, direc­tion prise de sang.
    Au labo l’in­fir­mière me demande pour­quoi je fais ces ana­lyses, je me sens obli­gée de répondre. Elle me regarde l’air ahu­ri, je me sens obli­gée de me jus­ti­fier je lui dit que si c’est posi­tif je ne vais pas le gar­der. Elle me regarde et me dit quelque chose comme « ah je pré­fère ça. » J’ai envie de lui dire que per­sonne ne lui demande son avis, je ne le fais pas, je veux juste que tout ça finisse.
    Je n’en parle pas à mes parents, je suis dans une autre ville, je m’in­quiète de savoir à quelle hau­teur ma mutuelle va me rem­bour­ser et sur­tout si elle me rem­bour­se­ra moi ou mes parents. Je ne sais pas. Mes amies me prêtent de l’argent, mon amou­reux aus­si.
    Le ren­dez-vous est fixé, j’at­tends, j’ai hâte je veux que cette chose arrête de gran­dir dans mon ventre, qu’elle arrête de me colo­ni­ser. Jamais je me dis que je pour­rais le lais­ser suf­fi­sam­ment gran­dir, pour que cela devienne un enfant. C’est un pro­blème, pro­blème auquel il existe une solu­tion, j’ai hâte que tout cela soit fini. Je suis fati­guée et dans l’at­tente.
    Voi­là c’est fait, j’ai eu peu d’ex­pli­ca­tions, mais je pense que c’est der­rière moi. Trois semaines après, je suis chez mes parents, je saigne abon­de­ment alors que cela c’é­tait arrê­té. J’ai peur j’ap­pelle le SAMU qui me conseille de me rendre aux urgences gyné­co­lo­giques les plus proches de chez moi.
    Je suis obli­gée d’en par­ler à ma mère, elle ne me juge pas, elle s’in­quiète, elle est triste de ne pas avoir pu m’ac­com­pa­gner et m’ai­der pen­dant ce par­cours. Elle insiste pour que je change de moyen de contra­cep­tion. Je sais, je dois le faire. Mais d’a­bord je veux savoir pour­quoi je saigne.
    Aux urgences, (d’une autre ville que celle dans laquelle j’ai avor­té), on me dit que les sai­gne­ments ne sont pas inha­bi­tuels, rien d’inquiétant. En revanche ce qui les inquiète c’est qu’on ne m’ait pas infor­mée, ni pré­ve­nue, qu’on ne m’ait pas don­né ren­dez-vous pour une écho de contrôle.
    Ce fut long, je n’ai jamais jamais dou­té. Heu­reu­se­ment, mais heu­reu­se­ment que je me suis obs­ti­née.
    Voi­là, j’ai 23 ans main­te­nant, j’ai avor­té il y a trois ans, je me serais bien pas­sé du juge­ment de l’infirmière du labo, du manque d’in­for­ma­tions et de sui­vi par l’hô­pi­tal qui a pra­ti­qué l’acte, j’y repense comme quelque chose de fati­guant et je vais très très bien mer­ci.

  8. Charlotte dit :

    J’ai 31.J’ai avor­té à 9 semaines de gros­sesse.
    Mon méde­cin géné­ra­liste (cet homme est un saint)a été très pro­fes­sion­nel et ras­su­rant me sou­te­nant tota­le­ment dans ma déci­sion.
    Le jour de mon inter­rup­tion le per­son­nel hos­pi­ta­lier à éga­le­ment été très pro­fes­sion­nel est bien­veillant voir car­ré­ment décul­pa­bi­li­sant (chose rare appa­rem­ment).
    J’ai subis un avor­te­ment chirurgical.Je n’ai abso­lu­ment pas souffert,juste quelques crampes après l’iVG.
    Je pense avoir eu la chance de béné­fi­cier d’un avor­te­ment L’i­déal..
    J’as­sume mon choix.
    L’a­vor­te­ment est pour moi un droit fon­da­men­tal de la femme.Mais ce n’est pas un acte ano­din.
    J’ai avor­té je vais bien.
    Mais je n’ou­blie­rais jamais.

  9. floh dit :

    En fait je me deman­dais si le fameux pro­fes­seur Nisand etait celui ori­gi­naire d Alsace. Je suis un peu sur­prise par ce que je viens de lire a son sujet.
    J’ ai 27 ans aujourd’ hui et j’ ai com­mence la pillule a 15 ans de facon ano­nyme dans une cli­nique obs­te­trique a cote de stras­bourg, ou un fameux Nisand pra­ti­quait a l’ epoque.

    J’ ai connu ce ser­vice au jeune suite a une seance d’in­for­ma­tion de ce meme Nisand dans notre col­lege. Et j’ ai un bon sou­ve­nir de son inter­ven­tion. En gros je me rap­pelle d’ un dis­cours decul­pa­bi­li­sant au sujet du sexe chez les jeunes. et la seule notion qu’ il avait fait au sujet de l’ avor­te­ment etait que cela pou­vait etre eprou­vant psy­cho­lo­gi­que­ment ou, et phy­si­que­ment et qu’ il valait mieux se pro­te­ger au mieux plu­tot que d’ en arri­ver la.
    Contrai­re­ment a certain,e,s gyne­co que j’ ai eu ou en plan­ning fa;ilial, j’ ai tou­jours ete super bien recue dans le ser­vice jeune de cette cli­nique a chaque fois que j’ y pas­sais. Les entre­tiens etaient res­pec­tueux, non mora­li­sa­teurs…

    Bref apres toutes ces annees j’ en garde tou­jours un sou­ve­nir plus qu’ ok,

    Mili­tante a mon petit niveau, et tenant un petit info­kiosk de maga­zines femi­nistes self­mades de dif­fe­rents endroits du monde, je parle sou­vent d’ avor­te­ment avec d’ autres filles. Je viens de subir mon deuxieme avor­te­ment depuis le debut de ma vie sexuel­lem le pre­mier ayant eu lieu avec medi­ca­men­ta­tion dans une atmos­phere mora­li­sa­trice et infor­ma­tion mini­ma­lem le deuxie­mem il y a tout juste une semaine a plus de quatre mois dans une cli­nique hol­lan­daise dans un cli­mat excep­tion­nel­le­ment sym­pa­thique et rieur.

    bref tout ca pour dire que je savais que le frere du gyne­co­logue en ques­tion, inves­ti en poli­tique, si on parle bien du meme Nisand, est un grand imbe­cile, je ne pen­sais pas lire ca du pro­fes­seur Nisand.

    Bon si je fais une erreur par­don­nez moi, en tous les cas je vais cher­cher plus loin de l’ info main­te­nant.

    sinon a part ca j’ ai avorte et je vais bien, mer­ci.

  10. A. dit :

    Je suis tom­bé sur votre site tota­le­ment par hasard.
    Au détour d’un article sur Rue89 qui vous cite et en ce qui me concerne cela fait un bon moment que je ne sais par où com­men­cer.

    J’ai éga­le­ment avor­té à 17 ans. Conscients des risques nous n’a­vons jamais vou­lu mettre de pré­ser­va­tif avec mon copain, avec qui je suis encore aujourd’­hui (5 ans après). En début d’é­té, fin juin début juillet, mes règles n’ar­ri­vant et ne les ayant pas encore régu­liè­re­ment je ne m’in­quiète pas plus que ça. Au bout d’un cer­tain moment cela devient inquié­tant, je ne me rap­pelle pas de quelle manière je m’en suis ren­due compte mais j’é­tais enceinte. Vivant encore chez mes parents et avec mon ché­ri depuis à peine quelques mois il était abso­lu­ment hors de ques­tion que je garde l’en­fant. J’au­rais eu la force de le gar­der et de l’é­le­ver mais pas les moyens et puis je me fais une cer­taine idée de l’é­du­ca­tion à don­ner aux enfants. Je n’ai pas hési­té.

    Mais par où com­men­cer ? Je n’ai pas vou­lu en par­ler à ma mère pour ne pas l’in­quié­ter et du côté de mon petit ami la dis­cus­sion n’é­tait même pas envi­sa­geable.
    Le plan­ning fami­lial. Fort heu­reu­se­ment j’y ai recon­nu mon méde­cin qui me sui­vait depuis toute petite ce qui m’a don­né la force d’en­trer au plan­ning. Mais je ne suis pas tom­bée sur mon méde­cin et ceux que j’ai pu ren­con­trer ont été abjects. Moi qui ne posait pas plus de ques­tions que ça ont réus­sit à me faire culpa­bi­li­ser de ne pas m’être pro­té­gée « Mais pour­tant vous êtes au cou­rant, on vous informe » Oui, mais non. Et si je n’en avais pas envie ?
    Bref, je fais les démarches seule, aller voir le psy, la prise de sang. D’au­tant plus que j’é­tais assez en avance dans le pro­ces­sus de gros­sesse ce qui a fait sau­ter un ren­dez-vous et m’a for­cé à se dépê­cher. A une semaine prés j’au­rais du m’of­frir un voyage.

    Au fil des ren­dez-vous et des mes recherches inter­net je me rends compte que je dois être accom­pa­gnée pour avor­ter. Bon. Il va fal­loir en par­ler à ma mère. On fait les démarches, ma mère ne m’a rien dit. Elle ne m’a pas jugé, elle ne m’a pas repri­man­dé, elle m’a juste ques­tion­né. Mer­ci maman. Ribam­belle de méde­cins, ren­dez-vous, on m’in­quiète de l’ur­gence de la situa­tion et je me rend avec ma mère et mon petit ami à l’hô­pi­tal. Le ren­dez-vous qui a été le plus mar­quant pour moi est celui de l’é­cho­gra­phie. C’est vrai qu’à ce moment on se rend compte qu’on a quelque chose dans le ventre. Mais je pré­fère encore avor­ter que de lui offrir une vie médiocre. Alors oui, même si on peut éprou­ver une sorte « d’a­mour » pour cet amas de cel­lule, si on l’aime, on doit être capable de l’é­par­gner d’une telle vie. Je tra­vaillais en centre de loi­sir à l’é­poque, j’ai posé une jour­née pour me rendre à l’hô­pi­tal avec un bou­quin et c’é­tait par­ti.

    Entrée à la cli­nique on m’a pris en charge rapi­de­ment, douche, blouse d’hô­pi­tal et médi­ca­ments. Puis on m’emmène dans la salle d’o­pé­ra­tion, anes­thé­sie géné­rale comme il est d’u­sage pour une aspi­ra­tion. Le méde­cin de l’hô­pi­tal que j’a­vais vu pré­cé­dem­ment en entre­tien avec mon copain a su nous expli­quer ce qui allait se pas­ser. Salle de réveil, je n’ai rien sen­ti. Je ne com­prend pas je dois y res­ter un cer­tain temps je me sens bien. Je remonte dans ma chambre et doit me repo­ser. J’ai dor­mi toute la jour­née pen­dant que mon ché­ri lisait, il devait être plus stres­sé que moi puis­qu’il n’o­sait même pas des­cendre pour fumer… On me remet mon dos­sier médi­cal, où est-il main­te­nant ? et je retourne le len­de­main au bou­lot.

    Pas plus com­pli­qué que ça. Je ne me suis jamais confron­tée à des per­sonnes anti-avor­te­ment ni a des gens qui ont abso­lu­ment vou­loir ce qui s’é­tait pas­sé à cette période. Depuis je prend la pilule et tout va bien.
    Comme dit dans un pré­cé­dent témoi­gnage, si c’é­tait à refaire je le refe­rais.

  11. samya dit :

    j’ai 23 ans , j’ai avor­té il ya 2 mois , je suis encore étu­diante, j’a­vais pas les moyens de e gar­der … j’ai subie une chi­rur­gie car les médi­ca­ments n’ont pas mar­ché sur moi , j’é­tait a 1moi et demi lorsque sa c’est pas­sé . mes parents ne savent rien , mon com­pa­gnon m’a aidé , il m’a sou­te­nu . je ne regrette pas, certes ça fait quelque chose mais bon j’a­vais pas le choix de toute façon, je veux que mon enfant naisse alors que ces parents ont les moyens de lui don­né une bonne édu­ca­tion , et tout ce qu’il désire !!! bref sa me ras­sure de voir que je ne suis pas la seule a ne pas res­sen­tir de culpa­bi­li­té , donc voi­la je vais bien mer­ci .

    samya.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *