J’ai avorté depuis 2010 et je vais bien

Vous pou­vez lais­ser vos témoi­gnages en com­men­taires.  Ne lais­sez pas d’in­for­ma­tions qui, croi­sées, per­mettent de vous iden­ti­fier (sauf si vous y tenez) mais dites-nous un peu qui vous étiez à ce moment-là (âge, caté­go­rie pro­fes­sion­nelle, situa­tion sen­ti­men­tale…)

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231 réponses à J’ai avorté depuis 2010 et je vais bien

  1. Lou dit :

    Aujourd’­hui, ça fait un an et un mois que j’ai avor­té. J’é­tais, et je suis tou­jours, étu­diante, même chose pour mon copain. On vit tou­jours chez papa-maman et n’a­vons pas de reve­nus régu­liers.
    Depuis presque 2 ans que nous étions ensembles, nous avions déjà eu l’oc­ca­sion de par­ler de ce risque, et la déci­sion était très claire pour tous les 2 : pas de situa­tion potable + pas plus de 25 ans = pas de bébé.
    Et voi­là, c’est arri­vé. Je ne pre­nais plus la pilule à cause de ses effets sur moi et atten­dait la fin d’un trai­te­ment pour recom­men­cer. C’est bête, je n’ai pas recom­men­cé assez vite. Bref, for­cé­ment, quand le test s’est avé­ré posi­tif, j’ai pani­qué. A qui j’al­lais en par­ler en 1er, qui contac­ter pour m’ai­der. Ca a été mon méde­cin trai­tant, puis mon copain, et ça a fini chez le gyné­co. J’ai eu droit à l’IVG médi­ca­men­teuse, et du coup, en une semaine, c’é­tait réglé.
    Ca a été dur au début, même si je savais très bien que l’autre choix n’au­rait ren­du per­sonne heu­reux. J’en ai par­lé à quelques amies et à ma mère, il m’a fal­lu un mois ou deux pour m’en remettre, mais main­te­nant, tout va bien. Je ne pleure pas en voyant un bébé dans une pous­sette en me disant que ça pour­rait être le mien, je ne pense pas à ce minus­cule amas de cel­lules chaque jour qui passe, je ne m’en veux pas d’a­voir épar­gné un enfant d’un début de vie dif­fi­cile, je suis contente de conti­nuer mes études et de sor­tir avec mes amis, je suis bien dans ma vie actuelle et je sais que j’au­rai dû faire une croix sur ma jeu­nesse si j’a­vais gar­dé le bébé. Et en plus, je suis tou­jours avec le même homme, qui n’a jamais ces­sé de me sou­te­nir pen­dant cette période.
    Je ne suis pas trau­ma­ti­sée par mon choix et je sais très bien que ça ne m’empêchera pas de reten­ter le coup quand le bon moment sera venu. Parce que oui, j’aime les enfants, mais pas au point de leur gâcher la vie en en fai­sant une flo­pée avant mes 25 ans.
    Avor­ter, c’est aus­si épar­gner des vies, et ça, tout le monde n’en a pas conscience !

    • I dit :

      J’ai 26 ans et j’ai avor­té il y a un mois et demi à peu près. Et je vais très bien, mer­ci.
      J’ai ren­con­tré mon copain depuis bien­tôt un an, ça se passe très bien entre nous et nous réflé­chis­sions « ensemble » à une méthode contra­cep­tive qui nous convienne à tous les deux. Parce qu’à mon avis cette déci­sion doit être prise à deux, ou au moins dis­cu­tée ensemble. Je refuse d’être la seule res­pon­sable de ma contra­cep­tion, même si c’est moi qui ai « subi » la gros­sesse! Nous par­ta­geons une vie sexuelle, nous devons par­ta­ger les déci­sions qui la concernent. Cela nour­rit le dis­cours selon lequel c’est de la faute de la femme si elle tombe enceinte, c’est elle qui prend/oublie la pilule…

      Je n’ai aucune envie de me jus­ti­fier sur la contra­cep­tion. J’ai tou­jours su que je pou­vais tom­ber enceinte avec lui, j’a­vais d’ailleurs fait 4 test de gros­sesse avant que je ne tombe enceinte pour de vrai.
      Depuis long­temps j’ai choi­si de ne plus prendre la pilule parce que je ne m’y suis jamais bien adap­tée. J’ai choi­si donc le pré­ser­va­tif et pen­dant 6 ans cela a été ma seule méthode contra­cep­tive jus­qu’à que je ne le ren­contre, et que je ne tombe enceinte début octobre.

      J’ai opté pour la médi­ca­men­teuse; les méde­cins (mon méde­cin trai­tant, l’é­cho­gra­phiste, le gyné­co et fina­le­ment celui avec qui j’ai fait l’IVG) ont tous été d’une gen­tillesse et d’un res­pect admi­rables. Cools, agréables, sans por­ter aucun juge­ment.
      Je l’ai fait chez moi avec mon copain, pen­dant un week-end dont je garde des sou­ve­nirs plu­tôt plai­sants. On a écou­té de la musique, on a fait à man­ger, on a par­lé des choses et d’autres, on a lu des romans. Nous avons vécu ça ensemble, sans drame et sans regret.

      J’ai le droit de vivre mon avor­te­ment sans aucune pesan­teur, mes amies ont du mal à me com­prendre… tant pis! Lui et moi par­ta­geons cet avis, c’est déjà ça!

      Il faut dire que pour un mec ce n’est pas facile d’as­su­mer qu’il le vit bien. Ils se sentent sou­vent dans l’o­bli­ga­tion de souf­frir pour nous comme si c’é­tait une preuve de soli­da­ri­té (ou d’a­mour, c’est rin­gard, mais oui, c’est bien comme ça que ça marche!) dans un moment « aus­si dur ».
      Le fait que je n’hé­site pas une seconde, que j’a­gisse vite parce que je vou­lais vrai­ment me débar­ras­ser de cette gros­sesse, parce que j’a­vais d’autres choses à faire et que ça fou­tait le bor­del au mau­vais moment, cela a été capi­tal pour que mon copain com­prenne que ce n’est pas grave, que nous avons le droit de boire un demi et trin­quer « pas­sons à autres choses ». ça nous a fait du bien de nous l’a­vouer.

      (main­te­nant j’ai un implant et je conseille ça aux pilu­lo­phobes, comme moi)

    • I dit :

      Je vou­drais juste rajou­ter que j’au­rais aimé connaître votre site avant d’a­voir avor­té. On trouve plus sou­vent des témoi­gnages culpa­bi­li­sants, ce qui m’a per­sua­dée d’en cher­cher plus sur inter­net à l’é­poque.
      Mer­ci!

    • Tiane dit :

      Bon­jour à tout le monde!

      J’ai connu votre site en lisant quelques articles sur l’IVG et je me suis dit que j’al­lais bien pou­voir racon­ter ma vie quelque part!

      J’ai avor­té en 2011, en jan­vier 2011 je pense. Je vais tel­le­ment bien (mer­ci!) que je n’ai pas rete­nu la date de mon avor­te­ment. Je n’en fête pas la date anni­ver­saire. Rien.

      Je suis tom­bée enceinte en même temps qu’une amie. et là, le para­doxe inter­vient dans toute sa splen­deur. Je suis avec mon copain (et tou­jours actuel­le­ment) depuis 3 ans à l’é­poque . Mon amie quant à elle est avec son gars depuis 1 an. Ils ont rom­pu, se sont dis­pu­té, se détestent. Mais elle décide de gar­der l’en­fant… Pour de nom­breuses rai­sons:
      sa mère lui a aus­si dit qu’elle serait une meur­trière! Que le Sei­gneur n’ac­cep­tait pas ce genre de péchés! Au centre où elle a fait sa prise de sang, con lui a bien dit , là ou elle a été reçue, qu’elle « tuait » un enfant.
      J’ai eu beau­coup de mal à le croire, tel­le­ment j’a­vais été bien reçue de mon côté.

      Des femmes com­pé­tentes, sou­riantes. elles ne m’ont jamais par­lé d’en­fant, mais de foe­tus. Big up à la PMI de Bor­deaux!
      L’une d’elle m’a même par­lé d’un paquet. pas très char­mant, mais ça per­met bien de mettre de la dis­tance n’est ce pas!
      Elles m’ont trai­té comme une adulte qui avait fait ses choix.
      Com­ment est-ce arri­vé? à l’é­poque, j’u­ti­li­sais un patch contra­cep­tif. j’ai déca­lé la date de pose d’une semaine (par manque d’argent) et pata­tras. Mon monde s’ef­fondre. Je suis enceinte. (j’ai 23 ans à ce moment)

      Mon assu­rance a aus­si convain­cu ces femmes que je ne vou­lais abso­lu­ment pas être enceinte. niveau contra­cep­tion , j’ai presque tout essayé: pilule (clas­sique) mais avec ma tête de linotte, je l’ou­bliais une fois sur deux. Anneau, mais je ne trou­vais pas ça pra­tique (mal pla­cé, on le sent pen­dant les rap­ports sexuels).
      et donc ce fameux patch: pas ter­rible: je suis noire et en été, dès que je me penche on peut le voir! de plus, il égra­tigne un peu la peau. rien de très grave. Et son prix.

      Mon copain était pré­sent tant qu’il pou­vait (il tra­vaille). j’ai même ras­su­ré une jeune femme tota­le­ment ter­ro­ri­sée. Elle sem­blait éton­née de mon déta­che­ment. Je ne suis pas psy­cho­pathe, sim­ple­ment cette déci­sion était d’une part la mienne, d’autre part la bonne. Et en plus l’u­nique déci­sion à prendre. pas ques­tion de me trau­ma­ti­ser à pen­ser à quelque chose que je ne désire abso­lu­ment pas.

      Finan­ciè­re­ment, psy­cho­lo­gi­que­ment, maté­riel­le­ment, et encore d’autre mots en ‑ment, je n’é­tais pas prête. Nous n’é­tions pas prêts. Il aurait bien vou­lu le gar­der, mais se ren­dait bien compte que c’é­tait fou.

      J’ai donc fait une IVG médi­ca­men­teuse. sans le regret­ter le moins du monde, et aujourd’­hui ça va. J’es­père même avoir mon pre­mier bébé l’an­née pro­chaine!
      Bien sûr qu’il y a eu des dou­leurs (putain être enceinte c’est une épreuve hein!). Mais éga­le­ment des avan­tages: mon copain aux petits soins!

      Quant à mon amie, sa fille a aujourd’­hui 1 an et demi, et, loin du géni­teur, elle galère. parce qu’elle n’a pas su se per­sua­der que, non, elle ne tuait pas un enfant, mais qu’elle assu­rait pour le pro­chain enfant à venir un ave­nir meilleur. cepen­dant, sa fille est magni­fique hein et elle ne regrette rien! mais elle dit sou­vent que si c’é­tait à refaire.…

      A la suite de ça, j’ai mis un implant. Par­fait: il dure 3 ans et vu que j’a­vais une mutuelle, il m’a été qua­si­ment com­plè­te­ment rem­bour­sé. Au final, cet implant est très peu cher (156 € pour 3 ans envi­ron) faites le compte par mois!

      J’a­voue que j’ap­pré­hende un peu le retrait…

      • Ségolène dit :

        Bon­jour, je suis une jeune femme de 22 ans je viens de reprendre mes études dans la coif­fure ce que j’ai tou­jours vou­lu faire depuis mon plus jeunes âge. Heu­reuse depuis sep­tembre de enfin avoir la chance de vivre mon rêve tout s’est bas­cu­ler d’un coup. Plus de prise de pilule depuis 3 mois ayant pris trop tard rdv chez le gygy enfin bref je conti­nuais tout de même les pré­ser­va­tif un jour bam elle craque je le dis oh ce n’est pas pour une fois qu’il va m’ar­ri­ver quoi que se soit et pour­tant… Quelques semaines plus tard ne voyant pas les règles arri­ver ayant de grosse dou­leurs dans la poi­trine et de drôle de maux de ventre je me décide tout de même a allez cher­cher un test qui se révé­la donc posi­tif, cho­quée au bout de ma vie venant de reprendre mes études vivant tou­jours chez mes parents même si ma rela­tion avec mon copain est elle de quatre ans il m’est impos­sible de le gar­der , arrz­ter les cours arrê­ter mon rêve depuis tou­jours non pour­quoi main­te­nant? Cetais tout réflé­chis j’en ai par­ler a mon copain a ma meilleure amie et a ma mère qui m’ont sou­sou­te­nue.. le len­de­main donc a la recherche d’un gyné­co qui veuille bien m’ac­cueillir car pen­dant les fêtes de noël vous ima­gi­nez bien la galère.. Rdv pris le sur­len­de­main au plan­ning fami­liale expli­ca­tion tra­la­la pre­mier papier signe attente de une semaine très.longue a mon gout des doutes qui s’ins­talle j’ai vrai­ment vécu cette semaine comme un cal­vaire.. Puis rdv pour lecho de data­tion petit hari­cot qui bouge jai mal au Coeur mais je n’en veut pas.. Prise des pre­miers médi­ca­ments ce jour même puis deux jours après les seconds a l’hô­pi­tal, sage femme très agréable très pré­sente mon copain étant avec moi tout s’est bien pas­ser malgres les grosse dou­leurs.. Main­te­nant sa fais 15 jours que j’ai avor­ter et je vais bien mer­ci. Jai eu du mal la semaine qui a sui­vis j’ai beau­coup pleu­rer mais je vais bien j’ai eu la chance d’être entou­rer de per­sonnes qui n’ont eu aucun juge­ment et entendre vos témoi­gnage me fais encore un plus grand bien, cette expe­rience ma appris beau­coup sur moi je desire aujourd’­hui plus que tout réus­sir ma vie afin de pou­voir don­ner la vie dans le futur, je pense que cette expe­rience ma fait prendre conscience des choses et je vis désor­mais pour moi et mon bébé futur qui aura un toit et qui vivra avec des parents qui auront une situa­tion stable, je ne regrette pas ce choix, aujourd’­hui jai gran­dis et je vais bien. Mer­ci

  2. So dit :

    J’ai 25 ans, j’ai fait un IVG depuis quelques mois et tout va bien.
    Je viens de finir mes études, je n’ai pas de tra­vail, je suis au RSA, et quand j’ai appris un peu par hasard que j’é­tais enceinte, j’é­tais en sous-loca­tion à deux dans un 14 m².
    Bref! De plus, avec mon copain, tout va bien, mais on ne veux pas pas­ser notre vie ensemble. Ça fait deux ans qu’on est ensemble, et on avait déjà par­lé de l’é­ven­tua­li­té qu’un acci­dent arrive. On était tous les deux d’ac­cord pour un IVG.

    Du coup, je ne me suis même pas posé la ques­tion. J’ai contac­té immé­dia­te­ment le plan­ning fami­lial, ils m’ont don­né toutes les adresse néces­saires, celle où je serais bien reçue, et pas jugée, parce que ça arrive encore.
    Mon copain est ren­trée pour m’ac­com­pa­gner aux ren­dez-vous. Même si on est sûre de ce qu’on fait, c’est impor­tant de ne pas être seule, d’a­près moi, parce que c’est un peu impres­sion­nant. De plus, dans mon cas, l’ex­cès d’hor­mone change l’hu­meur, et tout sen­ti­ment devient un peu exal­té — amour, anxié­té.

    Voi­là, c’est fini, je n’ai pas eu mal. J’ai uti­li­sé la méthode médi­ca­men­teuse.
    Est-ce que je regrette un « enfant mort ». Euh…pas vrai­ment. A l’é­cho­gra­phie, c’é­tait tel­le­ment petit qu’ils ne voyaient qua­si­ment rien. En fait, ça mesu­rait 2mm. Fran­che­ment, 2mm! J’es­saie de faire le lien entre enfant et 2mm, mais non en fait, pas pos­sible.

    Évi­dem­ment, je n’en ai pas par­lé à ma famille, je ne me suis même pas fait rem­bour­sé, pour que tout soit ano­nyme, j’ai payé en cash et j’ai brû­lé l’en­semble des papiers. Parce qu’en 2011, il y a encore des familles où ça ne se fait pas — tom­ber enceinte « toute seule » — même à 25ans, et pas 16.

    J’ai trou­vé un tra­vail à l’é­tran­ger, et je vais vrai­ment faire ce que j’aime. Si un jour, je veux un enfant, je le ferais avec la per­sonne que j’ai choi­sie, avec un toit sur la tête, et un salaire à la fin du mois, et pas en situa­tion de totale dépen­dance aux aides sociales, et avec ma famille sur le dos, voire ma belle famille for­cée.
    Quand je vois un bébé dans une pous­sette, je res­sens juste un immense sou­la­ge­ment.

  3. Dorothee dit :

    J’ai avorte il y a presque 6 ans alors que j’e­tais etu­diante aux Etats-Unis. Je ne pre­nais pas la pillule car j’a­vais des pro­blemes hor­mo­naux et je vou­lais savoir si j’e­tais capable d’a­voir mes regles sans qu’elles soient declen­chees. Mon gyne­co m’a­vait dit et redit que pro­ba­ble­ment, j’au­rais beau­coup de dif­fi­cultes a faire un enfant et que je devrais le pre­voir avec plu­sieurs annees d’a­vance. Alors, jeune et naive, je me suis dit qu’un moment d’i­nat­ten­tion ne me cau­se­rait pas d’en­nui… Mais voi­la, je suis tom­bee enceinte.… Je me suis tout sim­ple­ment reveillee un matin et c’est comme si mon corps m’a­vait parle. J’en etais per­sua­dee. Je ne l’ex­plique pas. Le test etait posi­tif.

    J’e­tais aux Etats-Unis et sur le coup, com­ple­te­ment per­due et pani­quee… Le moment etait vrai­ment effrayant. J’en ai parle a mon copain (de l’e­poque) et pour moi, il n’y avait meme pas de ques­tion a se poser, pour lui non plus d’ailleurs. Je n’ai pas refle­chi un ins­tant a savoir si c’e­tait la bonne solu­tion.

    J’ai donc com­mence par prendre le bot­tin et j’ai trouve un endroit (appa­rem­ment une asso­cia­tion) ou on pou­vait trou­ver de l’aide et rece­voir des conseils sur la marche a suivre. J’y suis allee et me suis retrou­vee devant deux bonnes femmes d’une cin­quan­taine d’an­nees qui m’ont fait refaire un test et qui m’ont explique que je devais gar­der la vie qui etait en moi et que je ne devais pas etre egoiste… il y avait tou­jours une solu­tion… Quelle pro­pa­gande!! Je suis sor­tie de la en cou­rant et ai trouve leur demarche tel­le­ment mal­hon­nete.…
    Bon ensuite, j’ai affine ma recherche et ai trouve un centre ou avor­ter.… mais a 400 dol­lars et a 2 heures de chez moi.… un per­iple dans tous les sens du terme. J’ai subi une inter­ven­tion chi­rur­gi­cale dans un centre de Chi­ca­go ou nous avons ete accueillis (avec mon ami) par des acti­vites pro-life qui nous ten­daient les roses de la vie.… Dans la cli­nique, tout le monde etait tres gen­til et ca s’est tres bien et vite passe. J’e­tais endor­mie, je n’ai donc rien sen­ti et suis ensuite ren­tree chez moi. J’ai pleure un bon coup, non pas a cause de l’a­vor­te­ment mais a cause de tout le stress cause par cette demarche qui est un vrai par­cours du com­bat­tant. Le vivre, c’est se rendre compte de l’ab­sence d’un reel droit sur son corps.
    (Je m’ex­cuse de l’ab­sence d’ac­cent mais je tra­vaille sur cla­vier anglais…)

  4. Tia dit :

    J’ai avor­té l’an der­nier, et je vais bien.

    J’é­tais dans une période dépres­sive assez sévère, grosses crises d’an­goisse liées à la fin de mes études, et plus vrai­ment capable de prendre soin cor­rec­te­ment de moi, y com­pris au niveau contra­cep­tif. Me voi­là donc enceinte.
    La ques­tion de conti­nuer la gros­sesse ou pas ne s’est pas posée, il n’en était tout sim­ple­ment pas ques­tion, ni pour moi ni pour mon com­pa­gnon.

    Heu­reu­se­ment, je n’ai pas eu de pro­blème pour savoir où aller, ayant eu des échos posi­tifs du centre de plan­ning fami­lial lié à l’u­ni­ver­si­té libre de Bruxelles. Et je dois dire que ces échos ont été confir­més par mon expé­rience, les gens qui y tra­vaillent ont vrai­ment été très bien, et ce, dès la prise de ren­dez-vous par télé­phone.
    Avant de voir la gyné­co­logue il y a eu une entre­vue avec une psy­cho­logue, dans un pre­mier temps sans mon com­pa­gnon, pour s’as­su­rer qu’il s’a­git bien de ma déci­sion et pas d’une pres­sion de sa part. Je n’ai pas eu l’im­pres­sion de devoir me « jus­ti­fier », ni d’être pous­sée dans un sens ou dans l’autre, au contraire, j’ai infor­mée de toutes les pos­si­bi­li­tés (y com­pris de l’aide en cas de volon­té de conti­nuer la gros­sesse), du dérou­le­ment des opé­ra­tions etc.

    Je me serais bien pas­sée de la semaine de réflexion, ne vivant pas très bien ce début de gros­sesse (phy­si­que­ment: nau­sées, énorme fatigue et dou­leurs diverses). Mais bon, elle a pas­sé rela­ti­ve­ment vite.

    L’a­vor­te­ment a été par aspi­ra­tion (vu le délai, il n’y avait pas le choix). Ce fut assez dou­lou­reux, mal­gré les anti-dou­leurs et cal­mants (il paraît que c’est très variable d’une femme à l’autre). Pour le reste, j’ai été bien accom­pa­gnée, mon com­pa­gnon a pu res­ter à mes côtés tout le long, et outre le méde­cin il y avait éga­le­ment la pré­sence de la psy. J’ai pu res­ter ensuite dans une salle amé­na­gée, confor­table et calme, le temps d’être capable de ren­trer chez moi.
    Quelques dou­leurs les jours qui sui­virent, un der­nier pas­sage chez la gyné­co du plan­ning pour véri­fier que tout soit ok, et c’é­tait fini.

    Et donc non, je n’en ai pas souf­fert psy­cho­lo­gi­que­ment. Non, je n’ai pas de regret, non, je ne culpa­bi­lise pas.( Para­doxa­le­ment même, vu la dépres­sion dans laquelle j’é­tais, c’é­tait au moins un pro­blème auquel je voyais une issue)

    Je me suis sen­tie aus­si un peu mal à l’aise en face de réac­tions de certain(e)s ami(e)s mis au cou­rant qui clai­re­ment entraient dans un dis­cours com­pas­sion­nel.
    Certes, ce n’est pas ano­din, à prendre à la légère, mais de là à en faire un trau­ma­tisme…
    Je ne crois pas non plus à l’ar­gu­ment des pro-vie comme quoi cer­taines femmes en feraient un moyen de contra­cep­tion, ça reste une inter­ven­tion trop lourde phy­si­que­ment pour que ça puisse être anec­do­tique.
    Per­son­nel­le­ment, je sais que je ferai tout pour ne pas repas­ser par là.

    Cet épi­sode m’a fait com­prendre la chance que j’ai eu de vivre dans un pays où l’a­vor­te­ment est dépé­na­li­sé. Je le savais déjà, mais c’é­tait uni­que­ment théo­rique.
    Refaire le point pour écrire ce témoi­gnage, après avoir lu tout ceux qui avaient déjà été dépo­sés m’a fait com­prendre qu’en outre j’a­vais éga­le­ment eu énor­mé­ment de chance pour à la façon dont ça s’est pas­sé (le manque de res­pect auquel ont eu droit cer­taines femmes est vrai­ment révol­tant).

    Donc voi­là, j’ai avor­té, je vais bien, mer­ci.
    Mer­ci à celles et ceux qui se sont bat­tus pour la dépé­na­li­sa­tion, mer­ci à ceux qui pro­cèdent à des avor­te­ments dans le res­pect des femmes et de leur choix, tous ceux qui per­mettent aux femmes de ne pas ris­quer leur inté­gri­té phy­sique et psy­cho­lo­gique, leur vie même en met­tant un terme à une gros­sesse non dési­rée.

    Et vigi­lance, aucun de nos droits n’est hélas acquis…

  5. Morgane dit :

    Même si je ne pen­sais pas dire ça il y a un an, et bien, si, je vais bien.
    Je venais d’a­voir 21 ans et je suis tom­bée enceinte alors que j’a­vais un moyen de contra­cep­tion, un pour lequel je m’é­tais « bat­tue », un truc au taux d’é­chec ridi­cule (mais avec un taux d’é­chec quand même) : un DIU.
    Tom­ber enceinte a tou­jours été une grande peur, d’où le DIU, qui me lais­sait « tran­quille », rien à faire, juste l’a­mour et puis c’est tout. Je me sou­viens de quelques jours avant de faire le test de gros­sesse, pas encore vrai­ment de retard mais des sen­sa­tions que je met­tais sur le dos de tout et n’im­porte quoi, tiens j’ai mal aux seins, tiens le fro­mage c’est dégueu en fait, tiens je suis cre­vée. Quand j’ai lu le test, c’est comme si à la fois je le savais mais que le ciel me tom­bait sur la tête.
    J’é­tais étu­diante, mon copain aus­si, nous le sommes tou­jours.
    C’é­tait juste pas le moment.
    Prendre une déci­sion (la trou­ver natu­relle, la rejet­ter, l’ac­cep­ter, se dire que c’est le moins pire, puis la meilleure chose à faire), rava­ler sa colère (contre l’in­jus­tice, contre mon gyné­co inca­pable de m’ex­pli­quer com­ment ça avait pu arri­ver, contre le manque de chance, contre mon corps, contre mon mec), tout ça m’a pris beau­coup de temps, tout comme pour arrê­ter d’être triste, de comp­ter les mois.
    Pour l’IVG elle-même, c’est mon gyné­co qui m’a prise en charge, au Plan­ning où ils fai­saient des vaca­tions. L’é­quipe a été ado­rable avec moi, vrai­ment. Moins avec d’autres. Mais je retiens quand même cette impres­sion que non, on a pas le droit à la parole, on est tota­le­ment prises en charge, pas­sives dans tout ça. Mon gyné­co ne m’a pas don­né le choix pour la méthode (mais il n’ar­ri­vait pas à enle­ver le DIU dont les fils avaient dis­pa­ru), ça s’est pas­sé sous AL, par aspi­ra­tion, alors que j’é­tais enceinte de 3–4 semaines. Un petit point sur une écho­gra­phie qui mesu­rait 2mm et qui non, n’é­tait pas un enfant. Si j’a­vais eu le choix, eu le cou­rage d’af­fir­mer ce choix, j’au­rais choi­si autre­ment (ou pas…). J’au­rais aimé plus d’ex­pli­ca­tions aus­si : j’ai eu un com­pri­mé de RU 2 jours avant, et chez des amis, le soir, j’ai com­men­cé à perdre des caillots de sang, per­sonne au plan­ning, per­sonne chez le gyné­co et l’in­fir­mière m’a­vait dit que je ne sai­gne­rais pas. Si je n’a­vais pas deman­dé, per­sonne ne m’au­rait dit ce qu’é­taient les petits cachets à prendre en man­geant (anti­bio). Sou­ve­nir impé­ris­sable aus­si du moment où j’ai dû avan­cer l’argent pour l’in­ter­ven­tion, ma mutuelle étu­diante (?!) n’ayant pas fonc­tion­né. Je ne me suis tou­jours pas faite rem­bour­ser d’ailleurs. Des visites ensuite ou visi­ble­ment mon gyné­co n’a­vait pas envie de pas­ser 10 minutes à écou­ter mon res­sen­ti. Trop de patientes sûre­ment…
    L’a­près est une longue (et dif­fi­cile) série de prises de tête avec mon copain (sur­mon­tées) qui n’a pas vrai­ment été à la hau­teur, de moments de grande dou­leur (gué­rie), de crises de larmes (séchées). Et puis à force de tra­vail et de soin, autour de la date où j’au­rais dû accou­cher, j’ai réa­li­sé que non, j’au­rais dû rien du tout, j’a­vais fait ce choix, c’é­tait le mien et il m’al­lait très bien.
    Je ne dis pas que de par­ler de ça ne me rend pas un peu triste, parce que tout ça est tout sauf une période joyeuse de ma vie, que j’ai le sou­ve­nir de cette grande dou­leur (phy­sique et morale) et que si elle s’at­té­nue elle ne dis­pa­raî­tra peut-être pas. Comme d’autres choses dif­fi­ciles.

    Mais oui, je vais bien, mer­ci.

    (Et mer­ci à celles et ceux qui ont ren­du et rendent pos­sible l’a­vor­te­ment sans que cela soit un véri­table cata­clysme, ou un dan­ger de mort. Pour que cela soit un évè­ne­ment de la vie et pas une des­cente aux enfers.)

  6. eva dit :

    Cela fait aujourd’­hui 1 an et des brouettes que j’ai avor­té et je vais bien.
    Le feu de l’ac­tion, la capote qui pête,… La pillule du len­de­main pour laquelle il y a, je ne le savais pas, un cer­tain taux d’é­chec, retard de règle, test et bin­go, en plein dedans.

    J’ai évi­dem­ment contac­té mon « par­te­naire » pour lui annon­cer la nou­velle. Nous avons pu cal­me­ment en dis­cu­ter. A l’é­poque en fin de for­ma­tion pro­fes­sion­nelle, sans emploi, tri­bu­taire de pôle emploi financièrement,célibataire, je ne me voyais pas du tout future mêre!
    Assez rapi­dem­ment j’ai pris la déci­sion d’a­vor­ter. Cette déci­sion est venue de moi, pas de pres­sion du futur ex-papa de l’é­poque qui assez rapi­de­ment l’a accep­té et m’a dit qu’il m’ap­por­te­rait son sou­tien.
    Je suis allée voir ma gyné­co­logue qui a confir­mé le test et m’a deman­dé ce que j’en­vi­sa­geais. Elle m’a lais­sé le temps de par­ler, m’a expli­qué ce qui se pas­sait et m’a par­lé de l’a­vor­te­ment médi­ca­men­teux ( « ma gros­sesse était très jeune »: 15 jours) com­ment cela se pas­sait, que cela pou­vait se pas­ser à domi­cile dans mon cas, qui il fal­lait contac­ter en cas de pépin…
    J’ai eu droit à la semaine de réflexion, à la docu­men­ta­tion…

    J’ai envie de dire que, pour moi, cela a été cette semaine qui a été la plus dif­fi­cile dans cette his­toire.
    J’ai eu le temps de retour­ner la ques­tion un peu dans tous les sens: être mêre, être femme, mon ave­nir… Ai-je bien le droit? Est-ce nor­mal de ne pas vou­loir être mêre là comme ça? n’est-ce pas une mesure de confort? fina­le­ment Eva, n’est-ce pas une mesure de confort? N’est-ce pas une fuite de tes res­pon­sa­bi­li­tés?…

    Cela a été plus fort que moi, j’en ai par­lé à trois amies. Je ne pou­vais pas res­tée seule dans tout cela. Je ne me suis pas sen­tie jugée, j’ai tout de même expli­qué mon choix (un peu de culpa­bi­li­té cer­tai­ne­ment) et je leur ai deman­dé de m’ai­der, comme au futur ex-papa.
    Je dois vous dire que ces per­sonnes ont étées géniales, vrai­ment: ma gyné­co, mes amies, ce mec…

    Une semaine plus tard, j’ai réafir­mé vou­loir me faire avor­ter.
    Le jour J, je suis allée chez ma gyné­co qui m’a don­né un médi­ca­ment (le RU, un truc comme ça) et une copine est venue pour me rac­com­pa­gner chez moi. Ensuite les trois sont venues au cours de la jour­née, elle se sont relayées. La soi­rée c’est finie avec le future ex-papa qui m’a veillé jus­qu’au len­de­main.
    Par la suite, j’ai revu plu­sieurs fois la gyné­co pour prendre encore un médi­ca­ment puis un peu plus tard pour une visite de sui­vi.

    Je tiens à dire que je n’ai rien eu à payer et que sur toutes les feuilles de soins ou de rem­bour­se­ments le fait qu’il s’a­gisse d’un IVG n’a jamais été men­tion­né.

    Je remer­cie ces per­sonnes de leur com­pré­hen­sion, leur aide, leur accueil, leur amour.
    Je remer­cie ces per­sonnes qui se sont bat­tues pour que l’IVG soit un droit et puisse se pas­ser sans que la mort en soit l’is­sue. Ces gens qui ne posent pas un regard accu­sa­teur « regarde la mère infan­ti­cide, regarde la traî­née… (il n’y a pas besoin de se faire avor­ter pour entendre ces idio­ties!).
    Mer­ci aus­si aux filles des 343 salopes qui me per­mettent aujourd’­hui fina­le­ment d’é­crire un petit bout de mon his­toire et de réa­li­ser que ouais c’est pas la balade de san­té, ça fait réflé­chir, ça cham­boule mais l’IVG existe, il est un droit, il per­met à la femme d’être ce qu’elle entend être.

  7. Lily dit :

    On n’a pas été pru­dents mais j’ai pris la pilule du len­de­main, en sou­li­gnant bien que c’é­tait pas une bonne solu­tion, et qu’on recom­men­ce­rait pas à être cons.
    Et puis des règles qua­si inexis­tantes et cette cer­ti­tude que quelque chose se pas­sait dans mon ventre. J’ai fait le test : posi­tif. J’ai appe­lé tout de suite le plan­ning fami­lial, qui m’a trou­vé le nom d’un gyné­co­logue près de chez moi. La secré­taire m’a trou­vé un ren­dez-vous pour le soir même.
    J’ai ensuite appe­lé mon copain du moment (dont je venais tout juste de me sépa­rer, pour des rai­sons tout à fait autres) et nous y sommes allés ensemble. Ver­dict : 5 semaines, juste à temps pour l’IVG médi­ca­men­teuse. Parce qu’on étaient déter­mi­nés et qu’une de ses patientes avait fina­le­ment décom­man­dé son ren­dez-vous pour la prise du pre­mier médi­ca­ment, j’ai pu prendre la pre­mière par­tie du trai­te­ment dès ce ren­dez-vous. Le gyne­co m’a aus­si mis sous anxio­ly­tiques légers.
    Mon ex était là deux jours plus tard, lorsque j’ai pris le second médoc et déclen­ché l’ex­pul­sion. J’ai un peu pleu­ré et per­du beau­coup de sang sur le coup, mais je me sen­tais tout à fait nor­male. Je suis par­tie pour un long wee­kend avec des amis le jour même, comme pré­vu.
    Une semaine après, j’ai res­sen­ti le besoin de pleu­rer, et mon ex, encore une fois, était là. On était tout à fait d’ac­cord que c’é­tait la bonne solu­tion, mais j’a­vais des choses à exté­rio­ri­ser.
    Alors oui, j’ai essayé de ne pas comp­ter les mois, de ne pas me deman­der si ça aurait été un gar­çon ou une fille, mais je ne regrette pas du tout ma déci­sion, et je vais bien, mer­ci.
    Aujourd’­hui, lorsque je vois que ce droit est remis en cause, que cer­taines ont des dif­fi­cul­tés à y avoir accès, je me dis que, plus que le fait de n’a­voir pas de séquelles psy­cho­lo­gique, j’ai eu de la chance d’être si bien accueillie et entou­rée.

  8. CitronRouge dit :

    J’a­vais 18 ans, ça fait presque deux ans main­te­nant, et c’est arri­vé au pre­mier écart fait, la seule fois où nous n’a­vions pas uti­li­sé de contra­cep­tion. Je pense tou­jours que c’est une gami­ne­rie, une pué­ri­li­té de ma part et de celle de mon copain, même si je ne culpa­bi­lise pas pour autant.

    Je me suis ren­due compte assez vite que j’é­tais enceinte et je suis allée avec mon com­pa­gnon au plan­ning fami­lial d’une ville pas très loin de la mienne. C’é­tait l’é­té, je suis étu­diante mais j’é­tais donc à ce moment là chez mes parents, je n’ai pas vou­lu le leur dire et je ne leur dirais pas jus­te­ment parce que pour ma mère avor­ter c’est la fin du monde (elle n’est pas contre pour autant, mais elle ne com­pren­drait pas que j’aille bien). Comme mes parents habi­taient à côté de l’hô­pi­tal, j’ai pré­fé­ré jouer la pru­dence.
    Tout s’est bien pas­sé même si je suis pas­sée entre les mains de tout un tas de psy­cho­logues me disant de bien réflé­chir car ça allait être un trau­ma­tisme ter­rible. Ce dis­cours enten­du par­tout, que ce soit mes parents, mes amis, les méde­cins, est deve­nu ma bête noire, parce que j’al­lais bien et que je n’ai pas eu besoin de m’en remettre, l’ex­pé­rience n’a pas été dou­lou­reuse pour moi, du tout.
    J’ai été tout de même très heu­reuse d’être sou­te­nue par mon com­pa­gnon, je l’au­rais sûre­ment vécu d’une manière beau­coup plus stres­sante sur­tout. Dans les salles d’at­tente, je voyais toutes ces filles dans le même cas que moi, plus jeunes par­fois, et aucune n’é­tait accom­pa­gnée, je me disais que j’a­vais une chance folle.

    Le jour de l’a­vor­te­ment est même un sou­ve­nir amu­sant et agréable : j’ai dor­mi chez un ami qui m’a ame­né très tôt le matin, moi et mon com­pa­gnon, ça a été un moment très agréable tous les trois, très par­ti­cu­lier.
    Et puis après l’a­vor­te­ment, mon ami est venu me rendre visite avec des pâtis­se­ries et s’est glis­sé dans m chambre sans deman­der la per­mis­sion, c’é­tait amu­sant.

    Je n’ai fina­le­ment que des sou­ve­nirs posi­tifs de cette période et je suis heu­reuse d’en­tendre un dis­cours dif­fé­rent, qui ne me donne pas l’im­pres­sion d’être une hor­rible sans coeur.

  9. Nana dit :

    Nous avons avor­té en sep­tembre 2010 mon com­pa­gnon et moi.
    Nous n’étions ensemble que depuis un mois et demi on sen­tait que notre his­toire était faite pour durer –toute la vie– je n’avais pas de contra­cep­tion et ce jour là a été magique, au moment où nous avons conçu ce petit être on l’a su, on a tout de suite com­pris que j’était enceinte. Mais notre rela­tion était toute récente, nous n’avions pas de tra­vail CDI, j’avais peur du regard de ma famille et je ne vou­lais pas vivre une gros­sesse angois­sée et ne pas être sure d’apporter à notre futur enfant tout ce dont il aurait besoin. Mon com­pa­gnon lui était plus déta­ché de toutes ces consi­dé­ra­tions maté­rielles mais il a vite com­pris que même si je fai­sais des efforts pour voir les choses du bon côté, je n’était pas sereine, on a donc rapi­de­ment déci­dé d’avorter.

    Petite paren­thèse reven­di­ca­tive… [ Nous avons avor­té à Car­cas­sonne, n’y allez pas où alors soyez psy­cho­lo­gi­que­ment solide, la prise en charge y est plus que déplo­rable: la plu­part des gyné­co­logues qui font les IVG là-bas sont loin d’être très favo­rable à cette pra­tique, nous sommes aller au rdv ensemble nous avons été « accueillis » par un piquet de glace, aucune ques­tion sur la manière dont s’est arri­vé, encore moins sur la manière dont on vivait la chose, elle ne s’est adres­sée qu’à moi devant esti­mer que mon com­pa­gnon n’était qu’une déco­ra­tion, elle ne lui a pas pro­posé d’assister à l’échographie, ne nous a pas don­né les recom­man­da­tions de base du post IVG.… Comme je n’était qu’à 3 semaines de gros­sesse elle m’a pro­posé la méthode médi­ca­men­teuse à faire chez moi du fait que je suis d’un groupe san­guin rhé­sus +, sur ce point j’était plu­tôt contente étant don­né que, dans le ser­vice coha­bitent les femmes qui viennent pour un IVG et celle qui sont enceintes et épa­nouies de l’être (ils ne doivent pas connaitre la notion de TACT), bien­sure la gyné­co me dit que le jour où je prends les com­pri­més je ne devais pas aller tra­vailler cela va de soit mais quand je lui demande un arrêt de tra­vail pour la jour­née elle me rétorque:« mais made­moi­selle ce n’est pas une mala­die, je ne vous ferais pas d’arrêt de tra­vail, si vous en vou­lez un vous n’avez qu’à prendre RDV chez votre géné­ra­liste ce jour là »… qu’est ce qu’on se sent épau­lé c’est fou… ]

    Bref 2 jours plus tard chez moi 7h je prends les com­pri­més que je vomi 45 minutes + tard, 9h j’appelle le secré­ta­riat qui ouvrait pour savoir quoi faire, je doit reve­nir cher­cher d’autres com­pri­més j’habite à 45km de Car­cas­sonne, 10h30 je repars de l’hosto avec mes médocs –même si les pre­miers n’étaient pas suf­fi­sants pour déclen­cher l’expulsion, j’ai quand même des sacrées contrac­tions, 12h j’arrive chez ma géné­ra­liste pour avoir un arrêt de tra­vail, au moins une qui a un peu de com­pas­sion elle me pro­pose même deux jours d’arrêts, 13h je mange un peu avant de prendre les autres com­pri­més pas envie de vomir une 2e fois, après ca quelques heures pas très agréables mais un com­pa­gnon ado­rable qui reste près de moi et m’épaule du mieux qu’il peut.
    On peut pen­ser que c’est ter­miné mais pas tout à fait, je n’est pas vu le foe­tus expul­sé ce jour, une semaine après une enclume dans le bas du ventre, je com­mence à m’inquiéter et deux jours plus tard au moment de me cou­cher, je sens quelque chose cou­ler, je trouve ca étrange car je ne saigne plus depuis plu­sieurs jours et là je découvre le foe­tus, il lui aura fal­lu 9 jours pour sor­tir de mon uté­rus et double dose de médoc.
    Je passe sur la défaillance de l’hopital pour la consult de sur­veillance 3 semaines après enfin j’ai juste enten­du que 9 jours c’était anor­mal ca je sais mais je ris­quais soit disant une grosse hémor­ra­gie, je devais pro­ba­ble­ment reprendre une série de com­pri­més voir si ca ne mar­chait pas un cure­tage, tout ca à cause d’une micro­tache à l’écho.
    Pour cour­ron­ner le tout elle vou­lait m’empécher de par­tir 10 jours en vacances alors que je bos­sais 6j/7 depuis 6mois, heu­reu­se­ment que je suis infir­mière et que j’ai fait un stage en ser­vice IVG (1000 fois mieux que celui ci), cela m’a per­mi de ne pas suc­com­ber à la panique et à la crise de nerf…
    Je lui ai fer­mé son cla­pet en annon­cant ma pro­fes­sion et rien de ce qu’elle m’avait pré­dit n’est arri­vé ( très mau­vaise madame Irma).

    J’ai bien vécu cette déci­sion car j’ai par­lé à mon foe­tus avant l’avortement je lui ai expli­qué les rai­sons de notre déci­sion, et que je nous l’aimions de tout notre coeur, j’ai même pro­posé à son âme de reve­nir à ma pro­chaine gros­sesse.
    Après 9 mois de recul je suis tou­jours avec mon com­pa­gnon on pro­jette de faire un bébé bien­tôt, cette fois dans les meilleurs condi­tions qui puisse être, cette étape nous a rap­pro­ché et je ne regrette rien même si au moment où j’écris je devrais accou­cher plus ou moins ces jours-ci.
    Et même si j’y pense, c’est avec le coeur léger, plein de joie pour l’avenir et aucune culpa­bi­lité sur le pas­sé.
    J’ai avor­té, je vais bien, mer­ci !!!
    Nous avons avor­té, nous allons bien, mer­ci !!!

    • Les filles des 343 dit :

      Nous avons publié ce témoi­gnage. Il n’en reste pas moins que c’est la femme qui avorte, qui res­sent les dou­leurs phy­siques quand il y en a (ce qui est évi­table) et qui est som­mée d’al­ler mal ensuite. C’est une réa­li­té phy­sique et sociale.
      Il faut aus­si rap­pe­ler qu’il s’a­git d’une expé­rience sin­gu­lière et que si d’autres femmes ne voient pas d’en­fant dans un embryon de quelques semaines, elles n’ont pas à s’en sen­tir cou­pables ou insen­sibles.

  10. Lulu dit :

    On se dit, c’est bon, ça va pas m’ar­ri­ver.. Ce la fait 9 mois que j’ai avor­té.
    J’é­tais alors une étu­diante de 21ans et n’a­vez pas de rela­tion dite « sérieuse ».
    Je ne sais pas com­ment l’ex­pli­quer mais avant même de consta­ter un retard dans mes règles, j’ai « sen­ti » quelque chose. Il a donc fal­lut se rendre a l’é­vi­dence et filer à la phar­ma­cie.
    Après, tout c’est enchaî­né assez vite. Le ren­dez-vous chez le méde­cin, le ren­dez-vous avec l’anesthésiste, puis l’in­ter­ven­tion. En cinq jours, tout était réglé.
    Je ne sais pas si c’est à cause de la situa­tion d’ur­gence dans laquelle je me trou­vais, mais aucun des spé­cia­listes que j’ai ren­con­tré n’a prit le temps de m’ex­pli­quer com­ment ça aller se dérou­ler. C’est donc avec pleins de ques­tions et d’ap­pré­hen­sions que j’ai vécu cette semaine. Heu­reu­se­ment, les conseils d’une amie en école d’in­fir­mière ont pu me ras­su­rer un peu avant l’in­ter­ven­tion.
    Je n’ai pas eu de pro­blèmes de juge­ments de la part du per­son­nel hos­pi­ta­lier. Au contraire, un aide soi­gnant assez bla­gueur a tout fait pour me mettre à l’aise. L’in­ter­ven­tion chi­rur­gi­cale s’est bien pas­sé. Un p’tit réveil dou­lou­reux et quelques nau­sées dues à l’anesthésie géné­rale, mais rien de bien grave.
    Il m’a quand même fal­lut quelques jours pour assu­mer cet évè­ne­ment. En effet, la fatigue et le stress accu­mu­lés lors des der­nières semaines sont retom­bé et j’é­tait dans un état assez bizarre. Mais un matin, après une bonne nuit, je me suis réveillée et j’me suis dit  » C’est bon, t’as fait ce qu’il fal­lait !  » Et en effet, dans ma situa­tion, je n’au­rais pas pu éle­ver un enfant conve­na­ble­ment. Et puis, je suis jeune, je fais la fête, je sors avec mes amis, avec un bébé, mon train de vie aurait était cham­bou­lé et je n’en avais aucune envie a cet ins­tant.
    Et donc voi­la 9 mois après, je peux le dire, j’ai avor­té, je vais bien , mer­ci !
    Je tiens à dire que le fait dans par­ler à quelques amis proches m’a beau­coup aidé, j’en pro­fite donc pour les remer­cier .. 🙂

  11. Lou dit :

    Cela fait 6 mois que j’ai avor­té.
    J’ai 17 ans, je suis lycéenne et je ne regrette pas une seconde ma déci­sion.

    J’ai tou­jours eu beau­coup de pro­blème avec mes contra­cep­tions. J’ai a peu près tout essayé: pilule, implant contra­cep­tif, anneau, patch… Rien a faire, à chaque fois, les effets secon­daires étaient trop impor­tants pour pou­voir conti­nuer. Sauf pour la pilule mais beau­coup de mal à la prendre de façon régu­lière.

    Bref, au moment ou je suis tom­bée enceinte, il y avait préservatif+pilule. Mais quand je me suis réveillée le len­de­main matin, j’ai sen­ti qu’il se pas­sait quelque chose, sans pou­voir l’af­fir­mer avec cer­ti­tude. J’ai atten­du deux semaines avant de faire un pre­mier test, accom­pa­gnée de mes amies, qui était néga­tif mais qui ne m’a pas ras­su­rer pour un sous. Seins ten­dus, sen­sa­tions nau­séeuses. Ça sem­blait mal par­ti.
    Cinq jours plus tard, un same­di matin avant d’al­ler en cours, j’ai refait un test qui cette fois était posi­tif.

    Je n’ou­blies pas cette sen­sa­tion mélan­gée entre de la satis­fac­tion (savoir que tout fonc­tion­nait nor­ma­le­ment chez moi à été un grand sou­la­ge­ment) mais éga­le­ment une sen­sa­tion d’im­puis­sance totale.
    Je suis res­tée 10 minutes dans ma chambre, his­toire de reprendre mes esprits, et je suis direc­te­ment allé voir ma mère.
    « Maman, je suis enceinte, il faut que tu m’aides, je ne sais pas par où com­men­cer »
    Je savais qu’elle ne me juge­rais pas, car elle a elle même subit trois IVG avant de me dési­rer, et ne conce­vait pas l’i­dée de devoir subir une gros­sesse. Son idée est qu’il faut le vou­loir pour l’ac­cep­ter.

    Le défi­lé médi­cal à com­men­cé. Au bout d’une semaine, je me suis enten­due dire que l’a­vor­te­ment médi­ca­men­teux n’é­tait pas pos­sible, que le plan­ning fami­lial était com­plet pour trois mois, et que j’a­vais inté­rêt à aller dans une cli­nique pri­vée très chère pour pou­voir avoir une place.
    On a donc déci­dé, avec ma mère, d’en par­ler à mon beau-père car il avait un ami gyné­co­logue. Deux heures plus tard, j’é­tais dans son cabi­net, il me fai­sait une écho­gra­phie, et m’an­non­çait que je pou­vais très bien prendre la pilule RU. Ce que j’ai fais trois jours plus tard.
    Cinq minutes après la prise du com­pri­mé, j’é­tais tor­due de dou­leur, à vou­loir m’ar­ra­cher les tripes.
    Cela à durer envi­ron une heure, en se cal­mant petit à petit. Ma mère et un ami étaient là pour m’ac­com­pa­gner. Et mes règles sont arri­vées nor­ma­le­ment.

    Je n’ai pas souf­fert mora­le­ment de cet avor­te­ment, c’é­tait la seule chose à faire, et la seule solu­tion conce­vable dans ma tête. Un peu mélan­co­lique sur le moment, certes, mais aucuns regrets.
    Je vois bien d’i­ci les cari­ca­tures qu’on peut faire de ma situa­tion. Lycéenne et enceinte, quelle irres­pon­sable !
    Et bien non, je n’ai pas honte de ce qui m’est arri­vé. Et per­sonne ne devrait.
    Pour le « père », je ne lui ai jamais dit. Non pas que j’ai honte de lui avouer, mais c’est qu’il n’y avait pas matière à dis­cu­ter, et que ce n’est pas vrai­ment une per­sonne de confiance.
    Mes amis, eux, sont au cou­rant, et ils ne me regardent pas de tra­vers.
    Je n’ou­blis pas cette période de ma vie, mais je suis très loin d’en faire des cau­che­mars la nuit.
    Je suis fière de ce que je suis, et cette épreuve fait par­tie de mon his­toire.
    Alors, je vais bien, mer­ci !

  12. Angélique dit :

    Juillet 2010, un pré­ser­va­tif qui craque…et hop enceinte.
    J’ai 30 ans, j’ai fait de longues études, je suis fonc­tion­naire, je suis fille de méde­cin, j’ai une vie des plus ordi­naires. Pour moi ce genre de choses ne pou­vait pas m’arriver…mais non, fina­le­ment, ça n’ar­rive pas qu’aux autres.
    J’ai ren­con­tré mon par­te­naire du moment peu de temps avant, je pars en vacances une semaine et à mon retour j’ap­prends qu’il est allé voir ailleurs, c’est pas bien grave, un de per­du dix de retrou­vés, l’his­toire aurait pu s’ar­rê­ter là. Seule­ment voi­là, ma poi­trine qui avait bizar­re­ment pris du volume pen­dant mes vacances est de plus en plus volup­tueuse, le café que je bois en quan­ti­té indus­trielle, je n’en sup­porte plus l’o­deur, le petit déj dont je ne peux me pas­ser est rem­pla­cé par des nau­sées. Moi qui suis réglée comme une hor­loge, j’ai beau comp­ter dans tous les sens et bien oui j’ai du retard.Je sais au fond de moi ce qui se passe, j’en parle à un ami qui me dit fais un test je suis sûr que tu t’in­quietes pour rien, tu ne vas pas pas­ser le week end à te faire du sou­ci. Il m’a bien remon­té le moral le bougre, j’y aurais presque cru, je fais donc un test pour me ras­su­rer et là pas moyen d’é­chap­per à la véri­té, je suis enceinte. Enceinte et seule. Je reprends contact avec le géni­teur, je le choque à son tour, his­toire de.
    Nous sommes au tout début du mois d’aout, on est aus­si per­du l’un que l’autre. Pas de bol le plan­ning fami­lial de ma ville est fer­mé en août, répon­deur qui laisse le numé­ro d’une sorte de plate forme, genre accueil télé­pho­nique ser­vice après vente. Tout ce qui inter­esse la per­sonne que l’on a au bout du fil, c’est l’é­tat de notre couple mais on s’en fiche!C’est pas ça la ques­tion, il n’y a pas de couple. Fina­le­ment, elle dit d’al­ler voir telle et telle autre cli­nique de ma ville mais pas pos­sible pour moi, j’ai trop peur de voir des gens que je pour­rais connaitre. Elle nous oriente alors vers deux gyné­co habi­li­tés a accom­pa­gner les IVG médi­ca­men­teuses, on s« y pointe illi­co et coup de rere­re­pas­de­bol, les deux sont par­tis en vacances en meme temps. Il nous faut les conseils d’un méde­cin, de quel­qu’un qui puisse nous aider et vite! Mon ex par­te­naire de l’é­poque a une entière confiance en son géné­ra­liste, on y va. Je n’ai pas vu de psy pen­dant cette période, ça ne m’a pas été pro­po­sé mais ce géné­ra­liste là est au top, je l’ai vu 3 fois: lorsque j’ai appris la nou­velle, avant l’IVG et après. Cet homme là aurait pu faire cou­rir un mara­thon à un para­plé­gique. Il m’a aidé à rela­ti­vi­ser, m’a fait me poser les bonnes ques­tions et m’a remon­té le moral comme per­sonne. Faire un IVG est une déci­sion que l’on prend oui mais ce n’est pas quelque chose que l’on fait de gai­té de coeur. Ce doc­teur là m’a conseillé d’é­crire le pour et le contre, m’a deman­dé de mettre sur papier la vie dont je rêvais et com­ment je voyais les choses pour moi. Ca peut paraitre un peu bateau, un peu fleur bleue mais ma vie, je la vois entou­rée d’a­mour, un homme que j’aime, un nid construit, des enfants vou­lus, faits dans l’a­mour et atten­dus. Ce dont je revais pour moi, n’é­tait pas là, j’é­tais tom­bée enceinte par acci­dent, il n’y avait pas d’a­mour entre mon ex par­te­naire et moi. Je me retrou­ve­rais seule avec un seul salaire for­ce­ment, je pou­vais faire une croix sur mes pro­jets d’a­che­ter un appart et d’é­vo­luer pro­fes­sion­nel­le­ment. En étant très terre à terre, avoir un enfant dans la situa­tion dans laquelle je me trou­vais, signi­fiait me tirer une balle dans le pied et faire une croix sur mes pro­jets pour un cer­tain nombre d’an­nées.
    Nous sommes donc allés dans une ville voi­sine, j’ai vu un gyné­co, j’ai atten­du la semaine légale de réflexion, qui n’a pas été des plus simples parce qu’a­vec tout ce que j’a­vais pu lire, j’a­vais peur de regret­ter, mais j’ar­ri­vais pas à savoir quoi puis­qu’il n’y avait rien de posi­tif dans ma liste. La prise des médi­ca­ments se fait sur deux jours. La pre­mière prise sert à stop­per la crois­sance de l’oeuf et la seconde per­met l’ex­pul­sion. Il n’y a pas for­ce­ment besoin d’etre arrê­té pour la pre­mière prise mais mon super méde­cin m’a mise en arrêt de tra­vail direct une semaine avec un motif fallacieux.Le jour de la pre­mière prise a été un vrai jour de déli­vrance, toutes mes craintes de regret­ter se sont envo­lées. Pour la deuxième prise, je suis res­tée à la cli­nique une demie jour­née. Les sages femmes ont été moyen­ne­ment bof, inexis­tantes mais bon, j’é­tais prête men­ta­le­ment et la semaine de reflexion avait été uti­li­sée mine de rien à bon escient. Par contre et là j’en reviens tou­jours pas, j’é­tais à l’é­tage mater­ni­té, les chambres d’à coté étaient pleines de mamans et de nou­veaux nés, si ‚si!
    Tout ça c’est le pas­sé mais je n’ou­blie pas. Tous les rêves que j’ai cou­ché sur le papier et qui m’ont per­mis de prendre la déci­sion, je ne les rêve plus, je mets tout en place pour les réa­li­ser, je ne suis plus pas­sive de ma vie, main­te­nant j’a­gis. Cette déci­sion a été un sacré coup de pied aux fesses, allé hop bouge toi main­te­nant! Voi­là ce dont tu rêves, alors fais le!
    En sep­tembre, j’ai ren­con­tré l’homme qui par­tage ma vie, je lui ai don­né ma « liste de rêves » dans laquelle je fai­sais éga­le­ment part de mes déci­sions. L’ap­part dont je rêvais, main­te­nant il est à moi, avec mon com­pa­gnon on passe notre temps à savoir com­ment amé­na­ger notre petit nid. L’é­vo­lu­tion pro­fes­sion­nelle, je la perds pas de vue non plus. Un bébé, on y pense sérieu­se­ment aus­si mais ça sera un bébé de l’a­mour.
    Mer­ci à Jérôme de m’a­voir conseillé de faire un test et de m’a­voir sou­te­nue, tu as été le seul à savoir ce qui se pas­sait dans ma vie à ce moment là sans être direc­te­ment concer­né, tu dirais, c’est nor­mal, c’est le rôle d’un ami mais moi je dis mer­ci qd meme c’est à toi que j’ai par­lé et c’est pas pour rien.
    Mer­ci à toi Sté­phane, le géni­teur, ex par­te­naire, notre rela­tion n’a pas tou­jours été facile mais tu ne m’as pas lais­sé dans la merde toute seule, tu m’as accom­pa­gnée comme t’as pu.
    Mer­ci au petit boud­ha, le super méde­cin, vous avez su me gui­der sans pour autant m’in­fluen­cer.
    Mer­ci à toi Alexandre, d’a­voir su entendre mon his­toire et d’a­voir accep­té ma liste des rêves avec tant d’é­mo­tions.
    Mer­ci aux 343 salopes, cha­peau bas!
    Mer­ci à vous d’a­voir fait ce site, s’il avait exis­té il y a quelques mois il m’au­rait beau­coup aidé j’en suis sûre.
    J’ai fait une IVG et je vais bien, mer­ci!

    Angé­lique

    • Gabrielle dit :

      Mer­ci Angé­lique pour ton témoi­gnage, je me retrouve un petit peu dans ton his­toire. J’ai fait 2 IVG médi­ca­men­teuses.
      La pre­mière j’a­vais 25 ans, je venais de me sépa­rer de mon conjoint, il était plus âgé, intel­li­gent, riche, il pou­vait m’of­frir tout ce dont je rêvait, il le vou­lait cette enfant. Mais il était bor­der­line psy­cho­lo­gi­que­ment, il ne me res­pec­tait pas, il était très sexiste, par­fois violent dans ses pro­pos et actes. Je n’ai pas hési­té une seconde pour cet avor­te­ment. Je ne vou­lait pas que cet enfant ait pour père cette homme.
      Je ren­contre ensuite un homme par­fait pour moi, on a beau­coup de choses en com­muns, un voya­geur, un vrai gent­le­men, l’homme le plus res­pec­tueux que j’ai jamais connus. Je quitte tout pour par­tir à l’a­ven­ture avec lui, on se lance dans le yach­ting (il est capi­taine), on voyage pen­dant 1 an, puis à l’age de 28 ans je retombe enceinte… Cette fois ci c’est dif­fé­rent, on s’aime vrai­ment, et je me sens prête. Mais lui ne veut pas d’en­fant, du moins pas tout de suite, il panique, me dit que si un jour il aurait des enfants se ser­rais après avoir un endroit où loger, après avoir voya­ger, après s’être construit, avoir le temps, aujourd’­hui il com­mence tout juste sa car­rière, il me dit qu’il ne pour­ra pas assu­mer, que si je vou­lais le gar­der, il ne sera pas là, il m’ai­de­ra finan­ciè­re­ment mais c’est tout. Nous n’a­vions pas se nid de prêt, et même si mes parents m’ont pous­sé à le gar­der en me disant qu’il m’ai­de­rai, j’ai eu la même image. Mon rêve, le même que le tien, un homme qui m’aime (check), un tra­vail stable (non), un toît (non), un enfant vou­lu tout les deux (non). Je me suis donc rési­gné à avor­ter une seconde fois… Mon conjoint m’a accom­pa­gné dans toutes les démarches, il est venu voir la psy­cho­logue avec moi, il a vrai­ment été super.
      Il m’ar­rive de culpa­bi­li­ser de temps en temps, de me dire avor­té 2 fois ça craint vrai­ment et sur­tout à 28 ans et de pleu­rer la nuit, mais ton témoi­gnage m’aide beau­coup. Mer­ci vrai­ment. Je vais faire en sorte de ne pas rêver mais de réa­li­ser mes rêves à par­tir de main­te­nant.

  13. Momo dit :

    Début 2010, je tra­vaillais, j’a­vais 25 ans et je sor­tais d’une période très dif­fi­cile sen­ti­men­ta­le­ment par­lant. Très instable, très mal­heu­reuse, je ne pre­nais plus la pilule. Et je suis enfin tom­bée amou­reuse, serei­ne­ment, pas­sion­né­ment.
    Pré­ser­va­tif cra­qué, pilule du len­de­main… 2 semaines plus tard, pous­sée par une intui­tion venue d’on ne sait où, je fais le test. Posi­tif. Le monde s’é­croule. Oui, un bébé avec lui. Non, pas main­te­nant, sur­tout pas, on est tout sauf prêts. J’ai déjà du mal à me sen­tir femme, alors mère, c’est l’é­tape d’a­près pour moi.

    Je cours au PMI. On me donne un ren­dez-vous rapi­de­ment avec une conseillère conju­gale. Mon copain est là. Pour lui, c’est clair, on ne le garde pas. Moi, je me sens cou­pable d’être enceinte et de ne pas vou­loir le gar­der. Comme si j’é­tais lâche. Comme si, en avor­tant, je criais au monde entier mon irres­pon­sa­bi­li­té et mon inca­pa­ci­té à avoir une sexua­li­té maî­tri­sée. Comme si je n’é­tais pas digne d’être aidée après avoir fait un faux pas.
    Et puis j’ai dans la tête tous les dis­cours : « une femme qui avorte ne s’en remet jamais vrai­ment », « c’est un ter­rible trau­ma­tisme », « une femme qui avorte est trop faible pour être mère un jour ». Ils sont forts, ces mots, mine de rien. Moi qui avais tou­jours pen­sé et dit que l’a­vor­te­ment est une chance pour grand nombre de femmes et de couples, qu’un enfant ça se désire, j’en étais à me lais­ser enva­hir par le doute : « et s’ils avaient rai­son ? et si je ne devais jamais m’en remettre? »

    Le déclic vient d’un ami : sa mère a avor­té long­temps avant de l’a­voir et elle ne regrette pas, n’a jamais regret­té, en a par­lé avec ses enfants, et va bien, mer­ci.
    Son récit dédra­ma­tise ma situa­tion, je réus­sis enfin à pen­ser à tout ça serei­ne­ment et à envoyer bala­der les doutes. Nous en par­lons aus­si beau­coup avec mon copain : nous par­lons de nous, parents, dans le futur, quand nous serons mûrs pour ça. Nous avons besoin de temps.

    Tout s’é­claire enfin : ma déci­sion est prise.

    Et c’est par­ti. Je m’en suis ren­due compte extrê­me­ment tôt, alors ce sera par voie médi­ca­men­teuse. La conseillère conju­gale me dit que par aspi­ra­tion, au moins, on laisse le geste au méde­cin, mais moi je pré­fère le faire, ce geste, l’as­su­mer, même si ce n’est « que prendre 2 cachets ». Je suis déci­dée, alors je fais.
    Tout au long du par­cours, j’ai été accom­pa­gnée magni­fi­que­ment par tous les pro­fes­sion­nels : psy, conseillères conju­gales, infir­mières, gyné­cos… et je sais que c’est une chance.

    Seule ombre au tableau : le jour de la prise du 2è cachet, j’ai été hos­pi­ta­li­sée du 8h30 à midi. A midi, m’a­vait-on pré­ve­nue, « vous sor­tez, que vous ayez expul­sé ou pas ». A midi, rien ne s’é­tait pas­sé. C’est donc chez moi que tout est « sor­ti », dans l’a­près-midi. La dou­leur était sup­por­table, mais il m’a fal­lu une grande dose de sang-froid à la vue de tout le sang. Heu­reu­se­ment, les infir­mières m’a­vaient tout expli­qué, clai­re­ment et pré­ci­sé­ment, ce qui m’a évi­té de pani­quer le moment venu.

    Par la suite, je n’ai eu aucune com­pli­ca­tion phy­sique, et tout est rede­ve­nu nor­mal dans le délai annon­cé par les méde­cins.
    J’ai eu besoin de revoir la conseillère conju­gale du centre IVG plu­sieurs fois par la suite, pour encais­ser le choc, et depuis, j’y repense régu­liè­re­ment, sans dou­leur, sans culpa­bi­li­té et je suis fière d’a­voir réus­si à faire ce choix et d’être sereine par rap­port à lui. Reste la tris­tesse, celle qui dit « j’au­rais aimé ne pas avoir à vivre ça ».

    Quand j’y pense et quand j’en parle, je vois l’a­vor­te­ment comme un vrai choix lorsque la contra­cep­tion a failli. Et j’é­prouve une recon­nais­sance énorme envers celles et ceux qui se sont bat­tus pour sa léga­li­sa­tion.

    Quant au trau­ma­tisme psy­cho­lo­gique que je crai­gnais tant… cette déci­sion fait aujourd’­hui par­tie inté­grante de ce que je suis, en tant que per­sonne, en tant que femme, et un jour, peut-être, en tant que mère. Et tout va bien, mer­ci !

  14. cha dit :

    ils suf­fit par­fois d’une fois… un petit peu de lais­ser aller quand on s’aime est si vite arri­vé…
    oui mais voi­la, on est jeunes, et on ne se voit pas parents a a peine 20ans… com­ment appor­ter la sta­bi­li­té a un petit être fra­gile quand soi même on est très loin d’être stable? j’é­tais en accord avec moi même, en accord avec lui, la déci­sion était très claire tout de suite, même si on en a quand même lon­gue­ment dis­cu­té.
    on a donc pris ren­dez vous au plan­ning fami­lial, pen­sant trou­ver face a nous du sou­tien. au lieu de ça la per­sonne face a moi a ten­té a chaque ren­dez-vous de me convaincre que ma sen­sa­tion de n’être pas prête était nor­male et que même les futures mères mais que cela ne devait pas for­ce­ment me pous­ser a avor­ter, que je ne me sen­tais pas mature mais que deve­nir mère me ferait murir et pour­rait m’ai­der a me sen­tir mieux dans ma peau… en bref de me convaincre de chan­ger d’avis…j’ai cru hal­lu­ci­ner! elle ten­tait de me convaincre, quitte a me culpa­bi­li­ser ou a affir­mer des chose aber­rantes (on ne fait pas un enfant pour aller mieux dans sa tête!!!)
    heu­reu­se­ment le méde­cin était une femme très douce a qui j’ai d’ailleurs par­lé de l’at­ti­tude de la « conseillère ». elle m’a aus­si expli­qué qu’elle même conseillait l’ anes­thé­sie géné­rale pour l’ivg par « aspi­ra­tion ». le jour J j’ai donc été anes­thé­siée. je me suis réveillée, un peu vaseuse mais rien de plus.
    je savais que j’au­rais été mal­heu­reuse d’être maman. et que j’au­rais très bien pu de par mon his­toire et mes dif­fi­cul­tés rendre un enfant mal­heu­reux… alors non je n’ai pas hur­lé de déses­poir, je ne pleure pas en voyant un bébé d’ailleurs ceux des autres je les adore et ils me font beau­coup rire et sou­rire. je ne me sens pas cou­pable. j’as­sume mes choix et je refuse de m’en cacher ou d’a­voir honte. mer­ci a vous de nous rap­pe­ler qu’on est libre de choi­sir et que ce n’est pas une honte.
    j’ai avor­té et je vais bien, mer­ci!

  15. Eloïse dit :

    Je ne sais pas si mon mes­sage a sa place ici, mais je laisse le soin aux mode­ra­trices de l’en­le­ver si elle le trouve peu oppor­tun.
    J’ai du subir un avor­te­ment, mais pas parce que la gros­sesse n’é­tait pas dési­rée, juste parce que j’ai fait une fasse couche. Et je vais bien, mer­ci! 15% des gros­sesses n’ar­rivent pas à terme et cer­taines de ces fausses couches doivent être extraite par cur­tage.
    Ce n’é­tait pas chouette, comme pour la plus part des filles qui doivent, par choix ou par néces­si­té, subir un cur­tage ou une aspi­ra­tion, ou même un avo­te­ment médi­ca­men­teux. Pour moi nom­plus ça n’é­tait pas le moment, c’est mère nature qui a pris cette déci­sion, mais elle fait les choses bien, le bébé n’au­rait pas été viable et voi­là.
    Et je vais bien, mer­ci.
    Je raconte ça parce que j’ai le sen­ti­ment que la perte d’un embryon DOIT être quelque chose de ter­rible, parce que nous sommes FAITES pour être mère et que l’é­chec est for­ce­ment une grande dou­leur. Et bien je regrète qu’on ne per­mette pas à la chose d’être plus légère, plus facile.
    Je suis main­te­nant enceinte de 8 mois, par choix, d’un petit mec, j’ai une vie que j’a­dore et je ne regrète rien. Je dis aus­si ça pour dire aux filles qui avortent et qui savent qu’elles ont pris la bonne déci­sion: votre heure vien­dra quand vous le vou­drez et ça sera beau­coup mieux à ce moment là.
    On a pas le contrôle sur tout, ni sur notre contra­cep­tion (pas à 100%) ni sur nos gros­sesses. ça se passe dans nos corps, c’est donc à nous d’en « subir » les consé­quences quand quelque chose ne va pas. Mais ce n’est pas un drame, c’est juste comme ça. Grâce au com­bat de femmes de valeurs, on a la pos­si­bi­li­té de par­ti­quer un avor­te­ment en cas de gros­sesse non dési­rée ou de fausse couche, mer­ci à elles (au XIXe j’au­rais pu y res­ter…).
    Il n’y a pas que ça dans nos vies. On peut bien pas­sé par des­sus, sur­tout avec le sou­tien des tou­bibs et l’a­mour de notre entou­rage. Mer­ci donc à eux tous, d’a­voir par­ti­ci­pé à ce que toute cette his­toire ne soit pas si ter­rible.

  16. Emma dit :

    J’ai avor­té il y a presque un an et demi, j’avais 19 ans et il était hors de ques­tion d’avoir un enfant main­te­nant. Mon copain a été très pré­sent, et au début tout aller bien, mais au contraire des autres témoi­gnages je n’ai pas été bien accueillie par les méde­cin. Déjà ayant plus de 18ans le plan­ning fami­lial de ma ville ne pou­vait plus s’occuper de moi, du coup j’ai dû aller à l’hôpital avec des femmes qui allaient avoir leurs bébés. Donc cela com­men­çais assez mal, de là j’ai été envoyé chez une gyné­co­logue pour avor­ter par voie médi­ca­men­teuse. Je pense être tom­bé sur la gyné­co la plus froide qui existe! J’ai sai­gné pen­dant deux mois après avoir pris le médi­ca­ment!
    Oui je peux dire que j’ai avor­té et que je vais bien, je pense que au delà de l’avortement, la façon dont mon cas a été géré par les méde­cins a été plus trau­ma­ti­sante que l’avortement en lui même…

  17. Clara dit :

    J’ai avor­té il y a de ça un peu plus d’1 an (avril 2010).

    J’é­tais en couple depuis sep­tembre 2009 et tout se pas­sait mer­veilleu­se­ment (et c’est d’ailleurs tou­jours le cas!)
    J’a­vais 21 ans et tou­jours étu­diante alors que mon copain bos­sait avec un reve­nu cor­rect et un CDI.

    Mi février nous étions invi­té chez des amis pour un anni­ver­saire et on a pas mal pico­lé (oui j’a­voue…). Dans le feu de l’ac­tion on ne se pro­tège pas (toute façon il n’a­vais pas de capote mais je pre­nais la pilule). Je pré­cise que ce soir là, avec tous les gens, l’am­biance et l’al­cool ma pilule est mal­heu­reu­se­ment pas­sé à la trappe :/

    Je m’en rends compte uni­que­ment le len­de­main soir au moment de prendre la sui­vante, ni une ni deux je prends le com­pri­mé oublié avec celui du jour.
    Petit pro­blème c’est que j’é­tais en fin de pla­quette quand cet inci­dent est arri­vé et selon la notice j’ai donc vu qu’il pou­vait y avoir risque de gros­sesse…

    Pas du tout stres­sée, parce qu’a­près tout à part cette nuit tous nos rap­ports étaient pro­té­gés (en atten­dant de faire les tests). Je n’ai jamais pen­sé qu’un oublie de pilule (répa­ré mal­heu­reu­se­ment plus de 24h après…) pou­vait avoir de telles consé­quences.
    Quelque jours plus tard retard de règles, je ne m’in­quiète pas sur le coup pen­sant que c’est du à la prise de 2 com­pri­més d’un coup quelques jours plus tôt.

    A la date où j’au­rai du reprendre ma nou­velle pilule n’ayant tou­jours pas mes règles je fais un test, puis deux, puis un troi­sième pour être sur… je suis enceinte…
    Impos­sible, pas moi qui n’ou­blie d’ha­bi­tude JAMAIS ma pilule… J’en parle à mon copain et nous sommes d’ac­cord pour dire que ce n’est pas le moment : moi étu­diante, et c’est sur­tout trop pour lui comme pour moi !

    J’en ai par­lé tar­di­ve­ment à ma mère par peur de sa réac­tion (petite pré­ci­sion : elle tra­vaille dans le para­mé­di­cal) et elle me prends donc illi­co rdv chez un gyné­co qu’elle connait et qui est com­pré­hen­sif, bref par­fait quoi. Parce que j’ai trop atten­du avant de lui en par­lé j’en suis déjà à mon 2ème mois… Nous sommes tous d’ac­cord pour le faire rapi­de­ment (je n’ai pas eu la semaine de réflexion et tous les rdv nor­ma­le­ment pro­gram­mé) afin de ne pas me per­tur­ber pen­dant mes cours (beau­coup de dos­sier à rendre, exams,…)
    Tout c’est bien pas­sé, mon copain m’a accom­pa­gné tout comme ma mère et j’ai eu une anes­thé­sie locale (je ne vou­lais pas géné­rale pour res­sor­tir le soir même). Tout c’est bien pas­sé.
    J’ai eu des crampes dans le ventre les jours qui ont sui­vi mais sinon j’ai avor­té et je vais bien.

    Ni moi ni mon copain ne regret­tons d’a­voir choi­si d’a­vor­ter. Je suis tou­jours étu­diante (à l’é­tran­ger cette année en plus !!) et lui tra­vaille tou­jours. On aura des enfants plus tard on ver­ra, rien ne presse ! Pour l’ins­tant ce que l’on veut c’est pro­fi­ter de notre jeu­nesse, de notre liber­té, bref de tout !!!!

    Cette expé­rience ne m’a pas trau­ma­ti­sé je n’ai pas pleu­ré. Juste main­te­nant lorsque je vais à une soi­rée je prends bien soin de prendre ma pilule avant (même si ce n’est pas l’heure habi­tuelle!!!) sur­tout que depuis on a stop­pé les pré­ser­va­tifs avec mon copain.

    • sarah dit :

      Cla­ra, je viens de te lire ton témoi­gnage, qui me ras­sure beau­coup. Je viens d’ap­prendre que ce je suis enceinte, il y a seule­ment 4 jours. Acci­dent de pré­ser­va­tif, inef­fi­ca­ci­té de la pilule du len­de­main. J’ai 21 ans, je suis étu­diante et avec mon copain depuis 1 mois et demi ; ce n’est pas le moment, je ne peux et ne veux pas. Il a appris la nou­velle et est très pré­sent (heu­reu­se­ment!).
      J’ai ren­dez vous lun­di chez mon gyné­co­logue pour faire une écho­gra­phie, pds etc… Le pro­blème est que cet « acci­dent » tombe au mau­vais moment: je passe mes par­tiels dans une semaine (et chaque exa­men sont espa­cés de 4 jours à 7 jours entre eux) je ne sais pas si le plus pra­tique pour moi est de subir une inter­ven­tion chi­rur­gi­cale ou médi­ca­men­teuse pour pas­ser mes exa­mens « tran­quille­ment » même si je sais que ça sera dif­fi­cile ou bien d’at­tendre la fin de mes exa­mens (qui sont dans un mois) au risque de dépas­ser le délai auto­ri­sé.
      Je suis vrai­ment per­due, je cherche sur inter­net des infor­ma­tions per­met­tant de m’ai­guiller mais beau­coup d’entre elles se contre­disent ou cer­taines sont quelque peu ter­ri­fiantes.
      Mer­ci de ta réponse, bra­vo pour ce site qui ras­sure beau­coup d’entre nous

  18. mystigriff dit :

    Cou­rant novembre 2010, Je suis tom­bée enceinte, moi qui ai tou­jours pris la pilule et le pré­ser­va­tif tant que je n’é­tais pas dans une rela­tion sérieuse et que les tests n’a­vaient pas été faits.
    Com­ment?
    J’ai eu une gas­tro, et j’ai du vomir ma pilule plu­sieurs fois de suite sans m’en rendre compte. J’ai eu deux acci­dents de pré­ser­va­tifs, j’ai tout de suite stres­sé rap­port aux MST, mais j’a­voue ne pas avoir pen­sé une seule seconde à la contra­cep­tion.
    Pas de MST, mer­ci. Mais une gros­sesse non dési­rée, qui plus est avec un homme avec lequel je n’é­tais déjà plus. A 32ans j’ai eu une grosse culpa­bi­li­té de ne pas avoir su ne pas tom­ber enceinte, encore plus en pen­sant à mes amies qui, elles, essayaient en vain d’a­voir un enfant.
    Je me suis bagar­rée pour avoir le droit à un avor­te­ment médicalisée.…parcours du com­bat­tant, alors que j’é­tais dans les temps (jus­qu’à 7 semaines d’a­mé­nor­rhée).
    J’y suis arri­vée, mais pour moi ça n’a pas mar­ché, j’é­tais tou­jours enceinte.
    Deuxième par­cours donc. L’IVG médi­ca­li­sée.
    Là je vou­drais par­ti­cu­liè­re­ment remer­cier:
    ‑l’é­cho­graphe de m’a­voir mon­trée l’embryon (dès fois que ça m’aide hein!)!
    ‑Les secré­taires du plan­ning, qui m’ont don­née un ren­dez vous pour dans un mois après, et encore en insis­tant parce que sinon d’a­près elles je pou­vais bien attendre la toute fin du délai légal…parce que c’est vrai, je ne suis plus à « quelques semaines près »…
    ‑La Gyné­co­logue pour m’a­voir dit que je devrais en par­ler au père parce qu’au moins il sau­rait qu’il n’est pas sté­rile!
    ‑L’é­quipe qui m’a avor­tée en anes­thé­sie locale.…c’est bien, vrai­ment, de tout res­sen­tir, de tout voir, de tout entendre.…
    Moi, j’ai eu le droit à un spas­fon sous la langue pen­dant l’intervention.…c’est vrai que ça soulage.…et un autre après alors que j’é­tais tor­due de dou­leurs sur un lit.
    Le lit j’y ai eu le droit Dieu mer­ci! Mais faut jamais abu­ser non plus: 2H maxi, après quoi, je me suis retrou­vée sur une chaise à l’ac­cueil à attendre que quel­qu’un vienne me cher­cher.
    Du coup, je suis repar­tie toute seule, j’ai pris le métro, j’ai mon­té les esca­liers jus­qu’à chez moi et je me suis effon­drée sur mon lit en atten­dant que ça passe.

    On était fin 2010, début 2011, l’a­vor­te­ment c’est tou­jours un com­bat. Je n’en ai pas par­lé à ma famille, et juste 3 amies sont au cou­rant parce que c’est tou­jours pareil, t’as pas le droit de dire:
    J’ai avor­té.
    J’ai pris la bonne déci­sion, je ne regrette pas.
    Et je vais bien mer­ci!

    • Laura dit :

      Je ne com­prends pas com­ment de tels com­por­te­ments sont encore pos­sibles.
      Anes­thé­sie locale, on frôle la bar­ba­rie !
      Je pen­sais que toutes les struc­tures en France pre­naient soin des patientes, il faut croire qu’il nous reste encore un petit bout de che­min.
      Tom­ber enceinte ça ne veut pas dire être com­plè­te­ment idiote et imma­ture, c’est par­fois sim­ple­ment pas de bol, un concours de cir­cons­tances.
      Je crains que cer­tains méde­cin voient l’IVG comme un tâche d’une bas­sesse extrême et qu’il faut bien que quel­qu’un s’y colle ! Sur­tout que si nous en arri­vons là c’est que d’un côté on l’a bien cher­ché non ? Peut-être que pra­ti­quer des IVG ça claque moins que chi­rur­gien , mais c’est beau­coup plus humain !

    • Anne dit :

      Bon­jour,
      Je suis la jour­na­liste qui ai lan­cé un appel à témoi­gnages (cf page d’ac­cueil de ce blog)… En lisant votre récit, je me disais que peut-être vous accep­te­riez de m’en par­ler en res­tant tout à fait ano­nyme bien sûr…
      Mer­ci
      Anne

    • Maria dit :

      Mon avor­te­ment par médi­ca­ments est pré­vu le 4 avril.

      Heu­reu­se­ment je suis tom­bé sur une équipe de plan­ning fami­liale belge for­mi­dable qui a tout fait pour que je puisse avor­ter avec cette méthode. Toute l’é­quipe a été à l’é­coute, per­sonne n’a essayé de mini­mi­ser ou de rendre cette situa­tion catas­tro­phique. « C’est votre choix et nous sommes là pour vous le rendre facile » voi­la ce qui les a gui­dés…

      Voi­la l’at­ti­tude nor­male en cette année 2012.

  19. mathooo dit :

    Mer­ci à vous pour ce blog. Mer­ci à toutes pour ces com­men­taires. Mer­ci à nos mamans et grands-mères d’avoir mener ce com­bat. PROTÉGEONS NOS DROITS !

    J’ai avor­té il y a 7 mois. J’étais alors céli­ba­taire, jeune ingé­nieur diplô­mée au chô­mage de retour chez sa maman pour une durée indé­ter­mi­née…

    A l’époque je ne pre­nais pas la pilule n’ayant pas de rela­tion. J’ai retrou­vé mon ex dans une soi­rée. Dans le feu de l’action nous avons quand même pen­sé pré­ser­va­tif, mais il y a eu quelques pro­blèmes… Je suis donc allée aux aurores dans une phar­ma­cie pour prendre la pilule du len­de­main.

    Je finis mon stage de fin d’étude, je pars en vacances avec des copines et à la fin de ces vacances je me sens un peu nau­séeuse, patraque… Mais je mets ça sous le coup du chan­ge­ment de rythme des vacances. De retour chez moi, j’ai tou­jours ce mal de ventre, des envies de vomir. Ni une ni deux je vais voir mon méde­cin, il me pres­crit quelques médocs (et une prise de sang) et me demande quand même « tu ne serais pas enceinte pas hasard ? » et je me vois lui répondre « mais non bien sûr ! ». J’en étais per­sua­dée. Fina­le­ment j’ai ache­té un test de gros­sesse dans une phar­ma­cie (j’habite un petit vil­lage alors je suis allée assez loin!). Et là tout s’écroule : je suis enceinte.

    Je me suis dit que ce n’était pas pos­sible. J’ai eu honte que ça m’arrive à moi, ingé­nieur de 23 ans. Quand j’écris ça je me rends compte du matra­quage que l’on subit : non les gros­sesses indé­si­rées n’arrivent pas qu’aux filles de 14 ans de milieux défa­vo­ri­sés! Évi­dem­ment je n’en parle à per­sonne. Je prends la déci­sion de ne pas pour­suivre cette gros­sesse après une nuit de réflexion. Il n’y avait pas de couple, je vivais chez ma mère, j’étais au chô­mage, et sur­tout je ne vou­lais pas cet enfant.

    Je prends donc le bot­tin, je cherche un gyné­co à moins de 50km, et bien il n’y en a qu’une !!! J’appelle, elle est en vacances. J’appelle donc le centre hos­pi­ta­lier le plus proche (il n’y a plus d’hôpital), une sage femme me donne un ren­dez vous pour une écho dès le len­de­main. La sage femme était très accueillante et m’a dit que j’étais à 7 semaines. Elle ne connais­sait pas mon his­toire et m’a mon­tré en gros­sis­sant ce petit hari­cot, c’était un peu trou­blant elle m’a fait entendre son cœur et on voyait sa colonne… Mais quand je lui ai dit que je ne vou­lais pas le gar­der, elle s’est excu­sée et m’a dit qu’on pou­vait écrire tout de suite mon avis pour que la semaine de réflexion com­mence ce jour. Elle m’a pris ren­dez vous chez un gyné­co dans l’hôpital le plus proche. Elle m’a tout expli­qué, les dif­fé­rentes méthodes, le fait que c’était trop tard pour une inter­rup­tion médi­ca­men­teuse. Deux heures de route aller-retour pour l’hôpital juste pour un ren­dez vous avec un gyné­co où j’ai déci­dé de faire l’intervention sous anes­thé­sie locale pour ren­trer au plus vite et pou­voir me débrouiller toute seule. Cette semaine de réflexion, j’ai trou­vé ça injuste parce que ça retar­dait la date de l’intervention mais fina­le­ment ça m’a per­mis de repen­ser à mon geste, de me rendre compte que ce n’était pas ano­din, de me conso­li­der, et sur­tout d’oser en par­ler à ma mère. Fina­le­ment ma mère m’a accom­pa­gnée, ca a duré la jour­née. L’infirmière qui m’a sui­vi était très bien, l’intervention très dou­lou­reuse, et les moments sui­vant très dif­fi­ciles, mais j’ai pu res­ter dans la chambre jusqu’à ce que je me sente mieux.

    L’intervention a été un peu trau­ma­ti­sante. Mais je crois que le pire ça a été la contre visite avec une infir­mière qui m’a dit en gros que j’étais une incons­ciente, que c’était très grave et que je ne pour­rais peut être plus avoir d’enfant… Les mots font par­fois plus mal que les outils chi­rur­gi­caux. Heu­reu­se­ment d’autres rendent plus fort, comme quand ma mère m’a dit qu’elle aus­si avait du avor­ter un peu avant de m’avoir (ça a été un moment de très grande com­pli­ci­té mère-fille).

    J’ai avor­té et je vais bien, mer­ci !

    • Charlotte dit :

      Mer­ci pour ce témoi­gnage. C’est vrai que le dis­cours sur « les gamines incons­cientes de 14 ans » qui ont recours à l’IVG est très pré­sent. Mais voi­là, le pré­ser­va­tif qui craque, la pilule du len­de­main qui ne fonc­tionne pas, ça arrive aus­si aux bacs + 5 et il faut le dire, sans honte et sans culpa­bi­li­té !!

  20. Rhapsody dit :

    Fin juin 2010, j’ai appris que j’é­tais enceinte.
    Le choc fut de taille. Je pre­nais la pillule, mais il m’ar­ri­vait de l’ou­blier. Et ce fut le drame. Ca fai­sait un peu plus d’un an que j’é­tais avec mon ami, j’al­lais sur mes vingts ans et mon CDD tou­chait à sa fin. La déci­sion a été prise très vite. Elle avait même était prise bien avant que je ne tombe enceinte.
    Nous avions déjà par­lé de cette situa­tion qui peut arri­ver à tout le monde, et pour moi qui n’aime pas les enfants et n’en ait jamais vou­lu la solu­tion était évi­dente.

    Alors quand j’ai vu le +++ du test, même si je me suis sen­tie mal, la déci­sion était déjà prise et il me fal­lait donc faire toutes les démarches pour une IVG.
    Sauf que j’ai été bien idiote et naïve en par­cou­rant le net pour trou­ver des infor­ma­tions sur l’a­vor­te­ment. Je suis tom­bée sur des sites très clai­re­ment orien­tés anti avor­te­ment, des sites qui d’ailleurs mentent ouver­te­ment pour impo­ser leur seul choix. Un choix qui leur fait plai­sir à eux, ils se fichent pas mal des femmes en situa­tion d’a­vor­te­ment.
    Et par­mi ces sites faci­le­ment iden­ti­fiable, il y en a un qui se démarque. En pre­miere page des moteurs de recherches, il se fait pas­ser pour un site neutre et pro­fes­sio­nel, pro­nant la véri­té sur l’IVG alors qu’ils n’en montrent que les côtés néga­tifs pour faire peur et culpa­bi­li­ser. Ce site a un numé­ro de tele­phone si on veut dis­cu­ter, et je les avais appe­lés pour avoir des infos et me ras­su­rer. Je pen­sais encore impos­sible que des gens puissent à ce point vou­loir inter­fe­rer dans la vie d’au­trui.

    Le seul résul­tat fut que j’ai long­temps dou­té de cet avor­te­ment, j’a­vais peur et envi­sa­geait de ne pas le faire alors que ma situa­tion, et que même mon désir (inexis­tant) ne me le per­met­tait pas. Pour­tant, lorsque mon ami, qui pre­fe­rait une IVG mais me lais­sait le choix, m’a dit que fina­le­ment il était d’ac­cord pour qu’on le garde (à contre coeur), j’ai su ce que je vou­lais vrai­ment.

    Et j’ai avor­té. L’o­pé­ra­tion en elle même s’est très bien pas­sé, c’é­tait sous anes­the­sie géné­rale. Je n’ai eu que peu de dou­leurs et depuis je n’ai pas le moindre regret. Le pire ne fut pas l’a­vor­te­ment, mais le com­por­te­ment des gens anti IVG, le doute qu’ils avaient fait naître en moi alors que j’é­tais sûre de mon choix.

    Alors oui, je vais bien, mer­ci

  21. Laura dit :

    Il suf­fit d’une seule fois, je vous le confirme et même après plu­sieurs années de pilule !
    Et voi­là que je me retrouve enceinte sans l’a­voir déci­dé, d’un gar­çon qui plus est n’est pas mon petit ami.
    Je suis seule et loin de chez moi, mais je prends les choses en mains ! Je trouve à Cler­mont-Fer­rand une gyné­co­logue qui me prend entre deux patientes, je suis effec­ti­ve­ment bien enceinte, elle me dirige vers le CHU.
    Au CHU de Cler­mont-Fer­rand, l’ac­cueil et les expli­ca­tions sont très clairs et très pro­fes­sion­nels. Je ne me suis jamais sen­tie culpa­bi­li­sée ou jugée, les rap­ports avec les méde­cins étaient très bons, tout m’est expli­qué et tout se passe bien.
    Je tombe entre les mains du Dr Marie-Claire Tomé, avec qui le ren­dez-vous sera pris pour un IVG après la période légale de 8 jours. Cette gyné­co­logue a l’ha­bi­tude de ce genre de situa­tion et ne pose pas de ques­tions, elle fait son tra­vail et elle le fait bien. Sa seule exi­gence est que le len­de­main de l’o­pé­ra­tion, j’ai choi­si une nou­velle contra­cep­tion (plus effi­cace évi­dem­ment…)
    Petit pas­sage chez la psy­cho­logue qui com­prend tout à fait qu’il peut arri­ver de se trom­per.
    Le per­son­nel de l’hô­pi­tal s’ar­range pour me trou­ver une date qui puisse col­ler à mon calen­drier et le jour de l’o­pé­ra­tion j’ai même une chambre pour moi toute seule !
    Après une bonne grosse jour­née de repos, tout est oublié, tout est reve­nu à la nor­male.
    Je pen­sais qu’un IVG devait for­cé­ment nous faire pleu­rer, ce n’est pas le cas. On a sim­ple­ment l’im­pres­sion de pou­voir maî­tri­ser sa vie !

    Ce qui a le plus comp­té, ce sont mes amies avec qui j’ai par­lé libre­ment de tout ça. Même si ce n’est pas le choc de toute une vie, c’est impor­tant de pou­voir par­ta­ger et échan­ger.

    Un an pile-poil après cet IVG, je vais bien mer­ci !

  22. Del Dongo dit :

    J’ai avor­té en 2010, à cause d’un oubli de pilule, comme mes règles n’ont jamais été régu­lière je ne me suis pas inquié­tée de leur absence, quand j’ai fait le test je ne me suis pas posée de ques­tion j’ai pris ren­dez-vous chez un méde­cin qui m’a orien­té vers le plan­ning fami­liale qui m’a pris en charge rapi­de­ment, sans juge­ment, en res­pec­tant mon choix. Tout a été très rapide car j’é­tais à 11 semaines de gros­sesse, on oubli donc les médoc et c’est direc­te­ment une opé­ra­tion. Anes­thé­sie locale mais gaz qui fait rire et méde­cin très éner­vée contre les res­tric­tions bud­gé­taires et l’a­ve­nir des plan­nings fami­liales, inté­res­sant mais heu­reu­se­ment qu’il y avait le gaz car je pense que ça m’au­rait bien stres­sé! Après j’ai même eu le droit à un lit pen­dant un peu plus d’une heure et à une col­la­tion. Tout le monde était très gen­til et dis­cret, je féli­cite sur­tout tous les efforts pour évi­ter de mon­trer le fœtus aus­si bien pen­dant l’é­cho­gra­phie quand dans mon dos­sier ou le paravent qui cache la machine qui aspire, une démarche qui res­pecte la sen­si­bi­li­té de cha­cun.
    Je vais bien, j’en parle autour de moi pour cas­ser ce tabou, je n’ai pas honte de ce que j’ai fait mais je me posait la ques­tion: est-ce nor­mal de ne pas culpa­bi­li­ser, d’al­ler bien? Mer­ci de me faire com­prendre que je ne suis pas sans cœur! 🙂

    • Lola dit :

      Bon­jour

      Je vais avor­ter mer­cre­di en hôpi­tal par médi­ca­ments (pre­mière prise ce matin) à semaines. On m’a dit que main­te­nant on ne fait que par médoc. Je ne suis pas allée dans la cli­nique où j’ai accou­chée deux fois et où j’ai subi deux aspi­ra­tions suite à deux fausses couches (entre mes deux enfants) car ils étaient injoi­gnables! Pour­tant je crois que j’au­rais dû leur deman­der leur avis. J’ai vécu phy­si­que­ment la pre­mière fausse couche à la mai­son, au même terme que l’ac­tuelle gros­sesse et j’en garde un très mau­vais sou­ve­nir (dou­lou­reux, sur les toi­lettes pen­dant plus d’une demi jour­née et uti­li­sa­tion des couches de mon fils). Donc for­cé­ment, je stresse beau­coup, d’au­tant que ça se pas­se­ra à l’hô­pi­tal et pas chez moi, et qu’au retour, je dois assu­rer avec les enfants (je suis ensei­gnante et donc heu­reu­se­ment en vacances!).
      Les femmes qui ont fait l’é­cho ont été supers, mais que dire des deux hommes gyné­co d’une froi­deur totale et expé­di­tifs?! Heu­reu­se­ment que mon conjoint sera là mer­cre­di.
      Voi­là juste pour dire que le « choix » de la méthode n’est pas le même par­tout.
      Quant à notre déci­sion, elle ne regarde que nous!
      Mer­ci pour tous ces com­men­taires (dom­mage que je n’en vois pas de maman de plus de 30 ans, ça nous arrive aus­si!)

      • reverie dit :

        Détrompe-toi les plus de 30 ans existent aus­si, j’ai 40 ans et mon ivg a eu lieu en juin 2012…autre situa­tion qu ’ à 20 ans ‚autres rai­sons pour ne pas gar­der cette gros­sesse mais au final un choix assu­mé et réfléchi.…et je suis aus­si ensei­gnante et j’a­dore mes enfants vou­lus et dési­rés.…
        Com­ment cela s’est-il pas­sé?

      • Armelle dit :

        J’ai 43 ans, 2 enfants 5 ans et 12 mois. Je vais avor­ter dans 2 jours.
        Un peu de culpa­bi­li­té, sou­te­nue par mon conjoint qui pour­tant aurait bien vou­lu gar­der cet enfant. Un peu peur aus­si. Mais grâce à vous j’es­père vrai­ment pou­voir dire que je vais aller bien.
        Mer­ci pour ce blog et mer­ci pour celles qui prennent le temps de dire que tout va bien.

      • Lili dit :

        J’ai choi­si l’IVG il y a un peu plus d’un an, je vais bien, j’y repense par­fois, mais je crois encore que cette déci­sion était la meilleure pour moi. J’ai choi­si ma vie, mon plan, mon ave­nir. J’ai pris, sans aucun doute, une déci­sion «égoïste» et j’as­sume que cette pos­si­bi­li­té de pen­ser à soi d’a­bord est une chose à laquelle les femmes d’a­vant le fémi­nisme n’a­vaient pas accès.

        Je n’a­vais aucune «bonne rai­son» pour choi­sir l’IVG. J’a­vais 31 ans, un conjoint depuis plus de 10 ans, un petit gar­çon de 11 mois que j’al­lai­tais tou­jours. Une gros­sesse sur­prise post-gros­sesse: un grand clas­sique de la repro­duc­tion humaine — la fer­ti­li­té dans le pla­fond! Ma mère était décé­dée d’un très long can­cer quelques mois aupa­ra­vant, je ten­tais de reprendre, pour la ter­mi­ner, ma thèse de doc­to­rat inter­rom­pue par ces aléas de la vie. Mon père âgé, pas de frère et soeur: cette gros­sesse que j’ai choi­sie d’in­ter­rompre signait défi­ni­ti­ve­ment l’ar­rêt de mes études, la sus­pen­sion de ma vie pro­fes­sion­nelle sou­hai­tée et sa réorien­ta­tion com­plète. Elle fai­sait poten­tiel­le­ment de moi une femme dont la tren­taine aurait été consa­crée à prendre soin des autres: ma mère malade, mes bébés, mon père vieillis­sant ensuite.

        J’ai refu­sé ce des­tin auquel la «nature» (ou la culture?) assigne les femmes depuis le début du monde. J’ai refu­sé ce des­tin en me disant que le monde tra­di­tion­nel dans lequel cette situa­tion va de soi n’existe plus autour de nous. J’é­tais épui­sée men­ta­le­ment par cette année trop pleine d’é­mo­tions fortes (un sui­vi de gros­sesse à risque, le deuil de ma propre maman). La pour­suite de cette gros­sesse, je l’au­rais accep­tée comme une fata­li­té. J’ai pré­fé­ré choi­sir mon des­tin plu­tôt que de le subir. Aucune éthique ne sau­rait tran­cher sur la vali­di­té de ma déci­sion, comme de beau­coup d’autres déci­sions qui se prennent sur la terre.

        J’ai obte­nu mon doc­to­rat dans l’an­née qui a sui­vi. Ma rela­tion de couple a repris ses belles cou­leurs, suite à la série noire des conflits carac­té­ris­tiques de la nou­velle négo­cia­tion domes­tique qu’im­plique l’ar­ri­vée de tout enfant — je ne suis pas cer­taine qu’elle aurait résis­té à la venue d’un second bébé à ce moment-là, compte-tenu de l’é­tat de frus­tra­tion dans lequel cette situa­tion invo­lon­tai­re­ment subie m’au­rait plon­gée. J’ai excel­lé dans mon che­mi­ne­ment pro­fes­sion­nel, j’ai obte­nu un poste pres­ti­gieux. Je pense main­te­nant à redon­ner la vie: j’ai tou­jours dési­ré plu­sieurs enfants.

        Je témoigne car tous ce que j’ai lu ici l’an der­nier m’a per­mis de me sen­tir bien avec ma déci­sion, et je répond à l’ap­pel de Lola: moi, j’a­vais 30 ans, j’é­tais déjà mère, je n’é­tais pas seule, ni dans la misère. Mais j’ai pris cette déci­sion et je vais bien, mer­ci.

        ps: tout cela s’est pas­sé au Qué­bec, par aspi­ra­tion (pas d’in­ter­rup­tion médi­ca­men­teuse ici, sauf très rare­ment) et de façon très très res­pec­tueuse, sans souf­frances phy­siques. Je porte main­te­nant un DIU au cuivre, une méthode que je conseille à toutes tant pour l’as­pect pra­tique que pour l’as­pect éco­lo­gique, pour sa neu­tra­li­té hor­mo­nale. La contra­cep­tion hor­mo­nale n’est pas une option pour toutes les femmes, et il s’a­git, à mon sens sou­vent, d’une autre manière de «régu­ler» le corps des femmes, de «sta­bi­li­ser» l’hu­meur des femmes, comme si la dyna­mique inhé­rente à notre sys­tème natu­rel était un symp­tôme, une ano­ma­lie, quelque chose à «répa­rer». Le SPM n’est pas une mala­die, c’est la vie, c’est de l’éner­gie. Pour la liber­té d’être comme bon nous semble, pour la liber­té des états d’âme, pour la valo­ri­sa­tion sociale de l’éner­gie fémi­nine! Mer­ci!

  23. Fab dit :

    J’ai avor­té il y a un peu plus d’un an.
    Je ne pre­nais pas la pilule car j’é­tais céli­ba­taire, et j’ai eu une rela­tion sexuelle avec un homme qui était en couple. Dans le feu de l’ac­tion, pas de pré­ser­va­tif.
    Je ne sais pas si c’est à cause des chan­ge­ments dans ma vie à ce moment-là (démé­na­ge­ment, chan­ge­ment de bou­lot), ou parce que j’é­tais per­sua­dée de ne pas pou­voir tom­ber enceinte, mais je n’ai pas pen­sé une seconde à la pilule du len­de­main.
    2 semaines plus tard, retard de règles, 2 tests de gros­sesse, posi­tifs.
    J’ai appe­lé l’hô­pi­tal proche de chez moi, ils m’ont adres­sée vers un méde­cin de ville, écho­gra­phiste.
    Il s’est com­por­té tout à fait cor­rec­te­ment et humai­ne­ment, m’a fait faire des ana­lyses san­guines pour véri­fier la gros­sesse. Confir­ma­tion et reprise de ren­dez-vous pour qu’il me donne le pre­mier médi­ca­ment (celui qui inter­rompt la gros­sesse). Il m’ex­plique que je dois prendre le 2ème cachet deux jours plus tard, et que je ne dois pas être seule. J’ap­pelle le ‘cores­pon­sable’ pour lui deman­der d’être pré­sent pour me sou­te­nir, ce qu’il accepte.
    Je n’a­vais pas du tout envie d’être à l’hô­pi­tal pour cela, avec des incon­nus.
    Au moment dit, j’a­vais seule­ment peur d’a­voir mal et de beau­coup sai­gner.
    Mais les antal­giques don­nés par le méde­cin étaient très effi­caces, j’ai à peine eu des dou­leurs de règles, pen­dant moins d’une demi-heure.
    Pour le sang, j’a­vais eu des fibromes uté­rins un ou deux ans plus tôt, et c’é­tait beau­coup moins impres­sion­nant. J’ai ensuite per­du du sang comme pour des règles un peu abon­dantes pen­dant quelques jours.

    Je ne me suis pas posé un ins­tant la ques­tion de conti­nuer cette gros­sesse, et je suis per­sua­dée d’a­voir fait le bon choix. Aujourd’­hui, je vais très bien, je suis ravie de voir mes amies avoir des enfants, je ne suis pas contre l’i­dée d’en avoir moi-même un jour, quand ce sera le bon moment.

    Je remer­cie toutes les per­sonnes qui se sont bat­tues pour que nous ayons ce droit, tous les pro­fes­sion­nels de san­té qui nous per­mettent aujourd’­hui d’y avoir accès, et toutes les per­sonnes humaines et intel­li­gentes qui nous accom­pagnent et nous sou­tiennent dans ce choix.

  24. kikicontrelamode dit :

    J’ai 28 ans, un super métier, un super mari, une belle vie pour laquelle je remer­cie Dieu tous les jours.
    Je suis tom­bée enceinte en décembre 2010.
    Dès les pre­miers jours, les « effets secon­daires » ont été hor­ribles. Je n’ai jamais eu d’en­fants, je ne savais donc pas à quoi je m’ex­po­sais. Ceci dit, c’est cer­tai­ne­ment très dif­fé­rent pour chaque femme. Impos­sible de dor­mir, de tra­vailler, etc etc et ce dès la pre­mière semaine. C’é­tait tota­le­ment insup­por­table, je voyais déjà ma car­rière fichue, mon couple détruit et cet enfant que je détes­tais déjà pour ce qu’il me fai­sait subir.
    J’ai serei­ne­ment pris la déci­sion d’a­vor­ter. J’ai été sou­te­nue par mon entou­rage, mais l’ho­pi­tal a été une épreuve ter­rible.
    A la pre­mière consul­ta­tion j’ai eu à faire à une sage-femme « robot », qui m’a tenu un dis­cours tota­le­ment dépla­cé sur mon « irres­pon­sa­bi­li­té », qui m’a mon­tré le foe­tus etc etc. Elle a même osé cri­ti­quer ma façon de m’ha­biller en me disant « quand on est enceinte on met pas de robe et de talons hauts ». J’ai même pen­sé à por­ter plainte. Heu­reu­se­ment pour l’IVG en elle-même j’ai eu droit à des infier­miers ado­rables (sou­vent les hommes sont beau­coup plus sen­sibles que les femmes), qui m’ont très bien accom­pa­gnée. J’ai eu des dou­leurs tota­le­ment sur­réa­listes et ils m’ont admi­nis­tré un pro­to­cole anti-dou­leur qui a bien fonc­tion­né. J’ai ren­con­tré une psy­cho­logue ado­rable qui m’a ras­su­rée lorsque je lui ai dit que je res­sen­tais un immense soul­ge­ment. Et j’ai même eu un arrêt-mala­die.
    Je n’ai jamais regret­té ma déci­sion et je n’ai jamais culpa­bi­li­sé. Je pense qu’il vaut mieux avor­ter et être heu­reuse plu­tôt que d’être une mère mal­heu­reuse.

    Si je temoigne aujourd’­hui c’est pour que les femmes soient mieux prises en charge, notam­ment au niveau de la dou­leur phy­sique, pour que notre droit ne soit plus mena­cé, pour qu’on arrête enfin de nous dire « mais si tu es trau­ma­ti­sée mais tu ne veux pas l’ad­mettre ».
    Mer­ci.

  25. Mathilde dit :

    J’ai oublié une pilule. Une fois. Pour être pré­cise, je l’ai prise le len­de­main, pen­sant que ça pour­rait com­pen­ser l’ou­bli. Que nen­ni! J’ai sen­ti que j’é­tais enceinte bien avant mon retard de règle. Pro­ba­ble­ment un sen­ti­ment dû à cette petite idée que je n’a­vais pas été très sérieuse.
    La veille de faire le test, quelle idiote, je vais voir les noces rebelles avec une tri­po­tée d’a­mis. Je leur dit en bla­guant que puisque je suis pro­ba­ble­ment enceinte, c’est un film très à pro­pos. Tous ont donc été au cou­rant que j’al­lais faire le test. Tous m’en ont deman­dé le résul­tat le len­de­main. Si tout a com­men­cé comme une blague, je suis vite redes­cen­due sur terre. Étape par étape.

    D’a­bord, l’a­na­lyste qui m’a fait la prise de sang de confir­ma­tion m’a féli­ci­té. Pre­mier choc, je ne savais pas quoi lui répondre, à part mer­ci avec un sou­rire for­cé. Ensuite se sont posées les vraies ques­tions, et nous avons déci­dé avec mon copain de peser le pour et le contre. Ce fut une soi­rée hor­rible, mais impor­tante, je crois, pour la suite: j’a­vais besoin que cette déci­sion ne soit pas ano­dine, pour ne pas avoir à y repen­ser avec regrets.

    Je m’é­tais tou­jours dit l’a­vor­te­ment ne serait pas un pro­blème pour moi. J’ai été éle­vée dans un milieu assez conser­va­teur, ma liber­té indi­vi­duelle est une acqui­si­tion, et je sais qu’elle est un bien pré­cieux.

    Dans la colonne contre, donc, se dres­saient des consi­dé­ra­tions maté­rielles (nous sommes étu­diants, ce qui veut dire sans beau­coup de moyen, avec un rythme de vie non adap­té à un enfant.) Dans la colonne pour, nous étions d’ac­cord pour dire que nous vou­lions avoir des enfants, beau­coup, ensemble, rela­ti­ve­ment tôt (après les études et le lan­ce­ment de nos deux car­rières), alors pour­quoi pas main­te­nant nous sommes nous dit.
    J’ai eu besoin des autres, pour prendre ma déci­sion, ou pour bien faire le tour de la ques­tion, je n’en sais rien. J’ai appe­lé Val, une amie qui m’a­vait dit qu’elle avait avor­té. Nous sommes allés boire un verre tous les trois, c’é­tait un moment agréable, nous avons bien rit, fina­le­ment, en ima­gi­nant une vie avec un enfant, dans notre colo­ca­tion estu­dian­tine.
    C’est en réa­li­sant que je ne vou­lais pas chan­ger de vie pour l’ins­tant, que j’a­vais besoin d’être avec mes amis, avec mon copain, que j’ai su que l’a­vor­te­ment était vrai­ment la bonne solu­tion.
    Nous sommes tom­bés d’ac­cord, lui et moi, en même temps.

    Dès le len­de­main j’ap­pelle ma gyné­co, qui me dit qu’elle ne fait pas les avor­te­ments. J’ap­pelle le plan­ning fami­lial, ils me disent qu’il y a une liste d’at­tente longue comme la muraille de Chine, et que je devrais essayer ailleurs si je veux opter pour l’a­vor­te­ment médi­ca­men­teux. J’ai dû appe­ler tous les gyné­co­logues de ma ville (une secré­taire m’a même répon­du qu’elle n’é­tais pas là pour prendre les appels de filles irres­pon­sables. Ca a été mon deuxième choc).
    Je trouve, enfin, une gyné­co qui pro­pose de me prendre dans la demi-heure. Très sym­pa, elle m’ex­plique le pro­ces­sus, me dit que ça va bien se pas­ser, et me donne direc­te­ment le pre­mier cachet.
    Je reviens une semaine plus tard avec mon copain, prête, mais anxieuse (je suis un peu cho­chotte) d’a­voir mal. Je n’ai pas été déçue.
    Avant d’ar­ri­ver chez moi, je m’é­va­nouis de dou­leur dans le par­king où nous nous étions garés.
    Puis j’ai pas­sé la jour­née à attendre des sai­gne­ments. J’ai du reprendre un deuxième cachet, qui celui-ci a fait effet, presque sans dou­leur.

    Mon copain, nous sommes tou­jours ensemble, est res­té avec moi tout le temps, il a été très atten­tion­né, très amou­reux, très bon cui­si­nier, très bon pro­gram­ma­teur de films, très tendre, très là quoi…
    Je crois que, sans le côté phy­sique, cette déci­sion l’a mar­qué aus­si pro­fon­dé­ment que moi, puisque nous l’a­vons prise clai­re­ment à deux.

    Nous en par­lons sans com­plexe, entre nous et autour de nous. La plu­part de mes amis savent que j’ai avor­té. Ce n’est pas une van­tar­dise, ou un sujet dont je veux me faire plaindre. Ce n’est juste pas un tabou. J’ai avor­té, et je vais bien, mer­ci !

  26. Soso dit :

    Je ne sais pas si mon témoi­gnage peut trou­ver sa place.
    J’ai 31 ans, un mari ado­rable un bébé de 7 mois, une vie douce et a l’a­bris du besoin.
    La semaine der­nière je découvre que je suis de nou­veau enceinte. Stu­peur, nous avons eu bcp de dif­fi­cul­tés a avoir notre bébé et nous avons eu besoin de la PMA. (Pro­créa­tion médi­ca­le­ment assis­tés.) nor­ma­le­ment pas de risques de tom­ber enceinte… Nor­ma­le­ment !

    Je me pro­jette et me vois avec deux enfants en bas âges. Tout a coup le film se fait tout seul.
    — pas de retour au tra­vail ( je venais d’ avoir une pro­mo avant de par­tir en congés)
    ‑seule avec deux enfants car mon époux est très sou­vent en dépla­ce­ment
    ‑plus de vie sociale
    — un démé­na­ge­ment en urgence
    — un gros bidon alors que mon fils com­men­ce­ra a peine a mar­cher
    — ne pas pou­voir pro­fi­ter serei­ne­ment de chaque pro­grès de mon fils
    — recom­men­cer une 2e gros­sesse en moins de 7 mois
    ‑ne plus avoir de pro­jet per­so Pen­dant un bon petit moment.
    — être une mère et rien qu’une mère.

    Aujourd’­hui je ne sou­haite pas cela, c’est peut être égoïste mais je ne vois pas dans cette vie. Un deuxième enfants oui pour­quoi pas mais quand je serais prête dans ma tête et dans mon corps. Je me suis confron­tée a moi même et j’ai écou­té ma petite voix pour ne pas faire par­tie de ces femmes au bord du burn out. Pour conti­nuer a aimer ma vie, pour conti­nuer a me recon­naitre.

    J’ai décro­ché mon télé­phone et pris les rdvs.

    Je vais avor­ter, et je le fais pour mon bien.

    -

  27. Ririe dit :

    Eh bin, comme d’autres avant moi l’ont dit, une seule fois c’est tout ce que ça prend.

    Une seule fois, et je sais exac­te­ment la date. Le 8 avril.
    Une (ou dix) petite coupe de vin dans le nez, et hop, on oublie les risques. « Mais non, pas de dan­ger… Juste une fois ».

    Une semaine plus tard, j’ai mal aux seins. Je dis a ma mère que ce sont mes régles qui arrivent, et elle me regarde, sur­prise. « Mais non, cela fait a peine deux semaines! ». Oui, maman, tu as bien rai­son… Nous les avons en même temps, ces fou­tues règles… Bon, je ne m’in­quiète pas, c’est déja arri­vé que j’aie mal aux seins avant. Une semaine plus tard, soit la semaine pas­sé, je com­mence a avoir des maux de dos. Dans le bas du dos. Je me dis que ça arrive… Non. Et puis les crampes. La, c’est pour vrai!!!

    Tou­jours rien.

    Le stress com­mence. Dire que, il y a a peine un mois, moi et mon copain dis­cu­tions de gros­sesse. « Si c’é­tait pour arri­ver, ce serait fini avant même que tu ne le saches et tu ne t’en ren­drais jamais compte.. », que je lui ai dit. Il a sim­ple­ment sou­ri.… Mon amour, tel­le­ment ado­rable, aimant… Qui ne veut pas d’en­fants.

    Hier soir, je me dis, « Bon quatre jour, c’est trop de retard! ». Mois qui est comme une hor­loge suisse.… Ce matin, je vais a la phar­ma­cie. J’a­chètes un test. Retour a la mai­son, un petit pipi plus tard, et bang. Le monde arrête de tour­ner. Tout s’é­croule. C’est posi­tif. Tout de suite, je me mets a pleu­rer en pen­sant a ma petite nièce, qui a a peine trois mois… Son rire, ses sou­rires… Moi qui disait ne pas aimer les enfants, elle m’a prou­vé tout le contraire! Dans ces quelques seconds ou mon monde tombe en ruines, tout va très vite. Ma nièce. Mon ventre. Ce petit truc qui gran­dit déja en moi.…

    Et puis je dis « Je dois prendre ren­dez-vous. » Cinq minutes plus tard, c’est fait. La date? Le 18 mai.

    J’ai réa­li­sé ce que je savais déja. Je ne veux pas d’un enfant, ni moi ni mon copain. Je n’ai ni les moyens, ni la patience, ni la matu­ri­té, ni le désir d’é­le­ver un enfant. En l’es­pace de 24 heures, tant d’é­mo­tions. D’a­bord la peur, la tris­tesse… Et puis la panique, l’an­xié­té.… Fina­le­ment.…

    Le sou­la­ge­ment. Le sou­la­ge­ment de savoir que je vis dans un pays ou mon corps m’ap­par­tient, et ou je n’au­rais pas a impo­ser une vie mal­heu­reuse a ce pauvre truc qui gran­dit en moi. (JE l’ap­pelle truc parce que je ne crois pas avoir le cou­rage d’y pen­ser comme ‘mon enfant’) Alors, Truc-Muche.… Je te parles pour la pre­miere et der­niere fois.…

    Tu est tom­bé dans le ventre de la mau­vais maman. Je te laisse par­tir, et je sais que tu vivras et gran­di­ras heu­reux dans le ventre d’une autre qui te désire et qui t’ai­me­ras. Peut-être un jour croi­se­rai-je ton regard sur la rue au Marche. Mais pour l’ins­tant, tu dois par­tir.

    Les treize pro­chains jours ne seront pas facile… Tu me donnes la nau­sée et t’a­vales tout mon éner­gie.… Mais je serai ‘egoïste’ dans ma géné­ro­si­tée… Je vivrai ma vie, et toi, tu ne seras pas mal­heu­reux.

    Je vais avor­ter, et je vais bien. Je le fais pour moi, et aus­si pour toi.

    • Ririe dit :

      Bon, voi­la, c’est fait.

      Je vais me faire plai­sir et racon­ter les jours qui ont sui­vi mon pre­mier post.

      Tout d’a­bord, les nau­sées. Effroyables. Tou­jours pré­sentes. La fatigue me tenait au bord du pré­ci­pice, et si je n’al­lait pas faire pipi 100 fois par jour, je n’y suis jamais allé!

      J’ai par­lé a une amie. Elle fut très recep­tive, bien qu’un peu mal a l’aise. Elle me parle des options (que je conais­sais déja) et d’un ton incer­tain… « Et l’avortement…J’esseyais d’é­vi­ter ce mot »

      Pour­quoi? Parce que d’a­vor­ter, ça fait for­cé­ment de toi un monstre, un assas­sin? Parce que, encore aujourd’­hui, c’est mal per­çu et ça fait de toi un être dam­né?! PArce que, d’é­vi­ter la misère a un petit être inno­cent, c’est pas bien?! Parce que je devrais faire plai­sir a ma mère en ayant un enfant? Parce que, maman, tu serais bien la seule a être heu­reuse de la situa­tion… Rai­son pour­quoi je ne t’en ai pas par­lé. J’ai beau­coup pleu­ré une jour­née ou j’é­tais seule a la mai­son. Non pas de regrets, mais par peur de l’IVG. J’a­vais peur de la dou­leur, de l’a­nas­thé­sie… Et j’ai pleu­ré de ne pas me sen­tir cou­pable.

      Bref, les jours passent… Et le 18 arrive. Je me diriges vers la cli­nique au centre ville (Ah, cou­sine Que­be­coise ici…) de Mon­treal pour LE ren­dez vous. Une jeune femme est dans l’as­cen­seur avec moi, on va au même endroit.… Il y a deux autres femmes dans la salle d’at­tente. Et aucune ne pleure. Elle lisent la docu­men­ta­tion four­nie et rem­plissent les docu­ments neces­saires, tran­quille­ment, serei­ne­ment.… Je fais de même. Et puis l’at­tente… C’EST LONG. Je veux que ce soit fini le plus tot pos­sible… Je vais en griller une (Quelle mere hor­rible j’au­rais fait.. Pffff.) vite fait, je reviens, et l’in­ter­ve­nante m’ap­pelle. On se dirige vers son bureau.

      « Alors, com­ment vas tu? »

      Tres bien. Je suis sure. J’as­sume. Je suis en paix. JE n’ai jamais vou­lu d’en­fant. Oui, le papa est au cour­rant, il vient d’ailleurs me cher­cher pour me rac­com­pa­gner chez moi tel que conseille… Sinon, le moral.… Bah. Je me sens cou­pable de ne pas me sen­tir cou­pable.

      « Ah bah la, tu es une vrai femme! On culpa­bi­lise de ne pas culpa­bi­li­ser.. C’est ce qu’il y a de plus ter­rible ca! » Je lui parle de ce blog, et elle semble intri­guée… Quelques minutes plus tard, je lui ecrit le lien sur un bout de papier, en lui disant « J’es­pere que ca pour­ra aider ces femmes qui se croient anor­males de ne pas sen­tir de tris­tesse face a l’IVG… » Je l’as­sures du fait que ce blog est VRAIMENT pro-choix, et non un blog pro-vie qui se fait pas­sé pour tout autre chose…

      On parle pour cinq minutes, on blague (Oui oui, on BLAGUE. Parce que, tel qu’elle m’a dit, « Avor­ter, ce n’est pas for­ce­ment quel­que­chose de dra­ma­tique. On le tourne au dram. ») un peu, et elle m’en­voie en salle de repos. Je me changes et tout le tra lala… Et ensuite, direc­tion salle d’op. L’in­fir­miere (Abso­lu­ment for­mi­dable, com­pre­hen­sive, douce.) me recoit, m’ex­plique la chose… On fait l’e­cho. « C’est plus petit qu’un grain de riz! ». Ah, d’ac­cord… Pas capable de faire le lien entre ÇA et un ENFANT. On parle pen­dant une dizaine de minutes en atten­dant le mede­cin… Il arrive. « Alors… T’en es sure? »

      CERTAINE, que dis-je.… Et puis la, le petit masque sur le nez (gaz hila­rant + quel­que­chose… Eh oh, pour­quoi la map monde au pla­fond fait des vagues?!), on me fait un injec­tion de je ne sais plus quoi, et on me dit « D’i­ci deux minutes, tu ne te sou­vien­dras plus de ton propre nom… »

      Mon nom? J’ai oublié TOUT. Hone­te­ment, j’ai un trou noir d’une ving­taine de minutes.… Voire une heure. Je me sou­viens seule­ment qu’on m’aie aidé a me lever, et puis je me suis reveillée dans mon lit dans la salle de repos… Aucune dou­leurs. Rien. Des sai­gne­ments legers le pre­mier jour, et puis rien depuis. Oh, les jours 3 4 et 5 sui­vants l’in­ter­ven­tion, j’ai des crampes plu­tot graves… Mais quelques Advil et hop, on reprend notre che­min. On m’a pres­crit le Mire­na… J’at­tend le ren­dez vous pour la pose.…

      Je n’ai pas de regrets. Je n’ai plus de nau­sées. Ma fatigue, par­tie. Je fais pipi de facon NORMALE a une fre­quence NORMALE.

      Alors main­te­nant, je peux le dire.…

      J’ai avor­té, et je vais bien, MERCI!

  28. Marianne dit :

    J’ai 26 ans et j’ai avor­té il y a deux mois.
    On pense tou­jours que ça n’ar­ri­ve­ra pas, que c’est pour les autres, celles trop jeunes ou irres­pon­sables, un peu pau­mées. On juge vite, à l’emporte-pièce. Je n’a­vais jamais eu de rela­tions sérieuses, je ne pre­nais pas la pilule, et jamais mis les pieds sur les étriers d’une table de gyné­co. Trop prise par les études, le pre­mier bou­lot pas­sion­nant, les gar­çons, on ver­ra ça quand ça vien­dra …

    Et puis, lui. Les deux pre­miers mois, la tête qui fait des bulles, l’es­prit qui papillonne. on fait le test assez vite, je pense à aller consul­ter … 2 jours après la fin de mes règles, on le fait sans pro­tec­tion, sans même y pen­ser. Puis je prends mon cou­rage à deux mains, visite chez le gyné­co, et reviens toute fière, avec ma boite de pilules, l’im­pres­sion d’être une femme adulte… sans pen­ser que je vais attendre mes règles plu­sieurs jours, impa­tiente, anxieuse, puis car­ré­ment flip­pée. [On repas­se­ra pour le coup du calen­drier, 5 semaines plus tard, j’ai mal aux seins, et l’é­vi­dence dans les tripes. ]
    Deux parents méde­cins, une mère fémi­niste jus­qu’au bout des ongles, membre du MLF dans les années 70. L’a­vor­te­ment, pour moi, c’est une liber­té et un droit, que j’en­tends exer­cer tout de suite, comme une évi­dence.

    Un tour sur le net pour voir les étapes à suivre en cas de.
    Je veux la méthode médi­ca­men­teuse, je suis encore dans les temps. Moi qui ne vais JAMAIS chez le méde­cin, j’ar­pente les salles d’at­tentes et les labos d’a­na­lyses pen­dant deux semaines. J’ai de la chance d’être pari­sienne, les méde­cins que j’ai vu ont été très pros. En 15 jours, c’est réglé, dans des condi­tions tout à fait nor­males et accep­tables. Je l’ai dit à deux copines (une est venue avec moi à l’hôpital l’a­près-midi de l’a­vor­te­ment) et à ma mère, qui m’a offert « Le choeur des femmes » de Win­ck­ler dans la fou­lée…

    J’ai déci­dé de ne pas en par­ler à mon ami. De mul­tiples rai­sons. C’est la seule chose qui m’a tra­vaillé dans tout ça. Mais c’est mon choix, j’as­sume, sans culpa­bi­li­té ! Je n’ai pas l’im­pres­sion que ça me bou­le­verse, c’est juste une tuile, ça peux arri­ver. Et puis, je sais que si jamais, je veux être mère un jour, tout marche de ce coté…

    Alors mer­ci, je vais bien, mer­ci les filles des 343 salopes !
    (mon por­table me rap­pelle à l’ordre, c’est l’heure de la pilule…)

  29. Nadine dit :

    J’ai 35 ans, j’ai avor­té il y a 11 ans à l’âge de 24 ans, et je vais bien, mer­ci !

    C’é­tait l’é­té, ren­contre d’un gars au bord de la plage, il m’in­vite à man­ger sur son bateau qui mouille un peu plus loin. J’y vais, sans pen­ser à rien. Une fois sur le bateau, il me fait des avances, et je ne me sou­viens même plus com­ment on se retrouve à un moment lui sur moi à me péné­trer. Je pré­cise, his­toire de bot­ter le cul à un autre tabou, que je ne suis pas trau­ma­ti­sée non plus par cette péné­tra­tion « non entiè­re­ment vou­lue par les tré­fonds de ma chair et de mon âme ». J’ai juste le sou­ve­nir d’un coup vite par­ti, sans plai­sir pour moi, qui m’a lais­sé indif­fé­rente. Aucune ques­tion avant sur la contra­cep­tion, évi­dem­ment je suis sup­po­sée prendre la pilule…Quand je lui dis que non, il est tout déso­lée. Je ne m’in­quiète pas plus que ça, et je vais faire un plouf. Dans l’eau, je vois le nom de son bateau, et je lui cris « On l’ap­pel­le­ra Arle­quin ! », pour rigo­ler.

    Eh voi­là. Je quitte cette île, je conti­nue ma vadrouille, et une dizaine de jours plus tard je me rends compte qu’il y a quelque chose qui cloche, des nau­sées, de la fatigue… Je crois que j’a­vais déjà l’i­dée à ce moment-là que j’é­tais enceinte. Je rentre dans ma ville, chez ma mère (j’é­tais sans loge­ment fixe, sac sur le dos). J’a­chète un test à l’u­rine, je le fais dans les toi­lettes de mon bar pré­fé­ré, celui où je suis allée pen­dant toute la période du lycée, je m’y sens un peu chez moi…Le test est posi­tif.

    Je télé­phone à ma mère, et je suis sur­prise de sa réac­tion : cela la met vrai­ment de mau­vaise humeur, comme si j’a­vais fait une conne­rie ; c’est d’au­tant plus sur­pre­nant que ce n’est pas du tout son genre de s’é­ner­ver pour rien, c’est une per­sonne plu­tôt mesu­rée et prag­ma­tique. Je n’en ai jamais repar­lé depuis avec elle, je pense que ça a du bous­cu­ler quelque chose en elle d’as­sez fort.

    Com­mence le pro­ces­sus, écho­gra­phie, puis RDV avec une nana du plan­ning, pas de sou­ve­nir par­ti­cu­lier, elle ne m’a pas embê­té je crois. C’est le mois d’aout, le ser­vice qui prend en charge les avor­te­ments à l’hô­pi­tal ne peut pas me rece­voir, je vais donc dans une cli­nique d’ac­cou­che­ment. Pen­dant tout ce temps je suis accom­pa­gnée par ma mère et une amie proche. J’ai choi­si l’as­pi­ra­tion sous anes­thé­sie, même si je suis encore dans les temps pour la méthode médi­ca­men­teuse, car j’i­ma­gine qu’a­vec celle-ci je vais avoir plein de sang qui va cou­ler et que ça va être glauque ; je pré­fère être incons­ciente et que tout soit fini quand je me réveille.

    Je ne me sou­viens pas de l’ac­cueil à l’hô­pi­tal ; vu que je suis avec ma mère et mon amie, je n’ai pas besoin qu’on soit gen­til et pré­ve­nant, ça me passe au-des­sus de la tête. Quand je me réveille de l’anes­thé­sie, je suis toute contente, parce que j’ai rêvé, et je ne savais pas qu’on rêvait quand on était anes­thé­sié ; je le dis tout haut, ravie, mais per­sonne ne me répond ou me souris…Une fois dans la chambre, là aus­si, je suis avec les femmes qui m’ac­com­pagnent, donc tout va bien. Mais je me suis dit plus tard que je n’a­vais vrai­ment reçu aucun sou­tien de la part de l’é­quipe médi­cale : ils ne sont même pas venu me voir pour me deman­der si j’al­lais bien, après.

    Les quelques jours qui suivent, j’ai vrai­ment très mal au ventre, avec des « ver­tiges inté­rieurs » qui m’empêchent de m’en­dor­mir ; je suis du coup très fati­guée, ces quelques jours sont rudes phy­si­que­ment.

    ..et puis après, je reprends mon sac à dos et je conti­nue mes vacances !

    Une chose que je dois pré­ci­ser : avant cet été là, je par­lais de l’a­vor­te­ment en disant « oui, c’est bien que d’autres puissent le faire, mais moi, je ne pour­rais jamais », et je disais cela en me tenant le ventre d’un air dou­lou­reux… quand je me suis retrou­vée enceinte, ma déci­sion d’a­vor­ter a été prise en une seconde et demi. Aucun désir d’en­fant, une vie de vadrouille, aucun moyen de retrou­ver le géni­teur qui était repar­ti dans son voilier…De la repré­sen­ta­tion a prio­ri au vécu, il y a par­fois un gouffre.

    Deux années plus tard, des amis très proches ont eu un bébé. En visite chez eux pour faire connais­sance avec la nou­velle venue, j’ai un jour lon­gue­ment pleu­rer, face à la mer, en pen­sant au pos­sible avor­té. Ces longs pleurs sont un bon sou­ve­nir. Pen­dant quelques années, j’ai pen­sé par­fois à cet « enfant », quel âge il aurait, etc. Sans dou­leurs ni regrets, peut-être un peu de tris­tesse, mais plu­tôt liée qu’à ce moment-là de ma vie j’au­rais bien aimé ren­con­tré un homme et faire un enfant qu’à l’acte même d’a­voir avor­té.

    Je me sou­viens aus­si m’être posé des ques­tions en lisant à plu­sieurs reprises des écrits qui disaient que l’a­vor­te­ment était for­cé­ment une souf­france psy­chique : est-ce qu’un trau­ma­tisme était caché dans le fond de mon incons­cient et allait res­sur­gir un jour en me rava­geant de dou­leur ? Puis j’ai com­pris la mani­pu­la­tion morale, et je me suis mise à sou­vent racon­té mon avor­te­ment pour témoi­gner : non, on n’est pas obli­gées d’être en souf­france, ni avant, ni pen­dant, ni après.

  30. Mélissa dit :

    J’ai appris être enceinte à nou­veau (déjà une mer­veilleuse prin­cesse de 6 mois…) il y a semaine, même symp­tômes que ma pre­mière gros­sesse, allé hop ni une ni deux, un test posi­tif évidem­ment.
    Bon, avec déjà un bébé de 6 mois l’avortement pour mon mari et moi était une évi­dence.

    Rdv chez la gyné­co le len­de­main du test. « Bon­jour, je suis enceinte, mais c’est pas pos­sible donc bon je vou­drais avor­ter » réponse de l’intéressée « Vous avez fait un test?«
    Non madame j’ai pas fait de test, j’avais juste qu’on me fasse une écho vagi­nale pour le plai­sir!!!!!!
    Madame très sym­pa­thique d’ailleurs: elle me montre les contours de l’embryon, et me donne toutes ses carac­té­ris­tiques (on ne sait jamais hein!) j’ai même eu le droit de repar­tir (!!!!!!!) avec l’écho !
    Bon après tout le bla bla sur l’avortement et ses risques mes­sages loin d’être sub­li­mi­naux: vous allez sai­gner madame, beau­coup sai­gnez vous com­pre­nez?
    Com­bien de fois me l’a‑t-elle dit? Envi­ron une dizaine (non je n’exagère pas…)
    Mon mari et moi tra­vaillons et impos­sible pour moi d’être hos­pi­ta­li­sée pour l’IVG j’opte pour la méthode médi­ca­men­teuse… à domi­cile (au tra­vail pour le coup).
    Madame la gyné­co ne fait pas je cite « ce genre de pra­tique » ll y a bien un géné­ra­liste qui le fait dans le coin, mais je pour­rais pas vous dire son nom.
    Me voi­là donc ren­trée chez moi avec mon écho sous le bras (je fais quoi je l’encadre? grrrrr) à taper dans Google: « IVG à domi­cile –nom de ma ville- ». Si c’est pas du pro­fes­sion­na­lisme ça. Encore un peu et j’aurais presque cru qu’elle était contre l’avortement (ben ouai ma grande mais dans ce cas là, on ne fait pas ce métier).

    Enfin bref tant bien que mal je trouve ce fameux géné­ra­liste qui est juste un amour et qui me conseille de chan­ger de gyné­co au pas­sage (c’est qu’elle a bonne répu­ta­tion appa­rem­ment…).

    Je vous épargne tout ce qui est prise des médi­ca­ments, dou­leurs (je n’en ai pas eu) etc…

    Et main­te­nant?
    Ça fera 1 semaine mar­di et depuis mar­di der­nier, je me demande pour­quoi je ne pleure pas (ben oui avor­ter c’est MAL bouuuuuh). La réponse est venue toute seule:
    Mon géné­ra­liste qui m’a dit « tenez allez là des­sus, c’est un blog sur des femmes qui ont avor­té et qui vont bien. Parce que on peu très bien avoir recours à une IVG sans pour autant deve­nir dépres­sive ».
    J’ai pas l’impression d’avoir tué un bébé, j’ai pas l’impression de lou­per quelque chose dans ma vie et j’ai pas man­gé plus de cho­co­lat que d’habitude.

    J’ai avor­té mar­di et je vais bien, mer­ci.

    Mer­ci à vous, c’est pas parce que l’on avorte que l’on est des monstres, bien-au-contraire ! C’est prendre conscience que non c’est pas pos­sible d’avoir un enfant et autant attendre de pou­voir lui offrir le meilleur ou pour d’autre d’attendre de vou­loir deve­nir mère.

    • Océane dit :

      Votre gyné­co est en infrac­tion. Elle est en droit de refu­ser un avor­te­ment, mais elle est dans l’o­bli­ga­tion de vous réorien­ter vers un méde­cin le pra­ti­quant.

  31. Marie dit :

    J’ai 30 ans, je suis cadre et j’ai appris que j’é­tais enceinte de 3 semaines 1/2 le 11 mai der­nier.

    A vrai dire, je m’en dou­tais, d’une part parce que je savais qu’on n’a­vait pas fait atten­tion, que je ne pre­nais plus la pilule, que je n’ai pas pris la pilule du len­de­main (je me demande encore pour­quoi) … Et d’autre part parce que j’ai eu rapi­de­ment mal aux seins (bien plus qu’à l’ap­proche des règles) et que j’é­tais tout le temps cre­vée.

    Ce fut pen­dant 2 jours la confu­sion, prise entre 2 feux : « putain ça marche » et « vite vite il faut que j’a­vorte ». De suite, j’ai appe­lé le secré­ta­riat de mon gyné­co pour m’en­tendre dire « Le Dr X ne pra­tique pas d’a­vor­te­ment ». Je n’ai rien répon­du et j’ai rac­cro­ché même si je sais main­te­nant qu’il avait l’o­bli­ga­tion de m’o­rien­ter vers un confrère qui pra­tique l’a­vor­te­ment.
    J’ai appe­lé le plan­ning fami­lial, qui m’a de suite orien­tée et conseillée au mieux. Donc en 2 jours, RDV avec un méde­cin, prise de sang, écho de data­tion et prise de RDV pour pra­ti­quer l’IVG médi­ca­men­teuse à domi­cile. J’ai donc pris les­dit médi­ca­ments le 19 et le 21 mai der­nier (ce wee­kend quoi).
    Sans ren­trer dans les détails, j’ai com­pris assez rapi­de­ment que c’é­tait fait.
    J’ai tou­jours un peu mal au ventre aujourd’­hui mais je res­sens comme une libé­ra­tion. Je dois encore retour­ner à l’hô­pi­tal dans 2 semaines his­toire de véri­fier que « tout » est bien par­ti mais je sens déjà que ma vie peut reprendre son cours, mal­gré les petits désa­gré­ments phy­siques actuels (sai­gne­ments).

    Je ne regrette pas mon choix. Je suis céli­ba­taire, et cela a tou­jours été clair pour moi que je ne ferai pas un enfant seule.

    Alors bien sûr que je me sou­vien­drais de cet épi­sode de ma vie.

    Mais aujourd’­hui, deux jours après, je vais bien !

    • mélo dit :

      hel­lo,

      mer­ci pour ton témoi­gnage parce que je suis dans la même situa­tion que toi aujourd’­hui. Moi aus­si ‚je suis enceinte de 3 semaines et je dois avor­ter la semaine pro­chaine (je suis dans la semaine de réflexion). J’ai 33 ans , un taf, un mec que je ne suis plus sûr d’ai­mer. je sais que je suis enceinte depuis 72 heures et mon mec me regarde comme si j étais une extra ter­restre et il sait mieux que moi, ce que je res­sent, que les nau­sées et le mal en bas du ventre, c ‘est dans ma tête… Je suis contente d’être enceinte, quand je l’ai su ma pre­mière reflexion a été,  » putain , ça marche! » mais je ne veux pas le par­ta­ger avec lui, je ne veux pas de son patri­moine géné­tique et je suis sûre de mon choix. c’est mieux pour tout le monde… de plus, j’ai appris en même temps que j’a­vais eu un appart. bref, il me tarde le mois de mai, que tout ça soit der­rière moi…

  32. Agnès dit :

    J’ai avor­té il y a plus d’un an.
    Un choix rai­son­nable, qui s’est impo­sé à la minute j’ai eu connais­sance de ma gros­sesse. Je suis jeune, j’ai des pro­jets pleins la tête…je ne peux pas gar­der cet enfant.

    J’ai choi­si d’a­vor­ter. Comme une femme sur deux. Mais une femme sur deux ne connait pas le par­cours du com­bat­tant que de nom­breuses femmes ayant avor­té ont connu.
    Plus de trois semaines de délai pour avor­ter, des méde­cins qui changent à lon­gueur de temps, le dos­sier médi­cal per­du, un avor­te­ment médi­ca­men­teux à plus de huit semaines de gros­sesse, un doli­prane pour cal­mer la dou­leur en 7heures d’hos­pi­ta­li­sa­tion, une pres­crip­tion de pilule inadé­quate qui mène à 1 an de pro­blème hor­mo­nal, aucun sui­vi pro­po­sé, une sage femme qui insiste pour que l’on lui decrive ce que l’on a vu (un foe­tus ou non)

    On se rend compte alors qu’il y a encore de nom­breux pro­grès à effec­tuer pour le droit des femmes lors­qu’il s’a­git de l’a­vor­te­ment, et sur­tout, celui d’a­mé­lio­rer l’hos­pi­ta­li­sa­tion. Car le trau­ma­tisme vient aus­si de le prise en charge lors de l’hos­pi­ta­li­sa­tion

    Cette his­toire fera tou­jours par­ti de moi, et je vis avec…

    Mais aujourd’­hui, je peux le dire, j’ai avor­té et je vais bien.

  33. Yves Egée dit :

    Voi­là, là ce soir moi j’ai appris que j’é­tais enceinte, 3 ème avor­te­ment, je suis en colère de payer ma fécon­di­té pour chaque écart de ma vie. Ca n’a jamais lou­pé.
    Alors j’ai créé à l’ins­tant un blog. Et je compte racon­ter com­ment ça va se pas­ser.
    Demain j’ap­pelle l’hos­to. Je sais pas si je vais bien, mais je sais que j’en ai plein le cul.
    http://yvesegee.com/

  34. lilarose21 dit :

    Bon­jour,
    Voi­là 10 mois que j’ai subi une IVG, j’é­tais enceinte de 2 semaines. Au départ, j’a­vais été sur le net afin de recueillir des témoi­gnages mal­heu­reu­se­ment j’é­tais tom­bée sur des pro life, mais en rien cela n’a modi­fié ma déci­sion de le faire. Ma seule crainte por­tait sur les réper­cus­sions psy­cho­lo­giques.
    Ce qui m’a fait du bien, c’est d’en par­ler à une amie, qui elle-même avait déjà fait une ivg.
    J’au­rai très bien pu gar­der cet enfant sachant que je suis en couple et que nous avons déjà un petit gar­çon de 3ans, mais je n’ai pas sou­hai­té retom­ber enceinte. Cela fai­sait du mal à mon ami que je le fasse mais il com­pre­nait mes rai­sons. Cepen­dant, j’ai fait toutes les démarches seule sans vrai­ment lui en par­ler, tout ce qu’il savait c’est que j’al­lais subir une ivg.
    Je ne me sen­tais pas prête à une seconde mater­ni­té et j’é­tais encore étu­diante, un enfant se désire et il faut pou­voir l’ac­cueillir dans des condi­tions opti­males. Cela n’au­rait été le cas et tout le monde en aurait pâti. J’ai clai­re­ment expli­qué tout cela avec la média­trice du plan­ning, mettre des mots des­sus m’a encore plus convain­cu de mon choix et je ne regrette pas du tout.
    Au ser­vice, le per­son­nel était très bien, très à l’é­coute et dis­po­nible.
    Pen­dant la demi jour­née d’hos­pi­ta­li­sa­tion, je n’ai pas sou­hai­té être contac­té par mon com­pa­gnon, car je devais vivre ce moment seul. Cette demi jour­née a été vécu comme une remise en cause, j’a­vais conscience de ce que je fai­sais, j’i­ma­gi­nais aus­si la chance que nous avions à notre époque de pou­voir le faire dans de bonnes condi­tions.
    Mais je pense que ce qui a fait que l’a­vor­te­ment s’est pas­sé ain­si c’est que pour moi, cet enfant n’exis­tait pas bien qu’il fut pré­sent.
    A l’heure actuelle, j’y pense rare­ment, tout ce que je sais c’est que ce n’est pas une fata­li­té d’a­vor­ter mais la consé­quence d’une réflexion mure­ment réflé­chie. Aujourd’­hui, je parle de mon expé­rience sans honte, et je suis navrée de voir que c’est encore un sujet tabou. Si tabou que des avor­te­ments se font encore clan­des­ti­ne­ment au péril de la vie de ces femmes, ou encore des femmes mettent au monde des enfants pour aus­si­tôt s’en débar­ras­ser, d’autres les gardent mais vivent dif­fi­ci­le­ment le rôle de mère au détri­ment de petits inno­cents qui n’ont rien deman­dé…

  35. Marie dit :

    voi­la je m’ap­pelle marie je me suis fait avor­ter ven­dre­di donc ya 3 jour !!
    j’e­tait enceinte de 2 mois et quelque semaine .…) pareille ya 2 ans mon mede­cin m’a dit que j’au­rais du mal a avoir des enfants , je pre­nais la pillule et j’ai arre­ter car je ne l’a sup­por­ter plus !
    Pen­dant 6–7 moi je n’ai pris aucun moyen de contra­cep­tion ! je me suis donc dit si je ne suis pas tom­ber enceinte main­te­nant ces que le mede­cin avais sans doute rèson..
    et non un jour je com­men­cer a voir des noses desa­greable je l’ai mal vecu pen­dant 2 semaine cetait les noser !
    donc pour moi cetait sans doute que j’ai sen­ti je savais deja que j’e­tait enceinte , sur le coup je n’ai pas trop rea­li­ser ni pani­quer j’en n’ai par­ler a mon copain j’ai fait une prise de sang et la j’ai apris que je n’e­tais pas enceinte que d’un bébé mes de 2 bébé
    donc la le choc je ne savais pas quoi faire !
    pas de situa­tion tou­jour chez mes parent je me suis dit je peut pas les gar­der ces pas pos­sible je m’en sor­ti­rais jamais a 20 ans ces dur quand meme je suis encore jeune mes amies mon dit refle­chis bien exct.…)
    mes cetait dejas tout bien refle­chis , je suis aller voir le gyne­co qui m’a don­ner un ren­dez-vous pour l’a­vor­te­ment et ces la veille du jou‑j que la je me suis sen­tis pas tres bien le stress ! j’i etait tout ces bien pas­ser !
    je suis ren­trer, et le soir j’ai un peut pleures mes le choix je n’ai pas honte de l’a­voir fait car quand je voit des jeune de 15–16 ans avoir des enfants et gale­rer moi ces pas une vie comme ca que je veut pour mes enfants.…)
    je veut quil ne manque de rien !
    donc voi­la la je vais bien
    et pour toute les filles dans le meme cas que moi je vous trouve cou­ra­geuse et je suis contente qui et aus­si des fille qui pence un peut comme moi sans juger les gens !!
    voi­la mer­cii a bien­toot

  36. Olga dit :

    J’ai décou­vert que j’é­tais enceinte de 3 semaines en décembre 2009. Pré­ser­va­tif défec­tueux je pré­sume, car nous nous étions tou­jours pro­té­gés.
    Au bout d’une semaine de retard, j’ai fait un test, 10 minutes après j’é­tais chez le méde­cin, le len­de­main à l’hô­pi­tal pour mon pre­mier rdv.
    Tout ce que je savais, c’est que ce n’é­tais pas pos­sible: j’a­vais 30 ans et tou­jours tout fait pour ne pas avoir à me retrou­ver dans cette situa­tion.
    J’ai réflé­chi mais je n’ai jamais hési­té.
    J’é­tais enceinte de 3 semaines, je pen­sais que ça allait très vite mais il a fal­lu attendre 4 semaines sup­plé­men­taires pour que la date de l’i­vé­gé ne ‘tombe pas pen­dant les fêtes’. C’est sans doute ce que j’ai le plus mal vécu, de devoir subir un mois de gros­sesse non dési­rée, avec les nau­sées et ce corps que je ne sup­por­tais pas.
    Le corps médi­cal a été bien, j’ai plu­tôt été déçue par les rares proches à qui j’en ai par­lé qui m’ont tous expli­qué que j’al­lais être trau­ma­ti­sée (et si pas main­te­nant, plus tard!)…
    L’a­vor­te­ment s’est fait par voie chi­mique et même si d’un point de vue phy­sique, j’ai trou­vé ça vrai­ment dur, et fati­guant (j’ai bien mis 2 mois à récu­pé­rer), je n’ai jamais regret­té, culpa­bi­li­sé ou autres. Je n’y ai jamais vu un bébé poten­tiel, je ne me suis pas impli­quée émo­tion­nel­le­ment.
    Je me sen­tais presque ‘anor­male’ d’être si indif­fé­rente.

    18 mois plus tard, tout va tou­jours bien, je sais que j’ai pris la bonne déci­sion 🙂

  37. Mona dit :

    J’ai 28 ans, je suis en couple et très amou­reuse de mon com­pa­gnon depuis 7 ans. Nous vivons dans un mignon appar­te­ment pari­sien depuis 6 ans et nous sommes tous deux ensei­gnants.
    Et pour­tant, j’ai avor­té. Aucune excuse.
    Et pour­tant aucune envie d’enfant. Un non-désir – celui d’enfanter — qui s’est révé­lé incon­tes­table à la seconde où le test m’a révé­lé la nou­velle. Un choix – celui d’avorter – qui s’est révé­lé évident durant cette même seconde. La déci­sion je l’ai prise seule, bien que sou­te­nue et accom­pa­gnée par mon com­pa­gnon dès que je l’ai for­mu­lée. Elle m’appartenait, c’était à moi de choi­sir. S’il a eu sa place dans le pro­ces­sus médi­cal et dans les ques­tion­ne­ments qui ont sui­vis, mon com­pa­gnon n’a pas eu sa place dans cette réflexion pre­mière. C’est mon corps, mon choix, mon droit. A moi de déci­der. Il n’y a pas eu de « qu’est ce que tu en penses ? » juste des « com­ment on fait ? ». Il est d’accord avec moi, c’est comme ça qu’il fal­lait faire.
    Depuis je vais bien mer­ci ! Pas le sen­ti­ment d’avoir fait une conne­rie, pas le sen­ti­ment d’avoir gâché une vie, pas l’idée débile et asser­vis­sante que cet amas de cel­lules de la taille d’un quart de caca­huète aurait pu être un « être vivant », un « bébé », ni même un « fœtus » . Amas de cel­lule il était, amas de cel­lules il n’est plus. Et c’est tout.
    Et puis, des enfants j’en aurais quand j’en aurai envie.
    J’ai avor­té, je vais bien mer­ci ! Mais… Parce qu’il y a un mais. Car dans une socié­té où tout cherche à nous rap­pe­ler que ce que j’ai fait … n’est pas grave Noooon, vrai­ment pas grave, on accepte, c’est un droit, lala­la­la … Mais … C’est lourd de consé­quence. Ça va déter­mi­ner beau­coup de choses par la suite. Je vais y pen­ser. Regret­ter. Etc. Et bien, ce n’est pas facile !
    Pas facile parce que ces com­por­te­ments post-avor­te­ment déter­minent des com­por­te­ments médi­caux. A com­men­cer par l’obligation du délai de réflexion de 8 jours, comme si une femme ne pou­vait pas être cer­taine de son choix, une fois la démarche faite de se rendre au plan­ning fami­lial. Et puis, en insis­tant un peu, en payant un peu plus cher, on peut tom­ber sur un gyné­co en ville qui nous prend entre deux ren­dez-vous pour nous filer la pilule abor­tive.
    C’est le sen­ti­ment que j’ai eu : on m’a filé une pilule parce que j’insistais pour ne pas avoir des symp­tômes de gros­sesse 8 jours sup­plé­men­taires alors que je n’aurai jamais chan­gé d’avis.
    Vous êtes sûre ? Oui. Alors démer­dez-vous seule, lisez ce papier, signez celui-ci et gobez moi ça.
    Voi­là.
    Ça va faire mal ? Non – me dit le méde­cin, comme des grosses règles.
    Alors que le pre­mier com­pri­mé me déclenche des dou­leurs de règles qui m’obligent à quit­ter le tra­vail, le second, qui enclenche l’expulsion me fait hur­ler à la mort. Je vomis, me vide par tous les trous, perd des quan­ti­tés de sang impor­tante toute la jour­née. Et je suis seule. Enfin, avec mon com­pa­gnon, livide de me voir dans cet état-là.
    La notion de mal­trai­tance me vient à l’esprit toute la jour­née. Pour­quoi me fait-on subir ça ? Pour m’obliger à ne pas recom­men­cer ? Pour que j’arrête de faire l’amour, seul moyen fiable de ne pas tom­ber enceinte ? Aucun per­son­nel médi­cal n’est là pour me ras­su­rer et je hurle ma dou­leur toute la jour­née.
    Quand enfin c’est fini, il me faut quand même expli­quer à mon gyné­co que des dou­leurs de règle, ce n’est pas vrai­ment ça – fran­che­ment si c’était le cas, je me serais fait enle­ver l’utérus il y a long­temps… « Ah oui », me dit-il, « c’est vrai que ça fait ça à beau­coup de femme. Je ne vous l’ai pas dit pour ne pas vous inquié­ter » : Réduite à un sta­tut de gamine à qui on vapo­ri­se­rai de l’antiseptique en assu­rant que « ça ne va pas piquer ». Je me sens conne de l’avoir cru. Conne d’avoir été prise pour une conne.
    Et depuis, je suis en colère. En colère devant tous les gens qui se demande com­ment on peut encore tom­ber enceinte acci­den­tel­le­ment de nos jours. En colère devant les copines qui essaient de tom­ber enceinte et m’en veulent d’avoir avor­té moi qui y arrive si faci­le­ment. En colère devant tout ce qui me rap­pelle que je devrais pleu­rer et comp­ter chaque mois l’âge qu’aurait dû avoir mon « enfant ». En colère face à ce psy qui m’assène à chaque moment de ma vie que si je suis malade c’est parce que mon esprit me rap­pelle que j’aurais dû avoir un enfant, si je n’arrive pas à tra­vailler c’est parce que j’aurais dû avoir un enfant dans les bras, etc.
    Sur­tout en colère contre cette conven­tion qui fait que l’on ne parle pas de « ça ». Sur­tout pas en socié­té. Seule­ment avec les copines, à voix basses, devant des regards contrits. On ne dit pas : hey la semaine der­nière j’étais en arrêt mala­die. Pour­quoi ? Oh, un petit IVG. Non, on dit « j’étais malade ». Parce que l’IVG, c’est intime, c’est une déci­sion dure, qui implique un retour sur soi et son couple, qui ne regarde que nous… Pfffff.
    Voi­là, j’ai avor­té, je vais bien… Mais. Mais il faut encore gagner un droit à l’avortement, pra­ti­qué en toute digni­té avec une ges­tion de la dou­leur qui ne nous fasse pas res­sem­bler à des chiens. Un droit à l’avortement qui change les consciences et qui ne nous oblige pas à vivre l’avortement comme un drame.

  38. sandrine dit :

    j’ai avor­té en juin 2011

    Sor­tie des études, je peine à trou­ver du tra­vail dans ma branche et vis chez mes parents au RSA. Trois ans avec mon ami d’un amour assez chao­tique mais qui, para­doxa­le­ment, tient. Un acci­dent, une fois sans pro­tec­tion comme ça, et on pense naï­ve­ment que ça n’au­ra pas de consé­quences. On est condi­tion­né car on voit les copines à côté ‚galé­rer à mettre en route leur bébé, des mois, par­fois des années après l’ar­rêt de contra­cep­tifs. On les entends par­ler de cal­cul minu­tieux de leur période d’o­vu­la­tion , de tech­niques de poi­riers impro­bables à effec­tuer après les rap­ports. On espère même avec elle chaque mois que ça tom­be­ra (enfin) de sorte à ce qu’elles se lavent de leur obses­sion d’en­fan­te­ment qui les rend dépres­sive et pou­voir plai­san­ter un peu de nou­veau . Alors incons­ciem­ment, a lieu une géné­ra­li­sa­tion . On se dit que soi même on est assu­jet­ti à l’hy­po fer­ti­li­té plu­tôt que l’in­verse. mais bon, l’in­tui­tion est là. Plate comme une limande depuis tou­jours, mes seins se mettent alors à gon­fler dan­ge­reu­se­ment. Dans d’autres cir­cons­tances j’au­rais été ravie mais là, je me suis bien dou­té que ce n’é­tait pas un cadeau du ciel his­toire de com­bler ma fémi­ni­té lacu­naire. Pos­tif you­hou. Lui est plus jeune que moi et encore en for­ma­tion, ne béné­fi­cie pas d’un salaire suf­fi­sant pour sub­ve­nir aux besoins d’une famille. Quand bien même ça avait été le cas, ce n’au­rait pas été le bon moment. Pas le bon moment pour mon accès à l’emploi déjà dif­fi­cile, pas pour cette vie de femme que je sou­haite mener avant d’être mère, pas pour ces défor­ma­tions du corps et de l’es­prit que je n’ai pas anticipé.Pas pour cet amour com­pli­qué qui doit encore se sta­bi­li­ser pour être accueillant. Psy­cho­lo­gi­que­ment, maté­riel­le­ment impossible.Faire un enfant pour qu’il sur­vive plu­tôt que vive? Alors c’est vrai qui suis-je pour sup­pri­mer la vie? une sacré salope égoïste. Ou peut être jus­te­ment tout l’in­verse.… La nata­li­té n’est pas en dan­ger dans le monde, il paraî­trait même que nos res­sources s’a­me­nuisent. Aujourd’­hui éle­ver rela­ti­ve­ment conve­na­ble­ment un enfant aujourd’­hui implique des sacri­fices éco­no­miques non négli­geables, avec les chan­ge­ments actuels de nos socié­tés il faut comp­ter de le nour­rir l’é­du­quer et jus­qu’à ses 25 ans révo­lus et de dis­po­ser de suf­fi­sam­ment de fric pour qu’il puisse entrer dans les grandes écoles et ne pas finir smi­card frus­tré en manque de pers­pec­tives. Qui suis-je pour l’in­fli­ger à qui que ce soit dans des condi­tions mer­diques? Je don­ne­rai tout ce que j’ai à un enfant encore faut-il avoir quelque chose à don­ner. Un toit, des parents aimants, un ave­nir. Toutes mes bonnes rai­sons étaient là à por­tée de main, et la liste pou­vaient s’al­lon­ger encore et encore . Ma propre exis­tence ne devait pas pas­ser tout de suite par la case bébé, un point c’est tout. Mais voi­là, il est là dans le ventre, et le cli­ché se réa­lise. On ne voit plus les choses pareilles. les hor­mones jouent des tours. Dif­fi­cile de res­ter prag­ma­tique, de ne pas pen­ser à cette cel­lule comme un enfant, Avec un pré­nom , un peu de vous, un peu de votre ché­ri, à une per­sonne unique, avec ses qua­li­tés ses défauts. Dif­fi­cile de ne pas suc­com­ber au roman­tique, à l’i­déal de la situa­tion.  » . Quand j’ai annon­cé la pers­pec­tive d’un IVG à une amie elle s’est tota­le­ment effon­drée en larme à cause  » du trau­ma­tisme que j’al­lais subir ». J’ap­pré­cie son empa­thie mais tout de même, il me fal­lait rela­ti­vi­ser, non dra­ma­ti­ser. Mon ami m’a sou­te­nu, et j’ai pro­cé­dé à l’IVG médi­ca­men­teuse. Le plus pénible est l’at­tente et les pro­cé­dures bien lourdes pour devoir le faire. Écho­gra­phie a plu­sieurs reprises, prises de sang, RDV méde­cin et gyné­co­logue spé­cia­liste. Entre les ren­dez vous, dans votre tête et votre corps c’est le cham­bou­le­ment et l’on ne pense plus qu’à ça. Pre­mier médi­ca­ments: Un peu dif­fi­cile, le geste de por­ter le cachet à la bouche vous donne une mini impres­sion de vous sui­ci­der un peu. Psy­cho­lo­gi­que­ment dif­fi­cile, phy­si­que­ment aucun symp­tômes. Le second beau­coup plus facile à por­ter à la bouche, on à juste hâte d’é­va­cuer le tout. Psy­cho­lo­gi­que­ment très facile, phy­si­que­ment: une tor­ture abdo­mi­nale de 3/4 d’heures, puis ensuite des dou­leurs le res­tant de la jour­née. Deux jours plus tard c’est oublié. 2 mois plus tard pas de regrets. J’ai avor­té et je vais bien mer­ci.

  39. karyn21 dit :

    J’ai 32 ans, je suis maman céli­ba­taire depuis plus de 8 ans 1/2 d’une nénette de presque 8 ans.
    Je suis res­tée maman à 200% de février 2003 à mai 2011! aucun rap­port, aucun flirt, nada!
    Et fin mai 2011 je saute le pas!

    Depuis la ren­trée sco­laire (sept 2010), une petite nou­velle est arri­vée dans la classe de ma fille. J’ai bien remar­qué que seul son papa venait la cher­cher. J’ai deman­dé à ma fille, elle m’a répon­du que sa maman est morte. Oups…
    Les mois passent, les regards se font plus insis­tants…
    Et fin mai, les beaux jours aidant, nous nous retrou­vons dans le même parc de jeux pour enfant, non loin de l’é­cole. Les filles jouent ensembles, nous sommes sur deux bancs oppo­sés. L’o­rage gronde, nous nous appo­ro­chons du por­tillon du parc en même temps, regards tendres, petit mot sym­pa. Nous fai­sons le bout de che­min ensemble jus­qu’à nos voi­ture.
    Le len­de­main, on se retrouve au parc, comme par hasard!?!

    Et de fil en aiguille, on parle, on parle de nos vies, on s’é­change nos télé­phones, on s’en­voie des tex­tos, on s’ap­pelle 3 heures durant et puis, le 1er bai­ser…
    Quelques jours plus tard, je me retrouve dans son lit… Une seconde 1re fois, car après plus de 8 ans 1/2, pas facile de sau­ter le pas! la nuit fut géniale.
    Bref nous avons pas­sé le mois de juin avec nos filles, à sor­tir, à venir chez l’un, chez l’autre.

    Et puis il a mis de la dis­tance dans notre rela­tion fin juin, sans don­ner d’ex­pli­ca­tion. Je devais avoir mes règles autour du 29 juin. (Je pré­cise que je ne pre­nais plus la pillule depuis 2003 car je n’a­vais aucun rap­port. J’ai deman­dé la pillule à mon méde­cin trai­tant quand j’ai ren­con­tré mon ami, fin mai, mais ayant mes règles, il m’a deman­dé de com­men­cer la pla­quette au pro­chain cycle, donc fin juin. On a donc essayé de faire atten­tion lors de nos rap­ports, non pro­té­gés.)
    Je n’ai jamais eu de règles régu­lières, mais le 6 juillet je m’in­quiète, je vais ache­ter un test de gros­sesse à la phar­ma­cie. Et là, ver­dict : posi­tif… (je suis qua­si cer­taine que la concep­tion a eu lieu le 19/06).Direct, je vais chez le méde­cin, il me reçoit enre deux clients, je suis pani­quée… Je lui dit « je suis enceinte, je dois avor­ter! ». Je pré­viens mon ami que je suis enceinte, il tombe lui aus­si des nues.

    On est clair là des­sus (on en avait déjà par­lé) : il faut avor­ter! on se connait depuis 1 mois, on a cha­cun une fille de 8 ans (lui a aus­si deux belles filles de 20 et 15 ans, filles de sa com­pagne décéde en 2008), etc…

    Bref j’ai eu un rdv 1 semaine plus tard au centre d’or­tho­gé­nie. Rie à l’é­cho… Sus­pis­cion de gros­sesse extra uté­rine. Prises de sang bHCG à 48h d’in­ter­valle : gros­sesse nor­male.

    Bref il m’a fal­lu 3 semaines entre mon test uri­naire et le jour J.

    J’ai donc eu recours à une IVG Chi­rur­gi­cale le 27 juillet 2011, sous anes­thé­sie locale. Tout s’est très bien pas­sé, l’é­quipe médi­cale a été très très très pré­ve­nante. L’in­fir­mière m’a tenu la main au bloc.
    En remon­tant dans ma chambre je me suis sen­tie libé­rée, le sou­rire aux lèvres.
    Je n’ai pas du tout sai­gné après car j’é­tais enceinte de 7 SA (5 semaines de gros­sesse) à peine.
    J’ai eu mon rdv de contrôle post IVG chez mon gyne­co habi­tuel : RAS.

    Bref j’ai avor­té aus­si, et je vais bien, très bien, mer­ci!
    cou­rage à toutes celles qui passent par là…

    Ps : mon ami (36 ans) et moi sommes sépa­rés depuis, car déjà avant l’an­nonce de ma gros­sesse il avait pris ses dis­tances. Il est venu à l’hô­pi­tal le jour J, il me l’a­vait pro­mis, mais n’a pas assis­té aux rdv avant ni après. Il m’a expli­qué qu’on avait été trop vite dès le départ et que ça lui a fait peur. Bref je suis à nou­veau maman à 200% et je pense le res­ter tant que ma fille sera à ma charge… donc encore de nom­breuses années. J’ai rom­pu mon céli­bat pen­dant 1 mois, mais ce mois a entraî­né trop de sou­cis…

    Ps2 : J’é­tait anti IVG, aujourd’­hui ej suis bien plus tolé­rante!

  40. orchidée dit :

    Bon­jour à toutes

    Ce témoi­gnage pour sou­te­nir toutes celles et ceux qui doivent faire le choix face à une gros­sesse non dési­rée.
    Ce fut mon cas. J’é­tais au début d’une rela­tion. Nous avons eu un acci­dent de contra­cep­tion. Mon par­te­naire ne se sen­tant pas du tout près, ni à avoir un enfant, ni à lier sa vie à la mienne. Un gros déchi­re­ment pour moi car, c’est vrai, j’au­rais aimé gar­der l’en­fant (j’ai un grand désir de mater­ni­té). Mais pas sans l’ac­cord ni le sou­tien du père. Je suis croyante et pra­ti­quante mais j’ai dû reve­nir sur mes prin­cipes, car j’ai vrai­ment res­sen­ti que je n’y arri­ve­rais pas seule (bou­lot très pre­nant, je tra­vaille le week-end et horaires déca­lés) et que je ne pou­vais pas impo­ser ce choix à cet homme non plus. D’autre part, en ayant par­lé à ma famille proche, celle-ci était très réti­cente et je sen­tais que le sou­tien que je deman­dais pour une vie de mère céli­ba­taire n’al­lait pas de soi..
    Ma déci­sion fut donc un choix dans un non-choix. Je n’ai pas avor­té dans la légè­re­té et l’in­sou­ciance comme nous le reprochent sou­vent les « anti-avor­te­ment ».
    La clé de mon témoi­gnage est ici:
    Mon avor­te­ment s’est bien pas­sé car j’ai été très bien accueillie à l’hô­pi­tal. Per­son­nel sans juge­ment, res­pec­tueux, atten­tion­né. Gyné­co­logue très pré­ve­nant. Et sou­tien de la femme qui était dans le même cas que moi juste à côté (nous étions plu­sieurs ce jour-là). Je tiens à pré­ci­ser ce contexte car j’a­vais lu plein de témoi­gnages flip­pants sur un per­son­nel soi­gnant méchant, qui nous lais­sait dans la dou­leur.
    Je me suis éga­le­ment fait accom­pa­gner par une amie proche qui est res­tée à mes côtés dans ma chambre.
    Alors, si ce choix fut dif­fi­cile, si cette épreuve reste impor­tante, si je suis tou­jours en contra­dic­tion avec mes prin­cipes de base (la vie est « sacrée », je ne regrette pas mon choix dans le fond. Je ne me sen­tais pas cap­cable de faire autre­ment dans ces cir­cons­tances. Je suis glo­ba­le­ment apai­sée.
    Je dors bien, je vis, je n’ai pas fait de dépres­sion. Je ne retourne pas à l’é­glise, me sen­tant inté­rieu­re­ment jugée.
    J’es­père qu’un jour j’au­rai un enfant dans un pro­jet avec un homme qui le désire autant que moi.
    Cou­rage à toutes les femmes qui doivent faire un choix, soyez les plus libres pos­sibles, dans les cir­cons­tances que la vie vous impose.

  41. N dit :

    44 ans, j’ai avor­té à l’é­tran­ger en 2011 et je vais bien.
    J’ha­bite à l’é­tran­ger, dans un pays musul­man où l’a­vor­te­ment est inter­dit, pas­sible de pri­son pour la femme comme pour le pra­ti­cien.
    Je ne sais pas si mon témoi­gnage a sa place ici ou si peut être.
    Je ne suis plus une gamine, j’ai deux enfants, et j’é­tais sépa­rée et tou­jours pas divor­cée, une situa­tion un peu com­pli­quée dans un pays où une femme seule avec enfants est très mal vue. Je n’u­ti­li­sais que des pré­ser­va­tifs pour des rela­tions sans len­de­main, aucune envie d’un homme dans ma vie après ce que j’a­vais vécu.
    Et un jour , on ne sait jamais quand ça va vous arri­ver, je ren­contre X et le mot amour que j’a­vais sor­ti de mon voca­bu­laire me tombe des­sus ! Lui ne sup­porte pas les pré­ser­va­tifs , nous allons ensemble faire en don du sang pour avoir des ana­lyses cor­rectes et échan­geons nos résul­tats , néga­tifs des deux cotés, et notre vie amou­reuse s’en­chaîne, fai­sant atten­tion aux dates, moi pre­nant la pilule du len­de­main, et 3 jours de retard, 9 jours , … test.… et bin­go c’est posi­tif !
    Ma pre­mière réac­tion fut joyeuse, un autre enfant ? Avec lui pour­quoi pas ? En France sans pro­blème , ici une rela­tion hors mariage est aus­si pas­sible de pri­son , alors on parle des heures de l’a­ve­nir et on se décide à deux à avor­ter.
    Le ren­dez- vous est pris avec le méde­cin qui a accou­ché mes deux enfants, je lui explique ma situa­tion, pas encore divor­cée.… il me demande si mon com­pa­gnon est au cou­rant je réponds. Écho­gra­phie… il confirme avec un doute mais … Il me donne un cachet et m’ex­plique que si je ne saigne pas dans les 48 h je le rap­pelle. Je ne saigne pas, rien du tout . Je revois mon gyné­co­logue et l’in­ter­ven­tion est pré­vue une semaine après.
    7h du matin, je vais dans une cli­nique pri­vée, j’y vais seule en taxi, mon com­pa­gnon vien­dra me cher­cher. Sur mon ordon­nance il y a écrit : révi­sion gyné­co­lo­gique ! je rigole en moi même , j’ai l’im­pres­sion d’être une voi­ture d’oc­ca­sion.
    J’ai une chambre pour moi ( je suis étran­gère et donc j’ai les moyens de me soi­gner contrai­re­ment à la popu­la­tion du pays).
    C’est là que je me rends compte que j’ai été très bien trai­tée, j’ai subi une anés­thé­sie géné­rale ( le truc qui me fait le plus peur ! j’ai tou­jours eu peur de ne jamais me réveiller) . Dans la salle d’in­ter­ven­tion mon méde­cin a gen­ti­ment poser sa main sur mon front : » t’in­quiètes pas ! à toute suite ! ». Mes yeux se ferment sur un fla­con en l’air avec un tuyau comme ceux des aspi­ra­teurs.
    En salle de réveil tout le monde est gen­til, pas de ques­tion, je retourne dans la chambre et à midi on me dit que je peux sor­tir . Je paye , je prend mon ordon­nance , et un fla­con à faire ana­ly­ser : le truc, le machin qui n’é­tait même pas une idée d’en­fant et les larmes me montent au yeux .
    Mon ami est là , il m’emmène, j’ai du mal à mar­cher, je lui donne le fla­con et il va s’oc­cu­per des ana­lyses, des médi­ca­ments, il me couche et je m’é­croule !
    J’ai dor­mi jus­qu’au len­de­main, et je suis aller tra­vailler ce fut dur et fati­gant. Mon cycle est rede­ve­nu nor­mal. Je me suis fait poser un sté­ri­let, j’ai tou­jours le même com­pa­gnon !
    C’é­tait mon pre­mier avor­te­ment. Nous avons pris la bonne déci­sion.
    J’ai 44 ans, j’ai avor­té en Avril 2011 et je vais TRÈS bien.

  42. Chloe dit :

    Bon­jour,
    J’ai 20 ans et je suis enceinte. Je viens de l’ap­prendre et je suis encore sous le choc. J’ai eu ma consul­ta­tion avec mon doc­teur-gyné­co­logue et fait ma prise de sang pour déter­mi­ner le taux hor­mo­nal de gros­sesse avé­rée que j’ai, au jour d’au­jourd’­hui. Mon écho­gra­phie se passe la semaine pro­chaine et je suis en période d’ac­cep­ta­tion de la situa­tion. Je ne vais pas vous le cacher, je suis triste. Et j’ai peur de l’in­ter­ven­tion. Je me ren­seigne comme je peux, dis­crè­te­ment, et j’es­saye d’être ouverte à tout opi­nion concer­nant l’a­vor­te­ment.
    Tout d’a­bord, quand j’ai appris la nou­velle, la pre­mière réac­tion phy­sique que j’ai eue était de trem­bler. Les bat­te­ments de mon cœur se sont accé­lé­rés et j’ai pani­qué. Réac­tion néga­tive en soit. Clai­re­ment ce n’est pas le moment. Je suis en 3ème année d’é­cole de com­merce, la meilleure, en période d’exa­mens, et en pleine rup­ture avec mon copain. Pas le moment, mais ce n’est jamais le moment dans le fond lors­qu’on a 20 ans et qu’on n’arrive pas encore à bien s’oc­cu­per de soi-même, et d’un seul coup, une ques­tion exis­ten­tielle se pose, est-ce que je dois avor­ter?
    Bien sûr! Pour­quoi à mon âge devrais-je m’oc­cu­per d’une vie en plus de la mienne qui est déjà assez chao­tique toute seule. Je n’ai même pas d’homme à mes côtés (et ce n’est pas ça qui manque sur terre), pas de bou­lot assez rému­né­ré — j’ai trois jobs à côté de mes études qui coûtent chers. La ques­tion ne se pose même pas. Je ne veux pas d’un bébé qui pleure pen­dant 3 ans et ne pas pou­voir faire des nuits com­plètes. Je veux faire le tour du monde, voya­ger, débattre sur des sujets enflam­més, boire à la san­té de mes amis, voir ma sœur gran­dir étant don­né qu’elle n’a que 13 ans. Je veux conti­nuer à vivre seule, et être une femme indé­pen­dante.
    Je ne suis peut-être pas faite en papier mais je ne vous cache pas ma dou­leur de vivre tout ça. En sillon­nant le web à la recherche de réponses, je suis tom­bée sur des sites qui ban­nissent l’a­vor­te­ment, qui démontre l’é­vo­lu­tion de l’embryon. Je suis à deux semaines de gros­sesse. D’a­près eux, dans une semaine j’ai un deuxième cœur qui bat en moi, dans deux semaines, les membres et organes vitaux se forment, dans trois semaines, le visage est visible et dans quatre, le sexe peut être déter­mi­né. De quoi don­ner la patate aux femmes qui choi­sissent d’a­vor­ter. Alors j’é­tais triste, mais je tiens à ne pas être igno­rante sur le sujet. Car la déter­mi­na­tion même d’une gros­sesse, c’est qu’il y a un bébé dans neuf mois qu’on le veuille ou non. Après dans mon cas, ce n’est pas ce à quoi j’as­pire.
    Je veux un bou­lot inté­res­sant, bien rému­né­ré, m’é­pa­nouir seule. Pas envie de fon­der une famille main­te­nant. Qu’on soit clair. J’ai encore le choix. Et je vais jouir de cette liber­té. Pour­quoi un homme a le droit de faire ce qu’il veut, quand il veut, et pas moi? Je veux encore construire ma vie, libre de toutes contraintes. Je veux apprendre de nou­velles choses et pro­fi­ter de ma jeu­nesse. Chaque chose en son temps. Un jour, dans dix ans, j’au­rais peut-être un enfant, mais pas main­te­nant. Un enfant qui sera le fruit d’un amour par­ta­gé. Et je dis ça, ça ne veut pas dire que l’homme avec qui j’étais n’est pas for­mi­dable. On s’est quit­té. Ça arrive. C’est la vie. Ce n’était pas lui. Alors je regarde devant moi, et je me dis, il y a de l’a­ve­nir, et il faut aller de l’a­vant, mal­gré tout.
    Oui je peux choi­sir de gar­der le bébé. Mais je ne pense pas que je serais heu­reuse après coup. Je ne sais pas, je n’ai jamais été mère. Mais si ma pre­mière réac­tion était tel un cata­clysme, je trouve que ce n’est pas le bon choix de le gar­der. Et je souffre car tout cela aurait pu être évi­té. Mais main­te­nant, avor­te­ment ou non, faut savoir prendre ses res­pon­sa­bi­li­tés. Nous vivons qu’une seule fois et la liber­té se prend, elle ne se donne pas.
    Je ne veux pas d’en­fant main­te­nant, et je ne vais pas me mor­fondre sur mon sort après mon avor­te­ment. Cela ne veut pas dire que je n’ai pas la fibre mater­nelle, je l’ai. Mais c’est trop tôt pour par­ler bébé. Au jour d’au­jourd’­hui, je parle crise finan­cière, droits d’hu­ma­ni­té, famines, pau­vre­té, abus d’au­to­ri­té, abus sexuels, études supé­rieures, exa­mens et nuits blanches, sexe, amour, ami­tié, liber­té, res­pect et ambi­tion. Je suis fière de moi, fière de me lais­ser toutes mes pos­si­bi­li­tés d’é­vo­lu­tions, et d’ap­prendre chaque jour, ce que j’aime ou n’aime pas faire, je suis un chan­tier constant. Et je n’ai aucune envie de m’oc­cu­per d’un deuxième chan­tier. Alors on retrousse ses manches. Et on fait avec les dou­leurs phy­siques, psy­cho­lo­giques (soit disant) et on sou­rit à la vie, merde! Si c’est pour faire une dépres­sion, ce n’est pas la peine. Déjà vécue, m’en suis sor­tie beau­coup plus forte et avec une soif de vivre qui fait que non je ne vais pas dépri­mer suite à cette déci­sion rela­ti­ve­ment impor­tante.

  43. caroline dit :

    Je viens de signer la péti­tion, je pré­cise que je n’ai jamais eu à avor­ter et que je n’ai pas d’en­fants. Mais je suis très tou­chée par tout ce qui a trait à la liber­té et au res­pect de la femme: en effet une per­sonne de ma famille proche a été vio­lée, et de plus je connais­sais bien la jeune Agnès qui a été vio­lée et assas­si­née en novembre 2011 par un gamin réci­di­viste. Je trouve scan­da­leux que l’on conteste encore le droit à l’a­vor­te­ment, tant qu’il s’a­git de la gros­sesse, il s’a­git avant tout du corps de la femme, et la femme a tous les droits sur son corps. Je suis mal­heu­reu­se­ment parente d’une bande d’in­té­gristes et leur point de vue sur ce thème me révolte tout par­ti­cu­liè­re­ment.
    Ain­si, même si je n’ai pas avor­té je me sens très proche de toutes celles qui l’ont fait.

  44. Sophie dit :

    J’ai 23 ans, un mas­ter, je pense être bien infor­mée sur la contra­cep­tion, et pour­tant, je suis tom­bée enceinte fin 2010. Si l’on pou­vait arrê­ter de dire que « ça » n’ar­rive qu’aux écer­ve­lées, inca­pables de se prendre en charge…

    Gros­sesse sous sté­ri­let, pas de chance, et énorme sen­ti­ment d’in­jus­tice. J’a­vais fait tout ce qu’il fal­lait, et je tom­bais quand même enceinte. Mais sur­tout, une évi­dence : je ne veux pas le gar­der, je ne me serais pas fait poser un sté­ri­let sinon !

    Avec mon ami, la ques­tion ne se pose pas vrai­ment : il est encore étu­diant, j’ai com­men­cé à tra­vailler il y a un an, tout va bien entre nous, mais un enfant, main­te­nant, ce n’est clai­re­ment pas à l’ordre du jour.

    Je passe quelques coups de télé­phone, avec des résul­tats variables : si la per­sonne qui me répond au Plan­ning est ado­rable (elle me donne plu­sieurs numé­ros à contac­ter, m’in­cite à la rap­pe­ler si ça ne fonc­tionne pas), celle qui me répond à l’hô­pi­tal Robert Debré me donne clai­re­ment l’im­pres­sion que je la dérange, et qu’elle n’a pas envie de s’oc­cu­per de mon cas. Il fau­drait que je me débrouille pour aller faire l’é­cho­gra­phie de data­tion (sans ordon­nance, donc pas de rem­bour­se­ment évi­dem­ment) avant de prendre ren­dez-vous dans ce ser­vice.

    Fina­le­ment, la Mater­ni­té des Lilas me répond, et là, tout se passe bien : on me pro­pose un ren­dez-vous une semaine plus tard, pour l’é­cho­gra­phie, et entre­tien dans la fou­lée avec l’anes­thé­siste, pour que ce soit fait. Le gyné­co est par­fait, il répond à toutes mes ques­tions, ne me juge jamais, m’ex­plique toutes les pos­si­bi­li­tés et me laisse choi­sir. L’IVG aura lieu 2 semaines plus tard, sous anes­thé­sie géné­rale. Idem, per­son­nel atten­tif, dou­leur prise en charge, rien à redire.

    Ce n’est pas un drame, ça ne le sera jamais. J’au­rai peut-être des enfants, plus tard, peut-être pas, mais pas main­te­nant. Quand je l’au­rai déci­dé. En atten­dant, je vais bien, mer­ci !

  45. Elisa dit :

    J’ai bien­tôt vingt-huit ans, je n’ai jamais vou­lu et ne veux tou­jours pas d’enfant. Mon com­pa­gnon, qui a presque quatre ans de plus que moi, non plus. Ça m’est tom­bé des­sus sans crier gare. Par le pas­sé, alors que j’étais sous pilule et que j’oubliais régu­liè­re­ment un com­pri­mé sur la pla­quette, j’avais déjà été confron­tée aux doutes et m’était ren­sei­gnée sur les démarches à suivre, au cas où. Mais fina­le­ment, ces oublis sont, par chance, tou­jours res­tés sans consé­quences. Tou­te­fois, il y a trois ans, j’ai fais le choix de ne plus avoir à pen­ser à ma contra­cep­tion et je me suis fait posé un DIU en cuivre (par choix, je refuse désor­mais toute hor­mone) que j’ai par ailleurs par­fai­te­ment bien sup­por­té. Ce jour-là, la gyné­co­logue m’a aus­si don­né une ordon­nance pour le cas « où vous auriez un retard de règles ». Elle dor­mait depuis par­mi le reste de mes papiers.

    J’ai fais les fêtes de fin d’année 2011 avec les abus habi­tuels, notam­ment en alcool. Aucune mani­fes­ta­tion d’un quel­conque chan­ge­ment. Et pour­tant, début 2012, je com­mence à m’interroger sur ce retard qui s’accumule. Mon cycle se déca­lant chaque mois de cinq à dix jours, je ne me suis guère inquié­tée de l’absence de règles fin décembre. Début jan­vier, je fais un pre­mier test uri­naire qui s’avère néga­tif. Ras­su­rée, j’attends une semaine de plus. Le doute per­du­ra jusqu’à la vue des résul­tats de la prise de sang le 10. J’ai espé­ré jusqu’au der­nier moment me faire des idées et que tout ren­tre­rait dans l’ordre une fois que j’aurais sous les yeux la preuve que je soma­ti­sais.
    Mais les résul­tats étaient for­mels. La gros­sesse avait com­men­cé depuis presque quatre semaines. La course contre la montre a com­men­cé. J’ai filé chez mon méde­cin géné­ra­liste qui rece­vait alors sans ren­dez-vous. C’est son rem­pla­çant qui consulte ce soir-là mais peu importe. Je suis arri­vée à dans ma ville actuelle il y a seule­ment quelques mois et évite autant que faire ce peut tout ce qui est médi­cal. De ce fait, je connais encore mal les méde­cins – géné­ra­listes ou spé­cia­listes – et c’est sans doute ce qui m’effraie le plus. Las ! Mes craintes sont infon­dées et il me conseille par­fai­te­ment, me fait toutes les ordon­nances, tous les papiers néces­saires et me donne des pistes pour les démarches à suivre.

    La suite ne sera pas simple mais seule­ment parce que je me suis retrou­vée confron­tée à deux dif­fi­cul­tés maté­rielles : n’étant plus étu­diante depuis seule­ment quelques mois, les délais pour le chan­ge­ment de caisse d’assurance mala­die freinent l’avancée de mes démarches car je ne suis pas en mesure d’avancer tous les frais et j’ai de toute façon un dépla­ce­ment d’une semaine en Bre­tagne, pré­vu de longue date et que je ne peux annu­ler.

    Dès le len­de­main, je me rends donc aux urgences du centre hos­pi­ta­lier spé­cia­li­sé en mater­ni­té et gyné­co­lo­gie qui se trouve à moins de dix minutes de mon domi­cile. Une pre­mière écho­gra­phie lais­se­ra pen­ser qu’il s’agit d’un œuf clair. Néan­moins, l’interne qui m’a reçue me rédige une nou­velle ordon­nance pour une seconde écho­gra­phie à réa­li­ser une semaine après afin que le diag­nos­tic puisse être confir­mé (ou non). Je prends le ren­dez-vous pour le len­de­main de mon retour de Bre­tagne, une semaine plus tard.

    Fatigue, nau­sées… Mon séjour n’a pas été de tout repos. Je garde pour­tant espoir que la gros­sesse se soit bien arrê­tée d’elle-même et qu’il ne s’agisse que d’une ques­tion de temps pour que mon corps « s’en rende compte ». Mais la seconde écho­gra­phie ne laisse plus de place aux doutes. Elle conti­nuait bel et bien. Dès le len­de­main matin, je me suis donc ren­due au centre de pla­ni­fi­ca­tion fami­liale du prin­ci­pal CHU de la ville, et j’obtenais un ren­dez-vous pour le 30 jan­vier. Un peu tar­dif. Celui plus proche de mon domi­cile, moins débor­dés, m’en pro­pose un pour le 24. Il ne me res­tait plus qu’à attendre ce pre­mier ren­dez-vous afin de savoir com­ment la suite allait se dérou­ler.
    Cet entre­tien a été très rapide. Étant sûre de mon choix, et après avoir sim­ple­ment dis que je n’avais jamais vou­lu et ne vou­lais sim­ple­ment pas d’enfant, qu’il s’agissait d’un raté de contra­cep­tion parce que le DIU est des­cen­du et que je ne chan­geais pas d’avis, il aura duré moins d’une demi-heure, le temps de don­ner les docu­ments néces­saires, rem­plir les papiers et de me voir expo­ser les dif­fé­rentes méthodes par la conseillère qui m’a reçu. Je repars avec un ren­dez-vous pour le len­de­main matin. Si tout se passe bien, étant encore à moins de sept semaines de gros­sesse révo­lues, je pour­rais faire une IVG médi­ca­men­teuse à domi­cile.

    Le 25 au matin, je ren­contre donc le gyné­co­logue qui va me suivre. Avant tout, il me retire sans dif­fi­cul­té mon DIU, ce qui va me per­mettre de faire l’IVG médi­ca­men­teuse. Il m’explique encore une fois com­ment cela va se pas­ser, la prise des com­pri­més. Étant encore dans les délais (à un jour près !) j’ai pu faire le choix de prendre ces com­pri­més à domi­cile. J’avais la pos­si­bi­li­té de me rendre rapi­de­ment à l’hôpital en cas de pro­blème et mon com­pa­gnon a pris sa jour­née pour res­ter avec moi et pou­voir réagir vite en cas de sou­ci.

    Le 27, 48h après le pre­mier, je prends enfin les deux com­pri­més qui vont déclen­cher l’avortement. J’avoue avoir angois­sé la veille, non pas parce que je me serais mise à dou­ter de ma déci­sion, mais sim­ple­ment comme on peut angois­ser face à une situa­tion incon­nue. Fina­le­ment, tout s’est très bien pas­sé. Les dou­leurs n’ont jamais excé­dées celles de règles très dou­lou­reuses, de celles qui vous obligent à res­ter allon­ger quelques heures. Et l’après-midi, j’étais déjà sur pied, l’esprit libé­ré avec la cer­ti­tude d’être enfin débar­ras­sée de cet amas de cel­lule qui, dans ma tête, n’aurait jamais dû com­men­cer à faire sa place dans mon uté­rus.

    C’est une grande chance d’avoir accès à un ser­vice de soins et à du per­son­nel com­pé­tent (j’entends par là com­pré­hen­sif, ouvert au dia­logue. Je n’ai jamais été confron­té ni au silence, ni au juge­ment) si près de chez moi. De plus, étant actuel­le­ment en recherche d’emploi, j’avais du temps à consa­crer à toutes les démarches néces­saires qui se sont avé­rer être assez longues et plus lourde qui l’acte lui-même. Mon com­pa­gnon tra­vaillant à plein temps, j’ai fais toutes les démarches et tous les ren­dez-vous seule, néan­moins cela ne l’a pas empê­ché d’être pré­sent, tout comme mes ami(e)s que j’avais mis dans la confi­dence. Même sûre de son choix, ce sou­tien n’est pas négli­geable dans ces moments-là.

    Depuis, je reprends mon rythme de vie nor­mal. Je ne res­sens plus cette fatigue intense qui m’handicapait tel­le­ment. Psy­cho­lo­gi­que­ment, ça a été un véri­ta­ble­ment sou­la­ge­ment et oui, je vais par­fai­te­ment bien dans ma tête. La semaine pro­chaine j’ai le ren­dez-vous post-IVG et le gyné­co­logue me repo­se­ra un nou­veau DIU en cuivre. J’espère ne pas revivre la même mésa­ven­ture plus tard, mais ça reste le seul moyen de contra­cep­tion dans lequel j’ai réel­le­ment confiance.

    Alors à ceux et celles qui sou­hai­te­raient voir l’avortement dérem­bour­sé sous pré­texte qu’il est tou­jours pos­sible d’éviter une gros­sesse non dési­rée, savez-vous à quel point vous vous trom­pez ? Au-delà du fait qu’il est inac­cep­table de reve­nir sur cette pos­si­bi­li­té de CHOIX qui est offerte aux femmes, un acci­dent peut tou­jours arri­ver. Si j’avais dû prendre des risques pour avor­ter, je l’aurais fait, parce que c’est mon corps, ma vie, mon ave­nir qui est en jeu et qu’aucun(e) poli­tique n’a le droit de déci­der de ce qui est bon pour moi ou non.

    Cet avor­te­ment, je l’ai choi­si, je ne le regrette pas et je vais très bien mer­ci !

    Éli­sa, 10 février 2012.

  46. Alexe dit :

    J’ai 19 ans et j’ai avor­té il y a main­te­nant une semaine. Et je vais très bien, mer­ci.
    J’ai pas eu de chance, comme d’ha­bi­tude on pense que ça n’ar­rive qu’aux autres. Et mal­heu­reu­se­ment non.
    Quand on apprend ça , qu’on le veule ou non, on ne peut pas tou­jours le gar­der.
    Etu­diante sans reve­nu à part ceux de ma mère, apprendre à 6semaines et 4 jours que je suis enceinte. En suite suivre les démarches et avor­ter à 8semaines et 5 jours. C’est sur­tout dur mora­le­ment, sur­tout quand votre corps se venge et vous rend mal pen­dant 1 semaines, une fois à l’hô­pi­tal, on ne réa­lise pas. Une fois réveiller tout est der­rière nous, sou­la­gées sans doute, mais peut être un peu mal. L’in­ter­ven­tion pour ma part, ne m’a pas fait mal, j’ai plus eu mal les jours avant (maux de ventre ect). En suite , quelques heures aprés, je me sen­tais comme avant , main­te­nant je me sens mieux, une épreuve en plus, qui fait réflé­chir. J’ai eu beau­coup de chance étant jeune majeure que l’hô­pi­tal de ma ville prenne tout en charge, les gens ne vous juges pas, et essaye de vous faire sou­rires. Si vous allez subir cette épreuve, avant qu’on vous endormes, soyez posi­tif. Sou­vent il est mieux d’a­gir vite, même si moi c’é­tait trop tard pour un IVG médi­ca­men­teux. L’IVG par aspi­ra­tion, ne m’a fait aucuns tord, je n’ai pas eu mal, et aucuns effets secon­daires dou­lou­reux. J’ai choi­sit l’implant dans le bras, sans dou­leur, ceci m’as­sure pen­dant 3 ans une contra­cep­tion je n’au­rais dont pas à oublier de la prendre, vu qu’elle est dans mon bras, dis­cret et sans prise de tête. Ceci n’est pas ano­din comme inter­ven­tion, elle fait gran­dir, on peut avoir 14 ans ou 25 ans, ceci arrive à beau­coup de per­sonne et ce n’est pas une ques­tion d’être imma­ture et de pas savoir réflé­chir. C’est juste que mal­gré tout des fois il arrive des acci­dents, et on ne peut pas tou­jours choi­sir. Avor­ter n’est pas une honte, il faut du cou­rage . Alors cet avor­te­ment, je l’ai choi­si, je ne le regrette pas , car main­te­nant ça m’a per­mis d’a­van­cer et de tour­ner une énorme page. N’hé­si­tez pas à en par­ler , il y a des gens pour ça.

  47. Estelle dit :

    J’ai avor­té il y a trois jours et je vais bien, mer­ci. Je vais même mieux… Un acci­dent de contra­cep­tion et me voilá enceinte. J’ai 35 ans et deux enfants déjá. Aucune envie d’un autre enfant.
    Déci­sion prise en toute conscience, après diz­cus­sion avec mon mari. Pas un ins­tant je n’ai douté.…mais voilá les délais sont longs et bien que j’as­sure au méde­cin que je n’ai pas besoin de la semaine de reflexion .…je dois quand même m’y soumettre.Résultat depuis ma pre­mière visite, trois semaines á attendre, trois semaines de nau­sées, de dou­leurs bref de symp­tomes nor­maux lors­qu’on est enceinte. Pour moi c’est cela qui a été vrai­ment dur. Voi­là, il y a trois jours, anes­thé­sie géné­rale puis inter­ven­tion. Immé­dia­te­ment après, je me suis sen­tie sou­la­gée et depuis je revis. Je m’en veux pour cet acci­dent de contra­cep­tion mais sur­tout pas pour ma déci­sions. Je n’ai pas dou­té et je n’ai aucun regret. Com­ment accep­ter qu’un acci­dent, une erreur engage toute mon exis­tence alors même que j’ai le droit de déci­der!! Et c’est ce que j’ai fait.
    Tout le per­son­nel médi­cal que j ‘ai ren­con­tré a été sub­til et déli­cat avec moi sans tom­ber dans la dra­ma­tur­gie!!! Oui c’est une épreuve mais fran­che­ment je vais bien et je suis pas trau­ma!!! Voilá, je vou­lais sou­te­nir toutes les femmmes qui doivent un jour prendre cette déci­zion qu’il faut dédra­ma­ti­ser.
    J’ai avor­té et je vais bien, mer­ci
    Estelle

  48. Maria dit :

    J’ai avor­té hier par méthode médi­cale. Et je vais très bien men­ta­le­ment. C’est vrai que phy­si­que­ment les crampes et les pertes de sang res­semblent, pour moi, à ces règles dou­leu­reuses que nous avons toutes connues un jour. Mais l’acte en lui-même était une simple for­ma­li­té dans mon cas : il était hors de ques­tion d’a­voir un enfant et l’é­quipe du plan­ning qui m’a sui­vie ne m’a JAMAIS ren­due cou­pable ou mis en doute ma déter­mi­na­tion.
    Donc depuis hier 14h30 je suis une de vos salopes et j’ac­cepte ce titre avec plai­sir car OUI JE VAIS BIEN

  49. Marion dit :

    J’ai avor­té deux fois et je vais bien.
    La pre­mière fois, j’a­vais 23 ans, un copain sérieux et un moyen de contra­cep­tion. Je ne m’en suis pas ren­due compte tout de suite, voire pas du tout. J’a­vais certes pris un peu de poids mais vu que mon copain était cuis­tot, rien de bien anor­mal de ce coté là ! J’ai fait un test en août car je n’a­vais pas eu mes règles ce der­nier mois. Le test étant posi­tif, j’ai tout de suite entre­pris les démarches. L’ac­cueil a l’hôpital fut en froid, c’est le moins qu’on puisse dire. Sur­tout lorsque lors de l’échographie, le méde­cin a réa­li­sé que je n’é­tais pas enceinte de 1 ou 3 semaines comme je le pen­sais mais de 16. Il a bien enten­du refu­sé de croire que j’u­ti­li­sais la pilule, ou alors que je ne la pre­nais pas régu­liè­re­ment et a fini par me ren­voyer sans aucunes indi­ca­tions de la marche à suivre. J’ai fini par trou­ver : le plan­ning fami­lial. Accueil cha­leu­reux, pas de culpa­bi­li­sa­tion et me voi­là par­tie pour l’Es­pagne. Si ce n’est le coût finan­cier, dont j’ai mis un an à me remettre, tout s’est très bien pas­sé. Je ne suis res­sor­tie qu’a­vec un gros res­sen­ti­ment pour mon copain de l’époque, dont le corps, lui, n’a­vait pas chan­gé et une para­no qui m’o­blige à faire des tests tous les trois mois.
    Le pire ça a été quand j’ai réa­li­sé que j’a­vais dit un peu avant toute cette his­toire que pour être enceinte et ne pas s’en rendre compte, il fal­lait être pau­mée. Enceinte de 3 mois à ce moment là, j’au­rais mieux fait de me taire.
    Bref, j’ai juré qu’on ne m’y repren­drais plus.
    Et… deux ans après, même période esti­vale. J’a­vais repris les études et j’é­tais en vacances en atten­dant l’an­née pro­chaine. Je n’a­vais pas de rela­tions sexuelles pen­dant un petit moment et j’a­vais un copain depuis 3 mois mais je conti­nuais à faire des tests régu­liers, juste pour me ras­su­rer. C’é­tait fin juin, je fais mon test comme une for­ma­li­té… Posi­tif. Vu le néant de ma vie sexuelle de la der­nière année, j’é­tais per­sua­dée que cette fois-ci, j’é­tais les temps. Le méde­cin a l’hô­pi­tal n’é­tait pas du même avis. Il m’a don­né une date de concep­tion au 14 février (iro­nie du sort). J’ai eu beau lui expli­quer que c’é­tait impos­sible, que je savais que je n’a­vais pas eu de rela­tions sexuelles à ce moment là, il n’en a pas démor­du.
    « Vous êtes sure que vous n’a­vez pas trop fait la fête un soir et que vous ne vous en rap­pe­lez pas ? » Euh non mer­ci bien. Mon plus grand regret, c’est de ne pas l’a­voir envoyé paître. Dans cette situa­tion là, on est per­due, assom­mée, sous le choc et on dépend des méde­cins. Triste est de consta­ter qu’ils uti­lisent ces peurs.
    Et rebe­lotte pour l’Es­pagne, avec ma mère cette fois-ci. Je n’é­tais pas mal, plu­tôt calme mais je me sen­tais néan­moins cou­pable de ne pas m’en être ren­due compte… une deuxième fois. L’ac­cueil a l’hôpital était bien, cer­tains méde­cins par­laient fran­çais. Et évi­dem­ment lors de l’é­cho­gra­phie, ils se sont ren­dus compte que je n’é­tais pas aus­si enceinte que ceux que disaient les méde­cins fran­çais. Ils m’ont même confiés que ça arri­vait sou­vent. L’o­pé­ra­tion, elle, ne fut pas une par­tie de plai­sir, j’at­ten­dais dans une salle avec d’autres jeunes filles, en pleine détresse, avec qui bar­rière de la langue oblige, je ne pou­vais pas com­mu­ni­quer. J’en garde un très mau­vais sou­ve­nir mais aus­si le sou­la­ge­ment de savoir que c’é­tait fini !
    Je suis sor­tie très vite pour retour­ner à ma vie nor­male… et non je ne le regrette pas.

    • Noon dit :

      Mais… C’est abso­lu­ment hon­teux… Tu veux dire que cer­tains méde­cins mentent sur l’age du truc pour décou­ra­ger des femmes?!… Mais… Il faut faire quelque chose contre ça! C’est pas nor­mal de condam­ner des jeunes filles de la sorte, si toi tu as pu aller en Espagne ça ne doit pas être le cas de toutes… Et en plus tu as payé le prix fort alors que tu aurais pu être prise en charge en France…

  50. géelle dit :

    J’ai avor­té il y a un mois et 5 jours.
    C’est encore pénible car j’y pense sou­vent, et la socié­té nous impose une culpa­bi­li­té de prin­cipe !
    Mal­gré le deuil que je dois conti­nuer, une chose reste claire et lim­pide dans mon esprit : j’ai pris la déci­sion la plus sen­sée de toute ma vie.
    Le géni­teur s’est intro­duit dans ma vie en me fai­sant croire qu’il était libre.
    Que nén­ni !! mal­gré sa situa­tion (en concu­bi­nage notoire), lorsque je lui ai annon­cé ma gros­sesse, il m’a fait croire qu’il vou­lait réel­le­ment avoir cet enfant de moi.
    Je savais au fond de moi que tout cela était la plus grosse impos­ture au monde.
    La déci­sion d’a­vor­ter était dif­fi­cile à prendre parce qu’à plus de 30 ans, je n’a­vais pas encore eu d’en­fant, étant encore céli­ba­taire, que j’ai un petit désir sourd d’en­fant et que l’âge monte etc.
    Mais je savais que je n’au­rais pas eu le coeur d’é­le­ver un enfant seule (ou à moi­tié seule), que je ne vou­lais pas don­ner à mon enfant un papa « à temps par­tiel », et que, au des­sus de tout cela, je ne sou­hai­tais pas être liée à vie à cet homme là.
    J’at­tend aujourd’­hui encore l’Homme de ma vie, encore plus convain­cue et déter­mi­née à vivre mes rêves et à choi­sir ma vie.
    Je vais tous les jours de mieux en mieux, mer­ci !

  51. Sarah dit :

    J’ai 23 ans, j’étais avec un homme avec qui je m’amusait beau­coup depuis 6 mois, mais qui ne s’occupait abso­lu­ment pas de ses enfants (il en a déjà quelques uns), je ne pen­sais pas tom­ber enceinte : pré­ser­va­tifs à chaque rap­port… sauf très très rares excep­tions. Nous ne sommes pas dans une rela­tion exclu­sive.

    La pilule, je ne la prends plus depuis long­temps (perte de libi­do). Avec l’anneau (qui est un contra­cep­tif super quand on a une rela­tion exclu­sive), j’ai déchi­ré 3 pré­ser­va­tifs dif­fé­rents avec le même homme, heu­reu­se­ment. Depuis 8 mois donc, je me contente du pré­ser­va­tif, qui ne me dérange pas, du tout.

    Un peu d’alcool, mes règles qui venaient de finir, ok, on en met pas cette fois… Et bam.

    La date de concep­tion était au 9 mars, je pense qu’au bout d’une semaine et demie, je savais que j’étais déjà enceinte : dou­leurs très forte dans les seins.

    Pre­mier test néga­tif. J’in­vente, mes règles vont arri­ver, mes seins sont juste en mode gon­flés avant les règles.
    Deuxième test une semaine après, posi­tif direc­te­ment. Je le savait. J’au­rait dû en faire tous les jours s’il fal­lait, des tests.

    J’ai envie d’en par­ler à « mon homme » le soir même, je savais que j’allais avor­ter, mais j’avais envie qu’on en dis­cute. Il m’annonce sans pré­am­bule que sa femme est reve­nue, qu’il pense se remettre avec. Ils étaient sépa­rés depuis plus d’un an. Pas envie de lui par­ler de ce qu’il se passe dans mon ventre, perte de confiance en moi, en lui. Je me dit même que si je lui dit que je suis enceinte, il est capable de me deman­der de le gar­der parce que « vu comme on est beaux tous les deux ça ferait un magni­fique bébé », qu’il « sera là » pour moi et que ce ne seront que de jolies paroles qu’il a dit à d’autres femmes avant moi. Et qu’il serait capable de me faire culpa­bi­li­ser.

    Je vois le gyné­co le lun­di 2 avril, dès mon entrée je lui dit que je suis enceinte et que je ne sou­haite pas gar­der l’enfant. Il me donne la date de concep­tion et rédige le cour­rier pour l’établissement qui pra­ti­quera l’avortement.

    Je dois me dépla­cer en per­sonne pour prendre le rdv avec la gyné­co « on ne vous donne le rdv qu’en voyant la lettre du gyné­co, et seule­ment 8 jours après votre pre­mière consul­ta­tion », la secré­taire est froide au télé­phone. Sur place, c’est une autre, très conci­liante pour la prise du RDV.

    Le mar­di 10 avril, la secré­taire veux me fait signer un papier ou je dis bien com­prendre qu’il y a des risques liés à l’avortement : dont la sté­ri­lité. Elle est hau­taine, je sent le juge­ment à son « vous avez déjà subit cette inter­ven­tion ? non, c’est la pre­mière fois » Je sou­haite signer le docu­ment après en avoir dis­cuté avec la gyné­co, la secré­taire fait la tête. La gyné­co est beau­coup plus cool, elle me donne un fas­ci­cule, mais je ne pense pas qu’elle le fasse pour tout le monde, c’est sim­ple­ment qu’elle voit que j’ai beau­coup de ques­tions en tête… On parle du risque de sté­ri­li­té, qui est quand même faible, on parle contra­cep­tion, non je n’ai pas envie d’un implant, je vais me remettre à l’anneau. Nou­velle écho­gra­phie pour véri­fier que la gros­sesse est « évolu­tive », ordon­nance pour avoir la carte de groupe san­guin et la pro­cé­dure est lan­cée, pour moi ce truc ne res­semble en rien à une vie.

    Le mer­credi j’ai RDV avec la sage-femme qui me don­nera les pre­miers com­primé, mau­vaise impres­sion que tous les soi­gnants qui passent à côté de moi savent que je suis assise là en train d’attendre pour « ça », alors que les femmes visi­ble­ment enceinte de l’autre côté attendent pour une autre prise en charge.

    Elle est gen­tille et sou­riante, mais on dirait qu’elle en fait tel­le­ment que je n’ai aucune rai­son de m’inquiéter. Et j’avoue, ça me ras­sure. Elle est expé­di­tive, mais me dit que je risque de sai­gner, que nor­ma­le­ment il n’y a aucune dou­leur. Elle me donne RDV le ven­dredi pour les autres com­pri­més, selon elle cela pren­dra 5 min. Dès le soir, je com­mence a sai­gner, comme si j’avais mes règles en 4 fois plus, la dou­leur est faible.

    Le ven­dredi je m’en sens toute à côté de la plaque. Cre­vée, envie de pleu­rer tout le temps. Je parle des « règles abon­dantes » à la sage-femme, elle me dit que c’est bon signe. Que ça veut sou­vent dire que l’interruption médi­ca­men­teuse fonc­tion­nera.
    Quand elle me demande si j’ai pris des anti-dou­leur (ben non, on m’a pas dit), elle s’ex­clame « mais pour­quoi tant de haine », elle va cher­cher doli­pranes dans ue autre pièce, me demande si j’en ai chez moi, si j’ai bien l’intention de res­ter dans mon lit toute l’apres-midi et ce jusqu’à demain matin, je dis oui. Les larmes me montent aux yeux (la peur ?), je me contient, je lui demande com­bien de temps les dou­leurs vont durer, et les sai­gne­ments, elle me dit que cela dépends de chaque femme. Elle me donne 2 Doli­pranes de 500 mg et me recom­mande d’en prendre toutes les 6h. Ok.

    Je rentre chez moi et je pleure, la dou­leur arrive, tou­jours comme des règles, puis­sance 10. Je pleure sur­tout parce que je suis seule. J’essaie de dor­mir. J’appelle mes copines, parle du beau temps, je les écoute par­ler de leur vie, non, je ne leur dirai pas ce qu’il m’ar­rive, je dis­cute avec ma maman et ma soeur aus­si, ça va mieux, les doli­pranes calment bien la dou­leur. Je ne sais pas quand l’embryon est sor­ti : dans la douche, aux toi­lettes ? J’ai dor­mi à moi­tié et me suis dou­chée de nom­breuses fois en 20heures.

    Le same­di j’étais avec des amis (petit bar­buc) dont « mon ex », tout s’est bien pas­sé, à part le mal de ventre (qui a bien dimi­nué quand même), j’ai essayé de ne pas y pen­ser. Le mal de coeur c’est autre chose, même si l’on savait tous les deux que notre rela­tion n’aurai jamais été plus loin. J’ai com­mencé à espa­cer les Doli­pranes le same­di soir et eu mal au ventre jusqu’au lun­di soir.

    Aujourd’hui, j’ai tou­jours des règles, très fines, comme quand tu prends la pilule le pre­mier mois, je ne sais pas com­bien de temps cela dure­ra, le mois j’imagine.
    Je n’ai plus mal aux seins, je suis moins fati­guée. L’échographie de contrôle, c’est ven­dredi 27, j’irai, mais je sais que mon corps est retour­né à la nor­male.

    Non ce n’était pas un avor­te­ment de confort, car le confort n’existe pour ce genre de déci­sion. Ma sécu n’é­tant pas à jour, j’ai tout avan­cé, mais parce que j’en ai les moyens. Je ne sais pas encore si je cher­che­rai à me faire rem­bour­ser.

    Mais à ceux qui veulent dimi­nuer le rem­bour­se­ment de l’IVG, sou­hai­tez-vous vrai­ment enle­ver ce droit des femmes à dis­po­ser de leur propre corps, à choi­sir si un enfant est le bien­venu à ce moment de notre vie de femme ?
    Sou­hai­tez-vous que les femmes qui ont peu de moyens aient plus d’enfants ou galèrent d’avantage encore pour inter­rompre une gros­sesse dont elles ne veulent pas ?
    L’IVG est un droit, et on doit se battre pour le conser­ver !

    J’ai avor­té le ven­dredi 13 avril 2012.
    Et je sais que c’était le bon choix, je vais bien. Mer­ci.

  52. Krikr3l dit :

    J’ai avor­té un jour de mars 2012, et je vais bien mer­ci!

    Pas lepé­niste pour deux sous, ce sont pour­tant les pro­pos de la pré­si­dente du FN qui m’ont le plus atteint. Comme si, oui, je me recon­nais­sais dans cette « IVG de confort » dont elle nous a rebat­tu les oreilles au cours de sa cam­pagne. J’é­tais entou­rée, aimée, dis­po­sant de moyens finan­ciers et sou­te­nue, quelle que soit ma déci­sion par familles, ami(e)s, amou­reux. Alors pour­quoi choi­sir l’a­vor­te­ment?

    La déci­sion s’est impo­sée d’elle même, sans hési­ta­tion, aucune. « Je ne suis pas prête » comme on l’en­tend sou­vent, voi­là ce que je peux vous dire. Je rêve de voyages, d’a­ven­tures, d’im­pré­vus et de coups de têtes. Je rêve d’ex­plo­rer son corps, mon corps, mais pas à tra­vers l’ex­pé­rience de la mater­ni­té. Je rêve de chan­ger le monde mais pas en édu­quant cet embryon aux bons com­por­te­ments.
    Je ne veux pas. Et tout s’est arrê­té là.

    Parce que l’a­vor­te­ment est un droit, j’ai choi­si. Cela fait plus d’un mois que cette aven­ture s’est pas­sée, je porte aujourd’­hui un sté­ri­let, et je vais bien, mer­ci!
    Parce que l’a­vor­te­ment est un droit, nous n’a­vons pas à culpa­bi­li­ser lorsque nous choi­sis­sons de l’exer­cer.
    Parce que l’a­vor­te­ment est aujourd’­hui un vote, je remer­cie les 343 salopes!

  53. Lili dit :

    J’ai 24 ans, en der­nière année d’é­cole de com­merce et j’ai avor­té hier pour la pre­mière fois (et j’es­père la der­nière) et je vais bien, je suis sou­la­gée.

    Je laisse une trace sur ce site pour l’en­ri­chir. Car quand j’é­tais enceinte et angois­sée, ce site contrai­re­ment aux autres a été très ras­su­rant. Heu­reu­se­ment qu’un site comme celui-ci existe. En voyant que j’é­tais enceinte, mon choix pour l’a­vor­te­ment était déjà fait mais c’est ce site qui m’a fait réel­le­ment com­prendre qu’on a de la chance d’être dans un pays qui nous laisse avoir le choix pour notre corps et notre vie. C’est aus­si injuste qu’à cause d’une erreur à 2, juste une seule per­sonne doive subir les consé­quences.

    Je vous épargne les détails de com­ment je suis tom­bée enceinte et le gros coup de choc.

    Pour celles qui doivent vivre ça, je vous conseille d’être bien entou­rée. J’ai eu de la chance d’a­voir des amis proches (mon copain et moi n’é­tions pas dans la même ville) qui m’ont accom­pa­gnée à chaque RDV. Et ça il y en a eu pas mal. J’ai tou­jours eu de la chance de faire face à des gens com­pé­tents et aimables qui n’ont jamais remis en cause mon choix.

    Bref, je vou­lais sur­tout par­ler de la méthode chi­rur­gi­cale. J’ai choi­si cette méthode car je ne vou­lais pas vivre mon avor­te­ment. J’ai vécu la gros­sesse qu’à tra­vers les nau­sées, les seins gon­flés et les chan­ge­ments d’hu­meur. Je n’ai pas vécu ça comme avoir un être qui gran­dis­sait en moi puisque ce n’é­tait qu’un amas de cel­lule.

    A 5h du matin, le jour de l’o­pé­ra­tion, l’anes­thé­siste me demande de prendre un cachet. Le cyo­tec. Le cachet m’a don­né des dou­leurs, comme des règles bien dou­lou­reuses. J’ai eu peu de sai­gne­ments mais la dame dans la chambre avec moi avait vrai­ment mal au ventre.
    J’ai eu la chance de pas­ser la pre­mière, à 9h00. Encore une fois, un per­son­nel com­pé­tent et aimable. Ils voyaient que j’é­tais stres­sée et me fai­saient des blagues pour me faire rire. Même si ça ne mar­chait pas, j’ai bien appré­cié le geste.
    Ils m’emmènent au bloc opé­ra­toire et c’est vrai­ment le moment où j’ai eu le plus peur. Je voyais les lumières défi­ler au des­sus de moi, j’a­vais l’im­pres­sion d’être dans le cou­loir de la mort…Une fois en salle d’o­pé­ra­tion, ils me mettent la per­fu­sion et m’en­dorment. Je me suis réveillée envi­ron 1 heure après en salle de réveil. Je ne res­sen­tais rien. Pas de dou­leur, rien. J’ai alors deman­dé à l’in­fir­mière si c’é­tait ter­mi­né et elle m’a dit que oui.

    J’en reve­nais pas. Je me rap­pe­lais même pas m’être endor­mie. C’é­tait enfin fini. On me ramène ensuite dans la chambre. L’autre femme arrive quelques minutes après. On échange nos impres­sions. J’é­tais sou­la­gée, c’é­tait enfin fini. Avec toutes les démarches j’ai su que j’é­tais enceinte pen­dant 5 longues semaines. (Comme je vou­lais le faire par chi­rur­gie, il y avait un cer­tain délai d’at­tente du genre 7 semaines de gros­sesse pour que ça marche.)
    Je n’a­vais pas mal, pas de sai­gne­ments, je pen­sais qu’au fait que j’en étais enfin débar­ras­sée. C’est que main­te­nant que j’ai de petits sai­gne­ments, sans dou­leur, chose nor­male.
    Pour info, la dame à côté de moi a eu beau­coup mal après l’o­pé­ra­tion, mais les infir­mières l’ont prise en charge et lui ont don­né des doli­pranes.
    Je sais qu’il faut attendre la visite de contrôle pour être sûre, mais je le sais que je ne suis plus enceinte.

    Bref, je suis pas fière d’être tom­bée enceinte mais je suis sou­la­gée d’a­voir pu avor­ter. Je vais très bien, mer­ci.

  54. sasa dit :

    J’ai avor­té le 1er Février 2012, et je vais bien mer­ci!!
    J’ai 24 ans, je suis en CDI à temps par­tiel (750€) par mois, tout se passe bien avec mon ché­ri mais on com­men­cait seule­ment à cher­cher un appar­te­ment ensemble donc il n’é­tait meme pas envi­sa­geable d’a­voir un enfant, on vou­lait faire les choses dans l’ordre… Avec le recul même si cer­tains pro­fes­sion­nel n’ont pas été sym­pa je ne regrette abso­lu­ment RIEN, voi­la je vais donc racon­tait mon petit par­cours avec les ren­dez vous et les coûts que l’on ne pré­voit pas ^^ Bonne lec­ture :p
    Com­ment ais-je pu tom­ber enceinte?
    Prise de 5 pillules dif­fé­rentes qui ont été une véri­table catas­trophe: +20kg en 2 mois, migraine à en cre­ver, règles en conti­nu pen­dant des mois…
    J’ai éga­le­ment essayé l’an­neau qui est res­sor­tit aus­si sec après avoir été mis x)
    De plus je suis aller­gique au latex, et à savoir les pré­ser­va­tifs sans latex craquent quelques fois.
    Donc avec mon copain c’est cal­cul d’o­vu­la­tion et pré­ser­va­tif. Il a cra­qué quelques fois mais jamais dans les périodes cri­tiques jus­qu’au jour…

    Lun­di 23 jan­vier 2012: test de gros­sesse posi­tif.
    Je prends direc­te­ment RDV avec mon méde­cin géné­ra­liste, date pré­vue le jeu­di 26 jan­vier.

    J’en parle avec mon copain, il pense comme moi, c’est trop tôt on com­men­çait à peine à cher­cher un appar­te­ment pour vivre ensemble.

    Déci­sion prise sans aucune hési­ta­tion. ( J’en parle éga­le­ment avec ma mère, qui me dit que cela doit être ma déci­sion, elle me raconte aus­si avoir eut recours à un IVG qui c’é­tait bien dérou­lé mal­gré que ce soit illé­gal à l’é­poque).

    Mer­cre­di 25 jan­vier je fais un 2eme test de gros­sesse avec esti­ma­tion: enceinte 3 semaine et +.

    Jeu­di 26 jan­vier: mon méde­cin me dit de prendre contact avec mon gyné­co­logue, je lui dis que je n’en ai pas car cela c’était mal pas­sé avec le pré­cé­dent. Suite à quoi il me pré­pare une lettre pour un gyné­co vers lequel il veut m’envoyer. Il demande à se secré­taire de m’avoir un RDV le plus rapi­de­ment pos­sible semaine d’après der­nier délais. (celle-ci un peu réti­cente lui dit que cela risque d’être com­pli­qué il lui a dit qu’il ne vou­lait pas savoir que c’était comme ça)!! Prix 23€ (inté­gra­le­ment rem­bour­sé)

    Ren­dez-vous pré­vu le len­de­main avec le gyné­co.

    Ven­dre­di 27 jan­vier 11h45 gyné­co prix 56.70€ ( inté­gra­le­ment rem­bour­sé)

    Il me reçoit je lui explique la situa­tion. On se dirige ensuite pour faire l’écho. Résul­tat début de gros­sesse mais décol­le­ment et pour le moment œuf clair pas d’embryon. Pour lui il y a risque de fausse couche. Un autre RDV est fixé le mer­cre­di 1er février pour lais­ser pas­ser la réflexion et voir s’il n’y a pas eu de fausse couche, sinon prise des 1ers médi­ca­ments.

    Mer­cre­di 1er février (my bir­th­day…) 56.70€ (inté­gra­le­ment rem­bour­sé)

    Pas de fausse couche. Il me demande si je suis tou­jours sûre de mon choix, je lui dis que oui. De là, une nou­velle écho, cette fois ci il y a bien un embryon, je n’en veux tou­jours pas.

    Il m’explique que là je vais aller prendre des médi­ca­ments qui vont inter­rompre ma gros­sesse, que nor­ma­le­ment je ne devrais pas avoir de dou­leur ni de sai­gne­ments, et que ven­dre­di je ren­trais en cli­nique pour prendre d’autres médi­ca­ments pour éva­cuer l’œuf et que cette fois ci il y aurait des contrac­tions (- forte que pour un accou­che­ment) et des sai­gne­ments impor­tants plus que pour les règles.

    Il me dit ten­dre­ment en me pre­nant la main que tout va bien aller (du récon­fort ça fait du bien).

    De là on prend RDV pour le contrôle le lun­di 19 mars.

    Je me dirige ensuite vers le ser­vice d’admission de la cli­nique pour réser­ver ma chambre pour le ven­dre­di 3 février. Tout est pris en charges par la sécu et ma mutuelle, je n’ai rien à payer et je serais en chambre par­ti­cu­lière.

    Je me rends ensuite au ser­vice mater­ni­té ou une sage-femme m’accueille pour prendre les 3 com­pri­més de MIFEGYNE vers 16h.

    Je rentre ensuite chez moi, aucune dou­leur, aucun sai­gne­ment. J’ai juste l’impression que les cachets res­tent en tra­vers de la gorge mal­gré toute l’eau bue.

    Cette sen­sa­tion va durer jusqu’à 19h30 envi­ron. Soi­rée tran­quille. Aucun res­sen­ti par­ti­cu­lier les jours d’après.

    Ven­dre­di 3 février: Je me pré­sente à l’entrée de la cli­nique à 8h15. Je monte ensuite dans ma chambre. A 8h30 prise de 2 com­pri­més de CYTOTEC, quelques sai­gne­ments sont appa­rus vers 10h20.

    Mon gyné­co est venu me voir en me disant que des sai­gne­ments devaient appa­raitre et que si tout allait bien vers 13h/14h je pour­rais par­tir.

    La dou­leur était sup­por­table de légère crampe comme les règles. Par contre j’ai eu une très forte diar­rhée qui elle n’était plus sup­por­table au bout d’un moment.

    J’ai donc eut peu de sai­gne­ment, j’en avais quand j’allais au WC pour la diar­rhée. Je pense que j’ai expul­sé l’œuf avant 11h entre 2 crises de diar­rhée quand je suis allée faire pipi j’ai clai­re­ment vu une petite bille trans­pa­rente.

    Au bout d’un moment j’ai appe­lé une sage-femme pour qu’elle fasse quelque chose pour cette diar­rhée car j’en pou­vais vrai­ment plus…

    Elle vient donc avec tout son atti­raille, me pose une perf en me fou­tant du sang par­tout au pas­sage… tout ça pour me dire une fois la perf pas­sée que c’était du doli­prane et qu’elle n’avait pas vou­lu me le don­ner en cachet des fois que j’ai des nau­sées… j’ai hal­lu­ci­né… du doli­prane… elle aurait pu sim­ple­ment me poser la ques­tion parce que du doli­prane j’en avait dans mon sac… je vou­lais quelque chose pour faire ces­ser cette diar­rhée.

    Enfin bref à 11h n’ayant que très peu de sai­gne­ment, rebe­lote pour 2 com­pri­més de plus. La même peu de sai­gne­ment, diar­rhée atroce, et mal de ventre un peu plus intense. J’ai donc pris la déci­sion de prendre un immo­dium lin­gual que j’avais dans mon sac parce que la sage-femme m’avait un peu gon­flé ^^.

    A oui à savoir aus­si c’est que depuis envi­ron 10h du mat je n’arrêtais pas de pleu­rer pour un rien sans rai­son par­ti­cu­lière ca sor­tait juste comme ça… très bizarre.

    Vers 13h j’ai deman­dé ce qu’il allait se pas­ser vu que per­sonne ne me tenait au cou­rant et que le gyné­co m’avait dit que si tout allait bien je sor­ti­rais entre 13h et 14h. Elle part se ren­sei­gner et me dis qu’elle va me redon­ner encore 2 com­pri­més car les sai­gne­ments n’étaient pas assez impor­tant. Cette fois elle me les as direc­te­ment mis dans le vagin (aucune dou­ceur, elle me disait juste mais déten­dait vous bon sang… super ça va m’aider c’est sur…) donc 2 com­pri­més de plus à 13h30.

    A 14h30 mon gyné­co vient me voir en me deman­dant si j’avais plus de sai­gne­ments, je lui dis que non. Il me dit de des­cendre dans son cabi­net à 15h30 pour faire une écho voir ce qu’il en était et que de là on sau­rait si je pou­vais ou non sor­tir.

    A 15h, j’appelle encore une fois ^^ pour savoir si je pou­vais man­ger (à jeun depuis 6h du matin) parce que je devais aller à l’écho et que je ne me sen­tais pas par­ti­cu­liè­re­ment bien. Elle me dit que non je ne pou­vais pas car je ris­quais de vomir en reve­nant de l’écho… BON

    J’attends donc 15h30, je rap­pelle pour leur dire je dois aller à l’écho elle me dit bin allez y…

    J’ai hal­lu­ci­né encore une fois… on m’envoi toute seule 4 étages plus bas avec une perf dans le bras alors que je leur avais signa­lé que je ne me sen­tais pas bien, un scan­dale…

    Je des­cends donc les marches tant bien que mal en fai­sant quelques pauses et en pleu­rant tou­jours pour un rien avec la rage contre ces sages-femmes!!

    J’entre dans le cabi­net de mon gyné­co et il me fait l’écho et me dit que l’œuf à bien était expul­sé (OUF) mais qu’il y a encore des restes et que donc il allait me don­ner des médi­ca­ments à prendre pen­dant 5 jours. Il me demande com­ment je me sens, et là je lui dis tout en pleu­rant que je n’arrête pas de pleu­rer sans rai­son mais que sinon ça allait.

    Il me prend dans ses bras pour me récon­for­ter, il me dit que non je ne pleure pas pour rien, que j’étais en train de vivre un trau­ma­tisme, et que ça prou­vait que je ne pre­nais pas ça a la légère, et que si je ne pleu­rais pas ça vou­drais dire que j’en ai rien à faire de tout ça.

    Il me donne les consignes à suivre: pas de rap­ports sexuels, pas de tam­pon, pas de bain pen­dant 2 semaines. Il me fait mon bon de sor­tie et je remonte dans ma chambre pour récu­pé­rer mes affaires sou­la­ger de savoir que je vais par­tir.

    J’appelle une sage-femme de ma chambre pour lui don­ner le bon de sor­tie et pour qu’on m’enlevé la perf, là elle me sort vous ne vou­lez pas man­ger? D’un regard plus que noir je lui dis NON là main­te­nant je rentre CHEZ MOI!, je crois qu’elle a bien sen­tie ma rage elle n’a pas insis­té.

    Je suis donc par­tie rebe­lote 4 étages à des­cendre.

    Je vais à ma phar­ma­cie pour prendre les médi­ca­ments, et là AU mal­heur, ils n’en ont pas…. Mais bon très gen­tils ils ont appe­lé une phar­ma­cie voi­sine qui elle les avait, ils sont même allé me les cher­cher, des anges…

    Je suis ensuite ren­tré chez moi, ma mère m’avait pré­pa­ré un bon pot au feu, et je me suis cou­chée tran­quille­ment.

    Mon com­pa­gnon n’arrêtait pas de me dire qu’il vou­lait venir me voir quand j’étais à l’hôpital, mais avec cette diar­rhée je ne vou­lais pas qu’il soit là avec moi dans cette chambre.

    Le same­di matin je bos­sais, une mine de déter­rée, tout le monde me deman­dait si j’étais malade… oué oué je suis malade lais­sez-moi tran­quille ^^

    Je n’ai pas trop eut de sai­gne­ments, j’en avais seule­ment quand j’étais debout ou quand je mar­chais.

    Après j’avais une semaine de vacance. Les sai­gne­ments tou­jours pareil très peu sauf quand je mar­chais ou en res­tant debout, ils se sont tota­le­ment arrê­tais le 14 février.

    Du ven­dre­di 3 février au lun­di 6 février quand même une dou­leur un peu plus forte que pen­dant les règles ce n’étais pas constant. En fait c’était sur­tout quand je mar­chais de trop ou que je m’agitais trop après j’avais très mal.

    A par­tir du mar­di 7 février plus de dou­leur. A la sor­tie de l’hôpital j’ai pris pen­dant 5 jours 3 com­pri­més par jour de METHERGIN accom­pa­gné de dafal­gan si j’en avais besoin.

    Aujourd’hui, je me sens beau­coup mieux, ne regret­tant en aucun cas ma déci­sion. Je n’ai pas repleu­ré, j’ai seule­ment pleu­ré quand j’étais à l’hôpital, mais je pense que c’était dû à l’ambiance des sages-femmes et au fait que j’étais toute seule là-bas.

    Après je sais aus­si que si j’avais su tout ça à l’avance, j’aurais pris la déci­sion de le faire par aspi­ra­tion sous anes­thé­sie géné­rale. Au moins, tout est déjà par­tit il n’y a pas l’attente de savoir si oui ou non ca a bien été expul­sé. Il y aurait juste eut quelques sai­gne­ment un peu de dou­leur et bas­ta…

    J’ai eut mon RDV de contrôle, un mois et demi après, tout était par­tit.
    Et de la on a par­lé d’une nou­velle pilule avec mon gyné­co, je n’é­tais pas trop pour mais il ne veut pas me poser de sté­ri­let du fait que je n’ai pas eut d’en­fant. Il me donne donc une nou­velle pilule et me dit de ne pas hési­ter au moindre sou­cis de l’ap­pe­ler il me dit que des pilules il y en a pleins et que l’on trou­ve­ra bien celle qui me cor­res­pond. De la il me donne RDV dans 3 mois pour voir si tout se passe bien avec cette pilule.
    Pour le moment elle à l’air d’al­ler même si à la pre­miere pla­quette j’ai eut les règles pen­dant 15 jours ^^ on ver­ra bien.

    Ce que je retiens de cet IVG, le posi­tif j’ai un méde­cin en OR, j’ai trou­vé un nou­veau gyné­co SUPER, avec mon ché­ri tout va bien!!!! on emmé­nage en juin et on est ravit!!!

  55. Mona dit :

    J’ai très sou­vent enten­du dire que ne pas gar­der l’enfant en cas de gros­sesse, c’était ne pas prendre ses res­pon­sa­bi­li­tés.

    Moi, j’ai pris à bras le corps mes res­pon­sa­bi­li­tés: J’ai avor­té en juin 2011, et je vais bien, très bien même ! Mer­ci !

    Ayant des règles très irré­gu­lières, je ne me suis pas inquié­tée quand mes règles, un beau matin de mai, ne sont pas arri­vées. C’était fré­quent. Au bout d’une semaine et demi de retard tout de même, j’ai com­mencé à me poser des ques­tions et ai fina­le­ment ache­té un test de gros­sesse en phar­ma­cie: Posi­tif.…

    Aïe ! La déci­sion s’est tout de suite impo­sée à moi: étu­diante, 22 ans; habi­tant chez ma mère, et dans une rela­tion de couple hou­leuse, tous les fac­teurs étaient réunis pour assu­rer à cet éven­tuel futur enfant une bonne vie de galère, de cris, d’angoisse et de cha­grin…

    J’ai donc pris ren­dez-vous chez le méde­cin, pour faire une prise de sang dans le but de confir­mer les résul­tats du test de gros­sesse. Je lui annonce que mon test est posi­tif, et il me dit « ah! mais c’est for­mi­dable ! je vais vous expli­quer les pre­mières démarches à accom­plir ! » Heu, non je vais avor­ter. Tête de six pieds de longs du tou­bib, qui me regarde alors comme l’incarnation de la dépra­va­tion dans un corps de (jeune) femme.…

    Je réa­lise fina­le­ment cette fameuse prise de sang , et entre­prend d’annoncer la nou­velle à mon copain, bien que ma déci­sion soit déjà prise et irré­vo­cable. Que dire… Je me suis fait trai­tée de salope, d’abomination, de trai­née, je vou­lais tuer son gamin, l’avortement devait être inter­dit car il bri­sait les hommes et les vies de si nom­breux embryons… La famille a été appe­lée à la res­cousse pour me van­ter la for­mi­dable expé­rience qu’est la mise au monde d’un enfant, mon devoir en tant que femme (ou devrais-je dire matrice), ma res­pon­sa­bi­lité que je refu­sais d’assumer…

    Comme si mettre un enfant au monde dans un envi­ron­ne­ment glauque, instable, et sans le vou­loir pro­fon­dé­ment était prendre ses res­pon­sa­bi­li­tés… Au contraire, je consi­dère que j’ai sau­vé ma vie et celle de cet enfant en avor­tant… Je lui ai offert la chance de ne pas venir au monde dans un cadre hos­tile à son déve­lop­pe­ment équi­li­bré.

    Bref, direc­tion le plan­ning fami­lial pour pro­gram­mer une IVG. Le plan­ning m’o­riente tout d’a­bord vers le gyné­co­logue du centre pour pas­ser une écho­gra­phie.
    Mer­ci pour les com­men­taires insis­tants sur la « néces­saire prise de contra­cep­tion res­pon­sable » et pour les images de l’embryon.… Je rap­pelle que je pre­nais la pilule quand je suis tom­bée enceinte, et que cet évé­ne­ment à été l’oc­ca­sion de réa­li­ser un bilan gyné­co­lo­gique ulté­rieur qui a démon­tré que cette pilule était en fait inef­fi­cace pour moi.…

    Je retourne au plan­ning, j’annonce à la conseillère que je ren­contre que je sou­hai­te­rai réa­li­ser l’IVG sous anes­thé­sie géné­rale, à l’hôpital… Mais non, « vous com­pre­nez, vous êtes encore dans les délais pour une IVG médi­ca­men­teuse à domi­cile, c’est beau­coup plus simple et moins dur psy­cho­lo­gi­que­ment, parce que les séquelles d’un avor­te­ment, vous savez…Bla bla bla bla… » J’ai man­qué de volon­té et de fer­meté et me suis lais­sée convaincre de réa­li­ser une médi­ca­men­teuse.

    La com­mu­nauté d’agglomération dont je dépends, qui regroupe 14 com­munes, compte 108 000 habi­tants. Com­bien de méde­cins pro­po­sant l’IVG médi­ca­men­teuses? Les paris sont lan­cés ! 3 ! Fan­tas­tique, me voi­là donc par­tie pour une demi-heure de voi­ture pour ren­con­trer ce fameux méde­cin. Et là sur­prise, quel­qu’un de vrai­ment bien. Il ne m’a pas culpa­bi­li­sé, m’a dit que l’a­vor­te­ment était deve­nu presque banal main­te­nant dans la vie d’une femme, il a répon­du à toutes mes ques­tions sans dra­ma­ti­ser, m’a pres­crit des antal­giques sans que je ne lui en demande, et en nombre ! For­mi­dable donc.

    Je pro­cède donc 2 jours plus tard à l’IVG, depuis mon lit. Dou­leurs atroces, mais bon jusque là rien d’a­nor­mal. Sauf que l’IVG n’a mar­ché que par­tiel­le­ment. Quelques jours plus tard, j’ai une forte fièvre, tou­jours des dou­leurs au ventre, donc direc­tion le gyné­co. Il res­tait des débris intra-uté­rins qu’il fal­lait éva­cuer par cure­tage. Anes­thé­sie géné­rale, le len­de­main j’é­tais sur pied et je sor­tais de l’hô­pi­tal. Une bonne nuit de som­meil, et hop ! c’est repar­ti !

    J’ai donc vécu l’IVG médi­ca­men­teuse et le cure­tage, et je vais bien ! Le plus dur en réa­li­té, cela n’a pas été l’a­vor­te­ment en tant que tel, mais la pres­sion qu’ont m’a infli­gé autour de celui-ci. Les regards désap­pro­ba­teurs, la phar­ma­cienne qui me dit que si elle avait été à ma place, elle l’au­rait gar­dé, la vie c’est sacré… L’im­pres­sion d’être la pire des traî­tresses et des salopes en vou­lant uni­que­ment accom­plir un acte auto­ri­sé par la loi et qui ne regarde que MON corps, MES envies et MON inti­mi­té.

    Cet avor­te­ment m’a libé­rée, je suis sor­tie de l’hô­pi­tal en sou­riant, et si c’é­tait à refaire je le refe­rai sans aucune hési­ta­tion !

  56. g.b dit :

    Nous avons pra­ti­qué une IVG en Mars 2012. Ni mon com­pa­gnon, ni moi-même ne sou­hai­tions de cette gros­sesse. Ensemble nous éle­vons quatre enfants dont le plus jeune n’a qu’un an. Lorsque j’ai décou­vert que j’é­tais enceinte mal­grès un DIU au cuivre nous étions conster­nés, il nous sem­blait que ce mode de contra­cep­tion était ultra fiable… La déci­sion a été prise dans la minute, nous ne vou­lions pas d’autre enfant. Dans la jour­née j’ai appe­lé un gyné­co d’une cli­nique pri­vé. Nous avons pu obte­nir un ren­dez-vous trois jours après, nous nous y sommes ren­dus tous les deux. Le méde­cin a été cor­recte et res­pec­tueux de notre déci­sion. Par contre je n’ai pas eu beau­coup de détails « tech­niques » du dérou­le­ment d’une IVG médi­ca­man­teuse à part : « vous serez col­lée sur les toi­lettes deux heures après la prise du cyto­tec et ce pen­dant toute la mati­née ». En fait l’ex­pul­sion s’est pro­duite le len­de­main de la prise du myfé­gine, je n’ai abso­lu­ment pas souf­fert. Le pro­ces­sus a été si peu dou­lou­reux que je me suis même posé la ques­tion de savoir si l’IVG était effec­tive. A la visite de contrôle RAS, je suis phy­si­que­ment fati­guée mais sinon tout va bien,y com­pris psy­cho­lo­gi­que­ment, sans aucun doute bien mieux que si j’a­vais pour­sui­vi une gros­sesse non dési­rée. Alors oui comme tant d’autres femmes je vais bien.
    Mon expé­rience per­son­nelle n’est en rien trau­ma­ti­sante, j’ai été accom­pa­gnée par l’homme que j’aime, je n’ai pas souf­fert, je n’ai pas eu de remarques désa­gréables… Peut être aus­si par­ceque j’ai trente cinq ans quatre enfants, et une gros­sesse sur un sté­ri­let encore en place. Aurais-je eu le droit à la même huma­ni­té à vingt cinq ans, enceinte après un oubli de pré­ser­va­tif suite à une soi­rée trop arro­sée ? Il me semble que ce qui trau­ma­tise les femmes c’est la façon dont elles sont reçues et trai­tées, bien plus que l’acte en lui même.

  57. Amandine dit :

    J’ai 29 ans et j’ai avor­té il y a quelques jours… J’ai 3 beaux enfants, atten­dus, dési­rés, ado­rés. La cadette a seule­ment 3 ans, le der­nier à peine 7 mois.
    La déci­sion n’a pas été dif­fi­cile à prendre. Nous avons regar­dé le test de gros­sesse, mon mari et moi, et il m’a ten­du le télé­phone pen­dant que je cher­chais le numé­ro de télé­phone de mon méde­cin. C’é­tait une évi­dence, la fra­trie était au com­plet, mes enfants sont la pru­nelle de mes yeux, je veux leur offrir le meilleur. Cet enfant en deve­nir aurait mis en péril l’é­qui­libre fami­lial. Je ne regrette rien. Sauf d’a­voir tar­dé à prendre RDV pour la pose de ce sté­ri­let qui atten­dait dans mon armoire à phar­ma­cie. Mais trop tard pour pleu­rer sur le lait ren­ver­sé.

    L’é­quipe médi­cale a été impec­cable, pleine d’empathie sans en faire trop, il y avait de la musique douce, l’in­fir­mière et le gyné­co­logue plai­san­taient, car je pense qu’ils avaient com­pris que c’é­tait l’at­ti­tude à avoir face à moi. Ils adap­taient sans aucun doute leur com­por­te­ment à la femme qui se trou­vait là.

    Des larmes ont cou­lé durant 1 minute lors de l’as­pi­ra­tion. Pas de dou­leur, ni de tris­tesse, je ne me pro­je­tais pas dans cet embryon. Je ne sais pas pour­quoi et c’est pas­sé aus­si vite que c’est venu.
    L’in­ter­ven­tion en elle-même a été légè­re­ment dou­lou­reuse mais mes accou­che­ments m’ont per­mis de rela­ti­vi­ser. L’heure qui a sui­vi, j’é­tais dans un demi-som­meil et tout ce que je pou­vais dire à mon mari, c’est que j’é­tais sou­la­gée et que je culpa­bi­li­sais un peu d’être sou­la­gée. Je suis allée cher­cher ma fille a l’é­cole, et cette culpa­bi­li­té a tota­le­ment dis­pa­ru.

    Je connais­sais ce site avant mon IVG, le témoi­gnage me parais­sait essentiel.J’ai 29 ans et mes enfants m’ont aidé à prendre du recul sur cette IVG et sur la honte qui couvre encore le geste, je ne sais pas com­ment j’au­rai réagi il y a 10 ou 15 ans face à ça (les méde­cins géné­ra­listes pas for­cé­ment aidants, l’échographie en direct live avec bruits car­diaques en cadeaux bonus,le centre en pré­fa­bri­qué, excen­tré de l’ho­pi­tal, dont l’en­trée est cachée, car en 2012, on avorte tou­jours dans le secret et la honte ?)

    Aujourd’­hui je vais bien. Demain, j’i­rai bien. Je sais en revanche que si je n’a­vais pas eu cette chance de vivre dans un pays ou d’autres en un autre temps se sont bat­tues pour mes droits et celles de mes contem­po­raines, dans quelques mois c’est tout une famille qui serait allée mal.

  58. Itsif dit :

    Mer­ci pour ce livre (je suis tom­bée des­sus dans ma « bonne » librai­rire), mer­ci pour cet espace. Mer­ci et longue vie au CIVG de l’hôpital Tenon.

    Une période de grande agi­ta­tion : amou­reuse, la tête et le cer­veau en ébul­li­tion, et puis fina­le­ment, le ventre aus­si.

    A 25 ans, je suis une jeune femme qui démarre sa vie active après de longues études et ré apprend à aimer après des his­toires qui finissent mal (en géné­raaal !). Pas­sée par beau­coup de moyens de contra­cep­tion dif­fé­rents, j’avais appris à être à l’écoute de mon cycle, à le sen­tir, et à appré­cier de le per­ce­voir. Etre une femme c’est connaître des varia­tions de la forme de son corps, de son niveau d’énergie, de son désir, de tous ses sens, au cours d’un de ses cycles. Les trai­te­ments hor­mo­naux n’étaient plus envi­sa­geables. Pas incon­sé­quente pour autant, je pen­sais au sté­ri­let, mais atten­dais le moment de la visite annuel chez ma gyné­co.

    Et puis un len­de­main de fête : « tiens je me suis endor­mie très tôt hier, j’étais vrai­ment naze ». Puis « waa ! mais mes seins vont écla­ter ! ce sont mes règles qui arrivent ». Et enfin « mais au fait, elles auraient du arri­ver … il y a trois jours ! ». Panique à bord, je fonce trou­ver un test de gros­sesse dont je connais déjà le résul­tat.

    J’ai la chance d’avoir construit mon iden­ti­té de femme dans une famille où la sexua­li­té est certes intime, mais pas tabou, et auprès d’une mère qui nous a par­lé d’amour, de contra­cep­tion, de gyné­co et de pré­ser­va­tifs bien avant que la ques­tion ne se pose. J’ai honte ! J’ai l’impression qu’elle aurait l’impression d’avoir raté quelque chose si elle savait ! J’ai envie de dis­pa­raître.

    Et puis il y a l’autre par­tie pre­nante de la conne­rie. Lui, avec qui je ne suis que depuis quelques mois mais dont je suis chaque jour un peu plus amou­reuse. Lui, que j’ai tou­jours enten­du dire qu’il ne vou­lait pas d’enfants. Lui qui m’a fait confiance lorsque je lui ai dit « nan, aujourd’hui t’inquiète, pas besoin de capote ». Je me déteste.

    La déci­sion est vite prise, tel­le­ment je ne trouve rien qui cor­res­pond à un soup­çon de désir d’enfant en moi à ce moment là. Sou­la­ge­ment de mon com­pa­gnon. Déclen­che­ment des démarches.

    Je suis chez mon méde­cin trai­tant le len­de­main matin à 8h, désem­pa­rée devant une démarche appa­rem­ment inha­bi­tuelle, elle me donne le contact du CIVG de Tenon, qui vient de ré ouvrir (on est en mai 2011). J’y fonce, on m’explique : la prise de sang, le délai d’une semaine, qui sera d’ailleurs 15 jours en rai­son de la sur­charge du plan­ning, l’échographie. On m’écoute, sans lais­ser de place à l’apitoiement : je suis face à des soi­gnantes, ma déci­sion ne fait pas l’ombre d’un pli, elle est enten­due, appuyée et on y apporte des solu­tions. Mer­ci !

    Je suis lar­ge­ment dans les délais pour un avor­te­ment médi­ca­men­teux. Une date est prise, je suis pré­ve­nue des dou­leurs que je risque d’avoir, on me fait d’ailleurs une ordon­nance ad hoc, j’ai le choix de res­ter dans un lit à l’hôpital ou de ren­trer chez moi après la prise du 2ème cachet, mon com­pa­gnon peut res­ter à l’hôpital si je le sou­haite, bref, Mer­ci !

    Quelques petits bugs inter­viennent entre le pre­mier ren­dez-vous et l’intervention :
    La labo­ran­tine, après la prise de sang : « Féli­ci­ta­tions ! », avec un regard enten­du. Quelle conne ! Si tu veux je te le donne !
    L’échographiste : « et pour­quoi on la fait si tôt cette pre­mière écho­gra­phie ?? » (pour le plai­sir, ducon !), « ah ben j vois rien, hein, c’est trop tôt, ‘fau­dra reve­nir », « ou alors il faut pas­ser par l’intérieur ». Ce qu’il fit, et peu déli­ca­te­ment…
    Et puis un contact sur un site qui se pré­tend d’information : une femme m’appelle, me demande si ça va, si on peut se ren­con­trer. Ayant répon­du par la néga­tive, elle me pose des ques­tions sur ma situa­tion affec­tive et nos situa­tions pro­fes­sion­nelles, et décrète que comme « tout va bien », nous n’avons qu’à avoir cet enfant (ce quoi ??? on parle de l’amas de cel­lule que l’on ne voit même pas à l’échographie, là ?), je rac­croche, elle me rap­pelle, à de mul­tiples reprises, me laisse des mes­sages disant que bien­tôt j’y ver­rais plus clair, quand je sen­ti­rai la vie bou­ger en moi ! (ben voyons !) Si je savais où trou­ver cette mégère, je pense que je me fen­drais d’une visite de cour­toi­sie. Encore aujourd’hui j’en ai les dents qui se serrent de colère quand j’y pense.

    J’ai pris le 2ème com­pri­mé, à l’hôpital, sans mon homme mais dans la même chambre qu’une autre femme, qui était là pour les mêmes rai­sons. J’ai souf­fert, beau­coup, mais j’ai refu­sé l’antidouleur par sup­po­si­toire que l’on m’a pro­po­sé à plu­sieurs reprises. Soit j’ai très bien inté­gré le fait que je doive expier ma faute (! Mea culpa, certes, mais de quoi ?). Soit, j’avais juste besoin de sen­tir mon corps se débar­ras­ser de ce que mon esprit ne pou­vait conce­voir. J’opte pour la deuxième pos­si­bi­li­té.

    Aujourd’hui je vais TRES bien. Notre rela­tion amou­reuse a eu le temps de s’épanouir, nous ne l’avons pas brus­quée. La ques­tion d’y faire pous­ser un enfant se pose­ra pro­ba­ble­ment, quand se sera le moment.

  59. Aurel dit :

    Bon­jour,
    mer­ci pour tous ces témoi­gnages. Mon avor­te­ment est pro­gram­mé la semaine pro­chaine. J’ai 33 ans, je suis dans une rela­tion stable, indé­pen­dante finan­ciè­re­ment. Mon com­pa­gnon, déjà père, sou­hai­te­rait avoir un enfant avec mois. J’ai tou­jours eu un doute quant à mon désir de mater­ni­té mais j’ai quand même arrê­té la pilule. Je pense que j’é­tais per­sua­dée ne pas pou­voir tom­ber enceinte, du moins pas tout de suite (j’en ai tel­le­ment oublié des pilules ces 10 der­nières années et ce sans consé­quence que je ne me pen­sais pas trop fer­tile sans doute). Et puis j’é­tais séduite par l’i­dée d’a­voir un enfant de cet homme que j’aime tant. Par l’i­dée. C’est face au mur qu’on voit mieux le mur n’est ce pas et lorsque j’ai réa­li­sé être tom­bée enceinte c’est plu­tôt de la panique que j’ai res­sen­ti. Avec juste la satis­fac­tion de savoir que « tout marche » peut être.
    J’ai appe­lé le plan­ning fami­lial dans la fou­lée, une femme très com­pré­hen­sive m’a pro­gram­mé un ren­dez-vous très rapi­de­ment à l’hô­pi­tal, avec un des obs­té­tri­cien dis­po­nible. Dans la salle d’at­tente de l’obs­té­tri­cien il n’y avait que des femmes enceintes, cela m’a un peu inquié­té, mais il s’est mon­tré com­pré­hen­sif et n’a à aucun moment ques­tion­né mon choix, au contraire il m’a plu­tôt ras­su­ré. Sauf sur un point depuis que j’ai par­cou­ru ce forum: je suis enceinte de 7 semaines appa­rem­ment, il me pro­pose la méthode médi­ca­men­teuse. N’est-ce pas un peu limite?
    Voi­là ce forum me fait du bien car j’ai beau savoir que c’est mon choix et mon droit, j’ai honte. J’ai honte parce que ce n’é­tait pas un acci­dent, que j’ai une vie stable, pas d’ex­cuse en quelque sorte. J’ai cru vou­loir un enfant et je me suis trom­pée. C’est une erreur que je vais assu­mer seule, je ne sou­haite pas en par­ler à mon com­pa­gnon qui l’ac­cep­te­rait sans doute mais en souf­fri­rait trop. C’est MON erreur. Mais c’est une erreur taboue: vou­loir un enfant et chan­ger d’a­vis. C’est ce qui me tor­ture en réa­li­té, pas l’acte d’a­vor­ter. Même si je me dit qu’a­vec mes doutes, c’est beau­coup, beau­coup mieux pour cet embryon de ne jamais naître..

  60. Voi­ci ce que dit le site du plan­ning fami­lial :
    « La méthode médi­ca­men­teuse peut être réa­li­sée jus­qu’à la 5ème semaine de gros­sesse sans hos­pi­ta­li­sa­tion et jus­qu’à la 7ème semaine de gros­sesse avec quelques heures d’hos­pi­ta­li­sa­tion. »

    Peut-être en par­ler avec une conseillère du plan­ning et éven­tuel­le­ment deman­der une IVG chi­rur­gi­cale ? Comme c’est pas un gyné­co de ville, pas de rai­son que ce soit impos­sible.

  61. Morgane dit :

    Quand tu regardes le test et qu’il y a deux barres, le compte à rebours est enclen­ché. Et c’est là où tu réa­lises que la socié­té n’est pas orga­ni­sée pour te faire gagner du temps et te sim­pli­fier la vie. Tu regardes sur inter­net et tu trouves des numé­ros de télé­phone de dif­fé­rents plan­nings. Tu les appelles ils sont gen­tils mais ils donnent des mau­vaises indi­ca­tions : la femme me donne l’a­dresse d’une cli­nique à laquelle je me rends illi­co mais en arri­vant l’in­fir­mière me dit « on ne fait pas ça ici ».
    Ah bon ? alors pour­quoi votre numé­ro est sur la liste que m’a don­né le plan­ning fami­lial ? Ensuite tu prends le deuxième nom sur la liste et le gyné­co n’a pas de ren­dez-vous avant trois semaines. Fina­le­ment, un gyné­co chi­cos trouve un cré­neau : il pres­crit une prise de sang, et me donne le contact d’une autre gyné­co parce que lui « ne fait pas ça, mais cette femme a des convic­tions ». J’a­vais l’im­pres­sion qu’on allait me recom­man­der à une vieille sor­cière qui pra­ti­quait des rites abjects.

    Mais bon, au moins il m’a filé une adresse. Pour ne pas aller « à l’hô­pi­tal avec tous les cas sociaux ». Résul­tat, avor­te­ment médi­ca­men­teux dans une petite cli­nique, où j’a­vais un lit, et les infir­mières plu­tôt gen­tilles, une chambre avec fenêtre au soleil et vue sur le parc, j’ai pris les cachets, j’ai atten­du, pas de dou­leur par­ti­cu­lière, je suis sor­tie deux heures après, mon copain était venu me cher­cher, on est ren­tré en bus, on a atten­du que ça passe en regar­dant des films et en man­geant des glaces, j’ai sai­gné un peu plus abon­dam­ment que si j’a­vais des règles nor­males, mais pas autant que ce que j’au­rais cru vu le nombre de paquets de ser­viettes géantes que j’a­vais ache­tées.

    Je ne l’ai dit à qua­si­ment per­sonne. et dans mon envi­ron­ne­ment social je ne le dirai jamais : ça serait très mal vu, comme une sorte de faute dégra­dante, la preuve d’un mode de vie répré­hen­sible et débau­ché alors que bobonne qui se fait mettre par son mari trois fois par semaine et qui tombe enceinte tous les 2 ans, tout va bien, pas de culpa­bi­li­té ni de sus­pi­cion de débauche, c’est une femme hono­rable.

    En fait quand on te reproche d’a­vor­ter, c’est comme si on te repro­chait de pas assu­mer les consé­quences de ta sexua­li­té. et c’est vrai que ça fait réflé­chir : il y a 50 ans quand qu’on qu’on cou­chait avec quel­qu’un il y avait ce risque. donc peut-être qu’on réflé­chis­sait plus avant de cou­cher. Ce qui n’est pas plus mal. C’est vrai que c’est injuste que la sexua­li­té soit aus­si lourde de consé­quences pour nous les femmes. Grâce à la contra­cep­tion et au droit à l’a­vor­te­ment on est plus sur un pied d’é­ga­li­té. Si on nous enlève le droit à l’a­vor­te­ment, ça rede­vient inégal. En tout cas, la socié­té ne peut pas d’un côté encou­ra­ger la libé­ra­tion sexuelle des femmes, et les empê­cher d’a­vor­ter ensuite.

  62. Nanou dit :

    C’é­tait hier.
    Pas comme si cela s’é­tait pas­sé hier, non, c’é­tait vrai­ment hier.
    Cela fait un peu moins de 24h que je res­pire à nou­veau.
    Le choix de l’a­vor­te­ment a été très natu­rel. C’é­tait le début d’une his­toire d’a­mour, mais que le début. J’ai mis du temps à me rendre compte que j’é­tais enceinte, parce qu’à chaque fois que je suis tom­bée amou­reuse, mon corps me fait des blagues dou­teuses : il s’ar­range, mal­gré la pilule, pour que mes règles arrivent avec trois semaines de retard, pile poil… Alors, avant ce délai sup­plé­men­taire, je ne me suis pas vrai­ment inquié­tée. J’ai tout de même fait un test uri­naire : néga­tif.
    Mais la qua­trième semaine s’est écou­lée (re-test néga­tif)… et les nau­sées sont arri­vées avec la cin­quième… Re-test, élec­tro­nique cette fois, et le petit + est appa­ru. Pas vrai­ment de sur­prise, sinon que depuis ce début d’his­toire d’a­mour, je suis sûre de ne jamais avoir oublié ma pilule. Je m’é­tais enfin res­pon­sa­bi­li­sée par rap­port à sa prise quo­ti­dienne. Je pen­sais même que j’au­rais du mal à avoir un enfant un jour parce qu’au vu du nombre de fois où je l’a­vais oubliée depuis mon ado­les­cence, il était même éton­nant que je ne sois jamais tom­bée enceinte.
    Quelques jours de réflexion et je suis cer­taine que non, ce n’est pas le moment pour une gros­sesse. J’ap­pelle donc le plan­ning fami­lial de la ville près de chez moi (je n’ai plus de méde­cin trai­tant, il est retrai­té depuis quelques semaines) où l’on m’an­nonce des délais irrai­son­nables. Le pre­mier ren­dez-vous dis­po­nible est pour sep­tembre. Euh, oui, sauf qu’à ce rythme là, en sep­tembre, il fau­dra que je pense à choi­sir les cou­leurs de la chambre du hari­cot qui squatte mon ventre… Heu­reu­se­ment la dame au télé­phone (très gen­tille soit dit en pas­sant), m’o­riente vers un autre plan­ning fami­lial net­te­ment plus loin, à 1h30 de chez moi, mais moins sur­char­gé. Et hop, nou­veau coup de télé­phone, ren­dez-vous pris pour le ven­dre­di de la semaine sui­vante.
    Le len­de­main, le co-auteur du hari­cot me quitte. Je lui annonce mon état dans la fou­lée et cela n’a pas l’air de lui pro­cu­rer la moindre émotion/réaction. S’il me res­tait le moindre doute sur ce que j’a­vais à faire, il a été balayé à cet ins­tant. Mère céli­ba­taire, avec une mai­son en chan­tier et un tra­vail de nuit, c’est trop loin de mon idéal de vie.
    J’en parle à trois amis; l’un com­prend mais per­son­ni­fie trop le hari­cot à mon goût. Pour moi, j’é­tais enceinte, mais ce n’est pas pour autant qu’on était « deux »… L’une n’ap­prouve pas et ne com­prend pas que je sois plus tou­chée par la sépa­ra­tion que par le choix d’a­vor­ter, me fait peur point de vue dou­leur et sui­vi psy­cho­lo­gique. Le troi­sième enfin me laisse par­ler, me sou­tient et oublie le juge­ment com­mun sur l’a­vor­te­ment. C’est amu­sant, parce que je sais que dans l’ab­so­lu, il est plu­tôt contre…
    Le pre­mier ren­dez-vous au plan­ning arrive donc. Je suis un peu en avance et je fume une clope devant la porte avec une jeune fille qui est là juste pour les mêmes rai­sons que moi. Pas la même his­toire, et elle est accom­pa­gnée par sa maman mais on en est au même stade et papo­ter toutes les deux nous a fait du bien. Moi en tout cas, je me suis sen­tie moins seule… Ren­contre avec l’ac­com­pa­gnante et je com­mence à res­pi­rer, je n’ai pas dû me jus­ti­fier quant à mon choix, pas dû entrer dans les détails de mon his­toire. L’exa­men médi­cal ensuite… La gyné­co est extra, j’ai appris qu’on pou­vait être tout à fait à l’aise durant ce type d’exa­men. Elle me donne toutes les indi­ca­tions sur l’exa­men en cours, sur ce qui va suivre, sur les médi­ca­ments que j’au­rai à prendre avant l’in­ter­ven­tion et sur le sui­vi qu’il y aura au plan­ning.
    La semaine s’é­coule len­te­ment…
    Hier, retour au plan­ning. J’ai failli être en retard, je me suis trom­pée sur la route mais à mon arri­vée, la même jeune fille est là. On plai­sante en atten­dant d’être accueillies. Je crois sur le moment ne pas avoir de chance, ce n’est pas la même gyné­co. Mais elle vaut la pre­mière. L’ac­com­pa­gnante m’a tenu la main durant l’in­ter­ven­tion. Après cela, salle de repos, pour la durée de mon choix, pour le temps dont j’a­vais besoin avant de reprendre la route. L’ac­com­pa­gnante et la gyné ont pris un café avec moi. J’ai pleu­ré un peu dans leurs bras. Pas pour l’in­ter­ven­tion en elle-même. Je suis sûre d’a­voir fait le meilleur choix, mais pour être là toute seule, comme une grande et avec un gros cha­grin d’a­mour sur mes toutes petites épaules… J’ai un nou­veau ren­dez-vous dans deux semaines pour une visite de contrôle et la pose d’un sté­ri­let. Parce que la gyné m’a com­plè­te­ment ras­su­rée sur ce moyen contra­cep­tif
    Je suis sor­tie assez vite du plan­ning, je me sen­tais en forme, et n’a­vais pas de dou­leur. J’ai repris la voi­ture et sou­ris en voyant un bébé dans une pous­sette parce que je sais qu’un jour on sera trois : un papa, un enfant et moi. Je me suis arrê­tée sur l’au­to­route pour un nou­veau café et je me suis sen­tie libre, prête à aller de l’a­vant. J’ai tou­jours eu conscience de la chance que j’a­vais d’être femme à cette époque et ici. Mais je m’en rends encore un peu plus compte main­te­nant… Mer­ci aux 343 et à toutes et tous les autres qui ont fait que hier, j’ai pu être quel­qu’un de libre et res­pon­sable.
    J’ai avor­té hier, et je vais bien, mer­ci!

  63. reverie dit :

    Pour répondre à Aurel mais aus­si aux autres: moi aus­si je suis dans une rela­tion stable, mariée depuis 15ans, deux enfants de 13 et 11 ans que j’a­dore et pour­tant quand il y un mois et demi j’ai su que j’é­tais enceinte ( arret de la pilule mais pré­ser­va­tifs la période  » à risques »!!!!) nous avons dit non;
    Pas vou­lu , pas dési­ré, une méthode contra­cep­tive qui n’a pas mar­ché, com­ment inves­tir cet enfant? On a lon­gue­ment réflé­chi , des nuits entières et on a dit  » tant pis »..;Alors com­mence la par­cours du com­bat­tant : appe­ler la cli­nique, un RDv rapide, une gyné­co super même si elle me m’a dit  » une belle gros­sesse bien pla­cée » en m’aus­cul­tant, ce qui m’a fait fondre en larmes.
    Car à 40 ans c’é­tait ma « der­nière chance  » que je sai­sis­sais pas et je le savais qu’il n’y en aurais plus d’autres aprés.…
    Prendre rdv chez l’anes­thé­siste, faire une prise de sang , une écho ( méde­cin visi­ble­ment répro­ba­teur)„ deuxième rdv pour les com­pri­més de cyto­tec, deux jours plus tard jour­née à la cli­nique ( pas facile tous ces rdv quand on tra­vaille!!!): deux prises de cachets qui n’ex­pulsent rien ( à 9 h puis à 14 h) , pas­sage au bloc à 18 h 40 , nuit à l’ho­pi­tal, matin soli­taire où je suis sor­tie seule comme une réprou­vée…
    10 jours plus tard rdv de controle avec la gyné­co trés humaine et empa­thique…
    non je ne regrette pas ce choix,je regrette d’a­voir cru qu’ à « mon âge » on était moins féconde, je regrette de m’être sen­tie cou­pable mal­gré tout, je regrette d’a­voir du men­tir à mon entou­rage pour mes absences au tra­vail, je regrette de ne pas pou­voir en par­ler ( j’ai essayé avec ma mère mais j’ai vite com­pris sa répro­ba­tion), je regrette d’a­voir dû sup­por­ter cela qua­si seule même si mon époux était au cou­rant, je regrette qu’il ne m’ait pas pris dans ses bras quand je suis ren­trée de la cli­nique seule…
    Mais je ne regrette pas de conti­nuer ma vie telle qu’elle est et je vais bien mer­ci…

  64. Lili.Pissenlit dit :

    En sep­tembre der­nier, j’ai recroi­sé dans un bar, un mec pour qui il y a envi­ron 4 ans, j’a­vais eu un énorme cruch. Nous avions flir­té ensemble à l’é­poque, mais il avait ren­con­tré une autre fille et nous nous étions per­dus de vue. Une his­toire super banale, en somme. Et puis, voi­la que je le recroise alors qu’il vient de se sépa­rer. Un peu trop d’al­cool plus tard et lui comme moi zap­pons la capote. Le len­de­main pen­dant qu’il s’en va, je file à la phar­ma­cie prendre la pilule du len­de­main. Manque de chance, ça ne marche pas. Sin­cè­re­ment, j’ai juste enfouie ma tête dans le sable quand je me suis aper­çue de mon retard de règles, mal­gré ma fatigue constante. Et puis presque un mois après notre rap­port sexuel, j’ai pris mon cou­rage à deux mains et j’ai fait un test. Je me sou­viens que quand j’ai vu le résul­tat, j’ai remis le test dans sa boite avant de le mettre bien au fond de la pou­belle. Ensuite, je suis par­tie me rou­ler en boule dans mon lit. Et j’ai vomit avant de me ren­dor­mir comme une souche. Je n’ai pas eu à prendre de déci­sion, elle s’est impo­sée à moi, je n’y ai même pas vrai­ment réflé­chis, je venais à 23 ans de reprendre mes études, et soyons réa­liste, je n’ai abso­lu­ment la matu­ri­té néces­saire pour assu­rer une sta­bi­li­té à un bébé! Alors le jour même, j’ai filé au plan­ning fami­lial, plus le temps de gar­der l’o­reiller sur ma tête. La femme qui m’a reçue à été super pro et sym­pa. Le soir même, j’ai mis mes deux soeurs au cou­rant, elles m’ont accom­pa­gnées par­tout après ça, j’ai une chance folle de les avoir eu. Après elles, je l’ai juste dit à une amie qui m’a beau­coup écou­tée aus­si. Trois jours plus tard, j’a­vais ren­dez-vous au ser­vice de ortho­ge­nie du centre hos­pi­ta­lier d’Ar­men­tières. Où j’ai eu affaire à des gens qui sont là parce qu’ils ont choi­sit d’être là et qui sou­vent sont des mili­tants. Pen­dant l’é­cho (qui n’a pas été vagi­nale), le méde­cin avait tel­le­ment tour­né le moni­teur, que j’ai bien cru qu’il allait se déboî­ter le cou pour voir l’é­cran et le son était cou­pé. J’ai aus­si vu une conseillère, à ma propre demande, elle m’a décom­plexée sur le fait que je culpa­bi­li­ser de ne pas culpa­bi­li­ser jus­te­ment, de bien le vivre, que mon IVG ne soit pas un drame! Elle et le méde­cin ont répon­dus à toutes mes inter­ro­ga­tions et à mes doutes. J’ai eu pas mal de médi­ca­tion pour m’é­vi­ter d’a­voir mal, par exemple un valium la veille au soir pour pou­voir bien dor­mir, des décon­trac­tant et des anti-dou­leur avant et après l’in­ter­ven­tion. Le jour même, je suis arri­vée en début d’a­près-midi avec mes soeurs, j’ai été ins­tal­lée dans ma propre chambre, où je me suis repo­sée avant et après l’in­ter­ven­tion. Le per­son­nel a été génial, très très à l’é­coute, répon­dant à toutes nos ques­tions de manière très pré­cise et très pré­sent. Les infir­mières sont plu­sieurs fois dans ma chambre, avant pour voir si cela allait, pour me ras­su­rer sur le dérou­le­ment de l’in­ter­ven­tion et après pour voir si je n’a­vais pas trop mal et m’ap­por­ter un anti-dou­leur. Pen­dant l’in­ter­ven­tion, la conseillère était avec moi, elle me tenait la main, et l’in­fir­mière et elle ont pas­sées l’in­ter­ven­tion à essayer de me faire pen­ser à autre chose. J’ai aus­si eu une poche de glace sur le ventre pour limi­ter la dou­leur. Après l’in­ter­ven­tion, je suis res­tée envi­ron 2h dans ma chambre, et en plus de l’in­fir­mière, la conseillère et le méde­cin sont repas­sés me voir. J’ai aus­si effec­tué ma visite de contrôle avec eux. Au vu des témoi­gnages que j’ai pu lire, je sais que j’ai eu beau­coup de chance d’al­ler dans ce ser­vice et d’être autant « choyée »! Aujourd’­hui, et depuis quelques mois, quand le sujet de l’a­vor­te­ment vient sur le tapis, j’en parle libre­ment, car je sais que j’ai fait ce qu’il y avait de mieux. Et de tom­ber sur ce site m’a défi­ni­ti­ve­ment enle­ver de l’es­prit que non, c’é­tait pas grave que je le vive bien! Alors oui, j’ai eu un coup de mou en mai, soit 9 mois plus tard. Mais quand ma nou­velle gyné­co note dans mon dos­sier « une gros­sesse », ou qu’un de mes amis me dit « mais en fait, t’as déjà avor­tée toi? ». Ben ouais, j’ai avor­tée et je le vis bien mer­ci!

  65. Mistyblue dit :

    His­toire banale. J’ai cou­ché avec un gars que je connais­sais à peine sans pro­tec­tion, suis tom­bée enceinte dès le pre­mier rap­port. Deux semaines plus tard, le jeune homme prend ses dis­tances. Mes règles n’ar­rivent pas, je m’in­quiète. Je fais un pre­mier test de gros­sesse la semaine sui­vante qui se révèle néga­tif. Cela ne me ras­sure pas long­temps car tou­jours pas de règles. Je fais une prise de sang qui révèle que je suis enceinte d’en­vi­rons 3 semaines. Et là panique! J’a­ver­tis le gars et lui dit que j’a­vor­te­rai. Il prend les choses cal­me­ment comme s’il n’é­tait pas concer­né. A part quelques mes­sages pour sou­la­ger sa petite conscience, je n’au­rai rien de lui. Le par­cours du com­bat­tant com­mence : RDV chez la gyné­co, chez le radio­logue, puis chez un autre gyné­co après la semaine de réflexion et enfin le vrai ren­dez-vous pour l’a­vor­te­ment. Toutes ces démarches auront pris 3 semaines et m’au­ront coû­té plus de 400 euros.
    A cela s’a­joutent les nau­sées per­sis­tantes, une fatigue extrême. Je me sen­tais à bout! Si au début j’é­tais un peu sen­ti­men­tale en pen­sant à cette vie en moi, les dou­leurs m’ont vite fait chan­ger d’a­vis. Je ne vou­lais pas de cet embryon et c’est comme si mon corps le reje­tait tout entier.
    L’o­pé­ra­tion s’est bien pas­sée. IVG par aspi­ra­tion sous anes­thé­sie géné­rale. J’ai eu un peu mal lors­qu’on m’a per­fu­sée mais aucune dou­leur post-opé­ra­toire, juste de légers sai­gne­ments. Le per­son­nel a été très pro­fes­sion­nel et à l’é­coute.
    J’ai avor­té le jour de mon anni­ver­saire. Je pen­sais que ce serait trau­ma­ti­sant mais en fait ce fut une libé­ra­tion ; je vois ça comme un nou­veau départ. Je m’en suis vou­lue d’a­voir été irres­pon­sable en cou­chant sans pro­tec­tion mais ça m’au­ra ser­vi de leçon! Ca n’ar­ri­ve­ra plus, je me sens gran­die. J’ai fait le ménage autour de moi, zap­pé les per­sonnes néga­tives de mon entou­rage.
    J’ai avor­té et je vais bien mer­ci 🙂

  66. Coccinelle dit :

    En lisant vos mes­sages je vais mieux, mer­ci !

    Bon­jour à toutes et tous,
    Je vais avor­té dans quelques jours et jus­qu’à ce que j’an­nonce ma déci­sion à mes méde­cins et que je vienne jeter un œil sur cer­tains forums, tout allez bien.
    J’ai été vrai­ment cho­quée de la réac­tion de silence de mes méde­cins qui me suivent pour­tant depuis des années ! pas de com­men­taires, ren­voi vers l’hô­pi­tal sans même une dis­cus­sion, comme une paria à qui on ne veut pas par­ler ! Puis inter­net les sites de sou­tien ou on a l’im­pres­sion que cette déci­sion est qua­si sys­té­ma­ti­que­ment une catas­trophe psy­cho­lo­gique.
    Je suis en couple depuis 9 ans, mon mari s’est mis à boire il y a 5 ans, a arrê­té de tra­vailler, nous ne nous sup­por­tons plus, pro­blèmes d’argent, il ne veut pas d’en­fant …
    mes valises sont prêtes mais pour cer­tains c’est pas une rai­son suf­fi­sante !
    J’ai même cette impres­sion étrange que cette « épreuve » me fait gran­dir et me fait prendre conscience que je dois tour­ner la page de mon couple et trou­ver un com­pa­gnon « digne » d’être papa.
    Je par­cours depuis hier ce blog, je lis et relis vos mes­sages et j’ai l’im­pres­sion de revivre ! et de pou­voir enfin assu­mer ma déci­sion sans culpa­bi­li­té, de ne pas être « un monstre » et que je vais bien le vivre.
    Mer­ci de vos témoi­gnages.

  67. celine dit :

    bon­soir,

    j’ai accou­ché en jan­vier 2010 … j’ai avor­té en juillet 2010
    un magni­fique gar­çon for­ce­ment 😉 le frère deve­nu l’aî­né qui prend sa place de grand mais qui reste encore mon bébé. le papa, mon com­pa­gnon depuis 10 ans aimant et pré­sent.
    15 jours avant de reprendre le tra­vail après le délai de congé mater et quelques petits CA grap­pillés, coup de télé­phone de ma supé­rieure :
    _bon il fau­dra faire des nuits on manque de per­son­nel, tout le monde en fait 2 à 3 par mois
    moi _ avec un nour­ris­son de trois mois ?, mon conjoint n’est pas pré­ve­nu qu ‘il devra assu­mer les nuits seul, on ne s’est pas orga­ni­sé et puis ce n’est pas pré­vu dans mon contrat, les nuits c’est sur la base du volon­ta­riat et puis et puis et puis…
    je suis infir­mière de celle qui ont dû mal à dire non quand on les rap­pelle parce que les col­lègues qui se retrouvent seules, parce que les patients, parce que les soins…
    très vite les 2/3 nuits se trans­forment en 4/5 sur un mois avec en plus les horaires de jour : levée à 5h, les horaires d’a­près m : reve­nue à 22h pas­sée. Il m’ar­rive de faire trois horaires dif­fé­rents dans la semaine.
    je decides de prendre la pilule à 7h du matin pour être car­rée.
    très vite je perds pied, je demandes à pas­ser de nuits uniquement…pour voir le rythme au mois de juin mais ce sera au mois de juillet en pleine vacances sco­laires… pra­tique…

    j’ai envie de dor­mir tout le temps et je vomis durant mes nuits de veille. j’ai eu mon retour de couches et puis mes règles en juin. j’ai très envie d’un troi­sième, les hor­mones en feu mais avec mon épi­sio­to­mie les ébats sont dou­lou­reux et la libi­do en berne, et mon com­pa­gnon veut bien être le géni­teur mais pas le papa d’un troi­sième. j’ai pris la pilule 10 ans puis un sté­ri­let après le pre­mier enfant. j’ai oublié ma pilule plu­sieurs fois, pris la pilule du len­de­main une fois, croi­sé les doigts plus d’une fois…

    C’est pas juste ! je suis dans le médi­cale en plus, la honte quoi, me suis fais avoir comme une bleue avec le retour de couches, après tout on en a déjà deux et j’en ai envie mais pas lui… oui mais pas comme ça, pas seule, est ce un acte man­qué cet oubli de pilule ?, qu’est ce qu’il fait là com­ment je vais lui expli­quer plus tard que c’est parce que j’a­vais la tête en vrac tout ça à cause de consi­dé­ra­tion patro­nale, de conjonc­ture éco­no­mique, de ne pas savoir dire non et ma géné­ra­liste qui me dit qu’a­près tout jamais deux sans trois (mais de quoi elle se mêle !), et mes 10 kg en trop et mon épi­sio­to­mie si dou­lou­reuse avec deux points qui ont sau­tés trop tôt (quelle futi­li­té !, quelle égoïste !) et ter­mi­ner ma vie de mère par un deuil, mon ventre deve­nu cer­cueil (ça c’est pour mon édu­ca­tion catho) et les nuits que le bébé ne fait pas encore(ça c’est bien réel et ça a duré long­temps)…
    mon com­pa­gnon a eu la réac­tion atten­due et bien plus encore : tou­jours aimant et pré­sent.
    le ser­vice d’or­tho­gé­nie a fait preuve d’une grande huma­ni­té et d’un grand res­pect pour un tra­vail sans grande consi­dé­ra­tion mis à part le nôtre par­fois…
    la deci­sion a dû être prise en deux semaines, ce fut très dou­lou­reux, un véri­ta­ble­ment déchi­re­ment entre désir et rai­son. Ecar­te­lée entre mes contra­dic­tions inté­rieures et mon inca­pa­ci­té à pen­ser au futur… déjà en temps nor­mal, alors j’ai pen­sé au pas­sé : aux germes de nos deux enfants et à nos ébats tou­jours fruc­tueux en plai­sirs. et ça ne pou­vait pas se pas­ser comme ça parce que jamais deux sans trois !

    j’ai avor­té et je vais bien mer­ci

  68. bibi dit :

    J’ai avor­té il y a 3 semaines et je vais bien.
    En couple depuis plus de 8 ans, cette gros­sesse était dési­rée, atten­due depuis déja 1 an… Mais voi­la le len­de­main de l’an­nonce du « peut-être » à mon conjoint, la douche froide… Il doute de notre ave­nir ensemble… Pen­dant 1 mois je vis entre paren­thèse. Je res­sens cette gros­sesse dans mon corps, mais je ne fais pas de test, je veux attendre d’être sure de sa déci­sion. Il me dit qu’il réflé­chit et un jour, une lettre: c’est finit. Mon monde s’é­croule. Plus que d’un enfant, je rêvais d’une famille, heu­reuse… La déci­sion est dou­lou­reuse, autant que la rup­ture, mais claire.

    Je prend ren­dez vous avec mon méde­cin pour la semaine sui­vante, j’ai déjà dépas­sé le délai pour la méthode médi­ca­men­teuse.
    Il tra­vaille éga­le­ment dans un centre d’or­tho­gé­nie, il est mili­tant, la consul­ta­tion était « géniale ». Empa­thique, à l’é­coute, décul­pa­bi­li­sant, il m’a redon­né le sou­rire.« 2 ivg sur 3 c’est pas des acci­dents de contra­cep­tion, c’est des his­toires de vie, comme vous… », » fina­le­ment c’est banal ce qui vous arrive », « vous savez c’est dur pour l’i­mage de mon sexe de bos­ser en ortho­gé­nie, les femmes sont tel­le­ments fortes mais les mecs.…. » , il me raconte l’his­toire de l’ivg dans ma ville. Je sens faire par­tie d’une com­mu­nau­té, des femmes se sont bat­tues pour avoir ce droit, je suis une femme forte comme toutes les femmes qui ont tra­ver­sées et tra­versent ces épreuves de femmes. J’ai 28 ans, je suis méde­cin géné­ra­liste, je vis une dou­lou­reuse mais banale his­toire de couple, où la gros­sesse nous met face à un mur, lève le voile sur des évi­dences que l’on vou­lait oublier… mais je suis une femme comme les autres!
    Il prend le rdv pour l’é­cho­gra­phie la semaine d’a­près, et la consul­ta­tion en ortho­gé­nie avec sa col­lègue (je ne pou­vais pas le voir car je tra­vaille les mêmes jours que lui).

    L’é­cho­gra­phie était la chose que j’ap­pré­hen­dais le plus, j’y suis allé seule, mon ex conjoint n’é­tait pas la. alors qu’il avait pré­ci­ser sur la lettre « en vu d’une inter­rup­tion », la radio­logue ne l’a pas lu, « pour­quoi on fait si tôt? »… Echo par voie abdo­mi­nale, grand écran en face de moi, je pleure, la main devant les yeux, j’a­per­ce­vrais des images floues, j’a­vais tres peur de voir un bébé, j’ai vu un corps et des ébauches de membres. Pour­quoi a t elle écou­té les bruits du coeur? Je ne sais pas… ça a duré 20 secondes en tout, l’é­preuve est pas­sée, je repars avec un compte ren­du et des pho­tos! C’est dif­fi­cile, et en même temps je suis sou­la­gée d’a­voir ces « sou­ve­nirs ». Elle fait par­tie de mon his­toire cette gros­sesse, je crois qu’elle était néces­saire pour la fin de notre couple, et le début d’une nou­velle page de mon his­toire, heu­reuse aus­si je le crois.

    Le pre­mier rdv en ortho­gé­nie, je vois d’a­bord une conseillère, humaine, empa­thique, qui m’ex­plique tout. Puis la méde­cin, idem… J’ai déci­dé d’une IVG sous anés­thé­sie locale, la semaine sui­vante, et elle en pro­fi­te­ra pour mettre un DIU (nou­velle vie, nou­velle coupe, nou­velle contra­cep­tion!).

    La veille de l’in­ter­ven­tion, je n’ai fait que pleu­rer, j’ai pas­sé la soi­rée chez une amie, pre­mier com­pri­mé ava­lé, c’est par­ti. j’ai pris l’an­xio­ly­tique pre­crit mais pas le som­ni­fère, j’ai quand meme dor­mi nor­ma­le­ment. Encore des com­pri­més le matin, qui ont déclen­chés des dou­leurs un peu comme des règles, qui ont duré 15 minutes le long du tra­jet jus­qu’au ser­vice, puis plus rien. Mon amie m’ac­com­pa­gnait. Tres bien accueillie au centre, j’ai accep­té le sup­po d’an­ti inflam­ma­toire et l’an­xio­ly­tique, l’in­fir­mière et la méde­cin sont reve­nu tout m’ex­pli­quer. J’é­tais sereine, entou­rée.

    L’in­ter­ven­tion s’est pas­sée sans aucune dou­leur (vrai­ment!)… Atmo­sphère sereine, lumiere éteinte, l’in­fir­miere à ma tête, qui me pro­pose sa main et me demande si j’ac­cepte qu’elle me caresse les che­veux, moi qui tient le bal­lon de pro­toxyde d’a­zote (gaz qui a un effet « pla­nant »), et qui peut gerer si j’en prend plus ou moins selon le stress, le moment de l’in­ter­ven­tion… j’a­vais peur du bruit de l’as­pi­ra­tion, je n’ai enten­du qu’un aspi­ra­teur…

    Oui une IVG peut être « par­faite »… par­fai­te­ment bien vécue… j’ai pleu­ré à la toute fin de l’in­ter­ven­tion, c’é­tait fini, mon couple, mon pro­jet de famille, ma gros­sesse…

    3 semaines apres, je vais éton­ne­ment bien, j’ai des pro­jets dans ma nou­velle vie, et je suis convain­cue que mon ancienne vie ne pou­vait se finir autre­ment, par ce pas­sage presque banal dans la vie d’une femme…

  69. Shashou dit :

    Bon­jour, je n’ai pas encore avor­té mais je m’ap­prête à le faire dans moins d’une semaine. Non pour le moment je ne vais pas bien, mais seule­ment parce que j’at­tend avec impa­tience le jour où l’on va me débar­ras­ser de ce poids (excu­sez moi si les mots vous paressent crus).

    J’ai 20 ans, je suis étu­diante. J’ai tou­jours était cer­taine de ne pas vou­loir d’en­fants, à vrai dire même le fait de voir une femme enceinte dans la rue me dégoûte (bien que je res­pecte tota­le­ment les femmes qui ont des enfants, c’est tout à leur hon­neurs).
    Alors j’ai tou­jours fait atten­tion, je me suis tou­jours pro­té­gée, car tom­ber enceinte est la pire chose qu’il puisse m’ar­ri­ver.…

    Mal­gré tous mes efforts je suis tom­bée enceinte.… D’un gar­çon que je ne comp­tais même pas revoir.
    Coup de panique, je traîne un peu me disant que mes règles fini­ront bien par arri­ver, puis en fin de mois, face à l’é­vi­dence je file un matin au plan­ning. Jus­qu’au der­nier moment j’es­père, la sen­tence tombe: je suis enceinte. Je n’en­tend plus rien, je ne vois plus rien, tout s’é­croule. Ayant déjà pas­sé une année dif­fi­cile entre les pro­blèmes avec mon stu­dio, ma fac, une énorme peine de coeur … il a fal­lu que je tombe enceinte.

    Je ne réa­lise pas au début puis les symp­tômes com­mencent à prendre rai­son de mon corps, il n’y a pas de doute, quelque chose est dans mon corps, je me dégoûte, m’en­tendre dire que je suis enceinte me dégoûte, je me sens sale, il faut que je me débar­rasse de ce pro­blème et vite !

    Je me lance donc dans un long périple de démarches inter­mi­nables afin d’a­vor­ter au plus vite. Coup de chance après le ter­rible épi­sode de l’é­cho­gra­phie vagi­nal (ça fait un mal fou) j’ap­prend que je suis enceinte de 6 semaines et que je peux encore avor­ter par médi­ca­ments.…

    Est ce que je vais me sen­tir cou­pable d’a­voir avor­ter ? Non cer­tai­ne­ment pas. Je puisse com­prendre qu’une femme qui désire un enfant mais tombe enceinte au mau­vais moment se sente cou­pable. Mais pour ma part, il n’y aura pas de culpa­bi­li­té, pas de tris­tesse. Je serai de nou­veau libre. Et une chose est sure, après cette expé­rience je désire encore moins avoir des enfants un jour.…

  70. Jen dit :

    J’ai avor­té ce wee­kend, on est mar­di soir. J’ai repris le bou­lot lun­di matin à 5h30 et bien que fati­guée, je vais bien.
    Après ma petite semaine de réflexion, les deux bar­rettes sur le test, une conver­sa­tion avec ma super gyné­co, les copines au bout du fil, la confron­ta­tion avec le géni­teur (un men­teur sur pied pour ne pas le dire plus vul­gai­re­ment), ma dénon­cia­tion des abus des anti ivg qui se disent « centre natio­nal d’in­for­ma­tion ano­nyme et gra­tuit » et qui vous disent n’im­porte quoi, ma conver­sa­tion avec le Plan­ning fami­liale (géniales ces femmes ! Mer­ci !), les dis­cus­sions avec les copines, les parents, re ma gyné­co puis l’é­tape du j’a­vale un cachet, un deuxième, un troi­sième et puis, j’at­tends, je dors, je lis « j’ai avor­té et je vais bien mer­ci » (je constate que je ne suis pas seule, qu’a­près tout rentre dans l’ordre, qu’on peut bien le vivre, qu’on peut avoir d’autres enfants, plein, qu’on a pas à se jus­ti­fier, qu’on est libre de nos choix, que c’est un droit ! Génial ce blog, génial ce bou­quin ! géniale idée ! Un méga grand Mer­ci) …
    et bien tout est aus­si ren­tré dans l’ordre pour moi !
    Je ne regrette pas du tout ma déci­sion. Je vois la vie autre­ment. Cette expé­rience m’a ouvert les yeux sur la liber­té dont je dis­pose et qu’il faut nous réus­sis­sions à conser­ver pour nos futurs filles. J’ai eu un peu peur car sur le moment, ça ne des­cen­dait, l’ivg médi­ca­men­teux a pris un peu son temps, mais tout est ren­tré dans l’ordre.
    Alors, oui, moi aus­si, j’ai avor­té et je vais bien, mer­ci !
    Vive la liber­té ! Vive la liber­té des femmes ! Vive le choix !

  71. céline dit :

    J’ai avor­té mer­cre­di der­nier, le 31 octobre 2012 et je vais bien !
    Mon choix s’est d’a­bord tour­né vers l’IVG médi­ca­men­teuse, pour en finir au plus vite, mais après dis­cus­sion avec la gyné­co­logue du plan­ning, j’ai opté pour l’as­pi­ra­tion, je me voyais mal avor­ter dans mes toi­lettes en enten­dant mes enfants jouer de l’autre côté !!
    L’in­ter­ven­tion s’est très bien dérou­lée, un per­son­nel au top, aucune dou­leur res­sen­tie…
    Depuis, je res­sens une bonne fatigue, j’ai des sai­gne­ments type règle, mais je me sens bien, libé­rée et libre !!

  72. Cathy dit :

    Je dois avor­ter la semaine pro­chaine et je vais bien mer­ci.
    Mais je me pose deux ques­tions :
    Ai je le droit de choi­sir le type d’in­tér­rup­tion ?
    Et si j’ai le droit laquelle choi­sir ? Je pense que médi­ca­le­ment les deux sont pos­sibles mais j’ai plu­tôt envie d’op­ter pour l’as­pi­ra­tion. Lors du pre­mier rdv le gyné­co ne m’a presque rien expli­qué et ne m’a pas don­né le choix mais j’ai un autre rdv demain et je compte bien impo­ser mon choix.

    • reverie dit :

      Le gyné­co t’o­riente en fonc­tion du nombre de semaines de ta gros­sesse mais fran­che­ment choi­sis plu­tôt l’as­pi­ra­tion car avec les medocs cela peut prendre toute la jour­née sans que rien ne « des­cende  » et fina­le­ment tu te retrouves au bloc.Cela m’est arri­vé et fran­che­ment c’est angois­sant et affreu­se­ment long d’at­tendre que les médocs agissent en se deman­dant si cela va être dou­lou­reux, si tu vas beau­coup sai­gner et les infir­mières qui te donnent un hari­cot pour que « cela « tombe dedans et pas dans les toi­lettes pour qu’elles puissent véri­fier. Ou alors on te ren­voie chez toi et tu attends sans savoir quand tu seras « libé­rée ».Alors qu’a­vec l’as­pi­ra­tion sous anes­thé­sie géné­rale tu stresses un peu mais tu te réveilles sans rien avoir vu et quelques heures aprés tu rentres chez toi..Pas facile cepen­dant d’im­po­ser son choix me semble-t-il. Bon cou­rage , ce n’est qu’un mau­vais moment à pas­ser tu as fait le choix le meilleur pour toi…

      • céline dit :

        Tu as le droit de choi­sir !!
        Je par­tais pr une ivg médi­ca­men­teuse mais c’est la gyné­co­logue du plan­ning qui m’a for­te­ment conseillé l’as­pi­ra­tion…
        Et je ne regrette pas de l’a­voir écou­té !!
        C’é­tait sous anes­thé­sie locale, je n’ai rien sen­ti (j’a­vais le gaz hila­rant) et on est très bien entou­ré (une sage femme est res­tée auprès de moi tout le tps)…
        Je pense que cette méthode est moins trau­ma­ti­sante !

        • Cathy dit :

          J’ai eu un nou­vel entre­tien avec le gyne­co et en fait ils font cela sous anes­thé­sie géné­rale et pour lui faire une anes­thé­sie géné­rale n’est pas sans risque et cela ne pou­vait pas se faire avant la fin du mois.
          Je fais donc par médi­ca­ments lun­di et mer­cre­di, il m’a dit que c’é­tait comme des règles au niveau de la dou­leur mais vu cer­tains témoi­gnages je pense que je vais souf­frir un peu plus. Par contre pschy­co­lo­gi­que­ment cela me fait pas peur car c’est très clair dans ma tête je veux avor­ter

          • cathy dit :

            Bon voi­là c est fait pre­mière prise lun­di un peu de sai­gne­ments mar­di soir deuxième prise ce matin et tout c’est très bien pas­sé sans trop de dou­leur je vous remer­cie vrai­ment pour ce blog qui m’ a accom­pa­gné dans ma déci­sion. J’ai avor­tée et je vais très bien mer­ci

  73. Layina dit :

    J’ai avor­té en mai 2011.
    Plus sous pilule depuis plus 1an et demi, des aléas de règles, cou­cou je suis là, cou­cou je suis pas là, et enfin une sta­bi­li­sa­tion avec des règles à 1journée près.
    Un jeune homme qu’on connaît sans connaître, qu’on fré­quente sans fré­quen­ter, on se voit on boit du rouge qu’il amène, on mange ce que je cui­sine, on parle poli­tique avec des avis diver­geant, on regarde des films on fait l’a­mour. ça fait 1mois. C’est pas une grande his­toire mais ça fait pas­ser la fin de l’hi­ver, on rigole bien. Après un débat hou­leux sur l’a­vor­te­ment (il est plu­tot contre, je suis radi­ca­le­ment pour) sur­ve­nue à la suite d’un article trou­vé sur rue89, un pro­fes­seur avait pas­sé une vidéo pro-vie à ses élèves. Per­son­nel­le­ment ça m’a­vait outré j’é­tais même allé pos­ter une longue tirade à un (par­don­né mes termes) cré­tins pro­vie, culpa­bi­li­sa­teur, sans argu­ment avec des thèses d’un gout dou­teux, qui mélan­gé un peu tout, dans le com­men­taires. J’ai pour­rie ce gar­çon sur Inter­net, mais pas celui qui visi­té ma chambre… Il pen­sait que l’avortement « non n’é­tait pas une faci­li­té, mais que il y avait l’a­dop­tion aus­si… » les trois petits points en disent long. On en a plus jamais repar­lé, mais on a conti­nué à se voir.
    J’a­vais 21ans, j’é­tais étu­diante, je vivais seule dans mon stu­dio avec mon chat comme seule contrainte.
    Un soir après un film, du rouge (modé­ré­ment) et un repas, nous bati­fo­lons. A par­tir de là tout va très vite… Une capote qui craque, un retrait, je me net­toie, on se rha­bille on dis­cute pas vrai­ment, il repart, j’ai cours tôt demain matin, lui aus­si, ça m’ar­range top chro­no moins de 20min. Lun­di 8h j’ai cours, je passe devant 3pharmacies pour aller à la fac, elles ouvrent pas avant 8h30, c’est pas grave j’au­rais du retard. Un café plus tard et une demi heure en plus, je suis devant la phar­ma­cienne :« hier soir j’ai eu un pro­blème de pré­ser­va­tif… ce serais pour une pilule du len­de­main », « ah, vous êtes majeurs ? vous vou­lez la prendre là ou je vous donne juste la boite, » Je prend ma boite, je me déleste de 10euros ( ou quel­que­chose comme ça) et je vais à la fac, sur le tra­jet je sors ma boite je prend ma ‘tite pilule et en avant gui­guant! je connais la pro­cé­dure ça fait moins de 10h c’est ok, je suis dans les temps, ça me sors de la tête. On c’est revue après ça, on en a pas dis­cu­té.
    Les jours passent, les semaines aus­si, la fin du mois est là, le 28avril « mes copines » doivent arri­vés, j’ai un doute je le sens pas. Mes seins sont lourds, beau­coup trop lourds, et dou­lou­reux bien trop dou­lou­reux, je peux pas enfi­lé un tshirt sans que j’é­rafle mes seins et que je souffre le mar­tyre, j’ai limite pris un bon­net, mon sou­tif me paraît étroit, je suis fati­gué bien trop fati­gué, et pour­tant je suis en vacances. On est jeu­di, je vais m’a­che­ter un test de gros­sesse, je rentre chez mes parents. Je n’ai pas encore de retard de règle. Ven­dre­di matin 6h45, je fais pipi sur ma lan­guette. Je le dépose reli­gieu­se­ment au sol, je suis assise sur la cuvette la gueule en fari­né le regard dans le vide, on tape à la porte des toi­lettes mon père qui va être en retard et qui à besoin de faire pipi…Il casse lit­té­ra­le­ment l’am­biance, et ma réve­rie, je réagis, j’at­trape mon test, la boite et je sors l’air de rien. Je retourne dans ma chambre et regarde, je bloc, c’est posi­tif, je le savais une poi­trine aus­si grosse ça pou­vait pas s’ex­pli­quer autre­ment. Me voi­là à 7h devant mon test à pas savoir quoi faire. J’ai 21ans des parents qui m’ont expli­quer, l’a­mour, le sexe, la contra­cep­tion sans tabou. Devoir leur expli­quer que j’ai « mer­dé » m’an­goisse. Il est ven­dre­di 29 avril 7h45.… Dans une semaine mes par­tiels com­mencent je suis blin­dé de bou­lot. Non concrè­te­ment là je sais pas… Je vais sur Inter­net plan­ning fami­lial, ils sont pas ouvert avant mar­di, je tombe au bon moment c’est les vacances il y a des jours fériés, demain c’ets le week end… Je décide d’al­lé voir ma mère.
    « Maman, je peux te par­ler, j’ai fait une conne­rie, je sais pas trop com­ment te le dire » je lui tant mon test. -« Ha, c’est pas une conne­rie, je pré­fère que tu m’en parle, je suis là pour ça. tu veux quoi? » ma tête dit non,« tu t’es ren­sei­gné? », « je sais pas, le plan­ning est fer­mé jus­qu’à mar­di, je trouve pas, je peux pas »; — « Bon, euh, alors je vais appe­ler mon méde­cin il est gyné­co on ver­ra ». Ma mère appelle prends rdv à 11h je suis dans la salle d’at­tente du méde­cin, elle me demande si je veux que qu’elle m’at­tente, je dis oui, elle sort de son sac de l’ar­gile et com­mence à la mani­pu­ler, je lis un maga­sine à la noix. Le méde­cin me fait ren­trer, me dit que ma mère lui a expli­qué que j’en­vi­sa­gé l’a­vor­te­ment, qu’il est habi­li­té à le faire. je lui explique, que c’ets mon choix, que ma mère m’a juste orien­ter vers lui, que je ne met­trais pas au cou­rant la per­sonne avec qui j’ai bati­fo­lé. il m’ex­plique, me dit on va faire une prise de sang pour véri­fier, même si je lui affirme que pas besoin, il m’ex­plique que c’ets dans la pro­cé­dure, il me file aus­si l’or­don­nance pour l’é­cho ain­si que des centres ou la pra­ti­qué, je l’ap­pelle quand j’ai tout. Je sors, go centre d’a­na­lyse, on peut venir les cher­cher demain. Je passe une par­tie de mon après midi au tel pour trou­ver un centre de radio­gra­phie qui me prennent rapi­de­ment. J’en ai appe­lé 4. Un pou­vait me prendre dans 15jours, je lui ai expli­qué que c’é­tait urgent, « il y a rien d’urgent dans une echo de data­tion madame » — » c’est en vue d’un avor­te­ment… » « je peux rien pour vous », j’ai beau­coup appré­cié. J’en ai appe­lé un qui ne pou­vait pas me prendre avant une semaine, la secré­taire m’a réser­vé une place quand même et ma don­né le numé­ro d’un autre centre qui était habi­tué au urgence, je devais la rap­pe­lé si je trou­vé avant. j’ai appe­lé, j’ai eu une place, le mer­cre­di sui­vant, ce fut un sou­la­ge­ment, j’ai appe­lé l’autre centre, la secré­taire, m’a dit bon ça va si vous avez trou­vé avant, c’est mieux. Ce fût très agréable.
    Same­di je suis allé cher­ché mes ana­lyses, elles étaient posi­tives, rien d’é­ton­nant. pas un mot de la part du corps médi­cal, à part qu’il fal­lait que je fasse atten­tion à mon magné­sium.
    J’ai pas­sé les autres jours à dor­mir et révi­ser, ça me per­met­tais de pen­ser à autre chose. Un ami est pas­sé on a dis­cu­té, il m’a dit si t’as besoin je t’a­mène, je te sur­veille après la prise de caché, je te tiens com­pa­gnie, pas un mot sur le fait que je vou­lais pas mettre au cou­rant « mon par­te­naire », il m’a dit c’est ton choix et c’est arrê­té là.
    mer­cre­di ma mère m’a­mène, je bois 1litre d’eau pour me pré­pa­ré, je me tor­tille sur ma chaise par­ceque 1litre d’eau et 10min de retard sur le rdv, ben c’ets dif­fi­cile, ma mère impas­sible à côté tri­pote sa boule d’argile, sa sta­tuette prend forme au fil des lieux ou elle m’a­mène. Enfin mon tour! je m’al­longe il me fait l’é­cho­gra­phie, le cadrant n’est pas tour­né vers moi, il n’y a pas de son, la per­sonne qui me fait l’é­cho­gra­phie s’en­quiert de ma condi­tion, en me deman­dant si ça va si c’ets pas trop froid. C’est froid, ça appuie et j’ai très très envie de faire pipi, il sou­rit me dit que je peux aller faire pipi, que je dois bien vider ma ves­sie, et de reve­nir pour finir l’exa­men par­ceque là il voit rien. Sou­la­ge­ment, je fais pipi, c’ets un grand moment de bon­heur. je vide bien ma ves­sie, comme deman­dé. Je reviens il me demande d’en­le­ver mon bas ce que je fais. Ah la culotte aus­si ? Ensuite je découvre ce que endo vagi­nale veut réel­le­ment dire… Endo à l’in­té­rieur, ben dans ma tête ça avait pas fait tilt .… Bon il a été très pro, pas du tout brusque il a fait en sorte que ça dur pas long­temps, il y avait pas beau­coup de lumière, quand il a finit il m’a don­né de quoi m’es­suyer, m’a deman­dé si je vou­lais les cli­ché main­te­nant puis il ets sor­tie, et a tapé pour reve­nir. j’ai atten­du en salle d’at­tente avec ma mère, ça l’a fait rire quand je lui ai expli­qué que j’a­vais pas vrai­ment sai­sie pour endo­va­gi­nale. Du coup ça a don­né que j’é­tais enceinte de 4semaines.
    J’ai appe­lé mon méde­cin pour lui dire que j’a­vais mes cli­chés. Il m’a don­né rdv jeu­di. on c’est arran­gé avec les dates, j’a­vais un par­tiel le lun­di je ne pou­vais pas me per­mettre de pas être là, en le voyant le ven­dre­di après la semaine de reflexions obli­ga­toire, si je fai­sais un IVG médi­ca­men­teux j’é­tais en arret jus­qu’à lun­di… On c’est arran­gé … Jeu­di mon ami m’a ame­né chez le méde­cin, il m’a ame­né une fleur. Ma mère ne pou­vait pas. J’ai pris mon pre­mier caché à 11h puis les autres le len­de­main. j’ai sai­gné, beau­coup sai­gné, j’é­tais obli­gé de chan­gé de ser­viette mega absor­bante toute les 2 heures. Puis j’ai dor­mi beau­coup dor­mi. Le lun­di j’ai fait mon par­tiel et enga­gé ma semaine d’exa­men, j’é­tais érein­té. J’ai du par­lé de ma situa­tion à une per­sonne de ma pro­mo, là pré­ve­nir, que j’a­vais une ordon­nance qui expli­qué tout dans mon por­te­feuille, que si jamais je fai­sais un malaise il fal­lait leur don­ner. J’ai pas­sé 15jours à sai­gné comme vache qui pisse… et être fati­gué, une de mes profs m’a même deman­dé si ça allé, car il m’ar­ri­vé de piqué du nez en cours.
    Par la suite j’ai refu­sé d’en par­lé à mon « par­te­naire » « concep­teur ». Avant son avis m’in­dif­fé­rait, c’é­tait sur­tout mon choix, et après ça signi­fiait pour moi que je me jus­ti­fie. J’en avais pas envie. On a conti­nué à se fré­quen­té en suite, on se voyait de temps en temps, rien d’of­fi­ciel. Puis on c’est per­due de vue.
    Aujourd’­hui j’ai envie de lui en par­lé, juste pour lui dire, que quand même quand on a un pré­ser­va­tif qui pète et qu’on s’en aper­çoit c’ets bien de savoir com­ment la fille gère ça.
    Voi­là je me suis fait avor­té, mer­ci je vais bien !
    Comme pour beau­coup j’ai culpa­bi­li­sé de pas culpa­bi­li­ser. Puis au final… Mon entou­rage m’a fait com­prendre que ce n’est pas un pas­sage obli­gé dans la vie d’une femme, c’est pas agréable, mais que si j’ai pas envie de mener une gros­sesse c’ets mon choix le plus strict et que sur­tout à 4 semaines c’est une cre­vette, qui peu aus­si tom­bé seule. Et que si je désire pas cette gros­sesse, je n’ai pas à culpa­bi­li­ser de quoi que ce soit.

  74. claire dit :

    Cela fait un peu plus de 3 ans que j’ai avor­tée. j’a­vais 18 ans à l’é­poque et je venait d’en­trer en BTS. Cela fesait 4 mois que j’é­tais avec mon che­ri qui depuis est deve­nu l’homme de ma vie. Lorsque j’ai réa­li­sé que j’é­tais enceinte je n’ai pas vre­ment refle­chi au pro­bleme. Ma deci­sion était déja prise. Je ne vou­lais pas d’un bebe que j’é­lé­ve­rais entre deux cours avec l’aide de ma mére et je ne vou­lais pas non plus aban­don­ner mes études. je veux un bébé que j’é­lé­ve­rai dans un envi­ro­ne­ment stable avec une famille qui l’ai­me­ra. J ai avor­té par une pro­ce­dure medi­ca­men­teuse au bout de 5 semaines de grossesses.je pense que ce qui m’a fait le plus mal et qui me hante encore aujourd’­hui c’est ce que les gens peuvent pen­ser quand sa nous arrive si jeune. Pour eux on est une fille de plus qui couche avec le pre­mier venu. mais c’est loin d’étre le cas pour moi. mon che­ri c’e­tait le pre­mier. Ce qui me derange c’est le faite que les gens m’ont vu comme une gamine insou­siante de mon geste puisque je n’en n’ai pas souf­fert. j’ai bien com­pris qu’il n’ai­mait pas que je ne souffre pas, comme si je n’a­vait pas com­pris « la lecon » que je devais en tirer.Mais pour­quoi souf­frir quand c’est un choix. La plus com­pre­hen­sive aura été ma maman qui m’au­ra aider du debut à la fin . et mon che­ri aus­si d’étre res­té à mes cotés plu­tot que de s’en­fuir comme aurai pu le faire d’autre gar­con de notre age. Aujourd’­hui j’y repense comme un acte nec­ces­saire que je ne regrette pas. meme si je dois l’a­vouer j’en parle peu pour évi­ter le jge­ment penible de ce qui ne veulent pas com­prendre que je n’ai pas com­mis de crime et que je vais bien.

  75. Amel dit :

    bon­jour, déso­lée je n’ha­bite pas en France sinon j’au­rais déjà
    adhé­rer à votre mani­feste, j’ai avor­té il y’a 02 semaines, je suis
    musul­mane céli­ba­taire et vierge pour­tant … je vou­lais à tout prix
    m’en débar­ras­ser et si je n’a­vais pas trou­vé ce méde­cin là..je ne
    sais pas com­ment aurait été la suite pro­ba­ble­ment assez sor­dide. vu
    que l’a­vor­te­ment est illé­gale ici (pour les gros­sesse illégitime)et
    qu’ avoir un bébé hors mariage est encore plus grave. je ne savais
    même pas ce que signi­fier une IVG.. je suis retour­née faire
    l’échographie à trois reprises pour m’as­su­rer que mon ventre
    était enfin vidé..le plus étrange c’est que je me deman­dais
    pour­quoi je ne m’en vou­lais pas je m’efforçais de pleu­rer mais
    rien.. en tom­bant sur cet article par pur hasard..j’ai fina­le­ment pus
    le dire: j’ai avor­ter je vais bien mer­ci .…sachant que je ne l’ai
    dis à per­sonne je me le dis à moi même.

  76. Anaïs dit :

    J’ai avor­té hier et je vais bien, MERCI!!
    Céli­ba­taire depuis 1 an et demi, il y a un an je me suis dit «Pour­quoi conti­nuer la pilule? De toute façon, tant que ce ne sera pas plus ou moins sérieux avec un gars, j’u­ti­li­se­rai le pré­ser­va­tif… donc je serai pro­té­gée. Je repren­drai la pilule quand j’ar­rê­te­rai le pré­ser­va­tif… »
    Je fais ma vie comme ça, ça se passe très bien (mis à part une fois où j’ai dû prendre la pilule du len­de­main).
    Puis un soir, une soi­rée arro­sée (même si fina­le­ment ça ne change pas grand-chose mais les envies sont plus fortes…), cette fameuse soi­rée où tu es fati­guée de ta semaine, où t’as dor­mi 5h la veille, où t’as cra­pa­hu­té toute la jour­née, où tu te dis « nooon ce soir c’est same­di soir mais je fais rien! » Puis, on te pro­pose plu­sieurs soi­rées et bizar­re­ment tu vas à celle qui com­mence par « apé­ro »… « Ok mais je vais pas boire parce que je suis K.O et après je ne sors pas »… et puis tu bois et puis tu sors…
    Un jeune homme est là…on passe les détails de la soirée…et là tu vas faire ce que tu t’étais tou­jours dit que tu ne ferais JAMAIS !!! Nous allons donc bati­fo­ler en sor­tant de boite…
    argggg il n’a pas de pré­ser­va­tif!!! « noooon??? Attends! Moi j’en ai un nor­ma­le­ment! Mais où il est ou il est ou il est???!! » (C’est la loose parce que si je en le trouve pas c’est fou­tu et ce moment de recherche dans un sac de fille parait une eteeeeer­ni­té!)
    « Ça y’est j’ai trou­vé le Graal!! You­pi! »
    Nous fai­sons notre bati­fo­lage et puis nous res­tons là, l’un contre l’autre…
    Puis au bout d’un cer­tain temps, les envies reviennent… c’est pas pos­sible, plus de pré­ser­va­tif! « Pour moi c’est mort! Je le fais pas sans pré­ser­va­tif! J’ai trop peur! » « Oui pour moi c’est pareil, pas sans pré­ser­va­tif »…
    Mais 2 corps nus plein d’en­vies col­lés l’un contre l’autre… et c’est le déra­page! Un déra­page très bref! Et puis: « noooon, il faut pas, on est con!! » « T’as rai­son on arrête! ».
    5 secondes top chro­no de péné­tra­tion et PAS D’EJACULATION…
    On finit notre nuit tran­quille­ment. On se dit aure­voir, on sait très bien que le « NOUS deux ensemble» n’existe pas.
    Certes, même si je suis consciente que tout est pos­sible pour tom­ber enceinte, là je me pose même pas de ques­tions sur « pilule du len­de­main? ». Non, pas la peine, ça serait vrai­ment impro­bable! Et puis c’est Dimanche, je me suis cou­chée à 7h du matin, j’ai mal à la tête, je débute dans mon métier et j’ai beau­coup de choses aux­quelles je dois pen­ser, un peu prise par le temps!
    Je conti­nue ma vie… pleine de symp­tômes de gros­sesse mais que je mets sur le compte d’autres choses…
    A peine 3 jours après: des bou­tons d’ac­né qui poussent à l’in­té­rieur de la peau et qui font bien mal sur­gissent d’un coup. Et pas 1 mais 4 ou 5!
    Une semaine après, anni­ver­saire: on sort. Moi qui suis tou­jours bout en train, là je reste sur mon tabou­ret, pas envie de boire ni un verre… « Qu’est-ce que t’as? » >« Je sais pas jsuis fati­guée et j’ai mal au ventre ».
    Là c’est le début d’une fatigue énorme:  » c’est mon nou­veau rem­pla­ce­ment chez les Toute Petite Section/ Petite Sec­tion qui me fatigue, faut être à 100% »; « je sais pas si je vien­drai te voir, jsuis com­plè­te­ment patrak »; j’ai déser­té la salle de sport et mon cours de danse ; d’ha­bi­tude couche-tard, là je suis au lit à 22h!; « je crois que les petits m’ont filé la gas­tro, mais c’est bizarre ça dure depuis 3 jours »; petit tour dans gale­rie mar­chande avec une copine , au bout de 50mètres « ah non mais je sais pas ce que j’ai jsuis trop fati­guée, j’arrive pas à avan­cer… c’est parce que je mange mal en ce moment, faut que je reprenne les légumes! »
    J’ai le ventre qu’à gon­flé: va vrai­ment fal­loir que je me remette au régime
    A la date pré­vue des règles: rien, bon… le len­de­main un peu mal au ventre: « ahh ça va venir je vais mettre un tam­pon au cas où… »… rien! Bon c’est bizarre, jsuis peut-être déré­glée. Ça va venir. Puis mon tra­vail me prend, jsuis fati­guée, j’y pense plus trop…
    Un soir je mets mon pyja­ma, « aie mon téton! » Il fait froid, il doit être plus sen­sible…
    Le len­de­main, plu­tôt que de faire la sieste (je veux sor­tir de chez moi mal­gré la fatigue, faut se moti­ver!!!), je vais boire un café avec ma copine qui m’a pré­sen­té le fameux jeune homme à qui je ne pen­sais plus… « Il te passe le bon­jour »> « ah ba tu lui repas­se­ras le bon­jour… » et là j’ai un flash que je prends encore à la légère « han mais tu sais copine, c’est bizarre parce que ce soir-là il s’é­tait pas­sé ça et là j’me rends compte que j’ai un retard de… heum… 10 jours. 10 jours??? Heu je rigole mais bon c’est pas mar­rant! Quand même ça serait un truc de fou! J’at­tends encore quelques jours et j’i­rai me faire une prise de sang »
    Retour chez moi: Ma dis­cus­sion avec ma copine me tra­vaille énor­me­ment, et je sens que ça tra­vaille à l’in­té­rieur de moi. Oh et en ce moment je trouve que je pette beau­coup… AHHH!! là c’est bizarre! Je cherche sur Google: oui les pets sont bien des symp­tômes de gros­sesse… Là le doute me prend vrai­ment, j’at­ten­drai pas quelques jours, demain en allant au bou­lot je m’a­chète un test… j’en parle à une copine qui me dit « t’inquiète !! Tu psy­chotes, mais tu me tiens au cou­rant ».
    Len­de­main midi, je vais à la phar­ma­cie: je retourne à l’é­cole, je m’en­ferme dans les toi­lettes, je me dis que j’ai dû psy­cho­ter… je le fais, je regarde, rien, j’ai vrai­ment dû psy­cho­ter, je le repose le temps de m’ha­biller, je le reprends et là… Posi­tif!! Oh mon dieu!!! Je suis dans la merde!! Va fal­loir avor­ter! Et oui, céli­ba­taire de 24 ans, débute son métier très pre­nant, vit encore chez papa maman pour quelques mois…qui vou­drait bien des enfants mais pas tout de suite. Pas pos­sible ! C’est pas ça que je veux, ni pour moi ni pour lui !
    En plus je dois conti­nuer ma jour­née comme si de rien était… Je mets au cou­rant beau­coup de mes copines proches parce que je peux pas gar­der ça pour moi, j’ai besoin d’en par­ler. Et puis j’ai pas honte de ce qu’il m’arrive. C‘est ven­dre­di, tout est fer­mé pen­dant le wee­kend… dur très dur de n’avoir aucun sou­tien médi­cal appro­prié à ce moment-là. Du coup inter­net me sauve !
    Le len­de­main soir, le hasard des choses fait que je dois voir le jeune homme. « Je lui dis ou pas ? » Oui je lui dis… Je lui laisse pas le temps de res­pi­rer « Tu te rap­pelles… ? Ba je suis enceinte mais j’avorte » Il est d’accord avec moi, « évi­dem­ment » et bien heu­reu­se­ment. Dans la soi­rée, il regarde mon ventre, il me l’effleure mal­adroi­te­ment, je suis gênée…
    Der­nière semaine avant les vacances, je suis en for­ma­tion. Ouf ! Je vais pou­voir souf­fler un peu. Mais même comme ça je suis exte­nuée. Lun­di, pen­dant la pause, j’appelle tous les numé­ros que j’ai pu trou­ver sur inter­net pour m’aider : per­sonne ne répond ! Zen, res­tons zen… A midi, 1h15 de pause : ma copine m’accompagne à l’autre bout de la ville pour aller direc­te­ment au ser­vice d’orthogénie de l’hôpital ». « Rdv pos­sible dans 9 jours ». QUOIIIII ?? Jvais essayer de trou­ver une autre solu­tion plus rapide dans un autre éta­blis­se­ment… Fina­le­ment je le sens pas, je rap­pelle l’hôpital… « C’est plus le 26 mais le 27 pour le rdv avec la sage-femme»… Bon ba va pour avoir en toi ce « petit hari­cot » pour encore quelque temps. L’attente est longue, jsuis à fleur de peau, j’ai peur, il me tarde la fin. Les vacances arrivent heu­reu­se­ment ! Mais cacher tout ça aux parents alors qu’on vit sous le même toit c’est pas facile ! Sur­tout qu’il faut enchai­ner les visites médi­cales : écho­gra­phie, 2 prises de sang, méde­cin géné­ra­liste, et les 3 rdvs à l’hôpital… J’ai beau­coup regar­dé inter­net pour savoir un peu ce qu’il m’attendait, avec des témoi­gnages hor­ribles comme d’autres beau­coup plus ras­su­rant. Mer­ci à ce site d’ailleurs, car il m’a beau­coup aidé pour y aller plus serei­ne­ment.
    1° rdv : la sage-femme à l’air plu­tôt sym­pa, elle se veut être posi­tive : « et bien même pas un rap­port avec éja­cu­la­tion et vous tom­bez enceinte ! La bonne nou­velle c’est que vous êtes très fer­tile ! ». Elle me dit que je pren­drai les 1ers com­pri­més le 31 Décembre… bon ! J’avais pas spé­cia­le­ment envie de faire la fête mais bon. Je vais revoir mes plans. Le jour J arrive ! Enfin ! J’appréhende les effets mais il me tarde de com­men­cer la déli­vrance même si ce n’est pas en toute faci­li­té psy­cho­lo­gique que je le fais. Le soir, je fais un réveillon tran­quille, à la mon­tagne, sans alcool (pour évi­ter tout pro­blème mais de toute façon j’en ai même pas envie, ça m’écœure !) Ça se passe plu­tôt bien, pas trop de dou­leurs fortes, pas de sai­gne­ment… Cool ! Mais avec le recul, je ne serais pas allée faire le réveillon à 2h de chez moi car j’ai en fait évi­té la catas­trophe à quelques heures près… Le 1janvier, retour à la mai­son, je fais une petite sieste après cette nuit presque blanche et je me réveille de dou­leurs ! Contrac­tions, nau­sées, je suis vrai­ment pas bien, je suis toute seule, je me shoute de médocs, je pleure ! Et oui, 1h plus tard je me lève et là c’est le drame ! Un raz de marée ! Je saigne comme jamais ! Je cours aux toi­lettes (heu­reu­se­ment je vis chez mes parents mais les espaces de vie sont sépa­rés) et là c’est le déluge ! Je pense que c’est fini, je vais me net­toyer et Hoppp c’est repar­ti !! Je com­mence à m’affoler car je ne m’attendais pas à ça avant le len­de­main à l’hôpital avec les 2° com­pri­més. Je com­prends pas ce qu’il m’arrive. Mon père qui arrive et qui me demande der­rière la porte si la chasse fuit et si je veux du pain pour le len­de­main matin… et moi en pleurs et en panique qui essaye de sau­ver les appa­rences. J’ai expul­sé l’œuf dès le début (moment très dif­fi­cile quand on se s’y attend pas !) et je reste plus d’une heure sur les toi­lettes à ne pas pou­voir bou­ger tel­le­ment c’est abon­dant mais je com­prends pas vrai­ment et je suis à bout de force. Pen­dant une mini accal­mie, je cours cher­cher mon por­table dans ma chambre et j’appelle le Samu pk je suis proche du malaise. Le méde­cin me ras­sure et met des mots sur ce qu’il se passe. Ça va se cal­mer… 30 minutes après ça va mieux mais je suis exte­nuée, je ne dors pas. Le len­de­main, une copine m’amène à l’hôpital à 8h. Beau­coup de mes copines m’ont pro­po­sé de res­ter avec moi ce jour-là mais fina­le­ment, sur le coup j’ai pré­fé­ré res­ter seule parce que je pen­sais dor­mir toute la jour­née…. Comme j’avais expul­sé la nuit, je pen­sais que ça serait calme pen­dant cette jour­née… Mais pas du tout ! J’ai sai­gné comme jamais et j’avais de très fortes contrac­tions ! A ne pas pou­voir bou­ger des toi­lettes… Je fais par­tie des femmes qui n’ont pas de chance sur ça parce que j’étais vrai­ment hors norme. Mais tout le monde est dif­fé­rent : la femme à côté de moi n’a presque rien eu, expul­sion de l’œuf avec quelques sai­gne­ments et aucune dou­leur…. J’ai pré­fé­ré res­tée jusqu’à 16h le temps que ça se calme et une autre amie (qui n’est pas spé­cia­le­ment pour l’avortement) m’a rame­né chez moi. Exte­nuée mais sou­la­gée. Je me sens vide, je me sens seule dans mon corps mais je me sens MOI.
    Période dif­fi­cile d’une vie, moment qui fait gran­dir mais qui reste indis­pen­sable pour être maître de notre corps. Nous ne sommes pas des incons­cientes, nous ne sommes pas des sans-cœur, nous sommes sim­ple­ment des femmes qui vou­lons avan­cer comme bon nous semble. Per­son­nel­le­ment, oui, je veux des enfants, beau­coup même, mais dans de bonnes condi­tions. Et celles qui ne veulent pas ou plus d’enfants ont aus­si ce droit !
    Je n’ai en aucun honte de tout cela, je ne le crie pas sur les toits mais j’en ai beau­coup par­lé et ne le cache­rai pas. Je pense même le dire à mes parents dans quelques jours. Moins ce sujet devien­dra tabou,alors moins de femmes se sen­ti­ront mal au moment de prendre cette déci­sion et de le faire.
    Bon cou­rage à toutes celles qui passent par-là, par­lez-en, ça fait du bien !

  77. L dit :

    J’ai avor­té en octobre 2010 et je vais bien, mer­ci. J’ai envie tout d’a­bord de remer­cier les femmes qui se sont bat­tues pour le droit à l’IVG et de sou­te­nir toutes celles qui vont uti­li­ser ce droit.
    Je suis tom­bée enceinte à l’âge de 26 ans de mon pre­mier amou­reux. Je ne pre­nais pas la pilule car elle me cau­sait trop désa­gré­ments au niveau de ma san­té (nodules, seins dou­lou­reux, cys­tite et j’en passe selon les dif­fé­rentes pilules essayées). Et même si j ai un bac + 5, j’é­tais igno­rante au niveau de mon cycle et des risques. Je croyais naï­ve­ment que jus­qu’à j+ 7 après le der­nier jour de mes règles je n’é­tais pas fécon­dable. Nous avons donc pris un risque sans même nous en rendre compte. J’ai réa­li­sé très vite que j’é­tais enceinte, je l’ai tout de suite sen­ti. Envi­ron 15 jours après l’in­ci­dent. J’ai donc fait un test qui s’est avé­ré posi­tif. J’ai tout de suite appe­lé mon amou­reux. Étant très amou­reux à l’é­poque nous nous étions lais­sé le temps de la réflexion voyant un signe dans cette fécon­da­tion. Puis, nous avons opté pour l’a­vor­te­ment. J’é­tais en plein concours (j’ai pas eu la force de les ter­mi­ner du coup) et mon amou­reux était en CDD. Et notre rela­tion était jeune (envi­ron 3 mois). J’ai cher­ché sur inter­net la marche a suivre et j’ai consul­té mon géné­ra­liste pour déclen­cher le délai de réflexion. J’ai effec­tué toute la bat­te­rie de test (test san­guin pour véri­fier mon état, pour éta­blir mon groupe san­guin, écho­gra­phie …) et j’ai cher­ché un hôpi­tal pou­vant m’ac­cueillir dans les délais pour une IVG médi­ca­men­teuse. La recherche n’a pas été simple même dans la 2 eme plus grande ville de France entre les cli­niques qui clai­re­ment des le 1 er contact télé­pho­nique vous culpa­bi­lisent et les hôpi­taux qui peuvent pas vous rece­voir dans les délais. Fina­le­ment, j’ai trou­vé un hôpi­tal qui a pu me prendre en charge. Le pre­mier jour après l’en­tre­tien et les exa­mens, on m’a don­né le 1 er médi­ca­ment. Ce médi­ca­ment m’a don­né beau­coup de crampes. Le deuxième jour après la prise du médi­ca­ment, on nous a ins­tal­lé dans une chambre en enten­dant l’ex­pul­sion. On a même fait tout le tour de l’hô­pi­tal pour aider le pro­ces­sus. Fina­le­ment la fausse couche s est déclen­chée à la mai­son. Ce n’est pas un moment facile à vivre phy­si­que­ment. L’a­près aus­si est dif­fi­cile : sai­gne­ments très abon­dant pen­dant plus de 15 jours, baisse de l’im­mu­ni­té, malade tout le temps… Mais psy­cho­lo­gi­que­ment je l’ai tou­jours bien vécu. Mon amou­reux tres pré­sent aus­si. Un peu plus dur pour lui parce qu’il m’a vu souf­frir et s’est sen­ti impuis­sant. Et pour­tant contrai­re­ment à lui, je n’ai pas vou­lu me voi­ler la face en me disant que ce n’é­tait qu’un amas de cel­lule, je vou­lais avoir conscience de ce que je fai­sais et savais bien que c’é­tait un être en deve­nir. Je pense qu en ayant pleine conscience je me suis évi­tée le syn­drome trau­ma­tique post IVG que j’ai décou­vert en cher­chant ce site. D’ailleurs, selon plu­sieurs blogs de psy (qui arrivent dans les 1 er resul­tat) pour eux l’IVG est une bombe à retar­de­ment il est qua­si­ment impos­sible selon eux qu on ne soit pas trau­ma­ti­sé par cet acte. Et bin non. J’ai pleu­ré quand je suis tom­bée enceinte par­ceque j’a­vais honte. Je n’ai jamais pleu­ré pour l’a­vor­te­ment. Et je ne pleu­re­rais sans doute jamais. Je suis sépa­rée de mon amou­reux depuis (pas à cause de l’IVG). Je ne regrette pas ce choix. Je veux des enfants dési­rés et qui seront aimés par leurs 2 parents. Pour le moment, je suis jeune et je veux d’a­bord assu­rer ma car­rière. En tant de crise, ce n’est pas pour le confort que l’on avorte. J’au­rai bien aimé avoir ce site au moment ou j’ai avor­té, juste pour me sen­tir nor­male et décou­vrir plein de cas simi­laires au mien. Nous ne sommes pas des monstres et per­sonne n’a le droit de nous faire culpa­bi­li­ser, c’est une entrave au droit de dis­po­ser de notre corps qui nous est accor­dé.

  78. Jo dit :

    Bon­jour,
    his­toire un peu par­ti­cu­lière, je vais avor­ter à la suite d’une PMA. Mon com­pa­gnon et moi avons eu du mal à avoir un enfant, et notre fils est né il y a 3 ans à la suite d’une insé­mi­na­tion. On n’é­tait pas sûrs d’en vou­loir un 2e, lui moins que moi encore, et puis si quand même, une fra­trie, 38 ans ; il y a quelques mois, on s’est déci­dés et nous avons repris ren­dez-vous avec la gyné­co qui nous avait sui­vis. Bref échange dans son cabi­net : on va essayer, nous dit-elle, d’é­vi­ter les gros­sesses mul­tiples, vous avez déjà un enfant, j’i­ma­gine que vous vous conten­te­riez d’un seul pour la gros­sesse à venir. Quelle pers­pi­ca­ci­té, c’est exac­te­ment ça, mer­ci pour la com­pré­hen­sion, oui oui oui et je com­mence la sti­mu­la­tion de l’o­vu­la­tion.
    Eh mais y a quand même beau­coup de fol­li­cules, là, non ? Tout va bien me dit la secré­taire qui, une fois le trai­te­ment com­men­cé, reste la seule inter­lo­cu­trice au télé­phone, ne vous inquié­tez pas, ren­dez-vous same­di à la cli­nique pour l’in­sé­mi­na­tion, comme c’est le week-end, ce ne sera pas votre méde­cin habi­tuel mais le doc­teur Untel.
    Super. Mais moi, je la sens pas cette insé­mi­na­tion. Il y a quand même plu­sieurs fol­li­cules à matu­ri­té, me dit une petite voix. Il y a quand même des risques de… Oui mais, s’in­ter­pose une autre voix, tu sais ce qu’a dit la gyné­co, elle sait que vous ne vou­lez pas de gros­sesse mul­tiple, elle a super bien géré la pre­mière PMA, fais-lui confiance.

    Jour de l’in­sé­mi­na­tion. Déten­dez-vous, dit doc­teur Untel, votre col ne s’ouvre pas. Déci­dé­ment, je la sens pas cette insé­mi­na­tion.

    Prise de sang deux semaines plus tard, posi­tive. Taux HCG très haut. Forte pré­somp­tion de gros­sesse mul­tiple dit la moi­tié de Google, mais pas for­cé­ment dit l’autre. Refaites une prise de sang dans trois jours dit la secré­taire. De prise de sang en prise de sang, le taux explose. Il faut attendre un mois de gros­sesse pour faire l’é­cho­gra­phie. Sans sur­prise, deux yeux de chat sur l’é­cran. Atten­dez, dit l’é­cho­gra­phiste, j’ai pas encore véri­fié si ces deux gros­sesses étaient évo­lu­tives. Tu parles d’un sus­pense… Alors celle-ci… oui… et celle-là… aus­si…
    Remar­quez, elle dit et redit en voyant ma tête, il n’y en a que deux, avec la PMA ça aurait pu être pire…
    Alors c’est super, ça a mar­ché ! disent les quelques per­sonnes qui ont sui­vi la PMA. Euh… oui…
    Euh…

    - Qu’est-ce que t’en penses, toi ? Tu te vois avec des jumeaux ?
    — Non, pas du tout. Déjà un, tu sais, c’é­tait tan­gent. Alors, deux, là…
    — Trois enfants au total…
    — Trois enfants, là, je sais pas, je vois pas du tout, je nous vois pas, crou­ler sous les bébés, plus de vie pen­dant je sais pas com­bien de temps, déjà qu’a­vec un, alors là… tu te vois toi ?
    — … Non… J’ai jamais rêvé d’être mère de trois enfants. Non.

    Mais quand même, merde, c’est pas une gros­sesse qui me tombe des­sus ! Quand même, le risque de gros­sesses mul­tiples avec la PMA, je le connais. C’est moi qui ai été pomme de m’en remettre à la parole d’un méde­cin qui, à force de faire de la pro­créa­tion assis­tée, se confond peut-être par moment avec Dieu. Quand même, on peut pas cher­cher à tom­ber enceinte et puis quelques semaines après dire euh non fina­le­ment non, je veux plus.
    On peut pas, hein ?

    - Tu sais, on a besoin de temps. On va par­tir en vacances pour Noël. On va arrê­ter d’en par­ler tout le temps, on va mar­cher, on va regar­der le pay­sage, on va prendre de la dis­tance, il faut qu’on prenne de la dis­tance, tu sais on va presque oublier (si tant est que les nau­sées et la fatigue puissent me faire oublier), et puis on ver­ra ce qui remonte à la sur­face.

    Sur­face inchan­gée. Pas un fré­mis­se­ment. Le non de plus en plus cer­tain. Tu les vois, là, les deux petits à côté du grand sur la ban­quette arrière ?
    Non.
    C’est non.
    Retour de vacances. 6e semaine de gros­sesse. Nau­sées et vomis­se­ments quo­ti­diens. Ventre de femme enceinte de 3 mois. Per­ma­nence du plan­ning fami­lial. Une femme mer­veilleuse me reçoit, m’é­coute, écoute le mélange de réso­lu­tion et de culpa­bi­li­té, vous vous jugez beau­coup, elle dit. Pré­cieux temps d’é­change et cette parole sal­va­trice : en fai­sant ce choix, vous pro­té­gez votre couple, vous pro­té­gez ces enfants que vous ne vou­lez pas mettre au monde dans une famille qui ne vou­draient pas d’eux, vous vous pro­té­gez. Vous savez pour­quoi vous faites cela.
    Oui.

    Je sors de cet entre­tien apai­sée. La culpa­bi­li­té n’est plus mon affaire. Je me sens en accord avec moi-même, avec mon corps, avec la vie que je désire.
    Encore un peu de temps à attendre avant l’in­ter­ven­tion, for­cé­ment par aspi­ra­tion vue la date. Faire face aux regards qui me voient comme une femme enceinte, sou­rires et émo­tions à la clé. C’est pour quand, a ten­té une per­sonne avec qui je tra­vaille. Je ne veux ni men­tir ni tout dire. J’ai répon­du : toutes les gros­sesses ne vont pas à terme. Tour­ne­ra peut-être sa langue dans sa bouche la pro­chaine fois. Tout de même, plus confor­table d’a­vor­ter quand ça ne se voit pas.
    Mais j’ai déci­dé d’a­vor­ter et je vais bien. Je vais libre.

  79. A. dit :

    Je suis tom­bé sur votre site tota­le­ment par hasard.
    Au détour d’un article sur Rue89 qui vous cite et en ce qui me concerne cela fait un bon moment que je ne sais par où com­men­cer.

    J’ai égale­ment avor­té à 17 ans. Conscients des risques nous n’avons jamais vou­lu mettre de pré­ser­va­tif avec mon copain, avec qui je suis encore aujourd’hui (5 ans après). En début d’été, fin juin début juillet, mes règles n’arrivant et ne les ayant pas encore régu­liè­re­ment je ne m’inquiète pas plus que ça. Au bout d’un cer­tain moment cela devient inquié­tant, je ne me rap­pelle pas de quelle manière je m’en suis ren­due compte mais j’étais enceinte. Vivant encore chez mes parents et avec mon ché­ri depuis à peine quelques mois il était abso­lu­ment hors de ques­tion que je garde l’enfant. J’aurais eu la force de le gar­der et de l’élever mais pas les moyens et puis je me fais une cer­taine idée de l’éducation à don­ner aux enfants. Je n’ai pas hési­té.

    Mais par où com­men­cer ? Je n’ai pas vou­lu en par­ler à ma mère pour ne pas l’inquiéter et du côté de mon petit ami la dis­cus­sion n’était même pas envi­sa­geable.
    Le plan­ning fami­lial. Fort heu­reu­se­ment j’y ai recon­nu mon méde­cin qui me sui­vait depuis toute petite ce qui m’a don­né la force d’entrer au plan­ning. Mais je ne suis pas tom­bée sur mon méde­cin et ceux que j’ai pu ren­con­trer ont été abjects. Moi qui ne posait pas plus de ques­tions que ça ont réus­sit à me faire culpa­bi­li­ser de ne pas m’être pro­té­gée « Mais pour­tant vous êtes au cou­rant, on vous informe » Oui, mais non. Et si je n’en avais pas envie ?
    Bref, je fais les démarches seule, aller voir le psy, la prise de sang. D’autant plus que j’étais assez en avance dans le pro­ces­sus de gros­sesse ce qui a fait sau­ter un ren­dez-vous et m’a for­cé à se dépê­cher. A une semaine prés j’aurais du m’offrir un voyage.

    Au fil des ren­dez-vous et des mes recherches inter­net je me rends compte que je dois être accom­pa­gnée pour avor­ter. Bon. Il va fal­loir en par­ler à ma mère. On fait les démarches, ma mère ne m’a rien dit. Elle ne m’a pas jugé, elle ne m’a pas repri­mandé, elle m’a juste ques­tionné. Mer­ci maman. Ribam­belle de méde­cins, ren­dez-vous, on m’inquiète de l’urgence de la situa­tion et je me rend avec ma mère et mon petit ami à l’hôpital. Le ren­dez-vous qui a été le plus mar­quant pour moi est celui de l’échographie. C’est vrai qu’à ce moment on se rend compte qu’on a quelque chose dans le ventre. Mais je pré­fère encore avor­ter que de lui offrir une vie médiocre. Alors oui, même si on peut éprou­ver une sorte « d’amour » pour cet amas de cel­lule, si on l’aime, on doit être capable de l’épargner d’une telle vie. Je tra­vaillais en centre de loi­sir à l’époque, j’ai posé une jour­née pour me rendre à l’hôpital avec un bou­quin et c’était par­ti.

    Entrée à la cli­nique on m’a pris en charge rapi­de­ment, douche, blouse d’hôpital et médi­ca­ments. Puis on m’emmène dans la salle d’opération, anes­thé­sie géné­rale comme il est d’usage pour une aspi­ra­tion. Le méde­cin de l’hôpital que j’avais vu pré­cé­dem­ment en entre­tien avec mon copain a su nous expli­quer ce qui allait se pas­ser. Salle de réveil, je n’ai rien sen­ti. Je ne com­prend pas je dois y res­ter un cer­tain temps je me sens bien. Je remonte dans ma chambre et doit me repo­ser. J’ai dor­mi toute la jour­née pen­dant que mon ché­ri lisait, il devait être plus stres­sé que moi puisqu’il n’osait même pas des­cendre pour fumer… On me remet mon dos­sier médi­cal, où est-il main­te­nant ? et je retourne le len­de­main au bou­lot.

    Pas plus com­pli­qué que ça. Je ne me suis jamais confron­tée à des per­sonnes anti-avor­te­ment ni a des gens qui ont abso­lu­ment vou­loir ce qui s’était pas­sé à cette période. Depuis je prend la pilule et tout va bien.
    Comme dit dans un pré­cé­dent témoi­gnage, si c’était à refaire je le refe­rais.

  80. Laurie dit :

    Bon­soir,

    Je m’ap­pelle Lau­rie j’ai avor­té il y a peu de temps et je vais bien.
    Je suis arri­vée ici par hasard après avoir lu un article ici : http://www.rue89.com/rue69/2011/04/25/un-blog-pour-celles-qui-ont-avorte-et-vont-bien-merci-200976 suite à l’en­voi de celui là par une copine : http://www.rue89.com/2013/02/14/mon-ivg-medicamenteuse-vous-etes-enceinte-bravo-239538

    Mon his­toire ? J’ai 35 ans un mari qui en a 40, nous sommes les parents de 2 gnomes de 6 et 3 ans, gar­çon et fille le choix du roi :o)

    Niveau contra­cep­tion 10 ans de pilule,que j’ar­rête quand nous nous sen­tons prêts à acceuillir notre 1er BB, allai­te­ment aidant choix de l’im­plant pas une réus­site ;o/ plus envie d’hor­mones on opte pour les capotes. RAS pen­dant 2 ans choix d’a­voir un autre enfant BB2 arrive très vite (j’ai eu 2 gros­sesses pas épa­nouis­santes j’ai « subit » mes gros­sesses au sens où cet état ne m’a jamais plus ni épa­noui contrai­re­ment à cer­traines chan­ceuse par­mis mes proches. A la nais­sance de BB2 c’est déci­dé on arrête là 2 c’est bien ils sont en bonne san­té on a notre équi­libre etc…on reprends les capotes sans autres contra­cep­tif 3 ans se passent RAS

    Déc 2012 on pré­pare les bagages pour les fêtes je sais que je devrais avoir mes règles entre les fêtes j’emmène donc de quoi gérer dans mes valises.
    Noël se passe aucun signes de mes règles mais par contre je sens mes seins sen­sibles ten­dus au prime abord j’me dis ah fina­le­ment ça va p‑e arri­ver patience… Entre les fêtes rien j’me dis bon j’suis fati­guée en ce moment ça m’ar­rive d’a­voir des déca­lages d’un mois sur l’autre je ne m’af­fole pas plus que ça… les jours passent j’ou­blie un peu

    Nou­vel an HAPPY NEW YEAR etc… bref ce matin de 3 jan­vier 2013 j’ose (enfin ?) m’a­vouer la crainte d’être enceinte j’ex­pose le truc à mon homme et l’en­voi fis­sa cher­chez un bâton­net magique…le ver­dict est sans appel +++ panique, stress on est pau­més l’es­pace d’1/4 d’heure… Vive le net je tape IVG et tombe sur ça : http://www.google.fr/#hl=fr&tbo=d&output=search&sclient=psy-ab&q=ivg&oq=ivg&gs_l=hp.3..0l4.2866.4144.0.4318.3.3.0.0.0.0.824.1237.4–1j0j1.2.0…0.0…1c.1.3.psy-ab.4CZXgF1bjtU&pbx=1&bav=on.2,or.r_gc.r_pw.r_qf.&bvm=bv.42553238,d.d2k&fp=2225538c85ed64f9&biw=1024&bih=455

    en tête des liens celui là (que je file visi­ter direct : http://www.ivg.net/ je laisse un mes­sage puis décide d’ap­pe­ler -> lignes occu­pées je rac­croche. Au bout de 5–10 min de retente ça sonne…ça décroche, j’al­lume le haut par­leur mon mari est a mes côtés :

    « L’é­cou­tante » se pré­sente et me demande pour­quoi j’ap­pel j’ex­plique la situa­tion et que je cherche vers qui me tour­ner pour avor­ter (je vis à la cam­pagne j’ai 2 petits hopi­taux à proxi­mi­té mais pas la cer­ti­tude qu’il y ait un « ser­vice IVG » et là ça part en caca­huète.

    La nana qui me demande si j’ai bien réflé­chi, qu’une fois que je le sen­ti­rai bou­ger je me sen­ti­rai prête à l’as­su­mer (oui sauf que le sen­tir bou­ger sous entends dépas­ser le terme pour avor­ter connasse !) elle me dépeinds les pire trucs tex­to : bain de sang dépres­sion, la fin de mon couple, divorce et sui­ci­daire etc… bref le tableau de l’â­po­ca­lypse sem­blait être le pays des Bisou­nours à côté de ça. Mon homme aga­cé me fait signe de rac­cro­cher on est mal tom­bé. Plu­tôt secoués on décide d’ap­pe­ler mon gyné à l’hô­pi­tal.

    La secré­taire me demande pour­quoi j’ap­pelle me voi­là obli­gée de re-racon­ter mon histoire…et là bon­heur : « Je com­prends madame ne vous inquié­tez pas on en a toutes les semaines des dames dans votre cas on va s’oc­cu­per de vous ça va bien se pas­ser ;o) whaou ça fait du bien d’en­tendre ça !

    J’ar­rive à négo­cier un rdv en urgence le soir même je ne veux pas attendre jus­qu’au len­de­main. On est ven­dre­di soir je suis accueillie avec mon mari aux urgence Gyné par UNE jeune gyné qui sera notre ange gar­dien pour le début de cette prise en charge : écoute, empa­thie, com­pré­hen­sion, patience etc… bref une per­leje demande à n’être reçu que par elle pour la suite ele accepte sauf pour le jour de la prise du com­pri­mé elle est en repos . Une écho pour ten­ter une data­tion à la louche j’es­time que c’est tout frais puisque j’ai eu mes règles le mois der­nière… trop petit pour dater (ce qui me ras­sure) je fais une pds le len­de­main pour doser les hor­mones et rdv le lun­di matin pour refaire une écho dixit la gyné « les qq jours du w‑e vont per­mettre que ça se déve­loppe un peu plus pour pou­voir mesu­rer cor­rec­te­ment là c’est trop petit ») je me dis qu’en fait j’ai un truc pas plus gros qu’une gro­seille qui pousse en moi et faut que ça soit une fram­boise pour qu’elle puisse prendre ses mesure (prag­ma­tisme à fonds de ma part). Le sam après midi on part en w‑e dans la famille et là des nau­sées me prennent en voi­ture ;o/ oups… le w‑e passe ça s’a­gite dans mon bocal on dis­cute beau­coup de notre choix avec mon mari pour être sûr défi­ni­ti­ve­ment de notre choix. Le lun­di écho et là, la claque les résul­tats de la pds et des mesures confirment que je suis enceinte de 7 semaines !!! je dis mais non pas pos­sible j’ai eu mes règles (oui c’est pos­sible d’a­voir ses règles et ce même tout au long de la gros­sesse) je me ques­tionne qd même la des­sus ma mère étant jumelle est ‑ce que ça pour­rait aus­si avoir été une FC d’un oeuf ? on ne sau­ra jamais Bref je confirme la demande d’IVG et j’opte pour l’as­pi­ra­tion je ne me sens pas l’éner­gie de prendre l’op­tion médi­ca­men­teuse. La date pro­po­sée pour prendre le com­pri­mé tombe sur le jour de mon anniv’ je demande à déca­ler de 48h choses com­prise et accep­tée.

    Le 23 jan­vier j’ai pas­sé la jour­née à l’ho­pi­tal avec mon mari sou­tien pri­mor­dial. Ma meilleure amie est venue gar­der nos enfants c’est un mer­cre­di.

    La jour­née sera longue d’au­tant que je suis dans une chambre avec 2 autres nanas dont une qui pas­se­ra au bloc avant moi et l’autre qui a pris la tech­nique médi­ca­men­teuse (à la voir je suis confor­tée dans mon choix de méthode j’ai mal pour elle mais elle est bien prise en charge niveau dou­leur) mais je suis sereine je me suis équi­pée de ma pierre d’a­mé­thyste, d’un spray de Fleur de Bach « RESCUE » et d’Huile essen­tielle de lavande que je « sniffe » pour res­ter zen.

    vers 10h les inf me des­cendent au bloc vers 10h30 je rentre au bloc l’é­quipe se pré­sente l’am­biance me met en confiance l’anes­thé­site lâche une petite vanne on rit , l’in­fir­mier me dit des mots ras­su­rants. A MON signal l’anes­thé­site me plonge dans les bras de mor­phée j’ouvre un oeil 20 min plus tard en salle de réveil les pau­pières trop lourdes je me ren­dort 1 h puis on me fait remon­ter y’a du monde en salle de réveil faut faire de la place.
    En chambre je redort 2h à mon réveil mon mari est à mes côtés. j’suis dans le gaz j’es­saie d’é­mer­ger je me fais ser­vir à man­ger j’ai la dalle et ensuite je rem­plile pour 1 sieste d’1h c’est fina­le­ment vers 16h que le gyné passe et m’au­to­rise à sor­tir le temps de faire les papiers je me pré­papre et on rentre à la mai­son.

    Ca va faire bien­tôt 1 mois que j’ai avor­té et je vais bien ! je tous les jours un peu plus convain­cue que nous avons fait le bon choix et je prends la vie du bon côté.

    J’ai deman­dé suite à tout ça (mais ça fait long­temps que j’y pen­sais) a pour­voir béné­fi­cier d’une liga­ture de trompes au jour d’au­jourd’­hui mon gyné m’a dit non je reste moti­vée dès lun­di j’ap­pel un autre gyné dans l’autre hopi­tal près de chez moi ;o)

    • Laurie dit :

      Me revoi­là,

      News du jour on est à 1 moi­set 3 jours après mon IVG et aujourd’­hui j’ai eu rdv avec un autre gyné­co dans l’autre hopi­tal près de chez moi et il a accep­té sans sour­ciller. Quel sou­la­ge­ment de ne pas avoir eu encore à me battre je suis plus sereine quand à ma future sexua­li­té je ne vais pas être obli­gée de me saou­ler avec une pilule que je ne sup­porte pas etc… Bref je vais allez encore mieux d’i­ci 4 mois (délai légal de réflexion pour la liga­ture). Comme quoi ça vaut tou­jours le coup de ne pas bais­ser les bras il faut conti­nuer à se battre pour nos droits de femmes ! Pre­nez soin de vous et por­tez vous bien.

      • Laurie dit :

        Me revoi­là dans 2 jours ça fera 1 an que j’ai avor­té. 1 an et quel che­min par­cou­ru, je me relis et j’en ai des fris­sons à repen­ser à tous ces moments de peur, de doutes d’an­goisse. Il y a 1 an je pre­nais une des déci­sion les plus dif­fi­cile de ma vie mais je ne regrette rien et sur­tout JE VAIS BIEN. J’ai fina­le­ment pu me faire opé­rer en juin der­nier l’o­pé­ra­tion s’est bien pas­sée, les suites post op’ un peu raides faut le dire j’ai dégus­té gros héma­tomes sur le bides pen­dant + d’1 mois mais idem je ne regrette pas. Je suis tel­le­ment dégou­tée de ce qui se passe en Espagne j’es­père que les choses ne vont pas en res­ter là ;o/ Chez nous ça bouge dou­ce­ment mais sur­ement il faut conti­nuer à défendre le DROIT DES FEMMES à dis­po­ser de leur corps !!! Por­tez vous bien mes­dames <3

  81. Maddy dit :

    J’ai 38 ans, 3 enfants, mariée depuis 20 ans,sous pilule, heu­reuse, sans soucis.….……et je viens de faire une IVG, je n’ai pas subit mon IVG non je l’ai déci­dé.

    Une ten­sion dans les seins ma aler­té, je n’ai que des règles aléa­toires et leurs non-sur­ve­nue est habi­tuelle, le test est posi­tif, et là, une chape de plomb me tombe sur la tête, je ne veux pas être enceinte.
    Je ne veux pas d’une nou­velle gros­sesse a pro­blèmes, je veux pas remettre ma car­rière a plus tard, je ne veux pas remettre à plus tard, quand il sera plus grand.… tous nos pro­jets, nos voyages. Tous ces sacri­fices que l’on fait avec bon­heurs pour nos bébés tant dési­rés, je ne veux plus les faires.
    Je télé­phone a mon méde­cin trai­tant, qui me pres­crit une prise de sang, posi­tive, je m’en­fonce dans la tris­tesse, de cette vie qui s’ouvre devant moi et que je ne veux pas,

    Non défi­ni­ti­ve­ment je ne le veux pas.

    Ren­dez-vous, chez mon méde­cin, 1ere dif­fi­cul­té, dire a cet homme qui me suit depuis 15 ans, qui connait ma famille, mes enfants que je veux une IVG, pre­mier sou­pir de sou­la­ge­ment, je lis dans ses yeux la tolé­rance, la com­pas­sion, nous dis­cu­tons, il m’ex­plique et me prend RDV dans le centre le plus proche de chez moi pour une écho de data­tion.

    Epreuve, peur du regard des gens, peur d’a­voir dépas­sé la date limite, peur de « voir » mal­gré moi, ou même « d’en­tendre». En fait un per­son­nel soi­gnant com­pa­tis­sant mais pas infan­ti­li­sant, qui mets les mots justes sur cette gros­sesse et sur les gestes qui vont être fait Je suis encore dans les temps, cela se fera par aspi­ra­tion.

    3 jours plus tard je retourne au centre pour pendre un pre­mier médi­ca­ment.
    2 jours plus tard, je rentre au centre, 2 médi­ca­ments en plus, puis l’IVG, l’as­pi­ra­tion dans le bloc de chi­rur­gie, Je res­sent un peu, je n’en­tends rien, je ne vois rien. C’est fait.
    Je repose les mains sur mon ventre a nou­veau vide, libre, chose que je n’a­vais pas fait depuis la prise de conscience de cette gros­sesse.

    J’ai la chance d’a­voir eue des infir­mières, sage-femme , méde­cins humains et bien­veillants.

    J’ai fait une IVG et je suis sereine. Je vais bien, mer­ci.

  82. LS dit :

    Avor­te­ment en tant que mineure l’é­té der­nier. Mes pre­miers émois avec mon (encore actuel) copain. Pas de rap­port, juste un contact plu­tôt rap­pro­ché, puis quelques péné­tra­tions avant que nous ne nous rai­son­nions et arrê­tons cela. Le len­de­main (30h après), dans le doute, même s’il n’y a pas eu d’é­ja­cu­la­tion, je me rend à la phar­ma­cie pour rece­voir gra­tui­te­ment la pilule du len­de­main. La phar­ma­cienne, aimable, me la four­nit sans pro­blème, mais oublie cepen­dant de me rap­pe­ler à quel point ceci n’é­tait pas fiable. J’ai eu mon « rap­port » le jour pré­vu de mes règles, mais ne pre­nant pas la pilule, elles avaient sou­vent du retard, et là c’é­tait le cas. Pour moi je ne pou­vais pas être enceinte : il n’y avait eu que quelques péné­tra­tions, pas d’é­ja­cu­la­tion, la pilule du len­de­main et j’é­tais en fin de cycle.
    J’a­vais des dou­leurs, je pen­sais tou­jours que c’é­tait mes règles qui arri­vaient, mais non. De plus, une dizaine de jours après ledit rap­port à risque, j’ai eu RDV chez ma gyné­co pour qu’elle me pres­crive la pilule, mais elle n’a rien remar­qué. En même temps, je n’en­vi­sa­geais tel­le­ment pas le fait d’être enceinte que je n’ai même pas abor­dé le sujet.
    Au bout d’un mois, tou­jours pas de règles. J’en parle à mon copain mais nous sommes confiants. Cepen­dant, alors qu’il est au tra­vail, je prend l’i­ni­tia­tive de me rendre au plan­ning fami­lial afin de faire un test his­toire de me ras­su­rer (il parait que le stress retarde les règles, à véri­fier…). J’ar­rive dans cette mater­ni­té, au ser­vice de pla­ni­fi­ca­tion fami­liale et c’est une infir­mière très aimable qui me prend en charge. Je lui explique la situa­tion, elle me donne son avis et pense elle aus­si, qu’une gros­sesse est peu envi­sa­geable, mais nous fai­sons le test. Nous obser­vons toutes les deux les fameuses deux barres roses appa­raître. Je n’y crois pas, je lui explique bien la situa­tion, et nous effec­tuons un second test. Idem. Je tombe des nues, je ne com­prend pas ce qui m’ar­rive. On me dirige vers le labo pour une prise de sang et je suis là, seule, à pleu­rer. J’ap­pelle mon copain et je pleure, je pleure. Je n’en­vi­sage pas une seconde de le gar­der. 17 ans, de grandes études qui m’at­tendent, tout ça serait de la folie.
    Je vais cher­cher les résul­tats le jour sui­vant. Mon taux de béta HCG s’é­lève à 63000. L’in­fir­mière n’y croit pas, pense que ma gros­sesse est anté­rieure à la date que je lui ai don­né, et pense que je me situe à envi­ron 8 semaines. Je suis cuite, déjà que je compte pro­cé­der en ano­nyme et que la situa­tion est à peine tenable, on m’an­nonce ça. Il me faut attendre 5 jours pour que le plan­ning m’or­ga­nise un RDV avec un gyne­co pour dater la gros­sesse. 5 jours, c’est extrè­me­ment long quand on pense être arri­vée poten­tiel­le­ment au-delà du délai légal pour l’IVG médi­ca­men­teuse, mais je suis quelques peu prise au piège puisque je décide d’a­vor­ter en ano­nyme, et c’est le plan­ning qui prend tout en charge.
    Fina­le­ment 5 jours s’é­coulent, j’ai expli­qué à mes parents qui se sont mon­trés com­pré­hen­sifs, mais je pour­suis la pro­cé­dure ano­nyme, puisque je l’ai com­men­cée. La gyné­co date ma gros­sesse, je suis à 6 semaines et demi. Il ne me reste plus qu’une semaine et demi et encore tel­le­ment de pro­cé­dure… Je pen­sais en finir vite. M’i­ma­gi­ner avec cette chose d’un mois et demi en moi d’une part me ren­dait fière, mais d’autre part me répu­gnait. J’a­vais des nau­sées chaque matin, je me sen­tais mal. Et pour­tant, je devais encore attendre 1 semaine de délai légal. Une énorme semaine pour déci­der si oui ou non j’al­lais avor­ter alors que les délais pour l’IVG médi­ca­men­teuse pres­saient. Je n’a­vais pas le choix. J’ai atten­du. J’é­tais d’une part sou­la­gée car le nombre d’é­tape à fran­chir se rédui­sait, mais je vou­lais à tout prix en finir. Pour­quoi une prise en charge si longue ?
    Au bout d’une semaine je me rend au plan­ning. Consul­ta­tion avec une psy qui com­prend que tout est clair dans ma tête. Non je n’ai pas été vio­lée, oui je suis accom­pa­gnée dans mes démarches par un réfé­rent majeur (mon copain), ma déci­sion est clai­re­ment prise : je ne veux pas de cet enfant. Je signe donc, mon IVG se fera 2 jours après à l’ho­pi­tal et par voix médi­ca­men­teuse. Je prend les deux pre­miers cachets. Sou­la­ge­ment extrème, nous y sommes. Après deux semaines d’at­tente, nous y sommes.
    Je me rend le sur-len­de­main à la mater­ni­té, accom­pa­gnée de mon réfé­rent adulte. J’ai eu la chance d’être ins­tal­lée dans un lit. Vu la dou­leur, je n’en­vi­sa­geais pas ça autre­ment. Je n’ai jamais autant souf­fert, mais j’é­tais heu­reuse que ce soit fini. Au bout de 5–6h je sors, et j’ai RDV 1 mois plus tard pour une écho de contrôle.
    J’ai extrè­me­ment bien vécu cette IVG que je vois comme un obs­tacle qui m’a fait consi­dé­ra­ble­ment mûrir. Je n’ai jamais regret­té mon choix, et je suis même fière de ne pas m’être lais­sée décou­ra­ger par les inter­mi­nables pro­cé­dures. Il est vrai que pour la prise en charge de mineures, l’at­tente inter­mi­nable est un poids sup­plé­men­taire dans une épreuve a prio­ri psy­cho­lo­gi­que­ment dif­fi­cile. Mais je vais bien oui. Je me suis faite avor­ter à 17 ans et aujourd’­hui, je vais bien.

  83. Solène dit :

    J’ai avor­té en mai 2012 et je vais bien.
    J’a­vais 18 ans et je ne pre­nais plus la pilule à cause des oublis trop fré­quents et mon méde­cin m’a­vait dit que j’é­tais sté­rile. Je conti­nuais à mettre des pré­ser­va­tifs pour me pré­ve­nir des IST sauf une fois où nous n’en avions pas, je savais qu’il n’a­vait rien donc je ne m’in­quiè­tais pas pour les IST.
    Pour­tant 4 jours plus tard j’ai de fortes dou­leurs aux ventres, je dors presque toute la jour­née et j’en suis presque sûre : je suis enceinte. Tout d’a­bord le choc : com­ment est-ce pos­sible ? Je suis sen­sée être sté­rile et je ne pour­rais pas être sûre avant plu­sieurs jours car je ne suis pas encore à la date pré­su­mée de mes règles.
    Je fais quand même un test au bout d’une semaine mais c’est encore trop tôt et il s’a­vère néga­tif. Juge­ment de ma famille à qui j’a­vais fait part de mes doutes : « Tu vois, t’as rien, t’es juste fei­gnante ».
    Encore 1 semaine plus tard devant la per­sis­tance des symp­tômes je vais ache­té deux tests de gros­sesses pour être sûre. Les deux s’a­vèrent posi­tifs, un cer­tains sou­la­ge­ment : ce n’est pas dans ma tête et puis le retour du juge­ment :« Com­ment t’as pu tom­bé enceinte ? On ne t’a donc jamais appris l’im­por­tance du pré­ser­va­tif ? Tu vas avor­té j’es­père … » et bien oui je vais avor­ter mais parce que je l’ai déci­dé. J’ai 18 ans, je suis en pleine année sab­ba­tique et avec le « père » de l’en­fant ce n’est pas sérieux et puis je ne veux pas d’en­fant, je n’en ai jamais vou­lu.
    Je vais voir mon méde­cin de famille qui me pres­crit une prise de sang, une écho et me fait signer un papier confir­mant ma déci­sion d’a­vor­ter. J’en pro­fite pour lui deman­der des comptes sur ma soi-disant sté­ri­li­té et je récolte un « Vous avez une mal­for­ma­tion de l’u­té­rus, l’oeuf peut s’ac­cro­cher et com­men­cer à se déve­lop­per mais il ne peut pas arri­ver à terme ou alors il sera défor­mé à cause du manque de place ». Pour lui parce que je ne peux pas mener une gros­sesse à terme je suis sté­rile. De la dés­in­for­ma­tion en somme parce que je suis bel et bien enceinte.
    Après les ana­lyses qui annoncent que je suis à 4 semaines d’a­mé­nor­rhée, c’est la galère pour trou­ver où avor­ter. L’hô­pi­tal du coin me ren­voie de ser­vice en ser­vice avant de me pro­po­ser la PMI qui elle me pro­pose de cher­cher des méde­cins la pra­ti­quant. Fina­le­ment j’ar­rive à trou­ver sur inter­net une gyné­co­logue qui pro­pose l’IVG médi­ca­men­teuse. Je prends ren­dez-vous pour le mer­cre­di sui­vant et ronge mon frein en atten­dant.
    Le mer­cre­di j’at­tends quelques temps avec mon père avant que la gyné­co ne me prenne, mon père reste dans le cou­loir. Elle confirme ma déci­sion d’in­ter­rompre la gros­sesse sans me culpa­bi­li­ser, me donne le pre­mier médi­ca­ment et nous dis­cu­tons d’une contra­cep­tion plus adap­tée. Elle me donne les autres médi­ca­ments que je pour­rais prendre le ven­dre­di tran­quille­ment chez moi.
    Le len­de­main soir pre­mières dou­leurs mais je prends sur moi, c’est un moindre maux à côté de celui d’a­voir un enfant non-dési­ré. Le ven­dre­di je prends comme pré­vu les médi­ca­ments et passe l’a­près-midi dans mon lit à cause de la dou­leur. Mal­gré des sai­gne­ments pas de signe de l’embryon, je pense l’a­voir sim­ple­ment pas vu alors je ne m’in­quiète pas.
    Dès le len­de­main je suis for­cée de prendre le train avec mes parents qui avaient loué une vil­la pen­dant deux semaines en vu du mariage de ma soeur. Le mariage étant dans une semaine j’a­vais deman­dé à les rejoindre plus tard mais je me prends un « T’as bai­sé sans capote, t’as­sume » dans les dents et doit me plier à leur exi­gence.
    Là bas, et ce mal­gré les recom­man­da­tions je décide de me bai­gner en uti­li­sant un tam­pon, je n’ai pas envie que cet avor­te­ment me gâche la vie et je pense tou­jours que l’embryon est par­tie. Fina­le­ment je le découvre accro­ché à un tam­pon le mer­cre­di soit une semaine après la prise du pre­mier médi­ca­ment. C’est avec sou­la­ge­ment que je le jette à la pou­belle avant de pré­ve­nir ma famille et le « père » qui éprouvent tous un vif sou­la­ge­ment.
    Au cours du fameux mariages j’ai eu le droit à de nom­breuses remon­trances de la part d’une de mes tantes bien que je ne lui avais rien dit de vive voix qui n’a pas hési­té à me trai­ter d’ir­res­pon­sable et qui se mon­trait par­ti­cu­liè­re­ment cho­quée par mon atti­tude désin­volte.
    Cette expé­rience m’a confor­té dans l’i­dée de ne pas par­ler de ma mal­for­ma­tion à ma famille, j’ai vu leur réac­tion à chaud et je n’ai aucune envie qu’ils se déversent en com­pas­sion en appre­nant la vraie rai­son de mon impru­dence sachant que pour eux c’é­tait for­cé­ment mon irres­pon­sa­bi­li­té qui était res­pon­sable de cet inci­dent.
    Je viens pour­tant d’une famille qui se dit moderne mais visi­ble­ment moderne ne rime pas avec le fait de ne pas juger le choix des autres.
    Un mois plus tard je suis retour­née voir la gyné­co qui s’est assu­rée que je n’é­tais plus enceinte et avec qui j’ai déci­dé de me faire poser un implant ce qu’elle a fait dès le retour de mes règles.
    Au final je n’ai aucun regret. Le seul bémol étant la réac­tion de ma famille et celle du « père » qui s’est avé­ré plus qu’ab­sent mais je m’at­ten­dais pas à mieux de toute manière.
    Je me suis fait avor­tée à 18 ans et j’al­lais bien quand je l’ai fait et je vais tou­jours aus­si bien, n’en déplaise à ceux qui vou­draient que je culpa­bi­lise ou que ça me trau­ma­tise.
    Pour moi j’ai avor­té d’un grain de café un peu plus gros que la moyenne, c’est tout.

  84. Elodie dit :

    J’ai avor­té en août 2012 (à 25 ans), et je l’as­sume entiè­re­ment.

    C’est 1 mois et demi plus tôt que le ver­dict est tom­bé, seule, dans les toi­lettes avec mon test à la main qui sen­tait l’u­rine. « 2 barres ». Ma pre­mière réac­tion : j’ex­plose de rire, je n’y croyais pas du tout, puis je pleure. Je fai­sais pour­tant très atten­tion et uti­li­sais des pré­ser­va­tifs. Je sors des toi­lettes et l’an­nonce à mon ami !

    Apres une dis­cus­sion très sérieuse, nous déci­dons de ne pas gar­der cet enfant. C’est alors que com­mence la « COURSE ». Je l’ap­pelle comme ça car il s’a­git bel et bien d’une course. Contre la montre, contre les méde­cins, rare­ment au cou­rant, les chi­rur­giens non dis­po­nible.

    Des le len­de­main, je prends ren­dez-vous chez un méde­cin. Après lui avoir dit que je suis enceinte, il me féli­cite. Je lui réponds « mer­ci mais ce n’est pas une bonne nou­velle ». Le méde­cin en ques­tion ne sait pas ou je peux me faire avor­ter dans ma ville (qui est Bor­deaux). Il me donne tout de même un nom (par la suite je me suis ren­du compte que ce méde­cin n’exerçait plus). Ok… Super… Pen­dant plu­sieurs longs jours je cherche… J’ap­pelle les hôpi­taux, les cli­niques, et quand je compte enfin sur un méde­cin qui pra­tique l’IVG par aspi­ra­tion, il me dit que je dois prendre 2 RDV à plu­sieurs semaines d’é­cart (pour être sur de ma déci­sion)… « Mais pour­quoi ? Je suis sur à 1000% vous savez ? » — « Vous pou­vez tou­jours chan­ger d’a­vis ». Je me suis ren­du compte que TOUT les méde­cins que j’ai vu, sans excep­tion, aurait vou­lu que je sois heu­reuse d’a­voir cet enfant. Pour­quoi ? Éle­ver un enfant non vou­lu ? Le voir mal­heu­reux ? Me sen­tir pri­son­nière et incons­ciem­ment lui en vou­loir ? Non mer­ci. Je pré­fère souf­frir et subir une inter­ven­tion plu­tôt que de faire du mal à mon « enfant ». Mais ça les méde­cins ne le com­prennent pas. Ils ne sont pas les seuls d’ailleurs !!! Une amie qui veut un enfant depuis des années et qui n’y arrive pas décide de ne pas me sou­te­nir dans cette « aven­ture ». Pour­quoi est ce encore tabou aujourd’­hui ? On a le choix de ne pas rendre mal­heu­reux quel­qu’un que l’on porte ? Pour­quoi ne pas accep­ter et féli­ci­ter ce choix ?

    J’ai fina­le­ment ren­con­tré un chi­rur­gien com­pré­hen­sif et expé­di­tif. Il ne m’a posé aucunes ques­tions sur mon choix (bien ou pas… je ne sais pas). Le jour de l’in­ter­ven­tion, les IVG se pra­ti­quait à la chaine ! On aurait dit des ani­maux par­tant à l’abattoir. Toutes ses filles… Toutes ses infir­mières venant nous voir une par une, sans expres­sions sur leur visage, comme si elles per­daient leur temps avec nous ? Heu­reu­se­ment je suis tom­bée sur la plus gen­tille !!! Com­pré­hen­sive et douce, ce qui m’a aidé. Arri­vé dans la salle de chi­rur­gie, pas de bon­jour, pas de mots ras­su­rants, pas un merde, on me pique, je demande ce qu’ils font et j’en­tends un très léger « vous allez dor­mir avec ça ». Une main se pose dou­ce­ment sur ma tête, ma nuque se rai­di et… Je me réveil dans une salle ou il y a 5 ou 6 autres filles. Je vomis et me fais engueu­ler parce que je le fais par terre et pas sur moi, j’in­sulte l’in­fir­mière.

    Toutes ces atti­tudes m’ont éner­vé, j’ai un peu mal au ventre, mais heu­reu­se­ment, une gen­tille infir­mière me ramène dans ma chambre. Ils me gardent 1h en obser­va­tion et me voit pleu­rer. Les nerfs. Je pars sou­la­gée que tout soit enfin ter­mi­né.

    Il a fal­lu 5 semaines, 3 méde­cins, 4 prises de sang, beau­coup de patience pour enfin être libre !

    En 2013, per­sonne ne m’a aidé, per­sonne n’a su bien m’é­clai­rer à part ma gyné­cho peut être. Si je peux don­ner un conseil à toutes celles qui sont sur de leur choix : Ne vous lais­sez pas inti­mi­der par des méde­cins bla­sés. J’as­sume mon choix et je le vis par­fai­te­ment bien. Evi­dem­ment ce n’est pas une chose agréable et il ne faut pas croire qu’il s’a­git d’un moyen de contra­cep­tion, car ça reste éprouvent autant phy­si­que­ment que men­ta­le­ment. En tout cas, j’ai été sidé­rée de voir com­ment ça pou­vait se pas­ser…

  85. Mimi dit :

    Voi­là ça fait 3 semaines que je sup­pose etre enceinte, j’ai eu la
    confir­ma­tion ven­dre­di der­nier en fai­sant un test pipi! POSITIF , je
    pleurs je n’en veux vrai­ment pas de cette chose, je n’ar­rive plus à
    poser ma main sur mon ventre sans me sen­tir dégou­ter, j’ap­pelle de
    suite l’ho­pi­tal pour connaitre la marche a suivre, injoi­gnable. Je
    decide alors d’ap­pe­ler le plan­ning fami­lial lun­di pour savoir ce que
    je dois faire. Lun­di matin je me rends chez le mede­cin, mais il prend
    trop de temps alors je file dans un labo­ra­toire, je me fais une pds,
    résul­tat dans 4 heures. J y retourne, je suis bel et bien enceinte !
    de 4 semaines dit elle. J ai lar­ge­ment le temps d’a­vor­ter ‚mais le
    plus vite sera le mieux. Je contacte l’ho­pi­tal, celui ci me pro­pose
    une consul­ta­tion dans 2 semaines! MAIS NON! JE veux en finir au plus
    vite, je demande alors des numé­ros de gyné­co­logues pra­ti­quant l’IVG!
    J’en appelle une, prête à me prendre le jour même, cepen­dant
    l’é­cho­gra­phie neces­saire je ne pour­rai la faire qu’a 17h45 et son
    cabi­net se ferme a 17h30, bon, ren­dez vous jeu­di pour l’ivg
    medi­ca­men­teuse! Mer­cre­di soir je me suis posée tout plein de
    ques­tions, me deman­dant ce que cet enfant serait deve­nu. Puis jeu­di,
    je repris mes esprits. 14h, je me pré­pare j’ai ren­dez vous dans moins
    de deux heures. J’y arrive un peu stres­sée, igno­rant com­ment cela se
    pas­se­ra, puis on rentre dans son cabi­net, on dis­cute, je sou­ris, elle
    me sou­rit, elle com­prend ce qui se passe, et me demande si je suis
    sûre de mon choix, je cri OUI avec convic­tion! Je n’en vou­lais
    défi­ni­ti­ve­ment pas. Pre­mière prise de cachets, je me sens déjà
    sou­la­gée, libé­rée d’un poids, prête a vivre ma vie, dans deux
    jours je prends les pro­chains, j’ai hâte d’en finir ! Dans deux
    semaines pose d’im­plant contra­cep­tif, je ne sou­haite pas repas­ser par
    tout ca , sachant que je ne veux pas d’en­fant avant 28 ans. Je me sens
    bien, je ne regrette pas, j’ai le sou­rire au lèvre et j’en parle avec
    gai­té!

  86. magnolia dit :

    J’ai avor­té cette année et je vais mieux.

    Tout est par­ti d’une sacrée bêtise.
    Cela fai­sait quelques mois que j’é­tais cham­bou­lée par mes hor­mones, je res­sen­tais par­fois l’en­vie d’être mère, mais une envie pure­ment égoïste je sup­pose, sans pour autant me pro­je­ter et réa­li­ser en quoi consis­tait le rôle de parent.
    Mon copain, avec qui j’ai une rela­tion dite « sérieuse », a envie d’a­voir des enfants. Il a même hâte. Mais de mon côté je ne me suis jamais sen­tie prête. Depuis que j’ai fini mes études je suis un peu pau­mée, j’ai un emploi pré­caire, pas de sous, je vis dans une ville que je compte quit­ter et enfin, je n’ai vrai­ment pas la matu­ri­té suf­fi­sante pour assu­mer un enfant.
    Donc un jour, le fait que je décide de faire une pause avec la pilule + le désir d’en­fan­ter de mon copain + ma baisse de vigi­lance (et + l’al­cool, il faut bien le dire), tout ça conju­gué, et bien ça a don­né ce que ça a don­né. Des seins lourds et dou­lou­reux, un retard de règles… et l’im­mense décep­tion et incom­pré­hen­sion le jour où j’ai effec­tué le test de gros­sesse. Incom­pré­hen­sion parce que je suis d’un natu­rel si sérieux, que comme la plu­part des gens j’ai été sen­si­bi­li­sée dès le col­lège aux risques de gros­sesse, j’ai été édu­quée et tou­jours réso­lue à « évi­ter le pire » (le pire étant de tom­ber enceinte sans le vou­loir, pas l’a­vor­te­ment).
    De la honte aus­si. Beau­coup. A tel point qu’il n’y a qu’à mon copain que j’en ai, à ce jour, par­lé. Peut-être que j’au­rai moins de mal à racon­ter tout ça à mes proches une fois que ce texte sera publié.

    Mon copain l’a très mal pris. Enfin, c’est ma déci­sion qu’il a mal pris. Je m’en suis beau­coup vou­lue de lui enle­ver ça, que son point de vue, quel qu’il soit, ne puisse pas modi­fier mon choix. Car après tout c’est mon corps. Il l’a sen­ti, et je le com­prend, comme une grande injus­tice.
    Après avoir ten­té de me faire chan­ger d’a­vis, il m’a sou­te­nue comme il le pou­vait, mais je suis allée à tous mes ren­dez-vous seule.

    Quelques points mémo­rables:
    _l’efficacité et le tact dont a su faire preuve cette femme du plan­ning fami­lial quand il s’a­gis­sait de m’o­rien­ter vers les bons ser­vices au tout début du pro­ces­sus. J’ai­me­rai retrou­ver cette dame et trou­ver un moyen de la remer­cier.
    _mon méde­cin trai­tant me deman­dant si je n’al­lais pas regret­ter de prendre le risque de faire dis­pa­raitre un futur Mozart. Lol. Il aurait aus­si pu être un futur petit Hit­ler !
    _le fait que cha­cune vit son avor­te­ment à sa façon. Le jour de l’ex­pul­sion, qui s’est fait à l’hô­pi­tal, j’é­tais dans la même pièce qu’une autre fille. Nous avons pris les médi­ca­ments en même temps. Chez elle, les effets ne se sont pas fait attendre, elle a souf­fert le mar­tyr presque dès le départ. Quant à moi, j’ai du attendre 2h que ça se mani­feste en essayant de m’oc­cu­per avec n’im­porte quoi pour ne pas céder à l’an­goisse.
    Le gyné­co de l’hô­pi­tal com­men­çait à s’im­pa­tien­ter car il avait d’autres patients à gérer.
    Puis l’œuf est sor­ti, la dou­leur n’a pas été insur­mon­table, mais l’é­mo­tion, elle, m’a sub­mer­gée. J’é­tais encore dans les toi­lettes en train de pleu­rer et d’é­va­cuer les plus gros caillots quand le gyné­co m’a deman­dé de sor­tir pour faire immé­dia­te­ment l’é­cho­gra­phie de véri­fi­ca­tion. Je me suis sen­tie humi­liée, j’au­rai aimé avoir un peu de temps pour moi. Mais je com­prends aus­si qu’il avait beau­coup de tra­vail…

    Main­te­nant, je vais beau­coup mieux. Je me sens comme libé­rée d’un poids et je retrouve la pos­ses­sion de mon corps. Bien que je regrette de ne pas avoir fait le néces­saire pour me pro­té­ger, je sais qu’au final, j’ai fait ce qu’il y avait de mieux.

  87. Anna dit :

    J’ai avor­té et je vais bien, mer­ci.

    J’ai avor­té il y a 5 ans et je vais bien mer­ci. Mais, sur le coup, j’en ai bavé. Non seule­ment, j’a­vais inté­grée une nombre incal­cu­lables de normes en tout genre, mais l’é­quipe médi­cale à enfon­cer le cou­teau là où ça pique. Et, pour cou­ron­ner le tout, j’é­tais dans une très très mau­vaise période.

    En couple depuis un an, mon copain venait de me quit­ter. Me suis retrou­vée dehors. Donc, bon… Comme toute per­sonnes cen­sées, sans reve­nue, sans toît, en conflit avec ses proches en hivers, j’ai squat­té chez des incon­nus ou dehors.

    Entre une passe, quelques aven­tures et un retour éclair de mon Ex, et mon manque d’in­té­rêt pour la contra­cep­tion et pré­ven­tion des risques, je savais que je ris­quais la gros­sesse. Pas une grosse sur­prise.

    Bref.

    Test posi­tif : 3ième semaines.

    Prise de conscience. Test posi­tif, de qui ? De quel mec ?
    Culpa­bi­li­té. « Je ne suis pas une fille bien ».

    Test posi­tif : 3ième semaines.

    Je ne savais pas trop ce que je vou­lais faire. J’en­ten­dais le « être fille-mère, c’est mal » et « avor­ter, c’est lâche » en boucle dans ma tête. Sans me poser la ques­tion de ce que je vou­lais faire, sim­ple­ment, pour moi. Deux injonc­tions, deux dik­tats, gros débats.

    Me serait écou­té, tant, j’au­rai mené la gros­sesse à terme… Ou pas. J’en sais rien, en fait.

    Test posi­tif : 4ieme semaine

    Je démarre les démarches, puisque c’est ce qu’il FAUT faire. Et me dis que je pren­drais la déci­sion plus tard, quels « crimes » je choi­si­rais. Il fal­lait juste que toutes les pos­si­bi­li­tés soient ouvertes jus­qu’au der­nier moment.

    Donc démarche, retour à la réa­li­té admi­nis­tra­tive.

    Rava­ler sa fier­té, ren­trer chez ses parents : CHECK
    Avoir un ren­dez-vous pour la prise de sang : CHECK.
    Appel avec un plan­ning : CHECK
    Ren­dez-vous avec un gyné­co : CHECK.

    Test posi­tif : 5 ieme semaine

    Merde ! Moi, voir un gyné­co. J’en ai une pho­bie !. Je les crains. Cer­tains ne sup­portent pas le den­tiste, moi c’est le gyné­co.

    Je suis à son cabi­net. Rien pour me mettre à l’aise. Le regard gla­cial.
    « A la base, je fai­sais ce métier pour don­ner la vie… »
    « Mais, vous pleu­rez Made­moi­selle ? Il fal­lait y pen­ser avant ? »

    Hum…*chiale*

    Dans le béné­fice du doute, j’ap­pelle mon Ex (j’i­ma­gine que c’est le co-res­pon­sable, d’a­près mes cal­culs.). Il me menace de pas mal de trucs, si j’a­vorte pas. Cool.

    Test posi­tif : 6 ième semaine

    Rien à foutre. J’ou­blie, il n’y a pas d’embryon, il n’y a pas de sou­ci. Mais, je ne retour­ne­rai pas chez le GYNECO ! Il ne me tou­che­ra pas, ce con. JAMAIS !

    Test posi­tif : 6ième semaine et demi…

    Bah, ouai, ma grande, mais là, il va quand même fal­loir prendre une déci­sion.
    Ok, je le garde.

    Donc 1 : ne plus boire, remettre de l’ordre, pour faire les choses biens. Au moins, t’es pas lâche. Tu res­pecte une de tes injonc­tions, tu as la conscience tran­quille.

    Test posi­tif : 10 ième semaine

    Mais… en fait, je veux paaaaaaaaaaaaas d’un môme.
    Je vais pas avoir un gamin, parce que j’ai peur du gyné­co
    si
    non
    si
    NON !

    Démarches, je refuse le gyné­co de la der­nière fois.

    Test posi­tif 10 ième semaine et demi.

    Appel centre fami­lial et pre­mier ren­dez-vous : CHECK.
    Et qu’on vous montre comme il est mignon, ce fœtus !
    Et qu’on vous gronde d’a­voir atten­du autant !
    Et qu’on vous demande plu­sieurs fois si vous êtes toxi­mane !
    Et qu’on vous demande qui est « le père » !
    Et que vous ne com­pre­nez rien aux démarches !
    Et que vous décou­vrez l’in­té­rêt d’une mutuel com­plé­men­taire !

    *chiale * *craque *

    J’a­vor­te­rai la der­nière semaine.

    Test posi­tif : 12ième semaine

    « A quelques jours et ce n’é­tait plus pos­sible Made­moi­selle.… »

    Le geste d’a­vor­ter, pffff… Il ne m’en reste rien. Si je me deman­dais si ce n’é­tait pas à la kéta­mine qu’ils m’ont endor­mis. En revanche, l’ac­com­pa­gne­ment, le contexte… oui, j’en ai pas mal bavé. Une de mes jolies cica­trices de vie.

    J’ai avor­té, je vais bien, mer­ci.

  88. Dodo dit :

    J’ai avor­té il y a 24h, je vais bien, mer­ci !

    J’ai bien­tôt 23 ans, je suis étu­diante Eras­mus à Istan­bul et je suis en couple ici avec un gar­çon depuis 4 mois.
    En jan­vier, en France, le débat sur la pilule contra­cep­tive explose, je pars en Tur­quie en février, sans renou­ve­ler ma contra­cep­tion, parce que de toute façon :  » J’vais pas avoir de copain sérieux là bas ! J’au­rais tou­jours des capotes !  »
    Et pour­tant… me voi­là en couple quelques semaines après mon arri­vée, et tout se passe bien, petit acci­dent de par­cours, je prends la pilule du len­de­main, deuxième acci­dent pas­sé à la trappe… et un mois plus tard : retard de règles !
    J’ai nor­ma­le­ment un cycle très régu­lier, alors je me suis tout de suite posé des ques­tions. Et puis j’ai eu une infec­tion uri­naire, j’ai dû prendre un trai­te­ment anti­bio­tique, et j’ai de suite été malade… ça m’a mis la puce à l’o­reille, en plus de cela, ça fai­sait plu­sieurs jours que j’a­vais des dou­leurs de règles sans qu’elles arrivent, alors j’ai fait un test quelques jours plus tard… Posi­tif.
    C’é­tait plu­tôt néga­tif comme nou­velle mais bon…
    Et là je me suis sen­tie trèèèèèèèès seule à 3 000 km de ma famille, mes amis…
    Je ne pou­vais pas en par­ler à mon copain, il a déjà vécu ça deux fois, on en avait par­lé, il est contre l’a­vor­te­ment, et puis il veut des enfants et il est très croyant aus­si.
    Je n’a­vais pas envie de lui impo­ser ça alors qu’il n’al­lait pas bien à ce moment là, pour­quoi lui impo­ser une souf­france pour qqchose dont je ne pren­drais pas compte de son avis??
    Le jeu­di donc, j’ai apprit que j’é­tais enceinte par un test.
    J’ai heu­reu­se­ment une bonne amie sur place à qui par­ler et qui me sou­tient.
    Ma prise de déci­sion n’a pas été dure : je n’en veux pas !
    Je ne veux pas de ça ! Je veux m’en débar­ras­ser le plus vite pos­sible avant d’a­voir les pre­miers symp­tômes !
    Le lun­di une prise de sang me le confirme : 4 semaines
    Je suis en Tur­quie, mon assu­rance ne couvre pas les frais liés à une gros­sesse.
    Ma mutuelle ? J’en sais rien… J’ai ten­té de les joindre par mail mais leur réponse n’est pas claire pour moi.
    Le mar­di je prends rdv à l’ho­pi­tal public pour voir un méde­cin et savoir com­ment faire ici… Je pars toute seule, dans un hôpi­tal où per­sonne ne parle anglais et où je ne parle pas turc.….….. Deux heures à tour­ner par­tout pour au final voir une méde­cin et m’en­tendre dire qu’i­ci on ne fait pas d’a­vor­te­ment.
    Je rentre chez moi com­plé­te­ment per­due.. J’ai tout de même le nom d’un plan­ning fami­lial que cette méde­cin m’a don­né.
    Je ne savais pas quoi faire à ce moment là… 4 semaines de gros­sesse déjà… je ren­trais en France dans 3 semaines… mais je ne vou­lais vrai­ment pas attendre tout ce temps… devoir faire ça de suite après mon arri­vée, ça aurait été trop de « chocs » émo­tion­nel… et puis je n’a­vais pas envie de lais­ser ça gran­dir en moi encore autant de temps, alors que ça va super vite à pous­ser !!
    J’ap­pelle une très bonne amie turque, elle télé­phone par­tout et me rap­pelle, il y a une cli­nique qui fait des IVG pour 220€ (exa­men gyné­co com­prit)
    A ce moment là, je pré­fère payer ce prix pour mon propre bien être !!
    Elle me dit qu’en Tur­quie ça va très vite, j’peux avoir un rdv médi­cal et faire une IVG le len­de­main.
    Le mer­cre­di je pars à la cli­nique avc ma copine, pré­voyante je n’ai pas man­gé le matin… j’es­père pou­voir avor­ter dans l’a­près midi même.
    Et ce fût le cas !
    Mer­cre­di, je passe à 15h pour l’IVG, anes­thé­sie géné­rale… Je me réveille 20 mins après, on me ramène dans ma chambre, et deux heures après je peux sor­tir !
    Les méde­cins étaient gen­tilles, l’anes­thé­siste sou­riante, et l’in­fir­mière accueillante.
    Tout s’est très bien pas­sé du point de vue médi­cal !
    Seule­ment des dou­leurs types règles en fin de jour­née, et le len­de­main, plus rien !

    Je suis d’un groupe san­guin néga­tif, il faut donc que je prenne une piqûre de je-ne-sais-quoi pour pré­ve­nir tout risque pour une pro­chaine gros­sesse.
    Entre prise de sang + IVG + piqure j’en ai eu pour 300€ de ma poche !
    J’at­tends mon retour en France pour savoir si je peux me faire rem­bour­ser, mais je n’ai aucun regret.

    J’ai éprou­vé un peu de culpa­bi­li­té de ne pas avoir su me pro­té­ger, et par rap­port à mon copain qui veut déjà des enfants. Mal­heu­reu­se­ment je ne suis pro­ba­ble­ment pas la future mère de ses enfants… et il faut pen­ser à soi dans la vie.
    Je veux encore voya­ger par­tout dans le monde ! Ren­con­trer d’autres per­sonnes, et libre­ment ! Je veux faire un Mas­ter les deux pro­chaines années. Faire un stage à l’é­tran­ger… Trop de choses à faire, et je veux les faire sans avoir à m’oc­cu­per de qqun d’autre que de moi et de ma propre vie !! Je veux vivre MA vie avant de la don­ner !

    Je ne m’é­tais jamais posée la ques­tion d’a­voir des enfants ou pas, cette expé­rience m’a for­cé­ment mené à y réflé­chir, et oui… d’a­voir été si proche d’en avoir, je me dis que plus tard, je vou­drais avoir des enfants. Quand ce sera vou­lut, ça sera encore plus beau, et je suis sure que j’en serais hyper heu­reuse !

    Main­te­nant, dès mon retour en France… je prends rdv chez une gyné­co, pour un contrôle déjà, et après je demande un sté­ri­let !

    J’ai choi­sis l’IVG, je vais bien, mer­ci !

  89. sophie dit :

    Voi­là deux semaines que j’ai avor­té et tout va très bien pour moi !
    J’ai 23 ans je suis une étu­diante comme les autres ou presque, j’ai avor­té.
    Tout à com­men­cé en mars de cette année, je suis avec mon copain depuis 4 ans, nous sommes fian­cé depuis 6 mois, c’est le bon­heur dans notre couple aucunes ombres à l’ho­ri­zon, nous somme le 23 mars j’ai quelques jours de retard dans mes règles mais cela ne m’in­quiète pas vrai­ment. Je fais quand même un test de gros­sesse his­toire de me ras­su­rer, mais nor­ma­le­ment il devrait être néga­tif je prends la pilule je suis très régu­lière et n’en n’ou­bli aucune, un bébé n’est pas du tout dans nos pro­jets.
    Quand le test devient posi­tif tout s’é­croule autour de moi, mon fian­cé est en dépla­ce­ment pour le tra­vail, je suis toute seule face à cette nou­velle. J’ap­pel ma meilleure amie pour lui expli­quer, elle arrive très peu de temps après avec un nou­veau test de gros­sesse pour être sur, posi­tif. Une seule solu­tion j’ap­pel mon fian­cé pour lui expli­quer, je lui dis que dés le len­de­main je vais me rendre au plan­ning fami­liale pour que l’on m’in­dique les démarches. Il ne se fâche pas se qui été ma plus grande crainte, il me dit qu’il va tout faire pour ren­trer au plus vite.
    Le len­de­main je me rends au plan­ning fami­liale on m’o­riente vers le centre hos­pi­ta­lier de ma ville, ou je prend direc­te­ment ren­dez vous, qui aura lieu une semaine plus tard.
    Entre temps mon fian­cé est ren­tré il m’an­nonce que nous devons gar­der cet enfant, je ne com­prend plus rien, nous sommes jeunes je n’ai pas envie d’un enfant, je n’ai pas fini mon mas­ter, je n’ai pas de tra­vail quelle vie je pour­rais offrir à cet enfant. Mais je me laisse atten­drir par mon fian­cé qui a les mots pour me ras­su­rer. J’an­nule mon ren­dez vous à l’hôpital et appel ma gyné­co pour un ren­dez vous avec elle pour voir si tout va bien.
    Nous sommes le 8 mai, je suis à envi­ron 2 mois de gros­sesse, mon fian­cé prend peur, il me dit que je dois abso­lu­ment avor­ter, que nous ne pou­vons pas gar­der le bébé, que si je ne le fais pas il me quitte. Je ne sais plus quoi pen­ser, je décide de par­tir chez ma meilleure amie pour réflé­chir, là je suis per­du, mon amie me dit d’ap­pe­ler mon grand frère , j’ai beau être forte là je suis trop per­du pour elle. Je suis son conseil, j’ex­plique la situa­tion, après quelques cris de colère après moi et après mon fian­cé, il me demande se que moi je veux vrai­ment, et j’a­voue que je ne me suis pas faite à l’i­dée d’être maman, et la tout devient claire.
    Le len­de­main je me rend au centre hos­pi­ta­lier, pour prendre ren­dez vous encore une fois, on me donne ren­dez vous pour une écho­gra­phie le len­de­main, j’ai très peur qu’il soit trop tard. Je me rend au ren­dez vous plus stres­sé que jamais, la per­sonne que me reçois, me fais un ser­mon, avant même de faire l’é­cho­gra­phie, j’ai envie de pleu­rer mais je m’y refuse je sens que cela lui ferait trop plai­sir. Elle me dit que je suis à 12 semaines, tout s’é­croule, dans ma tête je me vois devoir gar­der ce bébé, arrê­ter mes études mon ave­nir s’é­croule tota­le­ment. Elle ajoute 12 semaines d’a­mé­nor­rhée, j’ai encore eu le droit à un ser­mon mais je laisse ma joie explo­ser tant pi pour cette per­sonne que je pense avoir cho­qué!
    Ren­dez vous le len­de­main avec le gyné­co­logue pour une dis­cus­sion très longue, je lui explique la situa­tion le pour­quoi j’ai tar­dé à venir, il com­prend très bien me ras­sure, me demande si ma déci­sion et bien réflé­chit, si per­sonne ne me pousse à avor­ter. Je lui explique que per­sonne ne me pousse même si mon fian­cé menace de me quit­ter la déci­sion est la mienne elle l’é­tait dès le jour où j’ai appris que j’é­tais enceinte. Dans la fou­lé j’ai ren­dez vous avec l’anes­thé­siste, qui m’ex­plique encore une fois com­ment l’in­ter­ven­tion va se dérou­ler, ce sera une ivg par aspi­ra­tion sous anes­thé­sie géné­rale. J’ai ren­dez vous le 24 mai pour avor­ter.
    Mais avant, je décide de rompre mes fian­çailles, je refuse de pas­ser ma vie avec une per­sonne capable de me faire du chan­tage, de chan­ger de déci­sion aus­si rapi­de­ment en ne pen­sant qu’à lui.
    La vieille de l’in­ter­ven­tion, ma meilleure amie orga­nise une petite soi­rée avec notre groupe d’a­mis, qui n’est au cou­rant de rien, ils sont sim­ple­ment sur­pris de ne pas voir mon fian­cé, alors, je décide de leur expli­quer, je ne veux rien leur cacher ils le seront un jour de toute façon, alors autant qu’ils l’ap­prennent de ma bouche. Je ne m’at­ten­dais pas à leur réac­tion, ils ont tous été si gen­til, aucun n’a por­té de juge­ment sur ma déci­sion, ils ont tous été triste pour moi, mais je leur ai dit que tout aller bien , j’é­tais heu­reuse tout sim­ple­ment. C’est bizarre à dire mais j’é­tais heu­reuse, vrai­ment heu­reuse, je ne sais pas si les hor­mones peuvent jouer des tours à envi­rons 10 semaine peut être que c’est du à cela ou alors j’é­tais vrai­ment heu­reuse.
    Le len­de­main il est 7h quand je me rends à l’hô­pi­tal seule mon amie ne pou­vant pas m’ac­com­pa­gner, je suis prise en charge par des infir­mières qui m’ex­plique encore une fois com­ment va se dérou­ler l’in­ter­ven­tion. Je suis emme­née dans « le bloc » et trou noir, je me réveille dans ma chambre, je ne sais pas com­bien de temps après, une infir­mière vient me voir pour me dire que tout c’est bien pas­ser, elle me prend ma ten­sion véri­fie que tout va bien me donne à boire, et m’an­nonce que quel­qu’un sou­hai­te­rai me voir. j’a­vais peur que se soit lui, je lui ai deman­dé à quoi il res­sem­blé mais la des­crip­tion ne lui cor­res­pon­dait pas. Je ne m’at­ten­dais pas à ce que mon frère tra­verse la France, j’ai tout sim­ple­ment fon­du en larme quand je l’ai vu pous­ser la porte.Ma meilleure ami m’a fait la sur­prise de faire venir mon grand frère. J’é­tais si heu­reuse de le voir. Mon amie est arri­vée quelques heures après, puis nous sommes sor­ti, tous les trois. Mes émo­tions n’é­tait pas fini, mes amis étaient à la sor­tie de l’hôpital, pour me prou­ver leur sou­tient. Je ne me sou­viens pas avoir pleu­rer durant les épreuves que j’ai pu vivre, mal­gré le faite de me retrou­ver seule après 4 années pas­sé aux côté d’une per­sonne que je pen­sée connaitre, mais de voir mes amis ain­si réuni autour de moi j’ai cra­qué.
    Depuis j’ai repris ma vie, je viens d’a­voir mes résul­tats pour mon mas­ter, je suis reçu je vais pou­voir faire mon doc­to­rat, me concen­trer là des­sus.
    Je suis tou­jours aus­si heu­reuse, et aus­si bien entou­ré, j’ai eu des nou­velles de mon ancien fian­cé me deman­dant de lui par­don­ner, mais je ne peux pas, je ne veux pas, je veux recons­truire ma vie sans lui, et c’est se que je fais, avec l’aide de mes amis et de mon frère.
    Je suis heu­reuse, sera ma nou­velle phi­lo­so­phie de vie.
    Je tiens à remer­cier toutes les per­sonnes qui m’ont écou­té, qui m’ont prise en charge à l’hô­pi­tal, je suis heu­reuse de ne pas mettre sen­tie jugé, et pour cela je leur dit mille mer­cis.

  90. Anonyme dit :

    Bon­soir,

    Je com­mence mon témoi­gnage par une brève pré­sen­ta­tion, je suis âgée de 20 ans en der­nière année de licence d’an­glais (que j’ai fina­le­ment obte­nue), et pour cette der­nière année en 2012–13 je suis par­tie en Angle­terre pour étu­dier. J’ha­bi­tais au sud ouest de l’An­gle­terre, et mon copain, avec qui je suis depuis 2 ans vivait près de Londres, on se voyait envi­ron toutes les 3 semaines. Je ne pre­nais pas la pilule, étant de nature hypo­con­driaque et ayant enten­du un bon nombre de récits inquié­tants au sujet des effets néfastes de la pilule (prise de poids, risque accru de contrac­ter une phlé­bite, embo­lie pul­mo­naire) mon cher et tendre et moi même sommes res­té aux bons vieux pré­ser­va­tifs.

    Ce qui devait arri­ver, arri­va en février 2013.

    Mars 2013, dans ma chambre étu­diante je me décide à faire un test de gros­sesse, en ayant tous les symp­tômes : seins dou­lou­reux, retard de règles, mal de dos et grosse fatigue. Lorsque le résul­tat tombe j’é­tais sur skype avec le géni­teur qui tente de me conso­ler tant bien que mal. En fait le plus iro­nique c’est que oui j’é­tais triste d’être enceinte pen­dant cette année d’é­tudes qui devait être si excep­tion­nelle, mais je res­sen­tais aus­si une cer­taine joie, je por­tais la vie, je pou­vais le faire. Évi­dem­ment, au vu de ma situa­tion et de celle de ma moi­tié, il était incon­ce­vable de le gar­der. Ce qui m’a ren­du le plus triste c’é­tait de me sen­tir seule et aban­don­née, mon copain n’é­tait pas là, et il était la seule per­sonne à qui je me rési­gnais à en par­ler. Il était hors de ques­tion de mettre un seul membre de ma famille au cou­rant, ma mère est contre l’a­vor­te­ment, elle aurait sûre­ment accep­té ma déci­sion, mais le simple fait de savoir que j’al­lais subir une inter­ven­tion à l’é­tran­ger l’au­rait trop angois­sé. Je me suis donc déci­dé à le dire à ma colo­ca­taire.

    Pour résu­mer, same­di 16 mars test posi­tif, dimanche je l’an­nonce à ma coloc, lun­di nous nous ren­dons chez le méde­cin, méde­cin qui me prend un ren­dez vous pour une écho­gra­phie dès le len­de­main matin, mar­di 19, écho­gra­phie, l’in­fir­mière appelle un centre Mary Stopes, inter­ven­tion pré­vue pour le ven­dre­di 22.

    J’é­tais bluf­fée, moi qui avait lu des témoi­gnages de Fran­çaises qui disaient que cela était très long, qu’il fal­lait une semaine de réflexion, que le délais pour avoir un ren­dez vous était très long, je crai­gnais de ne pas ren­trer dans les délais légaux et de res­ter dans cet état encore long­temps, et fina­le­ment tout allait si vite ….

    Mon ami, qui est venu à la veille de l’in­ter­ven­tion, et moi avons beau­coup par­lé, il se sen­tait mal et impuis­sant de me savoir dans cet état, nous n’a­vions jamais pen­sé que cela nous arri­ve­rait. C’é­tait une épreuve dif­fi­cile pour nous, j’a­vais peur des méde­cins, de ce qui allait m’ar­ri­ver, mon ami avait peur pour moi, il ne ces­sait de me dire qu’il était déso­lé.. Il est venu le jour j, m’a tenu la main dans la salle d’at­tente. Quand je suis ren­trée au bloc, j’ai vu 5 méde­cins, j’ai fon­du en larmes, piqûre dans le bras je m’en­dors. On me réveille, m’emmène dans une pièce où je retrouve les autres filles qui fai­saient la queue avant moi. On me donne à man­ger, à boire, 15 minutes après je sors, mon copain et moi ren­trons à la mai­son. J’ai fait l’ex­pé­rience de l’a­vor­te­ment à la chaîne. A la chaîne ou non, je suis contente d’a­voir su prendre la bonne déci­sion, et que tout ce soit pas­sé si vite.

    J’ai avor­té, j’ai essayé d’al­ler mal, peut être pour me sen­tir nor­male, puis je suis tom­bée sur votre site, et je tenais à témoi­gner à mon tour, pour aider comme on m’a aidé. Ce site m’a fait décul­pa­bi­li­sé, je vous en remer­cie indé­fi­ni­ment.

    Mer­ci à vous les filles ! Je remer­cie aus­si ma super coloc Espa­gnole qui m’a accom­pa­gnée, ain­si que mon ché­ri, je vous aime !

  91. Marina dit :

    Un matin nor­mal dans une vie nor­male, voi­là ce que je vis, là, tout de suite. Et je pense à d’autres, à ce même ins­tant, qui vivent peut-être un matin gla­cial (on a froid à l’hôpital) et rem­pli d’angoisse. On peut se dire que l’on est capable de le vivre du mieux pos­sible, que l’on «va aller bien», ça n’enlève pas tout le poids de nos épaules tant que «ça» n’est pas pas­sé. «J’ai peur.» Voi­là ce que j’ai pas­sé mon temps à dire, les dix jours qui viennent de s’écouler jusqu’à hier 12h et des pous­sières. Savoir que l’on prend la bonne déci­sion, ou bien que l’on n’a pas le choix, prendre des dis­tances envers soi-même et ce qu’on vit pour tenir le coup, tout ça, ça aide, mais ça ne fait pas tout, jusqu’à la fin demeure l’angoisse: com­ment vais-je le vivre, com­ment vais-je vivre après?

    En appa­rence, j’ai tout pour être heu­reuse, milieu de la tren­taine, un conjoint, un enfant, une mai­son, un tra­vail qui va tant mal que bien mais quand même… Seule­ment les dif­fi­cul­tés au sein de mon couple font que je ne suis pas épa­nouie et que depuis quelques mois j’ai déci­dé de me «reta­per la tête», d’aller bien, de sor­tir d’un état de déprime per­ma­nent, ce qui fait que le choix ne se posait pas: je devais d’abord pen­ser à moi, pen­ser à nous, tel­le­ment d’autre chose à pen­ser en quête d’une séré­ni­té que je ne trouve déjà pas en l’état… Quand j’ai su que j’étais enceinte (sous contra­cep­tif), c’était donc simple: mon cer­veau a fait «bar­rage», je ne me suis pas ima­gi­née une seconde le gar­der, il n’était pas «concret» comme l’avait été mon fils dès le début de ma pre­mière gros­sesse, cette période où je me suis défen­due bec et ongles pour le gar­der, pour convaincre le père et tout le reste que l’on pou­vait faire «avec», qu’on allait rendre un enfant heu­reux, lui don­ner de l’amour, que tout irait bien. A cette période-là, je me sou­viens répé­ter; si on me fait avor­ter je me sui­cide après, je ne m’en remet­trais jamais. Mon his­toire avec mon fils depuis l’instant que j’ai su que je le por­tais, c’est l’histoire d’une pas­sion, un être arri­vé par hasard, par «acci­dent», mais que j’ai «réel­le­ment dési­ré» dès que j’ai su que je l’attendais. Ce mois-ci, ces dix der­niers jours, rien de tout cela, rien. Jamais je n’aurais ima­gi­né res­sen­tir «si peu» en regard de la déci­sion que je devais prendre, cette déci­sion dont je m’étais tou­jours dit que j’en serais tota­le­ment inca­pable.

    Je l’ai su un dimanche à 8h du matin. Rien de pire, puisqu’on ne peut rien faire, que tout est fer­mé et que les ami(e)s font la grasse mat’… Je me suis sen­tie seule, mon conjoint ne m’a pas par­ti­cu­liè­re­ment écou­tée, par­lé ou aidée, jusqu’au jour de l’opération, hier, je l’ai sen­ti absent, ailleurs, très loin de moi.
    Mes amies ne vivent pas dans ma ville, mais j’ai pu pas­ser du temps au télé­phone avec celles qui l’avaient vécu, ou pas. C’était la seule source de récon­fort que j’ai eue. Mais aujourd’hui que c’est pas­sé, je n’ai rien dont je puisse me plaindre, pour plu­sieurs rai­sons, j’ai eu de la chance.
    Le lun­di à la pre­mière heure je me suis ren­due au plan­ning fami­lial, en me disant que tout serait «géré» là-bas et que c’était sûre­ment la meilleure démarche. On me pro­pose (gen­ti­ment tou­te­fois), un «1er» ren­dez-vous pour dans… 3 semaines. Impos­sible. J’apprendrai une heure après que je suis à envi­ron 4 semaines de gros­sesse, ce qui me semble encore rai­son­nable pour accep­ter psy­cho­lo­gi­que­ment que je n’avorte pas d’un «enfant» mais d’un embryon, un tout petit truc, si on peut dire… Si j’avais dû attendre un mois comme ça, je crois que je n’aurais pas pu envi­sa­ger l’interruption.
    On me conseille d’aller à la cli­nique où j’ai été sui­vie pour ma pre­mière gros­sesse. Angoisse. Angoisse de retour­ner là-bas, là où j’avais atten­du et espé­ré mon fils en bonne san­té, ayant alors été pas mal hos­pi­ta­li­sée à cause de ma gros­sesse dif­fi­cile. Mais pas le choix.
    Une heure après j’y étais prise en charge par mon gyné­co, qui m’a fait com­prendre que ce n’était «pas grave», que tout allait bien se pas­ser. «On ne peut pas le gar­der? Non, et bien on va s’occuper de vous». A par­tir de là, le sou­la­ge­ment, j’ai eu droit au délai le plus court, les 8 jours légaux, sans non plus qu’on me donne vrai­ment le choix de la méthode (enceinte de 4 semaines, j’en étais quand même à plus de 7 SA), sachant qu’étant psy­cho­lo­gi­que­ment fra­gile, l’opération était la meilleure solu­tion pour moi. Lorsque je lis les récits des ivg médi­ca­men­teux, je suis «contente» d’avoir limi­té les dégâts que peuvent cau­ser de devoir vivre un ivg «en live». Certes il n’y a pas de «meilleures» méthodes, mais je sais que la mienne était adap­tée, pour moi, par rap­port à ma façon de vivre les choses. J’avorterais à 5 semaines. J’essaye de ne pas trop me ren­sei­gner où «ça» en est à ce stade, mais je me blinde tota­le­ment, je conti­nue à ne pas faire le lien entre «mon état» de gros­sesse et ce que repré­sente «un enfant». Tout ce qui touche à la mater­ni­té, aux femmes enceintes, aux petits enfants, ne me touchent pas, je ne m’émeut de rien ou presque. Et cette absence d’émotivité me ras­sure, me «prouve» que mal­gré mon âge et ma situa­tion ce n’est pas le moment où j’en ai «envie». Pen­dant cette semaine-là je me sens, bien sûr, sous le choc, je pleure en allant faire les courses, je pleure à tous les gui­chets où je dois faire des démarches (je refuse de ser­rer la main à l’anes­thé­siste lors du r‑v pré-opé­ra­toire en lui disant «je pré­fère pas, je viens de pleu­rer dans ma main»…), un ins­tant je dis que «tout va bien aller», et cinq minutes après je m’effondre.
    Je fais la liste des choses que je pour­rais regret­ter après, des choses qui pour­raient me rendre triste, et je m’aperçois que j’ai sur­tout une peur égoïste de me sen­tir «vide» après, de quit­ter l’état «plein» que signi­fie être enceinte. Mais tout ça est bien égo­cen­trique, tour­né sur soi, pas sur l’autre, et donc pas une rai­son pour gar­der un enfant. Bref, si je ne trouve pas de rai­sons ration­nelles pré­cises pour expli­quer mon geste, je peux par­ler d’une rai­son «géné­ra­li­sée», ce n’est juste pas le moment, ce n’est juste «pas celui-là», je me ras­sure seule (le père, qui rêvait d’un autre enfant, a bien réa­li­sé une fois devant le fait accom­pli que notre couple était trop fra­gile pour qu’on puisse le gar­der main­te­nant). Mais je fais aus­si la liste des choses que l’interruption va me per­mettre de faire: certes, la vie va conti­nuer avec son lot de pro­blèmes, comme avant, certes tout ne va pas rede­ve­nir idyl­lique parce que ce «pro­blème» sera réso­lu, mais ça va me per­mettre de redé­fi­nir mes prio­ri­tés, me mettre un coup de pied au der­rière pour prendre des déci­sions, chan­ger cer­taines choses ou cer­taines façon de voir. Je sais que je ne vivrai pas pareil après, mais dans mon cas, je sais qu’il y a l’infime pos­si­bi­li­té que j’en sorte gran­die, plus forte. Pas meur­trie ni sui­ci­daire comme les dis­cours que l’on peut entendre ou même ce que j’avais pen­sé lors de la pre­mière gros­sesse que le père vou­lait me faire inter­rompre (cette idée était alors tel­le­ment un choc pour moi que j’ai plu­sieurs années durant «fait le deuil» d’un avor­te­ment qui n’avait pas eu lieu, chaque année à la même période durant 3 ou 4 ans, alors que mon fils était là, en bonne san­té, c’est dire si j’en avais une idée trau­ma­ti­sante!).

    L’attente du jour de l’opération fut la semaine la plus étrange de ma vie. D’un côté je «bala­dais» mon ventre, je par­tais mar­cher seule, je ne me sen­tais pas «mal» enceinte, et de l’autre, au milieu de mes proches, je ne me «sen­tais pas enceinte». J’étais pleine d’impressions contra­dic­toires. La pre­mière fois je détes­tais être enceinte mais j’étais pas­sion­née par l’enfant à venir, cette fois j’aurais pu aimer être enceinte mais il n’»y avait pas», dans ma tête, d’enfant là-dedans, juste un petit truc pour lequel j’avais la chance d’avoir encore le choix, un enfant poten­tiel, certes, mais uni­que­ment poten­tiel.
    Moi qui ai sou­vent besoin de cou­cher par écrit ce que je res­sens, ce que j’ai à dire, je n’en ai rien fait à ce sujet durant cette semaine-là, à part la fameuse «liste» que j’ai prise avec moi chez le psy (qui, comme beau­coup de psy pri­vés, n’a fait aucun com­men­taire sur la chose en me disant qu’on ne pou­vait rien anti­ci­per sur ce que j’allais res­sen­tir). Pour moi c’était, c’est et ça res­te­ra, je l’espère, un «état» que j’ai vécu dix jours, rien de plus.

    Et donc vint hier. En par­tant à 7h de la mai­son tout me sem­blait un peu glauque, une fois ins­tal­lée j’ai beau­coup pleu­ré, puis j’ai atten­du patiem­ment 12h (le temps que les cachets pré-op fassent effet), seule, sans pou­voir rien faire d’autre qu’attendre, en essayant de ne plus pleu­rer, en rela­ti­vi­sant que cette jour­née allait pas­ser et bien se pas­ser. Ce fut le cas. J’ai été bien accueillie, bien trai­tée, à tous les stades je me suis sen­tie com­prise par le per­son­nel que j’ai trou­vé humain et bien­veillant, même si je conti­nuais à répé­ter et répé­ter encore que ça fai­sait très peur. On m’a endor­mie sans trop que je m’en rende compte, et quand je me suis réveillée j’ai juste dit ‘c’est déjà fini? Mer­ci’. Les dou­leurs des heures qui ont sui­vies m’ont empê­chée de vrai­ment me repo­ser. Les medocs mis dans la perf n’avaient appa­rem­ment pas fait effet mais on m’a vite redon­né de quoi faire une fois réins­tal­lée dans ma chambre et à par­tir de là, tout est ren­trée dans l’ordre. J’étais bien, sou­la­gée, pas for­cé­ment de la «chose» en elle-même mais de la pres­sion, des ques­tion­ne­ments et de l’angoisse dans les­quels j’avais vécue pen­dant 10 jours.
    Hier soir j’ai man­gé plus que de rai­son en cher­chant à tout prix à me «faire plai­sir», et si je ne me suis pas for­cé­ment bien endor­mie, c’est sur­tout à cause du mal d’estomac cau­sé par l’orgie de mac­do, de gâteaux apé­ro, de cafés et de brioches en tout genre sur les­quels je me suis ven­gée en ren­trant à la mai­son!

    Ce matin, je n’ai mal nulle part. Je ne me sens pas «dif­fé­rente» des jours d’avant, je ne me sens pas «vide», je me sens «nor­male», comme si rien n’avait chan­gé en moi, même s’il est encore un peu tôt pour que j’arrive à me concen­trer cor­rec­te­ment sur le tra­vail que je dois pré­pa­rer ou sur les occu­pa­tions aux­quelles je dois m’atteler à la mai­son. Mais ça revien­dra, je sais qu’il me faut encore quelques heures pour digé­rer ce que je viens de vivre, mais j’ai sur­mon­té cette épreuve, et moi qui avait peur de la soli­tude dans laquelle je l’ai tra­ver­sée, je me dis que même cette soli­tude-là m’a ren­due plus forte.

    Main­te­nant j’aimerais que ça puisse aider les autres, j’aimerais aus­si dire que la façon dont on le vit dépend aus­si du sym­bole qu’on lui attache. Pour ma part, en rela­ti­vi­sant le sym­bole que je lui ai accor­dé, je l’ai vécu et je vais bien. C’est d’ailleurs la seule chose que je peux en dire à qui­conque aujourd’­hui: je vais bien.

  92. Laurence dit :

    Je suis tom­bée enceinte à 27 ans. Je venais de démé­na­ger à l’é­tran­ger pour être avec celui que j’ai­mais, je ne savais pas si j’y res­te­rais, je n’a­vais pas de bou­lot. J’ai été malade pen­dant quelques jours, beau­coup vomi, et je n’ai pas son­gé au fait que ça pour­rait dimi­nuer l’ef­fet de ma pilule (que je pre­nais depuis des années sans vrai­ment y pen­ser). J’a­vais des règles très irré­gu­lières et je m’en suis ren­due compte assez tard, et puis ça a été un peu la course vu ma situa­tion admi­nis­tra­tive un peu par­ti­cu­lière, mais j’a­vais déci­dé d’a­vor­ter et j’ai pu le faire. Dès le départ, je ne me sen­tais pas prête à avoir un enfant, mon amou­reux non plus, la déci­sion parais­sait évi­dente. Pour­tant j’y ai beau­coup réflé­chi ; quand un méde­cin m’a mis par sur­prise une écho­gra­phie sous les yeux, j’ai hési­té. J’a­vais peur de m’en vou­loir, de regret­ter, car si je l’a­vais vou­lu, j’au­rais pro­ba­ble­ment pu m’oc­cu­per de ce bébé. Mais je ne vou­lais pas, tout sim­ple­ment; j’au­rais pu m’en occu­per mais je n’au­rais pas pu l’ai­mer et l’at­tendre comme il le mérite, je l’au­rais vu comme un poids. J’ai eu la chance de pou­voir en dis­cu­ter au plan­ning fami­lial avec des infir­mières très com­pré­hen­sives, très neutres, à qui j’ai pu expri­mer ce que je res­sen­tais et tout est deve­nu plus clair.

    L’o­pé­ra­tion en elle-même n’a pas été trop dif­fi­cile, je n’ai eu qu’une anes­thé­sie locale mais je n’ai pas vrai­ment eu mal. Après on m’a lais­sée me repo­ser seule pen­dant une heure et j’ai pas­sé ce temps à ana­ly­ser ce que je res­sen­tais. Et je me sen­tais… nor­male. Moi-même. Je me sen­tais presque cou­pable de ne pas me sen­tir cou­pable. On parle de toutes ces femmes qui n’ar­rivent pas à avoir d’en­fants ou qui souffrent de perdre un foe­tus, de leur dou­leur, et moi je ne res­sen­tais rien de spé­cial.

    Je suis ren­trée chez moi, j’ai chan­gé de contra­cep­tion pour quelque chose de plus adap­té, et j’ai conti­nué ma vie. Trois ans plus tard, je suis tou­jours avec le même amou­reux et un jour nous aurons des enfants. Si je tombe enceinte demain, je serai prête à accueillir ce bébé et à fon­der une famille, ce qui n’é­tait pas du tout le cas il y a trois ans. Je n’ai aucun regret, aucune tris­tesse. Je n’ai par­lé à per­sonne de cet avor­te­ment, parce que je ne veux pas avoir à expli­quer quoi que ce soit à qui que ce soit ; c’é­tait mon choix et celui de mon amou­reux, per­sonne n’a besoin de savoir et je n’ai pas besoin d’en par­ler. Sauf si un jour mon expé­rience peut ser­vir à quel­qu’un. Alors je lui expli­que­rai que oui, j’ai avor­té et je vais bien.

  93. Leslie dit :

    Je vou­lais témoi­gner depuis mon avor­te­ment, mais javais oublié et puis un déclic: Un article sur le Dico des filles 2014 que de nom­breuses ado­les­centes rece­vront sur­ement à Noël, dans cet article un extrait de la sec­tion « Avor­te­ment »: « Le recours à l’avortement est tou­jours une bles­sure qui met long­temps à cica­tri­ser […] C’est une déci­sion grave et for­cé­ment dou­lou­reuse. »
    Et bien NON!!! Je suis on ne peut plus heu­reuse d’a­voir avor­té.

    Il est vrai que quand j’ai pen­sé être enceinte j’ai pani­qué. J’ai eu très peur. Je ne vou­lais ABSOLUMENT PAS être enceinte. Mais c’é­tait trop tard et il fal­lait véri­fier si mon appré­hen­sion était juste.
    Avec mon copain on est allés au plan­ning fami­lial, tout s’est très bien pas­sé jus­qu’à l’an­nonce: J’é­tais bel et bien enceinte. J’ai fon­du en larmes.
    Le len­de­main j’al­lais mieux, la machine était lan­cée: Un ren­dez-vous chez le méde­cin le jour même, un ren­dez vous pour une prise de sang et une écho­gra­phie le len­de­main.
    On m’a deman­dé « C’est pour quoi? » « Pour un avor­te­ment », les réac­tions ont toutes été par­faites: aucun api­toie­ment, aucun juge­ment, aucune pitié.
    Ma mère m’a conseillé l’a­vor­te­ment par aspi­ra­tion, elle a avor­té trois fois dont une fois avec médi­ca­ments et elle avait eu très mal (d’ailleurs elle aus­si va bien, mer­ci!).
    Après un pre­mier ren­dez-vous à l’hô­pi­tal, dans le ser­vice dédié (Mer­ci à tous, vous avez été géniaux!!!) et une prise de ren­dez-vous pour l’o­pé­ra­tion je suis par­tie en vacances le cœur léger: tout allait enfin s’ar­ran­ger.
    Ensuite viens l’o­pé­ra­tion. J’ai eu mal. Très mal, il faut le dire. Mais en quelques minutes c’é­tait réglé. Après un peu de repos, la prise d’un nou­veau ren­dez-vous pour me faire pla­cer un implant contra­cep­tif et avoir remer­cié l’in­fir­mière qui m’a lais­sé lui broyer la main pen­dant l’o­pé­ra­tion je suis par­tie. Le sou­rire aux lèvres.

    Je suis heu­reuse d’a­voir pu faire ce choix et de l’a­voir fait le cœur léger: Même si, de par mon édu­ca­tion plu­tôt fémi­niste et de liber­té des mœurs j’au­rais pu sup­por­ter que l’on me culpa­bi­lise, je sais très bien que d’autres jeunes femmes n’ayant pas ma chance aurait pu être démo­lies par cela. Je suis donc heu­reuse de voir que nous avons tant de bon-nes méde­cins et infir­miers qui font leur tra­vail avec pro­fes­sion­na­lisme et gen­tillesse. Mer­ci à toutes et à tous.

    J’ai avor­té…
    Et je vais bien, mer­ci!!!

  94. Lisa dit :

    J’ai 34 ans et j’ai avor­té le 2 juin 2013.

    Je n’ai pas l’excuse de la jeu­nesse (il serait même temps que je me dépêche si je veux pro­créer, selon cer­tains). Je suis par­fai­te­ment au cou­rant des divers moyens de contra­cep­tion. Je gagne bien ma vie, et le papa poten­tiel aurait été plus que ravi d’apprendre que j’étais enceinte. Je n’ai aucune excuse, et je n’en cherche pas. Sim­ple­ment, je ne vou­lais pas de cet enfant. Je consi­dère que ça suf­fit à rendre ma déci­sion par­fai­te­ment légi­time.

    Il m’a fal­lu quelques temps avant de prendre conscience que ce retard de règles n’était pas tout à fait comme les autres, et que ces seins gon­flés et dou­lou­reux étaient un peu bizarres. Il m’a même fal­lu le secouage éner­gique d’une amie pour me déci­der à aller ache­ter ce fameux petit test, dont j’étais abso­lu­ment sûre qu’il serait néga­tif. Je rumi­nais même déjà les reproches à la copine en ques­tion, pour m’avoir fait flip­per inuti­le­ment.

    Au bout d’une minute, la lan­guette vire au rose vif. 99% de fia­bi­li­té, dit l’emballage. Mon méde­cin confirme, au télé­phone, même s’il pres­crit un deuxième test, san­guin cette fois. Celui-là aus­si sera clai­re­ment posi­tif. A ce moment-là, tout est confus dans ma tête : je suis cer­taine que je ne veux pas d’enfant avec cet homme-là, et pas à ce moment-là de ma vie. Mais, c’est idiot, je me sens contente de por­ter un embryon de vie humaine en moi. Je sup­pose que les films, livres et autres récits d’amies nous ont condi­tion­nées à pen­ser que c’était for­cé­ment une bonne nou­velle. Et puis je suis contente aus­si qu’à mon âge, tom­ber enceinte ait été aus­si facile. Avec le recul, je sais très bien que c’est pour ça que j’ai pris ce risque insen­sé : j’ai vou­lu, incons­ciem­ment, véri­fier si je n’étais pas sté­rile. Me voi­là ras­su­rée sur ce point…

    L’étape sui­vante, c’est l’échographie de data­tion. La femme qui me reçoit est for­mi­dable : elle me demande tout de suite si c’est une gros­sesse sou­hai­tée, et devant mon « non » déter­mi­né, me pré­vient qu’alors elle ne me mon­tre­ra pas les images. Allon­gée sur la table, je m’écroule, en san­glots. Jusqu’ici, j’étais en mode com­man­do, je-suis-sûre-de-mon-bon-droit-et-je-fais-juste-ce-que‑j’ai-à-faire, pre­nant toutes les déci­sions seule, refu­sant qu’on m’accompagne aux exa­mens médi­caux. Là, dans la pénombre avec cette femme com­pré­hen­sive, je m’autorise à me sen­tir triste. Il fau­drait éle­ver une sta­tue à ces gens qu’on croise à peine, et qui se révèlent si déter­mi­nants dans les moments où on souffre. Devant son écran, elle s’exclame : «mais c’est tout petit ! Ca n’existe même pas ! C’est juste un amas de cel­lules, à ce stade ! Vous avez mis trois semaines à vous en rendre compte ? Mais c’est nor­mal, il faut bien consta­ter l’absence de règles tout de même !» Elle me donne des adresses, et me laisse quelques minutes finir de dépen­ser mes san­glots dans le secret de son cabi­net.

    Au final, le « machin » a envi­ron trois semaines. Il mesure un mil­li­mètre sur 0.8, n’a ni tête ni queue. Dif­fi­cile de par­ler d’un être humain. Pour­tant, pour une poi­gnée de connards rétro­grades et liber­ti­cides, dont cer­tains vivent ici même en France, ce que je m’apprête à faire fait de moi une meur­trière. C’est même encore inter­dit dans le pays de nais­sance du « géni­teur ».

    Il est clair depuis le début, dans ma tête et dans mes entrailles, que je ne veux pas être enceinte de cette façon. Je prends ren­dez-vous avec un méde­cin pour un « avor­te­ment de ville » (détes­table expres­sion, comme si je pas­sais louer une voi­ture ou prendre un vête­ment au pres­sing). Dans son cabi­net, je suis assise face à lui, le cœur bat­tant et les larmes aux yeux. Je dois ava­ler les deux pre­miers com­pri­més devant lui, ceux qui vont inter­rompre la gros­sesse, et attendre de voir com­ment mon corps réagit. Ma gorge est nouée, mon nez coule. Je prends le temps de me mou­cher et d’essayer d’avaler ma salive. Ça ne passe pas très bien. J’ai conscience, au plus insi­gni­fiant de mes gestes, que je me sou­vien­drai d’eux toute ma vie. Mais ma déci­sion est prise, il ne faut pas recu­ler main­te­nant. J’avale les com­pri­més.

    Deux jours plus tard, je devrai prendre les deux sui­vants, qui m’aideront à expul­ser l’œuf mort, selon les mots du méde­cin. J’aime bien qu’il ne parle pas d’ « embryon », et il a rai­son : ce n’est même pas encore cela. Entre les deux prises de médi­ca­ments, il y a une fête qui est impor­tante pour moi. J’y vais, et à part quelques légi­times moments de blues et d’inquiétude quand quelques gouttes de sang com­mencent à tacher ma culotte, je m’amuse bien. Je danse même avec une éner­gie que je me suis rare­ment connue. Besoin de com­battre la tris­tesse par un sur­croît de vie.

    Le soir, je dors chez une amie, entou­rée par une autre. Lorsque je prends les fameux com­pri­més du len­de­main, elles sont à mes côtés. J’appréhende énor­mé­ment les dou­leurs et le sang, que j’ai peur de perdre par litres. Il me faut une demi-heure pour com­men­cer à res­sen­tir les pre­miers effets. J’ai très très mal au ventre. Une amie m’apporte une bouillotte, qui ne fait pas grand-chose. Tout mon corps se contracte, esto­mac, intes­tins, uté­rus. Je vomis, ai une brève diar­rhée et expulse un gros caillot de sang, sui­vi d’un deuxième vingt minutes plus tard. Et c’est tout. Cela aura duré moins d’une demi-heure, pas assez pour par­ler de trau­ma­tisme phy­sique, mais suf­fi­sam­ment pour conchier les salauds qui osent par­ler d’ « avor­te­ment de confort. »

    A la fin de la jour­née, seule et de retour chez moi, je pleure. Beau­coup. De fatigue, de ten­sion ner­veuse et de cette tris­tesse dif­fi­ci­le­ment expli­cable aux autres. Le sen­ti­ment d’une poten­tia­li­té non sai­sie, et dont on ne sait pas si elle se repré­sen­te­ra. De culpa­bi­li­té, aucune trace. J’ai reçu une édu­ca­tion fémi­niste, et je res­sens une telle cer­ti­tude de mon bon droit que je pul­vé­ri­se­rais lit­té­ra­le­ment qui se ris­que­rait à m’expliquer le contraire. Je l’ai d’ailleurs par­tiel­le­ment fait auprès d’un méde­cin qui se mon­trait trop curieux lors de la prise de sang (« vous avez des symp­tômes de gros­sesse ? Vous avez déjà des enfants ? »)

    Les jours sui­vants, je sai­gne­rai encore un peu. Ma poi­trine res­te­ra enflée et dou­lou­reuse pen­dant trois semaines envi­ron. J’ai peu par­lé de mon aven­ture sur le coup, parce que ça ne regarde per­sonne. Je com­mence à le faire, six mois après. J’ai aus­si beau­coup écrit pour don­ner du sens à ce que j’avais vécu, et qui n’est pas ano­din.

    Le « géni­teur » n’a rien su et ne sau­ra jamais rien de ma démarche. Il était déjà hors de ma vie lorsque j’ai fait ce petit test à la lan­guette rose. Cet homme n’était pas bon pour moi, il n’aurait pas fait un bon père selon mes cri­tères. Il était catho­lique, appro­chait la qua­ran­taine et vou­lait des enfants. Il n’aurait sûre­ment pas accep­té ma déci­sion. A quoi bon lui don­ner une infor­ma­tion qui le ferait seule­ment souf­frir ?

    Aujourd’hui, je vais bien, même s’il faut conti­nuer de digé­rer tout ça. Je n’ai tou­jours aucun doute sur la jus­tesse de mon choix, et je me remets dou­ce­ment de ce qui m’est arri­vé. Je com­prends mieux main­te­nant ce que j’ai cher­ché à faire, et ce que je veux. Ce qui m’a tenue, pen­dant ces quelques jours bien pénibles, c’était de me dire « La pro­chaine fois que je serai enceinte, ce sera avec un homme que j‘aime. La pro­chaine fois, ce sera une bonne nou­velle ».
    Ouais. Il y aura une pro­chaine fois, et j’en serai heu­reuse.

    • helene dit :

      Bon­jour Lisa,

      Je ne sais pas si tu liras mon mes­sage, mais j’ai­me­rais savoir où tu en es dans ta vie aujourd’­hui?
      Ton his­toire res­semble à la mienne, sur­tout dans le fait d’a­voir pris le risque pour me prou­ver incons­ciem­ment que oui je suis fer­tile. J’ai 37 ans et je dois faire l’ivg ce week-end
      J’ap­pré­hende beau­coup. Par­fois je suis sereine, par­fois je me roule et pleure beau­coup. Et les paroles de cer­tains amis me font culpa­bi­li­ser et dou­ter et peur car j’es­père que après cela, je me sen­ti­rais mieux et sou­la­gée. C’est un droit, c’est ma vie. Je ne sais pas ce qu’il m’at­tend par la suite et même si j’y ai beau­coup réflé­chi, je sais que je ne veux pas d’un enfant seule, mais je veux un enfant conçu dans l’a­mour et dési­ré des 2.
      Ce n’est pas facile, sur­tout face aux com­men­taires des forums et amis qui disent que à mon âge car sans enfants, et à ma place, il le gar­de­rait. Ils ne sont pas à ma place, je trouve tout aus­si égoïste de le gar­der sans papa.
      J’es­père que depuis tu as ren­con­tré l’homme de ta vie, et que tu pour­ras me racon­ter la suite de ton par­cours depuis

  95. Marie dit :

    Bon­jour à toutes !
    J’ai avor­té en avril 2010 et oui je vais bien.
    Je suis étu­diante, tom­bée enceinte à 18 ans en plein milieu de ma pre­mière année supé­rieur.
    Je me sou­viens très bien du rap­port à risque car c’é­tait une mer­veilleuse soi­rée avec mon copain (avec qui je suis tou­jours d’ailleurs) et où le pré­ser­va­tif a été mis trop tard.
    Je témoigne aujourd’­hui à cause d’un tra­vail que je dois rendre dans lequel je me déclare en faveur pour l’a­vor­te­ment et qui m’a replon­gé dans ma propre his­toire. (à l’heure où de nom­breuses légis­la­tions veulent dur­cir ce droit fon­da­men­tale dont dis­pose la femme)

    Au moment où j’ai consta­té que j’a­vais un retard de règle, je l’ai su tout de suite et j’ai pré­ve­nu mon copain, lui même étu­diant et du même âge que moi. Donc c’é­tait clair, je ne pou­vais pas le gar­dé.
    Je me suis ren­du le len­de­main au plan­ning fami­liale pour la prise de sang afin de confir­mer mes soup­çons : mais pour l’in­fir­mière il était trop tôt et on a donc défi­ni un ren­dez-vous pour plus tard.
    Au final test posi­tif évi­de­ment, mais ce délai, plus tous les exa­mens préa­lables m’ont fer­mé la pos­si­bi­li­té d’a­vor­ter par voix médi­ca­men­teuse.
    D’ailleurs je sou­haite rele­ver la même chose qu’un témoi­gnage plus haut : la vue de l’embryon. Ca été un moment assez dure pour moi, être obli­gé d’être confron­ter à cette image de la vie alors que notre déci­sion est prise. J’ai l’im­pres­sion que l’on fait tout pour nous dis­sua­der.
    Bien que j’au­rai pré­fé­ré le médi­ca­ment, mon opé­ra­tion s’est fina­le­ment dérou­lé et grâce à la com­pré­hen­sion de cer­taines per­sonnes je n’ai rien payé (étant étu­diante je n’a­vais pas de res­sources à l’é­poque et pour moi il était impos­sible d’en par­ler à mes parents). Néan­moins comme un autre témoi­gnage plus haut j’ai tout sen­ti car je n’ai eu qu’une anes­thé­sie locale qui ne fai­sait pas encore effet et la dou­leur, la sen­sa­tion ont été atroce.

    Ca a été une période dif­fi­cile car la nou­velle de ma gros­sesse fut durant des exa­mens de mi-semestre et l’o­pé­ra­tion en elle-même pen­dant mes exa­mens ter­mi­naux.
    J’ai redou­blé mon année. Comme je ne l’ai pas dit à mes parents par peur de leur réac­tion je me suis ren­fer­mée sur moi même et inven­té des excuses pour mon redou­ble­ment.
    Seul mon copain a été donc au cou­rant et ce durant presque 2 ans. L’an­née der­nière je l’ai dit à trois de mes plus proches amies qui ont regret­té de ne pas avoir été au cou­rant et de ne pas avoir pu me sou­te­nir.
    Je consi­dère que c’est une épreuve encore plus dif­fi­cile du fait que l’on ne peut pas la par­ta­ger tel­le­ment c’est mal vu.
    Je regrette éga­le­ment toutes les for­ma­li­tés qui doivent être accom­plis pour pou­voir pra­ti­quer l’IVG qui rendent la pro­cé­dure très longue. Mais éga­le­ment la prise en charge qui est inexis­tante. J’ai eu de la chance de pou­voir être sou­te­nue par mon copain et aujourd’­hui encore je ne regrette pas mon choix (bien que de temps en temps on y pense).
    J’ai tout jeté de cette période.
    Je suis tou­jours étu­diante et à 21 ans si je tom­bais de nou­veau enceinte je refe­rais exac­te­ment le même choix. Je consi­dère qu’il y a un temps pour tout, un temps pour chaque évé­ne­ment de la vie et celui de la gros­sesse je ne l’at­tends pas avant mes 30 ans. Il ne faut pas avoir peur de ses choix.

  96. Virginie dit :

    J’ai d’a­bord cru à un bonne gas­tro. Puis, j’ai décou­vert ma gros­sesse avec effa­re­ment. Mon conjoint et moi n’é­tions pas prêts pour cela. La déci­sion d’ivg n’a pas été longue à prendre. A l’heure où la majo­ri­té de mes amies pen­sait « bébé », « mariage », il était incon­ce­vable pour moi de deve­nir mère. J’ai eu l’im­pres­sion d’un par­cours du com­bat­tant; cela n’en finis­sait pas en rdv médi­caux. L’ IVg médi­ca­men­teuse n’a pas fonc­tion­né, le cal­vaire a conti­nué un peu plus long­temps. Obli­ga­tion de cure­tage. L’anes­thé­siste, en retard à notre ren­dez vous, me dit qu’elle n’a pas beau­coup de temps à m’ac­cor­der et sur­tout des femmes qui veulent accou­cher dont elle doit s’oc­cu­per… Elle s’est excu­sé ensuite, trop tard. J’au­rais aimé avoir la force de me défendre, de lui cra­cher au visage sa mes­qui­ne­rie. Par contre, le plan­ning fami­lial et les infir­mières furent très pro­fes­sion­nelles et pleines d’empathie. Une fois le cure­tage réa­li­sé et l’é­cho­gra­phie de contrôle, j’ai res­sen­ti un grand sou­la­ge­ment. Par contre, je me suis sen­tie vrai­ment cou­pable et idiote d’être tom­bé enceinte et de m’in­fli­ger tout cela… J’a­vais honte de mon erreur de pilule. Je n’ai pas voulu/pu en par­ler à mon entou­rage. C’é­tait dif­fi­cile de vivre cela seule. Aujourd’­hui j’ai « digé­ré » et je ne regrette pas de l’a­voir fait.

  97. Chloé dit :

    Bon­jour à toutes.
    J’ai décou­vert ce site suite à la lec­ture de « et toi, quand est-ce que tu t’y mets, tome 2 ».
    C’est alors que j’ai déci­dé d’ap­por­ter mon témoi­gnage. J’ai 24 ans et déjà 2 enfants (14 mois d’é­cart). Et je devrais en avoir un 3ème qui aurait eu 1 mois envi­ron aujourd’­hui. J’ai avor­té le 5 Avril. Je me sen­tais cou­pable et n’ar­rê­tais pas de pleu­rer. Mais pas par rap­port à moi car, avec déjà 2 enfants en bas âge, il m’é­tait tout sim­ple­ment impos­sible de gar­der ce 3ème enfant.
    Non, je me sen­tais cou­pable par rap­port aux gens qui m’en­tourent car, à cette même période, j’a­vais plu­sieurs amies et connais­sance qui fai­saient tout pour tom­ber enceinte et n’y arri­vaient pas ou alors, fai­saient des fausses couches. Elles vou­laient vrai­ment avoir un bébé. Moi, je n’en vou­lais pas. Et pour­tant, un oubli de capote a suf­fit pour que je tombe enceinte. Je m’en vou­lais à moi-même d’être autant fer­tile. Et j’en vou­lais à la vie d’être aus­si injuste.
    J’ai eu l’in­ter­ven­tion par aspi­ra­tion. J’ai quelques amies qui avaient déjà eu une IVG. Cer­taines ont eu la médi­ca­men­teuse et d’autres ont eu l’as­pi­ra­tion.
    Cha­cune m’a expli­qué com­ment ça s’é­tait pas­sé. J’ai eu peur. Peur d’a­voir mal, peur de me faire juger, cri­ti­quer. Et puis il y a eu « les mater­nelles » sur France 5 avec leur émis­sion spé­ciale IVG, avec 2 témoi­gnages. Ce qui ne m’a pas ras­su­ré…
    Du coup, je suis allée au plan­ning fami­lial avec mon mari et mes enfants. Je n’ai pas été jugée ni cri­ti­quée.
    Pre­mier rdv pour l’é­cho et le psy. Rien à redire. La gyne­co ne m’a rien mon­tré du début à la fin. La psy a été très com­pré­hen­sive et a presque insis­té pour que je ne change pas d’a­vis.
    Le jour de l’in­ter­ven­tion, pareil. Un per­son­nel très com­pé­tent, des infir­miers et infir­mières très gen­tils et très ras­su­rants.
    Mais tou­jours ce sen­ti­ment de culpa­bi­li­té par rap­port aux autres. Les gens autour de moi ont beau me dire que ce n’est pas de ma faute, je ne peux m’empêcher de me sen­tir cou­pable.
    Aujourd’­hui, très peu de per­sonnes sont au cou­rant de cette IVG. Et je pré­fère qu’il en soit ain­si le plus long­temps pos­sible.
    La ques­tion qui m’é­nerve le plus dans ce genre de situa­tion c’est : com­ment est-ce arri­vé? Et la réflexion qui me mets hors de moi : t’a­vais qu’à te pro­té­ger.

    Enfin voi­là ma petite his­toire.
    J’es­père qu’un jour, les mœurs évo­lue­ront et que les gens arrê­te­ront de faire une fixette sur l’IVG.
    Bon cou­rage à toutes celles qui pas­se­ront par là.
    Dîtes-vous que vous n’êtes pas les pre­mières et ne seraient cer­tai­ne­ment pas les der­nières à tra­ver­ser cette situa­tion.

  98. E dit :

    J’ai avor­té le 18 sep­tembre 2012 et je vais très bien, mer­ci.

    J’ai eu le par­cours clas­sique de l’é­tu­diante qui tombe enceinte, ne veut pas d’en­fants et décide d’a­vor­ter. Heu­reu­se­ment, je n’ai eu aucun sou­cis à en par­ler ni à mon ché­ri, ni à quelques amis proches, ce qui m’a per­mis d’a­bor­der ça avec le sou­rire, mal­gré l’é­tat de san­té lamen­table dans lequel j’é­tais à cause de la gros­sesse.

    Si le méde­cin géné­ra­liste a été ado­rable, j’ai assez mal vécu l’é­cho­gra­phie, faite par une dame désa­gréable qui m’a insé­ré la sonde pour une écho intra vagi­nale comme une brute sans aucune consi­dé­ra­tion pour moi, alors que j’é­tais visi­ble­ment faible et que je tenais à peine sur mes jambes!
    Les infir­mières de l’hôpital ont par contre été char­mantes, me ren­sei­gnant bien sur les dif­fé­rentes pos­si­bi­li­tés qui s’of­fraient à moi, sans aucune pres­sion. J’ai opté pour une aspi­ra­tion en anes­thé­sie locale qui c’est plu­tôt bien pas­sée, bien enca­dré par le per­son­nel tou­jours aus­si gen­til et pro­fes­sion­nel. Bon j’ai eu super mal et j’ai vomi les médi­ca­ments qu’ils m’a­vaient don­né un peu après, mais en retour­nant dans la chambre où mon ché­ri m’at­ten­dait je me suis tout de suite sen­tie tel­le­ment mieux! Enfin cette envie de vomir per­ma­nente était par­tie et je com­men­çais déjà à reprendre du poil de la bête !

    Au final, même si la gros­sesse a été dure à vivre phy­si­que­ment et psy­cho­lo­gi­que­ment, j’ai au contraire vécu l’a­vor­te­ment comme une libé­ra­tion.
    J’é­tais heu­reuse que mon ché­ri puisse m’ac­com­pa­gner qua­si­ment tout du long, et qu’au­tour de moi per­sonne ne dra­ma­tise la chose, au contraire. Du coup quand j’en­tends des remarques lan­cées comme quoi ce serait for­cé­ment un trau­ma­tisme ça me mets vrai­ment en rogne. Cha­cun vit les choses comme il/elle les sent, inutile de dra­ma­ti­ser à tout va ou de prendre toutes les femmes pour des écer­ve­lées! Petit coup de gueule enfin contre le site ivg.net, sur lequel je me suis retrou­vée en fai­sant mes pre­mières recherches avec un copain. Je me sou­viens l’a­voir regar­dé, puis lui avoir dit « heu­reu­se­ment que j’ai le moral, c’est à se tirer une balle ce site ».

    J’es­père en tout cas que ce blog pour­ra avoir une longue vie et connaitre de plus en plus de témoi­gnages où tout se passe bien! Mer­ci enfin à toutes les équipes médi­cales qui savent res­ter pro­fes­sion­nelles, sans juge­ment, et avec gen­tillesse. Bon cou­rage à toutes!

  99. La Marguerie dit :

    Hel­lo !

    J’ai avor­té le 17 décembre 2013, et je vais vrai­ment bien.

    Mieux. 9 semaines à vomir et avoir des nau­sées inces­santes, avec deux enfants en très bas âge, et des ani­maux à gérer, je n’en pou­vais plus.

    Rela­tion stable, pleine d’a­mour, petite famille pleine d’a­mour aus­si. Mais déjà je ne pré­voyais pas de deve­nir mère, l’a­mour m’a fait voir les choses autre­ment, ok. De là à avoir un 3ème ? Que nen­ni.

    Une capote qui claque après un retour de couche, et bien enten­du, le one shot. Comme pour mes deux pre­miers. À croire que mon corps ne sait vivre qu’en gros­sesse. Est fait uni­que­ment pour ça. Hyper­fer­tile, ça s’ap­pelle. J’a­vais déjà eu une fc sous pilule, plus une il y a quelques mois.

    Bref, j’ai su après une semaine que j’é­tais enceinte, j’ai eu une confir­ma­tion un mois plus tard avec un test uri­naire. Vou­lu attendre, comme si attendre allait faire men­tir mes symp­tômes de gros­sesse plus qu’é­vi­dents.

    Très clair, le + appa­raît. Très claire aus­si, la déci­sion de l’ivg sans même y réflé­chir, sans panique, sans éner­ve­ment.

    Le len­de­main, car test fait le soir, j’ap­pelle le plan­ning fami­lial, rdv est pris pour le 12 décembre, en atten­dant je dois voir ma géné­ra­liste pour la pre­mière consul­ta­tion car beau­coup de monde au plan­ning, et ain­si, on rac­cour­cit les délais.

    Géné­ra­liste au poil, ne me demande pas pour­quoi, juste si je suis sûre, oui, ok, voi­là votre cour­rier et votre pres­crip­tion d’é­cho. Echo le 3 décembre, pra­ti­cien au poil, sait pour­quoi je suis là, ne me pose pas de ques­tions, tourne l’é­cran vers lui, coupe le son, m’an­nonce que je suis à 5sg, donc tout va bien je suis dans les délais, impec­cable, mer­ci au revoir, le tout réglé en 5 minutes.

    12 décembre rdv au plan­ning, d’a­bord une conseillère conju­gale et fami­liale au cas où j’ai besoin de voir un psy, au cas où je sois mal, elle voit que non, on parle de tout, de rien, des petits, et puis hop je passe au méde­cin. Méde­cin cool, me pres­crit diu et béta­dine, rdv anes­thé­siste le len­de­main, pla­ni­fie avec moi la date de l’ivg. Ce sera le mar­di 17 décembre, un beau cadeau pour nos 5 ans de fian­çailles.

    Le len­de­main, l’anes­thé­siste est nickel, très cool, très au cou­rant en matière d’al­lai­te­ment et anes­thé­sie. Ce sera une géné­rale car ils ne font que ça pour les ivg à Bayonne, mais pas grave, je peux allai­ter dès le réveil si je veux, aucun des médocs qui me sera don­né n’est incom­pa­tible, donc tout va pour le mieux.

    Le lun­di soir je dors mal, peu, car je suis un peu ner­veuse. Une AG, un cure­tage, ne vont pas sans risques, même si ce sera très court, même si les­dits risques sont minimes, rares. Sur­tout, j’ai faim.

    Mar­di matin, branle bas de com­bat, il faut réveiller ma puce (mon lou­lou dort chez son papi), très tôt, me dou­cher, me pré­pa­rer, par­tir. Une fois sur place, j’at­ten­drai avec une autre fille, de l’âge de ma petite soeur. Comme il y a eu beau­coup d’ac­cou­che­ments, les chambres sont pleines, donc on nous a impro­vi­sé une chambre double dans une simple, pas le choix. Mais la demoi­selle est sym­pa, sa maman aus­si. Moi je suis res­tée seule pour que mon com­pa­gnon puisse ren­dor­mir la petite à la mai­son, et aller cher­cher le sapin de Noël.

    Je fais connais­sance avec ma cama­rade de chambre, elle passe vers 10h30, moi 11h. Pour moi tout se passe impec­cable, pour elle réveil chao­tique, mais de retour qua­si en même temps. Elle saigne pas mal et est encore mal de l’anes­thé­sie, alors, je sais pas, je m’at­ten­dris, je la prends sous mon aile, l’aide, et on passe fina­le­ment une bonne jour­née, on dis­cute, on plai­sante, on parle de nour­ri­ture (oui on est sur­tout mortes de faim au final), puis enfin un pla­teau repas beeeeeeeeeeerk, arrive mais on dévore. Régu­liè­re­ment on nous prend ten­sion, on nous demande si on a fait pipi, et com­ment on s’ap­pelle. Tout ça nous fait pas mal rire.

    16h15 l’in­terne passe, on nous déper­fuse, pres­crip­tion de prise de sang, carte de diu, retour de nos papiers, et nous sommes libres.

    Je n’ai pas mal, je saigne peu, et la fatigue est très modé­rée. Je me sens libre, revivre, heu­reuse de reprendre ma vie en main. Et les rênes de mon corps.

    Ma puce, à peine me voit elle, elle demande à téter, et tète comme une bien­heu­reuse.

    Je me sens bien.

    Je peux enfin reman­ger nor­ma­le­ment, et je savoure, plus de nau­sée, plus de fatigue per­ma­nente.

    Je ne veux pas d’un 3ème enfant, ni main­te­nant, ni jamais. Mes parents me com­prennent, mon com­pa­gnon est 100% à mes côtés, une amie m’a bien épau­lée.

    Alors, j’ai avor­té le 17 décembre 2013, et je vais plus que bien, mer­ci 😉

  100. Myriam dit :

    J’ai 34 ans et j’ai fait une IVG il y a un peu plus de 2 ans main­te­nant.
    J’ai vécu pen­dant 8 ans avec un homme qui me consi­dé­rait plus comme un objet sexuel que comme une femme. Je me suis sépa­rée et je suis res­tée céli­ba­taire pen­dant 1 an, bien trop contente de pro­fi­ter de ma pré­cieuse liber­té et sur­tout sans contrainte de pilule…
    Et puis un soir j’ai ren­con­tré un homme, c’é­tait mer­veilleux, j’é­tais enfin une vraie femme dési­rée, alors dans le feu de l’ac­tion pas de pré­ser­va­tif ! Eh eh, fal­lait pas tout gâcher, enfin pas tout de suite mais le souf­flé est retom­bé bien vite.
    Je ne suis pas née de la der­nière pluie, mais je ne sais pas pour­quoi, je me suis dit que ce n’é­tait pas pour une fois comme ça que j’al­lais tom­ber enceinte donc pas de pilule du len­de­main non plus et puis de toute façon ça n’ar­rive qu’aux autres ou dans les films … mais bien sûr !
    Quelques jours plus tard, le mon­sieur me remer­cie pour la gen­tille nuit pas­sée ensemble et me sou­haite bonne conti­nua­tion … toute seule.
    Encore quelques jours et je com­mence à avoir mal aux seins. Je n’ai jamais été enceinte mais j’é­tais sûr que c’é­tait ça. Gros moment de panique, grosses larmes, et puis je me suis rap­pe­lé de ce que j’a­vais conseillée quelques années plus tôt à ma sœur à qui il était arri­vé la même mésa­ven­ture sauf qu’elle a échap­pé à la gros­sesse.
    Je lui avait dit de ne pas pani­quer avant de connaitre la réponse et d’a­vi­ser après.
    Alors ni une ni deux, je suis allée cher­cher un test de gros­sesse, je l’ai fait tout de suite, j’a­vais besoin de savoir mais je n’en menais pas large. Pour le coup, le test à virer posi­tif au 1er jet de pipi et ma déci­sion d’IVG a été tout aus­si immé­diate. D’a­bord, je ne me voyais pas être mère et d’autre part, pour moi, la concep­tion d’un enfant résulte du fruit de l’a­mour, et pas d’un plan Q. Allez expli­quer ça à votre enfant plus tard …
    Je télé­phone donc à ma gyne­co, qui très « aimable » m’a répon­du qu’elle ne fai­sait pas ça et que je n’a­vais qu’à prendre un ren­dez-vous à l’hô­pi­tal, chose que j’ai faite.
    En atten­dant mon ren­dez-vous, j’ai fait une prise de sang qui à re-confir­mer la gros­sesse. Re-grosses larmes, mais je crois que c’é­tait à causes des hor­mones cette fois.
    J’ai ren­con­tré une sage femme, qui m’a fait une écho­gra­phie pour encore confir­mer, mais qui a eu la déli­ca­tesse de ne rien me mon­trer, et de ne rien me deman­der du pour­quoi du com­ment. Elle m’a expli­qué le pro­ces­sus : une semaine de délai de réflexion obli­ga­toire, anes­thé­sie géné­rale pour cure­tage dans la jour­née, pré­sence d’une per­sonne pour la sor­tie, contrôle 15 jours après et coor­don­nées d’une psy gra­tuite si besoin après. Par­fait, me res­tait plus qu’à trou­ver une copine pour la sor­tie.
    La copine a été super, elle était tout de suite ok et pas de juge­ment non plus, la seule chose qu’elle m’ai dit mais que je n’ai pas sai­si tout de suite « eh ben, au moins, une chose est sûr, c’est que ça prend bien chez toi ! ».
    Jour J, 9h, pas de sou­ci, shoo­té à l’ar­ri­vé, pas le temps de com­prendre, opé­ra­tion, ren­trée à 17h à la mai­son, petite bouffe avec la copine et la vie conti­nue comme si de rien n’é­tait. L’é­vè­ne­ment n’a été qu’une « for­ma­li­té ».
    Je suis retour­née voir ma « char­mante » gyné­co, pour le contrôle, qui a com­men­cé à me faire culpa­bi­li­ser, en me deman­dant si je savais ce qu’é­tait un pré­ser­va­tif etc …
    Et puis pen­dant quelques mois, je me suis deman­dée pour­quoi j’a­vais été aus­si incons­ciente, si j’au­rais pré­fé­rée un gar­çon ou une fille, et ouf, 9 mois ont pas­sé, je n’ai pas accou­ché !
    Encore quelques mois, ou j’a­vais peur de ren­con­trer quel­qu’un et de recom­men­cer le même scé­na­rio. J’ai chan­gé de gyné­co, super sym­pa, à qui j’ai deman­dé une contra­cep­tion parce que j’a­vais peur de retom­ber enceinte. Elle m’a dit que ce n’é­tait pas la peine tant que je n’a­vais per­sonne, qu’elle serait dis­po à ce moment là et que c’é­tait dom­mage de ne pas pro­fi­ter de sa jeu­nesse. Elle m’a conseillé d’al­ler voir la psy, si j’a­vais besoin d’en par­ler. Je me suis dit que je pour­rais déjà en repar­lé avec mon amie, et puis j’ai repen­sé à la petite phrase qu’elle m’a­vait dit … et là j’ai pris conscience que si j’é­tais allée aus­si loin, c’est qu’in­cons­ciem­ment j’a­vais « sim­ple­ment » besoin d’être ras­su­rer en tant que femme. Certes c’est un peu lourd, peut-être idiot mais l’in­cons­cient est incon­trô­lable, c’est comme ça, per­sonne n’est par­fait !
    Bon cou­rage à toutes. Vous êtes libre de vos choix, ne lais­sez pas les autres vous faire culpa­bi­li­ser. Je ne regrette abso­lu­ment pas mon IVG, c’é­tait évident, je regrette sim­ple­ment d’être retour­née voir ma gyne­co.

    Bref, j’ai fait une IVG et je vais bien, mer­ci !

  101. Rosy dit :

    Bon­jour,

    Il y a 9 semaines j’ai décou­vert que j’é­tais enceinte. Quel­que­chose clo­chait dans mon corps. J’ai bien eu un léger doute sur le pré­ser­va­tif uti­li­sé mais je dois recon­naître que j’ai eu un excès de confiance. Cela ne pou­vait pas m’ar­ri­ver a moi qui n’ai aucune liai­son amou­reuse. Je pen­sais mettre plu­sieurs mois pour tom­ber enceinte lorsque cela aurait été envi­sa­gé. Raté de taille pour moi qui n’est plus de loge­ment. J’ai subi une agres­sion de la part de plu­sieurs per­sonnes que je connais­sais. S’en ai sui­vi une dou­lou­reuse pro­cé­dure. Lorsque j’ai décou­vert ma gros­sesse j’é­tais affai­bli et ne me sen­tais pas la force de pas­ser par une nou­velle épreuve; celle de l’a­vor­te­ment. J’ai déci­der de le gar­der et j’ai même infor­mé le géni­teur qui lui était ravi. Quel­que­chose clo­chait encore en moi. Je n’ar­ri­vais pas a me réjouir de cette mater­nite. Un enfant conçu sans amour, dans des condi­tions vrai­ment pas favo­rables maté­riel­le­ment. Du haut de mes 26 ans j’ai cra­quer en voyant maman, j’ai pleure et me suis confiée. Elle ma conso­lée et ras­su­rée. Une vrai maman; cette maman for­mi­dable que je ne suis pas prête a deve­nir, pas encore. Tout s’en­chaînent les ren­dez vous les symp­tômes les fêtes de fins d’an­nées, le ventre de ma belle sœur qui s’ar­ron­dit… Aujourd’­hui j’ai lais­ser par­tir un petit bout de moi, pour son bien et pour mon bien. J’é­tais ter­ri­fiée et je dois l’ad­mettre je me suis sen­tie comme un condam­né a mort. Tout devient noir.… Je me réveille je ne suis donc pas morte. J’ai envie de cro­quer la vie et de rendre Grace a mon petit bout. Je ne l’ai pas sacri­fier pour pleu­rer sur moi même et me lais­see cou­ler. Non j’ai envie de me battre et de crier par la fenêtre de l’hô­pi­tal : je vais bien mer­ciiiiii

  102. B. dit :

    C’é­tait il y a 3 ans, j’a­vais 27 ans. En couple depuis 4 ans, nous habi­tions ensemble depuis 2 ans, super appart, tra­vail stable et situa­tion très cor­recte pour tous les deux, on pour­rait se dire que… Non, aucune envie de.
    L’IVG comme une évi­dence, pas une seule seconde d’hé­si­ta­tion.
    Un long par­cours de la com­bat­tante, un ren­dez-vous, puis deux puis trois. Télé­phone. Ici, c’est com­plet, là, aus­si. Une gyné­co peu déli­cate, un deuxième. Des prises de sang, des écho­gra­phies. Des kilo­mètres à faire. Des gens peu aimables, qui vous font com­prendre que fran­che­ment vous auriez pu faire atten­tion, et quand même vous pour­riez le gar­der. Et que vous êtes bien sûre de vous quand même?
    Et mes seins pas loin d’im­plo­ser. Cette odeur de ciga­rettes insup­por­tables. Cette pri­son.
    Un com­pri­mé, puis deux autres deux jours plus tard. Des dou­leurs, des contrac­tions, du sang, du sang, du sang. Des dou­leurs.
    Visite de contrôle dix jours plus tard. Uté­rus vide.
    Liber­té. Liber­té retrou­vée.
    Je ne me suis jamais sen­tie aus­si libre qu’en sor­tant de cette visite de contrôle.
    Liber­té. Liber­té ché­rie.

  103. L. dit :

    Chan­ge­ment de cap.…
    J’ai avor­té il y a trois mois, suite à une situa­tion de vie très dif­fi­cile et dou­lou­reuse. J’ai tou­jours été une anti avor­te­ment dans les prin­cipes, ayant gran­di dans un milieu pieux et moi-même croyante. Je peux dire que je com­prends doré­na­vant les deux points de vue, et peut main­te­nant témoi­gner avec un regard dif­fé­rent de la réa­li­té, à 180°.
    Je suis moi-même l’ar­rière petite fille d’une femme cou­ra­geuse, qui a refu­sé de se faire avor­ter à l’âge de 17 ans après une aven­tu­rette et qui m’a don­né la grand maman la plus mer­veilleuse qu’il soit. Mais au prix d’a­voir pas­sé toute sa vie avec un homme qui ne l’ai­mait pas… Cela a tou­jours mar­qué mon esprit et je m’é­tais dit que « si cela devait m’ar­ri­ver, je ferai pareil… » jus­qu’au jour où la bande du test était posi­tive et où tout mon monde s’est écrou­lé.
    Nous allons voter pro­chai­ne­ment une ini­tia­tive en Suisse contre le rem­bour­se­ment de l’a­vor­te­ment par l’as­su­rance mala­die… et je vote­rai contre cette loi.
    Car ma détresse de me savoir enceinte était telle que j’au­rais pu mettre fin à ma vie sans regrets, si cette solu­tion-là n’a­vait pas été pos­sible.
    Cela fai­sait plus d’une année que j’é­tais avec mon ché­ri et nous étions cen­sés nous marier cet été. Jusque là, pas de nuages dans le ciel. Il y avait bien cer­taines choses qui me déran­geaient, mais je me disais « que ça va aller, qu’il fini­ra par com­prendre et que les choses chan­ge­ront. » Lorsque je suis tom­bée enceinte, j’ai décou­vert l’en­vers du décors d’un homme qui n’en avait que pour lui et pour qui, fina­le­ment, était bien content des cir­cons­tances car cela n’au­rait fait que pré­ci­pi­ter notre mariage. Il n’é­tait pas en sou­ci pour moi, il était en sou­ci pour lui et son ave­nir à sécu­ri­ser. Moi-même, étant en for­ma­tion et me bat­tant pour un rêve depuis des années, j’al­lais me retrou­ver mère au foyer en ratant le coche pri­mor­dial de ces années-ci, et lui aurait dû éga­le­ment arrê­ter les siennes pour sub­ve­nir à nos besoins.
    Mais avant toutes les ques­tions maté­rielles, j’é­tais juste dans un énorme cau­che­mar. Je me réveillais au milieu de la nuit, en pleurs en réa­li­sant que ce n’é­tait pas un rêve, mais que c’é­tait bien la réa­li­té, et que j’é­tais empri­son­née d’une petite chose qui était en moi et que je n’ar­ri­vais pas à accep­ter comme étant mon enfant. A cela s’est ajou­tée la pres­sion psy­cho­lo­gique de celui que j’ai­mais et qui s’est mon­tré plus men­teur et mani­pu­la­teur que jamais.
    J’ai pris la déci­sion fina­le­ment de faire le pas, à son insu, et j’ai pu avor­ter médi­ca­men­teu­se­ment dans les pre­mières semaines, fai­sant pas­ser cela pour une fausse couche. Si cela peut en cho­quer cer­tains, je peux com­prendre. Mais face au niveau de mani­pu­la­tion et de men­songes que j’ai subi, j’ai la conscience tran­quille de gar­der cette véri­té cachée, qui fina­le­ment, m’a sau­vé la vie.
    Alors que c’é­tait à l’en­contre de mes valeurs et de mes prin­cipes, j’ai décou­vert que je ne pou­vais plus juger de cette situa­tion comme je le fai­sais aupa­ra­vant. J’ai été apai­sée par la com­pas­sion et la com­pré­hen­sion du per­son­nel soi­gnant qui a été exem­plaire, et je me suis dit que je ne pour­rai plus jamais regar­der une femme qui allait avor­ter comme je le fai­sais aupa­ra­vant… .
    J’ai fina­le­ment quit­té celui que j’ai­mais et je recom­mence à vivre petit à petit, pre­nant soin de moi et redé­cou­vrant la joie de vivre. Je ne sou­hai­te­rais jamais le revivre, et ne le sou­haite à per­sonne, mais la vie d’une femme vaut plus qu’un enfant à venir qui lui aus­si, souf­fri­rait de condi­tion inop­por­tunes et de parents absents. Je suis fina­le­ment sor­tie d’une expé­rience dou­lou­reuse, mais ren­for­cée et avec plus de com­pas­sion encore pour ceux et celles qui m’en­tourent.
    Je sais que j’en aurais, d’autres enfants et avec un homme qui m’ai­me­ra pour qui je suis, et non pour ce que je lui apporte. Je com­prends que fina­le­ment, chaque his­toire et che­min de vie est dif­fé­rent, et mérite d’être écou­té et consi­dé­ré dans son ensemble. Mer­ci à celles et ceux qui se sont bat­tues, et qui se battent ensemble pour le droit et sur­tout la consi­dé­ra­tion des femmes.

  104. Cassi dit :

    J’ai 32 ans, j’ai avor­té fin novembre 2013.

    Je me suis tou­jours pro­té­gée, j’ai tou­jours fait atten­tion depuis ma jeu­nesse (géné­ra­tion capote à 1 franc)
    Avec mon copain actuel on s’était un peu lais­sé aller sur la pro­tec­tion et j’étais à cours de pilules, mais comme beau­coup je me suis dit ça ne m’arrivera pas.
    Et puis quelques semaines après j’avais des dou­leurs à la poi­trine des crampes de dou­leurs au ventre mais comme j’ai des pro­blèmes de dos et d’intestins je ne me suis pas trop inquié­tée et j’avais eu une sinu­site une semaine aupa­ra­vant je me suis dit c’est peut-être les médocs, par contre en n’ayant pas mes règles je com­men­çais à angois­ser.
    Je suis alors allée cher­cher un test de gros­sesse à la phar­ma­cie. Je rentre chez moi et confir­ma­tion je suis enceinte. Je vais alors voir mon méde­cin pour qu’elle me pres­crive un test san­guin, elle veut me faire le calen­drier pré­na­tal alors je lui dis non en fait je pense recou­rir à une IVG, ah oui par­don…
    J’ai alors confir­ma­tion le len­de­main de ma gros­sesse. Alors je contacte le plan­ning fami­lial, je pré­cise la date de mes der­nières règles mais c’était un peu flou dans ma tête. je n’ai un rdv que 2 semaines après.
    Arri­vé au plan­ning fami­lial je suis assez cho­quée de voir une minus­cule salle d’attente toute vieillotte, des femmes qui ont fait le même choix que moi mais qui d’emblée disent don­nez-nous les médocs c’est tout ce qu’on veut. Moi qui culpa­bi­lise à mort de devoir subir une IVG je suis assez aba­sour­die, je ne juge pas ces femmes mais on n’a pas toutes le sou­rire dans ces moments-là.
    Alors c’est un peu l’usine, rdv avec le gyné­co, allez désha­billez-vous, mise de lubri­fiant, ah ben vous êtes à plus d’aménorrhée que pré­vu oui d’une semaine…. comme si c’était la fin du monde dans sa voix….excusez-moi d’être per­tur­bée je me suis peut-trom­pé de quelques jours, ils n’ont même pas pris en compte mon ana­lyse de sang…
    Ensuite on parle contra­cep­tion je lui dis que je sou­hai­te­rais main­te­nant un implant, il me le pres­crit tout de suite, assez effi­cace. Après il me demande si je sou­haite la voie médi­ca­men­teuse, euh non je suis à 11 semaines d’aménorrhée c’est nor­ma­le­ment jusqu’à 5–6 semaines, ah oui mais on fait jusqu’à plus tard… ah ok mais ca doit être plus dou­lou­reux (il me réponds pas)… non non je veux une IVG chi­rur­gi­cale pour ne rien sen­tir (du moins c’est ce que je pen­sais). Ok il note ça a duré 5 minutes et au revoir.

    Ensuite de nou­veau de l’attente pour voir la psy, bien que c’est un rdv non obli­ga­toire je me dis bon ça fera pas de mal de par­ler alors je lui dit voi­là je suis en recon­ver­sion pro­fes­sion­nelle donc au chô­mage et je pré­pare des concours.
    Je suis consciente d’avoir eu un raté dans la contra­cep­tion mais je suis por­teuse d’une mala­die géné­tique (la myo­pa­thie de Duchenne) et j’ai des pro­blèmes finan­ciers, mon copain me sou­tient dans ma démarche et pour lui non plus ce n’est pas le moment, il a un nou­veau bou­lot, encore en période d’essai, etc.

    Je ne veux pas avoir un enfant et ne pas pou­voir lui offrir le confort et la vie qu’il mérite.

    Ensuite je vois l’anesthésiste alors ayant des sou­cis res­pi­ra­toires (apnée du som­meil, ron­fle­ment etc.) il me dit donc ça sera anes­thé­sie locale (rachi). J’ai pas le choix donc ok mais je ne reçois pas plus d’infos.
    J’attends encore et on me prend rdv pour deux semaines après donc près des 14 semaines d’aménorrhée légales et pas de second rdv comme ça doit nor­ma­le­ment être la pro­cé­dure. Bon je ne m’en for­ma­lise pas et je n’ai d’ailleurs pas le choix.

    Mais entre le droit à l’avortement, la pro­cé­dure décrite (France) et la réa­li­té il y a un fos­sé je sors de l’hôpital assez débous­so­lée mais tou­jours déci­dée pour une IVG.
    Alors avant l’opération je dois aller à l’hôpital faire une carte de groupe san­guin, avant cela je n‘ai eu aucune opération…Alors ben super je tombe sur une sta­giaire qui me pique là où on ne jamais piqué com­plé­te­ment à l’extérieur du bras : un bleu pen­dant une semaine.

    Arrive enfin le jour de l’intervention, je suis assez angois­sée mais réso­lue, arri­vée obli­ga­toire avant 7h du matin…tout ça pour juste prendre un cachet et ça sera mon tour sur la table d’opération à 11h, donc repos dans une chambre, fina­le­ment je passe vers 13heures, il y a eu des urgences oui ok.
    Alors on me pré­pare pour l’opération, on m’anesthésie ça fait bizarre de ne plus sen­tir ses jambes, par contre on m’a raté pour le cathé­ter j’avais la main en sang et j’avais super mal (encore une stagiaire…)la deuxième fois fut la bonne.
    Le doc­teur arrive ah ben c pas une AG, ben non…ensuite j’ai des dou­leurs lorsqu’il com­mence alors on m’injecte un anti dou­leur mais vous allez sen­tir qu’on vous tri­ture mais pas de dou­leurs ah super je l’apprends.
    Il veut conti­nuer le cur­tage et l’infirmière lui demande d’attendre l’effet des anti­dou­leurs. Après vers la fin de l’opération il dit enfin bon on est presque à 14 semaines, vous auriez dû venir avant, ben je n’ai pas choi­si et là je craque je pleure le reste de l’opération, les infir­mières se sont sou­ciées de moi mais le méde­cin refait des siennes il m’appuie comme un sau­vage sur le ventre c pour véri­fier qu’il y a plus rien. J’ai gar­dé deux bleus sur le bas ventre pen­dant 3 semaines !!!

    Ensuite arri­vée en salle de réveil, sym­pa c’est à côté de la pou­pon­nière, ça m’a fou­tu le moral encore plus bas, tu viens pour ne pas gar­der un enfant et tu entends crier ceux des autres….

    Après on me ramène dans une chambre le temps que mes jambes se réveillent un peu plus et sur­tout de voir si je peux aller aux toi­lettes, condi­tion pour sor­tir. Le ser­vice devant fer­mer on m’envoi dans une autre chambre j’ai juste le droit à un fau­teuil dans la chambre d’une per­sonne ayant aus­si subi une IVG mais com­plé­te­ment dans les choux. Et fina­le­ment mon copain arrive et je peux enfin aller aux toi­lettes alors on part et on doit même pis­ter des infir­mières pour le dire.

    Je suis super contra­riée de la façon dont ça s’est pas­sée et je suis cho­quée que le droit à l’avortement d’un pays comme la France soit limite bafoué et qu’on vous fait res­sen­tir que vous avez fait quelque chose de mal.

    On a suf­fi­sam­ment réflé­chi à ce qu’on vou­lait et on culpa­bi­lise assez, alors pas besoin en plus d’avoir un juge­ment néga­tif sur l’opération que l’on choi­sit de subir de son plein gré.

    Après une petite dépres­sion post IVG, main­te­nant mer­ci je vais bien.

    Cou­rage les filles, avor­ter c’est un droit et un choix.

  105. Sarah dit :

    J’ai avor­té pour la troi­sième fois, il y a trois mois.
    Je me bouche les oreilles pour ne pas entendre le fameux « 3 fois?! Mais tu le cherches à la fin! » Pas vrai­ment non. Un par­cours de vie un peu ban­cal, des mau­vais choix, et voi­là. La contra­cep­tion, et notam­ment celle d’ur­gence ne sont pas tou­jours effi­cace. Je témoigne aujourd’­hui non pas pour bana­li­ser la chose, mais juste parce que je me suis retrou­vée expo­sée à une « pro-vie », ou l’in­verse, appe­lez-là comme bon vous semble, mais en tout cas, une de ces nanas de la pla­te­forme télé­pho­nique sur laquelle on peut tom­ber en un seul clic, après le coup de panique.
    Etu­diante infir­mière, je n’ai pas sou­hai­té avor­té à l’hô­pi­tal, pour ne pas tom­ber sur mes cama­rades en stage, qui je pense, n’ont pas encore inté­gré la notion d’a­no­ny­mat et de secret pro­fes­sion­nel.
    Bref, un dimanche, après avoir pis­sé et consta­té ma gros­sesse, je ne pense qu’à une chose: trou­ver un méde­cin géné­ra­liste qui accep­te­rait de me faire avor­ter à domi­cile.
    Il faut savoir que cette pra­tique existe, et qu’elle sauve la mise à pas mal de nanas, qui, en fonc­tion de leur his­toire, ne peuvent, ou ne veulent avor­ter en éta­blis­se­ment de san­té. Bien sui­vie et enca­drée, elle ne com­porte pas plus de risque qu’une IVG « clas­sique ».
    Reve­nons à nos mou­tons. J’ap­pelle donc le numé­ro vert, en expli­quant la situa­tion à mon inter­lo­cu­trice. « 25 ans made­moi­selle, c’est peut-être l’âge de son­ger à sérieu­se­ment avoir un enfant » « Vous avez un cré­dit étu­diant? Quand on veut on peut vous savez » « Vous por­tez la vie en vous, ce n’est pas ano­din, ce n’est pas arri­vée pour rien ».
    Cette conver­sa­tion s’est ter­mi­née sur une pro­po­si­tion: ren­con­trer un psy dans ma ville pour par­ler de la situa­tion.
    Je l’ai insul­té, j’ai rac­cro­ché.
    J’é­tais éner­vée, car j’ai pen­sé à toutes ces jeunes filles, un peu en galère, qui se posent des ques­tions sur la valeur de leur vie, en pleine crise exis­ten­tielle. Et à toutes les autres, un peu lar­guées, un peu fra­giles, qui pour­raient se faire retour­ner le cer­veau en trois secondes chro­no.

    J’ai par la suite appe­lé le plan­ning fami­lial pour leur expo­ser le fait. Ils étaient bien sûr au cou­rant du truc, me confiant que cela avait pu avoir des réper­cus­sions dra­ma­tiques sur la vie de cer­taines, enga­gées jus­te­ment par ces « pro-vies ».

    L’en­trave à l’ivg est un délit, mais mal­heu­reu­se­ment, cela « ne concerne pas ce qui est publié sur inter­net ». A l’heure où ça se bous­cule pour sup­pri­mer ce droit dans cer­tains pays, ren­sei­gnons-nous, bat­tons-nous. Ne nous déso­li­da­ri­sons pas. Hommes et Femmes, Femmes et Femmes.

  106. Marina dit :

    Bon­jour,

    J’ai avor­té en sep­tembre 2013, et je vais bien, mer­ci.
    MERCI d’a­voir ce DROIT à l’IVG… MERCI, vrai­ment.
    C’est un droit essen­tiel pour la femme, pour ses choix de vie, pour la liber­té. Je serai éter­nel­le­ment recon­nais­sante envers le gou­ver­ne­ment fran­çais et Mme Veil, pour avoir créé ce droit.
    J’ai 26 ans, sépa­rée depuis un an de mon ami de longue date, je conti­nue à prendre la pilule, 10 ans que je la prends. Cet été, je re-tente ma chance avec un ex petit ami, cela dure quelques semaines, je prends tou­jours la pilule mais nous ne met­tons pas de pré­ser­va­tif. Un jour, je suis malade, je digère mal un repas du soir, je vomi. Je ne pense pas au fait que par la même occa­sion je vomi ma pilule.
    Cela a suf­fit à ce que je tombe enceinte, aus­si incroyable que cela puisse paraître.
    For­cé­ment, je ne m’en rends pas compte… Je conti­nue à prendre ma pilule, et j’ai donc des « faux cycles ». Et puis, 8 semaines après, je n’ai pas mes règles… Du coup, je doute, mais au fond, JE SAIS, c’est inex­pli­cable mais je sais que je suis enceinte. Je ne suis plus avec cet homme, je ne peux pas offrir d’a­ve­nir conve­nable à mon goût à ce futur enfant. Je fais un test, il est posi­tif. Rdv pour une prise de sang qui date la gros­sesse à plus de 2 mois. Le méde­cin ne m’a pas du tout aidé dans mes démarches, du tout. J’ai du me débrouiller seule, pour fina­le­ment avoir une per­sonne en or au bout du fil du plan­ning fami­lial de la ville voi­sine de ma ville de rési­dence, qui a pris rdv pour moi. S’en suis ensuite l’é­cho obli­ga­toire, la per­sonne a été très bien, je n’ai rien vu rien enten­du. Rdv fixé la semaine sui­vante pour l’in­ter­ven­tion chi­rur­gi­cale, anes­thé­sie géné­rale.
    Je n’ai pas peur, tout m’est très bien expli­qué, et sans juge­ment cette fois, je suis confiante, je sais que c’est la meilleure solu­tion c’est une cer­ti­tude.
    7 jours plus tard, j’ar­rive tôt le matin, l’o­pé­ra­tion est pré­vue à 11h.
    Au bout d’une heure de dou­leur ( cha­cune réagit visi­ble­ment dif­fé­re­ment), plus rien, je peux me repo­ser… On me des­cend au bloc, retard « tech­nique » je n’é­tais visi­ble­ment pas pré­vue au pro­gramme. L’a­nes­thé­tiste me ras­sure, me prend en charge, me fait rire. Je m’en­dors, je me réveille, je n’ai aucune dou­leur, je suis juste un peu faible pen­dant 2/3h mais mora­le­ment ET phy­si­que­ment je vais bien!

    Mes­de­moi­selles ou mes­dames, ras­su­rez vous, tout ira bien. Vous vous sou­vien­drez pro­ba­ble­ment bien sûr de chaque étape de cette période de votre vie, mais vous irez bien!
    J’ai pleu­ré de « stress » pas­sé envi­ron un mois après, un besoin de libé­rer au fond quelque chose d’en­foui en moi. Je pense que j’ai + pleu­ré pour le fait que j’au­rais aimé que le jour où j’ap­prenne que je suis enceinte, ce soit dans des condi­tions dif­fé­rentes…
    Mer­ci à ce site d’exis­ter, j’ai lu les témoi­gnages quand j’ai du prendre ma déci­sion, cela m’a­vait beau­coup confor­ter dans le fait que j’a­vais le DROIT d’a­vor­ter.
    Mer­ci de m’a­voir lue.

  107. Anna dit :

    Sep­tembre 2012, je suis avec mon copain depuis envi­ron 6mois. Nous avons fait un dépis­tage VIH mais je refuse de prendre la pilule car je ne suis pas à l’aise avec l’i­dée d’hor­mone, de chi­mie à prendre quo­ti­dien­ne­ment. Je n’en­vi­sage pas non plus le sté­ri­let, d’a­près ce qu’on m’a dit c’est réser­vé aux femmes ayant déjà eu des enfants… Nous conti­nuons à uti­li­ser des pré­ser­va­tifs, jus­qu’à cette fois, la seule fois ou dans le feu de l’ac­tion, l’al­cool aidant, on l’ou­blie. Je ne me pense pas vul­né­rable. et conti­nue à vivre ma vie de jeune étu­diante de 19ans.
    Mes règles ont tou­jours été assez irré­gu­lières, j’ai fais le test de gros­sesse après 35jours d’ab­sences totales de règles, sans trop m’inquiéter mais en pen­sant à cet oubli de pré­ser­va­tif. Le test est posi­tif, je m’ef­fondre, pleure toutes les larmes de mon corps. A cette époque je tra­vaillais à Mcdo en même temps que mes études. Beau­coup de stress et de fatigue accu­mu­lés donc… Quelques heures après avoir appris la nou­velle je dois aller tra­vailler, je retiens mes larmes pen­dant 4h au des­sus de cette affreuse fri­teuse. En ren­trant je retrouve mon copain j’ai du mal à lui annon­cer, il le devine tout seul. Je sais déjà qu’il sera là pour moi. Dès le len­de­main nous allons ensemble au plan­ning fami­lial (la ques­tion s’est à peine posée, la gros­sesse est ma pho­bie, nous sommes tous deux étu­diants..). Je suis déjà majeure mais on me prend en charge com­plè­te­ment, c’est très ras­su­rant. La femme du PF appelle l’hôpital de mon choix pour moi, elle prend un rdv dans la semaine. Elle prend éga­le­ment rdv pour l’é­cho­gra­phie de data­tion (qui a d’ailleurs été prise en charge finan­ciè­re­ment par le PF). A par­tir de là tout s’en­chaine très vite… Je suis à 6 semaines d’aménorrhées, on m’im­pose un peu la méthode médi­ca­men­teuse. J’ai très peur, mon angoisse prin­ci­pale est de savoir si « l’œuf » que je vais expul­ser pro­ba­ble­ment chez moi, res­sem­ble­ra à quelque chose… Mais je n’ose pas poser cette ques­tion au début. Mon petit ami est très pré­sent, il assiste au cours que je manque à cause des rdv à l’hô­pi­tal… Je ne pleure devant aucun pro­fes­sion­nel de la san­té jus­qu’au moment très sym­bo­lique où une infir­mière me fait signer l’acte de consen­te­ment (ou qqchose comme ça, attes­tant que j’ai conscience de ce que je fais). Je tombe en larme devant elle. Elle me pro­pose de voir la psy­cho­logue que j’ai pré­cé­dem­ment refu­sé de voir. Je refuse de nou­veau, à cette époque je n’aime pas éta­ler mes sen­ti­ments, j’intériorise énor­mé­ment, (d’ailleurs mon petit ami aura pen­dant long­temps été la seule per­sonne au cou­rant de cette ivg).
    Le jour de l’in­ter­ven­tion arrive, c’est un jeu­di matin de novembre, dans le nord de la France. J’ai rdv à 9h à l’hô­pi­tal. Il fait encore nuit, le ciel est bru­meux, j’ai les yeux emplis de larmes durant tout le tra­jet en bus.
    Si il y a une chose que je pour­rais repro­cher à l’hô­pi­tal, c’est de pla­cer les femmes qui viennent avor­ter dans le ser­vice mater­ni­té. C’est ter­rible alors que l’on se lève toutes les 10mn pour voir si l’on saigne, de croi­ser des parents avec leur nou­veau né dans les bras, d’en­tendre des bébés pleu­rer…
    Pas­sons ce « détail » qui a quand même son impor­tance ; la prise du pre­mier médi­ca­ment se passe mal puisque je le vomis aus­si­tôt, je fais une chute de ten­sion, c’est la panique totale, je me sens très mal. Un moment plus tard je reprend le médi­ca­ment par sécu­ri­té. A par­tir de ce moment je me lève sans arrêt pour voir si je saigne, mais je ne saigne pas… La femme qui est dans ma chambre elle, saigne énor­mé­ment je panique un peu, j’ap­pelle une infir­mière qui me ras­sure, j’en pro­fite pour lui deman­der si je vais voir « quelque chose » ou pas. Elle me ras­sure une 2e fois, « vous ne ver­rez que des petits caillots de sang ». Vers 14h je peux par­tir. Je suis un peu sous le choc, mon copain n’est pas là car en stage. Je suis donc toute seule. C’est dur.
    J’ai com­men­cé à sai­gner 3 ou 4 jours plus tard. C’é­tait l’hor­reur, ça a duré plus d’un mois. Je devais chan­ger de ser­viette toute les heures. Je n’o­sais pas aller en cours de peur de me tacher si je n’o­sais pas sor­tir pour me chan­ger. Je suis quand même obli­gée d’al­ler tra­vailler à Mcdo. J’ai des rush de 4h consé­cu­tives, et n’ai droit qu’à une pause pour boire et aller aux toi­lettes (oui oui…) J’ose en deman­der 2 mais pas plus sinon on m’en­gueule en me deman­dant « quel est ton pro­blème pour pis­ser autant ». C’est l’hor­reur, je me tâche mais mon pan­ta­lon est noir ça ne se voit pas, je le détache chaque soir en ren­trant. Je finis par « oser » ache­ter les « pan­ties » de mamies pour les fuites uri­naires. Je crois que ça a été la plus grosse honte de ma vie, mais je n’a­vais pas le choix. Envi­ron un mois après l’a­vor­te­ment je me sens très mal, je suis tout le temps fatiguée,je souffre de mots de tête constants c’est ter­rible. Je m’es­souffle rien qu’en mon­tant les deux étages de mon appar­te­ment. Je prend rdv chez mon géné­ra­liste, ma ten­sion a chu­té à 7, il me pres­crit une prise de sang, résul­tat je fais de l’a­né­mie à cause de ma trop grande perte de sang. Il me fais un arrêt mala­die d’une semaine et me pres­crit un trai­te­ment de fer de 3 mois. Peu de temps après je démis­sionne de mcdo. Trop de pres­sion, ce job c’est l’en­fer.

    Sur le plan plus per­son­nel, je n’ai pas osé par­ler de ça à ma mère tout de suite. Ça a été com­pli­qué, je dépends tou­jours de sa mutuelle, étant majeure l’ivg est rem­bour­sée mais pas ano­nyme, j’ai donc dû payer la part mutuelle de tous les soins (près de 200€). J’ai fini par lui en par­ler quelques mois plus tard. Ça a été un moment très intense pour moi, elle m’a confiée avoir avor­té au même âge que moi (en 1982). Elle a vou­lu savoir com­ment avait été le per­son­nel de l’hô­pi­tal, car pour elle cela avait été très dur, le per­son­nel était mépri­sant, froid etc. Elle a en même temps appris l’exis­tence de mon petit ami et a été très ras­su­rée de savoir qu’il avait été là pour moi.
    Quant‑à mon petit ami… Nous sommes encore ensemble aujourd’­hui. Mais il y a eu une période déli­cate. Les 3 mois qui ont sui­vi l’ivg ont été 3 mois d’abs­ti­nence. Je n’a­vais plus aucune libi­do. Je crois qu’in­cons­ciem­ment je le tenais res­pon­sable des souf­frances que j’a­vais vécu. Ce qui est absurde, il n’é­tait pas plus res­pon­sable que moi, mais je me per­sua­dais qu’il n’a­vait pas souf­fert alors qu’en véri­té il avait éga­le­ment beau­coup souf­fert avec moi.

    Mais aujourd’­hui je vous ras­sure, tout va mieux, dans mon couple, dans ma tête. Je n’ai jamais regret­té un ins­tant d’a­voir avor­té. C’é­tait la meilleure chose que je puisse faire pour me pro­té­ger. Depuis je me suis confiée à quelques amis. Notam­ment depuis ces der­nières semaines avec l’ac­tua­li­té espa­gnole… Je suis fière de mes aïeules qui m’ont per­mis de pou­voir dis­po­ser de mon corps comme bon me semble.

    Déso­lée pour ce témoi­gnage un peu, mais après vous avoir lues j’a­vais besoin de par­ta­ger moi aus­si, et tous les petits détails de cette expérience/épreuve, me sem­blaient impor­tant à racon­ter.

  108. Lolo dit :

    Il y a quatre ans, j’a­vais 21 ans, et un meilleur ami. Pau­més tous les deux, on a cou­ché ensemble (sans pro­tec­tion) et je suis tom­bée enceinte. Éman­ci­pé ni l’un ni l’autre, étu­diants, on a choi­si l’IVG. Le per­son­nel médi­cal, ma gyné­co, ma mère, per­sonne n’a eu de dis­cours culpa­bi­li­sant à notre encontre. L’acte chi­rur­gi­cal s’est bien pas­sé, entrée à l’hô­pi­tal le matin, j’en suis res­sor­tie le soir.

    Aujourd’­hui nous sommes en couple, profs tous les deux, et nous pen­sons à avoir un bébé. Pour autant, nous n’a­vons jamais regret­té l’IVG. Pas une seule fois. ça n’a pas été facile, mais quels parents aurions-nous été à l’é­poque ?

    Ce droit à l’in­ter­rup­tion de gros­sesse, celui de dis­po­ser de son corps, est d’une grande impor­tance. Je suis cer­taine que beau­coup de femmes qui y ont eu recourt le taisent, mais si on savait com­bien elles sont (com­bien nous sommes), je crois que beau­coup seraient sidé­rés .

    Mer­ci pour ce site, je fai­sais jus­te­ment une recherche pour voir ce qui se fai­sait en terme d’an­ti-anti-IVG, et je suis bien contente de lire tous ces témoi­gnages !!

    En bref, il y a quantre ans j’ai avor­té, et je vais bien, mer­ci !

  109. Lili dit :

    Bon­jour, bra­vo pour ce site

    J’ai trois enfants, je suis tom­bée enceinte pour la qua­trième fois en 2012, pro­blème de pré­ser­va­tif et la pilule du len­de­main n’a pas mar­ché. Je ne vou­lais pas d’autre enfant, je ne me sen­tais pas à la hau­teur pour en accueillir encore un de plus. En plus j’é­tais en train de quit­ter le père, divorce dif­fi­cile, bref, le pire moment pour avoir un enfant. J’ai très très mal vécu ces quelques semaines de gros­sesse.

    Heu­reu­se­ment que ce droit à l’a­vor­te­ment existe !

    Je suis allée à l’hô­pi­tal et tout s’est très bien pas­sé. Per­son­nel très gen­til, aucune culpa­bi­li­sa­tion. J’ai choi­si la méthode médi­ca­men­teuse, ça a été très vite, j’ai sai­gné moins d’une heure, sans aucune dou­leur (elles m’ont dit que c’é­tait peut être parce que j’a­vais déjà accou­ché plu­sieurs fois). Je suis ren­trée chez moi, j’é­tais sou­la­gée et joyeuse. Je n’ai jamais regret­té.

    J’ai avor­té et je vais vrai­ment très bien, mer­ci.

    • Lili dit :

      Et j’ai oublié de vous don­ner une petite astuce pour l’IVG médi­ca­men­teuse : ne vous cou­chez sur­tout pas et mar­chez de long en large, ça ira plus vite et ça fera moins mal. C’est exac­te­ment le même prin­cipe que pour un accou­che­ment, ne sur­tout pas s’al­lon­ger, il faut pro­fi­ter du mou­ve­ment, de la pesan­teur, et bien se détendre. Et exi­gez un bon anti dou­leur, moi j’a­vais de l’a­cu­pan. Et fran­che­ment, c’é­tait vrai­ment rien du tout, de la rigo­lade.
      Sur inter­net, vous trou­ve­rez sur­tout des témoi­gnages de femmes qui ont eu atro­ce­ment mal et qui ont fait des hémor­ra­gies, parce que ces femmes là ont besoin d’en par­ler. Mais le plus sou­vent, l’IVG c’est par­fai­te­ment ano­din.

  110. Delphine dit :

    Mars 2013, mal au ventre depuis plu­sieurs jours, ce qui ne m’ar­rive qua­si­ment jamais. Je crains mal­gré tout une infec­tion uri­naire et vais consul­ter. Le méde­cin ne détecte rien de par­ti­cu­lier (bien joué, bud­dy), à part une éven­telle infec­tion et me pres­crit le trai­te­ment adé­quat et les ana­lyses idoines.

    Une semaine plus tard, tou­jours la même dou­leur mais les ana­lyses sont néga­tives. J’ai du mal à m’a­li­men­ter, tout me dégoute. Ma soeur insiste pour que je fasse un test de gros­sesse. En théo­rie, il n’y a aucun risque mais comme elle me lourde (<3), je finis par capi­tu­ler.

    Bon sang, cette sueur froide quand le test s’a­vère posi­tif ! Aucun doute sur la suite à don­ner, mais la per­pec­tive des démarches à accom­plir, des com­pli­ca­tions à pré­voir dans l’or­ga­ni­sa­tion de mes jour­nées déjà trop rem­plies, et sur­tout l’i­dée d’af­fron­ter un ser­vice hos­pi­ta­lier que je côtoie depuis plu­sieurs mois car je suis (iro­nie du sort) en pleine démarche de sté­ri­li­sa­tion et que je sais pater­na­liste et condes­cen­dant m’an­goisse.

    Le jour même je m’or­ga­nise pour faire une prise de sang et voir le géné­ra­liste pour qu’il me fasse un papier daté attes­tant que je sou­haite une IVG, ceci afin que ce soit cette date qui soit prise en compte pour le délai de réflexion de mes fesses 7 jours (ahah oui, vous savez quoi ? les irres­pon­sables qui avortent ne savent pas ce qu’elles veulent en fait).

    Ensuite, pen­dant plus de 24 heures, je me mor­fonds à résoudre le pro­blème qui se pose à moi : je crois savoir que le seul endroit où se pra­tique l’IVG près de chez moi est le centre de pla­ni­fi­ca­tion de l’hô­pi­tal, dont le chef de ser­vice est pré­ci­sé­ment le gyné­co­logue avec lequel j’ai maille à par­tir au sujet de la sté­ri­li­sa­tion et qui a fait preuve à ce sujet de très graves man­que­ments pro­fes­sio­nels (j’y revien­drai dans un pro­chain article). Ce bou­le­ver­se­ment hor­mo­nal me rend tota­le­ment dépri­mée, et contrai­re­ment à d’ha­bi­tude, je n’ai pas la force de me battre ni d’en­vi­sa­ger d’a­voir à me confron­ter à qui que ce soit. Je ne veux pas avoir affaire à ce prac­ti­cien, ni même le croi­ser dans les cou­loirs, j’es­saie donc de trou­ver une solu­tion pour aller ailleurs.

    Je finis, à force d’a­ter­moie­ments, par appe­ler le plan­ning fami­lial (ne sur­tout pas confondre avec le centre de pla­ni­fi­ca­tion de l’hô­pi­tal) qui me dit que je ne trou­ve­rais effec­ti­ve­ment pas autre que ce ser­vice pour me faire avor­ter, mais que je peux tout à fait deman­der à ne pas voir une per­sonne pré­cise et par exemple deman­der à n’être aus­cul­tée et prise en charge que par des femmes. Cela me parait effec­ti­ve­ment la bonne solu­tion.

    J’ap­pelle donc le centre de pla­ni­fi­ca­tion. Pas de ren­dez-vous pos­sible avant 7 jours. Je suis néan­moins assu­rée de voir une femme. Je com­pren­drais par la suite que le gyne­co-chef de ser­vice n’in­ter­vient pas dans les IVG et que je ne ris­quais pas en fait de le ren­con­trer dans le cou­loirs à cette occa­sion. Fina­le­ment, ça ne me parait pas si éton­nant, il a été tel­le­ment pater­na­liste et humi­liant que je le sup­pose de vou­loir contrô­ler les femmes (ces freaks imma­tures), plu­tôt que de les accom­pa­gner dans leur vie sexuelle et repro­duc­tive.

    S’en­suivent les pires jours de ma vie. Je le pres­sen­tais, je sais main­te­nant que c’est vrai, être enceinte, c’est juste phy­si­que­ment hor­rible. Mal au bide, mal aux seins, nau­sées 24/24, pas d’ap­pé­tit et un pro­fond abat­te­ment (aha­ha, per­sonne ni rien n’a jamais réus­si à m’a­battre, mais mes propres homones, oui). Je sais per­ti­nem­ment la chance qu’on a de pou­voir avor­ter. « Chance » est le terme, hélas, car même si j’es­time que c’est un droit fon­da­men­tal et inalié­nable, et du seul res­sort de la femme concer­née, je n’ou­blie pas que d’autres pays ne le per­mettent pas. J’ai usé de ce droit sans me poser une seule fois la ques­tion de le faire, mais avec la totale conscience que ça n’a­vait pas été acquis faci­le­ment. Je sais main­te­nant que si cela n’a­vait pas été léga­le­ment pos­sible, j’au­rais tout fait pour avor­ter. Être condam­née à sup­por­ter l’in­sup­por­table 9 mois durant, me retrou­ver pri­son­nière 20–25-50 ans (qui sait?) et corps et âmes liés à tout jamais, être alié­née à quel­qu’un qui me le serait aus­si, cette idée me révulse, mora­le­ment et phy­si­que­ment. Plu­tôt mou­rir (je pèse mes mots).

    Le pre­mier ren­dez-vous au centre de pla­ni­fi­ca­tion me laisse une impres­sion miti­gée. Pas d’in­tru­sion dans ma vie pri­vée, pas de ques­tion ni de reflexion dépla­cées, on ne me demande pas de me jus­ti­fier et le per­son­nel (fémi­nin à 100%, je me rends compte que j’a­vais bien tort de m’in­quie­ter) à qui j’ai affaire est poli. Mais, l’é­cran de l’é­cho­gra­phie reste tour­né vers moi pen­dant la durée de l’acte, l’am­biance est froide et il me fau­dra plu­sieurs mois avant de réus­sir à mettre les mots sur ce que je res­sens à cha­cune de mes visites là-bas : bien que poli, le per­son­nel a un air sévère et on se sent comme devoir être cou­pable de quelque chose, qu’il ne faut pas que ce soit facile. L’ab­sence de com­pas­sion et de dou­ceur est pre­gnante. Qu’on se com­prenne bien : je ne consi­dère pas que l’IVG soit un acte médi­cal par­ti­cu­lier (sauf bien enten­du si on désire un enfant mais qu’on est obli­gé d’a­vor­ter, cela existe), mais comme toute hos­pi­ta­li­sa­tion, il n’est pas non plus ano­din et il me semble qu’un espace médi­cal doit être un lieu où on se sent pro­té­gé, en confiance, et où l’on devrait rece­voir dou­ceur, com­pré­hen­sion et com­pas­sion. Lors de la visite médi­cale, j’ex­pose ma très grande déprime et mon mal de ventre per­sis­tant, mais il fau­dra que j’in­siste pour qu’on me pro­pose l’an­ti-dou­leur adé­quat : pour la déprime, même si cela fait plus de 2 semaines que je la subit et que l’IVG n’in­ter­vien­dra pas aus­si­tôt, on me laisse mari­ner dans mon desar­roi. Je prend ça comme une puni­tion.

    Le plus gênant reste les choix d’IVG pos­sibles et leur pré­sen­ta­tion. Une fois posé le diag­nos­tic (« vous êtes enceinte et c’est viable »), on est diri­gé vers le bureau infir­mier où la res­pon­sable explique les méthodes, le dérou­le­ment de l’in­ter­ven­tion le jour J, les papiers à faire et enre­gistre le choix de méthode et la date de l’IVG.

    Dans cet hôpi­tal deux choix pos­sibles à dis­cré­tion de la patiente (heu­reu­se­ment encore) : l’IVG médi­ca­men­teuse (en gros on prend divers médi­ca­ments pour déclen­cher un accou­che­ment ‑sans péri­du­rale- et expul­ser l’a­mas de cel­lules qui nous encombre) ou l’as­pi­ra­tion (sous anés­thé­sie, on aspire l’a­mas de cel­lule). J’a­vais déjà réflé­chi aux pos­si­bi­li­tés d’IVG et il était abso­lu­ment hors de ques­tion que mon choix se porte sur l’IVG médi­ca­men­teuse. Je ne com­prends même pas qu’on puisse pro­po­ser cette méthode dou­lou­reuse, trau­ma­ti­sante et bar­bare qui force la patiente à vivre un ersatz d’ac­cou­che­ment, en pleine conscience, qui doit gérer par­fois seule­ment de retour à la mai­son et donc seule les contrac­tions et l’ex­pul­sion, la dou­leur liée, les quan­ti­tés de sang… Je m’at­ten­dais à mini­ma à ce que dans un esprit de res­pect des femmes, de leur corps et de leur libre-arbitre tous les choix soient pro­po­sés : IVG médi­ca­men­teuse, IVG par aspi­ra­tion sous anés­thé­sie locale ou IVG par aspi­ra­tion sous anés­thé­sie géné­rale (vers laquelle se por­tait mon choix). Ici seule l’IVG médi­ca­men­teuse et l’IVG par aspé­ra­tion sous anés­thé­sie locale sont pro­po­sée. J’ai déjà subi plu­sieurs anes­thé­sies, locales et géné­rales, aucune ne m’an­goisse, mais pour cette opé­ra­tion je n’ai aucune envie d’en­tendre un aspi­ra­teur faire son oeuvre dans mon uté­rus, ni d’en res­sen­tir les vibra­tions. Pour­tant, par manque de choix, j’opte pour cette solu­tion. Concrè­te­ment, on pique dans l’u­té­rus pour injec­ter l’anes­thé­siant, comme c’est fort dou­lou­reux, parait-il on nous applique en plus un masque et pour évi­ter d’en­tendre quoi que ce soit, on a le droit à la musique au casque. SYMPA !

    L’IVG est pro­gram­mée deux semaines plus tard.

    Deux semaines de plus à me mor­fondre de plus en plus, à trou­ver des stra­ta­gèmes pour pou­voir m’a­li­men­ter, à me traî­ner au bou­lot et dans tout ce que j’en­tre­prends… L’hor­reur.

    Enfin, le jour dit, après les 4 douches obli­ga­toires à la béta­dine (l’hal­lu), on se pointe à l’ho­pi­tal. L’in­fi­mière de ser­vice ce jour-là était de loin la plus cha­leu­re­sue que j’ai vue dans ce ser­vice, enfin, et je suis contente d’a­voir eue la chance qu’elle s’oc­cupe de moi. Avec gen­tillesse et dou­ceur, elle me réex­plique le pro­ces­sus, me donne les médi­ca­ments (un séda­tif et un truc pour dila­ter je crois) je prends encore une douche, et on vient me cher­cher pour le bloc. L’in­fir­mière m’ac­com­pa­gen­ra tout le long de l’in­ter­ven­tion.

    La chi­rur­gienne de ser­vice pour les IVG ce jour était en retard… J’ai atten­du 3/4 heures. Fina­le­ment elle arrive, éner­vée. Je suis en posi­tion gyné­co­lo­gique, on me pose le masque et les écou­teurs, la gen­tille infir­mière tient le masque et reste très près de moi, me parle dou­ce­ment pour m’ex­pli­quer ce qu’il se passe. La chi­rur­gienne me pré­vient qu’elle va faire l’anes­thé­sie.

    Là, bizar­re­ment, je ne sens rien : ni la piqûre d’anes­thé­sie, ni la cha­leur qui se dif­fuse nor­ma­le­ment avec le pro­duit anes­thé­siant. Ça me parait bizarre sur le moment, mais j’ai quand même confiance en la méde­cine, et j’ai le temps de pen­ser que ça doit être nor­mal.

    Et, tout à tout, la dou­leur, les sen­sa­tions hor­ribles. Je sens qu’on me râcle l’u­té­rus, ça fait mal, j’en­tends le bruit de l’as­pi­ra­teur, mal­gré les écou­teurs (fran­che­ment pas éton­nant), je résiste tant bien que mal quelques minutes, mais la dou­leur est impor­tante, et c’est insu­por­table d’ad­mettre qu’un méde­cin puisse por­ter atteinte à mon inté­gri­té phy­sique de la sorte, tout ça parce qu’on refuse l’a­nés­thé­sie géné­rale pour les IVG dans cet hôpi­tal, et je me mets à pleu­rer toutes les larmes de mon corps. L’acte dure­ra très long­temps, deux fois plus long qu’un avor­te­ment habi­tuel me dira plus tard l’in­fir­mière, parce que « j’y arrive pas votre col est trop ser­ré » (super, mais moi je m’en fous). La chi­rur­gienne est désa­gréable, éner­vée puis excé­dée, et brusque dans ses gestes. J’ai l’im­pres­sion qu’elle me fait payer mon avor­te­ment.

    Une fois que c’est enfin ter­mi­né, la chi­rur­gienne n’a même pas un regard vers moi, ni de parole de récon­fort, ce qui aurait été la moindre des choses. Non, elle se contente de par­ler à mon cul en disant « voi­là c’est fini mais votre col est trop ser­ré » puis tourne les talons et me laisse aux soins des infir­mières.

    On me laisse un bon quart d’heure à pleu­rer dans un cou­loir avant de me remon­ter, au grand sou­la­ge­ment de F. (je suis par­tie 1:30 à peu près) qui s’est fait des tas de films (et, fina­le­ment, il n’é­tait pas si loin de la véri­té). J’ai très mal au ventre encore pen­dant quelques heures, mais après une col­la­tion et des anti-dou­leurs, on peut repar­tir.

    Je suis sou­la­gée, la nau­sée que je me tape depuis plus de 2 mois a mira­cu­leu­se­ment dis­pa­ru et la déprime avec. On file fêter ça devant un bon plat de frite et des glaces.

    Par la suite, lors de la visite de contrôle puis une autre visite gyne­co dans ce même ser­vice de l’hô­pi­tal, même si l’am­biance reste la même et le res­sen­ti glo­bal éga­le­ment, je ren­con­tre­rais deux méde­cins supers, qui n’ont pas un air sévère, sont à l’é­coute et res­pec­tueux. Je leur racon­te­rai à tout deux mon impres­sion que l’anes­thé­sie n’a pas fonc­tion­né et aucun de sem­ble­ra vrai­ment éton­né. Le pre­mier dira même que si je n’a­vais pas eu le masque la dou­leur aurait été insup­por­table.

    J’ai avor­té et je vais bien, ouais, mer­ci. Je n’au­rais pas avor­té, je serais morte, peut-être pas phy­si­que­ment, mais il n’y aurait plus qu’une enve­loppe cor­po­relle. La ques­tion d’un choix ne s’est jamais posé. Je suis en accord avec moi même et estime n’a­voir de compte à rendre à per­sonne à ce sujet.

    En revanche, je suis com­plè­te­ment trau­ma­ti­sée par la façon dont l’acte médi­cal a été pra­ti­qué, par l’ab­sence de choix réel quant à la méthode, par la néga­tion de mon inté­gri­té phy­sique qui en a décou­lé, par la néga­tion de mon inté­gri­té intel­lec­tuelle dans la prise en charge des demandes d’IVG par ce ser­vice hos­pi­ta­lier.

    Je suis extrê­me­ment en colère contre ce sys­tème qui ne per­met pas aux femmes leur libre-arbitre, qui veut qu’elles aient à se jus­ti­fier de ce qu’elles font de leur cul (sur­tout pas trop de liber­té). Qui se cache der­rière la bien­veillance qui veut que pour l’ins­tant on accepte l’IVG et la bien-pen­sance qui juge qu’on doit la vivre comme un dou­lou­reux échec. PUTAIN mais on n’en veut pas de la bien­veillance, on n’en veut pas de la bien-pen­sance : per­sonne n’a à déci­der pour qui­conque de la façon de se ser­vir de son corps, per­sonne, pas même un méde­cin, ne peut juger de ce qui est bon ou non pour nous et impo­ser quel que choix que ce soit. Au nom de quoi, quel­qu’un peut se per­mettre de pro­po­ser à une tierce per­sonne un truc aus­si bar­bare que l’a­vor­te­ment médi­ca­men­teux ? Où l’ab­sence d’anes­thé­sie ? Les aiguilles à tri­co­ter, c’é­tait pas for­cé­ment pire.

    CHU Le Mans — Avril 2013

  111. Gaëlle dit :

    Bon­jour à toutes,

    J’ai avor­té en 2010 et je vais bien mer­ci.
    J’ai une fille de 12 ans main­te­nant, dont le père est décé­dé alors qu’elle avait 4 ans 1/2 et moi 29. Dans la fou­lée, j’ai été licen­ciée éco­no­mique d’une petite socié­té d’é­di­tion qui met­tait la clé sous la porte.
    Adieu pro­jet de mariage l’an­née sui­vante, d’a­chat d’une mai­son et de petit frère/sœur pour notre puce. Retour en appar­te­ment avec un enfant et un chat sous le bras avec la ques­tion de savoir com­ment j’al­lais payer les fac­tures à venir (vivant en concu­bi­nage, tout l’hé­ri­tage est pas­sé direc­te­ment au pro­fit de ma fille, sur un compte blo­qué, sous contrôle d’un juge des tutelles).
    Je suis res­tée debout, grâce à cette puce jus­te­ment, et mes parents m’ont énor­mé­ment sou­te­nue (psy­cho­lo­gi­que­ment et finan­ciè­re­ment).
    Après 3 années de céli­bat total, pen­dant les­quelles j’a­vais ces­sé de prendre la pilule (pour­quoi payer des pla­quettes alors que l’i­dée même de par­ta­ger mon lit avec un homme me sem­blait incon­ce­vable !?) j’ai ren­con­tré un homme fort char­mant avec lequel je me suis auto­ri­sée à envi­sa­ger un ave­nir. Au fil des mois, nous avons fait plus ample connais­sance et nous sommes pas­sés à l’ac­tion.
    J’ai ENFIN trou­vé un nou­veau bou­lot, dans mon sec­teur d’ac­ti­vi­té, mais en contrat aidé de 6 mois, asso­cié au RSA que je per­ce­vais.
    On aurait pu croire que la vie était de nou­veau déci­dée à me sou­rire (un pas après l’autre…).

    J’ai déci­dé de prendre rdv chez ma gyné­co pour une pres­crip­tion de pilule et nous avons fait un test de dépis­tage VIH. Les tests étant reve­nus néga­tifs, le « char­mant jeune homme » a lour­de­ment insis­té pour qu’on renonce au pré­ser­va­tif, même si je n’a­vais encore aucune garan­tie que la pilule soit effi­cace, m’as­su­rant qu’il se reti­re­rait à temps…
    Cela a duré 2 mois, pen­dant les­quels il était per­pé­tuel­le­ment chez moi (plus simple, puisque moi j’a­vais ma fille à la mai­son). Il était même chez moi avant que je rentre du bou­lot… déci­dant de tout (menu, prog TV, ce que ma fille pou­vait ou ne pou­vait pas faire, etc). Bref, il a vite pris TROP de place chez moi, tout en res­tant sage­ment assis sur mon cana­pé pour dis­pen­ser ses ordres/conseils. Décou­vrant le vrai visage du per­son­nage, j’ai mis fin à notre rela­tion.

    2 mois après l’a­voir invi­té à ramas­ser ses affaires, j’ai com­men­cé à m’in­quié­ter de ma consom­ma­tion de lait : en temps nor­mal, c’est un cho­co­lat au lait au petit déj et un verre quand j’ai l’oc­ca­sion de prendre le goû­ter avec ma fille, mais là, j’en étais à 2 litres par jour ! et mes seins étaient dou­lou­reux…
    Prise de sang : résul­tat posi­tif :/
    3 options se pré­sentent à moi :
    — je le garde et j’ex­plique à ma fille (8 ans à l’é­poque) que son petit frère/sœur n’au­ra pas de père parce que j’ai déci­dé qu’il en serait ain­si (alors qu’elle subi chaque jour l’ab­sence du sien, qui lui a été impo­sée…). Je fais une croix sur un retour com­plet à l’emploi parce que j’au­rai pro­chai­ne­ment un nou­veau né à la mai­son. Nous man­ge­rons donc des pommes de terre tous les jours parce qu’il est inutile d’i­ma­gi­ner vivre, pour les 2 ou 3 pro­chaines années, autre­ment qu’au cro­chet de la socié­té, avec le RSA et les alloc fami­liales… NON MERCI
    — je le garde et je rap­pelle le géni­teur. Avec son salaire, ça fera un petit plus (quoique, il verse déjà une pen­sion ali­men­taire à son ex) et, sachant comme il n’est pas simple d’é­le­ver un enfant seul, je me vois dif­fi­ci­le­ment cor­ser la chose avec 2 enfants, donc un père à la mai­son ne ferait pas de mal. Oui, mais voi­là, ce mec là, je l’ai viré il y a peu parce qu’il me sor­tait par les yeux et que je n’ap­pré­ciais pas la façon dont il s’a­dres­sait à ma fille… NON MERCI
    — je ne le garde pas : j’a­vorte. Après tout, j’ai encore quelques années devant moi pour faire un enfant dési­ré. Et puis si je ne ren­contre pas LA per­sonne avec laquelle j’au­rai envie de refaire un enfant, et bien tant pis… OK

    Je n’a­vais devant moi que 15 jours pour agir. Je n’ai ren­con­tré aucun obs­tacle. Tous les inter­lo­cu­teurs ont bien fait leur bou­lot : m’ont deman­dé si j’é­tais sûre de mon choix, mais sans insis­ter. (Petit bémol tout de même pour la petite jeune qui m’a fait l’é­cho­gra­phie : j’ai pu voir en long et en large à quel point le fœtus était par­fai­te­ment bien déve­lop­pé…) Ma meilleure amie est venue me recher­cher après l’in­ter­ven­tion, ma fille n’a rien vu et ne le sait tou­jours pas (elle le sau­ra un jour, pro­ba­ble­ment lorsque nous abor­de­rons sérieu­se­ment la ques­tion de la contra­cep­tion pour elle). J’en ai par­lé à mes amis proches (et moins proches par­fois) à mes parents et aux grands-parents pater­nels de ma fille. Tous ont par­fai­te­ment com­pris mon choix.

    Aujourd’­hui, j’ai 35 ans, je suis en CDI, mes fac­tures sont payées dans les temps et on peut s’ac­cor­der des loi­sirs par ci par là. Ma fille a un amou­reux au col­lège (mais elle n’ose pas lui dire 🙂 ), sa mère fait des ren­contres de temps à autre, mais rien de signi­fi­ca­tif.
    En gros, la vie suis son cours, avec ses hauts et ses bas.
    Je vais bien, mer­ci !

    • Christine dit :

      Un petit bémol. On ne vit pas « aux cro­chets de la socié­té » parce qu’on vit des pres­ta­tions sociales. On cotise, on paie des impôts, on touche des pres­ta­tions, ça dépend des reve­nus et des
      périodes de la vie. Rien de cri­ti­quable.

  112. femmeordinaire dit :

    Bon­jour,

    J’ai avor­té en 2013 et je vais bien. J’ai mes rai­sons… Je venais de connaître mon ami dont je suis éper­du­ment amou­reuse encore aujourd’­hui et pour long­temps. J’a­vais déjà deux enfants. J’a­vais un sté­ri­let, bien pla­cé. Et bien, un petit miracle s’est pro­duit… une fécon­da­tion a eu lieu…Même lors du retrait du sté­ri­let, l’embryon est res­té bien accro­ché. Alors, on a hési­té… long­temps… et puis, j’ai déci­dé à la 7ème semaine d’a­vor­ter médi­ca­le­ment.
    Je pou­vais, moi, ne pas être sûre de mon ave­nir avec mon conjoint et sup­por­ter d’être mère mal­gré tout, je pou­vais aus­si envi­sa­ger de me ser­rer la cein­ture finan­ciè­re­ment pour nour­rir un troi­sième bam­bin, je pou­vais tout sup­por­ter, moi, pour un enfant! Mais cet enfant… pour lui… rien que pour lui, tout était trop ris­qué. Hors de ques­tion de faire comme tous ces irres­pon­sables qui au nom de la reli­gion (je suis croyante, il n’empêche…) ou je ne sais quelle autre lubie, mettent au monde je ne sais com­bien d’en­fants qu’ils n’au­ront pas la pos­si­bi­li­té d’é­le­ver cor­rec­te­ment (que ce soit sur le plan psy­cho­lo­gique, affec­tif, maté­riel…).
    Savez-vous com­bien de toxi­co­manes le sont à cause de leur enfance? Savez-vous com­bien de SDF le sont par rap­port à leur départ dans la vie? Je pense que l’a­vor­te­ment est avant tout pour le bien de notre socié­té!!! Heu­reu­se­ment qu’un enfant non dési­ré n’est pas mis au monde!!! A moins qu’on ne veuille faire la for­tune de tous les psy­chiatres…
    Avor­ter n’est pas un confort… Même pour celles, tiens, qui se font avor­ter plu­sieurs fois, qui soit-disant uti­lisent l’a­vor­te­ment comme contra­cep­tif… Mais croyez-vous que l’a­vor­te­ment soit si simple? Moi per­son­nel­le­ment, je pré­fère le pré­ser­va­tif, la pilule, le sté­ri­let ou même tiens l’abs­ti­nence! Ça fait mal d’a­vor­ter, ce n’est pas rigo­lo, ce n’est pas facile phy­si­que­ment, ce n’est pas tou­jours facile men­ta­le­ment. Mais heu­reu­se­ment que c’est pos­sible!!!
    Oui si j’a­vais été du temps de ma grand-mère je n’au­rais pas eu le choix. Mais je vous pré­sen­te­rai ma tante qui est arri­vée loin der­rière son frère et sa soeur… Non dési­rée.. Mal aimée… Elle fait une adulte… remar­quable! (c’est iro­nique bien sûr, elle se bourre d’an­ti­dé­pres­seurs et en veut à la terre entière)
    La nature est bien faite : elle pro­voque des avor­te­ments spon­ta­nés en cas de mal­for­ma­tion ou mala­die de la mère… Accep­tons que le mal-être, les mau­vaises condi­tions de vie et le non-désir soit une contre-indi­ca­tion à la gros­sesse.
    Et sur­tout : occu­pons-nous de nos fesses et de celles de nos enfants!!! Au lieu de défendre l’i­dée d’en créer d’autres, occu­pons-nous de défendre ces pauvres gamins dans les centre d’ac­cueil pour enfants : ces enfants bat­tus, ces enfants aban­don­nés, ces enfants dépen­dants de toxiques parce que leur mère l’é­tait, ces enfants tout sim­ple­ment délais­sés.
    Bref, j’ai avor­té, j’ai eu un moment de tris­tesse, fina­le­ment assez court. Mais vous ne pou­vez pas savoir ce que ça fait du bien de prendre une déci­sion telle que celle-là : pour ma vie, pour celle du petit bout qui serait arri­vé dans de bien mau­vaises condi­tions!!!!
    J’ai avor­té et je vais bien.
    Par contre, je suis en colère contre toutes celles et ceux qui remettent ce droit en cause, cette liber­té fon­da­men­tale de dis­po­ser libre­ment de son corps.
    Cou­rage si c’est dans vos pro­jets d’a­vor­ter mais ayez confiance, ça se pas­se­ra bien.

  113. manon dit :

    Ete der­nier, j’ai 20 ans, je suis avec mon copain depuis 6 mois, ma pla­quette de pilule arrive à sa fin et je ne veux pas la renou­ve­ler car je sou­haite une méthode plus natu­relle et sans hor­mones. Je passe l’é­té comme sai­son­nière dans une petite ville sans gyné­co.

    Sep­tembre 2013, tou­jours pas de rdv chez le gyné­co. Nous fai­sons gaffe mais je tombe enceinte. Je me rends au centre de pla­ni­fi­ca­tion de ma ville. J’ai un peu peur mais tout se passe bien. Je suis très bien accueilli par les méde­cins (des femmes bien évi­dem­ment). Je dois faire des prises de sang et des écho­gra­phies. Mon copain m’ac­com­pagne à chaque fois. Je dois me rendre plu­sieurs fois au centre de pla­ni­fi­ca­tion. Je me force un peu à avoir l’air triste car les méde­cins prennent un air grave lors des rdv comme si je devais être dépri­mée. Alors je fais un peu sem­blant. Bien sur ce n’est pas la grande joie mais ça va rela­ti­ve­ment bien. Mon copain est très pré­sent et je sais que tout cela va se ter­mi­ner un jour. Bien sur les pre­miers jours je me suis posée des ques­tions. Même si je connais­sais les réponses : nous avons 20 ans, des études à ter­mi­ner, une situa­tion finan­cière qua­si inexis­tante.. Mais for­cé­ment les pre­miers jours on réflé­chit et on voit des gamins par­tout, encore plus que d’ha­bi­tude.

    Je dois dire que par rap­port à d’autres femmes, je n’ai eu droit à aucune réflexion de la part du per­son­nel médi­cal que j’ai ren­con­tré. Que ce soit des méde­cins ou des infir­mières tout ont été très cor­rect avec moi. Et ce qui a énor­mé­ment par­ti­ci­pé à la bonne réa­li­sa­tion de l’  »opé­ra­tion » c’est qu’elle a été réa­li­sée à domi­cile. Les méde­cins du plan­ning m’ont pro­po­sé cette option qui est encore peu connue. Dans ma ville à Caen, seul un doc­teur pro­pose à ses patientes l’IVG médi­ca­men­teuse à domi­cile. En fait le pre­mier cachet se prend au plan­ning. Le deuxième se prend deux jours plus tard à domi­cile. J’ai choi­sit la date de la prise des médi­ca­ments en fonc­tion de mes dis­po­ni­bi­li­tés. Tout s’est bien pas­sé sauf la nuit sui­vant la prise du pre­mier médi­ca­ment, le jeu­di, où j’ai res­sen­ti d’é­normes dou­leurs au ventre. La nuit fut longue et mon copain a hési­té à appe­ler les urgences. Mais de l’i­bu­pro­fène et des bains d’eau bouillante ont finit par faire leurs effets et j’ai finit par m’en­dor­mir.
    J’ai donc prit mon deuxième cachet le same­di matin chez moi. J’ai dû ache­ter des énormes ser­viettes hygié­niques immondes et j’ai prit de l’i­bu­pro­fène. Tout s’est bien pas­sé, j’ai pu pas­ser la jour­née chez moi tran­quille­ment. J’ai très peu sai­gner et les dou­leurs ont été qua­si inexis­tantes.

    Ren­sei­gnez vous sur cette pra­tique. Il y a certes quelques condi­tions (ne pas être seule, habi­ter à moins de 30 km d’un hôpi­tal..) mais en géné­ral c’est très simple.
    Je la recom­mande vive­ment. Je pense que cela a énor­mé­ment contri­bué au fait qu’au­jourd’­hui je vais très bien. Mal­gré une forte envie d’a­voir des enfants (envie que je ne res­sen­tais pas avant) je vais très bien et mon couple en est res­sor­tit plus fort.

    Je vais bien, mer­ci !

  114. Zelda dit :

    Cela vas faire 3ans que j’ai avor­té.
    Je n’é­tait pas sous pilule, et un capote s’est per­due , c’est bête mais ça arrive. 1 mois plus tard j’ai mal au ventre, des pertes étrange mais pas de règle, je fait un test uri­naire : bin­go!. Pre­mière appré­hen­sion l’an­non­cer à mon copain (ça fai­sait à peine un mois que l’on était ensemble), j’a­vais peur qu’il me le reproche un peu comme dans cer­tain film mais il m’a juste dit que c’é­tait génial mais vrai­ment pré­ma­tu­ré (il était déjà très amou­reux appa­rem­ment 😉 ).

    Je prend tout de suite rdv avec mon méde­cin trai­tant, ne sachant vrai­ment pas com­ment pro­cé­der, après m’a­voir aus­cul­té il me confirme ma gros­sesse et me demande ce que je sou­haite faire, à l’an­nonce de mon atten­tion il à l’air plu­tôt sou­la­gé me disant que je suis en effet bien jeune (j’a­vais 21ans) et qu’é­tant étu­diante cela aurait été com­pli­qué. Je repart avec les coor­don­nées d’un hôpi­tal pra­ti­quant l’ivg.

    Je me confie à une amie qui c’é­tait fais avor­tée aupa­ra­vant, elle me raconte des choses hor­rible avec un méde­cin lui repro­chant son choix, une i.v.g médi­ca­men­teuse ou elle à eu très mal avec une quan­ti­té de sang per­du affo­lante pour finir par un cure­tage car il y avais fina­le­ment deux fœtus et qu’un est encore pré­sent. Elle me conseille d’a­che­ter des ser­viettes très absor­bante et de bien réflé­chir car elle regrette son choix (son copain de l’é­poque lui ayant repro­ché)

    Une fois à l’hôpital, des infir­mières s’oc­cupent de moi, elles sont sou­riantes m’ex­pliquent les démarches à effec­tuer, puis je vais voir le méde­cin ‚une femme très anti­pa­thique, qui me recon­firme ma gros­sesse et me dit que mon avor­te­ment serait par voix médi­ca­men­teuse , je suis sou­la­gée une cure­tage par cette femme aurais été hor­rible.
    Je prend le médi­ca­ment chez moi, la peur au ventre, mon copain à vou­lu res­ter pour me sou­te­nir et je lui en suit encore recon­nais­sante. Fina­le­ment j’ai eu légè­re­ment mal au ventre, de petit sai­gne­ment , et je suis sur­tout sou­la­gée.
    Je retourne à l’hôpital, tout est ok. et on me donne la pilule mais on ne m’a jamais pro­po­sé de me faire un dépis­tage ce que je trouve éton­nant.

    Bref une fois tout cela fini, j’al­lais bien et main­te­nant encore je vais bien.
    Non je ne pleure pas devant un bébé en me disant que j’ai tué le mien, non je ne fait pas de cau­che­mars, non je ne me dit pas qu’il à souf­fert (sérieu­se­ment!!) et non je ne me sent pas sale ou quoi que ce soit d’autre.
    Quand j’y repense je me dit juste que j’ai bien fait, car le gar­der aurait été dom­ma­geable pour moi (sur­tout) et pour cet hypo­thé­tique enfant, et je me dit que j’ai de la chance d’être née ici à cette époque ou j’ai eu le choix de mener à terme ou non une gros­sesse.
    En espé­rant que cette pos­si­bi­li­té de choix per­siste!

  115. Aude dit :

    Bon­jour,

    Je vais avor­ter la semaine pro­chaine et je constate que c’est tou­jours le par­cours du com­bat­tant! Nou­velle arri­vée dans ma ville, je n’ai pas encore de méde­cin ni de gyné­co­logue. Lorsque j’ai com­pris que j’é­tais enceinte (très rapi­de­ment fort heu­reu­se­ment), j’ai été dès le len­de­main à la pmi à côté de chez moi. J’ai eu beau­coup de chance de tom­ber sur une sage femme à l’é­coute, qui m’a fait l’or­don­nance pour l’é­cho et la prise de sang. Elle m’ don­née une liste de mede­cins pra­ti­quant l’ivg médicamenteuse…et là, la galère! J’ai réus­si à décro­cher un ren­dez-vous pour 10 jours après.
    Je note juste que mal­gré la loi, qui veut qu’un méde­cin est obli­ga­tion de rece­voir sous 5 jours une per­sonne vou­lant pra­ti­quer une ivg, la plu­part c’est:
    ‑nous ne pre­nons pas de nou­veaux patients
    ‑Nous ne pou­vons pas vous prendre avant 2 semaines, ça sera trop tard, bonne jour­née (ce qui est FAUX, je suis à 4 SA donc dans 2 semaines à 6SA, si on m’a­vait lais­sée le temps de le dire!)
    ‑Je ne pra­tique plus l’ivg avec force sou­pirs (mer­ci de le signa­ler alors pour vous fiare reti­rer de la liste!!!!)
    Au final, j’ai quand même réus­si à avoir un ren­dez vous, mais il faut que j’ap­porte tout (la carte rhé­sus, la prise de sang, l’é­cho et l’at­tes­ta­tion de 1ere consultation)…à se deman­der com­ment font les plus jeunes ou celles qui sont dans une angoisse telle qu’elles sont para­ly­sées.

    Je ne par­le­rai pas de l’ivg au tour de moi, parce que ca va etre des soup­cons sur mon incons­cience, alors que:

    Je suis sous pilule(non je n’ai pas oublié une pilule) et que j’ai mis le préservatif.…oui, c’est vrai­ment la faute à pas de bol.….j’entends d’i­ci les bien pen­sants dra­pées dans leur mora­li­té d’un autre âge:
    « Encore de l’in­tox des fémi­nistes, une femme sous contra­cep­tif ne tom­be­ra JAMAIS enceinte! ».… Mes­sieurs, mes­dames mieux éclai­rés que moi et mes consoeurs, sachez que je vous emmiele bien fort, et qu’à chaque fois que vous par­le­rez sans réflé­chir, moi et d’autres (nom­breuses qui sont aus­si vos soeurs, vos mères, vos filles) ont veille­ra à ce que ce DROIT demeure et pro­gresse, car nous allons bien mer­ci!

  116. Judith dit :

    Bon­jour
    Je tenais à faire part de l’his­toire de mon avor­te­ment.
    J’ai 32 ans, j’ai eu recours à l’a­vor­te­ment il y a 3 mois.
    Je suis méde­cin géné­ra­liste rem­pla­çante. J’ai fait un DU de gyné­co­lo­gie médi­cale, mon sujet de thèse par­lait de contra­cep­tion. Bref, autant dire que côté contra­cep­tion, IVG et com­pa­gnie, je fais par­tie des per­sonnes les mieux infor­mées. Mais il parait que ce sont les cor­don­niers les plus mal chaus­sés…
    Je suis en couple depuis 1 an et 8 mois. Nous nous sommes ins­tal­lés ensemble depuis 1 an et 1 mois, tout se passe bien pour nous deux. Nous avons une vie assez riche, nous avons plu­sieurs pro­jets pro­fes­sion­nels et non pro­fes­sion­nels en tête et rapi­de­ment, quand on nous deman­dait « à quand le bébé ?», on répon­dait spon­ta­né­ment « on n’veut pas d’enfants » afin qu’on nous laisse vivre notre vie à deux.

    Après avoir essayé diverses pilules pen­dant mon ado­les­cence (que j’ou­bliais régu­liè­re­ment), pris les « pilules du len­de­main » parce que l’oubli était trop impor­tant, tes­té l’an­neau (qui pesait un peu dans mon bud­get d’é­tu­diante), je me suis fixé sur un DIU au cuivre qui me conve­nait très bien (chance inouïe que j’ai eu d’a­voir un méde­cin qui veuille bien me le poser alors que j’é­tais nul­li­pare).

    Et puis voi­là, un jour de décembre, ces règles qui ne veulent pas venir, je ne sens pas mon ventre qui se tord, pas une goutte de sang qui tache mon slip, rien, le néant. C’est d’abord cela qui m’a inquié­té, ce vide, je ne me retrouve pas, je ne me recon­nais pas. Je n’ai jamais aimé avoir mes règles mais là je les attends, je les sup­plie de venir et rien, mon ventre ne réagis­sait pas. Et puis mes seins qui com­mencent à me peser, à être sen­sibles, « non c’est pas pos­sible ! ». J’en parle à mon ami, je fais un test « pour me ras­su­rer » car dans ma tête une gros­sesse était inen­vi­sa­geable, mais si les résul­tats reviennent, implacables…le test est posi­tif, je suis enceinte.
    Etant méde­cin géné­ra­liste rem­pla­çante, j’ai reçu les résul­tats seule, dans le cabi­net où je tra­vaillais. J’étais seule face à cette feuille de résul­tats. J’ai appe­lé mon ami, qui atten­dait éga­le­ment ces résul­tats, il était éga­le­ment cho­qué. J’ai contac­té illi­co le ser­vice d’IVG de l’hô­pi­tal pour prendre les RDV au plus vite, j’ai ter­mi­né mes consul­ta­tions comme je pou­vais et je suis ren­trée, les larmes aux yeux tout le long du par­cours jusque chez moi.
    Mon ami et moi n’a­vons pas envi­sa­gé une autre solu­tion que l’a­vor­te­ment cepen­dant cette déci­sion me ren­dait malade et mon ami le com­pre­nait bien.
    Je ne vou­lais pas être enceinte pour ne pas à avoir faire ce choix : c’é­tait là la véri­table rai­son de ma tris­tesse, de ma colère. Je trou­vais qu’il y avait une for­mi­dable injus­tice au fait que quand j’ou­bliais ma pilule je n’ai jamais eu de sou­cis et qu’a­vec ce DIU je tombe sur le 0,1% de mal­chance d’être enceinte, c’é­tait injuste, sim­ple­ment.
    Le soir même mon ami et moi en avons par­lé à nos parents res­pec­tifs au télé­phone. Main dans la main, nous étions l’un à côté de l’autre, pour sou­te­nir celui qui par­lait. Nous n’avons pas eu à nous défendre, ils com­pre­naient. La déci­sion était déli­cate, mais nous l’avons expli­qué sim­ple­ment, cal­me­ment. Nous avons vou­lu leur en par­ler afin d’éviter un « secret ». Nos parents nous ont dit qu’ils ont été tou­chés de notre confiance envers eux car effec­ti­ve­ment rien ne nous obli­geait à leur en par­ler, mais nous vou­lions êtes hon­nêtes, être francs et clairs avec eux.

    La pre­mière consul­ta­tion s’est pas­sée le len­de­main avec le méde­cin que je rem­pla­çais que je connais­sais bien. Tout s’est bien pas­sé, je repars avec mon petit papier cer­ti­fiant que je désire une IVG… reste les 7 jours d’attente pour la seconde consul­ta­tion…
    Les seins qui gros­sissent, les nau­sées mati­nales qui pointent le bout de leur nez pour prendre de plus en plus de place au point que j’ai envie de vomir dès que je fran­chis le seuil de la cui­sine, je dors mal, je ne me sens pas moi, je me tape le ventre par­fois (sors de là !), je pleure…
    Deuxième consul­ta­tion, cette fois-ci à l’hôpital, mon ami m’accompagne éga­le­ment. On nous dirige vers une petite porte à l’écart du ser­vice de gyné­co­lo­gie, qui donne sur une petite salle d’attente jolie mais sans ouver­ture. Une sage-femme nous accueille en pre­mier, très pro­fes­sion­nelle et très empa­thique. On fait rapi­de­ment le point, elle me dit qu’elle craint que je ne puisse pas béné­fi­cier d’une IVG médi­ca­men­teuse étant don­né qu’il fau­dra reti­rer le DIU. Je vois ensuite un méde­cin, inter­ro­ga­toire for­mel, écho­gra­phie avec écran de son côté. Echo­gra­phie vagi­nale, OK, le sac ges­ta­tion­nel intra-uté­rin pas de gros­sesse extra-uté­rine à craindre et il a la taille pré­vue. Elle ter­mine avec une écho­gra­phie pel­vienne et là elle me dit « ah oui, il est là, vous vou­lez le voir », j’ai dû lui lan­cer un regard avec un mélange d’interrogation et de « tu ne vas pas me faire ça toi ! », et là elle com­plète « le sté­ri­let ? ». J’accepte alors, et effec­ti­ve­ment je vois ce bout de cuivre qui n’a pas fait son tra­vail mais je ne vois pas le sac ges­ta­tion­nel. Nous ter­mi­nons notre par­cours avec un petit tour chez la secré­taire pour fixer les ren­dez-vous pour l’IVG, secré­taire très arran­geante.
    Mon « mal-aise » se pour­suit donc, aux­quelles se rajoutent des dou­leurs pel­viennes de plus en plus impor­tantes, je prends tous les médi­ca­ments antal­giques pros­crits en cas de gros­sesse, je bois de l’alcool, j’aurai fumé si les nau­sées ne me l’empêchaient pas. C’est ma façon de m’exprimer face à ce corps étran­ger. « Je ne te veux pas, je ne te désire pas, tu n’es pas le bien­ve­nu »
    Le 1e jan­vier je vais cher­cher le pre­mier com­pri­mé. Je me suis rare­ment levée aus­si tôt pour un pre­mier jan­vier, mais là je m’en moque, je veux cette pilule. Et là j’attends… je désire les maux de ventre, je désire le sang, venez, venez, mais rien, tou­jours rien…n’est-ce pas assez fort ? Et le grand jour arrive, je prends le 2e com­pri­mé 1h avant de par­tir et là, méga nau­sée, je prends rapi­de­ment un anti-nau­séeux « ah non, tu ne vas pas t’en aller, tu restes dans mon esto­mac ! », j’ai l’impression que mon ventre se retourne. J’ai très mal mais para­doxa­le­ment je com­mence à m’apaiser.
    On m’installe dans une chambre avec une autre patiente qui subi­ra une IVG, elle me raconte son his­toire, ça me fait du bien, je pense qu’à elle aus­si. Je com­mence à sai­gner, des caillots, énormes, ça coule, je me change toutes les ½ heures en atten­dant de pas­ser au bloc opé­ra­toire. Le corps soi­gnant ne me fait aucune réflexion, de toute façon je m’étais dit, s’ils me sortent un truc, je leur répon­drais, je n’ai aucune honte. L’intervention se passe bien, je me réveille, je mange avec plai­sir mon pla­teau repas, mon ami vient me cher­cher. Un peu son­née par l’anesthésie mais heu­reuse, le sou­rire aux lèvres.
    Les jours sui­vants mes seins ont repris leur taille nor­male, les nau­sées ont dis­pa­ru, j’ai eu quelques dou­leurs à type de cour­ba­tures suite à l’intervention, et sur­tout, je me suis retrou­vée, j’étais de nou­veau moi.
    A la consul­ta­tion post-IVG, l’interne qui m’a reçu m’a deman­dé si je ne me sen­tais pas triste, je lui ai répon­du que non au contraire, j’étais enfin sou­la­gée !
    L’ironie du sort va faire que dans quelques mois je tra­vaille­rai en tant que méde­cin dans ce ser­vice d’IVG. J’espère pou­voir accueillir aus­si bien les femmes qui vien­dront me consul­ter.

  117. Rosine dit :

    J’ai avor­té, je vais bien mer­ci.
    Je suis maman de 2 enfants d’une pre­mière union. Je vivais en couple depuis un peu plus de 2 ans. Ce bébé, nous l’a­vions déci­dé, mais je souffre d’en­do­mé­triose donc la patience est de rigueur. Puis la douche froide : la sépa­ra­tion, mon ami me quitte ! Une semaine après, mes règles n’ar­rivent pas… impos­sible, je fais un test, il vire immé­dia­te­ment. Le mer­cre­di je ren­contre mon méde­cin, elle me fait l’at­tes­ta­tion, m’é­coute, prend le temps de tout m’ex­pli­quer. J’ap­pelle de suite mon gyné­co, il ne fait pas d’IVG mais son asso­cié si et la semaine sui­vante, me voi­la dans son bureau : écho bonne, il ne me pose qu’une seule ques­tion : vous ne sou­hai­tez pas le gar­der ?. Je n’ai eu qu’un mot à dire, un seul.… et les médi­ca­ments à prendre. Je n’hé­site pas une seconde, ce qui me sur­prend presque. Suivent 2 jours de nau­sées atroces et l’heure du 2° médi­ca­ment… Je prends l’an­ti­dou­leur pres­crit par le gyné­co et le médi­ca­ment.… Tout s’est bien pas­sé, ce ne fut pas dou­lou­reux et guère dif­fé­rent de mes règles. C’est mon gyné­co habi­tuel qui a véri­fié que tout était éva­cué.
    3 méde­cins, 3 per­sonnes qui ont fait preuve d’un grand pro­fes­sion­na­lisme face à ma détresse. Je n’ou­blie­rai pas cette his­toire, mais je vis très bien avec, j’ai tou­jours cru qu’un avor­te­ment était un trau­ma­tisme, il n’en est rien quand le choix est le bon. Je suis heu­reuse d’a­voir vécu cette expé­rience en France et en 2014, ou je n’ai jamais été condam­né, culpa­bi­li­sé, mais ou j’ai au contraire été sui­vie par des pro­fes­sion­nels fai­sant preuve d’empathie et d’é­coute.

  118. Lizy dit :

    Bon­jour à toutes,

    J’ai avor­té il y a deux ans. A l’é­poque étu­diante, entre­te­nue par maman, en couple depuis deux mois avec ce que je pen­sais être l’homme de ma vie.
    Un jour, rap­port sexuel sans capote alors que je ne prends pas de contra­cep­tion. Plu­sieurs semaines plus tard je me sens constam­ment fati­guée, hyper­émo­tive et tou­jours pas de règles. Je tourne, je vire et puis quand même, ren­dez-vous chez le méde­cin his­toire de faire une prise de sang pour être sûre que ce ne serait pas une gros­sesse.
    Mon méde­cin trai­tant me ras­sure, me dit que quand même y a peu de chances que ce soit ça. Un peu moins pani­quée je vais faire la prise de sang et, quelques jours plus tard, je vais cher­cher les résul­tats, accom­pa­gnée par des amis parce que je redoute d’être seule en cas de mau­vaise nou­velle.
    La secré­taire me donne les résul­tats sans bron­cher, je sors et me rends compte que je ne com­prends rien à ce cha­ra­bia médi­cal. Je re-rentre et demande à la secré­taire la tra­duc­tion du bout de papier qui allait bou­le­ver­ser ma vie. Elle me répond, aimable comme une porte de pri­son « beh oui vous êtes enceinte, de 6 à 8 semaines envi­ron ».
    Panique géné­rale. Com­ment je vais annon­cer ça à ma mère? A mon copain? Qu’est ce que je vais faire, moi qui ait pas­sé mon ado­les­cence à cla­mer que si je tom­bais enceinte, c’é­tait avor­te­ment direct?
    Heu­reu­se­ment les amis sont là. Ma meilleure amie me dit « on fonce chez ta gyné­co, qu’elle te fasse une écho­gra­phie en urgence ». Aus­si­tôt dit, aus­si­tôt fait, la secré­taire médi­cale m’en­voie bala­der mais, grâce à l’in­sis­tance de ma meilleure amie, accepte de sou­mettre mon cas à ma gyné­co. Une demie heure d’an­goisse plus tard, elle me demande, pen­dant qu’elle fait l’é­cho : « et vous allez le gar­der? » je lui réponds que non, comme une évi­dence. Elle s’é­tonne et me demande pour­quoi non. « Eh bien parce que j’ai dix-neuf ans, que je suis étu­diante et entre­te­nue par ma mère, ce qui n’est pas vrai­ment le cadre idéal pour avoir un enfant ».
    A la fin de la jour­née, tête à tête avec ma mère. Je fonds en larmes et lui annonce la nou­velle. Et, stu­pé­fac­tion totale, elle prend ça avec un calme hal­lu­ci­nant et me demande ce que je compte faire, si j’en ai par­lé avec mon copain et ce qu’il en pense.
    Ah beh tient c’est vrai que ça ne m’a pas tra­ver­sé l’es­prit de le lui dire. Je lui annonce donc la chose et il ne me croit pas! Il achète un test de gros­sesse et, humi­lia­tion totale, me regarde uri­ner sur le test pour être sûr que je ne triche pas, que je ne le mène pas en bateau. Et ensuite, une fois prou­vé que sa copine n’est pas une mytho­mane, il m’an­nonce qu’il ne se sent pas prêt à être père mais qu’on aura la vie pour avoir d’autres enfants.
    Pleine de sen­ti­ments contra­dic­toires, je ne sais pas quoi faire. Je retourne habi­ter chez ma mère, et je passe mes jour­nées à pleu­rer sur le cana­pé au lieu de révi­ser pour mes par­tiels. Et heu­reu­se­ment que ma mère est là : elle m’emmène me ren­sei­gner sur les aides si je choi­sis de gar­der l’en­fant et sur les démarches à suivre si je décide d’a­vor­ter.
    Quelques jours plus tard je suis dans ma voi­ture devant la fac, un de mes exam com­mence dans 10 minutes et j’ap­pelle ma mère en pleurs, lui disant que je ne peux plus conti­nuer, que je ne me sens pas de pas­ser les exams comme si de rien n’é­tait. Elle m’en­cou­rage et, nau­séeuse et épui­sée, je vais fina­le­ment pas­ser ce par­tiel, ain­si que tous les autres.
    Et là je me rends compte que ma vie, c’est ça. Etre étu­diante, sor­tir avec mes amis, j’aime cette vie et je me sens encore trop « égoïste » et imma­ture pour assu­mer un enfant.
    Je prends ren­dez-vous pour un avor­te­ment chi­rur­gi­cal. Tout se passe très vite et, dieu mer­ci, je tombe sur des gens com­pé­tents et à l’é­coute.
    Le jour J le per­son­nel de l’hô­pi­tal est ado­rable, au petits soins pour moi, la seule ombre au tableau c’est que mon copain a tenu à m’ac­com­pa­gner alors que je ne veux vrai­ment pas de lui à mes côtés. Il ne com­prend pas ce que je tra­verse et, depuis le test de gros­sesse « en live », j’ai l’im­pres­sion qu’il me suit uni­que­ment pour être sûr que je ne lui fasse pas un enfant dans le dos.
    Au final j’ob­tiens mon semestre du pre­mier coup, l’homme de ma vie me laisse tom­ber pour une autre et je me demande tous les jours si je n’ai pas fait une erreur, que per­sonne ne com­prends ce que j’ai vécu.
    Puis je ren­contre un autre gar­çon, qui ne pré­tend pas com­prendre mon mal-être et qui me dit, sans détours « tu avoues toi-même aimer trop ta vie d’é­tu­diante pour avoir un enfant. On n’a pas besoin d’a­voir des gosses pour don­ner un sens à sa vie. Si tu l’a­vais gar­dé, tu aurais été mère céli­ba­taire, aigrie d’a­voir sacri­fié ta jeu­nesse et aban­don­né tes études ». C’est cash, ça fait mal à entendre parce que je pense que je vaux mieux que ça et en fait… il a rai­son. Pour la pre­mière fois depuis long­temps, j’ouvre les yeux.

    Aujourd’­hui ça fait deux ans que je suis en couple avec ce gar­çon, nous n’a­vons et ne vou­lons pas d’en­fants, je pour­suis mes études et je n’ai jamais été aus­si heu­reuse.
    Je poste ce témoi­gnage parce qu’au­jourd’­hui c’est ma meilleure amie qui est dans cette situa­tion et que, quel que soit son choix, je me rends compte que je ne suis pas seule au monde. Il y a des gens qui com­prennent ce que j’ai vécu et d’autres qui ont besoin d’en­tendre qu’il y a une vie après l’a­vor­te­ment, qu’on ne devient pas un monstre en déci­dant de ne pas se repro­duire, ou de choi­sir quand on veut le faire.
    Aujourd’­hui ça fait deux ans que j’ai avor­té et JE VAIS BIEN, mer­ci!!

  119. ViolettedeToulouse dit :

    Bon­jour,

    J’ai 22 ans, en couple avec mon ché­ri de 24 ans depuis un an et demi : du bon­heur à l’é­tat pur.
    En arrêt de contra­cep­tif car vou­lant en chan­ger pour des rai­sons diverses et variées, il n’a suf­fit que d’une seule fois sans faire atten­tion, une seule fois, le pre­mier mois sans contra­cep­tif, pour que ça nous tombe des­sus.

    Retard de deux jours : je vois sur les forums qu’a­près l’ar­rêt de la pilule ce n’est pas anor­mal que les règles n’ar­rivent pas à la fin du sup­po­sé pre­mier cycle car notre corps peut mettre plu­sieurs mois à se remettre en marche. Mais voi­là, j’ai ce sen­ti­ment, cette sen­sa­tion : je fais un pre­mier test qui devient très très très légè­re­ment posi­tif. Puis le len­de­main un deuxième un peu plus posi­tif que la vieille. Je file dès le lun­di faire une prise de sang. Elle est posi­tive. Le pre­mier sen­ti­ment est étrange : « mon corps fonc­tionne je suis apte à por­ter la vie ». Puis viennent, les larmes et la peur.

    Le soir même le monde s’é­croule : oui j’ai tou­jours vou­lu avoir des enfants, c’est une cer­ti­tude, mais pas tout de suite, pas avec mon CDI qui se signe dans deux semaines, pas avec l’a­chat récent de mes billets d’a­vions pour l’as­cen­sion de Kili­mand­ja­ro dans 9 mois, pas avec notre pro­jet immo­bi­lier. Pas comme ça. Alors oui : on a pleu­ré, on a par­lé, puis on a évi­té d’en par­ler, ensuite on s’est ima­gi­né, on a re pleu­ré, on a re rigo­lé, on a eu peur mais la déci­sion est très vite appa­rue : non ce n’est pas le bon moment.

    Sans suive alors les 2 semaines les plus longues de ma vie : Je prends RDV le len­de­main avec mon méde­cin géné­ra­liste qui m’o­riente vers un gyné­co : RDV une semaine après soit le lun­di. Tout s’est extrê­me­ment bien pas­sé : gen­til, à l’é­coute, pro­fes­sion­nel. Il m’ex­plique sur l’é­cho­gra­phie que c’est vrai­ment tout tout petit : je regarde et je n’y vois qu’un tout petit rond. Oui c’est tout petit. Je suis enceinte de 3 sg / 5 sa. Et dans ma tête ça, ce n’est pas un bébé. Et ça ne peut pas déci­der de ma vie sur les 20 pro­chaines années. Il me pro­pose l’ivg médi­ca­men­teuse.

    Je reviens à son cabi­net deux jours plus tard, le mer­cre­di, prendre les pre­miers com­pri­més : moment un peu plus com­pli­qué mais je refuse de pleu­rer devant lui. Et deux jours plus tard, le ven­dre­di, je dois pas­ser l’a­près midi à la cli­nique pour y prendre les cachés sui­vants. Je suis res­tée deux heures dans une chambre que je n’ai pas eu à par­ta­ger, avec un infir­mier ado­rable qui pas­sait prendre ma ten­sion. J’é­tais avec mon homme : on lisait, jouait sur nos smart­phone : on dédra­ma­ti­sait. J’ai eu mal comme des règles mais aillant des règles très dou­lou­reuses, je n’ai pas l’im­pres­sion d’a­voir beau­coup souf­fert. Le soir même je suis par­tie à la mer, comme pré­vu : durant le week end j’ai per­du pas mal de sang ce qui m’a énor­mé­ment fati­guée. Mais ça allait.

    Aujourd’­hui, deux semaines plus tard, je suis tou­jours très fati­guée. Mais je vais bien. Nous avons fait le meilleur des choix. Ce n’est pas à 100 % évident, mais ça va de mieux en mieux. Et après avoir lu énor­mé­ment de témoi­gnages qui m’a­vaient ter­ro­ri­sée sur le per­son­nel de san­té qui juge et culpa­bi­lise, je peux moi vous dire que je ne suis tom­bée QUE sur des gens agréables, com­pé­tents et qui ne m’ont jamais jugée (sur la région Tou­lou­saine). J’ai été accom­pa­gnée de mon homme à chaque étape, chaque com­pri­mé, chaque RDV. Il a été par­fait.

    J’ai eu il y a 6 jours le RDV de contrôle : le gyné­co m’a expli­qué que sur l’é­cho­gra­phie mon uté­rus était tout beau tout par­fait et il m’a expli­qué ce qu’on y voyait : il a finit l’en­tre­tien en me disant : voi­là, vous êtes gué­rie. Je lui ai répon­du que oui et qu’il ne me rever­rait pas de si tôt. Il m’a répon­du en sou­riant : peut être vous rever­rais-je mais pour une occa­sion plus joyeuse. Avec un sou­rire sin­cère.

    J’ai avor­té et je vais bien mer­ci.

    • bulle dit :

      Mer­ci pour votre témoi­gnage. Je me recon­nais dans votre his­toire et ça me fait du bien.

    • ViolettedeToulouse dit :

      Re bon­jour,

      Je suis l’au­teure de ce témoi­gnage : je sou­haite appor­ter un nou­veau petit témoi­gnage :

      Quelques mois après mon IVG, j’ai eu quelques petits sou­cis d’in­fec­tions uri­naire : j’en ai alors par­lé à LA rem­pla­çante de mon géné­ra­liste (je tiens à pré­ci­ser que c’est la seule femme que j’ai pu ren­con­trer lors de mon par­cours IVG)

      Je lui ai posé une ques­tion toute bête : est ce pos­sible que ces infec­tions soient dues à mon moyen de contra­cep­tion ?
      Réponse : « Non mais alors!! ne vous met­tez pas dans l’i­dée d’ar­rê­ter votre contra­cep­tif parce que quand même il ne fau­drait pas que CETTE situa­tion ce répète tous les trois mois, c’est tota­le­ment irres­pon­sable etc etc etc etc »

      Je n’ai d’a­bord ABSOLUMENT pas com­pris ou elle vou­lait en venir car pour moi l’IVG n’a­vait pas été abor­dée, c’est du pas­sé.
      J’ai ensuite réa­li­sé qu’elle avait mon dos­sier, fait par mon géné­ra­liste, que j’a­vais vu lors du pre­mier RDV des démarches IVG (et qui avait été lui ado­rable et pro)

      J’ai alors répon­du d’un ton sec que CETTE situa­tion n’é­tait pas pré­vue au pro­gramme dans mon futur et que je n’é­tais pas là pour par­ler de ça mais pour qu’elle me soigne alors qu’on en revienne à nos mou­tons

      JE VAIS BIEN ALORS FOUTEZ-MOI LA PAIX !
      je suis sur­tout esto­ma­quée que cette situa­tion se soit dérou­lée avec une femme, la seule, l’u­nique femme du corps médi­cal que j’ai pu ren­con­trer.…. incroyable…

      Bon cou­rage à toutes, et à tous.

  120. Loriane dit :

    J’ai avor­té il y a une semaine…

    Je ne m’épancherais pas en expli­ca­tions sur le pour­quoi du com­ment, a prio­ri, on tombe toutes enceinte de la même manière… Un bel amou­reux, un calin et PAF, un bébé. Pour cer­taines c’est un heu­reux évé­ne­ment, pour d’autres, un peu moins. Je fais par­tie de la seconde caté­go­rie. Pas le moment d’être maman, même si j’ai déjà 27 ans, pas le moment d’être papa, il en a seule­ment 23, la déci­sion est très vite prise…

    L’IVG avant de le vivre, on en entend vague­ment par­ler, on ne sait pas com­ment ça se passe, ni com­ment s’y prendre… Quand on com­mence a cher­cher des ren­sei­gne­ments, ça parait être le par­cours du com­bat­tant. Mais cela s’avère être sur­tout un com­bat de patience, attendre entre chaque ren­dez-vous, attendre la date de l’opération, attendre et voir son corps et ses envies chan­ger petit à petit, c’est dur.

    J’ai été bien sou­te­nue, mon amou­reux, mes amis, mais c’est fou comme on peut se sen­tir seule face à tout ça
    (une semaine plus tard, je me rends déjà compte du poids du sou­tien de mes proches)

    Quand on visite inter­net à la recherche d’informations, ça fait peur, c’est ter­rible.
    En réa­li­té, je n’ai ren­con­tré que des méde­cins très com­pré­hen­sifs, très pro­fes­sion­nels, et une équipe à l’hôpital vrai­ment excep­tion­nelle. (vite oublié le pre­mier tête à tête avec un méde­cin géné­ra­liste peu ave­nant…)

    C’était dou­lou­reux, ne nous le cachons pas, mais c’était rapide, et le sou­la­ge­ment éprou­vé après est tel que la dou­leur est très vite oubliée.

    L’IVG c’est une déci­sion, la mienne, la votre, il n’y a pas a en culpa­bi­li­ser, c’est tel­le­ment impor­tant de pou­voir choi­sir de don­ner la vie dans les meilleures condi­tions pos­sibles, et de pou­voir déci­der de ne pas le faire quelqu’en soient les rai­sons.
    Un jour je choi­si­rais d’être maman, parce que ce sera le bon moment, aujourd’hui j’ai choi­si d’avorter, et je vais très bien, mer­ci.

  121. Onyx dit :

    Voi­là, je suis fière d’être dans un pays (et une ville) où l’a­vor­te­ment peut se faire sans pro­blème ni juge­ment, en revanche, je trouve que la contra­cep­tion n’est affaire des femmes que parce que cela leur incombe par nature. Notre socié­té, si elle veut évo­luer, devrait pen­ser à la CONTRACEPTION MASCULINE de longue durée et sans pré­ser­va­tif. Cela ne doit pas être si com­pli­qué? Réser­vé aux femmes la prise de poids, les sautes d’hu­meur, la libi­do en berne (mer­ci la pilule), les mani­pu­la­tions (ste­ri­let), la peur, la culpa­bi­li­té, la res­pon­sa­bi­li­té?????

    J’ai avor­té hier, par IVG médi­ca­men­teuse. J’ai 40 ans déjà deux enfants et deux IVG anciens :un à 18 ans et un autre il y a 4 ans. Le tout pre­mier avor­te­ment, à 18 ans, fut libé­ra­teur; je me serait jetée d’un pont si j’a­vais du mener à terme cette gros­sesse d’un com­pa­gnon qui s’est révé­lé hor­ri­ble­ment pré­ten­tieux et égoïste. Le deuxième s’est fait à la mai­son avec une peur sous-jacente mais un sou­tien de mon com­pa­gnon. Ce troi­sième fut à l’hô­pi­tal, et je dois dire que je suis très éton­née de la gen­tillesse et de la com­pé­tence des inter­lo­cu­teurs que j’ai eu. Une chambre à moi toute seule pour une mati­née, un sui­vi de dou­leur, une expul­sion très rapide (une heure envi­ron) et très peu de sai­gne­ments (pas beau­coup plus que le 2e jour de règles..). J’ai com­pris que la fois où je l’a­vais fait à la mai­son, j’a­vais lais­sé fondre le Cyto­tec trop rapi­de­ment, alors qu’il fal­lait le caler dans les joues…et la dif­fu­sion du pro­duit est beau­coup plus lente, et mon corps a donc réagit plus tran­quille­ment (à la mai­son, j’a­vais eu des contrac­tions vio­lentes, presque à en vomir..). Bon, donc ce sera sté­ri­let, même si le der­nier m’a pro­vo­qué des sai­gne­ments..
    Et je salue encore une fois le ser­vice d’or­tho­gé­nie de mon hopi­tal.

  122. Pilote dit :

    Bon­jour,

    j’a­vais 22 ans, en der­nière année de mas­ter. N’ayant pas eu de rela­tions stables depuis un moment j’a­vais arrê­té la pilule et le pré­ser­va­tif suf­fi­sait.
    Ren­contre d’un jour pen­dant les vacances. Ni mon par­te­naire ni moi n’a­vions de quoi nous pro­té­ger sous la main. On tente le coup quand même, pari ris­qué mais ma mère a eu d’é­normes dif­fi­cul­tés à être enceinte, ça arrive pas comme ça hein (Bac+5 en bio la fille, si si). Il se retire « à temps », je retourne à mes études.

    2 semaines plus tard, je suis nau­séeuse tous les matins, épui­sée (moi qui suis très spor­tive)… Mes règles sont irré­gu­lières de toute façon mais je com­mence à angois­ser. J’at­tends encore une semaine pour faire un test, c’est posi­tif.

    Je ne traîne pas, je sais que le temps est comp­té. L’hô­pi­tal m’o­riente vers le ser­vice de méde­cine uni­ver­si­taire qui me reçoit le jour-même. On refait un test, tou­jours posi­tif. Le méde­cin et l’in­fir­mière sont très com­pré­hen­sives, moi je pleure toutes les larmes de mon corps. Je ne veux pas de cette gros­sesse, je ne veux pas que ça se sache. L’i­dée qu’un être gran­dit en moi contre ma volon­té me révulse.

    Je signe le consen­te­ment, on pro­gramme une prise de sang pour « offi­cia­li­ser » la gros­sesse. Le résul­tat est encore et tou­jours posi­tif. Je n’ai encore rien dit à mes parents, ils ont beau être ouverts je suis ter­ri­fiée par leur réac­tion.

    1er RDV à l’ho­pi­tal, le gyné­co­logue qui me reçoit est détes­table. Je ne suis pas lar­moyante, il se com­porte froi­de­ment, sans le moindre tact phy­sique et moral. Je ne sup­porte pas qu’il m’exa­mine. La secré­taire de l’hô­pi­tal ne vaut pas mieux « La pro­chaine fois vous ferez atten­tion »…

    On pro­gramme l’IVG médi­ca­men­teuse, j’ap­prends que je ne pour­rais pas la faire chez moi mais qu’il fau­dra que je sois hos­pi­ta­li­sée toute la mati­née. J’au­rais lar­ge­ment pré­fé­ré me cloi­trer chez moi, je hais l’hô­pi­tal. Dif­fi­cile de cacher ça en plus, j’in­vente des his­toires pour jus­ti­fier mes visites à l’hô­pi­tal. J’ai mis mes parents au cou­rant, ils me sou­tiennent à 100% et me pro­posent de venir m’ac­com­pa­gner.
    Il m’im­pose aus­si de refaire des test de groupe san­guins, arguant que ma carte de dons n’est pas valable, de même que les tests réa­li­sés pour une pré­cé­dente opé­ra­tion quelques années plus tôt.

    Le dimanche, je me rends à l’hô­pi­tal pour y prendre le pre­mier com­pri­mé. Je ne sens rien de par­ti­cu­lier, un léger mal de ventre mais pas pire que le 1er jour de mes règles. Le mar­di, retour à l’hô­pi­tal. J’ai une chambre pour moi toute seule. On me donne un pre­mier com­pri­mé, soi-disant antal­gique. Mon ventre se contracte ins­tan­ta­né­ment. On m’ap­porte 1/2h plus tard un second, cen­sé être celui qui déclen­che­ra les contrac­tions… Je suis cer­taine qu’ils les ont échan­gé. A part ça les infir­mières sont très gen­tilles. Je passe la mati­née au télé­phone avec des proches. Je ne perds presque rien, on pour­rait presque dire que je pète la forme. L’in­fir­mière me conseille de mar­cher, puis car­ré­ment d’al­ler mon­ter et des­cendre les esca­liers. J’en­quille sans sour­ciller les montées/descentes d’es­ca­liers, bala­deur sur les oreilles.

    En fin de mati­née je suis « convo­quée » par un gyné­co pour éva­luer l’a­van­ce­ment. Je suis angois­sée mais ce n’est pas le même. Il se montre bien­veillant, déli­cat. J’ap­prends que l’embryon n’est pas expul­sé encore mais qu’il est bien mort. Je rentre chez moi avec les com­pri­més à reprendre régu­liè­re­ment et la consigne de reve­nir si sou­ci.

    Je refuse de revoir le 1er gyné­co, j’ai donc mon RDV de contrôle avec une 3ème. L’embryon a été éva­cué (je n’ai rien vu). J’ai per­du assez peu de sang et les dou­leurs ont été lar­ge­ment sur­mon­tables.

    On me pro­pose un der­nier RDV facul­ta­tif, que je décline.

    Glo­ba­le­ment, j’ai très bien vécu mon IVG, beau­coup mieux que mon mois de gros­sesse. Le pire dans cette his­toire a été la peur du regard des autres et la culpa­bi­li­sa­tion de cer­tains pro­fes­sion­nels (alors que vu ma situa­tion il n’y a eu aucune hési­ta­tion de ma part !).
    Quant au « père », je ne lui ai jamais dit.… mais aux der­nières nou­velles il faut être 2 pour créer un embryon. Il serait temps que les hommes soient concer­nés aus­si.
    J’ai fina­le­ment arrê­té la pilule que la 3ème gyné­co m’a­vait pres­crite. Après 6 mois d’u­ti­li­sa­tion j’a­vais pris du poids et ma libi­do s’é­tait fait la malle, sans par­ler des pro­blèmes d’ac­né. Elle me don­nait l’im­pres­sion d’être enceinte, j’ai fait 2 tests de gros­sesse alors que je n’a­vais eu aucune rela­tion depuis plu­sieurs mois.

  123. blondie dit :

    Bon­jour à toutes,

    Tout d’a­bord, mer­ci pour ce blog ras­su­rant, qui m’a été recom­man­dé par la conseillère du plan­ning fami­lial . Grâce à vous, je suis sor­tie de la case hyper culpa­bi­li­sante de la « fille irres­pon­sable et sans morale » qui a, un jour, du prendre la déci­sion d’a­vor­ter.

    Déja maman solo d’une petite fille de deux ans, je suis tom­bée enceinte de mon nou­veau com­pa­gnon suite à un acci­dent de pilule. Pour moi et pour lui, il n’é­tait bien­sur pas envi­sa­geable de pour­suivre cette gros­sesse. La déci­sion a été très rapide à prendre .

    J’e­tais encore dans les temps pour une IVG médi­ca­men­teuse, je me suis donc empres­sée d’ef­fec­tuer les pre­mières démarches (prise de rdv avec un conseiller, delai d’une semaine, echo de data­tion). Deux semaines plus tard, plus de nou­velles de mon com­pa­gnon, appa­ri­tion de nau­sées et vomis­se­ments gra­vi­diques du matin au soir (que j’a­vais déja connus pour ma fille), c’est sans regret aucun et avec un cer­tain empres­se­ment que je me rend à mon rdv pour prendre les 3 pre­miers com­pri­més cen­sés stop­per la gros­sesse. 48 h plus tard, je passe la mati­née a l’ho­pi­tal pour la prise des deux autres com­pri­més en intra vagi­nal (a cause des vomis­se­ments). J’an­gois­sais beau­coup car selon les témoi­gnages lus sur beau­coup de forum, les dou­leurs allaient etre atroces. Les deux pre­mieres heures, rien ne se passe. L’in­fir­miere revient m’en don­ner deux autres que je fais, cette fois, fondre sous la langue. Je veux en finir au plus vite! 10 minutes plus tard, de gros sai­gne­ments sur­viennent, je vais aux toi­lettes et j’ex­pulse deux grosses choses. La, on a toutes ce réflexe bizarre de regar­der ;). Je ne peux pas dire que ca m’a lais­sée indif­fe­rente mais j’e­tais vrai­ment sou­la­gée. Une heure plus tard, on me sert une géné­reuse col­la­tion et je suis sor­tie.

    Ca fait une semaine que cela s’est pas­sé, les sai­gne­ments ont été tres abon­dants mais ont ces­sés aujourd’­hui même. Voi­la le seul désa­gré­ment. Pour le reste, je n’ai res­sen­ti AUCUNE dou­leur et en sor­tant de l’ho­pi­tal, mes nau­sées et vomis­se­ments avaient mira­cu­leu­se­ment dis­pa­rus. Mer­ci à l’e­quipe très humaine et com­pe­tente que j’ai ren­con­trée. Nous n’a­vons pas toutes cette chance.

    Bref, j’ai avor­té et je vais très bien !

  124. Claudie dit :

    J’ai 14 ans je suis très jeune, je suis tom­bé enceinte a l’age de 13 ans, j’é­té avec mon copin depuis 1ans et on vou­lais conclure notre his­toire d’a­mour (…), pour cela tout cété bien pas­ser, le faite d’a­voir eu un rap­port avec lui nous a rap­pro­cher, on est deve­nu insé­pa­rable, puis nous avons reco­men­cer 1fois 2fois jus­qu’au jours ou nous n’a­vions plus de pré­ser­va­tifs et plus d’ar­gents pour en rachet­ter, bien évi­dem­ment nous avions eu trop peur de le dire nos parents, donc nous l’a­vions fait sans pré­ser­va­tifs

    • Claudie dit :

      nous l’a­vions fait plu­sieurs fois jus­qu’au jour ou je suis tom­bé enceinte. Je vomis­sais chaque matin, mais j’é­tais tér­ro­ri­sé je me ren­fer­mé sur mois je n’en par­ler a per­sonne apart a mon copin qui le savai lui aus­si, mais qui été tér­ro­ri­sé de deve­nir papa.. On étai trop jeune on pou­vais pas le gar­der mais on a eu trop peur de le dire.. J’é­tais en 3ème jal­lais a la fin de l’an­né pas­ser mon bre­vet et si jau­rais gar­der mon bébé je crois que je n’au­rais mm pas pu le pas­ser.. Mais je vou­lai tel­le­ment avoir mon diplome que un jour je me suis dit qu’il fal­lais que jose et que j’en parle, alors j’en est par­ler a ma meilleur amie et a 2autres amies de confiance, quelque semaines plus tard sa fesai 2mois que je n’a­vais pas eu mes règles… Sa com­men­cer a deve­nir grave j’ai atten­du, je n’y croyais pas, jus­qu’au jour ou en sport une fille m’a fait une réflexion sur mes seins et mon ventre comme quoi il avais gros­si et qu’on dirais que j’é­té enceinte.. Je ne savais pas trop quoi lui répondre mais sa réflexion m’a fait réagir.. quelque semaine plus tard on ma dit qu’il fal­lai que jaille a lin­fir­me­rie le dire, en par­ler et que sa me sou­la­ge­rai et que au stade ou j’é­tai il fal­lai faire un choix.. Alors j’ai fon­cer de toute façon je n’a­vais rien a perdre, j’ai tt racon­ter a l’in­fir­mière qui l’a­près midi mm a ache­ter une boite de test de gros­sesse, j’ai fait le test, il savère posi­tif.. Elle appe­la ma mère pour la consul­ter le soir mm a la fin des cours, elle lui disa avec moi a côté qui été éffon­drer en larmes.. Nous avons donc pris ren­dez-vous chez le gyné­co­logue qui ce fut pas très acceuillent… je lui expli­qua que j’é­tait enceinte et que je vou­lait avor­ter et la seul chose qui pu me dire c’est que avec lage que javais il n’a­vais pas len­vi de soc­cu­per de client comme sa.. Ce qui me blais­sa et je m’éf­fon­dri en larmes. J’é­té a 3mois de gros­sesse quand je l’est consul­té, et il ma don­ner 5jours avant l’a­vor­te­ment.. Ce qui fut des jours de panique total… il ma dit que lavor­te­ment qui va ce pro­duire est illé­gaux mais que je devais en par­ler a per­sonnes, il ma dit que j’é­tais trop jeune que j’a­vais pas l’age pour avor­té et que dans les règles légal il devait en par­ler aux chef du dépar­te­ment ou je ne c plus trop quoi.. Le jour de lavor­te­ment, dzns la salle pré­pa­ra­tive, j’ai eu peur, il fai­sait froid je voyais des méde­cins partt j’ai pleu­rer, les méde­cins m’on conso­ler et mon par­ler mais c’é­tai leur il fal­lait que j’y aille.. A mon réveille j’ai remar­quer que l’és­pèce de machine a coté de moi ne fai­sai que bip­per, il y avai un pro­blème, ma ten­sion été trop faible mais il ne pou­vais rien faire appart attendre, j’ai fait une hémo­ra­gie et quand les méde­cins mon deman­der de me levé je me suis éva­nouie !! mais a 1h du matin quand les méde­cins mon deman­der de me lever et de tes­ter si jar­ri­ver a mar­cher sa allai bocoup mieux :p
      Mais pen­dant 2mois j’ai souf­fert de énorme mal de ventre chaque jours, j’ai lou­per la moi­tier de mon pre­mier tri­mestre d’é­cole, mais main­te­neant tout a chan­ger !!!!
      Je prend la pillule comme contra­cep­tion (ce qui au début n’a pas été facile) je lou­blier tout le temp, mais mon infir­mière ma conseiller de mettre une alarme a mon télé­fone et sa a plu­to bien fonc­tion­ner^^
      Mais pen­dant 5mois de pillule sa été l’en­fert!! jai gros­si et jai eu de tér­rible mal de ventre (parce que je lou­blier de temp en temp les 1er moi) sa na pas été facile mais je me suis dit que sa allais pas­ser avec le temp sa aller samé­lio­rer, et sa a fait ces preuves, je n’est plus mal au ventre mm kan j’ai mes règles, par-contre sa fait encor gros­sir^^ j’ai pris 3kilos mais sa ne me dérenge pas tel­le­ment car j’as­sume mon corp, j’as­sume mon avor­te­ment je suis fière dans par­ler et d’al­ler bien car mal­grès tout ces paniques ces peurs ces mal de ventre, et bah ce qui m’a arri­ver ma fait gran­dir et m’a fait réflé­chir sur les consé­quence qui peut avoir l’ors­qu’on a des rap­port non-pro­té­gé !! Mais il n’y a pas que mon phy­sique qui a chan­ger, il y a aus­si mon men­tal, j’ai chan­gé, jai gran­di et je ne peut plus arri­ver a la jeune fillette que jété avant, je suis main­te­nant une ado­les­cente qui a un pas­sé certe plu­tôt dou­lou­reux mais qui d’un côté m’a fait du bien 🙂
      Aujourd’­hui j’ai été a mon col­lège voir les résul­tat de mon bre­vet et je l’es eu et j’en suis fière !!
      Je suis une ado­les­cente heu­reuse et com­blé car je vais super bien et je suis fière et j’as­sume moi mm mes rés­pon­sa­bi­li­té <3
      Je suis encor avec mon copin qui a tou­jours été la pour moi <3

  125. Margaux dit :

    Bon­jour à toutes,

    j’ai 33 ans, 2 enfants, je suis divor­cée, je bosse (cadre, bac+5)
    je suis tom­bée enceinte par acci­dent il y a un mois, et j’ai avor­té avant hier.

    Dès que j’ai fait le test posi­tif j’ai appe­lé l’hô­pi­tal, ils me don­naient RDV 10 jours plus tard, j’ai deman­dé si on ne pou­vait pas faire ça plus vite, ils m’ont don­né les coor­don­nées d’un méde­cin de ville, j’ai eu RDV le jour même. un accueil très gen­til. Il a bien vu que ma déci­sion n’a­vait souf­fert d’au­cune hési­ta­tion. la seule ques­tion a été de pré­ve­nir ou non le géni­teur, je n’y tenais pas par­ti­cu­liè­re­ment (à peine 3 mois de rela­tion pas sérieuse), le méde­cin a insis­té sur le fait je ne devrais pas le faire seule, deman­der à une copine ou n’im­porte qui de venir.

    en sor­tant de chez lui j’ai appe­lé le labo d’é­cho qu’il m’a­vait conseillé « bon­jour, je vou­drais un RDV pour une écho de data­tion » « ok madame, pour une gros­sesse qui va se pour­suivre ou non? » et sans me sen­tir jugée j’ai eu RDV le len­de­main même.

    Puis j’ai revu le doc qui m’a don­né les médocs.

    juste à la phar­ma­cie pour aller cher­cher anti nau­sées anti dou­leurs, je suis tom­bée sur une phar­ma­cienne jeune et bien enceinte, moi ça ne m’a rien fait, mais elle la pauvre a eu l’air se pro­je­ter un peu.

    bref j’ai fini par pré­ve­nir le géni­teur qui est venu pas­ser gen­ti­ment 24 heures avec moi,
    tout s’est bien pas­sé a prio­ri, je pense avoir expul­sé dans les 5 heures après la prise des 2nds médocs. on est res­té tran­quille­ment chez moi, on a fait des jeux, regar­dé un film, rien de pal­pi­tant mais tran­quille.
    Les 5–6 pre­mières heures ont été un peu dou­lou­reuses, c’est là que je pense avoir expul­sé, j’ai enten­du 5 « plouf » dans les toi­lettes mais tout était tel­le­ment rouge que je n’ai pas vu si c’é­tait caillots ou oeuf, et ensuite les sai­gne­ments ont pas mal dimi­nué, même aujourd’­hui j’en ai assez peu.
    Pris de sang de contrôle à faire pro­chai­ne­ment bien sûr, mais j’ai la sen­sa­tion que tout s’est bien pas­sé.

    Je ne regrette rien, la ques­tion ne s’est même pas posée, j’ai 2 enfants que j’ai dési­rés et que j’aime plus que tout, je suis sépa­rée de leur père, il n’y a aucune place pour un 3ème non vou­lu et sans père, quel ave­nir nous aurais-je offert à tous les 4 ?
    J’en ai par­lé à 3 copines et 1 copains, je n’en dirai rien à mes parents je pense, ma sépa­ra­tion leur a déjà fait un choc, je ne vais pas les inquié­ter plus que ça, je pense qu’ils ne com­pren­draient pas que j’aille aus­si bien dans ce choix.

    Mer­ci à toutes les femmes qui se sont bat­tues pour ce droit,
    n’ou­blions pas qu’il est pré­cieux et qu’il faut être vigi­lantes — cf Espagne.

    J’ai avor­té et je vais très bien, mer­ci !

    • Lisa dit :

      Bon­jour,
      Dans le cadre de mes études je réa­lise un repor­tage écrit sur l’a­vor­te­ment,
      j’ai beau­coup appré­cié votre témoi­gnage et j’ai­me­rais savoir s’il était pos­sible de vous poser quelques ques­tions par télé­phone par exemple?

      Ce témoi­gnage res­te­ra stric­te­ment ano­nyme évi­dem­ment.

      N’hé­si­tez pas à me contac­ter via mon adresse mail pour en dis­cu­ter,

      Mer­ci!

  126. Avispa dit :

    Début mars 2014, j’ai 27 ans, je viens d’emménager avec mon com­pa­gnon.
    Mes règles tardent, j’ai les seins gon­flés depuis 2 semaines. L’in­quié­tude gran­dit.
    « Impos­sible! j’ai un DIU (=sté­ri­let)! Impossible!Je n’ai aucune rai­son d’être enceinte »
    Je fais tout de même un test de gros­sesse. Et paf! Posi­tif!
    Effon­dre­ment. « Pour­quoi ça m’ar­rive? Qu’est-ce qui s’est pas­sé? »
    Le choix est déjà fait pour moi et mon com­pa­gnon suit. Pas de pour­suite de la gros­sesse, pas main­te­nant.
    Une copine me donne le nom d’un méde­cin qui reçoit rapi­de­ment près de chez moi pour avoir une ordon­nance pour l’é­cho­gra­phie de data­tion et l’at­tes­ta­tion datée d’in­ten­tion d’IVG. Celui-ci réagit bizar­re­ment à mon annonce de gros­sesse « ah beh ça c’est une bonne nou­velle! » et fait l’in­no­cent pour me faire mon docu­ment « il faut faire ça, ça sert à quoi? ». Quid de com­ment les pro­fes­sion­nels peuvent influen­cer des femmes et/ou retar­der les délais.
    Le len­de­main, écho­gra­phie. Le radio­logue est réglo, il ne me montre pas l’é­cran contrai­re­ment à ce que peuvent subir cer­taines femmes. Je suis sous les 7 semaines sans règle et en plus j’ai l’ex­pli­ca­tion logique de cette gros­sesse: le DIU a bou­gé et se trouve dans mon col de l’u­té­rus! J’ai le début d’une expli­ca­tion.
    J’ap­pelle l’hô­pi­tal le plus proche de chez moi pour une prise de rdv. On m’an­nonce cash que si mon DIU est encore pla­cé, je n’ai pas le choix sur la méthode d’a­vor­te­ment et que je dois for­cé­ment pro­cé­der à une IVG par aspi­ra­tion et donc… attendre 3 semaines enceinte.
    Là je m’é­croule. Je réa­lise que je ne peux pas res­ter dans cet état de gros­sesse aus­si long­temps.
    Heu­reu­se­ment, je vis dans une (trés) grande ville et je réus­sis à avoir le contact d’une médecin/gynéco sen­si­bi­li­sée.
    « Si le DIU est pla­cé loin du sac ovu­laire, ça peut être pos­sible, venez avec l’é­cho­gra­phie et on ver­ra si c’est pos­sible ». Sou­la­ge­ment!
    J’ai ren­dez-vous le len­de­main.
    Le DIU est enle­vé sans encombre.
    J’ap­prends la pos­sible rai­son du dépla­ce­ment du DIU: j’u­ti­lise une moon­cup ( coupe mens­truelle uti­li­sée pen­dant les règles) et mal­gré un DIU en place depuis 2.5 ans, il a suf­fit d’une mau­vaise mani­pu­la­tion pour le faire bou­ger. 2ème sou­la­ge­ment: il y a une expli­ca­tion logique.
    La pre­mière prise de médi­ca­ment pour l’IVG médi­ca­men­teuse est faite. J’ai mon arrêt de tra­vail pour le ven­dre­di qui suit, mon com­pa­gnon sera avec moi à la mai­son.
    Le ven­dre­di, j’ai peur de la dou­leur, de la durée, de la quan­ti­té de sang, « que va t’il se pas­ser? »
    Je vomis 30 minutes après la prise du com­pri­mé et j’ai des sai­gne­ments quelques heures après mais qui me semblent réduits, pas de dou­leur exces­sive comme je le pen­sais.
    Le doute s’ins­talle le lun­di. La quan­ti­té de sang et la dou­leur me paraissent si faible que j’ai l’im­pres­sion que l’IVG n’a pas fonc­tion­né. Je télé­phone à la méde­cin qui me conseille les urgences pour véri­fi­ca­tion, mon com­pa­gnon me rejoins. L’at­tente et puis l’é­cho­gra­phie: « Tout va bien, il n’y a pas de sac ovu­laire. »
    C’est ter­mi­né. Voi­là.

    Sauf que la gros­sesse est ter­mi­née, mais il faut se pré­oc­cu­per de la suite.
    Le DIU me conve­nant tota­le­ment, j’opte pour la même tech­nique contra­cep­tive mais sans uti­li­ser de moon­cup.
    Et voi­là que la pre­mière inser­tion me pro­voque des dou­leurs et une hémor­ra­gie quelques jours après. Urgences de nou­veau…
    Mon corps finit par de nou­veau le faire bou­ger dans le col (témoi­gnage du com­pa­gnon).
    Retour chez la méde­cin, retrait du DIU et là encore risque de gros­sesse non-pré­vue.
    Des choix, encore, et rapides.
    Je choi­sis le DIU comme contra­cep­tion d’ur­gence.

    Ca fait déjà 4 mois. Ce DIU tient la route et j’ai pu retrou­ver des pages de mon agen­da sans ren­dez-vous médi­cal.

    Cette période, je l’as­so­cie au sen­ti­ment de vul­né­ra­bi­li­té. « Etre enceinte alors qu’on ne l’a pas déci­dé ». Je me suis ima­gi­née dans un pays où je n’au­rai pas eu le choix. J’ai haïs les anti-IVG qui vou­laient déci­der de leurs vies à la place des autres et faire en sorte qu’en France ou ailleurs, les femmes ne puissent pas choi­sir ce qui leur cor­res­pond.

    J’ai avor­té et je vais bien, mer­ci!

  127. rigolote dit :

    Quel­que­fois on attend des mois pour être enceinte, on s’im­pa­tiente, on a un bébé, et puis un autre, on pleure pour une, deux fausses couches, on a un troi­sième bébé, on approche 40 ans, les enfants gran­dissent enfin, et .… on se réveille un matin avec des nau­sées, ça alors.… c’est juste… injuste, mon mari est tout aus­si déso­lé que moi, et me dit que s’agissant de mon corps, il assu­me­ra ma déci­sion. Bien sur une autre gros­sesse n’était plus envi­sa­gée par lui et moi depuis bien long­temps et la contra­cep­tion bien pré­sente… je panique, l’IVG est la solu­tion sur le papier mais j’ai l’im­pres­sion de pas­ser du coté obs­cur de la force. de com­mettre une faute. je ne me sens pas a l’aise pour en par­ler a qui­conque, juste à la plus proche de mes amies , elle me dit que peut être mon malaise vient du fait que pen­dant des années ce geste était répré­hen­sible… et cette remarque me parait juste. Mon appel au plan­ning fami­lial me fait un bien fou, mer­ci pour leur dis­po­ni­bi­li­té et leurs infor­ma­tions pré­cises. Le centre d’orthogénie et plus pré­ci­sé­ment par ordre d’ap­pa­ri­tion l’infirmière, la conseillère et le méde­cin, se révèlent éga­le­ment plein d’empathie et de cha­leur humaine. D’un grand pro­fes­sion­na­lisme. Grâce a eux, j’ai avor­té et je vais bien, mer­ci. Je me sens mili­tante main­te­nant. et je serai vigi­lante pour défendre ce droit.

  128. Emilie dit :

    Bon­jour j ai fait une ivg en juin 2014 et je vais bien .
    Même très bien ! Je n ai aucun regret . Mon his­toire est très simple et com­mune a beau­coup j ai accou­ché d une magni­fique petite fille en jan­vier , un couple stable deux bou­lots une mai­son etc… Et me revoi­là enceinte en mai , fameux retour de couche !! Moi qui avait mis 2 ans à tombe enceinte je ne me méfiais pas et ce fameux +++ qui appa­raît , mon petit monde s est écrou­lé .

    Je n’é­tais tous sim­ple­ment pas prête à assu­mez une deuxième gros­sesse un deuxième bebe tout de suite.J ai sui­vie mon pre­mier choix mon conjoint a été d accord avec moi vou­lant pro­fi­tez de notre fille , j ai optez pour l ivg et ce site ma bcp aidez .
    Grace a vous j ai trou­vée une adresse à côté de chez moi ou j ai été reçu sans juge­ment , sans ques­tion sans culpa­bi­li­té . Et tout à été rapide , une semaine de réflexion et me voi­là par­tie a prendre ces médocs .
    Je ne vous dit pas que j’ai pas pleu­ré mais bon c était la bonne déci­sion et je ne regrette pas . Le seul hic est sûre­ment le regard des autres , très peu de per­sonnes de mon entou­rage sont au cou­rant c est un sujet dif­fi­cile , les gens jugent et se per­mettent de vous dirent que vous avez tort . Aujourd’­hui leur avis ne comptent pas mais j’au­rais été plus jeune peut être qu’il m aurait influen­cés enfin c est comme cela . Les gens pensent que c est facile à évi­ter mais ça peut arri­ver a tous le monde de tout âge .. Voi­là tous sa pour dire que ce n est pas un drame n y un échec et que je remer­cie ce site pour ces témoi­gnages et son exis­tence . Bon cou­rage à toute celle qui vivront cela 😉

  129. Petite fleur dit :

    J’ai vécu un IVG très récem­ment et je vais bien, mer­ci.

    Voi­ci mon por­trait: 25 ans. En couple depuis plu­sieurs années avec un amou­reux for­mi­dable qui m’a fian­cée il y a quelques mois. Nous avons ter­mi­né nos études l’an der­nier et avons une situa­tion finan­cière rela­ti­ve­ment stable depuis 3 mois. Dans les der­nières années, beau­coup de com­pro­mis et de sacri­fices pour réus­sir nos études. Depuis main­te­nant quelques mois, nous avions l’im­pres­sion que nous com­men­çions à pro­fi­ter de notre vie de jeunes pro­fes­sion­nels.

    Un soir, je rentre à la mai­son et me plaint de crampes inha­bi­tuelles dans le bas-ventre. Je prends la pilule contra­cep­tive depuis long­temps, mais ce mois-ci, j’ai eu de la dif­fi­cul­té à être régu­lière dans la prise. Pas une crampe mens­truelle, plus étrange que ça (et mes règles ne doivent arri­ver que dans 1 semaine et demi). Pas pré­cau­tion, je vais ache­ter un test de gros­sesse. Je vois deux barres appa­raitre. Enceinte. Panique. Panique totale, angoisse, pleurs. Mon copain qui ne com­prend pas tout de suite ce qu’il se passe et qui me console du mieux qu’il peut. Je n’ai pas dor­mi de la nuit.

    Je veux des enfants. Et je veux des enfants avec cet homme.
    Le hic, c’est que ce bébé était loin d’être pla­ni­fié, à court et moyen terme! Il y a d’autres pro­jets sur la table aux­quels je tiens énor­mé­ment et pour les­quels je fais des sacri­fices depuis main­te­nant un an! Suis-je prête à lais­ser tom­ber ces pro­jets pour me dédier entiè­re­ment à une vie de famille? Suis-je prête à mettre mes éco­no­mies dure­ment gagnées pour mon grand voyage (mon rêve) pour aller ache­ter une bas­si­nette et des jouets à cet enfant? La réponse était non. Je vou­lais pla­ni­fier mon bébé, avoir des condi­tions gagnantes pour l’ac­cueillir et tout lui don­ner: mon amour, mon temps, mon éner­gie, mon argent, TOUT… Quand je serais prête!

    Dès que j’ai connu mon état, j’ai tout de suite appe­lé dans une cli­nique d’a­vor­te­ment pour prendre ren­dez-vous. Avec les délais d’at­tente, je ne vou­lais pas prendre ma déci­sion et ensuite attendre de 2 à 3 sem de plus. Il fal­lait que ça se fasse vite. J’ai donc eu un ren­dez-vous fixé 2 semaines plus tard. Et s’en ai sui­vi les deux semaines les plus longues — et les plus dures vous vous en dou­tez — de ma vie.
    2 semaines de réflexion très intense avec mon copain, à ce fait je vous conseille l’ou­til de réflexion créé par SOS Gros­sesse (Qué­bec) qui aide gran­de­ment à la réflexion, à aller sur­fer sur Inter­net pour trou­ver toutes les infor­ma­tions néces­saires (et tom­ber sur des sites pro-vie qui m’ont mis hors de moi — bande de débiles pro­fonds rétro­grades!), à pleu­rer beau­coup, inten­sé­ment… de tris­tesse, d’in­jus­tice d’être prise dans cette situa­tion non-vou­lue, dépri­mée, deuil (oui, parce que je res­sen­tais que je com­men­çais déjà le deuil d’une gros­sesse qui n’au­rait pas lieu). Tous ses états d’âmes étaient aus­si accom­pa­gnés des symp­tômes habi­tuels de gros­sesse: nau­sées, fatigue…

    J’ai eu un peu honte aus­si. Honte parce que je consi­dé­rais qu’à 25 ans et dans ma situa­tion de vie, je n’a­vais pas de rai­son assez « bonne » pour avoir recours à un IVG. Je me suis tel­le­ment détes­tée, de ne pas être ren­due là, de ne pas être prête. J’ai eu beau­coup de culpa­bi­li­té aus­si: Pour­quoi n’é­tais-je pas prête? Pour­quoi n’é­tais-je pas capable de recon­si­dé­rer toute ma vie pour accueillir cet enfant? Étais-je nor­male? C’est en venant ici et en par­lant avec des femmes de mon entou­rage que je ne suis ren­due compte et que j’ai accep­té qu’il n’y a pas de « bonne » ou de « mau­vaise » rai­son d’a­voir un IVG. Il n’y a pas d’âge non plus ni de situa­tion qui sont « meilleures » pour y avoir recours.
    Mais ce que je pense être l’es­sen­tiel dans la déci­sion n’é­tait pas là: je n’é­tais pas prête à deve­nir mère dans 8 mois et j’a­vais cette impres­sion qu’il me res­tait encore des pro­jets à accom­plir en couple et seule.

    Je me suis beau­coup expri­mée pen­dant cette période, j’en ai beau­coup par­lé. Je suis allée au bout de chaque crainte (si je le garde: perte d’emploi, finances. Si IVG: opé­ra­tion, dou­leur, séquelles) pour enfin avoir un por­trait de la situa­tion éclai­ré et absent de toute crainte dans ma tête, ce qui me per­met­trait de prendre une déci­sion res­pon­sable (oui, res­pon­sable) et réflé­chie.

    Je vous men­ti­rais si je vous disais que je suis allée à ce ren­dez-vous entiè­re­ment cer­taine de ma déci­sion. Je ne crois pas que ce soit pos­sible. Tou­te­fois, quand je suis allée à mon rdv, je savais que je pre­nais la « meilleure » déci­sion entre les deux pour moi et pour mon copain. Je n’au­rais jamais vou­lu avoir à prendre cette déci­sion. Même si mon ration­nel me disait que je ne devais pas le gar­der, ça ne change pas que l’an­nonce d’une gros­sesse c’est une bonne nou­velle en soi. Ce n’est juste pas le bon moment, ce n’est que par­tie remise.

    Main­te­nant, par­lons de l’IVG en tant que tel, parce que moi c’est ce qui me ter­ro­ri­sait le plus. J’a­vais peur de souf­frir, que les gens soient inhu­mains, que ça se passe mal. En fait, au contraire, tout s’est très bien pas­sé pour moi. Si j’ai une place à conseiller dans la région de Mont­réal, c’est la Cli­nique de san­té des femmes de Mont­réal. Un très bel endroit calme et qui ne res­semble en rien à une cli­nique (beau­coup plus cha­leu­reux). J’ai ren­con­tré une inter­ve­nante très com­pré­hen­sive avant l’in­ter­ven­tion, qui m’a posé des ques­tions sur ma san­té géné­rale et qui a répon­du à mes ques­tions. Ensuite, j’ai ren­con­tré l’in­fir­mière qui m’a posé un cathé­ter pour deux injec­tions (un relaxant et un anti-dou­leur). La méde­cin est venue me ren­con­trer pour se pré­sen­ter et cal­mer mes der­nières craintes en vue de l’in­ter­ven­tion. Je n’ai jamais vu quel­qu’un d’aus­si doux et d’empathique. Ensuite, je suis allée dans la salle d’o­pé­ra­tion, où trois femmes (méde­cin et deux infir­mières) m’y atten­daient. Elles étaient toutes habillées en civil, ce qui était beau­coup moins impres­sion­nant. Mon copain pou­vait m’ac­com­pa­gner. Pen­dant que je dis­cu­tais très cal­me­ment avec les femmes de ce qu’il m’é­tait arri­vé, je suis deve­nue étour­die. Je ne m’é­tais même pas ren­due compte que l’in­fir­mière m’a­vait fait mes deux injec­tions!

    Oui, l’IVG est dou­lou­reuse. Tou­te­fois, avec les médi­ca­ments qui sont don­nés, ça rend la chose vrai­ment plus facile. Je n’ai pas sen­ti la piqûre de l’anes­thé­sie locale. Je n’ai pas sen­ti le spé­cu­lum. Par contre, j’ai sen­ti trois crampes. Les deux pre­mières d’in­ten­si­té modé­rée et la der­nière, plus forte. Mais les femmes sont là et aident beau­coup. Et le temps de dire: « Outch, j’ai très mal » et c’est ter­mi­né. L’o­pé­ra­tion en tant que tel a duré envi­ron 5 minutes, pose d’un sté­ri­let en prime. Ensuite, arrêt à la salle de repos pour envi­ron 1h où je sors des vappes tran­quille­ment. Pour moi, ce repos a été doux: les plus belles décla­ra­tions d’a­mour avec mon copain et de l’a­mour pur: nous étions ensemble à pas­ser à tra­vers cette épreuve dure. J’ai ensuite eu mon congé de la cli­nique. Pour ma part, que de légers sai­gne­ments et de petites crampes (beau­coup moins pire que mes crampes de gros­sesse). Mon copain et moi avons pas­sé la jour­née à se bala­der dans les rues et avons man­ger au res­tau­rant.

    À la lumière de mon témoi­gnage, il est cer­tain que je n’au­rai JAMAIS vou­lu vivre ça. Les deux semaines de réflexion ont été très dif­fi­ciles psy­cho­lo­gi­que­ment. Le stress et l’an­ti­ci­pa­tion avant l’IVG n’ont pas été faciles à vivre non plus. Hier soir, j’ai pleu­ré. Je n’a­vais pas pleu­ré le jour de l’IVG. Mais hier, oui. J’ai pleu­ré le deuil de ma gros­sesse, et les der­nières semaines très pénibles… Je sais que j’au­rai pro­ba­ble­ment des moments de tris­tesse dans les jours et mois à venir. Mais je sais sur­tout que j’ai pris la meilleure déci­sion pour moi et pour mon copain… et qu’en somme, je vais bien mer­ci.

    J’es­père que mon témoi­gnage ser­vi­ra à une femme qui vit cette situa­tion de prendre la meilleure déci­sion dans les cir­cons­tances et sur­tout de ne pas se sen­tir seule.

    À ce jour, je remer­cie les mili­tant-es pour la lutte pour le droit à l’a­vor­te­ment. Je suis à mon tour une mili­tante et je res­te­rai vigi­lante pour ce droit dans le monde, mais par­ti­cu­liè­re­ment au Cana­da.

    • Christine dit :

      « Je sais que j’aurai pro­ba­ble­ment des moments de tris­tesse dans les jours et mois à venir ». Ou pas 🙂

      • Petite fleur dit :

        Seul le temps le dira… et tant mieux si je n’ai pas de tris­tesse et que du sou­la­ge­ment! Je me laisse tou­te­fois le droit de vivre toutes les émo­tions, même les moins bonnes 😉

  130. Esther dit :

    Bon­jour !

    Je tenais à témoi­gner à mon tour car vos témoi­gnages m’ont beau­coup aidée durant ce der­nier mois.

    J’ai 36 ans, une situa­tion pro­fes­sion­nelles stable, mon conjoint éga­le­ment, une jolie mai­son à la cam­pagne, et … trois enfants. Une petite fille de 6 ans, un petit gars de 4 ans et un tout petit de 16 mois.
    Lorsque j’ai accou­ché de mon second, j’ai eu la sen­sa­tion immé­diate que notre famille n’était « pas com­plète », déci­sion prise, nous aurions un troi­sième enfant. 2013, notre petit nait, nous sommes très heu­reux ; ca y est nous sommes tous là !!

    Juillet 2014… je m’aperçois que j’ai une semaine de retard de règle…ca n’arrive jamais…je sai­sis immé­dia­te­ment que je suis enceinte. J’ai les seins ten­dus, suis fati­guée… il n’y a aucun doute pos­sible. Je pleure beau­coup : com­ment peut-on être si stu­pide ? Com­ment peut on tom­ber enceinte sur une simple erreur de cal­cul ? eh oui, bien sûr, ca n’arrive pas qu’aux autres…
    je suis en colère contre moi, en colère contre le fait que je tombe enceinte trop faci­le­ment. Ma déci­sion est prise dans la minute : je ne veux pas d’un autre enfant. J’en parle avec mon ché­ri, on est com­plè­te­ment du même avis. On a trou­vé notre équi­libre à 5, nous avons des pro­jets de couple, de famille mais aus­si indi­vi­duels, nos finances sont déjà justes et sur­tout pas envie.

    Je prends ren­dez vous dans une assoc, accueil du méde­cin ni bon ni mau­vais, elle me fait juste un papier et me donne quelques info. Le len­de­main, prise de sang, puis écho. Ren­dez vous au CHU 10 jours plus tard…c’est long car je tra­vaille, je m’occupe des enfants et j’ai tous les symp­tômes de gros­sesse… c’est dur à sup­por­ter quand ce début de gros­sesse n’est pas sou­hai­té… dos­sier au chu, ivg médi­ca­men­teuse est pos­sible (à 9 semaines) et débu­te­ra la semaine sui­vante (encore attendre, pfff).

    Jour j, pre­mier médi­ca­ment pris au CHU, puis je rentre chez moi. Il ne se passe rien de spé­cial, j’ai un peu mal au ventre la veille de mon entrée en hos­pi­ta­li­sa­tion de jour, mais rien d’autre. Le lun­di, j’arrive à 7h30 en gyné­co. L’infirmière est plu­tôt sym­pa. Je prends des anti nau­séeux et des relaxants, puis les médocs pour les contrac­tions. Pen­dant 2 h, rien. Tel­le­ment rien que j’en reprends. Ah, enfin quelques sai­gne­ments mais pas une contrac­tion. Bref, en 1h30 de sai­gne­ments c’était bou­clé. Pas de dou­leur (c’était ma crainte de départ). Et sur­tout je suis sou­la­gée, enfin je vais reprendre le cours de ma vie !!!

    Oui j’ai subi une ivg, oui un début de gros­sesse non sou­hai­té ce n’est pas mar­rant mais OUI, je vais super bien !!!!

    Mer­ci à toutes pour vos témoi­gnages, cou­rage à toutes celles qui vivront une ivg, nous avons de la chance, la chance de pou­voir faire ce choix, bat­tons nous pour lui !

  131. Valérie dit :

    J’ai 37 ans et j’ai avor­té il y a une semaine. Je ne veux pas d’enfant, je n’en ai jamais vou­lu. Je ne veux pas me jus­ti­fier du « com­ment c’est arri­vé ». C’est arri­vé parce que j’ai fait l’amour sans être pro­té­gé. C’est arri­vé pour la pre­mière fois au bout de 20 ans de vie sexuelle. ça arrive. Et même si c’était arri­vé au bout d’une semaine de vie sexuelle c’est pareil : ça arrive!

    Quand je l’apprends c’est la panique : est ce un acte man­qué? On va devoir démé­na­ger, j’ai beau­coup bu la semaine der­nière.…
    Et puis, je suis allée voir mon méde­cin trai­tant qui m’a fait le docu­ment sti­pu­lant que je vou­lais mettre un terme à ma gros­sesse. J’ai pris ren­dez vous à l’hôpital d’Antony pour l’échographie la semaine sui­vante. Le délai de réflexion légal a com­men­cé. Je me sens grosse, mon corps semble encom­bré tout à coup et j’ai des nau­sées.

    Nous avons beau­coup dis­cu­té avec mon copain. Ni lui ni moi ne vou­lions d’enfant mais cet évé­ne­ment nous fait com­prendre que, oui fina­le­ment, peut être un jour, mais pas là, pas comme ça. La déci­sion est donc prise. L’avortement est le seul moment dans la vie ou on peut reve­nir en arrière après avoir fait une erreur. Nous n’allons pas nous en pri­ver.

    L’échographie révèle que l’embryon de 6 semaines. Je vais avor­ter par aspi­ra­tion la semaine sui­vante. Pen­dant tout le pro­ces­sus, les inter­ve­nants sont vrai­ment géniaux : per­sonne ne me juge, per­sonne n’essaie de me faire dou­ter et on m’informe que l’anesthésie sera géné­rale. Sou­la­ge­ment. J’arrive au bloc, on m’endors, je me réveille : je ne suis plus enceinte!!! Je vais reprendre ma vie. Nous par­lons encore beau­coup avec mon ami. Lui se sent cou­pable, plus que moi. Je le ras­sure.

    Aujourd’hui, je ne peux pas dire que je n’y pense jamais. Mais je me dis que j’ai fait le bon choix. Je ne culpa­bi­lise pas. Je sais que je refe­rai exac­te­ment la même chose si je reve­nais en arrière. Cet évé­ne­ment me fait recon­si­dé­rer cer­tains choix de vie, me rap­pelle les objec­tifs que je me suis fixée. Avoir un enfant ou pas est une ques­tion que je me suis tou­jours posée et que je me pose encore et la balance penche encore un côté du non mais qui sait?

  132. joannie dit :

    J’ai 24 ans bien­tôt 25 et j’ai avor­té il y a bien­tôt 3 ans et je vais bien.

    Cela fai­sait seule­ment 3–4 mois que j’é­tais avec mon copain. Absence de règles depuis 2 semaines et vomis­se­ment depuis quelques jours et je l’ai sen­ti je lui ai dit : » je suis enceinte, je le sens ». Il m’a pas cru, je fais un test de gros­sesse et là posi­tif.

    Direc­tion le gyné­co et là il m’ap­prends que je suis enceinte de 3 semaines, je fonds en larmes parce que étu­diante et qu’on a pas de sous pour assu­mer un enfant. Mon ché­ri m’at­tends à la fin de la consul­ta­tion, et com­prends à ma tête que je suis bien enceinte. Je prends ren­dez-vous à l’hôpital et mon ché­ri m’ac­com­pagne. La déci­sion est prise un IVG par médi­ca­tion. Le pre­mier cachet est pris à ce moment là, pas de sen­sa­tion par­ti­cu­lière ni de dou­leur. Le doc me dit que je dois prendre le deuxième à la mai­son que je ne sen­ti­rai qua­si­ment rien (men­teur).

    Le ven­dre­di matin chez moi, mon copain est au bou­lot je prends mon cou­rage à deux main et prends le deuxième cachet et au bout de 30mi­nutes-1heure je com­mence à avoir une dou­leur comme je n’ai jamais eu, j’ai l’im­pres­sion de me faire éven­trer de l’in­té­rieur. En plus je suis seule à ce moment là, per­sonne pour me dire que sa va aller, me ras­su­rer, m’ai­der. Per­sonne pour essayer de me détendre de par­ta­ger ce moment dou­lou­reux avec moi. Je décide de me bom­ber la tête avec 4 doli­prane 1000 et je me recouche. Je me réveille vers midi fati­gué, vidé d’éner­gie. La jour­née fut longue jus­qu’au retour de mon ché­ri, sur­tout quand on est seul.
    2semaines plus tard visite de contrôle, l’œuf est bien tom­bé, on est sou­la­gé.

    Aujourd’­hui je suis tou­jours avec le même homme 🙂
    Des enfants, ils sont pré­vus mais sa c’est quand je serais diplô­mé.

    Oui j’ai vécu une IVG, mais je suis heu­reuse d’a­voir eu le choix et la pos­si­bi­li­té de le faire. Le seul regret avoir été seul au moment du deuxième cachet, j’au­rais été ras­su­ré d’être avec quel­qu’un.

  133. Nelly dit :

    Maman de 2 petites filles, je suis tom­bée enceinte à 41 ans… Plus maligne que les autres je pen­sais qu’a­vec un cycle très régu­lier je pou­vais tout cal­cu­ler, mais voi­là au bout de 4 ans de ce type de contra­cep­tion ver­dict je suis enceinte. Après avoir poser le pour et le contre d’une gros­sesse à mon âge, avec mon mari on a déci­dé de stop­per. Après 5 jours de retard et un test posi­tif uri­naire j’ai appe­lé le numé­ro IVG de l’hô­pi­tal, très réac­tif il m’ont per­mis d’a­vor­ter 10 jours après par médi­ca­ments, je remer­cie le corps médi­cal qui sait être à l’é­coute sans juge­ment… J’ai juste eu de fortes dou­leurs de règles lors de la prise du 2ème médi­ca­ment. Un mari très concer­né et des amis à l’af­fût, mon avor­te­ment c’est bien pas­sé phy­si­que­ment et men­ta­le­ment. Un mois après aucun regret et je sais que c’é­tait ma déci­sion. Main­te­nant j’ai un sté­ri­let car même si tout c’est bien pas­sé et que je vais bien je n’ai pas pour autant envie de recom­men­cer!!!! Et der­nier conseil évi­tez les témoi­gnages néga­tifs sur la toile, je soup­çonne les « anti-IVG »…

  134. Virg dit :

    J’ai avor­té il y a… 4 ans. J’a­vais déjà deux enfants et j’é­tais épui­sée phy­si­que­ment et psy­cho­lo­gi­que­ment. A cette époque, je ne m’ex­pli­quais pas cette fatigue. Mais ce dont j’é­tais sûre, c’est que je ne vou­lais pas d’un autre enfant. Non, vrai­ment, cela n’au­rait pas été pos­sible. Ma déci­sion était donc prise.
    Sauf que… j’ai, sur­ement comme vous toutes, fait des recherches sur inter­net. je me suis ren­sei­gnée sur les consé­quences, sur les risques. Et je suis tom­bée sur un site de dés­in­for­ma­tion.
    Sauf que… mon com­pa­gnon n’é­tait pas de cet avis. Lui me disait dési­rer cet enfant. Lui ne vou­lait pas que j’a­vorte. Mais avec lui, à ce moment-là, rien n’al­lait. Je ne l’ai­mais déjà plus.
    Pour­tant, tout cela n’a que peu ébran­lé mes convic­tions. La convic­tion que le mieux était pour moi de ne pas mener cette gros­sesse à terme.
    Aujourd’­hui, je suis fière d’a­voir pris cette déci­sion, que jamais je n’ai regret­té. Je suis fière d’a­voir fait ce choix et de l’a­voir assu­mé, d’au­tant plus face à un com­pa­gnon qui me culpa­bi­li­sais. Aujourd’­hui je suis fière d’a­voir quit­té celui qui m’a mani­pu­lée. Et je vais bien, très bien même !

  135. Blandine dit :

    Bon­jour à toutes !
    J’ai 25 ans, j’ai avor­té il y a un peu plus de deux ans… et je vais bien, mer­ci !
    A l’é­poque, Mon­sieur et moi étions tous les deux étu­diants, même si en contrat d’ap­pren­tis­sage, et nous par­lions déjà enfants… mais pas avant d’a­voir une situa­tion stable, dans laquelle on se sente bien. Un bébé, on en vou­lait un, mais dans toutes les bonnes condi­tions pour l’ac­cueillir.
    Et là, un week-end, pro­me­nade dans la famille et oubli de pilule. « Bof, tant pis, je la pren­drai en reve­nant, il y a quand même très peu de chance que ça arrive, pour UNE FOIS que je l’ou­blie »…
    Ben tiens. Paf.
    C’est le retard qui m’a inquié­tée, j’ai fait un test et là… non non non ! Pas pos­sible ! Ca peut pas m’ar­ri­ver à moi !
    Ma déci­sion était prise au moment même où j’ai vu le résul­tat posi­tif.
    Panique à bord, appel à une copine, appel à une maman fan­tas­tique, appel à un ché­ri fan­tas­tique qui étaient tous d’ac­cord avec ma déci­sion… tout en me lais­sant libre de mon choix. J’au­rais vou­lu conti­nuer ma gros­sesse, ils auraient été avec moi mal­gré tout… et je crois que c’est vrai­ment ça qui m’a fait ne pas me sen­tir cou­pable.
    Ce choix, c’é­tait moi qui le fai­sais, ils n’é­taient pas là pour me juger mais pour m’ac­com­pa­gner.
    Evi­dem­ment, mal­gré ce sou­tien, c’é­tait quand même la panique à bord. Est-ce que je vais pou­voir avor­ter ? C’est pas trop tard ? Il ne va pas y avoir de séquelles, je pour­rai quand même avoir un enfant plus tard ?
    Je suis direc­te­ment allée voir ma méde­cin géné­ra­liste, qui a été super pro, et en même temps très atten­tion­née, même si j’ai trou­vé toutes les démarches longues et stres­santes : méde­cin géné­ra­liste, puis 1ère écho, puis une semaine plus tard, pour me lais­ser le temps d’être sûre (mais j’en suis déjà sûre, bon sang !) 2ème visite médi­cale avec 2ème écho, puis pre­mière pilule le same­di, puis IVG le lun­di…
    Le stress, la panique, c’é­tait sur­tout dû au fait que c’est moi qui avais oublié ma pilule, c’est moi qui pro­vo­quai tout ce bazar, en impo­sant à mes proches une bonne dose de stress et d’in­quié­tude (ben oui, quand même)… et puis aus­si LA ques­tion : « Ca va faire mal ? » (et oui, ça a quand même fait un peu mal…)
    Mais le fait d’a­voir pris cette déci­sion d’a­vor­ter, je n’en ai jamais dou­té, je ne m’en suis vou­lu.
    Je m’en serais bien plus vou­lu de mettre au monde un bout de chou qui n’é­tait pas for­cé­ment le bien­ve­nu à ce moment-là et qu’on aurait pro­ba­ble­ment eu du mal à gérer.
    Donc voi­là. Aujourd’­hui, je vais bien, je suis fière d’a­voir su gérer tout ça cor­rec­te­ment, de m’être posé les bonnes ques­tions.
    Aujourd’­hui, nous avons tous les deux un bou­lot qui nous plait, nous sommes bien ins­tal­lés, nous sommes prêts et nous serons contents d’ac­cueillir un p’tit bout de chou avec plein d’a­mour !
    Aujourd’­hui, je vais bien, MERCI ! 🙂

  136. Maeva dit :

    J’ai 33 ans et j’ai avor­té il y a 6 jours. Et je vais bien Mer­ci !
    Je n’ai pas d’en­fant, mais un jour j’es­père que j’au­rai cette chance.
    Cette déci­sion je l’ai prise sans doute aucun. Et je ne regrette rien.
    Ce n’é­tait pas le moment…je ne vou­lais pas que ça arrive comme ça.
    L’acte n’est pas banal, même très intense mais j’ai eu la chance d’être entou­ré d’une équipe médi­cale qui a su me mettre à l’aise. Je n’ai res­sen­ti aucun regard aucun juge­ment. Mes proches ont su com­prendre ma déci­sion et mal­gré leur inquié­tude on com­pris que je ne vou­lais pas y don­ner trop d’im­por­tance ( même si je suis consciente que ça en a), pour me pro­té­ger tout comme l’é­quipe médi­cal qui n’a pas insis­té sur le fait de ma déci­sion.
    Je remer­cie toutes les femmes qui ont lut­té et qui luttent tou­jours pour m’a­voir offert ce droit a dis­po­ser de ma vie.
    J’ai avor­té et je vais bien mer­ci.

  137. Ga2L dit :

    Bon­soir,
    A 33ans et maman d’une petite fille de 3 ans, j’ai avor­té début 2103 par aspi­ra­tion dans un hopi­tal public pari­sien. ma déci­sion était tout a fait réflé­chie et assu­mée. je vais bien merci!.…mais je suis révol­tée par ce que j’ai vécu car je pense avoir vécu le par­cours du com­bat­tant : peu d’in­fo, un vrai tabou, des per­son­nels désa­bu­sés, des pro­pos dépla­cés (le bran­car­dier qu m’a ame­né au bloc a annon­cé « le petit paquet du jeu­di« en entrant…!!). j’a­vais l’im­pres­sion qu’en fait ce n’é­tait pas un « droit » mais plu­tot « un ser­vice ren­du »..depuis 10 ans, dans mon tra­vail je me bats chaque jour pour faire valoir les droits des publics que je ren­contre, je pen­sais avant 2013 que le com­bat était gagné dans le domaine de l’IVG…je suis aujourd’­hui cho­quée et révol­tée pour celles qui ne s’en relèvent pas ou ne seront pas assez fortes pour aller au bout du par­cours du com­bat­tant ! j’ai­me­rai ren­con­trer des per­sonnes enga­gées afin de faire évo­luer les choses …

    • Christine dit :

      Bon­jour Ga2L

      Tu peux peut-être te mettre en contact avec le MFPF (mou­ve­ment fran­çais pour le plan­nung fami­lial) qui est une asso­cia­tion (dif­fé­rente des centres de pla­ni­fi­ca­tion fami­liale) qui à la fois accom­pagne les femmes et milite pour la défense du droit à l’IVG.

  138. lucie dit :

    Bon­jour,
    j’ai vécu une ivg par voie médi­ca­men­teuse il y a tout juste une semaine et j’ai lu beau­coup de témoi­gnages sur ce blog avant le jour j. Il me paraît donc essen­tiel de par­ti­ci­per en racon­tant ma propre his­toire. Mon témoi­gnage est plu­tôt détaillé car je pense que cela peut par­fois aider les femmes qui vont affron­ter cela à répondre aux ques­tions qu’elles se posent et à se sen­tir ras­su­rée. J’es­père que ce sera le cas !

    J’ai 29 ans et cela fait plus de 5 ans que je ne prends plus la pilule. J’ai pris cette déci­sion à l’é­poque car je vou­lais reprendre le contrôle de mon corps, com­prendre com­ment il fonc­tion­nait, per­ce­voir mon cycle et pou­voir gérer ma fécon­di­té et ma contra­cep­tion de manière non médi­ca­men­teuse, évi­ter les hor­mones bien enten­du et enfin, avoir un rap­port plus égal vis-à-vis de cela avec mon par­te­naire. Depuis 5 ans donc, je suis la méthode symp­to­ther­mique et nous uti­li­sons des pré­ser­va­tifs quand cela est néces­saire. Je n’a­vais jamais eu de pro­blèmes jus­qu’à main­te­nant et je pense conti­nuer à uti­li­ser cette méthode et le pré­ser­va­tif.

    Mais aucun moyen de contra­cep­tion n’est fiable à 100%… Et sur­tout, l’er­reur est une humaine. Il y a 7 semaines, nous avons fait l’a­mour sans nous pro­té­ger et je me suis ren­due compte après coup que je m’é­tais tota­le­ment trom­pée en regar­dant mon agen­da et en pen­sant que nous ne cour­rions aucun risques. J’ai donc filé à la phar­ma­cie le len­de­main matin et j’ai pris la pilule du len­de­main envi­ron 8h après le rap­port en ques­tion. 3 semaines après, je res­sens les symp­tômes habi­tuels pré-mens­truels ; mal au sein, mal au ventre, au dos. Mais rien ne vient… Après une semaine, je fais un test qui s’a­vère posi­tif. Les symp­tômes que je res­sen­tais étaient en fait ceux de la gros­sesse.
    J’ai immé­dia­te­ment appe­lé le plan­ning fami­lial et j’ai eu un ren­dez vous le ven­dre­di après midi. Lors de ce ren­dez-vous, une sage-femme très gen­tille et pro­fes­sion­nelle me fait une écho­gra­phie et m’an­nonce que je suis bien à 5sa/3sg. Suite à cette écho­gra­phie, je réflé­chis beau­coup et en parle beau­coup avec mon amou­reux. La situa­tion est étrange car on se sent tous les deux heu­reux face à cette idée mais pas du tout prêts à l’ac­cep­ter. Je me pose beau­coup de ques­tions même si au fond il me paraît clair que ce n’est pas pos­sible pour le moment. Le mar­di d’a­près je retourne donc au plan­ning fami­lial pour une consul­ta­tion et je leur explique la situa­tion:
    Oui je suis amou­reuse et heu­reuse avec mon copain, cela fait 6 ans que l’on est ensemble mais on sort d’une période de grosse crise et on est en train de recons­truire notre couple = pas le moment.
    Je viens de com­men­cer un mas­ter de 2 ans. Il est très très pre­nant et c’est essen­tiel pour moi de m’in­ves­tir tota­le­ment dans mon tra­vail = pas le moment.
    J’ai 3 jobs à côté de mon mas­ter dont un qui me tient par­ti­cu­liè­re­ment à coeur et pour lequel je viens juste d’être enga­gée ! = pas le moment.
    Mon amou­reux a pré­vu de par­tir 4–5 mois pour un pro­jet qui lui tient à coeur et qu’il pré­pare depuis long­temps = pas le moment.
    Tout cela en plus du fait que je n’ai pas vou­lu tom­ber enceinte! Il s’a­git d’une erreur, que j’ai essayé de répa­rer par la prise de la pilule du len­de­main. C’est une gros­sesse non dési­rée et je ne veux pas d’un enfant qui naisse dans ces condi­tions. C’est un droit que de déci­der quand et com­ment.
    Les dames du plan­ning fami­liale com­prennent et ne jugent pas. Nous dis­cu­tons du choix entre l’ivg médi­ca­men­teuse et l’as­pi­ra­tion. Après quelques hési­ta­tions, je pré­fère opter pour l’ivg médi­ca­men­teuse, tout en sachant qu’elle est plus dou­lou­reuse, pre­nante, inva­sive. Je décide cela car je veux agir vite et aus­si car cela me semble plus natu­rel de pro­vo­quer cette fausse couche, je pré­fère res­sen­tir ce qui se passe car même si je suis sure de moi, je ne vois pas cette inter­ven­tion comme quelque chose d’a­no­din.
    Etant cer­taine de ma déci­sion, les dames du plan­ning fami­lial me donnent un com­pri­mé de mifé­gyn que je devrais prendre le len­de­main matin mer­cre­di à 8h chez moi. Et je dois reve­nir le ven­dre­di matin pour le deuxième médi­ca­ment.
    Le len­de­main matin, je prends donc comme pré­vu le com­pri­mé. Je n’ai aucun symp­tôme (ni sai­gne­ments, ni dou­leurs) suite à ce médi­ca­ment. Je me rends donc le ven­dre­di matin à 8h à l’hô­pi­tal avec mon amou­reux. L’in­fir­mière nous ins­talle dans un chambre où nous sommes seuls et elle me donne d’a­bord des com­pri­més anti dou­leur et anti nau­séeux. 30 minutes après, elle revient avec le médi­ca­tion des­ti­né à pro­vo­quer l’ex­pul­sion. Je res­sens rapi­de­ment les effets. J’ai des très fortes dou­leurs dans le ventre, des bouf­fées de cha­leur, je vomis un peu. 45 minutes très intenses et très dou­lou­reuses où j’ai aus­si com­men­cé à sai­gner. 2h après, je n’ai tou­jours pas expul­sé l’ « oeuf » et on me redonne donc une nou­velle dose des mêmes médi­ca­ments. J’ai à nou­veau des dou­leurs fortes mais moins que la pre­mière fois. c’est plus lan­ci­nant, et ça dure plus long­temps mais c’est moins intense. Après 1h, la méde­cin vient me voir et me dit que je peux ren­trer chez moi, que j’ex­pul­se­rai chez moi et que nor­ma­le­ment tout devrait bien se pas­ser. Il est pré­vu que je revienne le 6 jan­vier pour véri­fier que tout est par­ti. Alors que je m’ap­prête à ren­trer, je passe encore aux toi­lettes et fina­le­ment j’ex­pulse l’ « oeuf ». J’a­vais peur de voir mais fina­le­ment ce n’est qu’un amas de chair, petit. Rien de trau­ma­ti­sant, je me sens tou­jours en accord avec ma déci­sion et ne res­sens ni culpa­bi­li­té ni tris­tesse. Toutes les gros­sesses ne sont pas faites pour être menées à termes. Une femme sur 4 fait une fausse couche, le corps dit non. Par­fois c’est la tête qui dit non et, à nou­veau, c’est un droit que les femmes ont.
    Après cela, je rentre donc chez moi, j’ai encore mal tout l’a­près midi mais mon ché­ri s’oc­cupe bien de moi. Je suis res­tée au lit du ven­dre­di 14h au same­di 9h. Ca aura été intense et fati­guant mais rien d’in­sur­mon­table.
    Depuis, j’ai encore des sai­gne­ments et par­fois quelques dou­leurs légères. Mais ce qui est impor­tant, c’est que je me sens nor­male. J’ai res­sen­ti de la tris­tesse lorsque j’ai pris ma déci­sion car je sais que je veux un enfant bien­tôt mais j’é­tais en accord avec le fait que ce n’é­tait pas le bon moment. D’i­ci quelques années, je serais heu­reuse de deve­nir maman quand je l’au­rais dési­ré et non pas par erreur. Donc oui, je vais bien mer­ci!

    Mer­ci pour votre blog, site qui m’a beau­coup aidée et ras­su­rée quant à la pro­cé­dure.

  139. Cam dit :

    J’ai avor­té pour les 40 ans de la loi Veil…

    J’é­tais enceinte sans l’a­voir voulu/envisagé/programmé comme on peut le faire aujourd’­hui. Je ne racon­te­rai pas pour­quoi, comme pour tout le monde ici, ce n’é­tait pas pos­sible de mener cette gros­sesse, ça n’a pas d’in­té­rêt. Et sur­tout, je ne racon­te­rai pas COMMENT je suis tom­bée enceinte. Parce qu’il n’y a aucune rai­son de se jus­ti­fier. Etre enceinte, c’est natu­rel. Et je n’ai pas à me jus­ti­fier d’a­voir mer­dé dans le contrôle de mon corps et de mes sen­ti­ments.

    Je vais vous dire par contre que je suis tom­bée enceinte sans l’a­voir vou­lu alors que la moi­tié de mes amies étaient enceintes ou venaient d’ac­cou­cher en l’ayant vou­lu. Et j’ai res­sen­ti de la honte. C’est nul mais c’est vrai. Hon­teuse d’a­voir mer­dé! Hon­teuse d’être enceinte quand d’autres galèrent à l’être. Hon­teuse d’être méde­cin, d’a­voir 30 ans et d’être enceinte sans l’a­voir vou­lu.

    J’y ai quand même réflé­chi, à gar­der ce truc, j’ai envi­sa­gé sérieu­se­ment la pos­si­bi­li­té de… Ce n’est pas simple quand autour de vous ça éclot à n’en plus finir et que oui fran­che­ment, un enfant, c’est chouette! J’en avais la pos­si­bi­li­té maté­rielle, finan­cière, et naï­ve­ment, plus jeune je m’é­tais tou­jours dit que jamais je n’a­vor­te­rais si j’a­vais la pos­si­bi­li­té maté­rielle d’a­voir l’en­fant. Mais les choses ne sont pas si claires en fait!

    Alors j’ai avor­té. J’ai pu consta­ter qu’à l’hô­pi­tal du coin, le numé­ro vert de l’or­tho­gé­nie n’é­tait pas sur le magni­fique site web, et que le ser­vice était men­tion­né rapi­de­ment au milieu du topo sur la gyné­co. J’ai essayé d’é­vi­ter les sites et témoi­gnages mais je suis quand même tom­bée sur ivg.net, au secours!!!!! que je ne connais­sais pas, et dont j’ai pu admi­rer l’art de la mani­pu­la­tion.

    J’é­tais triste, j’é­tais mal, j’é­tais contente d’a­voir pris la déci­sion mais quand même!

    L’or­tho­gé­nie? J’y ai pas­sé une mati­née com­plète pour la 1ère consul­ta­tion. Une secré­taire de ser­vice ado­rable et dévouée au télé­phone (« ce sera par médi­ca­ment pas de pro­blème », pas de choix pos­sible a prio­ri), une gen­tille conseillère fami­liale (« ce n’est pas obli­ga­toire mais on pré­fère vous voir, nous pen­sons que la prise en charge glo­bale c’est mieux, vous pou­vez refu­ser ») qui a au moins le mérite de don­ner des conseils pra­tiques: « met­tez un pan­ta­lon large et confor­table, pré­voyez des ser­viettes assez épaisses, je vois sou­vent les femmes se pré­ci­pi­ter vers les toi­lettes au milieu de la conver­sa­tion »; un confrère com­pré­hen­sif (« ben oui c’est pas parce que vous êtes méde­cin que vous êtes pas une femme quoi! ça n’empêche rien, et c’est pas plus grave! »).

    Pre­mière prise de médi­ca­ment à domi­cile le 17 jan­vier (« vous le pren­drez à 10h pile » m’a­vait dit le doc!), joyeux anni­ver­saire la loi Veil! Des dou­leurs noc­turnes très sup­por­tables. Et puis les sai­gne­ments rouge vif, goutte à goutte, rapi­de­ment, dans la salle de bains, impos­sible de s’é­qui­per cor­rec­te­ment sans en mettre par­tout, et merde, je vais dans la douche comme ça y en aura pas par­tout par terre, oh là là mais quelle hor­reur pour­quoi je saigne comme ça ah oui c’est vrai je fais une IVG bon mais là faut que je choppe une ser­viette ça va dégou­li­ner par­tout, et zut il faut que je change de pan­ta­lon.… une sen­sa­tion de soli­tude intense mal­gré la copine qui est là pour vous appuyer, elle-même enceinte jus­qu’aux yeux! Bon ok donc il faut des ser­viettes-couche-culotte hein parce que sinon c’est pas pos­sible! Des sai­gne­ments en moyenne quan­ti­té toute la fin de jour­née…

    Et le len­de­main 19 jan­vier, hos­pi­ta­li­sa­tion le matin, dans une chambre double, on avait été pré­ve­nues avec les excuses de l’é­quipe, pas pos­sible de faire autre­ment; dans le ser­vice de gyné­co. Prise du CYTOTEC à 9h, la sage femme me donne 3 ser­viettes super épaisses, une demi-heure plus tard déjà des dou­leurs, une espèce de sen­sa­tion qui tra­vaille dans le bas ventre, 2 Spas­fon et ça va pas­ser j’es­père, des bouf­fées de cha­leur, une énorme diar­rhée (oui effet secon­daire bien connu!) et une pre­mière expul­sion d’un tas de caillots… allez c’est fini me dis-je… je retourne m’as­seoir tran­quille­ment…, en fait chaque fois que je me lève je perds un tas de caillots, avec des dou­leurs très spas­mo­diques et intenses… je suis épui­sée… ça dure comme ça jusque 13h, j’ai les jambes en coton, j’ai chan­gé de culotte, uti­li­sé je ne sais com­bien de ser­viettes, squat­té les toi­lettes, heu­reu­se­ment que pour ma voi­sine ça tarde un peu sinon on se serait bat­tues à la porte de la salle de bain! A 14h30, la sage-femme qui s’ac­crou­pit à côté de mon fau­teuil, « ça va aller, com­ment vous vous sen­tez, bon on va vous lais­ser par­tir, vous conti­nue­rez à sai­gner, plu­tôt comme des règles, si c’est plus n’hé­si­tez pas à venir aux urgences gyné­co ». Ado­rable.

    Je suis repar­ti vidée au sens propre comme au sens figu­ré. Je me suis jetée sur un bur­ger frites (on était a jeun « au cas où! »), puis effon­drée sur mon lit, les jambes cou­pées, j’ai dor­mi 3 heures, encore sai­gné toute la nuit, puis toute la jour­née du len­de­main. Pro­gres­si­ve­ment, les sai­gne­ments ont dimi­nué mais ils per­sis­taient encore lors du contrôle d’é­cho­gra­phie un peu plus de 15 jours après. Un radio­logue très… gra­cieux… « C’est pour un contrôle après une IVG? — Oui, d’ailleurs je saigne encore. — Ouais ben c’est nor­mal hein faut quand même 2–3 cycles pour que ça rentre dans l’ordre!« 10 secondes d’é­cho­gra­phie endo­va­gi­nale, « Ouais ben c’est bon pas besoin de cure­tage rha­billez-vous », j’ai atten­du les résul­tats les larmes aux yeux, et failli écla­ter en san­glots quand on m’a deman­dé 56euros à l’ac­cueil… ça fait cher la seconde avec une sonde dans le vagin!! pleu­ré comme une made­leine en ren­trant… Mais ça a été la seule indé­li­ca­tesse de ma prise en charge.

    Infos pra­tiques: si vous faites une IVG médi­ca­men­teuse, et que vous n’êtes pas hos­pi­ta­li­sée, exi­gez un arrêt de tra­vail! C’est un droit, et ça me paraît indis­pen­sable! Les pre­mières 48h si vous devez tra­vailler ou sor­tir, pre­nez des sous-vête­ments et un pan­ta­lon de rechange. Pre­nez les ser­viettes les plus épaisses du com­merce, voire même ache­tez en phar­ma­cie des pro­tec­tions pour l’in­con­ti­nence, c’est car­ré­ment plus effi­cace que les pro­duits habi­tuels des grandes sur­faces! Et sur­tout pre­nez avec vous le paquet com­plet, on ne sait jamais! Pre­nez du Spas­fon dans votre sac et n’hé­si­tez pas à en prendre si vous avez des dou­leurs, ça ne sert à rien de souf­frir! ça peut arri­ver n’im­porte quand, immé­dia­te­ment ou au bout de 3 jours mais mieux vaut être équi­pée. Pre­nez de quoi vous dis­traire à l’hô­pi­tal si vous êtes hos­pi­ta­li­sée, car même si c’est seule­ment une demi-jour­née, ça peut paraître très long! Et une tablette de cho­co­lat pour se récon­for­ter…

    Voi­là, c’est fini, c’est ter­mi­né, je ne saigne plus, j’at­tends mes règles, je n’ai pas repris de contra­cep­tion parce que je suis un peu pau­mée, et que là je n’en ai pas besoin, je pense à un sté­ri­let, mais cuivre ou hor­mo­nal? je ne sais pas, bref, je me pose les ques­tions de tout le monde.

    Je repense à la honte que j’ai res­sen­ti et je me suis dit qu’il fal­lait que j’en parle… Je n’en reviens pas d’a­voir eu tel­le­ment honte… Qu’on ne le clame pas sur les toits, soit, c’est quand même intime! Mais que j’ai pu éprou­ver ces sen­ti­ments de gêne, de honte, de culpa­bi­li­té… j’ai presque du mal à y croire. Mes amis proches ont été géniaux, et mal­gré tout… Bizar­re­ment, c’est quand je me suis réso­lue à le dire par écrit à mes copines enceintes ou jeunes mamans que j’ai com­men­cé à me sen­tir mieux, vrai­ment mieux. Peut être d’a­voir le cou­rage d’as­su­mer. Peut être de savoir qu’elles sont der­rière vous quoi qu’il arrive, même enceintes jus­qu’aux yeux.

    Alors voi­là, j’ai 30 ans, je suis méde­cin, j’ai eu honte, j’ai eu mal, j’ai eu peur, j’ai eu confiance dans ma déci­sion, j’ai été triste, j’ai été sou­la­gée, j’ai dou­té, j’ai pleu­ré, je me suis sen­tie mieux, j’ai lu le blog, j’ai repleu­ré, je n’a­vais plus honte, plus peur, encore un peu mal, mais j’ai tou­jours su que je ne regret­tais pas d’a­vor­ter, et encore moins le jour des 40 ans de la loi Veil.

    J’ai avor­té et je vais bien, un peu grâce à vous toutes, mer­ci.

  140. Julie dit :

    J’ai 28 ans et il y a deux semaines, j’ai pas­sé un test de gros­sesse, vu que j’a­vais quelques jours de retard; il était posi­tif. Tout s’est pas­sé très vite. Deux semaines plus tard, a 8 semaines de gros­sesse, j’ai eu l’IVG. Je ne me sen­tais pas enceinte, car je ne vou­lais pas vivre cette gros­sesse et encore moins deve­nir mère. En somme, je ne dési­rait pas de ce qui se déve­lop­pait en moi. Je fais pré­sen­te­ment de longue étude pour pou­voir vivre la vie que j’ai­me­rais: faire des contrats a l’é­tran­ger, voya­ger, etc. J’ai tou­jours vou­lu avoir un bébé, mais pas main­te­nant et sur­tout, je vou­lais que ce soit un bébé de l’a­mour. Quand j’ai pas­sé le test de gros­sesse, je n’é­tais plus en contact avec mon par­te­naire et je ne tenais pas a pas­ser ce moment avec lui a mes côtés. C’é­tait fini. J’en ai seule­ment par­lé a des amiEs. Ma mère m’au­rait accom­pa­gnée, mais elle n’au­rait pas com­pris ma déci­sion. Ma sœur aurait un jour dit une conne­rie, sur le coup de la colère. Le jour J, j’é­tais impa­tiente d’en finir avec tout ça. De pou­voir enfin tour­ner la page. J’at­ten­dais mon tour dans la salle. J’é­tais impa­tiente que l’in­ter­ven­tion de débute. Quand ce fut fait, sans aucune drame, je me suis dit que j’a­vais enfin récu­pé­rer ma vie et mon corps. C’é­tait mon droit de ne pas deve­nir mère et encore plus de ne pas vivre cette gros­sesse. Quand j’ai ren­con­tré la tra­vailleuse sociale, elle m’a deman­dé quelles valeurs met­taient en scène l’a­vor­te­ment. J’ai sim­ple­ment répon­du que c’é­tait mon droit, que ce n’é­tait pas un choix de socié­té. En fait, ça aurait plus simple de lui dire que, pour moi, ce n’é­tait pas une ques­tion de valeur, mais un choix. J’é­tais tan­née d’être aus­si fati­guée, de ne pas pou­voir faire les acti­vi­tés que je fai­sais aupa­ra­vant. J’é­tais tan­née de ces nau­sées, d’a­voir mal aux seins, de mal dor­mir la nuit. Je crois qu’elle a répé­té mes pro­pos a l’in­fir­mière chef; je l’ai enten­du en par­ler avec quel­qu’un d’autre. Le fait que j’ai jus­ti­fier mon IVG en disant que- j’en avais le droit- l’a cho­qué. Le len­de­main, je me suis réveillée l’es­prit en paix, aucune culpa­bi­li­té. Oui, c’est pos­sible de vivre ça sans remord, mais les contre-dis­cours sont tel­le­ment forts que l’on se sent anor­male de vivre cela sans peine et en allant bien par la suite. Et on guette ce genre de sen­ti­ment, jusqu’à temps que l’on se dise que c’é­tait notre choix, notre déci­sion et que notre conscience en paix est la mani­fes­ta­tion d’une déci­sion éclai­rée. Et voi­la, j’ai eu une IVG et je vais (plus que) bien.

  141. Delphine dit :

    Bon­jour,
    j’ai avor­té il y a 2 mois je vais bien.
    Je suis tom­bée enceinte suite à des pro­blèmes de contra­cep­tion (je ne sup­por­tais pas la pilule) et des troubles hor­mo­naux (règles anar­chiques ). J’a­vais 33 ans, un bou­lot stable, des reve­nus conve­nables, un désir d’en­fant depuis quelques années (sacrée hor­loge bio­lo­gique) mais ce n’é­tait juste pas le bon moment.
    Le pro­blème: je suis la 2 ème femme, de 15 ans de moins que la 1 ère, le petit démon, la vilaine maî­tresse quoi. Et puis il y a l’of­fi­cielle, l’é­pouse depuis plus de 20 ans, la mère de ses 2 enfants, sa femme qu’il aime tou­jours (autant que moi, ni plus ni moins soi-disant) et qu’il a tou­jours dit n’a­voir aucune inten­tion de quit­ter.
    Mais com­ment éle­ver un enfant seule lorsque l’on a des jours et des horaires de bou­lot qui changent tout le temps, aucune famille autour et un com­pa­gnon jamais pré­sent?
    L’ivg était la seule solu­tion, pas for­cé­ment celle que j’au­rais vou­lue, mais la seule. Ce choix a été fait à 2 même si fina­le­ment c’est moi seule qui ai choi­si.
    J’ai pris rdv rapi­de­ment car mon com­pa­gnon tenait à être pré­sent mais par­tait en vacances avec sa « vraie » famille 10 jours plus tard. Un grand mer­ci d’ailleurs à tout le per­son­nel du ser­vice de gyné­co­lo­gie de ce petit hôpi­tal, ils ont été super. Le gyné­co­logue qui m’a recue pour le 1er rdv a été extra. Il m’a mise a l’aise, n’a pas dra­ma­ti­sé ni fait de com­men­taire. Il m’a expli­qué les dif­fé­rentes méthodes et m’a lais­sé choi­sir libre­ment, pre­nant en compte mes craintes. J’ai opté pour la médi­ca­men­teuse. Et la sage — femme qui m’a prise en charge le matin de mon hos­pi­ta­li­sa­tion a été for­mi­dable. Elle m’a écou­tée, décul­pa­bi­li­sée, m’a dit que ca arri­vait dans la vie d’une femme et qu’en aucun cas je devais me sen­tir fau­tive.
    Et tout s’est bien pas­sé. Mon com­pa­gnon m’a tenu la main toute la mati­née, m’a lais­sée lui plan­ter mes ongles dans la peau lorsque la dou­leur était très vive, m’a rac­com­pa­gnée chez moi à 13h, m’a fait man­ger et m’a tenue dans ses bras tout l ‘après-midi.
    10 jours après je le suis fait poser un sté­ri­let.
    Je n’ai pas honte, loin de là, mais je n’ai mis per­sonne au cou­rant à part le père, ça ne concerne que nous, et ça évite les dis­cus­sions.
    J’ai l’in­ten­tion d’a­voir un enfant, mais quand je l’au­rai déci­dé et sur­tout quand je pour­rai m’en occu­per conve­na­ble­ment.

  142. Marjorie dit :

    J’ai avor­té en 2010 et je vais super­be­ment bien… Mer­ci! J’é­tais alors étu­diante, 22ans, en couple depuis plus d’un an avec un gar­çon fan­tas­tique, pleins de pro­jets en tête dont un emmé­na­ge­ment com­mun juste après des vacances en amou­reux. Les vacances se passent mer­veilleu­se­ment bien. Bon! c’est vrai on a oublié une fois de se pro­té­ger mais après tout ce n’est pas très grave dans nos esprits! Sep­tembre arrive, je reprends mes études, nous emmé­na­geons ensemble, c’est l’a­mour fou. C’est le bon­heur total. Mais je n’ai pas mes règles… Je le sens ce n’est pas nor­mal il y a quelque chose qui se passe à l’in­té­rieur de moi. Mon com­pa­gnon décide de m’a­che­ter un test de gros­sesse, il faut qu’on en est le coeur net! Aucun doute,dès que j’u­rine sur ce test il est posi­tif. Hors de ques­tion de gar­der ce futur enfant: ma déci­sion est prise en une frac­tion de seconde; je suis jeune, je veux vivre, finir mes études, m’é­pa­nouir pro­fes­sion­nel­le­ment, voya­ger, pro­fi­ter d’une vie à deux… Un mil­liard de rai­sons pour ne pas pour­suivre cette gros­sesse.
    Mon com­pa­gnon me sou­tient. Il est un peu plus âgé que moi,plus stable, serait prêt à être père. Mais qu’elle que soit ma déci­sion il sera en accord avec moi. Je lui explique les mille rai­sons qui font que je ne veux pas d’en­fant à ce moment là. Il me com­prends.
    C’est lui qui a appe­lé le plan­ning fami­lial pour qu’on prenne rdv. On y est allé tous les deux, main dans la main. J’ai été très bien reçu. Je m’at­ten­dais à être sévè­re­ment jugé. Pas du tout! la dame qui nous a reçu a vu que la déci­sion était sûre, elle a tout de suite appe­lé un méde­cin de ville pour qu’un rdv soit fixé le len­de­main afin qu’un avor­te­ment médi­ca­men­teux soit réa­li­sé les jours sui­vants car elle ne vou­lait pas que le délai pour celui-ci soit dépas­sé et que nous soyons plus en galère, les places étant peu nom­breuses. Elle m’a envoyé tout de suite faire une écho­gra­phie dans un centre indé­pen­dant . La per­sonne qui me l’a pra­ti­qué a eu la décence de cou­per le son de l’é­cho­graphe quand je lui ai dit que je vou­lais avor­ter. Là aus­si aucun juge­ment et tou­jours accom­pa­gné de mon com­pa­gnon.
    Après tout est allé assez vite. J’ai ren­con­tré le méde­cin le ven­dre­di qui a com­man­dé les médi­ca­ments pour le mardi…j’ai pris les pre­miers médi­ca­ments ce jour-là chez le méde­cin… Puis le jeu­di j’ai pris les autres médi­ca­ments ain­si que les anti-dou­leurs.
    Je ne vais pas men­tir, ça a été assez dou­lou­reux, j’ai vomi, j’a­vais mal. Mais mon compagnon,toujours pré­sent, a pris soin de moi. J’ai sen­ti le moment où j’ai réel­le­ment avor­té de l’embryon. Ce moment-là res­te­ra gra­vé dans mon esprit. Non pas dans l’hor­reur mais dans le sou­la­ge­ment et une cer­taine forme de joie.
    Tout est alors ren­tré dans l’ordre. De cette expé­rience qui, pour bon nombre de femmes signi­fient souf­france, remords, culpa­bi­li­té, j’en ai tiré des élé­ments posi­tifs: cela nous a rap­pro­ché encore plus avec mon com­pa­gnon, qui aujourd’­hui est mon mari. Nous n’en par­lons que très rare­ment car cela ne nous a pas trau­ma­ti­sé. Nous savons que dans les moments dif­fi­ciles nous savons nous sou­te­nir. Nous savons aus­si que le jour où nous choi­si­rons d’a­voir un enfant nous pour­rons en conce­voir un sans dif­fi­cul­tés. Je me suis encore plus inves­tie dans mes études car j’ai com­pris la chance de pou­voir en faire sans entraves majeures. Moi qui vou­lais m’ar­rê­ter à une licence j’ai pous­sé jus­qu’à un mas­ter 2.
    J’ai encore des pro­jets plein la tête notam­ment de voyages… J’ai déjà visi­té quelques pays mais je rêve d’en visi­ter encore et encore avec mon mari ado­ré.
    Je ne me sens pas prête encore à éle­ver un enfant, je veux encore pro­fi­ter de ma vie.
    Quand je pense à mon avor­te­ment je ne me sens jamais triste, cou­pable ou quoi que ce soit. C’est l’une des meilleures déci­sions que j’ai prise pour MOI ‑et non pas pour la vie d’un petit être qui aurait souf­fert (on entend sou­vent cette jus­ti­fi­ca­tion)- quand je regarde en arrière je suis tou­jours sou­la­gée et heu­reuse de ne pas avoir mis au monde un enfant. Heu­reuse pour moi: je n’au­rais cer­tai­ne­ment pas pour­sui­vie mes études, quid de mon couple alors qu’on est si bien à deux… Les voyages auraient été impos­sibles, mon mariage: moins cen­tré sur l’a­mour que nous nous por­tons mon mari et moi… Les fins de mois dif­fi­ciles quand on avait un seul salaire… Bref je ne regrette abso­lu­ment pas mon choix! A refaire, je refe­rais pareil sans l’ombre d’un doute.

    A savoir que je suis pour la recon­nais­sance claire d’un droit consti­tu­tion­nel à l’a­vor­te­ment « de confort » comme cela existe dans cer­tains pays et dont les contours seraient fixés par le légis­la­teur.

    Je témoigne aujourd’­hui car j’en ai marre de voir ce droit remis sans cesse en question…avec les images chocs que cer­tains anti-ivg nous sortent à tout va, les sites créés pour ajou­ter de la peine, de la honte et de la culpa­bi­li­té à ces femmes pour qui un avor­te­ment est un déchi­re­ment. Je suis sûre que si nous, femmes qui ont avor­té et qui vont bien, sommes enten­dues, de nom­breux autres avor­te­ments se pas­se­ront bien mieux psy­cho­lo­gi­que­ment.
    Il n’y a pas de fata­lisme là-dedans. J’ai avor­té et je vais très bien mer­ci

  143. Sarah dit :

    J’ai avor­té en 2014 et je vais bien… Mer­ci ! Depuis très jeune, l’i­dée de tom­ber enceinte (sans l’a­voir déci­dé) me ter­ro­ri­sait. Ado­les­cente, j’ai plu­sieurs fois oublié la pilule mais par chance, jamais je ne tom­bai enceinte. En 2011, je décide de me faire poser un sté­ri­let au cuivre, n’é­tant pas du tout à l’aise avec ces his­toires d’hor­mones arti­fi­cielles. Et puis, c’est la contra­cep­tion la plus effi­cace nous dit-on ! Mal­heu­reu­se­ment j’ai fait par­tie des 0,9% de femmes qui tombent enceintes sous DIU. Et pour­tant, la semaine pré­cé­dente, j’a­vais pas­sé une IRM pel­vienne et le DIU appa­rais­sait bien en place, impec­cable. C’est après deux semaines de retard, les seins atro­ce­ment dou­lou­reux, que j’ai pas­sé le test de gros­sesse pour la pre­mière fois, à 28 ans. Il m’ar­ri­vait fré­quem­ment d’a­voir des retards de règles, il suf­fi­sait que je sois malade, fati­guée, que j’ai vécu un stress impor­tant dans le mois… Mais là ça fai­sait long donc il fal­lait écar­ter cette hypo­thèse. A la décou­verte de la mau­vaise nou­velle, j’ai pleu­ré, hur­lé, c’é­tait ter­rible. Mon copain, avec qui j’é­tais déjà en couple depuis des années, était aus­si sous le choc. Étran­ge­ment, alors que je savais que ce n’é­tait pas le moment et que je ne dési­rais pas cette gros­sesse, je me suis pour­tant mise à dou­ter. Peur de l’a­vor­te­ment, peur de lais­ser filer une occa­sion qui peut-être ne se re-pré­sen­te­ra pas (on com­men­çait à me faire peur avec ces ques­tions de sté­ri­li­té à cause d’une sus­pi­cion d’en­do­mé­triose)… Et puis, on est un couple solide, et mon copain a 35 ans… Mais non, dans le fond je n’en vou­lais pas, je détes­tais ce qui m’ar­ri­vait, c’é­tait pour moi une injus­tice atroce, une malé­dic­tion. En plus d’a­voir souf­fert le mar­tyr à la pose du DIU, d’a­voir un SPM hor­rible chaque mois et d’autres mau­vaises consé­quences de ma contra­cep­tion, elle n’é­tait même pas fiable ! Et puis, pour­quoi les femmes, qui prennent qua­si­ment tou­jours en charge la contra­cep­tion, devraient aus­si subir les mau­vaises consé­quences d’un échec de contra­cep­tion, alors que c’est un acte qui se fait à deux ? J’en ai beau­coup vou­lu à mon copain, qui pour­tant était tel­le­ment déso­lé et me sou­te­nait à fond, qui m’a décla­ré que s’il avait pu, il aurait pré­fé­ré que ce soit lui qui subisse cette épreuve et pas moi, qui a déjà eu des pro­blèmes de san­té et des hos­pi­ta­li­sa­tions répé­tées. Ce n’é­tait pas juste, et je garde encore aujourd’­hui un sen­ti­ment amer de ma condi­tion de femme, de ne pas pou­voir choi­sir que ce soit mon par­te­naire qui porte un enfant et non moi, à l’a­ve­nir. Bref. Dans mon déses­poir, et la déci­sion d’a­vor­ter étant prise, j’ai beau­coup consul­té inter­net. Les faux sites de dés­in­for­ma­tion, ces mani­pu­la­teurs réac­tion­naires, et vous, tous vos témoi­gnages, tou­chants et fan­tas­tiques car don­nant une issue opti­miste. J’ai avor­té et je ne le regrette pas, au contraire ! Mer­ci à toutes. Aujourd’­hui je vais super bien, je n’ai bien sûr pas remis de DIY, les capotes c’est bien, effi­cace, et les mecs par­ti­cipent à la tâche !

  144. Sissi dit :

    J’ai avor­té le mois der­nier et je vais bien, mer­ci.
    J’ai déjà 3 enfants et je n’en veux plus, j’ai atteint ma limite. Et puis, mon corps com­mence à fati­guer, à en avoir marre. Donc ça a tou­jours été très clair depuis quelques années. « Si je tombe enceinte, j’a­vorte ».
    Jusque là, je n’a­vais eu aucun sou­ci.
    Et puis, l’ac­ci­dent bête, en juin. Le test de gros­sesse posi­tif nous déses­père, mon mari et moi. Mais tout est tel­le­ment clair dans ma tête.
    J’ap­pelle aus­si vite le plan­ning fami­lial. Une dame ado­rable me donne une liste de géné­ra­listes pra­ti­quants les ivg et qui ne sont pas en vacances.
    Ça a été ça le plus galère : trou­ver un méde­cin dis­po­nible en juillet.
    Après 2h à télé­pho­ner à tous les méde­cins de la ville, je trouve une gyné­co à deux pas de chez moi qui peut me prendre en urgence.
    A l’échographie j’ap­prends que je suis enceinte de 6SA et quelques jours. Le délai pour l’ivg médi­ca­men­teuse. Il faut donc faire vite. Heu­reu­se­ment que le délai de réflexion de 7 jours a été sup­pri­mé, mer­ci (et remis, depuis).
    D’ailleurs, à l’échographie je ne res­sens rien, aucun plai­sir en voyant ce petit hari­cot. Et la gyné­co ne me culpa­bi­lise à aucun moment. Pour­tant, énor­mé­ment de méde­cins pro­fitent de l’échographie pour mettre le doute aux femmes ou les culpa­bi­li­ser « regar­dez, il est là, il est déjà bien beau, allez, on insiste pour écou­ter le cœur », quelle hor­reur !

    Bref, la gyné­co finit par me don­ner tout un tas de papiers qui m’ex­pliquent com­ment l’ivg va se pas­ser, quand prend quels médi­ca­ments, etc etc. Comme elle n’a plus de com­pri­més en stock, je dois reve­nir la voir 3 jours plus tard.
    Le lun­di matin à la 1ere heure je suis donc à son cabi­net, je prends immé­dia­te­ment deux com­pri­més de mifé­gyne. Et je repars aus­si vite avec mes com­pri­més de cyto­tec.
    48h plus tard, mon mari part tra­vailler. Je com­mence à avoir un peu peur. L’acte reste tout de même impres­sion­nant. Et si je souffre vrai­ment beau­coup ? Et si ça se passe mal ?
    Je prends un anti dou­leur puis les cyto­tec avec lui. Il attend un peu, me ras­sure, puis s’en va au tra­vail.
    2h plus tard, je sens que c’est le moment, je file aux wc et je découvre l’œuf sur ma ser­viette hygié­nique.
    Je n’ai res­sen­ti aucune dou­leur, stric­te­ment rien. Même pas de dou­leur habi­tuelle aux règles. Abso­lu­ment rien. Pas d’hémorragie non plus (ouf, je n’au­rais pas à aban­don­ner mes enfants pour filer à l’hos­to)
    Abso­lu­ment aucun pro­blème.
    Phy­si­que­ment ça va très bien. Psy­cho­lo­gi­que­ment, aus­si. Je ne regrette pas, je ne sombre pas dans la dépres­sion. Mon mari et moi pre­nons très bien la chose, on en rigole, même.
    J’ai avor­té il y a 3 semaines et je vais bien, mer­ci.

  145. Anne dit :

    J’ai 29 ans et j’ai avor­té début juillet, je vais bien mer­ci…

    Tout a com­men­cé fin juin par un retard de règles, je suis avec mon nou­veau copain depuis seule­ment 2 mois.
    Je ne prends plus la pilule depuis déjà 2 ans car mon orga­nisme ne sup­porte pas les hor­mones de syn­thèse.

    Début juin, défaut de pro­tec­tion de notre part… il a suf­fit d’une fois…
    Outre le retard de 4 jours de mes règles, mes seins com­mencent à gon­fler et à me faire très mal au tou­ché, j’ai des maux dans le bas ventre, de plus en plus pro­non­cés, la nau­sée de temps en temps… (Hor­reur…) Je me dis dans un pre­mier temps que c’est impos­sible.
    Mal­gré tout, au bout de 2 jours, j’a­chète un test de gros­sesse en phar­ma­cie avant de ren­trer chez moi où mon copain m’at­tend. Je n’a­vais pas spé­cia­le­ment pré­vu de la faire en sa pré­sence, mais quelque-part ça me ras­sure de voir le résul­tat en même temps que lui.
    Quelques minutes passent… le résul­tat est sans appel. La Terre vient de s’é­crou­ler sous nos pieds, je pleure, cho­quée. Lui aus­si est cho­qué. Aucun de nous ne veut de cet enfant. S’en suit une soi­rée dif­fi­cile durant laquelle j’ai bu volon­tai­re­ment quelques verres d’al­cool dans l’u­nique but de « tuer cette chose en moi ». Le len­de­main sous la douche, je me donne des coups au ventre « tu n’as qu’à cre­ver! »
    Mati­née de tra­vail com­pli­quée, je suis extrê­me­ment per­tur­bée, ma chef me donne mon après-midi car elle voit que je ne vais pas bien.
    Après-midi, prise de sang, avec espoir qu’elle dise le contraire de ce qu’a dit le test de gros­sesse la veille. Mais le résul­tat est sans appel encore une fois. Enceinte depuis envi­ron 3 semaines… Je pleure de nou­veau, besoin d’al­ler prendre l’air, besoin d’al­ler hur­ler, d’a­voir mon RDV immé­dia­te­ment, qu’on me retire ce poids immé­dia­te­ment! Mais à 18h, per­sonne ne répond plus au télé­phone pour les prises de RDV… Il fau­dra attendre le len­de­main.
    Qu’im­porte, nous pre­nons la voi­ture pour que je puisse aller me défou­ler en pleine forêt. ça fait du bien mais je ne me sens plus moi même, je suis tel­le­ment mal que des pen­sées mor­bides viennent à me tra­ver­ser l’es­prit.

    Le len­de­main matin, enfin je peux faire avan­cer les choses. Mon copain tra­vaille et regrette de ne pou­voir m’ac­com­pa­gner. Je glane quelques infor­ma­tions, j’ap­prends alors qu’il me faut une attes­ta­tion de mon méde­cin, une écho­gra­phie de data­tion et une carte de groupe san­guin.
    RDV avec mon méde­cin l’a­près-midi même, elle me fait l’at­tes­ta­tion sans la moindre réflexion. Je viens de faire un pas en avant, ça me sou­lage déjà un peu.
    J’ob­tiens un RDV pour le lun­di matin dans un hôpi­tal pour ren­con­trer le gyne­co qui va me faire mon écho et me suivre durant mon IVG.

    Arrive le lun­di, mon copain est pré­sent jus­qu’à l’en­trée du Centre de régu­la­tion des gros­sesses de l’hô­pi­tal.
    Je ren­contre le gyne­co, lui donne la lettre du méde­cin et mon résul­tat de prise de sang. Il me fait mon écho mais ne voir rien à l’é­cran! Il me dit que ça ne lui arrive pra­ti­que­ment jamais et soup­çonne une gros­sesse extra-uté­rine. « Reve­nez dans 2 jours pour la refaire ». Je recom­mence à pani­quer, je ne veux pas pas­ser sur une table d’o­pé­ra­tion, je veux une IVG médi­ca­men­teuse!
    Je sors de là, mon copain n’est pas ras­su­ré par ce qui vient de se pas­ser non plus.

    Je retourne donc 2 jours après, dans un pre­mier temps il me dit de nou­veau qu’il ne le voit pas à l’é­cho, puis… « ah non! le voi­là! il est minus­cule! », je regarde, une tache noire insi­gni­fiante en forme de hari­cot… ça ne me fait ni chaud ni froid, cette image me dégoute plu­tôt…
    Il mesure, j’en suis à 5 semaines d’a­mé­nor­rhée maxi­mum. J’au­rai donc pos­si­bi­li­té dans 4 jours de béné­fi­cier de mon IVG médi­ca­men­teuse. Sou­la­ge­ment!

    Je ren­contre l’in­fir­mière pour diverses infor­ma­tions et prises de sang. Elle m’ex­plique com­ment va se pas­ser la prise des médi­ca­ments. Les trois pre­miers com­pri­més vont m’être don­nés par le gyne­co, ces com­pri­més vont stop­per la gros­sesse. 48h après, chez moi, je vais devoir prendre 4 com­pri­més de cytho­tec qui vont pro­vo­quer des contrac­tions afin d’é­va­cuer l’embryon. Une prise de sup­po­si­toire à base de déri­vé de mor­phine 20 min avant le cytho­tec est lar­ge­ment conseillée… (dans ma tête, j’en mène pas large car je suis une per­sonne sen­sible à la dou­leur… Mais qu’im­porte! Ma déci­sion est prise!).

    Le lun­di sui­vant me voi­ci devant le gyné­co­logue pour la pre­mière prise de médi­ca­ments. J’ai peur, je l’ad­mets, et en même temps j’ai tel­le­ment hâte que ça se ter­mine… Mon copain est entré avec moi dans les locaux cette fois.
    J’entre dans le bureau, le gyne­co me tend un verre d’eau et les trois com­pri­més, comme pré­vu. Une fois les médi­ca­ments pris et le cytho­tec en poche, je repars.
    Besoin d’un petit remon­tant, mon copain va donc à la café­té­ria de l’hô­pi­tal pour nous ache­ter un petit déjeu­ner. Je me sens alors prise de ver­tiges, la panique sans doute, la peur d’a­voir mal… Je fais un malaise vagal qui me conduit pour 4h aux urgences de l’hô­pi­tal…

    Sur le che­min du retour, j’ai la nau­sée. Je suis mal dans mon corps. Pour­quoi? Je ne sais pas, je suis juste impa­tiente que tout soit enfin ter­mi­né…

    48h plus tard… En me levant le matin, je saigne beau­coup et je sens quelque-chose de lourd tom­ber dans la cuvette. Je ne sais pas ce que c’est mais je vais quand même conti­nuer mon pro­to­cole et faire la prise de cytho­tec.
    J’a­mé­nage mon loge­ment de manière à avoir tout à por­tée de main. Je ne tourne pas la clé dans ma porte d’en­trée pour per­mettre aux secours de venir plus faci­le­ment en cas de sou­cis.
    Je suis seule car mon copain tra­vaille. Je prends alors le sup­po­si­toire comme indi­qué sur le pro­to­cole. J’at­tends 20 min. Puis je glisse les com­pri­més de cytho­tec à faire fondre dans ma bouche.
    Je m’al­longe, j’at­tends… 15 min plus tard me voi­là tor­due de dou­leurs dans mon lit, je crois n’a­voir jamais eu autant mal de ma vie. La dou­leur a duré pas loin de 30 min non stop. Puis les contrac­tions se sont cal­mées… Mal­gré tout, je n’ar­rive pas à me lever. Mes jambes sont en coton, j’ai du mal à tenir débout.
    J’ai peu man­gé ce jour là, et les sai­gne­ments n’é­taient pas vrai­ment à la hau­teur de mes espé­rances.

    Je ne me suis mis à sai­gner vrai­ment que 2 jours après. Vient alors dans les mêmes temps, mon départ en vacances… Je rentre dans ma région d’o­ri­gine comme pré­vu. Je me suis sen­tie inca­pable de révé­ler la véri­té à ma famille.
    Je pense qu’ils m’au­raient jugée néga­ti­ve­ment et cela m’é­tait insup­por­table. J’ai donc inven­tée l’his­toire d’une gros­sesse extra uté­rine et d’une fausse couche pro­vo­quée. Il fal­lait bien dire quelque-chose car c’est en vacances que j’al­lais devoir faire ma visite de contrôle…

    La suite ne s’est pas pas­sée comme pré­vu…

    Au bout d’une dizaine de jours, je fais contrô­ler mon état par un méde­cin qui ne décèle rien d’a­nor­mal, ce qui me sou­lage gran­de­ment. « Enfin tout cela est ter­mi­né… » (je retrouve mon sou­rire).

    Mais c’est alors que la nuit sui­vante, je suis prise de cour­ba­tures en bas du dos et de fièvre. Je retourne donc en urgence chez le méde­cin dès le len­de­main. Je suis envoyée aux Urgence Gyne­co de l’hô­pi­tal le plus proche. Je fais par­tie des 3 à 4% de mal­chan­ceuses qui font une endo­mé­trite suite à une IVG médi­ca­men­teuse…
    S’en suit une nou­velle prise de cytho­tec (panique à bord, vous pou­vez ima­gi­ner…) par voie vagi­nale et une pres­crip­tion pour presque 3 semaines d’an­ti­bio­tiques, ain­si qu’un contrôle au bout de la pre­mière semaine de prise, pour véri­fier que tout est bien ren­tré dans l’ordre.
    Lors du contrôle mon copain était de nou­veau pré­sent car il m’a­vait rejoint pour quelques jours. Der­nière prise de sang (la sep­tième en 3 semaines), contrôle gyne­co… Tout va bien… « c’est vrai? tout va bien? » oui… je peux m’en aller! Je ne vais pas me faire opé­rer!

    Alors voi­là, c’é­tait mon his­toire… j’ai avor­té début juillet, j’en ai un peu (excu­sez moi du terme) chié, je culpa­bi­lise non pas d’a­voir avor­té mais d’a­voir dû cacher la véri­té à ma famille. MAIS! je vais bien! Je rede­viens moi-même petit à petit et je suis bien contente d’a­voir fait par­tir cet « Alien ». Je n’ai aucun désir d’en­fant et je pense que je n’en vou­drais peut-être jamais…

  146. petite etoile dit :

    bon­jour,

    je suis vrai­ment heu­reuse d’être tom­bée sur ce site … après deux tests posi­tifs, une visite chez le gyne­co, j’ai eu confir­ma­tion que j’é­tais enceinte de 4semaines, je vais pra­ti­quer une IVG médi­ca­men­teuse, j’ai deja com­men­cé aujourd’­hui , j’ai pris ce matin la myfé­gine, il ne se passe rien… Mer­cre­di, je retour­ne­rai pour la prise des autres cachets.. je vous avoue qu’en lisant sur les autres forums, sites et com­pa­gnies , j’ai eu une peur bleue et j’é­tais a deux doigt d’op­ter pour la méthode par aspi­ra­tion… mais je pré­fère par amour pour ce qui vis en moi, de le faire par­tir de manière natu­relle, donc j’ai déci­dé de res­ter sur ma médi­ca­men­teuse… et votre site m’a énor­mé­ment ras­su­rée .… j’ai deja moins peur pour mer­cre­di, je sais que ce sera sur­ement dou­lou­reux, mais sur­mon­table, sup­por­table et pas si ter­rible … J’au­rai ma cou­sine et mon amie pour m’ac­com­pa­gner, je n’ai pas vou­lu que mes parents soient au cou­rant et leur cau­ser de la peine… je vou­lais donc vous deman­der, si je reste chez ma cou­sine le mer­cre­di après l’ hôpi­tal, si je dors la pour que mes parents ne voient rien, est ce que le jeu­di je peux reprendre mes acti­vi­tés nor­males comme tra­vailler une heure le midi et trois le soir??? sans que quel­qu’un remarque quelque chose? je pense aus­si que le fait de bou­ger et voir du monde me ferait du bien mais est ce que c est gerable niveau dou­leur??? (pour chan­ger ma ser­viette ça va, car j’en ai que pour une heure le midi, et le soir je suis seule dans mon bâti­ment de tra­vail donc je peux me chan­ger comme je veux … c’est plu­tôt niveau dou­leur que j ai vrai­ment très peur .… ) j’au­rai besoin de vos mes­sages d’en­cou­ra­ge­ments, de conseils et de sou­tien … je vou­lais remer­cier lili pour son com­men­taire ou elle dit de mar­cher, de ne pas s ‘allon­ger, de mar­cher pour que ça aille plus vite et que c est moins dou­lou­reux comme ça.. je n’a­vais vu ce conseil nul part et je suis sure qu il me sera d une grande uti­li­té mer­cre­di …
    Je vais avor­ter, et je vais bien , (je vous expli­que­rai mon his­toire dans un pro­chain com­men­taire c’est pro­mis 🙂 hihi )
    bisous les filles, vous êtes géniales …

  147. Belette dit :

    J’ai avor­té et je vais bien, mer­ci ! J’ai même avor­té deux fois. La pre­mière fois, j’a­vais 17 ans, et ça a été affreux. J’é­tais sûre de mon choix, d’ailleurs ce n’é­tait pas un choix mais une évi­dence, mais les condi­tions dans les­quelles j’ai dû avor­ter…
    Le pre­mier géné­ra­liste que j’ai été voir m’a culpa­bi­li­sée au pos­sible, j’ai été à l’ho­pi­tal pour faire une écho. Le mec qui me l’a faite était pré­ve­nu par moi dès le début que c’é­tait pour un avor­te­ment. Mais pour­tant il m’a mon­tré l’i­mage, en me disant « ça c’est sa tête », m’a fait écou­ter le coeur. Du haut de mes 17 ans j’ai tout subi sans rien dire. Et j’ai été obli­gée d’a­vor­ter à la maternité,sans anti-dou­leurs, en croi­sant donc des femmes enceintes et des nou­veaux nés un peu par­tout, sans comp­ter les pho­tos de bébé par cen­taines der­rière le comp­toir de l’ac­cueil. Je l’ai caché à mes parents, ma mère a fini par l’ap­prendre. Et elle m’a trai­tée de salope.

    La deuxième fois, j’ai 22 ans (c’é­tait cet été). J’ai été au plan­ning, et c’é­tait gé-nial ! Très bien accueillie, ras­su­rée, écou­tée… J’ai eu une prise de sang, une écho (la gyné­co a été super), et puis j’ai pu prendre les com­pri­més chez moi, avec mon copain pour me sou­te­nir. Et j’a­vais même des anti dou­leurs, incroyable ! Avec 3 numé­ro de télé­phone à appe­ler, dont le por­table per­so de la gyné­co, qui m’a dit que je pou­vais appe­ler n’im­porte quand, si j’é­tais angois­sée, inquiète ou si j’a­vais des ques­tions. Pour finir, une prise de sang pour véri­fier si la gros­sesse était bien ter­mi­née.

    Mer­ci à vous de faire ce que vous faîtes, c’est vrai­ment néces­saire encore aujourd’­hui, et ça ne peut qu’ai­der les femmes.

  148. Aurelie dit :

    Bon­jour

    Je dépose à mon tour une pierre à l’é­di­fice, de manière à lut­ter contre la culpa­bi­li­sa­tions subie lors­qu’on envi­sage / on a avor­té un jour.

    Je n’ai pas avor­té par plai­sir. Ni pour avoir une image de fille cool qui a vécu un quelque chose de grave dans sa vie. Ma déci­sion a été mûre­ment et lon­gue­ment réflé­chie, en pesant le pour et le contre. Je n’ai pas eu besoin d’al­ler sur des forums pour m’o­rien­ter dans mon choix, et heu­reu­se­ment car en par­cou­rant cer­tains sites en appa­rence neutre, je suis effrayée par les dis­cours culpa­bi­li­sants de cer­taines.
    De quel droit osent elles juger une déci­sion prise par une femme dans la tour­mente?

    J’a­vais 18 ans lorsque je me suis ren­due compte que mes règles avaient un peu de retard. Mal­gré la prise de pilule contra­cep­tive, j’ai vou­lu être rapi­de­ment fixée. Je me suis ren­due seule au plan­ning fami­lial de ma ville (mon copain de l’é­poque vivait en Nor­man­die).
    Le ver­dict a été clair: j’é­tais enceinte.
    La dame qui m’a accueillie m’a deman­dé ce que je vou­lais faire, je lui ai dit d’en­trée que je n’é­tais pas prête a avoir cet enfant et que je vou­drais avor­ter au plus vite.
    Elle m’a beau­coup écou­té et m’a don­né sur ma demande le numé­ro de télé­phone de l’hô­pi­tal en me disant de réflé­chir posé­ment quelques jours.

    J’ai pleu­ré toutes les larmes de mon corps en ren­trant chez moi. J’a­vais l’im­pres­sion de por­ter un far­deau sur mes épaules.

    j’é­tais à 3 mois de mes épreuves du bac, je vivais chez mes parents, loin de mon copain qui n’é­tait pas l’a­mour de ma vie (même si je l’ai­mais a l’é­poque), je vou­lais conti­nuer mes études et être indé­pen­dante pour avoir mon pre­mier enfant. J’é­tais sûre que je ne pou­vais pas avoir cet enfant, je n’en vou­lais pas.

    J’ai rapi­de­ment appe­lé l’hô­pi­tal pour savoir quand je pour­rais avor­ter. Mon inter­lo­cu­trice étais très com­pa­tis­sante mais m’a quand même deman­dé de réflé­chir une semaine avant de la ren­con­trer.
    Ce fut la semaine la plus longue de ma vie: je savais que cet embryon ce déve­lop­pait en moi, plus les jours pas­saient et plus j’é­tais mal. Il fal­lait stop­per cette gros­sesse au plus vite!
    A l’is­sue de cette semaine, on m’a diag­nos­ti­qué une gros­sesse extra-uté­rine en plus de l’embryon que j’a­vais dans l’u­té­rus: des jumeaux …! J’ai donc eu une celio­sco­pie (en anes­thé­sie géné­rale) rapi­de­ment pour évi­ter que ma trompe n’é­clate. Une fois sur la table, les chi­rur­giens se sont ren­du conpte qu’ils avaient confon­du une gros­sesse extra ut. avec des kystes sur mes ovaires!
    L’embryon quant à lui a été aspi­ré de manière clas­sique.

    Cette erreur de diag­nos­tic a donc per­mis une prise en charge plus rapide: ce que je vou­lais!
    Après l’o­pé­ra­tion, une psy­cho­logue est venue à ma ren­contre pour « m’ai­der si j’a­vais besoin de par­ler ». Après 20 minutes, elle s’est vite ren­due compte que j’al­lais bien, et que ma déci­sion a été la bonne.
    Mon copain était retis­sant quant à mon choix, mais devant mon désar­roi il m’a tout de même sou­te­nu. Notre his­toire a pris fin un an plus tard.
    J’ai conti­nué mes études, j’ai ren­con­tré mon mari, nous avons une superbe petite fille et je n’ai jamais regret­té mon choix!

    Conti­nuez à sou­te­nir les femmes! L’a­vor­te­ment est un droit qui appar­tient à cha­cune!

  149. Ariane dit :

    Bon­jour.

    J’ai avor­té et je vais bien. Ça n’a pas été facile. À 23 ans, un acci­dent en voyage, je suis tom­bée enceinte. L’homme res­pon­sable m’a dit que c’é­tait mon pro­blème, vu qu’il avait déjà une famille, avant de par­tir sans me lais­ser d’a­dresse. Je n’a­vais ni l’en­vie, ni la pos­si­bi­li­té maté­rielle de d’a­voir un bébé. Et je ne vou­lais pas d’un enfant sans père. J’ai déci­dé d’a­vor­ter, je n’ai pas hési­té. J’ai le droit de déci­der de mon corps et de ma vie. Le temps de ren­ter en France, j’ai dépas­sé le délai pour une IVG médi­ca­men­teuse. À part le pre­mier méde­cin consul­té, tout le per­son­nel médi­cal à été aus­si humain que pro­fes­sion­nel. Et l’o­pé­ra­tion, sous anes­thé­sie locale, s’est bien pas­sée. Mal­gré tout, j’ai fait des cau­che­mars et des insom­nies durant trois mois. Je n’ai pas avor­té comme on prend un cachet d’as­pi­rine, ou comme moyen de contra­cep­tion. Ça a été un moment dur. Mais je n’ai jamais remis en ques­tion ma déci­sion et mon acte. J’au­rai des enfants peut être un jour, peut être pas, mais ça sera mon choix. Et si j’en ai un jour, je veux leur offrir le meilleur, et non pas les subir. C’est mon corps et ma vie. J’ai vécu un IVG, et je vais bien. Mer­ci.

  150. Marie dit :

    J’ai avor­té le 23 décembre 2015 , juste avant les fêtes , super le cadeau ‑_- , mais je vais bien et je suis sou­la­gée , je pen­sais que j’au­rais pu le vivre mal, mais non , pas une larme , pas un seul regret . Il faut dire que je n’ai jamais vou­lu d’en­fants , et avec mon com­pa­gnon , avec qui je suis depuis 8 ans, nous nous sommes mis d’ac­cord dès le début , notre choix de vie est ain­si, une vie sans enfant mais heu­reuse ! contrai­re­ment à ce que cer­taines mau­vaises langues auraient pu dire autour de nous :  » tu regret­te­ras quand tu seras vieille , tu n’au­ras per­sonne pour s’oc­cu­per de toi !  » , ah bon tu fais des enfants juste pour avoir un aide soi­gnant à vie ?! ben ya des per­sonnes agées délais­sées par leurs enfants dans des éta­blis­se­ments c’est peut être ce qui te pends au nez ! ;  » com­ment ?! une femme qui ne veut pas d’en­fants n’est pas une femme ! « , et bien si je me sens femme sans enfant , pas besoin d’a­voir l’ins­tinct mater­nel pour en être une et plei­ne­ment accom­plie et heu­reuse !
     » à 36 ans , il serait temps d’en avoir , ton hor­loge bio­lo­gique tourne …  » non je ne me réveille pas chaque matin en me disant que je ferais bien de me dépê­cher de faire une chose que je ne res­sens pas comme un besoin natu­rel , c’est écrit où que les femmes doivent pro­créer à tout prix ?! les gènes ne sont pas une excuse ! un homme on ne lui dira pas ça parce que même a 70 ans il peut en avoir encore !

    Je vais bien mer­ci ! et je remer­cie la gyné­co qui m’a sui­vie et qui a été com­pré­hen­sive , bon même si elle m’a posé la ques­tion fatale au 1e rdv: vous ne vou­lez pas d’en­fants à 36 ans ? mais elle n’a pas insis­té , ce qui montre que c’est un bon méde­cin.

    J’ai eu une ivg médi­ca­men­teuse, j’é­tais dans les temps et même limite trop en avance ,
    je vou­lais que ce soit fait rapi­de­ment, je ne res­sen­tais rien pour cette gros­sesse , et les chan­ge­ments phy­siques eux me fai­saient souf­frir , je n’en pou­vais plus .
    C’est pour cela que j’ai deman­dé à la faire avant les fêtes de fin d’an­née , même si ce n’é­tait pas joyeux , j’ai pas­sé le réveillon à la mai­son , mais au moins je suis libé­rée et sereine.

    Je sais qu’il n’est pas facile de lire mes mots pour des femmes qui elles , veulent des enfants mais n’y arrivent pas, c’é­tait un acci­dent , en 8 ans de vie com­mune nous n’en avions jamais eu , je com­prends que mes pro­pos peuvent cho­quer ou ne pas être com­pris, mais c’est ma vie , mon corps, je n’ai pas à me jus­ti­fier de mon manque d’en­vie d’en­fant et d’ins­tinct mater­nel .

    Je vais bien mer­ci ! et mon com­pa­gnon aus­si ! Nous sommes heu­reux ain­si .

  151. Lylou dit :

    J’ai avor­té et je vais bien mer­ci !
    J’ai 20 ans et j’ai avor­té il y a presque 1 mois par chi­rur­gie.
    Voi­ci mon his­toire; je suis avec mon com­pa­gnon (qui a 25 ans) depuis 2 ans et nous vivons ensemble depuis 1 an. Lui il tra­vaille mais moi j’at­tend de reprendre mes études l’an­née prochaine.L’accident est arri­vé, je suis tom­bée enceinte. J’ai tou­jours eu un pro­fond désir d’en­fant dans ma vie mais ma situa­tion actuelle ne me per­met pas d’a­voir un bébé main­te­nant, je n’ai rien pour offrir une vie stable à un enfant pour l’ins­tant, j’aime pro­fon­dé­ment mon com­pa­gnon mais 2 ans c’est peu on a pas assez pro­fi­ter de notre couple ain­si j’ai pris rdv à l’hôpital pour une IVG. On m’an­nonce un avor­te­ment médi­ca­men­teux le 24 décembre.… j’ai dis non … je ne vou­lais pas faire sa ce jour-là sinon j’y repen­se­rais tous les ans … ain­si j’ai atten­du que les fêtes passent et ils m’ont dit que il n’y avais plus que la chi­rur­gie .… j’ai eu très peur car c’est la pre­mière fois que j’al­lais aller au bloc opé­ra­toire .… j’ai atten­du 8 jours avant l’o­pé­ra­tion et tous les jours je me disais que j’a­vais fait le bon choix, qu’il fal­lait que je m’as­sume moi avant d’es­sayer d’as­su­mer un enfant et je pense tou­jours ain­si car même si j’ai tou­jours cette envie d’en­fant qui me ronge je pré­fère attendre et bien faire les choses que me pré­ci­pi­té et avoir des regrets par la suite car pour moi un enfant ne doit pas être un regret jamais … de plus mon com­pa­gnon ne se sent pas prêt à être père encore et je veux que cet enfant soit dési­ré. J’ai avor­té et je vais bien l’o­pé­ra­tion c’est très bien pas­sée je n’ai abso­lu­ment rien sen­ti même après l’o­pé­ra­tion, le per­son­nel a été ado­rable avec moi et je n’ai pas été jugé. Je n’au­rais pas vou­lu de la méthode médi­ca­men­teuse car je ne vou­lais pas être confron­tée à la vision de ce bébé dans les wc ou une ser­viette hygié­nique l’a­van­tage de l’o­pé­ra­tion c’est que l’on dors que l’on ne sens rien on entend rien et on vois rien je recom­mande cette méthode après je ne veux influen­cer per­sonne. Mon com­pa­gnon m’a sou­te­nue et nous allons bien et envi­sa­geons un bébé dans quelques années car on veut des enfants mais au bon moment. Je vais bien mer­ci !

  152. Mia dit :

    Aujourd’­hui, jour­née des droits de la femme, moment oppor­tun pour livrer mon témoi­gnage.
    J’ai avor­té il y a plus d’une semaine et je vais bien, mer­ci !
    On pour­ra se dire sans doute que cet avor­te­ment est trop récent pour juger plei­ne­ment de mon état et pour­tant, depuis cette mati­née, je n’ai jamais eu le sen­ti­ment de souf­frir ou de regret­ter ma déci­sion.
    J’ai­me­rais avant tout sou­li­gner que ce blog méri­te­rait ample­ment d’être plus mis en avant, car l’on ne trouve ailleurs qua­si­ment que des témoi­gnages effrayants sur l’a­vor­te­ment, ce qui est par­ti­cu­liè­re­ment dom­ma­geable pour les femmes dans le doute, comme je l’ai été.
    Bra­vo pour cette ini­tia­tive !
    Mon his­toire est simple. J’ai tou­jours vou­lu être mère, j’ai tou­jours vou­lu avoir un enfant. Mal­heu­reu­se­ment, je tra­verse une période très dif­fi­cile et stres­sante mora­le­ment, je suis plu­tôt mal dans ma peau, j’ai un bou­lot dif­fi­cile avec des horaires irré­gu­liers et je m’é­tais empê­trée depuis plu­sieurs années dans une rela­tion assez mal­saine avec un homme très instable… Et ce qui devait arri­ver arri­va… Moi qui avais tou­jours secrè­te­ment dési­ré ce moment, ma pre­mière réac­tion en décou­vrant que j’é­tais enceinte a été la panique. Pen­dant des jours, je n’ai res­sen­ti aucune joie, rien. Je n’ai fait que pleu­rer, je ne man­geais plus, j’a­vais l’im­pres­sion de vivre un cau­che­mar. Cette gros­sesse a été une énorme prise de conscience. Je me suis ren­due compte que ma vie allait dans le mau­vais sens, que ma rela­tion avec le père était com­plè­te­ment absurde et me ren­dait plus mal­heu­reuse qu’autre chose.
    Mais je devais prendre une déci­sion qui me parais­sait insur­mon­table. Mon envie d’être mère aux prises avec l’im­pla­cable réa­li­té : avoir un enfant dans ce cadre me parais­sait irres­pon­sable. En fait, je n’é­tais pas du tout prête. Le père, encore moins… Mal­gré ses belles paroles, dans les actes il n’y avait jamais per­sonne. Il ne m’a appor­té aucun sou­tien et me pro­met­tait seule­ment un ave­nir « idyl­lique » où je deve­nais plus ou moins sa chose et notre enfant, son faire-valoir… J’a­vais l’im­pres­sion que j’al­lais lamen­ta­ble­ment tom­ber sous son emprise et devoir tirer un trait sur ma liber­té, mon indé­pen­dance, mon droit d’être res­pec­tée et aimée. Tout sauf ce que j’i­ma­gi­nais comme vie fami­liale…
    Pour prendre ma déci­sion, j’ai donc dû faire un « che­mi­ne­ment » (mot qui est reve­nu sou­vent dans les entre­tiens), lequel a été très dou­lou­reux. Ça a même été bien pire que l’ivg en soi…
    D’a­bord le ren­dez-vous de data­tion chez un gyné­co très aimable et cha­leu­reux : « la socié­té n’a pas à payer pour des femmes je-m’en-fou­tistes dans votre genre »… Sor­tie de ce rdv en larmes, j’a­vais l’im­pres­sion d’être une cri­mi­nelle, comme si ce n’é­tait pas déjà assez dur comme ça. Et comme si l’homme, lui, n’a­vait rien à voir dans l’his­toire ! Mais bien sûr, seule la femme est « cou­pable » d’un acci­dent de par­cours. C’est ce qu’on m’a bien fait com­prendre.
    Puis le père, qui refuse de m’ai­der à prendre une déci­sion, car je sens bien qu’il pour­ra ain­si se défaus­ser après de sa res­pon­sa­bi­li­té… Lorsque je pleure à ses côtés, il me dit d’ar­rê­ter de faire autant de bruit car je l’empêche de dor­mir. Lorsque je l’ap­pelle pour lui dire qu’il faut abso­lu­ment qu’on se parle parce que je souffre, il m’an­nonce qu’il part en week-end avec des amis pen­dant cinq jours. Il fuit les dis­cus­sions sen­sées et se pro­jette dans un ave­nir irréel. Aucun cou­rage, un vrai lâche. Je ne peux pas envi­sa­ger une minute d’é­le­ver un enfant avec lui.
    Et pour finir, mes parents, qui changent de ver­sion chaque jour, pas­sant de « un enfant, ce n’est pas un jouet, tu te crois réel­le­ment capable d’être mère ? » d’un ton répro­ba­teur à « tu ne vas quand même pas jeter cet enfant à la pou­belle, c’est trop facile d’ef­fa­cer l’ar­doise comme ça » d’un ton accu­sa­teur…
    J’ai eu droit à tout. Et lors­qu’en­fin la déci­sion d’a­vor­ter s’est impo­sée d’elle-même comme étant la meilleure et la plus rai­son­nable à mon sens, j’ai aus­si dû faire face à ma mère qui me har­cèle au télé­phone car elle revit son propre avor­te­ment, dou­lou­reux car vécu sous la pres­sion de son entou­rage, à tra­vers moi. Elle m’ac­cuse d’a­voir pris cette déci­sion pour la tour­men­ter, me met son mal être sur le dos, me dit que je suis une fille ingrate qui ne pense pas à la souf­france des autres ! J’ex­plose ! C’est MA déci­sion, c’est MA vie, c’est MOI qui vais vivre avec ça et per­sonne d’autre !
    Pour finir, j’en­voie bala­der tout le monde, annonce au père que notre « rela­tion » est défi­ni­ti­ve­ment ter­mi­née et prends rdv pour l’ivg.
    Au milieu de tout ça, il y a eu aus­si des per­sonnes for­mi­dables : mon meilleur ami, ma cou­sine, la gyné­co du plan­ning fami­lial, celle de l’hô­pi­tal où j’ai fait l’ivg, celle qui a réa­li­sé l’in­ter­ven­tion et la psy­cho­logue de ce même éta­blis­se­ment. Je les remer­cie pour leur écoute pleine d’empathie et dénuée de tout juge­ment. Mer­ci ! Grâce à eux, j’ai pu retrou­ver la séré­ni­té et avor­ter sans être trau­ma­ti­sée, ni avoir l’im­pres­sion d’être un monstre. Nous sommes des femmes, oui, mais nous n’a­vons pas à por­ter le poids de notre uté­rus ! Rien ne fait de nous des assas­sines quand nous sommes en détresse face à une gros­sesse, et per­sonne n’a le droit de por­ter ce regard sur nous. Mal­heu­reu­se­ment, bien des femmes posent elles-mêmes ce regard-là sur elles. C’est ça le plus triste.
    Je ne regrette pas ma déci­sion. Tout s’est bien pas­sé. Je n’ai pas souf­fert. Je n’ai pas pleu­ré après et je ne deviens pas folle de cha­grin en voyant des bébés dans la rue main­te­nant. Au contraire, je me féli­cite d’a­voir eu le cou­rage d’ad­mettre que je n’é­tais pas prête à accueillir digne­ment un enfant, admettre que ce n’é­tait pas cela l’a­ve­nir que j’en­vi­sa­geais pour moi, ni pour lui. Je me sens plus forte, car j’ai pris une déci­sion pour mon ave­nir, et j’ai enfin pu cou­per avec une rela­tion néfaste. Il y a donc aus­si du posi­tif dans l’a­vor­te­ment, lors­qu’on est sûre de sa déci­sion, contrai­re­ment à ce que l’on veut nous faire croire.
    Mon témoi­gnage est long, je m’en excuse, mais j’a­vais vrai­ment envie de m’ex­pri­mer sur ce sujet : on parle énor­mé­ment du « trau­ma­tisme post-avor­te­ment », mais le plus dur est bien sou­vent la souf­france « pré-avor­te­ment », cau­sée par les pres­sions et les accu­sa­tions encore trop tenaces en 2016 à l’é­gard des femmes… Bat­tons-nous ensemble pour chan­ger cela !
    J’ai avor­té et je vais bien, mer­ci !

  153. Andy dit :

    J’ai avor­té début octobre 2015. Je vou­lais prendre du recul pour faire le bilan. Et bien pas de panique, tout va bien et ça a bien été depuis le jour de l’a­vor­te­ment. En fait, c’est l’a­vant, quand on doit prendre la déci­sion, qui est dur. Puis attendre avant et pen­dant le jour J (y com­pris à jeun, dans la salle d’at­tente gelée, ou quand on se fait atta­cher sur la table d’o­pé­ra­tion). Je me suis réveillée sou­la­gée. Après, j’ai eu quelques larmes sans doute par­tiel­le­ment hor­mo­nales, mais c’est pas­sé très vite.

    En fait, mon com­pa­gnon et mes amies étaient même éton­nés de voir que je ne m’ef­fon­drais pas (la gros­sesse était dési­rée, mais le bébé avait un grave pro­blème chro­mo­so­mique). À tel point que le seul moment où je me suis sen­tie un peu mal, ça a été quand j’ai pen­sé : « est-ce que je suis mons­trueuse d’être sou­la­gée? »

    Mais je me suis vite rebif­fée : je le vivais bien, tant mieux. Après tout, il y a des ani­maux qui laissent leur bébé mou­rir et il y a eu des esclaves qui les tuait à la nais­sance. De tout temps, les femmes et femelles ont mis fin à la vie qu’elles por­taient ou avaient por­té pour des rai­sons leur appar­te­nant. Ceux qui font pas­ser cet acte pour contre-nature sont à côté de la plaque. Ceux qui parlent de trau­ma­tisme refou­lé aus­si.

  154. Manon dit :

    Pour ma part j’ai avor­té en août 2015, il y a donc quelques mois et je vais plus que bien.

    Avec mon copain depuis quelques mois je fai­sais une pause avec ma pilule a cause des nom­breux effets secon­daires. C’est à ce moment que je suis tom­bée enceinte, je ne m’en suis pas ren­due compte tout de suite, j’es­sayai de me convaincre que l’ab­sence de règles étaient du a un dérè­gle­ment, a la grosse cha­leur du moment. Puis pre­nant mon cou­rage à deux mains je suis allée faire un test, posi­tif bien évi­de­ment. Rdv une semaine après chez le gyné­co : « vous êtes enceinte de plus de 2 mois made­moi­selle ». Ce a quoi j’ai répon­du bête­ment que ça ne m’ar­ran­geait pas.

    4 jours après rdv avec la gyné­co de la cli­nique qui m’an­nonce que j’en suis a 2 mois et 3 semaines !!! Donc pas le temps de réflé­chir je fonce, j’a­vais déjà pris ma déci­sion je n’é­tais pas prête. Le len­de­main rdv en urgence avec l’anes­thé­siste puis 2 jours plus tard a 14h viens l’heure de l’IVG. Tout le per­son­nel était ado­rable, tout s’est bien pas­sé, pas de dou­leur, seule­ment des sai­gne­ments.

    A 18h je res­sors rejoindre mon papa et j’é­tais tel­le­ment sou­la­gée !! Même à 25 ans je ne dési­rais pas d’en­fant.

    Les suites de l’IVG se sont par­fai­te­ment pas­sées, aucune dou­leur et a peine 3 jours de sai­gne­ments. Mais je revi­vais. A une semaine près c’é­tait trop tard!!

    Depuis je me suis sépa­rée de mon copain qui n’a­vait pas été du tout pré­sent depuis l’an­nonce de cette gros­sesse. Mais je vais par­fai­te­ment bien.

    Per­sonne ne m’a jugé, c’é­tait mon choix et depuis j’ai recom­men­cé une nou­velle vie. Reprise des études, chan­ge­ment d’en­tou­rage.

    Au final cet épi­sode m’au­ra fait comme un élec­tro choque, mal­gré le stresse de l’in­ter­ven­tion je n’ai eu que du posi­tif. Et j’ai gran­di, j’au­rai pu deve­nir maman on prend un sacré coup de vieux quand même lol.

    Aucun regret, aucun remord, aucune larme. Et non je ne suis pas un monstre sans coeur 🙂

    A ma nou­velle vie !!

  155. M. dit :

    J’ai avor­té il y a 10 jours et bien que cela me fasse encore drôle de l’é­crire je vais bien mer­ci.

    Mer­ci à ce blog, la seule source ras­su­rante que j’ai pu consul­té lors de mes deux semaines d’an­goisse pré­cé­dant l’IVG.

    J’ai 26 ans et je suis expa­triée en Asie avec mon ami. En couple depuis un an mais sans reve­nus stables car nous venons de nous ins­tal­ler à notre compte. À l’heure actuelle nous n’a­vons même plus droit à la sécu­ri­té sociale à cause de notre sta­tut d’ex­pa­triés

    Cette gros­sesse, c’est dur à dire, mais je l’ai méri­té. Depuis le début de ma vie sexuelle j’ai tou­jours été très sérieuse: pilule + pré­ser­va­tif. Seule­ment quand j’ai ren­con­tré mon ami, souf­frant d’un pro­blème de libi­do j’ai déci­dé d’ar­rê­ter. Ça fai­sait plus de 10 ans que j’é­tais sous pilule et j’a­vais besoin de reprendre le contrôle de mon corps.

    Au bout de quelques mois mon copain ne sup­por­tait plus le pre­ser­va­tif alors mal­gré les risques nous nous sommes basés sur la méthode naturelle…cela a mar­ché oui…six mois.
    Il faut pré­ci­ser que le pays dans lequel nous vivons n’au­to­rise ni l’a­vor­te­ment et ne pro­pose pas de contra­cep­tion orale. Fin mars, de plus en plus stres­sée à l’i­dée de prendre autant de risques je décide de pro­fi­ter de mon retour en France de trois semaines pour aller chez le gyne­co et chan­ger ma contra­cep­tion.

    Rdv le 1er avril, la gyne­co m’exa­mine: par­fait tout va bien! Rdv 15 jours plus tard pour poser un implant. Je me sens ras­su­rée. Arrive la semaine sui­vante, mes règles devraient arri­ver mais rien…quelques pertes mar­rons rien de plus. Je ne m’in­quiète pas cela doit être à cause du déca­lage horaire. Et puis j’ai comme des dou­leurs de regles de façon régu­liere donc elles vont for­cé­ment arri­vee. Mais non rien. Mon copain me fait remar­quer que mes seins ont gros­si. Un hasard bien sur. Nous par­tons une semaine dans le sud comme pré­vu mais je me sens bizarre et de plus en plus fati­guée. Et la c’est le déclic « je suis enceinte » j’en suis sure. Mais nous sommes dimanche et impos­sible d’a­che­ter un test avant le len­de­main.

    Lun­di matin…en panne de voi­ture nous sommes blo­qués a Cahors. Je n’y tiens plus je vais dis­crè­te­ment faire un test. J’at­tends le résul­tat et la je m’é­croule lit­te­ra­le­ment: il est posi­tif. J’ai l’im­pres­sion d’a­voir le souffle cou­pé je fais une veri­table crise de pani­qué je fonds en larme et j’ap­pelle ma mère. Heu­reu­se­ment elle me calme et s’oc­cupe de prendre tous les rdv en urgence. En une heure toutes les dates sont déja blo­quées et mon gyne­co me pro­met une ivg le lun­di sui­vant. Je dois cepen­dant a tout prix faire la prise de sang et l’e­cho de data­tion avant le rdv de ven­dre­di. J’ap­pele le pre­mier cabi­net medi­cal du coin qui accepte de me prendre en urgence deux jours plus tard.

    Mon copain me voit en larmes et je lui dis tout, en etant sure qu’il va me quit­ter dans la minute. Je m’ex­cuse encore et encore je suis dans un etat atroce. Heu­reu­se­ment il me ras­sure et me dit qu’il sera la que tout ira bien. Je me calme un peu.

    Les deux jours sui­vants sont hor­ribles, je n’ar­rive plus à dor­mir, j’ai des nau­sées ter­ribles j’ai peur d’a­voir depas­ser le delai pour l’ivg. Mer­cre­di heu­re­se­ment l’e­cho de data­tion m’ap­prends que je n’en suis qu’a 3/4 semaines. Elle me conseille l’ivg medi­ca­men­teuse.

    Mais le ven­dre­di le chi­rur­gien de mon hopi­tal pense appa­rem­ment dif­fe­rem­ment. Sans meme m’exa­mi­ner il m’an­nonce que l’autre gyne­co s’est trom­pée et que j’en suis a au moins 7 semaines. Il me reproche de devoir repar­tir à l’e­tran­ger. Veut m’im­po­ser une date d’in­ter­ven­tion plus tar­dive que celle ini­tia­le­ment reservee…refuse l’ivg medi­ca­men­teuse et m’im­pose une chi­rur­gi­cale dans dix jours alors que mon ami a deja chan­gé son billet d’a­vion pour res­ter a mes cotés. Me fait com­prendre qu’il se fiche de mon cas. Quand je lui explique mon pro­bleme avec la pilule il ne m’e­coute ps et me pres­crit lee­loo g sans meme me poser de ques­tions. Je res­sors qua­si­ment en larmes.

    Heu­reu­se­ment la secre­taire est bien plus gen­tille et fixe l’in­ter­ven­tion au mar­di. Ouf au moins mon copain pour­ra etre avec moi. Je reviens le dimanche prendre le pre­mier com­pri­mé. Je n’ai aucun effet secon­daires par­ti­cu­lier si ce n’est un leger mal de ventre. Ras le lun­di. Mar­di matin je rentre dans ma chambre a 7h30 j’a­vale 6 cachets sans meme savoir ce que c’est. Au bout de quinze minutes je me tords de dou­leur, je deviens blanche, j’ai envie de vomir a m’en tordre en deux. L’in­fir­miere a l’air de trou­ver ca nor­mal et m’an­nonce qu’a­vec un peu de chance « je le per­drais peut etre avant de mon­ter ». Elle me dit de ne sur­tout pas vomir. Je vis un enfer les contrac­tions sont bien trop fortes. Heu­re­se­ment on me monte rapi­de­ment. L’e­quipe de soi­gnant qui m’ac­ceuille est super. N’en pou­vant plus je vomis sur la table d’o­pe­ra­tion. Ils sont obli­gés d’at­tendre que mes nau­sees se calment pour m’en­dor­mir. Et puis tout va tres vite en 20 secondes je m’en­dors. Je me reveille en dou­ceur peu apres. C’est finit je me sens si sou­la­gée. Aucune dou­leur

    Je retrouve mon copain et ma maman. Je suis extre­me­ment fati­guee j’en­chaine les siestes. Je perds peu de sang donc a 15h mal­gré mes jambes fla­geol­lantes je peux sor­tir. J’en­chaine chez moi avec 20h de som­meil d’af­fi­lés et le len­de­main j’ai l’im­pres­sion que rien n’est arri­vé.

    Je mz sens en pleine forme. Plus aucune nau­sée. Plus de fatigue. Et depuis je n’ai eu aucun effet secon­daire notable. Je me sens mieux dans ma tete. Meme si je ne peux pas encore avoir de rap­ports sexuels ma libi­do revient dou­ce­ment. Mon copain est hyper pré­sent. C’est l’es­prit libé­ré que nous repre­nons l’a­vion demain. Même si ethi­que­ment avoir fait une IVG me pose encore pro­blème je me sens deli­vrée d’un far­deau. J’e­tais pas encore prete a avoir un enfant. Ma phar­ma­cienne m’a recom­man­dé la pilule qlai­ra et mon copain consent a de nou­veau uti­li­ser les pre­ser­va­tifs.

    J’es­pere que mon temoi­gnage pour­ra en aider cer­taines vis a vis de ce qu’est l’ivg chi­rur­gi­cale. C’est un mau­vais moment a pas­ser mais on s’en remet.

    • Christine dit :

      Oh la la. Heu­reu­se­ment l’IVG chi­rur­gi­cale est rare­ment pré­cé­dée de dou­leurs et de vomis­se­ments. Le gyné­co semble avoir fait preuve d’une belle envie de te punir en te fai­sant subir les dou­leurs d’une IVG médi­ca­men­teuse sans anti dou­leur en plus de l’IVG par aspi­ra­tion. Qui elle n’est pas dou­lou­reuse, comme tu l’as consta­té.
      J’ai avor­té deux fois sous anes­thé­sie géné­rale, et aucune des deux fois on ne m’a fait subir ce que tu as subi, c’est abso­lu­ment facul­ta­tif

      Bon voyage à vous deux

      • M. dit :

        Bon­jour Cathy.

        En effet j’é­tais très sur­prise qu’on me donne ce cachet éga­le­ment 🙁

        Sur­tout qu’on ne m’a pas pré­ve­nu donc je n’é­tais pas du tout prête à res­sen­tir ces dou­leurs. l’in­fir­mière m’a dit que c’é­tait pour pré­pa­rer l’ou­ver­ture du col et que mes dou­leurs étaient nor­males. L’en­vie de vomir éga­le­ment. Mais une dou­leur de cette inten­si­té je n’a­vais jamais connu…J’ai cru lire sur d’autres témoi­gnages que le cachet que j’ai pris ora­le­ment est géné­ra­le­ment insé­ré par voie vagi­nale jus­te­ment pour évi­ter les nau­sées et vomis­se­ments. Donc j’ai peut être été vic­time d’une erreur de l’in­fir­mière. Et elle aurait pu me pré­ve­nir que j’a­vais le droit à un anti­dou­leur. Mais bon ce qui est fait est fait.

        Heu­reu­se­ment on m’a mon­té et endor­mie rapi­de­ment donc je ne peux pas trop me plaindre mais je ne suis pas prête d’ou­blier.

  156. Jolivre dit :

    J’ai appris début mai que j’é­tais enceinte et j’ai avor­té il y a quelques jours via une IVG chi­rur­gi­cale.
    Cela n’a pas été une énorme sur­prise, j’en étais déjà tel­le­ment convain­cue que les deux barres du test de gros­sesse ont sim­ple­ment confir­mé ce que je pen­sais déjà.

    Par contre, ça a été un tour­billon de ques­tions ! J’ai 27 ans, un bou­lot, fini mes études, je suis en couple depuis 5 ans, hyper amou­reuse et sûre d’a­voir trou­vé le bon, envie depuis tou­jours d’être maman un jour. Et pour­tant après avoir tout retour­né dans tous les sens pen­dant presque 3 semaines (c’est très long), nous avons pris la déci­sion d’a­vor­té.

    Je trouve que l’on parle beau­coup des poten­tiels trau­ma­tismes post-IVg et bien moins des ques­tion­ne­ments pré-IVG qui sont hyper éprou­vants. J’ai eu énor­mé­ment de mal à m’abs­traire de toute pres­sion sociale, de toute idée reçue, pour prendre ma déci­sion, en ne se pré­oc­cu­pant pas de ce que peuvent pen­ser les autres, les amis, la famille, le bou­lot, la socié­té. C’est ce qui a été le plus dur. Se lais­ser aller pour savoir ce qu’on veut vrai­ment, au fond.

    Ce site m’a énor­mé­ment aider à me faire confiance et à assu­mer ce que me disait ma petite voix. Mer­ci à toutes pour vos témoi­gnages, les plus récents comme les plus vieux ! Je vous en suis vrai­ment recon­nais­sante !

    Une fois que ma déci­sion a été prise, tout s’est enchai­né, et plu­tôt bien !
    J’ai eu la chance de tom­ber sur un gyné­co super, très à l’é­coute, sans aucun juge­ment, très pré­ve­nant, qui m’a deman­dé si je vou­lais voir l’é­cho­gra­phie avant de me la mettre sous le nez, qui a cou­pé le son, qui a res­pec­té mes choix, et qui m’a conseillé une cli­nique qu’il connais­sait. Et là aus­si, j’ai eu une équipe super pro, atten­tion­née, spé­cia­li­sée dans les chi­rur­gies gyné­co­lo­giques. Il y avait des femmes de tous les âges, qui étaient là pour plein de rai­sons dif­fé­rentes, et ça m’a tou­ché. Je me suis dit l’IGV c’est aus­si une his­toire de femmes.
    Je n’ai eu aucune dou­leur, à peine sai­gné, et 2h00 après l’anes­thé­sie j’é­tais res­sor­tie !

    Je n’ai pas encore assez de recul pour par­ler de com­ment je vois cette étape à pos­té­rio­ri mais aujourd’­hui même je vais bien. Je me sens sou­la­gée déjà, mais aus­si libre et moderne. Avec le sen­ti­ment que la vie est devant moi et pas der­rière.
    Je pense vrai­ment que ce n’est ni un drame, ni insur­mon­table, mais une étape, et qu’il faut essayer de dédra­ma­ti­ser l’acte, sans le bana­li­ser.

    Je serai un jour maman, c’est sûr, mais à un moment où on l’au­ra déci­dé, où on sera prêts à accueillir ce bébé avec tout l’a­mour et le bon­heur du monde, et à 100%. Je ne veux en aucun cas être une maman avec des regrets, qui met une croix sur sa vie sans enfant à contre coeur.

    Alors mer­ci à ce site, mer­ci aux méde­cins sur qui je suis tom­bée et mer­ci au pro­grès ! Parce que j’es­time avoir de la chance que tout soit pos­sible et si bien enca­dré en 2016 !

  157. Mary-ann dit :

    Je suis en train d’a­vor­ter et je vais bien mer­ci. C’est la seconde fois. J’in­ter­romps ma gros­sesse par voie médi­ca­men­teuse. La pre­miere fois aus­si mais aujourd’­hui, je suis à domi­cile. J’ai 36 ans, 3 enfants. La pre­mière fois, je suis tom­bée enceinte sous sté­ri­let bien pla­cé. J’é­tais depuis 3 mois à peine avec l’a­mour de ma vie. Je n’i­ma­gi­nais pas pou­voir conti­nuer cette gros­sesse pour tout un tas de rai­son. L’IVG a été dif­fi­cile, pas l’acte mais la prise de déci­sion. Nous nous aimions déjà tel­le­ment et nlus avons beau­coup hési­té. Je m’é­tais juré de ne plus jamais devoir faire ce choix. Et voi­là qu’à peine 3 ans plus tard, je me retrouve à nou­veau enceinte suite à un échec de notre méthode contra­cep­tive trop naze du retrait et de la pilule du len­de­main. 3 enfants dont un petit de 2 ans, une for­ma­tion de direc­tice pré­vue en sep­tembre, impos­sible pour moi d’en­vi­sa­ger pour­suivre cette gros­sesse. Pas de place pour un 4 eme enfant dans notre vie. Je m en veux, beau­coup. Com­ment puis je faire ça pour la 2ème fois??? Com­ment moi à mon âge et avec toutes mes connais­sances sur le sujet je n’ai pas été capable d évi­ter ça? Mais en même temps, je vais bien, je vénére mes aïeules pour m’a­voir per­mis de choi­sir pour ma vie, pour faire que ce moment que je suis en train de vivre soit pos­sible, si sim­ple­ment. J’ai été orien­tée vers un méde­cin géné­ra­liste extra­or­di­naire, tel­le­ment à l’é­coute, tel­le­ment gen­til, par­fait! Il com­mu­nique avec moi toutes les 2 heures par sms pour savoir com­ment je vais. Et je vais bien. Dans quelques heures, je serai sou­la­gée. Je n’ou­blie­rai pas bien sûr mais nos vies conti­nue­ront, grâce à tous ces hommes et ces femmes qui ont fait et qui font que ce soit pos­sible. J’ai fait ces choix parce que je les avais. J’ai fait ces choix pour moi, pour mon conjoint, pour mes 3 enfants, pour ma famille et pour cet embryon.
    Je regrette de n’a­voir pas été plus vigi­lante, je suis triste de me dire que j’au­rais eu un enfant de plus si je ne fai­sais pas ça aujourd’­hui mais je suis vrai­ment sou­la­gée d’a­vor­ter et j’as­sume plei­ne­ment. Mer­ci.
    Une der­nière chose:
    Je me sou­viens tou­jours de cet humo­riste qui parle sur l avor­te­ment: SI L’AVORTEMENT EST UN CRIME, LE PRESERVATIF C’EST QUOI ALORS? UN GENOCIDE?!
    J’a­vorte et je vais bien mer­ci.

  158. Carmen dit :

    Je tiens à lais­ser ici ma petite contri­bu­tion car ce site est une véri­table bouf­fée d’air au milieu d’un océan de pages inter­net vou­lant réduire la Femme à sa fonc­tion repro­duc­trice.
    Moi, à 40 ans et deux enfants, je ne vou­lais plus d’en­fants, la chose était claire, et je suis donc heu­reuse d’a­voir béné­fi­cié d’une IVG il y a 3 semaines.

    Je remer­cie le pro­fes­sion­na­lisme et la gen­tillesse de tout le per­son­nel du CMCO à Schil­ti­gheim : j’ai eu droit à du res­pect et des sou­rires, exac­te­ment ce dont j’a­vais besoin.

    Enfin, je pré­cise que je n’ai eu abso­lu­ment aucune dou­leur, ni avec la méthode médi­ca­men­teuse qui n’a fonc­tion­né qu’en par­tie, ni après l’as­pi­ra­tion par anes­thé­sie géné­rale.

    Et même s’il est vrai que j’au­rais pré­fé­ré évi­ter cette expé­rience, je suis tel­le­ment heu­reuse de vivre en France, pays qui per­met aux femmes de choi­sir la mater­ni­té et non pas de la subir.

  159. Camille dit :

    J’ai avor­té il y a quelques mois, et je vais bien, mer­ci.
    J’ai 26 ans, et je suis en couple depuis plu­sieurs années. J’ai depuis quelques mois beau­coup plus de tra­vail que d’ha­bi­tude, et ne me suis donc pas inquié­tée d’être très fati­guée pen­dant plu­sieurs semaines d’af­fi­lée. Sous sté­ri­let depuis plus d’un an, je n’ai pas non plus fait très atten­tion à la période de mes règles (ça m’a tou­jours gon­flée!). En dis­cu­tant avec une amie, j’ai fini par réa­li­ser que cela fai­sait peut-être un moment, et elle m’a convain­cue d’a­che­ter un test en phar­ma­cie. Le len­de­main matin, stu­peur, je suis enceinte. Je cours au centre d’a­na­lyses le plus proche pour faire un test san­guin, et les résul­tats confirment l’a­près-midi même ceux du pre­mier test. Sur le coup, je n’hé­site pas : je n’ai jamais eu aucun pro­blème avec l’i­dée d’a­vor­ter, et pro­fes­sion­nel­le­ment, ce n’est vrai­ment pas le moment. Mon copain était peut-être un peu plus par­tant, mais dans la mesure où je ne le suis pas, il me sou­tient dans ma déci­sion.

    Je par­viens à avoir un ren­dez-vous dès le len­de­main matin avec la sage-femme qui me suit et là, deuxième choc : je suis en fait à ma trei­zième semaine, il faut faire vite. Elle m’o­riente vers un plan­ning proche de chez moi, où je me rends la peur au ventre d’être jugée et/ou qu’on me refuse. Et c’est à par­tir de là qu’in­ter­viennent toute une série de femmes FORMIDABLES qui m’ont ras­su­rée, accueillie, aidée, sou­te­nue. Secré­taire, psy, gyné­co, infir­mière, interne de ce plan­ning rat­ta­ché à une mater­ni­té his­to­ri­que­ment mili­tante ont toutes été par­faites. A l’ac­cueil, la per­sonne qui s’oc­cupe des ren­dez-vous par­vient à me trou­ver un cré­neau 48 heures après pour une IVG par aspi­ra­tion sous anes­thé­sie géné­rale, et à me faire ren­con­trer méde­cin et psy dans l’in­ter­valle. Elle prend le temps, mal­gré sa charge de tra­vail impor­tante, de se mon­trer bien­veillante (« ça a du être un choc! »), ne s’a­gace pas quand mon copain et moi hési­tons et chan­geons d’a­vis sur la date du ren­dez-vous de sui­vi, me sou­rit. Gyné­co et psy sont tout aus­si gen­tilles et effi­caces. La psy me dit notam­ment que c’est impor­tant de ne pas culpa­bi­li­ser, que ce n’est pas de ma faute, que je ne pou­vais pas devi­ner.

    Evi­dem­ment, en sor­tant de l’hô­pi­tal avec les médi­ca­ments à prendre avant l’o­pé­ra­tion, j’ai tout à coup l’im­pres­sion phy­sique d’être super enceinte. Nous sommes un peu tristes avec mon copain parce qu’on a déjà par­lé d’a­voir des enfants ensemble et que, dans d’autres cir­cons­tances, ça nous aurait bien dit. Mais ça ne dure pas, on se dit que c’est pré­fé­rable pour nous de véri­ta­ble­ment déci­der quand mettre en oeuvre ce pro­jet.

    Ma mère et mes ami-e‑s sont très pré­sent-e‑s et m’aident à pas­ser ces heures d’at­tente avant l’o­pé­ra­tion. J’an­nule dif­fé­rents ren­dez-vous pro­fes­sion­nels et per­son­nels les jours sui­vants sans cacher la cause de mon absence (on me dira ensuite à l’hô­pi­tal que je n’é­tais pas obli­gée). Pas de mau­vaise réac­tion, si ce n’est indi­rec­te­ment, puisque ma mère me rap­porte qu’une de mes tantes (catho­lique…) s’est dite « bou­le­ver­sée » et « très sur­prise qu’on m’ait posé un sté­ri­let alors que j’é­tais nul­li­pare » (argh..).

    Le jour de l’IVG, j’ar­rive un peu plus tôt à l’hô­pi­tal pour rem­plir les papiers d’ad­mis­sion. Appre­nant que je n’ai pas de sécu (je tra­vaille tem­po­rai­re­ment à l’é­tran­ger), mon inter­lo­cu­trice décide de me faire la gra­tui­té des soins. Là encore, je reste sans voix et pleine de recon­nais­sance pour cette femme qui se sou­cie des consé­quences finan­cières pour moi de ce choix. L’o­pé­ra­tion en elle-même se déroule ensuite très bien. Bon, je passe sur le seul homme ren­con­tré, le chi­rur­gien bien sûr, qui se pré­sente d’une voix sépul­crale pour m’an­non­cer qu’il est celui qui va me faire « LE geste », parce que la jeune interne à côté de lui était super gen­tille et sou­riante pen­dant qu’on m’en­dor­mait. Au réveil, aucun sou­ci, ni dans les jours qui viennent. Tout s’est très bien pas­sé, et le nou­veau sté­ri­let que j’a­vais appor­té a pu m’être posé.

    Donc heu­reu­se­ment que le droit à l’a­vor­te­ment existe, heu­reu­se­ment que le délai n’est pas trop court, heu­reu­se­ment que la notion de ser­vice public a encore un sens dans cer­tains endroits, et bien sûr heu­reu­se­ment que le plan­ning et cette super équipe de meufs sont là pour que « mon droit, mon choix » ne soit pas un slo­gan creux. En plus de sur­veiller plus sérieu­se­ment mes cycles, je suis bien déci­dée à essayer de trou­ver un moyen de sou­te­nir le plan­ning, déjà finan­ciè­re­ment. Et mer­ci aus­si pour ce site, bien ras­su­rant au moment où on découvre la gros­sesse.

    Et en ce mois d’août où des arrê­tés débiles sont pris pour inter­dire les places à cer­taines femmes, j’ai­me­rais bien entendre plus de voix pour défendre le droit de TOUTES à dis­po­ser de leurs corps, et inter­dire par exemple les manifs anti-IVG 🙂 ?

  160. Nala dit :

    J’ai avor­té il y a deux mois, consciente de ma situa­tion d’é­tu­diante pas tota­le­ment auto­nome finan­ciè­re­ment et qui est encore une enfant (mal­gré 19 ans).

    Je n’ai pas su avant le pre­mier test que j’é­tais enceinte. J’é­tais juste très fati­guée, je man­geais tout le temps des olives et j’é­tais plus irri­table que la nor­male. Après une semaine sans faire mes règles, j’ai fais un test.
    Et quand je l’ai fais ce que je devais faire était simple et j’en étais très consciente.

    Une amie m’a sui­vi pen­dant tout le long de pro­ces­sus, ain­si que mon copain et ma sœur (à qui cela a du faire bizarre d’ap­prendre que sa petite sœur était enceinte) qui ne m’ont jamais jugé, qui sont tou­jours là pour là.

    Au début, j’ai cru que ça allait me détruire, quand je lisais les com­men­taires sur inter­net, ce que je pou­vais entendre, ce que je pen­sais de moi même (« tu l’as bien cher­ché, vous n’a­viez qu’à vous pro­té­ger »). J’ai mis beau­coup de temps à me rendre compte que j’é­tais enceinte. Cela n’ar­rive pas qu’aux autres.
    Et d’un côté j’é­tais très sou­la­gée de savoir que je n’é­tais pas sté­rile.

    Dans le plan­ning où j’ai été reçu, le per­son­nel était des amours. J’ai été sui­vi, conseillé, aidé. On ne m’a pas for­cé pour l’é­cho de contrôle, on m’a deman­dé si c’é­tait vrai­ment mon choix et pas celui de mon copain, si j’a­vais des peurs, des doutes,… La méde­cin psy­cho­logue que j’ai vu avant l’IVG était très sou­riante, et m’a dit à chaque fois que je pou­vais reve­nir la voir quand je vou­lais, et que c’é­tait nor­mal que je pleure : j’é­tais pro­je­tée dans un monde adulte alors que, pour moi, je n’é­tais qu’une enfant.

    Lors de l’IVG, les infir­mières sont venues me voir plu­sieurs fois, et m’ont aidé à cal­mer les dou­leurs. L’une d’elle m’a aidé à faire de la médi­ta­tion car cela m’aidai à pen­ser à autre chose.
    J’é­tais dans une chambre toute seule, avec de la musique et un livre. Si j’a­vais un pro­blème, je pou­vais appe­ler une infir­mière (qui ont d’ailleurs régis super rapi­de­ment !) en cas de pro­blème.

    Je ne regrette tou­jours pas. Je sais que le jour où je vou­drais avoir un enfant, j’en aurais un. C’é­tait mon choix. Des gens m’ont aidé, m’ont sou­te­nu. J’au­rais été détruite si je n’a­vais pas fais la démarche. A 19 ans, on est pas prête à assu­mer quel­qu’un d’autre que nous. Nous avons notre vie à vivre avant d’en créer une autre. Heu­reu­se­ment que ce droit existe.

    Cela arrive, même si on est sen­si­bi­li­sée jeune, même si on SAIT que l’on doit être pro­té­gée. L’er­reur est humaine. Chaque femme devrait avoir accès au droit de l’IVG. C’est notre corps. Si nous ne sen­tons pas prête, c’est notre choix.

    Même si j’y pense encore un peu, mon choix était le meilleur et je le sais. Je conti­nue à sou­rire et à rire, à sor­tir et à aimer.
    Donc, je vais bien, mer­ci. 🙂

  161. Colette dit :

    Je vou­lais témoi­gner dans la rubrique « Je vais avor­ter » et puis tout s’est enchai­né.
    J’ai appris que j’é­tais enceinte alors que j’é­tais à 6 semaines. ça a été un choc même si je sen­tais bien que quelque chose se pas­sait dans mon corps… Il était clair dans ma tête que je ne vou­lais pas d’en­fant, et encore moins avec cette per­sonne que je fré­quen­tais depuis à peine un mois, alors que lui vou­lait le gar­der.
    Mon pre­mier tra­vail a été de lui annon­cer, et ain­si d’af­fir­mer mon choix.
    Il m’a accu­sée de ne pas être forte, de me faire un monde de la chose la plus natu­relle et la plus belle du monde, m’a dit qu’a­voir un enfant ça per­met­tait de ne plus jamais être seul… Je le remer­cie dans un sens, car ain­si, il m’a confir­mé que je ne vou­lais cer­tai­ne­ment pas un enfant avec lui!!!
    Le deuxième tra­vail a été de déci­der de ne pas en par­ler à mon entou­rage, pour jus­te­ment me pré­ser­ver des éven­tuels avis oppo­sés et des « conseils ». Je n’ai mis au cou­rant que deux amis proches, qui m’ont beau­coup sou­te­nue, sans me juger. Des amis quoi.
    Le plus dif­fi­cile pour moi a été d’af­fir­mer ma déci­sion face au per­son­nel du plan­ning fami­lial, et d’en­ga­ger la pro­cé­dure médi­cale, ce qui rend la chose très concrète. Sur­tout que je ne suis pas fan des hôpi­taux. Mais c’é­tait pour moi une néces­si­té, j’a­vais même hâte, je ne sup­por­tais pas l’é­tat dans lequel je me trou­vais, avec des nau­sées per­ma­nentes du matin au soir, condam­née à n’a­va­ler que des petits beurres et du Gavis­con, esclave de mes hor­mones en folie.
    J’ai opté pour la méthode par aspi­ra­tion, car j’é­tais très angois­sée par l’i­dée d’a­va­ler des médocs et d’at­tendre de me vider du conte­nu de mon uté­rus seule chez moi. Il fal­lait donc patien­ter encore 2 semaines pour l’o­pé­ra­tion. Une éter­ni­té.
    Le per­son­nel du plan­ning fami­lial a été ado­rable, j’ai deman­dé à voir la conseillère régu­liè­re­ment afin de me confier, cela m’a fait du bien psy­cho­lo­gi­que­ment. A part 2 gyné­cos femmes qui ont eu l’é­lé­gance de me dire  » Vous êtes sûre de votre choix? A votre âge, vous avez bien réflé­chi? » et une copine qui m’a dit que « Mère céli­ba­taire, c’est pas mal, t’au­ras droit aux allocs », j’ai été bien accom­pa­gnée.
    Bien sûr j’ai eu des moments de doute, des ques­tion­ne­ments sur mes envies pro­fondes, sur le fait que la Nature avait fait son œuvre… Mais non, déci­dé­ment, je n’en vou­lais pas. Deux mois de gros­sesse m’ont suf­fi comme expé­rience.
    Bien sûr j’ai pas­sé des soi­rées à cher­cher des réponses sur inter­net, en moi, à me retour­ner le cer­veau, je vou­lais en finir tout de suite, je n’a­vais que ça en tête, et en plus j’a­vais l’im­pres­sion que c’é­tait écrit sur ma figure que j’é­tais enceinte!
    48h avant l’o­pé­ra­tion, j’ai ava­lé ma dose de Cyto­tec pour dila­ter le col de l’u­té­rus, non sans angoisse de res­sen­tir des dou­leurs. Rien. Puis le jour de l’o­pé­ra­tion, j’ai été accueillie avec bien­veillance. Moi qui me réveille géné­ra­le­ment ten­due des anes­thé­sies géné­rales, je me suis réveillée en dou­ceur et avec un grand sou­rire, apai­sée. C’é­tait fait!
    J’a­vais bien sûr peur de beau­coup sai­gner, de souf­frir. J’ai pris les anti­dou­leurs pres­crits et les anti­bio­tiques. Effec­ti­ve­ment j’ai pas mal sai­gné, mais j’é­tais sur pied pour tra­vailler 2 jours après.
    Cela fait main­te­nant un mois, et tout va bien, je ne regrette abso­lu­ment pas mon choix. Et cette expé­rience m’a per­mis de davan­tage m’af­fir­mer dans ma vie, car j’ai pris une grande déci­sion seule, sans en réfé­rer à per­sonne. Cela m’a ren­due plus forte.

  162. jul dit :

    Je suis en train d’a­vor­ter par médi­ca­ments. Je vou­lais lais­ser un mot car prendre cette déci­sion n’a pas été si simple et que ce site m’a aidé à trou­ver ma déci­sion nor­male. J’ai 36 ans et je n’ai jamais vou­lu d’en­fant, j’ai tou­jours fait atten­tion et là, suite à un chan­ge­ment de contra­cep­tion pour rai­son médi­cale, bim ! Mal­gré ce que j’ai tou­jours pen­sé il a fal­lu que je me re-décide. Le choix n’é­tait plus abs­trait et c’é­tait dans mon ventre. Tu as beau savoir que tu ne veux pas d’en­fant, tout te dit que c’est là, que tu peux peut-être y arri­ver, tu arrêtes la bière avec les copains le temps de.… Tu cherches sur inter­net et tu trouves des sites qui te poussent à aller dans ce sens là… Je n’a­vais jamais fait atten­tion à quel point il y a des sites par­tout, des maga­sines pour sacra­li­ser la femme enceinte… Je me croyais pro­gres­siste, maté­ria­liste et scien­ti­fique et j’ai du refaire un choix et c’est là où tu te dis que les femmes sont loin d’être libres encore.…
    Mais voi­là ni moi ni mon com­pa­gnon ne vou­lons être parents, je res­pecte trop les enfants pour cela alors c’est déci­dé. Et là le par­cours du com­bat­tant débute. Il n’y a que 3 méde­cins en ville qui peuvent te rece­voir là où j’ha­bite ( plu­tôt une grosse ville) , à l’hô­pi­tal les délais sont très longs. Heu­reu­se­ment même si mon méde­cin trai­tant ne savais pas trop quoi faire, il m’a fait toutes les ordon­nances qu’il me fal­lait pour pré­pa­rer mon dos­sier à temps, que je puisse avor­ter par médi­ca­ments. Voi­là, je dois vous dire que j’a­vorte et que je vais bien mer­ci. La lutte pour l’é­man­ci­pa­tion des femmes est un long tra­jet et mer­ci à celles qui l’ont ouvert!

  163. Summeroflove dit :

    Voi­là déjà 6 ans que j’ai avor­té et en ce jour du décès de Simone Veil, il est temps que je laisse moi aus­si mon témoi­gnage… je vais TRES bien MERCI!

    Mer­ci à ce blog que j’ai lu atten­ti­ve­ment quelques jours avant d’a­vor­ter, aux méde­cins et au per­son­nel soi­gnant, à mes amis qui m’ont accom­pa­gné et qui ont res­pec­té ma déci­sion.
    J’é­tais jeune, pas du tout amou­reuse et cer­tai­ne­ment pas en mesure d’a­voir un enfant. Et je n’ai jamais regret­té ma déci­sion, et je n’en ai jamais souf­fert.
    Aujourd’­hui 6 ans après je suis fian­cée, ter­ri­ble­ment amou­reuse, mes études sont ter­mi­nées, indé­pen­dante finan­ciè­re­ment : fon­der une famille me semble un doux rêve qu’il me tarde d’ac­com­plir!!
    Encore mer­ci à Simone Veil, mer­ci au 343 salopes ( et à leur filles), mer­ci à toutes les femmes ( et les hommes) qui se sont bat­tus, qui se battent ou se bat­tront pour défendre le droit des femmes et leur liber­tés de corps et d’es­prit! <3

  164. Aurelie dit :

    Je tiens à témoi­gner sur votre site car il y a 2 ans quand il m’a fal­lu prendre la déci­sion d’a­vor­ter, tous ces témoi­gnages d’autres femmes m’ont beau­coup aidé à ne pas culpa­bi­li­ser et à ne pas avoir peur d’a­vor­ter.
    A l’é­poque, en 2015, je venais de tom­ber amou­reuse, j’a­vais 32 ans. Et deux mois après notre ren­contre, alors même que j’a­vais pris rdv pour reprendre la pillule (et qu’on puisse arrê­ter les pré­ser­va­tifs) j’ai appris que j’é­tais enceinte… À ma propre grande sur­prise, cette nou­velle m’a assez vite plu­tôt enjouée. Je suis de nature très opti­miste et je me suis dit que c’é­tait « un cadeau » de la vie cet enfant, même si au début j’a­vais du mal à réa­li­ser que « j’é­tais enceinte ». Mon copain de l’é­poque au départ était d’ac­cord avec ma déci­sion pre­mière qui était de le gar­der. On avait donc déci­dé d’en par­ler à per­sonne pour attendre les quelques mois avant d’an­non­cer. On a pas­sé quelques semaines comme ça, J’é­tais très amou­reuse et sur mon petit nuage. Autour de moi beau­coup de mes amies venaient d’a­voir un enfant ou étaient enceintes. Je me sen­tais prête , alors même que je n’a­vais jamais consciem­ment évo­qué un désir d’en­fant, et sur­tout dans la situa­tion tout de même assez « pré­caire » de notre couple — dans le sens où nous nous connais­sions depuis peu avec mon ami (depuis 6 mois) et nous avions enta­mé une rela­tion que depuis 2 mois.
    Au bout de 3 semaines, mon ami m’a fina­le­ment dit qu’il n’é­tait pas com­plè­te­ment sur de ses sen­ti­ments pour moi (il avait quit­té sa femme il y a 6 mois, après 15 ans de rela­tion). Le rôle de son ex-femme je pense a été impor­tant pour lui dans tout cette his­toire , il disait « je ne peux pas lui faire ca » (il l’a­vait quit­tée alors qu’elle sou­hai­tait conti­nuer leur rela­tion et sou­hai­tait un enfant de lui). Du coup, je me sou­viens que pour moi cela a été comme un coup de mas­sue. Plus rien n’a­vait de sens d’un coup, si il n’é­tait pas sur de m’ai­mer, qu’est ce qu’il advien­drait de cet enfant — c’est lui qui m’a par­lé d’a­vor­te­ment. Cela a été dur pour moi — et pour lui aus­si — nous avons beau­coup par­lé et pleu­ré. On s’est don­né quelques semaines pour réflé­chir même si une dif­fi­cul­té je trouve de la déci­sion d’a­vor­ter c’est que jus­te­ment il fait faire assez vite et on ne peut pas prendre beau­coup de temps pour réflé­chir… Je me suis alors confiée à mes amies et j’ai été extrê­me­ment sur­prise du sou­tien avec lequel elles m’ont accom­pa­gnées dans cette phase de ma vie: aucune de mes amies ne m’a jugées, elles ont été à l’é­coute et là pour moi, cela a été très fort comme sen­ti­ment d’être aus­si bien entou­rée. Et de voir aus­si com­bien mes amies étaient soli­daires et je dirai aus­si com­bien elles étaient des femmes « modernes »: qui ne remet­taient pas en cause ma liber­té de choix, qui m’ont aidé avec déli­ca­tesse et atten­tion dans ces moments dif­fi­ciles. Car oui je dois le dire cela a été dif­fi­cile pour moi comme période , même si j’ai réa­li­sé com­bien cela était impor­tant pour moi de faire un enfant « à deux »: à par­tir du moment où le père n’é­tait pas d’ac­cord je me sen­tais inca­pable de lais­ser quand même cet enfant venir au monde. J’a­vais l’im­pres­sion que je n’a­vais pas le droit de faire cela à cet enfant, ni à son père. Et aus­si que je n’a­vais pas envie d’é­le­ver un enfant seule. C’est com­pli­qué tous les sen­ti­ments et émo­tions par les­quelles je suis pas­sée à ce moment là. Il y avait aus­si notam­ment la peur: peur de ne pas s’en remettre (de l’a­vor­te­ment), peur d’être trop mal­heu­reuse après, de regret­ter mon choix, etc. À la lec­ture de votre blog, cela m’a per­mis de me dire que cette peur était injus­ti­fiée: j’ai pu voir com­bien de femmes avaient avor­té et s’en étaient sor­ties. J’ai com­pris que si j’é­tais sure du « pour­quoi » j’a­vor­tais cela m’ai­de­rait à sur­mon­ter et ne pas culpa­bi­li­ser. Fina­le­ment je crois qu’une des pen­sées qui m’a aidé a été de me dire que ce n’é­tait pas le bon moment pour moi et mon ami : que si nous étions faits pour nous aimer et res­ter ensemble, nous aurons tout le temps plus tard d’a­voir un enfant qui lui aura été dési­ré. J’ai donc avor­té dans un hôpi­tal à paris oú le per­son­nel — et sur­tout les infir­mières — ont été vrai­ment incroya­ble­ment atten­tion­nées, sans jamais me juger, tou­jours plein de dou­ceur et de gen­tillesse. J’en garde un sou­ve­nir ému. C’é­tait l’é­té, il fai­sait beau, je me revois sor­tir de la cli­nique, avec mon ami, nous allions bien. Lui avait eu peur pour moi pen­dant l’o­pé­ra­tion, cela est cer­tai­ne­ment cou­rant, je ne sais pas (j’ai fait un IVG par aspi­ra­tion, avec anes­thé­sie géné­rale). Le len­de­main de mon opé­ra­tion j’é­tais en Nor­man­die à un mariage : ce que j’a­vais lu était donc bien vrai, j’é­tais sur pieds dès le len­de­main, j’en étais moi-même éton­née.
    Les mois sui­vants ont été plus dif­fi­ciles à cause de la rela­tion : mon ami a fina­le­ment vou­lu qu’on se sépare quelques mois après (3 mois après l’IVG). Il était très pau­mé et alors qu’il avait signé son divorce avec son ex-femme, il a fina­le­ment vou­lu reve­nir avec elle !! Bref, pour moi Ca a été une période triste car j’é­tais très amou­reuse et la rup­ture a été un choc et j’é­tais très triste. Mais voi­là, le temps aidant, tout cela est pas­sé. J’ai été aus­si aidée par un psy chez qui j’ai été pen­dant toute cette période : pou­voir en par­ler libre­ment avec lui m’a aus­si beau­coup aidé je crois à ne pas culpa­bi­li­ser, à être plus « sure » de mon choix ou en tous cas à mieux assu­mer ce choix.
    Aujourd’­hui je vais bien! Je suis retom­bée amou­reuse depuis (même si cela n’a fina­le­ment pas duré) et cela a été très répa­ra­teur pour moi pour pas­ser à autre chose… aujourd’­hui j’ai de plus en plus de faci­li­té à en par­ler à des amis proches, je peux main­te­nant en par­ler sans pleu­rer, et cela pour moi (je suis très émo­tive) a été un grand pas vers l’ac­cep­ta­tion et la non culpa­bi­li­té de ce qui s’é­tait pas­sé.
    Main­te­nant j’ai 34 ans et je regarde devant, je pro­fite de la vie et je me dit que « mon tour vien­dra » où je ren­con­tre­rai un homme avec qui cette fois nous pour­rons faire le choix ensemble d’a­voir un (voir plu­sieurs!) enfants dési­rés.
    En cette semaine du décès de Simone Veille, je ne peux pas ne pas lui rendre hom­mage ici, ain­si qu’à toutes les femmes qui ont lut­té ou luttent tou­jours pour le droit à l’a­vor­te­ment , et au droit d’ « aller bien » après, sans honte ni culpa­bi­li­té.

  165. Selena dit :

    J’ai avor­té il y a deux semaines. 5 mois de rela­tion avec mon copain, il était en voyage pen­dant 1 mois lorsque j’ai appris ma gros­sesse. Un rap­port non pro­té­gé, je ne pre­nais pas la pilule car je ne la sup­por­tais pas, ai pris la pilule du len­de­main et ne pen­sais pas que c’é­tait aus­si « facile » de tom­ber enceinte. Et bien, si! 3 jours de retard de règles, un test de gros­sesse posi­tif plus tard et une sen­sa­tion de mal-être m’en­va­hit. J’é­tais à la fois « heu­reuse » de me savoir fer­tile et empri­son­née d’être enceinte. La ques­tion ne s’est pas posée, ivg medi­ca­men­teuse, echo de contrôle deux semaines plus tard, une petite réten­tion, qui selon mon gyné­co par­ti­ra avec les pro­chaine règles, cette his­toire n’est pas ter­mi­née car pro­chaine écho après mes mens­trua­tions, je vais bien après l’ivg mais je crois sur­tout que je ne réa­lise pas encore ce qui s’est pas­sé.
    Mon copain a été très pré­sent et ras­su­rant, mais pour l’ins­tant ce qui m’im­porte c’est que mon uté­rus soit com­plè­te­ment vide. Je n’ai pour ma part subi aucun stress psy­cho­lo­gique après l’ivg, mais plu­tôt pen­dant que je me savais enceinte. Je sais que cer­taines nous en veulent car don­ne­raient tout pour avoir un enfant mais en même temps com­ment avoir un enfant sans pou­voir lui offrir un mini­mum de sta­bi­li­té, je ne m’en voyais pas capable.

  166. Micha dit :

    J’ai avor­té il y a quelques jours, à pas tout à fait deux mois de gros­sesse. J’ai appris que j’é­tais enceinte à 5 SA. Mon mari et moi, pour dif­fé­rentes rai­sons, avons pris la déci­sion de ne pas pour­suivre cette gros­sesse. Après les fêtes, je me suis ren­due chez son méde­cin géné­ra­liste, qui m’a très mal reçue. Cela a été le seul aspect néga­tif de ma prise en charge. Il ne m’a don­né aucune infor­ma­tion, m’a juste pres­crit une écho­gra­phie de data­tion en me répé­tant x fois que je pou­vais encore chan­ger d’a­vis, le tout avec une grande froi­deur et sans me faire le cer­ti­fi­cat de demande d’ivg. Je suis sor­tie de chez lui très en colère.

    Toute la suite s’est dérou­lée au ser­vice de pla­ni­fi­ca­tion de mon hôpi­tal et la prise en charge a juste été par­faite. Echo­gra­phie de data­tion avec une sage-femme très douce et qui, heu­reu­se­ment, ne l’a pas fait par voie basse. Une grande gen­tillesse et pas de juge­ment, mal­gré mes quelques larmes. Puis ren­dez-vous avec la gyné­co­logue, qui m’a infor­mée avec pré­ci­sion, a été effi­cace, a répon­du à toutes mes ques­tions et m’a lais­sé le choix de la méthode. Pour ma part, j’ai choi­si l’IVG par aspi­ra­tion avec anes­thé­sie géné­rale. Je ne vou­lais pas avoir à gérer la dou­leur géné­rée par l’IVG médi­ca­men­teuse. Deux jours plus tard, RDV avec l’anes­thé­siste, très agréable lui aus­si. Enfin une semaine plus tard, l’o­pé­ra­tion. Concer­nant la prise en charge, elle a été par­faite du début à la fin : des infir­mières à l’anes­thé­siste en pas­sant par le bran­car­dier, tout le monde a été ras­su­rant, récon­for­tant, gen­til. Je suis entrée en ser­vice ambu­la­toire à 8h30, endor­mie à 9h45, retour dans ma chambre (indi­vi­duelle) vers 11h30 et je suis sor­tie à 15h45. Quelques dou­leurs après l’o­pé­ra­tion et une ten­sion très basse car j’a­vais per­du beau­coup de sang. Les jours sui­vants, quelques dou­leurs au bas-ventre mais rien de très impor­tant, peu de sang per­du et quelques ver­tiges à cause de ma ten­sion. Tou­te­fois, rien qui gêne mon quo­ti­dien et les symp­tômes de gros­sesse ont dis­pa­ru ins­tan­ta­né­ment (si ce n’est que je n’ar­rive tou­jours pas à boire de l’al­cool, cela m’é­coeure, mais je pense que ça pas­se­ra petit à petit).

    Voi­là pour l’as­pect pra­tique, concret, phy­sique. Pour l’as­pect psy­cho­lo­gique, je tiens d’a­bord à pré­ci­ser que chaque femme a son his­toire, chaque situa­tion est unique. L’IVG est un droit fon­da­men­tal des femmes, celui de ne pas avoir à subir son corps, un droit essen­tiel qui ne devrait jamais être remis en ques­tion. Mais ce n’est pas qu’une ques­tion poli­tique ou socié­tale. C’est avant tout un évé­ne­ment intime. De mon côté, je le vis mal. Quand j’ai appris que j’é­tais enceinte, j’ai hési­té, long­temps. Ma déci­sion a été moti­vée par le désir pro­fond de pro­té­ger mon mari, dont les peurs à ce sujet étaient nom­breuses. Je ne vou­lais pas lui impo­ser un mode de vie qu’il crai­gnait de ne pas savoir assu­mer (même s’il m’as­su­rait qu’il ferait tout son pos­sible). Je me suis lais­sée aveu­gler par mes propres peurs. Trop consciente de ce que signi­fiait au quo­ti­dien ‘avoir un enfant’, j’ai pré­fé­ré opter pour l’op­tion rai­son­nable.

    Le jour de l’in­ter­ven­tion, je ne vou­lais pas avor­ter. Durant ce deuxième mois de gros­sesse, je m’é­tais inex­pli­ca­ble­ment atta­chée à cet embryon, au point de lui avoir don­né un nom. Ce qui se pas­sait à l’in­té­rieur de moi était une révo­lu­tion. Ce n’é­tait pas seule­ment dans ma tête, je pense que les hor­mones ont aus­si joué leur rôle. Spon­ta­né­ment, je posais mes mains sur mon ventre pour me cal­mer, je lui par­lais (par­ler à son propre ventre est une expé­rience étrange tout de même). La part mili­tante en moi me disait que je don­nais ain­si rai­son aux anti-IVG et cela m’é­ner­vait. Mais j’ai­mais déjà cette enfant. Je vou­lais qu’elle ne quitte jamais mon ventre. Le jour de l’o­pé­ra­tion, j’ai pleu­ré. Jus­qu’à la fin et même quand l’anes­thé­siste m’a posé un masque sur le visage, je vou­lais dire Non. Non, non et non. Mais je ne l’ai pas fait.

    Je ne culpa­bi­lise pas. Mais je regrette de l’a­voir fait, car en fai­sant ce choix je savais que je met­tais de côté mon véri­table désir. Trop tard.
    J’i­ma­gine que cela ira mieux avec le temps. Peut-être aus­si tout cela me per­met-il aujourd’­hui de recon­si­dé­rer la ques­tion de la mater­ni­té, moi qui, il y a quelques mois, cla­mais haut et fort ne pas vou­loir d’en­fant. Aujourd’­hui j’en ai envie, mais je pré­fère lais­ser du temps au temps, quelques mois pour me recons­truire et faire mon deuil. Le temps aus­si pour moi d’af­fron­ter mes peurs, si nom­breuses, liées à la mater­ni­té.

    L’a­vor­te­ment est un choix intime, qui n’est jamais simple. Ce n’est pas seule­ment une ques­tion socié­tale, c’est un évé­ne­ment de la vie que cha­cun et cha­cune peut avoir à connaître à un moment don­né.

    Mal­gré mon cha­grin, cette IVG a ren­for­cé les liens avec mon mari, nous a unis encore plus. Ce n’est pas simple dans ma tête, mais de manière géné­rale, je vais bien, mer­ci.

  167. elisa dit :

    J’ai avor­té, je n’a­vais sim­ple­ment pas du tout envie d’un second enfant, mon mari aurait vou­lu en avoir un autre, pas moi. J’ai deman­dé et obte­nu un avor­te­ment suite à une erreur de pilule. Egoïste ? Oui. Enfin les femmes peuvent l’être. Pas envie d’être mère ? Non, j’ai pas la fibre mater­nelle et alors ? Regrets ? Abso­lu­ment pas. Est-ce que par­fois je pense à l’être humain qu’il serait main­te­nant ? Pas du tout. N’ai-je pas de « coeur » ? Des enfants meurent par­tout dans le monde du fait des conflits. Occu­pons-nous de ceux-là avant de s’oc­cu­per de gamètes qui se sont retrou­vées… Et arrê­tez de pen­ser qu’une femme doit avoir envie d’être mère, doit s’é­pa­nouir dans la gros­sesse. J’ai eu un enfant, ma gros­sesse ne m’a pas spé­cia­le­ment épa­nouie… Bien d’autres choses m’aident dans mon épa­nouis­se­ment, pas le ventre rond.

  168. MerciLaVie dit :

    Mer­ci pour ce blog, j’ai avor­té en 2012
    Je sor­tais d’une rela­tion, entre deux contra­cep­tion. J’ai ren­con­tré un homme qui a sem­blé char­mant , je suis tom­bée enceinte très rapi­de­ment , mon ami a été embal­lé par la nou­velle
    J’ai mis des semaines à me convaincre que la bonne chose a faire était de mettre au monde ce bébé. Je n’arrivais pas à visua­li­ser , j’en ai fais des cau­che­mar. Pre­mière écho : on m’informe que tout va bien, je ne me sens pas mieux , pire j’en suis à 12 semaines , j’en suis malade, le gygy pen­sait plu­tôt 9–10 semaines
    Entre temps, cette rela­tion tel­le­ment récente et qui m’angoisse.. ce dévoile peu à peu, je vois un mani­pu­la­teur de la pire espèce
    Je refuse de por­ter l’enfant de cet homme , je refuse d’etre Liée à vie avec cet homme
    Je consulte en urgence le plan­ning et l’informe que j’en suis à 13 semaines nous sommes à quelques jours de noël, tout le ser­vice est au ralen­ti
    On me donne un ren­dez vous pour le pre­mier jour après les congés des fêtes
    Je me sens immé­dia­te­ment sou­la­gée
    Les fêtes de noël cette Année là m’en semble inter­mi­nable
    Je me pré­sente à mon ren­dez vous et on informe que je dépasse les délais accep­table pour cet éta­blis­se­ment
    On doit me réfé­rer à un autre centre qui accepte les IVG pas­sée les 12 semaines
    Je suis exac­te­ment comme dans un rêve, je fais ce qu’on me dit de faire
    J’attends patiem­ment de sor­tir de ce cau­che­mar
    Après plu­sieurs inter­ve­nant qui m’ont expli­qués en détail la pro­cé­dure
    On vai­ne­ment atten­du que je me rétracte…on a repous­ser un de mes ren­dez vous alors qu’ils savent bien que j’ai déjà trois mois de gros­sesse. pour­quoi ces gens tra­vaillent elles Dans ce domaine si fon­da­men­ta­le­ment elle ne sup­porte pas mora­le­ment les femmes
    Je n’y com­prend rien. On perd un temps fou à vou­loir que informe ‘le père’
    Non je n’informerais pas le géni­teur, il est déjà trop exta­tique, il me fait peur, il tente déjà de contrô­ler les plus menu détail de cette gros­sesse , j’en ai l nau­sée cela ne tourne pas rond chez lui.
    Je tente de m’en éloi­gnée , mais ce n’est pas facile à gérer
    Je dois men­tir , pour lui cette gros­sesse ce sol­de­ra pr une fausse couche
    Ce sera un pieux men­songe
    Enfin le jour J, après m’avoir insé­ré des tiges la veille
    On pro­cède à mon IVG lors d’une froide mati­née d’ hiver , je suis recon­nais­sante de vivre dans un pays qui offre des ser­vices d’ivg Et peu importe le nombre de semaine de gros­sesse
    Après l’intervention je me sens libre
    Fabu­leu­se­ment bien
    Mes dames l’avortement est un droit mais il est sans cesse mena­cé
    Res­tons vigi­lante
    J’ai avor­tée à 29 ans et je vais bien,merci ! Mille fois
    Ps : je n’ai jamais regret­té mon choix
    Écou­ter votre cœur

  169. Camille dit :

    J’ai avor­té en 2016, j’a­vais 20 ans, et je venais de me mettre avec mon copain de l’é­poque. La capote a cra­qué mais je n’é­tais pas inquiète, ma mère me répé­tant depuis tou­jours que elle avait galé­ré à avoir un enfant, et qu’elle avait très peur que moi aus­si. C’é­tait com­plè­te­ment infon­dé mais quand on répète un truc à quel­qu’un depuis qu’il est petit, sur­tout une peur comme ça, ça finit par ren­trer mal­gré nous. Elle m’a­vait aus­si dit quand j’é­tais petite que si on pou­vait se faire per­cer les oreilles, c’est parce qu’il n’y avait pas de sang dedans. C’est en pre­mière année de pré­pa bio que j’ai réa­li­sé que ben si, il y a du sang dans les oreilles. Et en deuxième année de pré­pa bio, j’ai réa­li­sé que ben non, moi clai­re­ment j’a­vais pas de pro­blème pour tom­ber enceinte.

    Je connais­sais mon copain de l’é­poque depuis quelques mois seule­ment, mais il a été super. Il m’a aidée et sup­por­tée, quand même pas jus­qu’au point de venir avec moi à l’hô­pi­tal, faut pas pous­ser. Mais au moins il était là pour me sou­te­nir entre tous les ren­dez-vous.

    Quand j’ai appris la nou­velle c’est un monde qui s’est écrou­lé sur ma tête. Je me suis sen­tie impuis­sante. Je ne vou­lais pas du tout de ce truc là. Je croyais même que c’é­tait impos­sible que ça m’ar­rive, et là bim. J’ai tapé un truc genre « com­ment recou­rir à une ivg » sur Google et j’ai appe­lé le pre­mier numé­ro que j’ai trou­vé. Une de ces asso­cia­tions qui disent vou­loir sup­por­ter et aider les femmes mais qui en fait militent contre l’ivg, essaient de dis­sua­der. J’a­vais lu un article là-des­sus quelques mois avant, du coup j’ai vite rac­cro­ché. Après avoir appe­lé les méde­cins que je connais­sais et qu’ils m’ex­pliquent qu’ils ne la pra­ti­quaient pas non plus j’é­tais com­plè­te­ment dému­nie. Mais fort heu­reu­se­ment j’ai eu une illu­mi­na­tion et ai appe­lé le Plan­ning fami­lial, et à par­tir de ce moment là tout a été comme sur des rou­lettes. J’ai eu énor­mé­ment de chance de tom­ber de bout en bout, depuis l’é­cho­gra­phie jus­qu’à la prise des médi­ca­ments, sur des gens géniaux. Je ne me suis abso­lu­ment plus sen­tie jugée. Les infir­mières étaient ado­rables, per­sonne ne jugeait ou du moins on ne le res­sen­tait pas. J’ai par­ta­gé ma chambre avec une fille du même âge que moi, en atten­dant que les médi­ca­ments fassent effet on dis­cu­tait et on se pro­me­nait, ça a pris plus de temps pour moi et elle est res­tée pour me sou­te­nir. Je sais que beau­coup doivent subir le regard des autres, du per­son­nel soi­gnant, il suf­fit de lire les autres com­men­taires ici, et je sais que j’ai eu énor­mé­ment de chance que ça se passe si bien.

    Mais n’empêche, c’est dans ces moments là qu’on se rend bien compte qu’in­ter­dire l’ivg ne ser­vi­rait à rien. J’é­tais sure à 100% que je ne vou­lais pas de ça main­te­nant, c’é­tait clair et net, impos­sible de me faire chan­ger d’a­vis. Moi je vou­lais être ingé­nieure, voire cher­cheuse, faire mes études à l’é­tran­ger et com­pa­gnie : ça c’é­tait pas du tout pour moi, du moins pas main­te­nant. D’i­ci 8–10 ans pour­quoi pas. Mais clai­re­ment pas à 20 ans. L’ivg aurait été inter­dite j’au­rais chan­gé de pays ou uti­li­sé des méthodes dan­ge­reuses. Inter­dire l’ivg n’empêcherait abso­lu­ment pas les avor­te­ments, ça les ren­drait juste dan­ge­reux.

    Je ne regrette abso­lu­ment pas mon choix puisque je n’ai même pas l’im­pres­sion d’en avoir fait un. C’é­tait une évi­dence, même pas besoin de réflé­chir une seconde. L’autre scé­na­rio c’é­tait juste l’en­fer pour moi, impos­sible d’en­vi­sa­ger ça. Je n’ai pas non plus cette impres­sion d’a­voir tuer quel­qu’un, déjà parce que je sais qu’à ce stade là on ne peut clai­re­ment pas par­ler d’un indi­vi­du à part entière, mer­ci les cours de bio­lo­gie, que ce n’est qu’un amas de cel­lules, que j’ai pu voir de mes yeux. Un argu­ment que je vois sou­vent contre l’ivg est lié au manque de connais­sances, les gens ont l’im­pres­sion qu’on avorte d’un mini-humain. Quand c’est pris à temps, on avorte d’un amas de cel­lules, ça ne res­semble à rien du tout, et c’est nor­mal, puis­qu’à ce stade ce sont juste des cel­lules qui se mul­ti­plient.

    La rela­tion avec ce copain a duré trois ans, elle vient de se ter­mi­ner pour un motif qui n’a rien à voir. On n’a plus jamais par­lé de l’ivg par la suite puis­qu’on n’en avait pas besoin. Moi c’é­tait la fête quand toute cette his­toire s’est finie, pour lui aus­si j’i­ma­gine.

    Si l’ivg est vou­lue à 100%, que c’est vrai­ment pas envi­sa­geable de gar­der l’embryon pour n’im­porte quelle rai­son qui vous tient à coeur, il ne faut pas avoir peur de regret­ter sa déci­sion. Je n’ai subi aucun trau­ma­tisme, aucun regret, et je suis vrai­ment recon­nais­sante d’a­voir accès à ce ser­vice. Je n’ai subi aucune séquelle. A part peut-être le fait de voir rouge quand on essaie de m’ex­pli­quer pour­quoi il fau­drait inter­dire l’ivg !

  170. Charline dit :

    Bon­jour,
    j’ai avor­té il y a il an et demi et je vais bien, mer­ci !

    J’ai arrê­té la contra­cep­tion hor­mo­nale car je ne sup­por­tais pas les hor­mones : baisse de libi­do (ou inexis­tence ?), irri­ta­tion, prise de poids. Lorsque j’ai arrê­té la pilule, j’ai décou­vert enfin que j’a­vais envie de sexe ! Fou ! Cela a éga­le­ment éveillé des réflexions concer­nant la res­pon­sa­bi­li­té de la contra­cep­tion qui revient mal­heu­reu­se­ment tou­jours à la femme… !

    Bref, du coup nous avons fait la contra­cep­tion natu­relle avec mon com­pa­gnon : prise de tem­pé­ra­ture, tou­cher du col, ana­lyse des glaires cer­vi­cales etc. On avait fait un mini for­ma­tion ensemble et on s’y tenait vrai­ment bien.
    Seule­ment les cycles peuvent être cham­bou­lés par beau­coup de fac­teurs exté­rieurs. Il a suf­fit d’une fois, un rap­port non pro­té­gé lorsque j’é­tais appa­rem­ment fer­tile (après 1 an et demi sans sou­ci). s
    Nous avions déjà dis­cu­té de l’é­ven­tua­li­té d’une gros­sesse avec ce mode de contra­cep­tion et tous les deux étions sur la même lon­gueur d’onde.
    Je ne désire pas (et n’ai jamais dési­ré) mettre un enfant au monde, lui aime­rait peut-être être père un jour mais pas pour le moment.

    Lorsque nous l’a­vons appris, j’ai pani­qué. Direc­te­ment je me suis dit « c’est impos­sible je ne peux pas gar­der ça en moi, c’est impos­sible ».
    Nous avons trou­vé un plan­ning fami­lial génial avec qui j’ai eu le pre­mier rdv après les congés de Noël (qui étaient, cette année là inter­mi­nables). J’a­vais des nau­sées et à chaque fois je me disais « j’ai­me­rais tel­le­ment ne rien avoir en moi »
    C’est fou à dire mais je consi­dé­rais cet amas de cel­lules comme un quelque chose duquel je devais abso­lu­ment me débar­ras­ser.
    Aujourd’­hui je pense que si l’IVG n’é­tait pas dépé­na­li­sée, j’au­rais trou­vé n’im­porte quel moyen d’a­vor­ter… Léga­le­ment ou pas.

    J’é­tais à 7 semaines de gros­sesse et j’ai choi­si l’a­vor­te­ment par aspi­ra­tion afin de pla­cer un sté­ri­let en cuivre après l’in­ter­ven­tion. Sur le moment, j’ai pleu­ré de sou­la­ge­ment. Je me sen­tais cou­pable mais en même temps incroya­ble­ment sou­la­gée de pou­voir choi­sir la vie que je veux avoir. Mon com­pa­gnon m’a sou­te­nu tout le long du pro­ces­sus. Je n’ai jamais regret­té. Je n’i­ma­gine pas la pré­sence de ce poten­tiel enfant aujourd’­hui à côté de nous (je suis tou­jours avec le même com­pa­gnon) Ca ne me vient même pas a l’es­prit. Pour moi, un amas de cel­lule a exis­té et je l’ai empê­ché de se déve­lop­per. Je pense pas être une mau­vaise per­sonne d’a­voir pris cette déci­sion.

    Je pense que mal­heu­reu­se­ment les textes de loi anti avor­te­ment péna­lisent uni­que­ment la femme alors qu’une femme n’est pas seule res­pon­sable de la fécon­da­tion d’un ovule ! Le géni­teur n’est jamais cité dans les textes de loi à ce que je sache…

    Je suis ravie de vivre dans un pays où le droit de la femme est consi­dé­ré (il y a encore énor­mé­ment de pro­grès à faire !). Je me rends compte que ce droit est incroya­ble­ment fra­gile et qu’il faut se battre encore aujourd’­hui pour que toutes les femmes du monde ait le droit à dis­po­ser de leur corps.

    Mer­ci de faire entendre nos voix.

    Char­line

  171. Solène dit :

    Mer­ci pour ce blog. J’ai avor­té il y a 2 mois, je ne regrette abso­lu­ment pas mon choix, et ça fait du bien de lire tous ces témoi­gnages où je retrouve pas mal de mes res­sen­tis.

    Je vou­lais témoi­gner ici pour dire que ma prise en charge a été simple et rapide, le pro­ces­sus s’est bien pas­sé et j’ai été très bien accueillie, que ce soit par mon méde­cin trai­tant, mon gyne­co ou la sage femme du CHU.
    La même chose pour mes amies (sauf une à qui j’ai très vite rap­pe­lé que c’est un choix qui concerne mon com­pa­gnon et moi, per­sonne d’autre) et mes parents, qui ont été com­pré­hen­sifs, pré­sents et bien­veillants.

    En revanche, la per­sonne qui a été la plus dure avec moi même…c’est moi. Je me sen­tais nulle de tom­ber bête­ment enceinte à 27 ans (pas de pré­ser­va­tif sous la main, « ce ne serait vrai­ment pas de chance de tom­ber enceinte la seule fois où on en uti­lise pas »…et pour­tant), j’a­vais peur du regard qui serait por­té sur moi, peur d’être trau­ma­ti­sée, peur d’a­voir mal, peur d’être sté­rile suite à l’IVG…un mélange entre des peurs et des idées reçues et ancrées dans la socié­té qui contri­buent à la culpa­bi­li­sa­tion des femmes qui avortent.
    Si j’ai fait le choix d’en par­ler uni­que­ment à mon com­pa­gnon, mes parents et amis proches pen­dant la démarche (ça a été un choc de réa­li­ser que j’é­tais enceinte, je ne savais pas com­ment réagir et faire face, j’a­vais envie de rede­ve­nir « nor­male » très vite), j’a­vais deman­dé à mon com­pa­gnon de ne pas en par­ler à ses amis et je crois que ça l’a affec­té. Aujourd’­hui, ayant dépas­sé tout ça et ayant eu le temps de réflé­chir et de poser des mots sur mes émo­tions, j’ai envie de le crier sur tous les toits, col­lègues, connais­sances, famille élar­gie, pour mon­trer que ça peut arri­ver à tout le monde, à tous les âges, et que ce n’est pas grave. Quand on n’est pas prête on n’est pas prête.

    Je pense qu’un tabou entoure encore l’IVG et c’est cela qui contri­bue à évi­ter d’en par­ler, mini­mi­ser les choses et à dif­fu­ser de fausses croyances.
    En en par­lant autour de moi, j’ap­prends que beau­coup d’autres per­sonnes de mon entou­rage ont eu recours à l’IVG, et que je ne le savais pas.

    Mer­ci encore pour ce blog et nous per­mettre d’en par­ler!

  172. Libra-toi dit :

    J’ai avor­té chez mon copain, alors que ses parents étaient dans le même mai­son, et ça s’est très bien pas­sé. Pour moi qui m’imaginer le pire, j’ai été sur­prise de bien le vivre et de n’avoir aucune réper­cus­sion psy­cho­lo­gique. Fina­le­ment, c’était sur­tout les autres le sou­cis, et l’image que l’on donne à cette déci­sion et de ce terme « l’avortement » qui fait peur et qui est un sujet dont il ne faut pas par­ler. Et d’ailleurs, j’en parle aujourd’hui libre­ment sans gène, ni tabou. Aus­si, contrai­re­ment à ce qu’on peut pen­ser, pour moi le pire n’était pas l’après, ni le pen­dant. Le pire, c’était sur­tout l’avant : la décou­verte, l’effet de sur­prise, l’attente, et l’incompréhension.
    Atten­tion, je raconte MON expé­rience et MES res­sen­tis. Ce n’est pas un acte ano­din, en aucun cas je ne le mini­mise ni le bana­lise.

    L’avant : La décou­verte
    Nous sommes en sep­tembre 2018, j’ai 21 ans, je rentre en bac+5. Une semaine après la ren­trée, je découvre que je suis enceinte. A ce moment là, je suis dans les toi­lettes, déten­due et sereine, en atten­dant la réponse du test : je me dis qu’il sera néga­tif évi­dem­ment. Ce n’est pas le pre­mière fois que j’en fais un, après tout, on est jamais trop pru­dent. Ils sont très rapides ces petits engins, une minute plus tard je vois une barre s’afficher et une autre barre à peine per­cep­tible à côté. Sur le moment, je ne prête pas atten­tion à la seconde.

    Une barre = pas enceinte
    Deux barres = enceinte

    Une barre, c’est bon non ? Je ne suis pas enceinte. Je me rha­bille, mais je refile quand même un petit coup d’oeil sur le test. Tiens, mais cette autre barre à peine visible, peut-être consi­dé­rée comme une « deuxième » vrai barre ? Naaaaan. Ça aurait était bien plus per­cep­tible. Il me semble qu’on voit tou­jours très vite fait cette barre à chaque fois que je fais des tests. Non ?
    Para­no que je suis (et visi­ble­ment j’ai eu rai­son), je monte dans ma chambre pour lire une énième fois le mode d’emploi. Je ne sais pas quoi y pen­ser, c’est vrai­ment pas clair ces trucs là ! Mais plus je passe mon regard sur le test plus je me dis que si en fait, mal­gré l’illisibilité, il y a bien deux barres… Je suis bien enceinte. Pour être hon­nête je ne sais même plus ma réac­tion sur le moment, d’un côté j’y croyais pas, et d’un autre côté j’étais en panique inté­rieure entrain de pleu­rer. Ce n’est pas pos­sible, pas moi, ça n’arrive qu’aux autres, puis elles sont même pas bien visibles les deux barres ! J’espère que je suis encore para­no pour rien. J’appelle mon copain en pleure, pour lui dire (tout en sachant per­ti­nem­ment que si c’était vrai­ment le cas, l’avortement serait pour nous la seule solu­tion). Je pense que ni lui ni moi ne nous ren­dions compte de la situa­tion à ce moment là, c’est pas pos­sible en même temps. Qui peut y croire ?
    Je ne sais pas quoi faire, en même temps je peux rien faire il est 21h, donc à part aller dor­mir c’est pas main­te­nant que je vais trou­ver une solu­tion ! Je le dis à des amis, ils me croient et me ras­surent. Mais au moment où j’envoie la pho­to du test… « Mouais. » (C’est vrai­ment pas clair ces tests. On ne me croit même pas.) Bon, j’ai un autre test clear blue digi­tal « le seul test qui indique le nombre de semaines » on sera fixer. Et puis, j’ai même pas encore de retard de règles, je dois les avoir dans deux jours, on ver­ra bien. J’en refais un demain matin avant d’aller en cours aller.

    Le len­de­main matin sur le test, écrit noir sur blanc : « Enceinte. 2 semaines«

    Il est 6h00 du matin, je suis seule, dans mes toi­lettes, tout le monde dort. Et je suis bien enceinte. C’est impos­sible que je garde cet enfant. Déjà car je n’en ai jamais vou­lu, et car aujourd’hui je n’en veux tou­jours pas. Je n’ai même pas besoin de réflé­chir, depuis des années. C’est une évi­dence pour moi. C’est peut-être ça qui a faci­li­té le reste du pro­ces­sus me direz-vous. Cer­tains diront que ma pen­sée est cruelle, mais non. Je ne me vois pas éle­ver un enfant main­te­nant. Je suis étu­diante déjà, et puis même, ce n’est pas mon sou­hait, je ne veux pas lui offrir une mau­vaise vie. C’est mort.
    Je suis sûre de mon choix. Bon et main­te­nant ? Je sais qu’on peut faire un avor­te­ment par médi­ca­ments. Je suis enceinte de peu de temps, avec un peu de chance je peux avoir l’avortement médi­ca­men­teux et non chi­rur­gi­cal. Puis c’est juste une prise de médi­ca­ments, ça doit pas être si ter­rible après tout.

    L’avant : Les ren­dez-vous
    Je suis trop cham­bou­lée, je sors de chez moi sinon je vais être en retard. Jusqu’à la der­nière minute de mon tra­jet, je me demande si je vais en cours ou non, tout en consul­tant les horaires des plan­nings fami­liaux. Je fini­rai par ne pas aller en cours.
    Je me rends au plan­ning fami­lial qui ouvre le plus tôt, il est de l’autre côté de Paris. Je suis seule, il pleut, je sèche les cours, mon copain ne pou­vait pas du tout se libé­rer, j’essaie d’appeler mes amis, tout le monde dort, il est à peine 8h. Je suis devant le plan­ning, impos­sible de me déci­der à ren­trer. Je pleure, et je pense que ce moment était pour moi plus dif­fi­cile que l’avortement lui-même. Va savoir pour­quoi, je n’arrive pas à ren­trer. Il aurait fal­lut que j’explique au corps médi­cal que j’étais enceinte et que je veux avor­ter ? Pas pos­sible. Sur­tout qu’à ce moment là, ce devien­drait vrai­ment réel.
    Je n’y arrive pas, je me pose sur les marches à côtés, en san­glot, les gens passent et me regardent avec peine, une dame me demande si ça va et si elle peut m’aider. J’ai faillit lui dire, que je n’arrivais pas à ren­trer, que c’était plus fort que moi, mais qu’il faut qu’elle m’aide à pas­ser cette porte. Mais j’étais tel­le­ment mal… Après plus d’un quart d’heure, d’un élan de luci­di­té je me décide à ren­trer, dans tous les cas : attendre ou y aller à un autre moment serait pire. J’ouvre la porte, j’arrive à l’accueil et au moment où elle me demande pour­quoi je viens, je fond en larmes (encore une fois) et impos­sible de par­ler. J’ai eu de la chance, elle a tout de suite com­pris. En même temps, elle doit en voir pas­ser tous les jours des jeunes femmes comme moi. Elle me dit de prendre mon temps, me pro­pose un verre d’eau, que je lui expli­que­rai quand je pour­rai. Je vais m’asseoir, je me calme, et 5 minutes plus tard je me relève et me redi­rige devant elle, je n’y arrive tou­jours pas.
    Elle sait, elle me dit en chu­cho­tant « Vous êtes enceinte. » je re-fond en larmes en hochant la tête. « ….Vous ne vou­lez pas le gar­der. » je lui fais un signe néga­tif de la tête. On va dans son bureau. Elle m’explique la pro­cé­dure, que là elle ne peut rien faire, que je dois aller chez un méde­cin géné­ra­liste pour qu’il me fasse une attes­ta­tion offi­cielle de ma demande, que je fasse une prise de sang, une écho­gra­phie, que je revienne et bla­bla­bla. Elle me demande si je veux que mes parents soient au cou­rant, car je peux mettre une autre adresse pour ne pas rece­voir la fac­ture si je refuse. Elle me ren­seigne sur les dif­fé­rents types d’avortement :
    – Avant 7 semaines : Médi­ca­men­teux.
    – Jusqu’à 12 semaines : Chi­rur­gie – Aspi­ra­tion (Oui, aspi­ra­tion, on vous rentre un petit engin qui ins­pire le conte­nu de l’utérus, sous anes­thé­siée géné­rale ou locale selon le choix de la per­sonne).
    Atten­tion, il faut bien faire la dif­fé­rence entre les semaines de gros­sesse, et les semaines d’aménorrhée (absence de règles). Selon les éta­blis­se­ments, la façon de faire (chez soi ou en cli­nique) les dates maxi­males d’avortement peuvent varier. Lorsque l’on est à 7 semaines d’Aménorrhée, on est à 5 semaines de gros­sesse. C’est-à-dire, 5 semaines depuis l’ovulation (soit 2 semaines après le début du der­nier cycle). A ce moment, j’étais à ma 4/5ième SA.
    Elle me demande quelle méthode je veux uti­li­ser. Tout est 100% rem­bour­sé, mais il est pos­sible que j’ai à avan­cer des frais. A savoir que l’IVG médi­ca­men­teuse coûte envi­ron 100/200€, et l’opération 500€. Je choi­si l’IVG médi­ca­men­teuse, évi­dem­ment. (Ce sera fina­le­ment ma gyné­co habi­tuelle qui s’occupera de mon IVG, et non ce plan­ning fami­lial). Je sors, je prends tous mes ren­dez-vous dans la même jour­née grâce à une appli­ca­tion : RDV à 13h30 avec ma sage-fem­me/­gy­né­co (j’ai de la chance que ma gyné­co habi­tuelle soit aus­si sage femme et qu’elle fasse des ivg), RDV à 15h pour l’échographie, et à 16h30 pour la prise de sang. J’avais l’habitude des écho­gra­phies vu que j’en avais fait pour contrôle avant pose de DIU, donc aucune inquié­tude pour tout ça.Je me rends chez ma gyné­co, tou­jours seule, je m’assois.

    « Ah ! Vous allez bien ? On va enfin pou­voir vous le poser ce sté­ri­let ! 🙂 »
    Je la regarde, je rigole ner­veu­se­ment et je lui dis « Je suis enceinte. »
    – « Oh merde. »
    Je me retiens de pleu­rer.

    Elle savait per­ti­nem­ment que je ne vou­lais pas le gar­der. J’ai l’impression que toutes les per­sonnes que j’ai ren­con­tré savaient que j’étais sûre de ça, car nor­ma­le­ment on doit voir un psy, il y a des délais de réflexion etc. Mais bon, j’ai eu de la chance de tom­ber sur un corps médi­cal hyper com­pré­hen­sif, ras­su­rant, et qui ne me jugeaient pas, au contraire !!
    Elle m’explique la pro­cé­dure de l’ivg médi­ca­men­teuse : je peux faire la faire en cli­nique ou chez moi. Je lui dis que je pré­fère la faire à domi­cile. Elle me ras­sure, me dit qu’il n’y a pas de quoi avoir peur, qu’il y a peu de risques, mais qu’il faut quand même que je puisse avoir accès à un hôpi­tal en cas de com­pli­ca­tions.
    Elle me dit qu’il faut que je fasse l’échographie et la prise de sang pour qu’on soit sûre que je sois enceinte, de savoir la date, et qu’il s’agisse bien d’une gros­sesse intra-uté­rine ( et non extra-uté­rine, sinon : com­pli­ca­tions, pas besoin d’avorter car on ne peut dans tous les cas mener une gros­sesse à terme) pour pou­voir faire l’avortement. Je sors, ras­su­rée. Si on nous dit qu’on peut faire un avor­te­ment seul à domi­cile, c’est que c’est sup­por­table niveau dou­leur.

    Echo­gra­phie n°1 : Pré­sence d’un poten­tiel sac ges­ta­tion­nel, sans pré­sence de vési­cule.
    15h : Je fais l’écho, le gars est hyper gen­til, il me laisse insé­rer la sonde moi même. Il savait direc­te­ment que je ne vou­lais pas le gar­der, il ne m’a pas jugé, ni rien, et il m’a dit qu’au vue de l’échographie, c’était ok pour l’ivg. Effec­ti­ve­ment on voit un sac ges­ta­tion­nel (mini poche dans l’utérus) mais qui ne contient pas encore de vési­cule (d’embryon) à ce stage de la gros­sesse, et confirme que je suis bien à 4–5 SA. En gros, c’est un sac qui se forme pour ensuite accueillir l’embryon, Je suis bien enceinte. (Oui parce qu’au fond de moi j’avais tou­jours espoir que le test se trompe). L’écho ne m’a pas trau­ma­ti­sé, ne m’a rien fait, c’est tout petit, quelques mil­li­mètres à peine, et il n’y a même pas encore d’embryon.

    16h30 : Prise de sang. On me demande la rai­son, j’explique que je suis là pour savoir si je suis enceinte.

    « Féli­ci­ta­tions«
    Waw. Et là ça fait tilte, des per­sonnes auraient été heu­reuses d’avoir cet enfant, et moi c’est tout le contraire. Je com­mence à culpa­bi­li­ser.

    C’est tout à fait nor­mal de dire ça, et pour­tant… Et c’est là où je me suis ren­due compte, que si j’attendais 9 mois, j’allais VRAIMENT avoir un mini humain qui sort de mon corps. Que c’était vrai­ment réel, pen­dant une minute je me suis dis « Ima­gine je le garde? » et je suis vite reve­nue à la réa­li­té, non non c’est impos­sible. Je pense que ça a été mon seul vrai moment de doute. Je lui dis que je ne veux pas le gar­der (sans aucune gène), elle s’excuse et se sen­tait hyper mal la pauvre. Mais aucun juge­ment. Vrai­ment j’ai eu de la chance de ouf de tom­ber sur des per­sonnes hyper com­pré­hen­sives tout le long ! Rapi­de­ment, dans les jours qui suivent je ne sais plus quand exac­te­ment, j’ai les résul­tats, qui recon­firme le diag­nos­tic. J’envoie l’échographie + les résul­tats de la prise de sang à ma gyné­co qui me dit :

    « On ne voit pas la vési­cule, on ne peut pas faire l’IVG main­te­nant, il se peut que ce soit un œuf clair (en gros que l’embryon ne se pointe jamais et que j’expulse natu­rel­le­ment = fausse couche), ou que la gros­sesse soit extra-uté­rine (dans ce cas, soit opé­ra­tion soit expul­sion natu­relle, mais une gros­sesse extra-uté­rine, c’est dan­ge­reux). On refait l’écho dans quelques jours. »
    -« Quoi, je dois res­ter encore des jours avec un corps étran­ger qui pousse en moi ? »

    Vous êtes entrain de me dire que je n’ai que 2/3 semaines pour faire une IVG médi­ca­men­teuse, mais que je dois attendre quelques jours pour refaire une écho alors que là je suis clai­re­ment enceinte, et que dans tous les cas je vou­drai le faire expul­ser.

    L’avant : Une attente inter­mi­nable
    L’attente. Faire comme si de rien était. Aller en cours, en sachant, qu’on a un truc, certe minus­cule, qui pousse dans le bide. Vrai­ment j’pense que c’était la pire chose. Faire genre devant mes parents que tout va bien. J’étais tel­le­ment déses­pé­rée que j’ai même cher­ché sur inter­net des pos­si­bi­li­tés d’avorter seule, par méthode natu­relle. « Com­ment déclen­cher une fausse couche », « avor­te­ment natu­rel » …
    J’ai vrai­ment du mal à res­ter toutes les jour­nées en cours, psy­cho­lo­gi­que­ment je trouve que c’est vrai­ment le plus com­pli­qué cette attente. Je n’ai qu’une hâte : que cet avor­te­ment se fasse. Je suis à deux doigts de cra­quer, je sors à la fin du cours, je vais voir la direc­trice péda­go­gique de mon école et lui demande si je peux lui par­ler en pri­vé. Elle voit que je tremble, que je me retiens de pleu­rer. Je lui explique que je suis enceinte, que c’est dur pour moi d’assister à tous les cours psy­cho­lo­gi­que­ment, que je vais avoir plu­sieurs ren­dez-vous, et qu’en atten­dant l’intervention, j’ai peur de dépas­ser les 18h de volume maxi­mum d’absence auto­ri­sés par l’école. Elle est hyper com­pré­hen­sive, mais VRAIMENT. Elle me dit qu’il n’y a pas de sou­cis, que ça va res­ter confi­den­tiel, que je n’ai qu’à lui envoyer un petit mail quand je sens que je ne peux pas aller en cours et elle excu­se­ra mes absences. A‑do-rable. Quelques jours s’écoulent, je n’ai pas encore de nau­sées heu­reu­se­ment, par­fois j’ai le ventre hyper gon­flé et hyper dur, je prends des seins, mais fran­che­ment à part ça, tout va bien (phy­si­que­ment). Men­ta­le­ment, c’est autre chose, je craque hyper sou­vent, les réveils sont com­pli­qués car ce sont des gros « retours à la réa­li­té » pas for­cé­ment agréables…

    Echo­gra­phie n°2 : Le sac ges­ta­tion­nel a un tout petit peu gros­si, tou­jours aucune trace de vési­cule.
    J’ai chan­gé d’échographiste entre la pre­mière et le deuxième écho­gra­phie. Je suis reve­nue à ma toute pre­mière écho­gra­phiste qui s’occupait de moi pour savoir si je pou­vais faire la pose de DIU ou non. Une crème cette dame, vrai­ment ado­rable. Si vous recher­chez une sage-fem­me/­gy­né­co et une écho­gra­phiste en Ile de France, je vous les recom­mande mille fois.
    Elle ne fai­sait que me ras­su­rer, elle m’a même dit « J’aime bien les patients comme toi ». Elle ne m’a en rien juger sur ma déci­sion, on se sent hyper sou­te­nue. Je rends les résul­tats à ma Gyné­co.

    « Bon, il a peu gros­si, tou­jours aucune trace de vési­cule même si la gros­sesse est bien intra-uté­rine. Il se peut qu’il s’agisse d’un œuf clair et que vous l’expulsiez natu­rel­le­ment. Pour savoir si la gros­sesse est évo­lu­tive ou non, il faut refaire une prise de sang dans quelques jours, voir si le taux d’hormones à dou­bler ou non. Si non, c’est non évo­lu­tif. Et on refait une écho­gra­phie dans quelques jours. »

    Je suis hyper heu­reuse sur le coup, du bon­heur mêlé à une frus­tra­tion d’avoir encore à attendre. Mais peut-être vais-je faire une fausse couche natu­relle dans les pro­chains jours ! Peut-être que je n’aurai pas besoin d’avorter ! Peut-être que la gros­sesse est non évo­lu­tive ! C’est super ! Mon corps aurait-il com­pris mon désir de ne pas le gar­der ?
    Pen­dant les jours qui suivent, je suis plu­tôt confiante. J’espère que c’est vrai­ment ça, car il ne me reste plus beau­coup de temps avant que l’ivg médi­ca­men­teuse ne se trans­forme en IVG chi­rur­gi­cale.
    Je refais la prise de sang… le taux d’hormone a bien dou­blé…. Putain.

    Echo­gra­phie n°3 : Le sac ges­ta­tion­nel fait main­te­nant 2 cm, et on y voit un mini embryon. La gros­sesse est bien évo­lu­tive.
    Vous ima­gi­nez mes émo­tions faire les mon­tagnes russes en l’espace de quelques jours. Des mon­tagnes russes entre : Je vais avor­ter je suis enceinte, ah il faut attendre parce qu’on est pas sûr que ce soit intra-uté­rin, ah la gros­sesse est peut-être non évo­lu­tive je ne vais pas avoir besoin d’avorter, ah en fait si elle est bien évo­lu­tive.
    Mais à ce moment, je n’en peux plus, alors oui c’est cru, mais c’est ce que j’ai res­sen­ti : j’avais vrai­ment envie de l’arracher de mon ventre, d’avoir un autre être vivant dans mon corps (oui car même au stade de l’embryon, le cœur bat déjà) c’était insup­por­table pour moi.
    Je ne perds pas de temps, je peux enfin avor­ter, on est mar­di. J’envoie les résul­tats à ma gyné­co/­sage-femme qui me réponds : « C’est ok pour l’IVG. RDV demain 13h«

    Pen­dant : L’avortement
    Plus de deux semaines se sont écou­lées depuis que je suis au cou­rant du mini être vivant qui pousse dans mon ventre, je com­mence à avoir des nau­sées. Il ne me reste une semaine avant le pas­sage à l’ivg chi­rur­gi­cale. Heu­reu­se­ment que l’avortement se fait aujourd’hui. Je suis sou­la­gée et hyper stres­sée en même temps, sur­tout en ayant lu sur divers forums que par­fois la gros­sesse res­tait évo­lu­tive même après l’ivg, que ça pou­vait ne pas fonc­tion­ner. J’ai beau­coup de sou­tien de mon copain, qui sera là pen­dant toute la durée de mon avor­te­ment. Le sou­tien éga­le­ment de mes amis à qui je l’ai dit, et d’une fille sur twit­ter qui a vécu éga­le­ment l’avortement et qui m’a é‑nor-mé-ment aidée (mer­ci encore d’ailleurs).
    Ma sage femme me réex­plique, je signe le papier qui dit que si l’ivg ne fonc­tionne pas je m’engage à tenir ma gros­sesse à terme (j’ai d’ailleurs pas com­pris pour­quoi je devais signer ce truc???). Je demande à ma sage-femme, qui me dit « non mais une fois le pro­ces­sus com­men­cé, si la gros­sesse est inter­rom­pue, même si ça ne s’expulse pas, on fait l’opération pour l’enlever hein. » Bon.
    On est mer­cre­di : je prends le pre­mier médi­ca­ment dans son cabi­net: celui qui inter­rompt la gros­sesse. Puis je rentre chez moi direc­te­ment après l’avoir pris. Pour le reste je ne peux pas faire ça chez moi, je vis encore chez mes parents. Chez mon copain aller. Même s’il vit chez ses parents, la mai­son est grande, et je res­te­rai dans sa chambre.

    « Il se peut que vous ayez des sai­gne­ments ou des dou­leurs le len­de­main du pre­mier médi­ca­ment, ou aucun symp­tôme, cela dépend des per­sonnes. Et je vous passe les 4 pro­chains médi­ca­ments qui déclen­che­ront l’avortement : à prendre ven­dre­di. Les deux pre­miers à prendre à 8h00 du matin, les deux der­niers à 10h. Vous aurez des contrac­tions étant don­ner que cela déclenche l’ouverture de l’utérus comme à un accou­che­ment, il se peut que vous tom­biez dans les pommes, cer­taines per­sonnes ont des dou­leurs atroces, d’autres sim­ple­ment simi­laires aux règles. Vous allez expul­ser l’œuf, qui sera éjec­ter sur votre ser­viette hygié­nique ou dans les toi­lettes selon les condi­tions du moment. Il ne faut pas vomir les médi­ca­ments, vous allez beau­coup sai­gner. Pré­voyez des grosses ser­viettes, si vous vous chan­gez 2 fois par heure pen­dant plus de deux heures d’affilées c’est une hémor­ra­gie : il faut vous rendre aux urgences. Géné­ra­le­ment ça se passe bien, je vous pré­viens juste des éven­tuels risques, il est rare que ça ne fonc­tionne pas : 5%. (c’est énorme putain). Vous pou­vez prendre un Anta­dys 30 minutes avant 8h00, puis des nurofen/spasfon si les dou­leurs sont trop intenses. Vous allez sai­gner abon­dam­ment pen­dant 10 à 20 jours sui­vant l’avortement. A la fin des sai­gne­ments, vous devrez faire l’échographie de contrôle pour voir si tout a bien été expul­sé, et qu’il n’y ait pas de débris. Nous, on se revoit dans un mois, à la visite de contrôle. Les filles qui ont des règles dou­lou­reuses et des sai­gne­ments abon­dants res­sentent plus de dou­leurs pen­dant l’avortement, enfin ça dépend. »

    Ok. J’ai jamais eu de règles hyper dou­lou­reuses, ni abon­dantes, ça me ras­sure.

    L’après midi du pre­mier médi­ca­ment, je suis chez moi, rien ne se passe : tant mieux. Le len­de­main non plus, je m’inquiète un peu, est-ce que ça a mar­ché ? Est-ce que ma gros­sesse est inter­rom­pue ? Je regarde sur inter­net, c’est écrit par­tout que les filles avaient des sai­gne­ments après le pre­mier médi­ca­ment. Bon. Tant pis, ma gyné­co m’a dit que cer­taines femmes ne res­sen­taient rien après le pre­mier médi­ca­ment. On ver­ra bien ce qu’il se passe avec les autres. Après tout, ça a juste arrê­té la gros­sesse, ça n’a pas déclen­ché l’expulsion. J’envoie un sms à ma gyné­co pour la tenir au cou­rant, et je lui demande si c’est pos­sible de dor­mir pen­dant l’avortement ? Si je prends les médocs à 8h et que je me ren­dors, je ne sen­ti­rai rien ?
    (Ca peut paraître débile comme ques­tion, mais on se pose un tas de ques­tions plus ou moins connes, tout ce qui peut nous per­mettre de pas­ser vite cette étape et d’avoir le moins de dou­leur pos­sible est bon à savoir) « Vous ne pour­rez pas dor­mir, vous allez avor­ter. » Oui bon JE SAIS. Mais peut-être que …. bref.

    J’étais équi­pée : Ser­viettes hygié­niques, couches pour adultes (Oui parce que j’avais lu par­tout que c’était beau­coup plus effi­cace que des ser­viettes, sur­tout pour la nuit, vu ce que j’allais reje­ter), Anta­dys, Voga­lib, Spas­fon, Nuro­fen, le papier expli­quant le pro­ces­sus de l’IVG, com­pote de pomme, bou­teille d’eau, bas­sine (au cas où) et ser­viettes de bain (j’étais chez mon copain je ne vou­lais pas tacher les draps la nuit)

    Pen­dant : L’expulsion
    Le ven­dre­di :
    – Reveil 7h30 : je prends un Anta­dys. Je me ren­dors.
    – Reveil 8h00 : à peine réveillée, je prends les deux pre­miers médi­ca­ments. Je suis hyper stres­sée, sur­tout après tout ce que j’ai lu sur inter­net… Ce sont 2 médi­ca­ments à prendre dans les joues, donc ça agit hyper vite. J’essaie quand même de me ren­dor­mir. 10 minutes plus tard : je com­mence à me tordre dans tous les sens car j’ai des contrac­tions. Hon­nê­te­ment, ça fait mal oui, un peu plus mal que les règles oui, mais je m’attendais à pire.
    Je trouve que la pose du DIU est plus dou­lou­reuse. Peut-être grâce à l’Antadys ? Et sur­tout, le fait de se dire qu’on a des contrac­tions POUR expul­ser, bah ça aide grave à sup­por­ter en fait. Ce n’est pas une dou­leur sans objec­tif, donc plus t’as mal, mieux c’est au final, car c’est que l’expulsion com­mence. Sur le moment, je ne m’attarde pas sur la dou­leur, parce que j’étais occu­pée à autre chose : NE PAS VOMIR. Les contrac­tions, c’est une chose, mais il faut gérer : le mal de tête, les ver­tiges, l’angoisse, les nau­sées, et l’envie hor­rible de « pous­ser » (expul­ser l’œuf + faire caca hein en gros), et les sai­gne­ments qui vien­dront ensuite. Pour moi les nau­sées c’était le pire, car à peine 10 minutes après la prise, mon corps reje­tait le médi­ca­ment. Je me retiens au maxi­mum, c’est plus fort que moi, je vomis un tout petit peu… Merde, j’espère vrai­ment que ça ne va pas annu­ler l’effet des 2 médi­ca­ments. Je prends rapi­de­ment un Voga­lib. Je fais des allers retours aux toi­lettes, l’envie de pous­ser mais rien ne sort (à part une diar­rhée..). Les sai­gne­ments com­mencent.
    10h00 : Je prends les deux der­niers + un nuro­fen. Les contrac­tions sont sta­bi­li­sées, mais pen­dant les deux heures il y avait des « piques » assez vio­lents, mais main­te­nant ça ne s’amplifie plus. Cool ? Merde ? Com­ment ça se fait ? Rien n’est encore expul­sé !
    Je n’ai plus envie de vomir. Mais tou­jours mal au ventre, je suis faible, j’ai tou­jours cette envie de pous­ser, j’essaie, en vain. Les sai­gne­ments s’intensifient eux par contre, je mets ma couche, j’ai peur de faire une hémor­ra­gie.
    Il est 10h30 du matin, je suis seule avec mon copain dans sa chambre, sans corps médi­cal pour m’aider à y voir plus clair et à sup­por­ter tout ça. Mon copain se sent impuis­sant face à la situa­tion. J’avoue que c’est pas le meilleur des moments, mais bon hon­nê­te­ment c’est pas le pire non plus.
    12h : je vais une énième fois au toi­lette, j’entends un « poc » et je sens comme quelque chose sor­tir. Je vais par­ler très cru : Sur le moment, je ne sais pas si c’est ça ou si c’est un énième caillot de sang. On m’avait dit qu’il était pos­sible que je ne sache pas si oui ou non l’expulsion est faite au moment où elle se fait, que je pou­vais ne rien sen­tir, que l’œuf pou­vait se fondre dans mon sang et que je puisse ne pas le voir. Mais je regarde dans les toi­lettes… Entre le PQ, les sai­gne­ments, et mes affaires, impos­sible de dis­tin­guer quoi que ce soit. Je crois aper­ce­voir une petite boule trans­lu­cide, mais je ne suis pas sûre… (Aujourd’hui, je pense fina­le­ment que c’était ça)
    Je sors des toi­lettes, et fina­le­ment plus le temps passe, plus mon état s’améliore en même pas quelques minutes/heures. Les contrac­tions sont moins pré­sentes, les sai­gne­ments s’affaiblissement (c’est encore abon­dant, plus que des règles, je sors tou­jours glaires et caillots de sang ÉNORMES, mais c’est moins qu’au début), plus d’envie de pous­ser. Je refais ma vie nor­ma­le­ment, je mange, je suis sur mon télé­phone, je rebouge, je rigole, je me lève, et même si je suis faible je n’y pense déjà qua­si­ment plus. Tout le week-end je suis fati­guée. Mais je vais très bien, comme si de rien était. La semaine qui suit, je retourne en cours, tout va pour le mieux. Des sai­gne­ments dure­ront pen­dant envi­ron 20 jours, mais rien d’alarmant. Bref : je vais très bien et ce n’était pas si ter­rible que ça, en à peine quelques heures, c’était fini.

    Je me rends à mon écho­gra­phie de contrôle. Il y a quelques détri­tus res­tant, je pen­sais qu’il fal­lait faire un cure­tage mais non, les détri­tus s’en iront durant les pro­chaines règles.

    Fina­le­ment, l’IVG s’est plu­tôt bien pas­sé, je n’ai pas eu de com­pli­ca­tions, j’ai eu la chance de tom­ber sur des pro­fes­sion­nels com­pé­tents et qui ne me jugeaient pas (je sais que ce n’est pas tou­jours le cas). Je le répète mais je ne bana­lise en rien l’acte, et je ne le mini­mise pas mal­gré mes pro­pos par­fois crus. C’était sim­ple­ment mes vrais res­sen­tis à l’instant T.
    Donc, on peut très bien pas­ser au des­sus, ne même plus y pen­ser, et très bien aller seule­ment quelques minutes après la fin l’acte. Par ce témoi­gnage, je cherche à décul­pa­bi­li­ser et ras­su­rer les per­sonnes en détresse, bien sûr qu’il peut y avoir des com­pli­ca­tions, mais la plu­part du temps, ça se passe bien et sur­tout, nous n’avons pas à regret­ter notre choix. Ne culpa­bi­li­sez pas d’aller bien et de ne pas regret­ter. Nous sommes dans notre droit, c’est notre corps, notre déci­sion.

  173. Gawel dit :

    Je me rends compte que je n’ai jamais écrit mon his­toire, moi qui ai signé la péti­tion des filles des 434 salopes par sou­tien sans avoir avor­té !
    J’ai fina­le­ment avor­té à mon tour (fini le sen­ti­ment d’im­pos­ture) en juin 2015, après une gros­sesse liée à un sté­ri­let mal posé 3 ans aupa­ra­vant (soit il a bou­gé sur le tard soit j’ai eu une chance folle pen­dant 3 ans !).
    2 enfants, pas de pro­jet de 3e (déjà le 2e c’é­tait pas éco­lo 😉 ), un pro­jet pro­fes­sion­nel inté­res­sant, incom­pa­tible avec une gros­sesse (par­tir en congé mat’ pen­dant l’in­té­rim d’un congé mater­ni­té ! n’im­porte quoi). Mes hor­mones de gon­zesse m’ont fait hési­ter mais c’est aus­si bien : j’ai pris la déci­sion en étant cer­taine de ne pas vou­loir gar­der cette gros­sesse.

    Il m’ar­rive d’ou­blier que j’ai avor­té tant je l’ai bien vécu !
    En même temps, on ne peut pas faire par­tie de la troupe de potes à l’o­ri­gine de ce site et culpa­bi­li­ser de choi­sir d’a­vor­ter ! 😉
    Au bou­lot ceux que j’ai mis au cou­rant (je parle beau­coup) ont été ado­rables et com­pré­hen­sifs sur les rdv à prendre au der­nier moment.
    La gyné­co que j’ai été voir et que je n’a­vais jamais ren­con­trée de ma vie a été ultra pro­fes­sion­nelle, d’ailleurs je l’ai gar­dée comme gyné­co (même si je n’y vais jamais, honte sur moi). Elle m’a reçu super vite, m’a ré-expli­qué la pro­cé­dure (on a beau être infor­mé, le stress de ne pas lou­per un délai fait occul­ter des choses), puis j’ai har­ce­lé toutes les cli­niques de Lyon pour avoir un ren­dez-vous au plus tôt (j’a­vais un pro­jet pour lequel je ne vou­lais plus être enceinte, oui c’est égoïste mais quitte à avor­ter autant que ça ne foute pas tous mes plans en l’air).
    J’ai eu du bol, j’ai eu un rdv pas trop tard [et j’ai pu par­tir « le ventre vide » à mon week-end ami­cal.]
    L’IVG lui-même s’est bien pas­sé (ouais, j’ar­rive pas à dire une IVG), l’at­tente avant l’o­pé­ra­tion a été longue et je me sen­tais un peu dépla­cée à côté d’une res­ca­pée du can­cer qui atten­dait pour enle­ver son cathé­ter. Je sen­tais que j’é­tais cen­sée échan­ger avec elle sur nos mal­heurs res­pec­tifs, mais j’é­tais pas mal­heu­reuse, j’é­tais là volon­tai­re­ment et j’é­tais impa­tiente…
    Pen­dant l’at­tente, ma mère m’a annon­cé que ma grand-mère avait nom­mé le foe­tus « pour l’ai­der à pas­ser dans la lumière ». Soit, admet­tons, cha­cun ses opi­nions : chez moi les enfants non nom­més res­tent dans les limbes. C’est dom­mage, quand même non ? Alors ma grand-mère nomme à dis­tance tous les foe­tus décé­dés sans nom. C’é­tait pas nou­veau pour moi et si ça l’ai­dait, elle, à mieux vivre que sa petite-fille avorte, qui suis-je pour la juger ?
    Bon, si on m’a­vait deman­dé mon avis je lui aurais don­né un autre nom que Ber­nard ! 😀 (celui de feu mon grand-père), d’ailleurs je lui aurais don­né un nom de fille, Lei­la, et puis j’au­rais bien aimé d’ailleurs qu’on me demande mon avis, quoi merde ! Mais à part cette pointe de révolte, sinon je le vivais bien.
    Je me serais bien pas­sée de le savoir, quand même. Mettre un nom sur ce que je m’obs­ti­nais à ne vou­loir appré­hen­der que comme un amas de cel­lule en for­ma­tion m’a fait mettre des images sur cette petit Lei­la qui ne serait pas. Mau­vaise idée ^^

    Quand enfin ça a été mon tour, je cre­vais la dalle. J’ai échan­gé quelques mots super gen­tils avec l’in­fir­mière, j’ai plai­san­té avec le chi­rur­gien (qui se trou­vait être mon obs­té­tri­cien des deux pre­mières gros­sesses — je ne vou­lais plus jamais le revoir après la 2e, trop indé­li­cat, mais je remer­cie Qui­que­ce­soits’i­lexiste d’être tom­bée sur lui au final), j’ai été endor­mie, je me suis réveillée en salle de réveil et voi­là, c’é­tait fini.
    Je recom­mande donc ins­tam­ment l’IVG chi­rur­gi­cale par rap­port à ce que je lis de la médi­ca­men­teuse !!!

    Ensuite ma mère m’a rame­née, tout allait bien. J’ai retrou­vé mes enfants à la sor­tie de l’é­cole, c’é­tait le début du week-end, mon mari est par­ti à une réunion d’as­so pen­dant que je savou­rais sous la couette la fin de cette course effre­née.
    Puis j’ai cher­ché sur le net des idées de tatouages (un pro­jet du moment) et je me suis mise à fondre en larmes en lisant le sym­bo­lisme du coque­li­cot pré­vu. La légè­re­té, l’im­per­ma­nence, la fra­gi­li­té de la vie, je ne sais même plus trop mais ça m’a rame­né à cette petite âme qui s’é­tait envo­lée, comme une petite fille en robe rouge coque­li­cot qui se serait envo­lée dans des nuages vapo­reux, empor­tée par un bal­lon… Des trucs du genre à mettre la boule dans la gorge.
    Je m’en vou­lais ! Quoi, moi, qui milite pour le droit à bien vivre son avor­te­ment, je fonds en larmes alors que tout va pour le mieux ? Reprends toi ma fille !
    Mon mari n’a rien com­pris à mes tex­tos (trop de sous-enten­du), donc il n’est pas reve­nu me conso­ler en urgence.
    Alors j’ai appe­lé ma copine Anne-Lise (qui me manque, bor­del !!!) que j’a­vais été voir pen­dant ce bout de gros­sesse, quand elle était à l’hô­pi­tal pour deve­nir une femme sous toutes les cou­tures.
    Elle m’a écou­té pleu­rer, m’a ras­su­rée en me disant que la vie n’est jamais aus­si simple et mani­chéenne que mes beaux prin­cipes fémi­nistes, que j’a­vais par­fai­te­ment le droit de vivre un para­doxe et que tout allait et irait bien.
    Comme d’ha­bi­tude, il fal­lait que je com­mence par arrê­ter de me juger moi-même ou d’a­voir peur d’être jugée…
    J’é­tais comme au creux de son épaule, le télé­phone calé dans l’o­reille avec sa voix dedans, et c’é­tait un moment pré­cieux.
    Elle est décé­dée depuis, son corps avait tout don­né dans sa trans­for­ma­tion, la sor­tie de sa chry­sa­lide l’a­vait vidée des forces qu’il aurait fal­lu pour lut­ter contre le can­cer.
    Je ne l’ai pas su de suite, je lui lais­sais de temps en temps des mes­sages sur sa boîte vocale, je l’ai même gron­dée sur le ton de l’hu­mour de ne pas me don­ner signe de vie ; j’ai­me­rais aujourd’­hui encore pou­voir lui lais­ser des mes­sages…

    Je sou­haite à toutes celles qui avortent d’a­voir une Anne-Lise dans leur vie !
    Voi­là, c’est tout…

  174. X dit :

    Bon­jour,
    Je sou­hai­tais témoi­gner car il est vrai que je trouve impor­tant de le faire, de dédra­ma­ti­ser cet acte qui n’est, certes pas ano­din, mais qui peut arri­ver à n’im­porte qui, ne pas détruire un couple et ne pas trau­ma­ti­ser une per­sonne.
    J’ai avor­té en 2010, je suis tom­bé enceinte parce que j’a­vais arrê­té la pilule. En effet, mon ami, qui est aujourd’hui mon mari, a une mala­die orphe­line qui était cen­sé le rendre sté­rile… Après avoir eu l’ac­cord du méde­cin j’a­vais donc arrê­té ma pilule… Fina­le­ment, je suis tom­bé enceinte.
    Moi je vou­lais gar­der ma gros­sesse mais mon ami ne vou­lait pas. A époque j’a­vais 21 ans et lui 25, j’étais étu­diante (j’ai pu finir mes études sans sou­ci). Après beau­coup de dis­cus­sions, j’ai pris la déci­sion d’a­vor­ter. J’ai pris RV au plan­ning fami­lial qui m’a indi­qué où prendre RV (dans une com­mune prés d’une grande ville) car dans la grande ville en ques­tion tout était satu­ré et je ris­quais d’attendre long­temps!
    L’a­vor­te­ment était médi­ca­men­teux, cela s’est très bien pas­sé. J’ai pu en par­ler à l’oc­ca­sion dans mon entou­rage, cela s’est tou­jours très bien pas­sé. Une fois j’en ai par­lé à une copine, elle m’a dit qu’elle aus­si avait avor­té, elle ne l’a­vait jamais dit.
    Aujourd’­hui, je n’ai aucun regret, je suis res­té avec le même homme, cette épi­sode n’est pas une ombre entre nous, j’ai eu trois enfants sans aucun pro­blème. J’ai déjà dit à mon fils aîné qui a sept ans que j’a­vais avor­té, il m’a­vait posé la ques­tion car nous devions lire quelque chose sur cela. Il a très bien réagi.
    Ce qui m’a aidé dans mon avor­te­ment, c’est peut être bête mais c’est que je me suis dit: tu as peut être pas don­né la vie cette fois ci mais si tu l’a­vais don­né et bien tu n’au­rais pas eu les enfants que tu vas avoir… Bon c’est peut être bête et je ne sais pas si vous com­pre­nez mon rai­son­ne­ment, mais moi cela m’a aidé. Et puis j’ai fait aus­si beau­coup de voyages et des choses que je n’au­rais pas faite si j’a­vais eu un enfant.

  175. Louise dit :

    J’ai 23 ans, et cela fait six mois que j’ai avor­té. Je suis tom­bée enceinte sous sté­ri­let UT au cuivre, je devais le chan­ger envi­ron huit mois plus tard. J’ai fait un test de gros­sesse au bout d’une semaine de retard de règles, il s’est avé­ré posi­tif. Étant un same­di, j’ai dû attendre deux jours pour prendre un ren­dez vous médi­cal, autant dire que le week end m’a paru long.
    J’ai tout de suite aver­ti mon com­pa­gnon avec qui je suis depuis plus de deux ans et demi, nous étions d’ac­cord pour ne pas le gar­der, la ques­tion ne se posait même pas pour nous (trop jeunes, pas assez matures, pas indé­pen­dants finan­ciè­re­ment et maté­riel­le­ment puisque nous vivions tous les deux chez nos parents).
    J’ai pris rdv chez mon méde­cin dès lun­di matin, il a accep­té de me rece­voir dans la mati­née et après un entre­tien rapide mais ras­su­rant, il m’a orien­tée vers le centre de plan­ning fami­lial.
    J’ai eu beau­coup de chance, car au moment de prendre rdv au centre ils venaient tout juste d’a­voir un désis­te­ment, et j’ai donc pu avoir un rdv deux jours plus tard, alors que j’au­rais dû attendre trois semaines sans ce désis­te­ment.
    J’ai vu suc­ces­si­ve­ment une méde­cin et une une infir­mière, j’ai rem­pli un ques­tion­naire et des papiers admi­nis­tra­tifs, répon­du à des ques­tions, on m’a fait pas­ser deux écho­gra­phies (la méde­cin ne voyait pas assez bien à la pre­mière et à du pas­ser par voie endo vagi­nale) et une prise de sang pour dater pre­ci­se­ment la gros­sesse. J’é­tais enceinte de cinq semaines, et ai donc pu choi­sir de pra­ti­quer une ivg médi­ca­men­teuse. J’ai pris le pre­mier cachet au centre et le second chez mon com­pa­gnon deux jours plus tard.
    La jour­née de prise du deuxième cachet à été hor­rible, j’ai subi de fortes nau­sées et des séries de contrac­tions très dou­lou­reuses, et je ne me suis sen­tie un peu mieux qu’en fin de jour­née. Je suis res­tée rela­ti­ve­ment fati­guée pen­dant quelques jours, et j’ai expul­sé le fœtus deux jours après la prise du deuxième cachet. J’ai beau­coup sai­gné pen­dant quelques jours et de façon moindre pen­dant trois semaines au total mais tout à fini par ren­trer dans l’ordre. J’ai choi­si de me refaire poser un sté­ri­let au cuivre, car je ne veux pas d’une contra­cep­tion hor­mo­nale et je refuse de m’en­fer­mer dans la peur d’un autre acci­dent.
    Au final, je n’ai pas mal vécu cette ivg psy­cho­lo­gi­que­ment, mais je réa­lise avec le recul la chance que j’ai eu tout au long du pro­cess­sus: per­son­nel médi­cal com­pré­hen­sif et ras­su­rant, rdv très rapide au plan­ning fami­lial, et sur­tout mon com­pa­gnon qui a eu un com­por­te­ment irré­pro­chable tout du long et qui m’a énor­mé­ment sou­te­nue.
    Je ne regrette pas mon ivg car je pense que j’ai fait le bon choix au vu de ma situa­tion et sur­tout de notre état d’es­prit à tous les deux. Je pense qu’un enfant non dési­ré n’est jamais sou­hai­table, et je sais que lorsque j’au­rais fait le choix d’a­voir un enfant je ne serais que plus heu­reuse d’a­voir pris la bonne déci­sion des années plus tôt. Mon seul regret est de voir que les femmes qui avortent sont tou­jours stig­ma­ti­sées et que cer­taines font face à des com­por­te­ments détes­tables venant même du corps médi­cal, bien que cela n’ait pas du tout été mon cas. Avor­ter n’est pas sou­hai­table en soi, mais c’est un droit fon­da­men­tal qui devrait être acces­sible à toutes les femmes du monde. Notre corps nous appar­tient, de même que les déci­sions le concer­nant.

  176. Sabine dit :

    J’ai avor­té en 2016 et tout va bien, mer­ci! Je suis deja mère d’un enfant et je ne sou­haite pas de deuxième. J’ai avor­té sous anes­thé­sie géné­rale et je témoigne ici pour dire que contrai­re­ment à ce qu’on entend par­tout une ivg peut par­fai­te­ment bien se pas­ser!! Je n’ai eu aucune dou­leur phy­sique, tout à été pris en charge à 100% par la sécu, le per­son­nel médi­cal a été ado­rable (je regrette juste le délai de réflexion d’une semaine que l’on m’a impo­sé…) et puis sur­tout pas de souf­france psy­chique. Je pen­sais que je serai mal­heu­reuse et que je regret­te­rai mais il n’en est rien. Moi qui était plu­tôt hos­tile à l’IVG avant je suis deve­nue une vrai mili­tante et je défends ce droit bec et ongle !!!! Mer­ci la France de nous lais­ser ce droit, le droit de choi­sir, le droit de dis­po­ser de notre corps , le droit d’être libre en somme. Bref j’ai avor­té et je vais bien mer­ci ! ☺️

  177. Paulette dit :

    Bon­jour
    J’ai avor­té il y a 3 semaines et je vais bien mer­ci!!! Je n’a­vais « aucune excuse valable » j’ai 34 ans, un tra­vail stable, une rela­tion stable et une petite fille ado­rable de 8 mois…et voi­la l’ou­bli contra­cep­tion, le « on a mis 18 mois à avoir notre fille Ca va pas mar­cher sur 1 coup  » …voi­la stu­peur et colère envers moi meme, de me « faire avoir » à mon âge, de connaître si mal mon corps bref beau­coup d’au­to fla­gel­la­tion !! Pour le côté « pra­tique » un ren­dez vous chez mon gyne­co en 1 semaine, tres a l’é­coute, expli­ca­tion , j’en étais à 4 SA , choix des 2 tech­niques je choi­sis la médi­ca­men­teuse, 2 eme rdv 4 j plus tard prise des pre­miers com­pri­més (au cabi­net du gyne­co ) et 48h plus les autres au cours d’une courte hos­pi­ta­li­sa­tion de 3h à la cli­nique, qua­si­ment aucune dou­leur, des sai­gne­ments abon­dants les 24 pre­mières heures (pas’­non plus une hémor­ra­gie j’é­tais à une céré­mo­nie le len­de­main midi!) , puis comme des règles pen­dant 4j puis encore quelques dis­crets sai­gne­ments encore 1 semaine , un contrôle écho­gra­phiste 10j plus tard !
    Un sou­la­ge­ment enorme, je vou­drais un jour un deuxième enfant mais la c’é­tait inen­vi­sa­geable, c’est peut être un caprice de bour­geoise mais je me suis effon­drée à la vue du posi­tif
    Mer­ci d’a­voir ren­du cela pos­sible
    Mer­ci la France
    Mer­ci la sécu­ri­té sociale (une couche de culpa­bi­li­té de plus de faire payer mon étour­de­rie à la socié­té )
    Mer­ci à ce site qui m’a beau­coup aidé à décul­pa­bi­li­siez
    Mer­ci
    Mer­ci

  178. Bewitched dit :

    Bon­jour,

    Je suis ravie d’a­voir trou­vé votre site qui n’a pas été facile à trou­ver. Mais ne trou­vant pas de témoi­gnage posi­tif, je me suis deman­dée si j’étais nor­male et si j’avais un « cœur » (comme j’ai pu l’entendre dire) parce que je vivais bien mon avor­te­ment récent. Et OUF, vous êtes là !

    Cela s’est pas­sé en moins d’une semaine. Je trai­nais un doute depuis plus de deux semaine, j’avais seule­ment un dégoût pour cer­tains ali­ments. Je me suis per­sua­dée que ce n’était pas ça et j’avais honte d’acheter un test comme si on allait voir que ce n’était pas vou­lu. Et pre­nant la pilule depuis des années sans encombre, je croyais qu’il fal­lait abso­lu­ment que lorsque je ferai un jour un test de gros­sesse, ça serait pour confir­mer une gros­sesse dont j’aurais vou­lu. Bref, je me suis déci­dée pour me ras­su­rer. Ça n’a pas mar­ché, puisque lorsque que je l’ai réa­li­sé, il a indi­qué un résul­tat posi­tif avant même que j’ai le temps de finir de faire pipi. J’ai appe­lé dans l’instant un centre de pla­ni­fi­ca­tion trou­vé sur ivgle­sa­dresses qui m’a don­né RDV le len­de­main. Je n’ai pas eu à réflé­chir. J’y ai réflé­chi toute ma vie, depuis ma pre­mière fois. J’en ai par­lé à mon copain, juste pour lui énon­cer les faits mais je ne lui deman­dais pas son avis même si je savais qu’il pen­sait comme moi.

    Le len­de­main RDV, j’espérais vrai­ment res­ter dans cet état le moins long­temps pos­sible. Le gyné­co m’a fait l’écho sans par­ler. L’infirmière me ras­sure « vous n’avez pas dépas­sé le délai ne vous inquié­tez pas. » et lui de me dire « vous êtes bien enceinte, c’est une gros­sesse gémel­laire, 8 semaines. ». Je me demande pour­quoi il me le dit, je lui ai déjà dit que je vou­lais avor­ter et je ne vou­lais pas de détail. Je ne vou­lais pas non plus qu’on me dise « vous êtes enceinte. », je ne suis pas enceinte, enceinte c’est pour les per­sonnes qui le veulent, celle qui pour­suivent. Pas pour moi. Je suis com­pli­quée ?
    Mais bon, appa­rem­ment il doit me le dire, car ça pour­rait chan­ger les choses.
    Non.
    Il m’explique les 2 types d’IVG et je dois choi­sir et prendre rdv auprès de la secré­taire en gyné­co (ou il y plein de femme enceinte qui le sou­haitent). Je choi­si médi­ca­men­teuse en mon­tant les esca­liers parce que le gyné­co m’a dit qu’avec les vacances il serait plus long de trou­ver un cré­neau pour l’opération. RDV est pris dans 2 jours pour le 1er médi­ca­ment et dans 4 jours à l’hôpital pour les autres prises. Deuxième rdv pas mieux, pas d’informations, pas très envie de poser des ques­tions même si plein de ques­tions en tête, le médi­ca­ment et « A dans 2 jours, 7h30-8h hein, pas 9h ! » .

    Atten­tion, je suis très contente d’y avoir eu accès si vite, mais je pense que ça n’aurait rien coû­té de pas­ser 10 minutes de plus avec moi par rdv pour être atten­tif à mon état psy­cho­lo­gique et j’aurais trou­vé nor­mal qu’on me pro­pose un rdv psy. Per­sonne ne s’est attar­dé assez long­temps sur moi pour savoir si je le vivais bien. Mon accès a été très effi­cace et faci­li­té et c’est vrai­ment bien car j’avais très peur de tom­ber sur des per­sonnes qui allait tout faire pour me ralen­tir, mais bon le côté psy­cho­lo­gique en a pâtie. Et niveau contra­cep­tion après ivg, c’est débrouille toi mais débrouille toi aus­si pour par refaire la même erreur…

    Le jour de l’ivg arrive, à J+5 test gros­sesse. On ne m’a rien expli­qué et je suis dans le doute depuis le début de ce qui va se pas­ser à l’hôpital et dans mon corps. On ne m’a même pas dit si j’aurais besoin de ser­viettes ou quoi. Cela relève-t-il d’une sorte de bon sens que je n’ai pas ? J’avais pris un médi­ca­ment à 6h, arri­vée à l’hôpital à 7h15, je n’ai pas eu le temps de faire le tra­jet voi­ture-chambre d’hôpital. J’ai tout per­du dans mon jog­ging, sur le parking….Repeinte, sans rechange, sans autre pos­si­bi­li­té que de mar­cher comme je pou­vais jusqu’au 1er étage du bâti­ment gyné­co. J’ai pani­qué, j’ai eu honte, ca a fait pani­qué mon copain qui vou­lait m’aider mais qui ne savait pas quoi faire. Je me suis pré­ci­pi­té au pre­mier toi­lette avant de mon­ter. Per­sonne ne m’avait par­lé de ça. On ne m’avait même pas dit que je per­drais ne serait-ce qu’une goutte de sang avant de prendre les autres médi­ca­ments à l’hôpital. Après ça tout s’est plu­tôt bien pas­sé. Pas plus de dou­leur que ça, infir­mière et gyné­co plu­tôt gen­tils. Un peu long. Après avoir expul­sé l’œuf 1h après la pre­mière prise je suis rés­té 11h à l’hopital à attendre que les rési­dus des­cendent. La gyné­co a dû aller en cher­cher une bonne par­tie pour pou­voir me lais­ser ren­trer chez moi. Et je suis ren­trée, j’ai man­gé et toute suite dor­mi jusqu’au len­de­main. Et je me suis réveillée, tout allait bien.

    Et nous en venons main­te­nant au sujet qui nous inté­resse.

    Je vais bien. Je vais très bien. Je vais même mieux qu’avant mon test. Une amie qui avait avor­té quelques temps avant m’avait dit que même si tu n’en veux pas tu es obli­gée de res­sen­tir quelque chose, en plus les hor­mones t’y obliges et puis sinon t’as pas de cœur.
    Je n’ai pas de cœur. Je ne veux pas qu’elle pense que je n’ai pas de cœur mais je n’ai rien res­sen­ti pour ce « truc ».Je ne suis pas nor­male ? J’ai pleu­ré, lors du pre­mier ren­dez-vous et quand j’ai vu le test posi­tif. Mais si j’ai pleu­ré c’est juste par pur égoïsme, parce que je ne vou­lais pas faire endu­rer ça à mon corps et je ne vou­lais pas que cet évè­ne­ment vienne « enta­cher le CV de ma vie ». J’avais honte, mais jamais je n’ai pen­sé à autre chose. Ça m’a juste mis devant le fait accom­pli : si ça conti­nu, c’est sans retour pos­sible.

    Bref, quelques jours après (J+2), je vais bien, je n’ai aucune culpa­bi­li­té si ce n’est celle de nous avoir mis devant cette situa­tion mon copain et moi. J’ai bien vécu mon ivg et ce n’est pas pour ça que je la consi­dère comme une contra­cep­tion et que je ne vais pas faire atten­tion. Je n’ai jamais envi­sa­gé de vivre ça et j’aimerais ne jamais avoir à le revivre. Mais je ne veux pas avoir à me for­cer à choi­sir une vie, qui pour moi n’existe pas encore, plu­tôt que la nôtre, pour l’idée de ce qu’elle va deve­nir.

    Je me sens encore mieux main­te­nant que je sens que j’ai récu­pé­ré mon corps. Je suis de nou­veau moi-même. Je peux man­ger ce que je veux, je me sens bien et j’ai de nou­veau envie de faire des choses, je ne suis plus fati­guée, j’ai envie d’être avec mon copain, j’ai envie de lui, et je l’aime à nou­veau pas­sion­né­ment, tout ça, je l’avais per­du pen­dant 2 mois, sans savoir pour­quoi. Et main­te­nant que je sais que c’était « juste » à cause de ça si je n’étais plus moi-même, je vais tel­le­ment bien.

    J’espère ne pas être un monstre.

    Mer­ci pour votre site et déso­lée d’a­voir autant par­lé.

  179. Bewitched dit :

    Par­don, je ne vous ai pas pré­ci­sé le contexte mais si vous sou­hai­tez l’a­jou­ter avant de pos­ter mon témoi­gnage le voi­ci :
    J’ai 24, je vis avec mon copain avec qui je suis depuis 8 ans. Nous tra­vaillons tout les deux. Je prends la pillule depuis le début de ma vie sexuelle et je n’a­vais jamais eu de pro­blème avant. Peut être que nous aurions pu assu­mer un enfant (sur­ement pas 2)Mais nous n’au­rions pas eu la vie que nous vou­lions pour nous et pour des enfants. Et nous n’en avions pas envie, de toute façon.

  180. Pauline dit :

    Bon­jour, je suis tom­bé sur tous ces témoi­gnages pen­dant l’attente de mon IVG. Ça m’a beau­coup aidé, alors je tiens à mon tour à par­ta­ger mon témoi­gnage qui est aus­si posi­tif.
    J’ai 25 ans, il y a presque 1 mois et demi je suis par­ti en voyage, et après avoir cor­res­pon­du pen­dant presque 1 an avec un gar­çon que j’adulais com­plè­te­ment on a fini par se voir, seule­ment une nuit. On se pro­tège mais pas de chance, le pré­ser­va­tif a sûre­ment été mal mit. Je suis étu­diante, quelques jours après arrive le jour le plus impor­tant de l’année sur lequel je tra­vaille depuis des mois, je ne suis pas en France bref, je me dis que peut être ça pas­se­ra pour cette fois ci. Sauf que mes règles n’arrivent jamais et que je sens que quelque chose en moi est étrange ; je fais un test de gros­sesse qui s’avère être posi­tif. Je panique quelques minutes mais ma déci­sion est déjà prise. Je ne peux pas, ne veux pas aller plus loin. Heu­reu­se­ment pour moi je savais déjà que mes parents me sou­tien­draient a 100%. J’essaie d’abord l’hôpital le plus près de chez moi, 21 jours d’attente car j’ai déci­dé de le faire par aspi­ra­tion. Mais ma mère décide quand même d’appeler un autre hôpi­tal, et j’arrive à gagner une semaine en moins. Et même si j’ai très peur, je me dis que plus vite ça arri­ve­ra plus vite ce sera der­rière moi. Mon corps change déjà, mes seins gonflent mon ventre aus­si, j’ai les pieds et les mains tou­jours gla­cés je dors mal, j’ai des nau­sées hor­ribles à lon­gueur de temps et sur­tout je me sens dépos­sé­dée de mon corps.. Mais je n’en veux à per­sonne, j’essaie de ne pas dra­ma­ti­ser et de res­ter posi­tive. Ce matin je suis allée tôt à l’hôpital, tout s’est pas­sé vite et bien, je n’ai presque pas de dou­leur, je me sens libre et je reprends enfin le contrôle sur ma vie et mon corps. L’équipe médi­cale a été ado­rable, j’ai pas­sé mon après midi à par­ler et à rire avec ma voi­sine de chambre qui m’a encore plus aidé à dédra­ma­ti­ser toutes les idées que l’ont peut se faire sur l’avortement.

    Car je le vois comme une chance et je suis recon­nais­sante du com­bat que toutes les femmes ont eus pour que l’on puisse accé­der à tout ça et choi­sir notre ave­nir.

    J’ai avor­té ce matin, et je vais bien, mer­ci.

  181. Trucmuche dit :

    Bon­jour, j’apporte aujourd’hui mon témoi­gnage, un peu plus d’un mois après mon avor­te­ment. À vrai dire, celui-ci s’est éton­nam­ment bien pas­sé !
    J’ai 28 ans, en couple depuis 9 ans.
    Je ne suis pas vrai­ment tom­bée enceinte par acci­dent. Mon petit démon culpa­bi­li­sa­teur inté­rieur me disait même : « tu l’as bien cher­ché ! Nierk nierk ! Alors main­te­nant t’assumes ! » En effet. Je n’ai pas pris de « vrai » moyen de contra­cep­tion depuis quatre ans. Méthode des tem­pé­ra­tures et pré­ser­va­tifs ont fait l’affaire pen­dant tout ce temps, mais un beau jour… Éh bah… disons qu’on était un peu trop lan­cés pour… voi­là quoi. Et paf. J’ai eu un sem­blant de règles, mais ma courbe de tem­pé­ra­ture stag­nait à 37,2°C. Alerte rouge !
    Je pré­viens mon cher et tendre, qui est chez ses parents pour quelques jours, il est inquiet. Trem­blante, je vais cher­cher un test de gros­sesse en phar­ma­cie, bien que je connais déjà le résul­tat. Celui-ci se confirme dans mes toi­lettes. Et là, l’angoisse, qui était pré­sente depuis plu­sieurs jours, me mène à la ques­tion : je fais quoi main­te­nant ? Non pas que j’aie le moindre doute sur ma volon­té de me débar­ras­ser de ce petit pois qui gran­dit dans mon uté­rus sans mon consen­te­ment, mais plu­tôt : qui donc que je contacte ? Mon méde­cin trai­tant est trop loin de chez moi depuis mon démé­na­ge­ment, essayons la jeune et sym­pa doc­teur que je suis allée voir quelques semaines plus tôt… Elle devrait com­prendre non ?
    Arri­vée dans son cabi­net, elle me pose évi­dem­ment la ques­tion suprême : « pre­nez-vous une contra­cep­tion ? » Non. « Ah, ça c’est un pro­blème ! »
    Un pro­blème ? Le pro­blème serait plu­tôt que je tombe enceinte AVEC une contra­cep­tion non ? Je lui explique mon choix de la non-contra­cep­tion hor­mo­nale, puisque la méthode des tem­pé­ra­tures est bel et bien un moyen de contra­cep­tion, nom de Dieu, mais madame L….. me ser­monne un petit peu, me fai­sant bien com­prendre qu’il va fal­loir pen­ser à chan­ger la manière dont je gère ma sexua­li­té. Elle me donne l’adresse du centre d’orthogénie (j’aurais au moins appris un nou­veau nom) le plus proche, avec les ordon­nances pour prise de sang + écho­gra­phie. Éh oui, l’échographie… Mais com­ment que je vais trou­ver un centre de radio­lo­gie pou­vant me prendre en urgence ?
    Le ser­vice d’orthogénie ne pou­vant ni me rece­voir rapi­de­ment, ni réa­li­ser d’échographie, je tente de trou­ver un ren­dez-vous avec un gyné­co obs­té­tri­cien sur Inter­net : bin­go ! Ren­dez-vous mar­di soir, après le bou­lot. Celui-ci, avec beau­coup de dou­ceur, me confirme la gros­sesse (you­pi), avec la décence de ne pas me mon­trer l’image de ce qui vit désor­mais à l’intérieur de mon uté­rus. Il me fait une petite leçon sur la fia­bi­li­té des pré­ser­va­tifs contre celle de la pilule ou de l’implant, je le laisse dire en pre­nant un air docile et naïf. Je ne devrais pas, je sais, mais je suis encore trop timide pour dire M**** aux méde­cins, qui d’ailleurs ne font que leur devoir d’in­for­ma­tion. Il me donne le nom d’une sage-femme pra­ti­quant l’IVG médi­ca­men­teuse, me décon­seillant de recou­rir à la tech­nique chi­rur­gi­cale. Ah… oui mais je suis encei… heu, oui, enceinte de 5 semaines et 4 jours : vais-je avoir un ren­dez-vous avant une semaine et 3 jours, c’est-à-dire l’échéance qu’il me reste avant l’aspiration ? Sur­tout que nous sommes ven­dre­di soir, et que les chances de trou­ver un ren­dez-vous à cette heure-ci sont minces… Le ser­vice d’orthogénie est déjà fer­mé, je tente donc la sage-femme. Hour­ra, celle-ci me répond et me rece­vra mar­di matin. Je vais donc devoir m’absenter quelques heures du bou­lot… Le stress baisse à mesure que les étapes sont fran­chies, une par une. J’ai quand même hâte d’en avoir fini. Mais je reste sur ma posi­tion d’as­su­mer et je com­mence même à par­ler de cet évè­ne­ment avec humour. Atten­dons mar­di.
    Mar­di. J’ar­rive avec un peu d’a­vance au ren­dez-vous. La sage-femme me reçoit immé­dia­te­ment et se montre… ado­rable. Moi pour qui la crainte prin­ci­pale était d’être jugée et ser­mon­née, je suis désor­mais face à une femme joviale et dyna­mique, dont le métier n’est pas uni­que­ment de s’occuper des femmes dont la gros­sesse est un vrai bon­heur, contrai­re­ment à ce que je pen­sais (on est naïf hein). Elle me confirme que la méthode des tem­pé­ra­tures et le pré­ser­va­tif sont des moyens légi­times de contra­cep­tion, et ira même jusqu’à me pres­crire une boîte de capotes, m’apprenant qu’elles sont désor­mais rem­bour­sées par la sécu ! (comme quoi y’a du pro­grès mal­gré cette ambiance actuelle de manif pour tous…) Elle com­prend que ce petit pois est le résul­tat d’une petite erreur de par­cours, et ne prend pas la peine de me dire que cela me ser­vi­ra de leçon. Elle le sait bien.
    Le ren­dez-vous se ter­mine par la prise du pre­mier médi­ca­ment. Un jour de congé sera posé deux jours plus tard pour la prise du second. Le len­de­main, je com­mence à sai­gner alors que je suis en plein super­mar­ché XD

    Le sur­len­de­main… On y est. Ma crainte n°1 = d’avoir très mal. Heu­reu­se­ment, la sage-femme m’a pres­crit un anti-dou­leur. Crainte N°2 = que ça ne marche pas. Et qu’il faille tout reprendre à zéro : prises de ren­dez-vous, écho­gra­phie, tout le tra­la­la jusqu’au jour du char­cu­tage final. Crainte N°3 = que je ne puisse pas reprendre le bou­lot demain à cause de la fatigue. Bon, stop les rumi­na­tions. Quand faut y aller, faut y aller !
    Glou-glou-glou. J’avale mes deux com­pri­més et me cale sur le cana­pé, une manette à la main, pour une jour­née super Mario. Au bout de quelques dizaines de minutes, je res­sens… quelque chose qui s’apparente à des règles. Une sen­sa­tion assez légère de contrac­tions, avec un impor­tant écou­le­ment san­guin. Je perds pas mal de caillots… Pas de vio­lente nau­sée ni de véri­table dou­leur, pour l’instant tout va bien. Je fais ma petite vie en allant régu­liè­re­ment aux toi­lettes, et arrive même à man­ger à midi sans aucun pro­blème. Pas de fatigue non plus. Si je ne me vidais pas de mon sang, j’irais même bien faire une bonne balade pour pro­fi­ter du soleil.
    Le soir, j’ai une pêche d’enfer. Le len­de­main matin, retour au bou­lot, avec une bonne réserve de ser­viettes ultra épaisses au cas où. Aucun sou­ci. Pas d’évanouissement devant les enfants (je tra­vaille dans une école), ni à la mai­son d’ailleurs ! Je saigne, c’est tout.
    Le week-end arri­vant, je reste sage­ment à la mai­son alors que j’irais bien vadrouiller, mais soyons rai­son­nables.
    Les sai­gne­ments durent une petite semaine, pour conti­nuer sur des pertes mar­rons pen­dant deux semaines sup­plé­men­taires. C’est à ce moment-là que je com­mence à fati­guer. J’en parle à la sage-femme que je retourne voir pour la visite de contrôle. On véri­fie­ra le fer lors d’une pro­chaine prise de sang. Mais d’après elle, tout va bien, et compte tenu de mon faible taux de béta HCG, l’IVG s’est dérou­lée cor­rec­te­ment.
    Voi­là… Quelques jours plus tard, la forme revient. Aucun trau­ma­tisme, aucun remords, je suis prête à reprendre ma vie comme si rien ne s’était pas­sé. Une petite erreur de par­cours, que mon com­pa­gnon et moi avons sur­mon­té sans que cela change quoi que ce soit à notre amour. Je ter­mine sur cette note atten­dris­sante et vous remer­cie, les 343 salopes, de l’aide que votre site m’a appor­tée pen­dant ces quelques jours de stress intense. Ça va désor­mais beau­coup mieux, mer­ci 😉

  182. Madeleine dit :

    Bon­soir,

    Tout d’abord, j’aimerai vous remer­cier. C’est avec beau­coup de bon­heur que je suis tom­bée sur vos témoi­gnages qui m’ont ras­su­rée, sou­la­gée, décul­pa­bi­li­sée ..

    J’ai 21 ans, vis avec mon copain, suis dans une rela­tion extrê­me­ment stable et suis très heu­reuse de cela. Encore étu­diante, vous vous dou­tez bien que ce n’était pas dans mes plans immé­diats de tom­ber enceinte, même si j’espère vivre ça avec beau­coup de bon­heur plus tard ! Nous avions tous les deux évo­qué la pos­si­bi­li­té qu’il y ait un « acci­dent » et étions d’accord pour l’IVG si cela arri­vait trop vite.
    C’est arri­vé trop vite. Retard de règles, dou­leurs constantes dans le bas ventre, grosse fatigue, et test posi­tif. Et là, la panique. Pas de plan­ning fami­lial à proxi­mi­té, mais un ren­dez-vous sur Doc­to­lib chez une sage femme. S’en sont sui­vis de nom­breux ren­dez-vous, prises de sang, écho­gra­phie de data­tion pré­coce sur laquelle on ne voyait pas encore la gros­sesse car trop tôt. Donc report du plan­ning pour prendre les médi­ca­ments et une nou­velle semaine avec les mêmes ren­dez-vous en pers­pec­tive pour voir l’évolution. Et tou­jours ces dou­leurs dans le ventre, conti­nuel­le­ment, qui n’améliorent pas l’état émo­tion­nel déjà bien fra­gile. Ayant besoin de prendre un peu de temps pour moi, je n’annule pas la course de 10 kms que j’avais pré­vu de faire le dimanche, pour me redon­ner du cou­rage avant d’attaquer une nou­velle semaine dif­fi­cile. Et ce même dimanche soir, des pertes de sang, bien rouges cette fois-ci, abso­lu­ment pas com­pa­rable avec les quelques pertes brunes per­dues les jours pré­cé­dents. Vous voyez venir la suite ? Le len­de­main, encore plus abon­dant, des quan­ti­tés que je n’avais jamais eu avec mes règles. Ma sage femme me demande d’aller aux urgences, pour confir­mer et gérer cette fausse couche spon­ta­née, qui arrive deux jours avant la prise des médi­ca­ments. Je finis tout de même ma jour­née de cours (une éter­ni­té .. et j’étais dans un sale état ..), de toute façon mon copain tra­vaille et je ne me vois pas y aller toute seule, je tiens dif­fi­ci­le­ment debout de toute façon. Ver­dict sans appel, fausse couche sans com­pli­ca­tion, à 2 semaines et demie de gros­sesse. Et enfin, la dou­leur dans mon ventre s’est apai­sée, cette gros­sesse était de toute façon anor­male. Pas d’autre expli­ca­tion, on m’a bien confir­mé que ma course de la veille n’y était pour rien. Avec le recul, je me dis que c’était presque une meilleure solu­tion que de prendre tout le trai­te­ment, même si mon corps en a clai­re­ment pris un coup. Je pense que j’ai eu les mêmes effets secon­daires que vous toutes, des pertes très abon­dantes, une fatigue extrême, et des crises de larmes, sou­vent, avec la chute des hor­mones, et en prime, le trai­te­ment à cause du Rhé­sus néga­tif.

    C’était loin d’être un moment facile, mais j’ai été magni­fi­que­ment entou­rée par mon copain bien sûr mais aus­si par toute l’équipe médi­cale, en ville comme aux urgences. Et j’ai l’impression d’en avoir appris plus sur mon corps et moi en deux jours qu’en 20 ans.

    Et oui, j’ai fait une fausse couche spon­ta­née d’une gros­sesse non dési­rée, et je vais bien, mer­ci ! Et mer­ci à vous toutes !

  183. La sorcière dit :

    J’ai avor­té deux fois. Je pen­sais que ça ne m’ar­ri­ve­rait jamais. Ces choses-là, ça n’ar­rive qu’aux autres, n’est-ce pas … Et puis, non … La pre­mière fois c’é­tait il y a 3 ans et demi. J’a­vais 33 ans. Le géni­teur, mon mec de l’é­poque, était un gros connard. J’é­tais vic­time de vio­lences psy­cho­lo­giques et ver­bales, mais à l’é­poque, je ne m’en ren­dais pas compte, j’é­tais sous emprise. Le même jour, j’ai appris qu’il m’a­vait trom­pée et tel­le­ment men­ti et que j’é­tais enceinte de lui. Le même jour ! Y a des fois comme ça où le ciel vous tombe sur la tête. Le ciel s’est assom­bri d’un coup. J’ai fait le test de gros­sesse dans les toi­lettes de mon bou­lot. Pen­dant quelques secondes, j’ai vu ce petit sablier … J’at­ten­dais et je me répé­tais « Non, je ne suis pas enceinte, je ne suis pas enceinte … » et là … le petit mot s’est affi­ché « enceinte ».
    « Noooooonnn, pas çaaaaaa !! » Mais quelle plaie. Les mois pré­cé­dents, je n’a­vais pas été très régu­lière avec ma pilule, je l’a­vais sou­vent oublié. Mais puisque les gens (famille, méde­cins, socié­té, …) n’ar­rê­taient pas de dire qu’a­près 30 ans et à l’ap­proche des 35 ans, les chances de tom­ber enceinte dimi­nuaient, je ne m’in­quié­tais abso­lu­ment pas. Je me disais : « Il faut appa­rem­ment tel­le­ment de condi­tions réunies pour tom­ber enceinte … si je ne le veux pas, si je ne le pré­vois pas, à 33 ans, ça ne m’ar­ri­ve­ra pas comme ça. » Hey ben non ! Ca se passe pas comme ça. J’é­tais tel­le­ment mal. On s’é­tait engueu­lés le matin-même avec mon connard de mec à pro­pos de ses infi­dé­li­tés. Mais il fal­lait bien que je lui dise. De toutes façons, la déci­sion était claire de mon côté : pas de bébé avec ce connard (bon, à l’é­poque, je crois que je ne disais pas « connard »). Je me voyais enceinte et lui à côté, à rien faire, à glan­der, à me lais­ser seule … puis je me voyais avec le bébé dans les bras et lui à côté, à fumer des pétards. J’a­vais des visions très pré­cises. Je me suis dit quelque chose de très clair : « Plu­tôt jamais de bébé qu’un bébé avec lui. »
    Le soir-même, une amie venait dîner chez moi. Je lui ai tout racon­té. Elle m’a dit qu’elle avait déjà avor­té. Par la suite, plu­sieurs amies m’ont dit avoir avor­té. Mais sinon, on ne parle pas de ces choses-là hein ! Même en France au 21è siècle … quelle tris­tesse.
    Après, tout s’est enchaî­né, comme l’ont beau­coup racon­té les filles avant moi, dans les récits pré­cé­dents. Le ren­dez-vous avec ma méde­cin géné­ra­liste, qui a été géniale et m’a conseillé, au vu de mes pleurs, d’al­ler voir un psy. Elle a très vite com­pris que le pro­blème prin­ci­pal n’é­tait pas l’IVG, mais ma rela­tion toxique avec mon mec. Donc, tout s’en­chaîne : prise de sang, écho­gra­phie, prise de ren­dez-vous avec la plan­ning fami­lial. L’é­cho­gra­phie ne m’a pas trop déran­gée, mais c’é­tait bizarre évi­dem­ment. Mais on ne voit rien, juste un tout petit truc qui ne res­semble abso­lu­ment à rien de vivant. Au plan­ning fami­lial, c’é­tait pas ter­rible. Le per­son­nel avait l’air débor­dé, il n’y avait pas d’en­droit où être en tête-à-tête avec un méde­cin. Ca criait et bavar­dait de par­tout.
    Ce n’est pas nor­mal.
    Ils m’ont dit que je ferai l’IVG médi­ca­men­teux. J’é­tais à 4 semaines envi­ron. Je pou­vais le faire chez moi à l’hô­pi­tal. J’ai choi­si l’hô­pi­tal. Je ne com­prends pas pour­quoi ils laissent le choix. C’est un moment très désa­gréable, on a besoin d’être entou­rées par du per­son­nel soi­gnant. Deux jours avant, j’ai donc pris ce médi­ca­ment qui stoppe la gros­sesse. Et le fameux jour est arri­vé. J’é­tais si inquiète. On m’a invi­tée à m’al­lon­ger dans un fau­teuil incli­nable dans une salle avec une autre femme. Il y avait une télé, des petits gâteaux et du thé. C’é­tait ras­su­rant d’être tran­quille dans une salle iso­lée. Puis une infir­mière est venue me don­ner le médi­ca­ment qui pro­vo­que­rait les contrac­tions pour expul­ser l’embryon. Elle m’a pré­ve­nue que j’au­rais des dou­leurs donc j’a­vais un petit bou­ton pour l’ap­pe­ler si j’a­vais mal. Effec­ti­ve­ment !! Quelques minutes plus tard, j’a­vais hor­ri­ble­ment mal, je l’ai appe­lée, elle m’a don­née du spas­fon. Puis tout est allé très vite, j’ai cou­ru aux toi­lettes et comme ça a déjà été dit plus haut, je me suis vidée de par­tout : vomi, diar­rhée et bien sûr : sang. C’é­tait effrayant et très intense. Je me sou­viens avoir été par terre, qua­si allon­gée à gémir et à mau­dire ce corps de femme. Et dire qu’ils me pro­po­saient de faire ça chez moi !!! Mais pour­quoi ??
    J’ai mis une grosse ser­viette hygié­nique, je suis sor­tie des toi­lettes et je suis retour­née m’al­lon­ger, épui­sée. L’in­fir­mière est pas­sée. Je pou­vais res­tée me repo­ser tout l’a­près-midi si je le dési­rais. Mon connard de mec ne m’a pas accom­pa­gnée, il ne voyait pas l’im­por­tance de venir. De plus, son père était mou­rant, donc il avait d’autres prio­ri­tés et il ne voyait vrai­ment pas pour­quoi je me sen­tais mal. Quand je dis que le ciel me tom­bait sur la tête : je devais affron­ter en même temps l’in­fi­dé­li­té et les men­songes de mon mec, mon IVG seule et le sou­te­nir face à la mala­die de son père. J’é­tais sans des­sus-des­sous. Son père est mort quelques jours plus tard. La vie. Chienne de vie. Et en même temps, on se relève. Après cet IVG, je pen­sais sérieu­se­ment à la rup­ture, mais je culpa­bi­li­sais, je devais être là pour le sou­te­nir après la mort de son père. Bref, c’est une autre his­toire. Je l’ai quit­té quelques mois plus tard, après une dis­pute où, per­sua­dé que j’a­vais un amant (le fameux trans­fert, appris avec mon psy), il m’a trai­tée de « sale pute ». Aucune vio­lence phy­sique, mais ce terme m’a fait l’ef­fet d’un coup de poing. Encore aujourd’­hui, le sou­ve­nir de cette phrase et de son visage défor­mé par la rage, me font fris­son­ner. Depuis, je suis enga­gée contre les vio­lences faites aux femmes.

    Le deuxième avor­te­ment a eu lieu la semaine der­nière. Depuis deux ans et demi, je suis en couple avec un homme for­mi­dable. Ensemble, on a déci­dé d’u­ti­li­ser la méthode de contra­cep­tion natu­relle. Car je ne veux plus prendre d’hor­mones. Ca me flingue la libi­do et il y a tout un tas d’autres rai­sons. J’ai des cycles très régu­liers, j’ai un calen­drier avec mes ovu­la­tions et mes règles. Pen­dant l’o­vu­la­tion, on met des pré­ser­va­tifs. Mais voi­là, là, une fois, après deux ans de suc­cès, ça n’a pas fonc­tion­né. Les filles, si vous ne vou­lez vrai­ment pas tom­ber enceinte, n’u­ti­li­sez pas cette méthode. Pour­quoi ? Car même si on a un cycle régu­lier, on peut se plan­ter, et puis tout ce qui est péné­tra­tion avant l’é­ja­cu­la­tion, sans pré­ser­va­tif, c’est ris­qué, car il peut y avoir un sper­ma­to­zoïde conqué­rant qui se bal­lade par là, sans sa bande de potes. Je ne m’in­quié­tais pas, car j’ai 37 ans. Ma fer­ti­li­té est soi-disante en chute libre, non ? Comme me l’a gen­ti­ment dit ma gyné­co­logue il y a deux ans lors d’un frot­tis « Vous avez 35 ans ? Il serait temps de faire un bébé ! » Ah ah, wouah, sym­pa ma gyné­co­logue, quelle bien­veillance, quel tact. J’ai été bouche-bée, je n’ai su quoi répondre, mais comme j’aime écrire, je lui ai écrit une lettre « de rup­ture » quelques semaines plus tard. Elle m’a appe­lée, lais­sée un mes­sage vocal « J’ai­me­rais vous par­ler, j’ai été tou­chée par votre lettre. » « Bah, pas moi, je n’ai pas envie, je n’ai plus envie de vous par­ler. ».

    Donc, cette fois-ci, rien n’a res­sem­blé à la fois pré­cé­dente. Déjà, c’est avec un homme que j’aime fort, un homme avec qui je me sens bien. Mais, oui il y a un mais. Ce n’est pas parce que c’est avec un homme avec qui on se sent bien, qu’on va le gar­der ce bébé. Moi, j’ai plus hési­té que lui. Certes, c’est mon corps, mais pour moi, il était impos­sible de lui impo­ser ça. De plus, je n’ai jamais été cer­taine de vou­loir un enfant. Donc sur­tout pas sans l’en­vie de mon copain. Je sais que des femmes choi­sissent de gar­der un bébé seule et de l’é­le­ver seule. Pour moi, c’est hors de ques­tion. Et puis, il y a autre chose : être enceinte me fait hor­reur. Accou­cher : pareil (bon, ça, c’est sûre­ment pour toutes les femmes). M’oc­cu­per d’un bébé me rebute, allai­ter pareil, mater­ner, tout ça tout ça … Ele­ver un enfant, être mère, trans­mettre… pour­quoi pas, mais tout ce qui est bébé … ne m’at­tire pas du tout. Donc, il fau­drait que mon mec en ait très envie pour que ça me motive. Ou l’a­dop­tion.
    Donc, mal­gré ce que m’a dit cette mégère de gyné­co, à 37 ans, je suis encore bien fer­tile. Après 5 jours de retard de règles, on s’est déci­dés à faire le test. Ren­dez-vous chez moi (on n’ha­bite pas ensemble) un soir. On était tota­le­ment flip­pés. Il avait aus­si ache­té un test. Ca m’a émue. Un test à 0,99 cen­times ! 😉 On a bien lu la notice. Puis je suis allée faire pipi des­sus, la porte des toi­lettes ouverte. On riait ner­veu­se­ment, on rica­nait d’an­goisse. Et puis, sur le cana­pé, on a atten­du. Le petit + est arri­vé dou­ce­ment, tout flou. Donc, dans un pre­mier temps, on n’é­tait pas sûrs. Il a regar­dé sur inter­net, « laisse tom­ber c’est bon, même quand c’est flou. » On était dépi­tés. Grand silence. C’é­tait ter­rible pour moi, je son­geais déjà à un deuxième avor­te­ment. « Oh non, pas ça, je ne vais pas me vider par tous les trous une deuxième fois ! » Evi­dem­ment, pour être hon­nête, je peux dire que si mon mec avait été prêt, j’au­rais réflé­chi et hési­té. Après le test, on a beau­coup par­lé, j’ai beau­coup pleu­ré. Il fal­lait être clair : c’est sûre que je n’é­tais pas super moti­vée pour avoir un bébé non plus main­te­nant, mais à 37 ans, il faut être réa­liste aus­si. Cela ne se repro­dui­ra peut-être plus. Il n’a­vait pas l’air de pen­ser à tout ça. Il ne s’in­quié­tait pas pour ma fer­ti­li­té. D’ailleurs, ma soeur, qui a 41 ans, est enceinte de quatre mois ! Il s’est excla­mait tout de même :  » C’est dégueu­lasse, vous les femmes, vous devez tout endu­rer ! » Effec­ti­ve­ment : les règles, les sautes d’hu­meur, la contra­cep­tion, la gros­sesse, l’a­vor­te­ment … puis la méno­pause. Et les mecs, non, rien de tout ça. Donc cette fameuse hor­loge bio­lo­gique… mais en même temps, me visua­li­ser avec un bébé, non je n’y arri­vais pas. Serais-je une femme qui n’a pas de désir de mater­ni­té ? Peut-être. Je ne peux pas dire, car c’est sur­tout une envie à deux selon moi. J’ad­mire les mères céli­ba­taires, celles qui l’ont gar­dé mal­gré l’ab­sence de père ou leur non-moti­va­tion, mais moi, c’est clair, je ne pour­rai pas. IMPOSSIBLE. J’aime tant ma tran­qui­li­té.
    Donc rebe­lote : méde­cin géné­ra­liste, qui ne m’a abso­lu­ment pas jugée. Hey oui, j’en avais peur : une deuxième gros­sesse non-dési­rée. Puis prise de sang et écho­gra­phie. Tout ça je connais­sais et mon copain me sou­te­nait énor­mé­ment. Nous n’ha­bi­tons pas ensemble et sommes assez indé­pen­dants, mais là, on pas­sait toutes nos nuits ensemble. J’a­vais besoin de lui et il était là. Ca nous a beau­coup rap­pro­chés (contrai­re­ment à ce que disent les anti-IVG « beau­coup d’IVG don­ne­raient lieu à des rup­tures, bla bla bla …). Je ne l’ai pas « épar­gné » et lui ai racon­té tous mes ren­dez-vous et les détails de l’a­vor­te­ment. Nous avons pas­sé deux semaines très spé­ciales, com­plices, par­fois dures ner­veu­se­ment, mais aus­si pleines de joies et de rési­lience. Je suis retour­née au plan­ning fami­lial de « ma pre­mière fois » et là, hal­lu­ci­nant : encore plein de per­sonnes dans le bureau, pire que la der­nière fois, « Oui, vous venez pour­quoi ? » « Bah à ton avis, débile, pour me faire arra­cher une dent de sagesse ? pour me faire épi­ler le maillot ?? » Oui j’é­tais stu­pé­faite, donc je dis le mot « débile », car dans ce cas, il faut vrai­ment man­quer d’in­tel­li­gence et de bien­veillance. J’ai pris un ren­dez-vous tout de même. Il n’y avait de la place que pour la semaine sui­vante. Ca retar­dait encore plus le moment. Ca allon­geait encore plus ma gros­sesse que je ne sup­por­tais pas… et ces seins qui gros­sis­saient à vue d’oeil et qui me fai­saient mal … J’a­vais jamais eu de si gros seins moi qui suis si menue. Avec mon copain, on les a pris en pho­to, tout de même, en sou­ve­nir 😉
    Quand j’ai racon­té ce ren­dez-vous à une très bonne amie qui avait avor­té plu­sieurs années avant, elle m’a dit : « Ecoute, t’es pas obli­gé d’y retour­ner, cherche un endroit bien­veillant sur inter­net. T’es pas obli­gé non plus de le refaire avec le médi­ca­ment. Tu peux avoir le choix.  » Moi : » Ah bon ? » j’é­tais per­sua­dée que ça dépen­dait du nombre de semaines et qu’a­vant 9 semaines, c’é­tait obli­ga­toi­re­ment avec le médi­ca­ment. « Bah non, moi je l’ai fait par aspi­ra­tion, sous anes­thé­sie géné­rale, à 7 semaines.  » On a lon­gue­ment dis­cu­té et ça m’a fait un bien fou. J’ai donc cher­ché un nou­vel endroit et j’ai trou­vé l’hô­pi­tal des Bluets dans le 12è arron­dis­se­ment de Paris. Endroit connu et recon­nu, avec une mater­ni­té, pour sa bien­veillance envers les femmes. Sur le site, tout était clair, il était en effet expli­qué que les femmes pou­vaient choi­sir le mode d’IVG. J’ai appe­lé, mais impos­sible de les avoir. Donc j’y suis allée direc­te­ment le len­de­main. Et là, le choc posi­tif : quelle bien­veillance !! Quelle écoute, quel calme, quelle atten­tion à mon égard quand je par­lais. Je lui ai dit que, si pos­sible, je ne vou­lais pas le refaire avec le médi­ca­ment. Elle m’a expli­qué l’anes­thé­sie locale et la géné­rale. J’ai hési­té. Venir le matin, à jeun, c’est dur pour moi. Elle m’a dit :  » Je vous fixe deux ren­dez-vous, et je vous laisse le temps de réflé­chir.  » Mais c’est trop sym­pa ça !! En sor­tant, je me sen­tais tel­le­ment bien. Les mots « écoute, bien­veillance, res­pect, libre-arbitre… » pre­naient tout leur sens dans le monde hos­pi­ta­lier. Au ren­dez-vous sui­vant, avec la gyné­co­logue, j’ai opté pour l’anes­thé­sie géné­rale, quelques jours après.
    Mon copain est venue avec moi, à 7h30 du matin. Evi­dem­ment la nuit, avant, j’é­tais ultra-stres­sée, j’a­vais peur de me sen­tir mal à jeun, à mon arri­vée à l’hô­pi­tal, peur de mal m’en­dor­mir pen­dant l’anes­thé­sie géné­rale, peur d’être mal à mon réveil. Mais tout s’est très bien pas­sé. A l’hô­pi­tal, on m’a ins­tal­lée dans une chambre, avec mon copain. Je me suis tota­le­ment désha­billée et j’ai mis la blouse pour le bloc opé­ra­toire et les char­mants chaus­sons qui vont avec. Quelque temps plus tard, un bran­car­dier est venue me cher­cher, il m’a bala­dée sur mon lit jus­qu’à l’en­trée du bloc. Là, j’ai atten­du pas mal de temps. Je ne sais pas com­bien de temps, je n’a­vais pas de montre 😉 A côté de moi, d’autres femmes atten­daient dans leur lit, on était sépa­rées par des para­vents. En enten­dant des bribes de conver­sa­tions entre les patientes et les infir­mières, j’ai com­pris qu’elles venaient pour des PMA. Pas vrai­ment la même chose que moi, j’ai res­sen­ti une mini culpa­bi­li­té. Des femmes ne peuvent pas avoir d’en­fant et se battent pour en avoir un, et moi c’est le contraire, je peux en avoir, mais je n’en veux pas. La culpa­bi­li­té n’a pas duré long­temps. C’est la vie. Je voyais les femmes ren­trer dans le bloc PMA, puis je les voyais res­sor­tir dans le coal­tar, sous les effets de l’anes­thé­sie géné­rale.
    Moi, j’at­ten­dais tou­jours, nue sous ma blouse, sous un drap, sur mon lit. Sans télé­phone ni réseau social pour pas­ser le temps, hey bah c’est pas si mal, ça repose !
    Le bran­car­dier, me voyant attendre, s’est excu­sé : « Vous avez froid, vous vou­lez un drap en plus ». Super gen­til, il m’a appor­té un drap tout chaud. L’anes­thé­siste est venue, elle m’a tout expli­qué. Je lui ai dit que j’a­vais un peu peur, puis « C’est comme une grosse sieste ? », « Mais oui, voi­là, exac­te­ment, comme une grosse sieste ! », « Ah cool, j’a­dore les siestes. » Elle m’a posé un cathé­ter sur le poi­gnet puis m’a dit de patien­ter encore un peu. Et enfin, on m’a ame­né au bloc, juste à côté. Et moi « Mais j’ai pas eu l’anes­thé­sie !! » Le per­son­nel soi­gnant, riant gen­ti­ment :  » Ah mais on vous met pas sous anes­thé­sie hors du bloc ! ». Ils m’ont invi­té à pas­ser de mon lit à la table d’o­pé­ra­tion. « Met­tez vous là, voi­là, vos pieds là, vos fesses là. Pas de pier­cing, pas man­gé ce matin ? … bla­bla … on vous pose un sté­ri­let en même temps, c’est ça ? « . Oui, car, là, hors de ques­tion de m’a­mu­ser avec ma fer­ti­li­té. Appa­rem­ment mon uté­rus de 37 ans était encore opé­ra­tion­nel. J’a­vais donc déci­dé de me faire poser un sté­ri­let. Plus jamais je ne vou­lais vivre une gros­sesse non-dési­rée.
    L’in­fir­mière anes­thé­siste :  » Je vais vous mettre un pro­duit qui va vous tour­ner la tête » Wou wou effet immé­diat. « Et main­te­nant, choi­sis­sez un joli rêve ». Et, la vache, c’est un truc de dingue l’anes­thé­sie géné­rale. J’ai pas rêvé, mais je suis par­tie direct !! Je me suis réveillée plus tard, dans la salle de réveil au doux son de la voix d’une infir­mière « Madame, vous êtes dans la salle de réveil. » Et là, j’ai res­sen­ti un immense sou­la­ge­ment :  » ça y est, c’est fait, ouf et en plus j’ai un sté­ri­let ! « .
    Je n’ai donc rien sen­ti. Et après, aucune sen­sa­tion par­ti­cu­lière non plus au niveau de mon uté­rus. J’ai lu qu’il y avait de l’an­ti-dou­leur dans le pro­duit de l’anes­thé­sie. J’é­tais son­née, comme après une grosse sieste sur la plage, sous le soleil. Mais aucune nau­sée. Après m’être réveillée une pre­mière fois, je me suis ren­dor­mie, tel­le­ment fati­guée, entou­rée d’autres femmes. Puis, on m’a rame­née dans ma chambre. Mon copain atten­dait à côté, dans la salle d’at­tente. Quand je l’ai vu, je lui ai adres­sé un immense sou­rire, dans mon lit, un peu son­née.
    J’é­tais si heu­reuse. Et je le suis tou­jours, une semaine après.
    Je tiens à remer­cier toute l’é­quipe de l’hô­pi­tal des Bluets, dans le 12ème arron­dis­se­ment de Paris.

  184. Celeste dit :

    Bon­jour
    J’ai 38 ans je suis diplô­mée notaire mariée et heu­reuse en couple. Mon conjoint et moi avons mis de nom­breuses années avant d’a­voir notre pre­mier enfant, gros­sesse dif­fi­cile puis pré­ma­tu­ri­té mais elle gran­dit bien Et comme de nom­breux parents nous jon­glons entre nos horaires de tra­vail de fous et notre sou­hait de pro­fi­ter de notre famille.
    J’es­time que nous sommes pri­vi­lé­giés
    Nous avions déci­dé de lan­cer un bebe n’2 rapi­de­ment mais médi­ca­le­ment par­lant on m’a deman­dé d’at­tendre un an. Nous avons triche un peu en uti­li­sant des capotes au bout de 6 mois. Mais voi­la numé­ro 2 n’ar­ri­vait pas au bout de 2 ans j’a­van­çais en âge Et pro­fes­sion­nel­le­ment je payais tou­jours ma pre­mière grossesse…nous nous étions fixé une dead Line à par­tir de laquelle on stop­pait les essais. Le jour de cette dead Line j’ai appris que j’é­tais enceinte…nous étions heu­reux puis nous avons réflé­chi. Je sou­hai­tais pri­vi­lé­gier ma car­rière (Ca n’a pas fonc­tion­né avec l e recul mais tant pis!) nous n’a­vions pas la place nous étions bien ins­tal­lés dans notre rythme à 3, j’a­vais depuis déve­loppe une mala­die auto-immune hor­mo­nale dont j’ai encore un peu de mal à gérer le trai­te­ment,… j’a­vais très mal au ventre je suis Donc allee à l’hô­pi­tal près de chez moi on m’a dis qu’on ne voyait rien à l’é­cho que c’é­tait trop tôt Et que je devais être en train de faire une fc…d’attendre. Au bout d’une semaine tou­jours de vives dou­leurs j’y retourne Et la je me retrouve au milieu d’une horde de femmes enceintes jus­qu’aux yeux venues visi­ter la mater…Ca m’a un peu secoué…rebelote me faire envoyernpromener…bref j’ai déci­dé d’a­vor­ter. je vou­lais natu­rel­le­ment faire cela vite. je me suis fait envoyer pro­me­ner pas avant 1 mois…j´ai alors pris attache avec le plan­ning qui m´a adres­see a une gyne­co pri­vee a 1h de chez moi qui a ete super et accepte de tout pla­ni­fier le soir apres mon bou­lot et le we pour l´expulsion. mon mari m´a sou­te­nu de a a z meme si comme pour moi res­te­ra tou­jours l´ombre de nume­ro 2. on y pense tou­jours meme si on ne le regrette pas! alors oui dans les coups de blues on se dit et si on avait eu 2 enfants…puis je me dis que rien ne garan­tit que cette gros­sesse serait allee a terme ni l´etat de sante de l´enfant bref avec des si!
    mon temoi­gnage pour dire a cha­cune d´assumer ses choix son corps! tous les jours les gens me demandent et alors le 2eme?!!! et bien il n´y en aura pas nous avons notre equi­libre mer­ci! defen­dons notre droit!

  185. Capucine dit :

    Je m’ap­pelle Capu­cine, j’ai 20 ans et j’ai avor­té début décembre 2019. J’ai envie d’a­voir des enfants, peut être plu­sieurs, je me vois avec une grande famille. Je suis atteinte du syn­drome des ovaires poly­kis­tiques et les méde­cins me répètent depuis mes quinze ans que conce­voir natu­rel­le­ment sera très com­pli­qué voir impos­sible. Pour­tant c’est ce qui s’est pas­sé et j’ai sen­ti tout de suite des chan­ge­ments dans mon corps, dès la pre­mière semaine.
    J’ai pris la pilule envi­ron 2 mois quand j’a­vais 17 ans et je l’ai mal tolé­rée. Depuis trois ans, je n’u­ti­li­sais pas de contra­cep­tion ou seule­ment des pré­ser­va­tifs à chaque nou­veau par­te­naires. Je suis main­te­nant en couple depuis un an et demi et c’est avec cette per­sonne que c’est arri­vé. Je l’aime très fort et c’est peut être la seule chose qui m’a ren­due triste pen­dant le pro­ces­sus de cette IVG. Qu’un foe­tus d’un mois conçu dans l’a­mour voit sa crois­sance arrê­tée par des médi­ca­ments. J’ai pris une jour­née et une nuit pour bien réflé­chir et j’é­tais sûre de moi, je suis étu­diante et je ne vou­lais pas accueillir un enfant sans m’être pré­pa­rée psy­cho­lo­gi­que­ment à ce grand chan­ge­ment. Je ne res­sen­tais pas de culpa­bi­li­té par rap­port au foe­tus que je por­tais.
    Mon copain n’é­tait pas là phy­si­que­ment mais il m’a sou­te­nu comme il a pu. Je pense que le plus impor­tant c’est de réflé­chir à ce qu’on veut soi pour sa vie et ne pas oublier que notre cer­veau est bour­ré d’hor­mones. Dès que j’ai pris les blo­queurs de pro­ges­té­rone, je ne res­sen­tais plus aucune tris­tesse.
    Un mois après je vais très bien, je rédige mon mémoire, je suis encore avec mon copain à qui j’ai essayé de faire com­prendre tout ce que j’ai res­sen­ti pen­dant l’IVG. J’essaie d’en par­ler pour exté­rio­ri­ser et évi­ter que cela devienne un tabou, je n’ai aucun regret et, au final, ce n’é­tait ni un drame, ni un trau­ma­tisme.
    Ce blog m’a bien aidé avant mon IVG, ça fait plai­sir de voir qu’un avor­te­ment peut très bien se pas­ser autant sur un plan phy­sique que psy­cho­lo­gique, comme le mien.

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