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Témoignages

J’ai avorté à 17 ans, et je vais bien, merci !

Selon le grand Pro­fes­seur Nisand, sa col­lègue gyné­co­logue Bri­gitte Letombe et Sophie Mari­no­pou­los, psy­cha­na­lyste, il fau­drait « s’in­quié­ter du recours à l’a­vor­te­ment des jeunes ».

Ces trois pro­fes­sion­nels, qui affirment écou­ter les femmes, disent n’a­voir jamais « ren­con­tré de femmes pour qui l’avortement a[it] consti­tué «un évé­ne­ment fon­da­teur de leur vie d’adulte». Pour eux, il s’a­git même d’une « énor­mi­té ». Les énor­mi­tés les saluent donc bien bas et leur pré­sentent quatre témoi­gnages de jeunes femmes ayant avor­té à 17 ans. L’une d’elle, dit gar­der « une dent très nette contre cer­tains méde­cins, qui pro­jettent leur concep­tion du monde et leurs idées sur leurs patients, et peuvent cau­ser des trau­ma­tismes dont ils ne sont sans aucun doute pas conscients. » (Lili) , une autre écrit : « Je n’ai jamais res­senti de regret, de peine ou d’hésitation, depuis le depart tout était trés clair pour moi et je pense que cette expe­rience m’aura fait gran­dir et murir. » (Claire) ; la troi­sième affirme : « J’ai 17 ans, je suis lycéenne et je ne regrette pas une seconde ma déci­sion ». (Lou) ; et la qua­trième, enfin, déclare n’a­voir « pas vécu cette période comme dif­fi­cile, ni même mar­quante » (Hélène).

Puisque ces trois pro­fes­sion­nels se targuent d’é­cou­ter les femmes, en voi­ci ! Et s’ils se demandent pour­quoi ils n’en­tendent pas ces paroles dans le cadre de leur pra­tique, qu’ils s’in­ter­rogent sur les effets de cen­sure que leurs repré­sen­ta­tions impriment sur les femmes qu’ils reçoivent…

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Attaques contre le droit à l'IVG

Avortement aux Etats-Unis: des projets de lois comme s’il en pleuvait

Les pro­jets de lois pour limi­ter, entra­ver, et abo­lir de fait, le droit des femmes à l’a­vor­te­ment se mul­ti­plient aujourd’­hui sur tout le ter­ri­toire USa­mé­ri­cain.

Les répu­bli­cains (en par­ti­cu­lier) se sont fait une spé­cia­li­té de ten­ter d’a­bo­lir, sans y arri­ver, tou­te­fois, l’ar­rêt Roe v. Wade, qui recon­naît l’a­vor­te­ment depuis 1973 comme un droit consti­tu­tion­nel.

Cepen­dant, les groupes anti-IVG sont par­ve­nus à rendre l’a­vor­te­ment tou­jours plus dif­fi­cile d’ac­cès, grâce à la com­pli­ci­té des élus de cer­tains états qui, soit ont omis volon­tai­re­ment de prendre des mesures pour faire appli­quer le droit à l’a­vor­te­ment, soit ont adop­té des lois sour­noises pour le limi­ter – qu’il s’a­gisse du rem­bour­se­ment de l’acte, d’exa­mens obli­ga­toires à la charge de la patiente, d’o­bli­ga­tion de consul­ter un « cabi­net de conseils » en matière de soins repro­duc­tifs ou de l’i­nac­ces­si­bi­li­té des centres d’IVG.

Sans par­ler de l’au­to­ri­sa­tion de se pré­va­loir de la « clause de conscience » pour les per­son­nels soi­gnants, les phar­ma­ciens ou les centres hos­pi­ta­liers, de l’in­dif­fé­rence des auto­ri­tés au har­cè­le­ment et aux menaces que subissent les per­son­nels de ces centres, leurs familles et les femmes qui s’y rendent pour avor­ter.

Cela, en ver­tu du 1er Amen­de­ment qui garan­tit la liber­té d’ex­pres­sion et la liber­té de conscience en matière de reli­gion.

Mal­gré cela, ces mesures ne sont tou­jours pas satis­fai­santes pour le lob­by anti-avor­te­ment, qui revient à la charge avec d’autres pro­jets de loi visant à por­ter un coup fatal à la loi sur l’IVG, et qui est sou­te­nu par cer­tains élus des congrès des états qui débordent d’i­ma­gi­na­tion pour inter­dire aux femmes – et plus par­ti­cu­liè­re­ment aux plus dému­nies — l’ac­cès à l’IVG.

Après la Vir­gi­nie, le Texas, et l’Io­wa , entre autres,  c’est main­te­nant au tour de la Loui­siane de remettre sa copie au Congrès de l’é­tat.

L’é­tat de Loui­siane pré­sente aujourd’­hui un pro­jet de loi qui inter­di­ra à qui­conque de pra­ti­quer des avor­te­ments s’il n’est pas méde­cin agréé.

Selon NOLA.com (publié le 1 mars 2012) :

« Les avor­te­ments pra­ti­qués par toute per­sonne qui n’est pas doc­teur en méde­cine accré­di­té par l’é­tat de Loui­siane seraient consi­dé­rés comme un crime en ver­tu de la loi pro­po­sée jeu­di 1 mars par le séna­teur démo­crate Rick Ward III. Ward  a décla­ré que sa pro­po­si­tion de loi concer­ne­rait les infir­mier-ère‑s diplo­mé-e‑s d’é­tat, les infir­miers auxi­liaires, les assis­tants des méde­cins, les aides-soi­gnant-e‑s et ceux qui n’ont reçu aucune for­ma­tion médi­cale.

Le pro­jet de loi de Ward intro­duit la notion d’  »homi­cide volon­taire aggra­vé par le démem­bre­ment du fœtus » quand ceux qui ne sont pas doc­teurs en méde­cine se seront ser­vis de pinces, de for­ceps ou d’autres moyens pour démem­brer le fœtus au cours de l’a­vor­te­ment. Qui­conque accu­sé de ce crime serait pas­sible d’une peine de un à dix ans de pri­son, d’un amende entre 10 000 et 100000 dol­lars, ou à la fois d’une amende et d’une peine de pri­son.

Un autre aspect inté­res­sant de ce pro­jet de loi, c’est que les méde­cins doivent attes­ter par écrit qu’une femme qui a subi une inter­ven­tion à la suite d’un avor­te­ment spon­ta­né ou d’une gros­sesse qui se pas­sait mal, néces­si­tait vrai­ment une inter­ven­tion pour ce motif, en joi­gnant à son dos­sier les docu­ments et écho­gra­phies prou­vant le diag­nos­tic du méde­cin ».