Témoigner, Participer

Femmes, com­ment pouvez-vous participer ?

Et les hommes ?

Si les hommes ne peuvent signer l’appel « nous avons avorté, tout va bien », ils ont la pos­si­bi­lité en revanche :

  • de relayer cette ini­tia­tive, par mail, sur leurs sites, leurs blogs.
  • et pour­quoi pas, de créer un appel de sou­tien. Nous nous ferons un plai­sir de le relayer ici.

Les orga­ni­sa­tions ?

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49 réponses à Témoigner, Participer

  1. lledo dit :

    Bon­jour,

    Je n’arrive pas à témoi­gner dans la rubrique adé­quate alors je le fais ici, car j’y tiens.
    J’ai 23ans aujourd’hui et je suis étu­diante en droit, à 14ans j’étais dans une rela­tion stable et sérieuse à laquelle je me suis vouée pour cause d’abandon fami­lial. Je suis tom­bée enceinte et j’ai avorté, s’en sont sui­vis 2ans d’humiliations fami­liales quo­ti­diennes « pour me le faire payer ». Payer de quoi? parce que j’étais jeune et que je suis une fille. Point. Même la psy­cho­logue de l’hôpital me l’a repro­chée! Ce com­por­te­ment a fait que j’ai mis 4ans à ces­ser de culpa­bi­li­ser « ma faute ». Quand je me suis par­don­née pour leur par­don­ner ensuite, d’abord moi en assu­mant mes choix et eux pour leur bétise, j’ai enfin pu me construire. Aujourd’hui, oui je vais bien et j’aide mes amies dans mon cas, avec le recul dont je bénéficie.

  2. Vanillette dit :

    J’ai avorté il y a envi­ron un an et demi. J’avoue y avoir réflé­chi, non pas par scru­pules moraux, mais parce ce que j’avais peur que quelqu’un puisse l’apprendre, et me juger.
    Puis je suis allée au plan­ning fami­lial, qui a accepté d’accélérer la pro­cé­dure pour que je puisse faire une ivg médicamenteuse.

    Mon copain de l’époque (et actuel) avait peu que cela me détruise. Que je soie dévas­tée. Il était prêt à le gar­der, tout en sachant qu’un tam­bour à deux cen­ti­mètres de mon oreilles ne me réveille pas la nuit.

    On m’a reçue, sans me juger. Mes moti­va­tions étaient claires: il était hors de ques­tion que j’aie à m’occuper d’un bam­bin à 19 ans, alors que mes études étaient pre­nantes et que j’avais déjà du mal à m’occuper de moi même (bouffe, loyer, alcool qui dérape par­fois, en soi­rée…). On m’a indi­qué une gyné­co­logue, qui a tout fait pour que je souffre le moins pos­sible phy­si­que­ment comme psy­chi­que­ment… et je n’ai pas souf­fert.
    J’avais l’impression d’avoir mes règles.

    Je n’ai jamais regretté ce choix. Je sais que cer­taines per­sonnes m’en ont voulu. Je n’en ai rien à foutre. J’ai conservé ma liberté, mon indé­pen­dance. Rien ne m’empêchera, un jour, de rendre un bam­bin ou une bam­bine vrai­ment heureux(se), si j’en ai le désir, et les moyens finan­ciers pour lui offrir le meilleur départ pos­sible.
    Et si je n’ai jamais de bam­bin… tant pis. J’aurai fini mes études, réa­lisé mes passions.

    Avec mon copain, on vit au jour le jour. La seule chose qui m’aie mar­qué de l’avortement, c’est que mon chéri avait plus la trouille que moi. Et pour­tant Dieu sait que je suis par­fois sen­sible et fleur bleue, et lui prag­ma­tique à la tête froide.

    • MutePrincess dit :

      Ton témoi­gnage est abso­lu­ment simi­laire à ce que j’ai vécu.

      J’ai avorté il y a 6 mois.
      J’étais dans une rela­tion stable avec un copain aimant; une bêtise, et là paf. Voilà. Alors quand on l’a appris, c’était la panique totale. Je veux dire, je par­tais en Eras­mus à la ren­trée, je vivais chez mes parents, ça fai­sait seule­ment 4 mois que mon copain et moi étions ensemble, et puis sur­tout, j’avais pas de situa­tion finan­cière ou quoi que ce soit.
      J’ai pré­féré tout du long me dire que j’avais juste un « truc » qu’il fal­lait à tout prix qu’on m’enlève. A 19 ans, je me voyais pas me pri­ver de mes liber­tés et de mes pro­jets comme ça d’un seul coup. C’était très égoïste, quelque part, mais la déci­sion d’avoir un enfant aussi, non, quand on y pense ? Je pré­fère avoir un enfant quand j’aurais les moyens d’assurer moi-même son édu­ca­tion, sa vie, d’être pré­sente pour lui, et sur­tout de l’avoir désiré.
      Alors on a pris rendez-vous à l’hôpital le plus rapi­de­ment pos­sible. Per­son­nel­le­ment, ça a du être la méthode chi­rur­gi­cale pour moi, puisque le délai était passé pour la médi­ca­men­teuse.
      Et j’ai été vrai­ment très bien accueillie !! Aucune per­sonne de l’hôpital ne m’a jugée, à aucun moment que ce soit, la gyné­co­logue qui me deman­dait com­ment ça s’était passé avant de sor­tir et à qui j’ai répondu « C’est sur­tout du sou­la­ge­ment en fait » m’a dit qu’elle com­pre­nait tout à fait, mais sur­tout, le plus impor­tant, c’est qu’autour de moi, ma famille me sou­te­nait, mes amis et plus impor­tant encore, mon copain, qui a eu bien plus peur que moi au moment de l’opération.

      Il serait resté avec moi si j’avais voulu le gar­der, ça a contri­bué à nous rendre plus forts.
      Je crois que per­sonne ne m’en a voulu, tout le monde voyait bien que j’étais en panique. Mes parents m’ont dit que si je vou­lais le gar­der, ils pren­draient les déci­sions qui s’imposent, mais ma mère est infir­mière, elle sait ce que c’est, elle est venue avec moi à l’hôpital, bon ma soeur a pas été très tendre parce qu’on avait fait une conne­rie et que c’était notre faute, mais pour le reste, je pense que si je m’en sors aussi bien aujourd’hui, c’est grâce à tout le sou­tien que j’ai pu rece­voir de par­tout.
      Je ne regrette rien. Je pré­fère avoir un enfant quand je serais prête plus tard ; c’était vrai­ment pas le moment.

    • juju dit :

      La peur qu’un avor­te­ment détruise une per­sonne j’ai du mal à la com­prendre parce qu’avoir un bébé au mau­vais moment pour moi c’est ça qui clai­re­ment est des­truc­teur (pas un avor­te­ment sou­haité). Et c’est des­truc­teur pour au moins deux per­sonnes… C’est incroyable qu’on nous mette encore dans cette culpa­bi­lité là.

      Merci pour ton témoignage !

  3. marie dit :

    j’ai avorté il y a deux ans et je tiens a dire que je suis tom­bée sur des per­sonnes à l’écoute lorsque j’étais à l’hôpital.Cela m’a per­mis de ne jamais avoir à me sen­tir cou­pable car j’ai été accom­pa­gnée jusqu’au bout.Il existe donc des per­sonnes qui ne jugent pas cet acte et qui com­prennent par­fai­te­ment ce que l’on vit.Je ne regrette abso­lu­ment pas mon choix car je sais que cet enfant n’aurait pas eu la vie que j’aurais voulu lui don­ner.
    Aujourd’hui je vais très bien et j’avance

  4. ortuno elisabeth dit :

    J’ai avorté en 1990 avec le RU et j’ai failli mou­rir car le centre d’orthogénie ne m’a pas laissé le choix ; j’avais plu­sieurs contre indi­ca­tions ( je fumais et mon age 38 ans) mais ça le méde­cin ne me l’a pas demandé…J’ai eu des hémor­ra­gies qui m’ont obli­gées à être hos­pi­ta­li­sée. Résul­tat: j’ai subi un cure­tage sous ag qui aurait été inutile si j’avais avorté par aspi­ra­tion. Heu­reu­se­ment, j’ai ren­con­tré une interne en méde­cine qui m’a pro­posé une liga­ture des trompes comme contra­cep­tion car je ne pou­vais pas prendre la pilule et mon uté­rus fai­sait des over­doses de sté­ri­lets.
    Les femmes doivent pou­voir choi­sir, la culpa­bi­lité est déjà assez lourde, elles peuvent avoir le droit d’être endor­mies avant l’aspiration.

  5. Françoise dit :

    J’ai 60 ans, deux filles, et quatre petits-enfants (de 20 ans à 9
    ans). J’ai avorté trois fois, dont une de manière illé­gale grâce
    à un méde­cin, mort depuis, qui m’a pris beau­coup d’argent et m’a dit
    qu’il finan­çait ainsi sa superbe mai­son sur les hau­teurs d’une grande
    ville fran­çaise. Je me débar­ras­sais cette fois-là d’une gros­sesse
    dont je ne vou­lais pas, je venais d’accoucher. La deuxième fois, j’ai
    empê­ché un enfant de venir au monde dans un couple en cours de
    rup­ture, je l’ai vécu comme un acte d’amour, le plus beau cadeau que
    je pou­vais faire à cet enfant c’était de ne pas le lais­ser arri­ver.
    Quant au der­nier, bien des années plus tard, je me suis débar­ras­sée
    d’un corps étran­ger, d’une espèce de kyste, d’un truc qui s’était
    ins­tallé en moi sans autorisation.Chaque avor­te­ment est dif­fé­rent,
    chaque femme est dif­fé­rente, chaque moment de la vie d’une femme est
    dif­fé­rent. Je n’ai jamais eu la moindre souf­france, ni remords, ni
    honte, ni rien de néga­tif, à la suite de ces déci­sions, et je
    l’aurais refait si j’avais eu à le refaire. Il faut arrê­ter de dire
    que c’est un trau­ma­tisme; que le choix ait été fait après
    réflexion ou qu’il se soit imposé comme une évi­dence, il n’est
    qu’un acte de la vie comme tant d’autres, issu de nos struc­tures
    men­tales et affec­tives, et n’a pas à créer en nous un pro­fil de
    meur­trière. Je vais bien, merci !!!

  6. geslin dit :

    Je suis gd-mère. J’ai avorté en 1970, j’avais un fils de 18 mois, un mari qui n’avait pas encore coupé le cor­don ombi­li­cal. Il était donc contre, par « ça ne se fai­sait pas » dans la famille. Il a menacé de me dénon­cer aux flics, ce dont il avait le droit à l’époque. Ca n’a fait que ren­for­cer ma déci­sion qui était déjà mûre­ment réflé­chie. Je me sou­vien­drai tou­jours que ça s’est passé sur une table de cui­sine et que la télé dif­fu­sait Zorro. Suite à des com­pli­ca­tions, j’ai eu la chance de « tom­ber » sur un chi­rur­gien âgé qui ne m’a ni jugée, ni ser­mon­née, à l’inverse des infir­mières. Je n’ai jamais eu de regrets, remords ou choc psy­cho­lo­gique. Je crois que quand une femme est déter­mi­née, elle va jusqu’au bout, comme dans toute action qu’elle entre­prend. Il faut arrê­ter de se lais­ser culpa­bi­li­ser en tant que femme, c’est une déci­sion per­son­nelle dont il ne faut pas avoir honte. Sur­tout ne pas se sou­cier du « qu’en-dira-t’on », c’est notre vie, et à nous de la gérer. Je suis outrée, actuel­le­ment, par le retour insi­dieux de cette bien-pensance, notam­ment par l’accroissement des manifs où ils mani­pulent des enfants qui scandent des slo­gans dont ils ne com­prennent pas le vrai sens. La reli­gion est dévas­ta­trice par son hypo­cri­sie. J’ai un petit-fils de 20 ans, et je vais bien, merci !!

  7. Angélique dit :

    bon­jour,
    j’ai subit un ivg le 1er juin 2010 et aujourd’hui je vais très bien.
    j’ai appris ma gros­sesse la semaine sui­vant paques 2010 (j’ai perdu mon chien qui avait a peine 1an le lundi de paques est ce que cela a joué dans mon his­toire je ne sais pas), au début j’étais heu­reuse, j’ai mis 7 mois pour tom­ber enceinte, j’allais don­ner un petit frère ou une petite soeur a mon fils qui avait 18 mois. mais cela s’est gaté entre les nau­sées, les vomis­se­ments et la perte de poids fla­grante, j’étais au plus mal, j’ai failli etre hos­pi­ta­lisé car meme les piqures de prim­pé­ran ne don­naient rien. bref petit et a petit c’est ins­tal­lée une sorte de dépres­sion due a cette gros­sesse, je délais­sais mon fils, je reje­tais mon mari, j’ai failli faire 2 fois une TS mais mon mari a chaque fois a réus­sit a m’arréter a temps, il en a vrai­ment souf­fert et moi aussi. au bout d’un moment j’ai pris la déci­sion d’aller aux urgences et là j’ai été écouté par une infir­mière très gen­tille et a l’écoute, et je me suis rendu compte que j’étais ainsi depuis le début de ma gros­sesse mais que cela avait empli­fié en meme temps que les hor­mones. ensuite j’ai ren­con­tré un psy­chiatre qui m’a écouté et était pré­sent pour moi enfin jusqu’a l’ivg car arès il n’y avait plus per­sonne, ce psy m’a dit que si je gar­dais le bébé je ris­quais de le reje­ter et de ne pas m’occuper de lui et meme pire il m’a dit que le bébé était sur­ement malade donc avec mon mari nous avons réfle­chit et on a opté pour l’ivg. j’ai eu rdv au plan­ning le jeudi et le mardi c’était finit, j’étais a 11 semaines de gros­sesse. le dimanche avant l’ivg j’ai été voir un prêtre qui a été com­pré­hens­sif (j’ai été sur­prise d’ailleur) et il m’a dit que j’allais vrai­ment pas bien qu’il le res­sen­tait donc a par­tir de ce jour là j’ai plus eu de doute je fai­sais le bon choix. juste après l’intervention j’ai pleuré en salle de réveil et une infi­rième a été a mon écoute et m’a dit vous avez pris la meilleure déci­sion madame « pour­quoi m’a-t-elle dit ça je ne sais pas et je ne sau­rais jamais » mais quand j’ai été revoir mon méde­cin trai­tant et qu’on lui a tout expli­qué (il m’a vu en état de dépres­sion) il m’a dit vous avez pris la meilleur déci­sion, le bébé était sur­ement malade et c’est pour ça que vous avez été dans cette état car 1 semaine après l’ivg, plus de dépres­sion, plus de TS et mon fils me redi­sait maman, mon couple aujourd’hui s’en est res­sorti plus fort.
    aujourd’hui on est en essai a nou­veau pour un bébé ce sera bb3 car pour moi le bébé ivg a été bb2 et le sera tou­jours, j’ai culpa­bi­lisé au début d’avoir « tué » mon bébé mais je sais que j’avais pas le choix et main­te­nant je vais bien je regrette juste que ça se soit passé comme ça. j’ai trop peur que cela recom­mence pour bb3 mais je sais que ceette fois j’irai jusqu’au bout je serai plus forte du moins j’essayerai.
    toute ma famille est au cou­rant de ce qui c’est passé mes parents, mes soeurs, mes beaux parents (pas mon beau frère, ni ma belle soeur), ma cou­sine est au cou­rant depuis peu. j’arrive a en par­ler et je pense que c’est très impor­tant.
    mon fils a aujourd’hui 30 mois et est très proche de moi, je sais que j’ai fait le bon choix pour lui et pour moi.
    je vais bien aujourd’hui et je ne culpa­bi­lise pas. au contraire j’ai fait le bon choix.

  8. Yvette dit :

    Ma grand mère a avorté en 1945 et nous n’allons pas bien.
    Abso­lu­ment clan­des­tin, bien évi­dem­ment.
    Elle en est morte, bien sûr.
    Depuis, des géné­ra­tions de femmes.
    Ma mère. 70 ans. De dépres­sion en psy­cha­na­lyse. Trau­ma­tisme de la perte de sa mère.
    Moi, 50 ans. La méno­pause est peut être faite. Peu importe. Je refuse abso­lu­ment de vivre sans contra­cep­tion.
    Ma fille, étu­diante en bio­lo­gie. Déni total de gros­sesse jusqu’au terme. Ce n’était pas le manque d’information.
    Ma petite fille, 7 ans.
    La malé­dic­tion s’arrêtera là.
    Je milite au Plan­ning Familial.

  9. Hostein dit :

    Bon­jour , j’ai avorté en 2004 et je vais bien !
    A l’epoque je n’avait que 16ans !
    Ma famille m’a poussé a le gar­der et mon cheri avait tel­le­ment peur que ca me detruise qu’il vou­lait donc le gar­der ! Mais je ne m’en sen­tai pas prete ! J’avais les finances vu que nous tra­vail­lions tt les deux a l’epoque mais ma tete n’etait pas prete !
    J’ai pris rdv et je suis tombé sur des infir­mieres com­ple­te­ment folle qui essayer de me faire chan­ger d’avis par culpa­bi­lité !
    Mais j’ai ete au bout de ma demarche !
    J’ai pleu­rer les deux jours sui­vant le cure­tage mais sans doute par fatigue puis l’acte n’est pas trop benin non plus ! Mais psy­cho­lo­gi­que­ment j’etais bien !
    Pour­tant j’etais seule ce jour la car mon cheri etait en depla­ce­ment mal­heu­reu­se­ment et ma mere etait pas loin de moi mais hos­pi­ta­li­sée donc pas pos­sible d’etre a mon che­vet .
    En 2006 , je me suis retrou­ver a nou­veau enceinte , avec le meme papa ! Et contre toute attente , tous le monde me disait , avorttt­teee !!!
    Comme une idiote j’ai pris le rdv .
    Mais arri­ver a minuit la soi­rée avant le rdv , le moment ou j’aurai du prendre les medoc pour pro­vo­quer le decol­le­ment et ben j’ai tout jet­ter a la pou­belle en accord ac mon conjoint ! Cette fois ci nous etions prets ! j’Etais enfin prete !
    Et a l’heure d’aujourd’hui je suis maman de mon petit enzo né en juillet 2007 et d’un petit Nolan né en decembre 2010 !
    Entre mes deux ptit amours j’ai perdu un bebe a 3 mois et demi mais ceci est une autre histoire !

    Enfin tout ca pour dire , l’avortement n’est pas taboo , n’est pas une tare, ni meme un echec !
    C’est un choix , un choix sou­vent plus intel­li­gent qu’on pour­rait le croire !
    Ces femmes la ont au moins le cou­rage de dire NON je n’en veux pas , ca n’est pas le moment , ni meme mon choix !
    Et cou­rage a celles qui ont du mal a ce decider !

  10. Louloute75 dit :

    J’ai avorté le 15 août 2010 et je peux dire aujourd’hui que je vais bien.

    Bien sur ça n’a pas été facile de se retrou­ver entre l’envie d’avoir un enfant avec son par­te­naire que l’on aime et celle de la réa­lité qui fait que lorsque l’on à 21 et que l’on fait des études supé­rieures on ne peut pas se per­mettre d’avoir un enfant.

    Je vais bien mieux aussi car cela n’a pas détruit mon couple contrai­re­ment à ce que je pen­sais et ce que j’avais lu. J’ai été très mal mais on à reussi à remon­ter la barre. Même si l’autre ne savait pas for­ce­ment com­ment réagir et que son sou­tien n’était pas à la hau­teur de mes espé­rances j’ai réussi à par­don­ner pour la pre­miere fois de ma vie. L’ivg m’a fait murir.

    Je vais bien .

    Oui on peut sur­mon­ter un ivg ca peut prendre plus ou moins de temps mais on y arrive toutes.

    J’ai vécu 2 autres ivg par pro­cu­ra­tion (2 de mes amies) et le sou­tien est indis­pen­sable. Donc merci à vous les filles et j’espere avoir fait le neces­saire pour vous.

    Le mot d’ordre est le sou­tien, la pré­sence et je pense qu’en par­ler n’est pas for­ce­ment cathar­tique mais le simple fait de savoir que l’on pour­rait le faire si on le veut est le seul moyen de s’en sortir.

    Je vais bien , je vais mieux , je ne pleure plus devant une femme enceinte, je n’ai plus envie de taper tous les nour­ris­sons et les enfants en bas âge et ce dont je suis le plus fière c’est que je ne pleure plus quand je regarde un film ou une série dans laquelle une femme subit un ivg.

    L’ivg est un droit il faut le conser­ver. La gros­sesse est un moment mer­veilleux dans la vie d’une femme mais il se doit d’être desiré.

    Je tenais à remer­cier toutes les per­sonnes qui se battent pour que ce droit en reste un et pour que les femmes puissent deve­nir mères quand elles le désire.

    Un grand merci à vous ! (je vais bien mais j’ai les larmes aux yeux en lisant tous ces temoi­gnages qui auraient pu être les miens).

  11. Annemarie dit :

    Je n’ai jamais avorté, mais…
    J’ai bien­tôt 60 ans.
    Ma vie sexuelle, en 1971, a com­mencé avec un retard de règles après un rap­port « foiré » (selon les cri­tères de l’époque : pas de péné­tra­tion, mais éja­cu­la­tion).
    19 ans, étu­diante, habi­tant chez mes parents (pas des psy­cho­ri­gides, plu­tôt ouverts, mais quand même pas pu leur en par­ler).
    Le mec ? Il m’avait lar­guée de toute façon, alors pas au cou­rant, pas concerné.
    Super!
    Visite chez un gynéco « sympa », mes 100 francs (100 euros d’aujourd’hui) d’argent de poche y passent.
    Test « de la lapine » en labo, les 100 francs d’argent de poche de ma meilleure copine y passent (le test de la lapine ou test de Fried­man était un pro­cédé qui per­met­tait de savoir avec une lapine si une femme était enceinte : il suf­fi­sait d’injecter de l’urine de la patiente dans l’ovaire de la lapine, ce qui pro­vo­quait l’ovulation de l’animal).
    Une semaine d’attente pour les résul­tats. Angoisse +++ dont je me sou­viens encore, 40 ans plus tard !
    Si j’étais enceinte, com­ment faire pour avor­ter ? Aucun doute sur la néces­sité de le faire, aucun état d’âme par­ti­cu­lier, juste ce gros souci : com­ment faire ?
    Je ne connais­sais pas encore le fémi­nisme et ses réseaux(c’est venu très vite par la suite) et la seule solu­tion envi­sa­geable était la Suisse. Le seul copain qui gagnait déjà sa vie (les autres étaient étudiant.e.s et fauché.e.s) et qui aurait pu me prê­ter les 1000 ou 1500 francs néces­saires, fai­sait son ser­vice mili­taire…
    Un jour, dou­leurs ter­ribles au ventre, mes règles arrivent, et j’expulse ce que (igno­rante) je croyais être un gros caillot de sang.
    Le moment fati­dique d’appeler le labo pour avoir les résul­tats du test arrive : je ne suis pas enceinte.
    Ouf !
    Mineure à l’époque, je vais consul­ter une gynéco mili­tante qui don­nait la pilule sans auto­ri­sa­tion des parents.
    Ouf !
    Ce n’est que plu­sieurs années plus tard que j’ai recons­ti­tué le puzzle :
    – oui, on pou­vait être enceinte après un rap­port sans péné­tra­tion (une goutte de sperme suf­fit)
    – oui, j’étais enceinte (le test était néga­tif parce que la fausse couche avait déjà com­mencé)
    – oui, j’avais bien fait une fausse couche spon­ta­née et expulsé un embryon (quand j’ai milité au MLAC quelques années plus tard, et par­ti­cipé à des IVG avec la méthode Kar­man, j’ai reconnu le fameux « caillot »)
    Pen­dant les années qui ont suivi, j’ai baisé comme j’en avais envie, et tou­jours eu une contra­cep­tion (pilule, sté­ri­let).
    J’ai milité au MLAC, puis dans des groupes femmes du MLF (avant récu­pé­ra­tion du sigle par Psy­chépo). J’ai signé le mani­feste des 343 *… après les 343!
    Lors d’une rela­tion… disons… « embrouillée »… avec un mec qui me fai­sait du chan­tage (entre autres) à l’enfant, la seule chose sur laquelle j’ai résisté, c’est ce qui me sem­blait le plus impor­tant : ne pas avoir d’enfant avec lui, car si j’en avais un peu (sen­ti­men­ta­le­ment) envie, je savais que c’était la der­nière chose à faire avec lui, que je ne le vou­lais pas.
    Ouf !
    Iro­nie du sort : à 35 ans, ayant une rela­tion épa­nouie avec un mec, nous déci­dons d’avoir un enfant ensemble.
    Pata­tras, après quelques années de jambes en l’air, de soup­çons, d’examens, le ver­dict tombe : je suis sté­rile…
    Je ne veux pas de FIV (consciente des incon­vé­nients phy­sio­lo­giques et psy­cho­lo­giques de la sur-médicalisation de la vie quo­ti­dienne et sexuelle que cette démarche implique). Nous optons pour l’adoption.
    Jimmy a 20 ans, celui-là je l’ai voulu, nous l’avons voulu. Conçu de nos ovules et sper­ma­to­zoïdes ou pas, c’est notre fils.
    Étais-je déjà sté­rile pen­dant que je pra­ti­quais scru­pu­leu­se­ment la contra­cep­tion, que je me débat­tais pour ne pas faire d’enfant avec ce mec? Je ne le sau­rai jamais. Et je m’en fous.
    Ce que je sais, c’est que, le diag­nos­tic de sté­ri­lité confirmé, je n’ai jamais éprouvé le moindre regret.
    La fausse couche à 19 ans ? Tant mieux. La déci­sion de ne pas faire d’enfant avec ce mec qui me pour­ris­sait la vie ? Je suis contente d’avoir résisté à son chan­tage. Le refus de la FIV et la déci­sion d’adopter ? C’était le bon choix pour moi, pour nous.
    Voilà. Je n’ai jamais avorté, mais je l’aurais fait s’il avait fallu.
    Et je vais bien.
    Fémi­niste, tou­jours.
    Annemarie

    *Mani­feste qui, soit dit en pas­sant, n’avait pas de nom, la cou­ver­ture du Nou­vel Obs qui le publiait titrait « La liste des 343 fran­çaises qui ont le cou­rage de signer le mani­feste « Je me suit fait avor­ter ».
    C’est Char­lie Hebdo qui la semaine sui­vante a titré avec la ques­tion « Qui a engrossé les 343 salopes? » adres­sée à Michel Debré (bien connu pour ses posi­tions rétro­grades et nata­listes) qui répon­dait « C’était pour la France..« 
      Les fémi­nistes de l’époque auraient pu (elle n’étaient pas les der­nières à manier l’auto-dérision) se dénom­mer « les 343 salopes », elles n’y ont sans doute pas pensé, et Cabu l’a fait, c’était génial.
    Que vous, dans le même esprit, ayiez choisi de vous nom­mer « Les filles des 343 salopes », j’approuve entiè­re­ment. C’est tout à fait dans l’esprit.
    Par contre, que la men­tion de ce mani­feste soit faite sys­té­ma­ti­que­ment dans les médias (par des jour­na­listes ignorant.e.s, à date fixe, sans iro­nie ni recul)sous ce titre erroné, me défrise. Sur­tout dans cette ambiance nau­séa­bonde de recul des droits à l’IVG
    Alors je me bats pour que ce mani­feste si impor­tant dans l’histoire des femmes et du fémi­nisme porte son vrai nom: « Un mil­lion de femmes se font avor­ter chaque année en France. Elles le font dans des condi­tions dan­ge­reuses en rai­son de la clan­des­ti­nité à laquelle elles sont condam­nées, alors que cette opé­ra­tion, pra­ti­quée sous contrôle médi­cal, est des plus simples. On fait le silence sur ces mil­lions de femmes. Je déclare que je suis l’une d’elles. Je déclare avoir avorté. De même que nous récla­mons le libre accès aux moyens anti­con­cep­tion­nels, nous récla­mons l’avortement libre.« 
      Un peu plus long, mais moins ambigu.
    Il y a encore du bou­lot, les filles!

  12. Céline dit :

    J’ai 25 ans. J’ai avorté à 23 ans et je vais bien ! Je sor­tais d’école, étais en période d’essai chez mon employeur et je savais que je n’allais pas pas­ser ma vie avec mon copain d’alors.
    Je n’ai pas réflé­chi plus de 3s, c’était évident pour moi. Mon copain lui me deman­dait quand même de réflé­chir et qu’il était tout à fait favo­rable à un chan­ge­ment d’avis. Il le vou­lait même je pense ce bébé.
    Mais moi non. Ce qui m’a fait le plus souf­frir c’est de ne pas en par­ler à mes parents, ma soeur, mes amis. J’avais honte et je ne vou­lais pas déce­voir ma famille et mon copain m’avait inter­dit de le dire à mes amies. Mon méde­cin a été bien, prag­ma­tique, effi­cace. Cela s’est rela­ti­ve­ment bien passé même si les méde­cins au bout de 10 jours n’étaient tou­jours pas sûrs que l’oeuf soit parti… Un peu de stress en bonus donc avec des echo­gra­phies tous les 3 jours pour voir si les médocs avaient enfin fonc­tionné…
    Aujourd’hui je ne regrette rien, je vis ma vie enfin, je me suis sépa­rée du copain de cette époque, j’ai re res­piré ! Je n’ai aucun regret et cherche à aider des jeunes (ou moins jeunes) filles per­dues qui ne sau­raient pas à qui en par­ler. J’ai pu me débrouiller et n’en par­ler à per­sonne parce que j’avais de l’argent mais ça aurait pu être beau­coup plus compliqué…Et cela ne m’empêche pas de pen­ser qu’un jour j’aurais des enfants, oui des enfants !

  13. Zaz dit :

    Bon­jour,
    Je suis une fille, une filles des 343, comme vous, et je vais bien.
    Je n’ai jamais avorté, j’ai long­temps été ter­ri­fiée à cette idée. J’ai assisté à des IVG (je suis jeune méde­cin), j’ai entendu le dis­cours autour de moi, et j’ai long­temps été per­sua­dée que ça ne pou­vait être que dou­lou­reux et triste.
    Il y a des années, bien avant de m’avoir, ma mère a avorté. Ca n’était pas encore légal. Et elle va bien !
    Elle a mis des années avant de me le dire, pour­tant elle va bien, elle n’a jamais été culpa­bi­li­sée, elle ne regrette rien. Elle avait sim­ple­ment peur de ma réac­tion de fille, je comprend.

    Mais je suis contente qu’elle l’ait fait, ça a changé beau­coup de choses pour moi, j’ai décou­vert qu’on pou­vait bien le vivre (et quoi de plus convain­quant que le témoi­gnage d’une mère ?!).
    C’est encore plus ma mère et je suis encore plus sa fille. Elle m’avait déjà trans­mis son com­bat, mais pour la pre­mière fois j’ai com­pris. Parce que pour la pre­mière fois nous avons pu par­ler de notre fémi­nité, entre femmes.
    Je pres­cris déjà des contra­cep­tifs, et d’ici quelques années je ferai sans doute des IVG. Je sais que j’aiderai mieux toutes les femmes que je ren­con­tre­rai à la lumière de cette his­toire, je sais que mon dis­cours va évo­luer avec mon entou­rage parce que je com­prend ça.

    Parlez-en à vos filles, à vos fils.

    Sur­tout si vous allez bien. N’ayez pas peur de leur réac­tion, ce sont vos enfants, vous leur avez trans­mis vos valeur et peut-être vos com­bats, expliquez-leur.

  14. mimi dit :

    Bon­jour,
    moi j’ai avorté mal­heu­reu­se­ment 2 fois.
    1ère en 2005, j’avais 21 ans , un com­pa­gnon stable depuis 2 ans mais chez nos parents, moi dans mes études et lui cher­chant sa voie.…pas le tableau idéal et sur­tout AUCUNES envies d’être mère main­te­nant alors que je n’ai pas encore vécue.
    2ème il y a 1 mois à peu près; à 27 ans…je sais pas com­ment, on uti­lise le pre­ser­va­tif tout le temps, il ne craque pas et pourtant.……toujours avec mon com­pa­gnon qui est main­te­nant mon fiancé et bien­tôt mon mari.

    Et pour­tant je ne veux tou­jours pas de cette gros­sesse et lui non plus. Je me sens capable d’être mère mais tou­jours en études (longues), lui a un bon métier mais vient de com­men­cer sa carriere.

    Je ne regrette pas d’avoir avorté mais que nos situa­tions ne soient pas enclines à acceuillir un être.…voilà

  15. Laury dit :

    Bien­tot la ving­taine, quand j’ai sue que j’étais enceinte ce fut le choc. Tou­jours à l’école, mon copain aussi. Même si nous somme très liés et com­plice depuis un an, même si on a pleu­rée des larmes de joie pour cet enfant qu’on avai­tas deman­dés mais qu’on aimais déjà, ce fut impos­sible pour nous de le gar­der. Sur­tout quand ma mère l’a sue elle m’a bien fait la morale. On aurait eu que de l’amour à lui offrir, mais pour suc­com­ber à ces besoins, on aurait bien galè­rés. J’ai donc avor­tée .. Moi per­son­nel­le­ment ce fut dure car je vis dans le but d’être maman, j’adore les enfants, et je rêve de don­ner la vie. J’ai beau­coup pleu­rée, regret­ter, j’ai fais une page Face­book ou j’y raconte l’histoire de À à Z, elle s’intitule BABY B0OH. Aujourd’hui avec le recul je me dis que c’était mieux pour cet enfant, en plus la vie de main­te­nant coûté chère alors voilà, si c’est pour pas­sée tout mon quo­ti­dien à me dire  » Com­ment je vais payer ci et sa ?  » c’est pas la peine. Enfin bref chaque femme à ces rai­sons. Ce dont j’aimerais par­ler ce sont les cri­tiques que j’ai reçu vis à vis de ma page Face­book ou j’y explique mon avor­te­ment. Cer­taines filles m’ont insul­tées de meu­trières, d’assassin, je pré­cise que même mes amis proches n’y ont pas été de mains morte .. Ensuite cer­taines m’ont dis que c’était vrai­ment nul de faire une page pour sa, que c’était pas la peine d’en faire un drame. Mais je n’en ai pas fais un drame c’est juste que moi j’ai ouvert ma gu*** et j’en ai par­lée aux yeux de tous. Mais grâce à cette page, des filles ayant eu recours à l’ivg m’ont contac­tés afin d’en par­ler, vu que moi je l’ai vécu je peux les com­prendre. Alors toutes ces femmes qui nous jugent c’est du grand n’importe quoi, ce n’est ni leurs corps à ce que je sache et cet enfant ce ne sont pas eux qui vont les éle­vés, alors qu’ils s’occupent de leurs affaires. On ne peut pas négli­ger une femme car elle a avor­tée, jus­te­ment on devrait la res­pec­ter d’avoir stop­per la vie de ce petit être juste pour le sau­ver. Avor­ter ce n’est pas reje­ter un enfant car on en veut pas, avor­ter c’est réflé­chir, pleu­rer, dou­ter, pen­ser, ima­gi­ner, être indé­cis, pas­ser à l’acte .. Avor­ter c’est quand même quelque chose qu’on oublie pas, mais les gens devraient arrê­ter de nous négli­ger, et cer­tains arrê­ter d’avoir de la pitiée. Moi per­son­nel­le­ment sa à été dure mais je ne suis pas morte, je vis, je vais bien, merci.

  16. Gaëlle dit :

    Bon­jour à toutes, et tous aussi j’espère!
    Ravie de « tom­ber » sur ce forum, et de racon­ter ma for­mi­dable expé­rience!
    Oui, je le répète assez sou­vent, pour le faire savoir, et pour ne pas l’oublier, j’ai adoré tom­ber enceinte, et l’avortement n’en a été que la suite logique…
    Je devais avoir 25ans, et « peu conscien­cieuse », je ne fai­sais pas tel­le­ment atten­tion à la régu­la­rité de mes cycles… Je por­tais un sté­ri­let depuis 2 ans et demi, et j’étais en couple depuis plus d’un an. C’est d’ailleurs mon copain qui m’a fait remar­qué que mes seins sem­blaient avoir grossi, et que d’après lui, cela fai­sait un bon moment que je n’avais pas eu mes règles… Je me sen­tais effec­ti­ve­ment très sen­sible, j’avais effec­ti­ve­ment des troubles de l’appétit dirons nous, mais je me sen­tais bien. Bon, juste au cas où, je me suis ren­due en phar­ma­cie pour ache­ter un test de gros­sesse. C’était assez bizarre de voir la phar­ma­cienne enjouée à l’idée que peut être j’allais peut-être « avoir un bébé »… Moi? Un bébé? hahaha!
    … Un pipi plus tard, je regar­dais avec une incom­pré­hen­sion totale ce pre­mier signe de « vie intra-utérine » : un trait bleu dans le bon sens, qui a effec­ti­ve­ment fait émer­ger une petite larme sur ma joue… J’ai rejoint mon copain dans la chambre, assez gênée, car il est vrai qu’on ne lit en géné­ral pas beau­coup d’histoires posi­tives à ce sujet… Bref, plus fémi­niste que moi cer­tai­ne­ment, très serei­ne­ment et très atten­ti­ve­ment, il m’a sim­ple­ment répondu qu’il suf­fi­sait d’avorter… Ben ouai, c’est pas plus com­pli­qué que ça!
    Direc­tion l’hopital (Ah oui, j’avais un avion à prendre 5 jours plus tard, donc j’étais un peu pres­sée!)
    Pre­mière étape : Adieu mon petit sté­ri­let chéri… J’ai failli deman­der au doc­teur si je pou­vais le gar­der, mais j’ai eu peur de pas­ser pour un folle, et c’était pas le moment!
    Ensuite : Trou­ver une gynéco qui veut bien me faire avor­ter avant le décol­lage. Ouf, trouvé!
    Enfin : Prendre les médi­ca­ments. Pour ma part, j’ai « éva­cué » avant de prendre le 2ème cachet, tran­quille­ment, sur mon trône. Cela a d’ailleurs pro­vo­qué des com­por­te­ments assez mar­rants quand j’y pense : « Ca y est, ça y est, je crois qu’il est sorti!!! » Mon copain et les colocs qui arrivent tout sou­rire aux WC : « Ah ouai, tu l’as senti? » « Ouai ouai, je crois bien qu’il est sorti »… Et nous voilà tous les 4 à regar­der dans la cuvette des toi­lettes… j’avais jamais vécu ça avant!
    Bon, j’appelle la gynéco, qui me dit qu’avant de prendre la déci­sion de ne pas prendre le 2ème cachet, je devais faire un écho­gra­phie avant de par­tir… Elle me dégotte un écho­graphe prêt à se dépla­cer juste pour moi (Oui oui, il n’y a pas que des méchants gyné­co­logues), et je me rend dès le len­de­main à son cabi­net. Il a effec­ti­ve­ment constaté que l’ovule fécondé n’était plus là.
    J’ai sai­gné, beau­coup, mais je n’ai pas eu mal.
    Et puis 2 jours après, je me suis réveillée un matin, et je me sen­tais dif­fé­rem­ment des jours pré­cé­dents. J’ai com­pris que mon corps avait com­pris que je n’étais plus enceinte. Et voilà.

    J’ai vécu tout cela de manière très posi­tive. Pre­miè­re­ment, j’ai res­senti mon corps enceinte, et ça a été très agréable pour moi. J’ai aussi vécu une très bonne expé­rience de dia­logue avec les pro­fes­sion­nels, mon copain et mes amis. Enfin, cela m’a per­mis de par­ler avec ma mère, avec qui dis­cu­ter de mon « inti­mité » a tou­jours été très dif­fi­cile. Nous avons com­paré nos réac­tions cor­po­relles, nos sen­sa­tions, elle m’a raconté ses gros­sesses et c’était vrai­ment génial de par­ta­ger ça avec ma maman!

  17. Cynthia S dit :

    Bon­jour à toutes,
    j’ai 23 ans et je suis étu­diante. J’ai appris il y a 3 semaines que j’étais enceinte de 4 semaines. Lors de mon test, j’ai tout de suite su que je n’allais pas gar­der mon bébé (ce qui était pas trop le cas de mon chéri). Je ter­mine seule­ment mes études en sep­tembre, mon fiancé ter­mine aussi ses études en sep­tembre, nous avons énor­mé­ment de pro­jets mais sur­tout beau­coup de pro­blèmes d’argent!!!!!
    Le 2ème hic de l’histoire est que je viens d’une famille d’italiens, si je leur disais que j’étais enceinte sans avoir au moins 1 toit sur ma tête et de l’argent pour acceuillir le bébé, je me serai faites « mas­sa­crée ».
    Donc j’ai décidé d’avorter seule chez moi par médi­ca­ment sans éveiller le moindre soup­çons de mes parents. (mon fiancé n’étant pas là) Ce qui fût très dur!!!!
    Bien sûr, je ne doute pas une seconde qu’à la nais­sance du bébé ils auraient été ravis de le voir mais si c’est pour pas­ser une gros­sesse où tout le monde me crie des­sus et pleure…très peu pour moi!!!! Je n’ai pas envie de faire une dépres­sion durant ma gros­sesse et cou­per les ponts avec ma famille.
    Je désire avoir une gros­sesse ser­reine, rem­plie d’amour et de joie…mais dans quelques annés, après mon mariage et sur­tout en ayant une bonne situa­tion finan­cière pour accueillir le petit bout.
    Fina­le­ment dans l’histoire je n’ai pleuré que 2 fois, lorque j’ai fait mon test et lorsque j’ai perdu l’oeuf…à ma grande sur­prise, mora­le­ment je me sens bien (grâce aussi à mon fiancé qui m’a beau­coup sou­tenu).
    Alors pour résu­mer mon his­toire je dirai que JE VAIS BIEN, MERCI et je ché­ri­rai mon pro­chain bébé de tout mon être.

  18. Violettedusud dit :

    Bon­jour à toutes,
    je viens d’avorter et je vais bien merci.
    C’est para­doxal car mon fiancé et moi vou­lions un enfant. Nous sommes ensemble depuis un an et nous avons décidé ensemble de faire un enfant. Nous pen­sions que cela met­trait du temps (6 mois, un an) avant que je ne sois enceinte… mais pas du tout… j’ai été enceinte au bout de 3 mois. Et là, ce fut la « tuile ». Loin d’être une bonne nou­velle. Fina­le­ment, nous réa­li­sions que nous allions être parent. Après seule­ment une année ensemble, cela nous a sem­blé com­plè­te­ment fou. Cette gros­sesse arri­vait fina­le­ment trop tôt. Mau­vais timing… nous allons nous marier et un enfant arri­ve­rait trop tôt dans nos vies. Nous sommes amou­reux et nous vou­lons encore en pro­fi­ter… Aujourd’hui j’ai 30 ans et mon com­pa­gnon 39. Nos situa­tions pro­fes­sion­nelles ne nous auraient pas per­mis d’accueillir cet enfant dans les meilleures condi­tions. Fina­le­ment nous avons ensemble pris la déci­sion que j’avorterais. Nous nous sommes ren­dus ensemble au plan­ning fami­lial (la boule au ventre). Mais nous avons été très bien accueillis. Sans juge­ment et avec com­pré­hen­sion. Ensuite nous avons ren­con­tré un méde­cin (une fémi­niste) qui nous a éga­le­ment accueilli avec res­pect et nous a ras­suré sur le fait que la gros­sesse en était vrai­ment au tout début (le sac ges­ta­tion­nel ne fai­sait que 2 mm).…
    bref j’ai pris les médi­ca­ments… j’ai bien sai­gné. Mais au final je me sens mieux et je suis per­sua­dée que c’était la meilleure solu­tion. Nous avons envie de prendre notre temps et de pro­fi­ter de nous. Je vou­drais que toutes les filles qui doutent puissent lire de tel témoi­gnage. Tous les cas de figure existent.

  19. Anne dit :

    Bon­jour.

    J’ai avorté en 2005 et tout s’est bien passé. Essen­tiel­le­ment parce que j’ai été très bien reçue et accom­pa­gnée (hôpi­tal Paule de Viguier à Tou­louse). Le per­son­nel était doux, patient et cha­leu­reux. Je suis ren­trée le matin et res­sor­tie presque pim­pante dans l’après-midi.
    Je ne regrette pas ce geste et ne l’ai jamais vécu comme trau­ma­ti­sant; je n’étais pas prête (mais ne tar­de­rai pas à l’être car je sou­haite avoir un-des enfants).
    Par contre, j’ai ren­con­tré deux dif­fi­cul­tés à ce moment-là:
    – la pre­mière dif­fi­culté que j’ai ren­con­trée durant cette période (j’ai avorté à 10 semaines) a été la contra­dic­tion corps-esprit. Mon corps a mis en place tout le méca­nisme de la gros­sesse et vou­lait prendre le pas sur ma rai­son (mais elle a gagné! enfin, j’ai gagné sur moi-même…), jusqu’à pro­vo­quer un dilemme qui n’en était pas un puisqu’il était de toute façon incon­ce­vable que je garde cet embryon. Mon corps criait sou­vent à ma tête de le gar­der; heu­reu­se­ment que ma tête est têtue…
    – la deuxième a été la com­pas­sion de l’entourage: « ma pauvre, tu as avorté… ». Sauf que ce n’était pas un pro­blème pour moi mais le deve­nait dans l’œil d’autrui. Il peut dans ce cas être dif­fi­cile d’assumer (au sens de ne pas regret­ter et de ne pas ren­trer dans ce jeu qui consis­te­rait à don­ner rai­son à l’entourage) son choix serei­ne­ment mais il le faut; et cela peut per­mettre aux autres de faire évo­luer leur pen­sée à ce sujet. Et à soi-même de gran­dir en affir­mant ses choix.

    Haut les cœurs!

  20. a. dit :

    bon­jour,

    Demain c’est le jour J,je vais avor­ter et cela et pour moi un grand sou­la­ge­ment meme si je doit l’avouer j’ai une trouille pas possible,pour ma petite his­toire je suis maman de deux prin­cesses ‚j’ai etait maman tres jeune et avec papa sa se passe mal ‚cette gros­sesse a était le declic pour moi j’ai vu a quel point notre his­toire ne mener plus a rien et a quel point nous n’etions plus sur le meme che­min depuis long­temps tous les deux ‚cette deci­sion n’a pas etait facile a prendre c’est un petit bout de vie qui gran­dit en moi mais avor­ter n’ai pas une deci­sion facile et je vois meme en cela un cer­tain cou­rage ‚cou­rage de choi­sir sa vie,de don­ner ou non la vie,je galere entre deux boulot,le papa et jamais present et c’est moi qui me charge de tout com­ment pour­rais je avoir envie de don­ner la vie ‚je n’en ai par­ler a per­sonne ma famille ont des idées trés arrété sur ce qu’ils nomment un crime,je ne sup­por­te­rais pas leur regard medi­sants alors j’ai pris ma deci­sion seule, je m’apelle a. j’ai 26ans et pour une fois je sais que je fais le bon choix dans ma vie et que je compte bien conti­nuer sur cette voie,ne plus lais­ser un homme me dic­ter mes pas vivre libre et sou­rire a cette vie aujourd’hui je ne sais pas si je vais bien mais demain je pour­rais dire que tout va bien .merci a vous je suis une des filles des 343 salopes.

  21. lalou dit :

    Bon­jour à tous,
    J’ai avorté par voie médi­ca­men­teuse il y a 2 semaines et je vais très bien, merci! J’ai 38 ans et suis maman de deux mer­veilleuses petites prin­cesses. Cette 3ème gros­sesse n’était pas pré­vue et une chose est sûre, c’est que je ne vou­lais pas de cette gros­sesse et mon époux éga­le­ment (je pre­nais de manière très irré­gu­lière une contra­cep­tion fai­ble­ment dosée). La solu­tion était plus qu’évidente pour nous: une ivg devait être pra­ti­quée. Mais com­ment faire et cela rapi­de­ment? J’ai appelé ma gyné­co­logue qui m’a mise en rela­tion avec son confrère, avec cette petite phrase que je n’oublierai pas: « Si vous êtes cer­taine de votre déci­sion, ne vous inquié­tez sur­tout pas! vous êtes entre de bonnes mains, tout se pas­sera bien… » WAOUW!! Alors allons-y, sans regrets, ni remords!
    Tout s’est bien passé et très vite: après un test posi­tif, prise de sang confir­mant une gros­sesse de 5 semaines, contact avec un gyné­co­logue appar­te­nant au REVHO (réseau entre la ville et l’hôpital pour l’orthogénie) qui m’a écou­tée sans me juger, m’a conseillée. Prise de médi­ca­ments à deux moments; une fois en cabi­net et la deuxième fois chez moi: expul­sion de l’oeuf avec quelques dou­leurs de règles et sur­tout pré­sence de mon époux! Ma mère était infor­mée et a gardé mes petiotes toute l’après-midi: elle m’a sou­te­nue, récon­for­tée et ne m’a aucu­ne­ment jugée, bien au contraire. Je dirai même que cela nous a rap­pro­ché car nous avons dis­cuté de notre fémi­nité et de nos mater­ni­tés. Psy­cho­lo­gi­que­ment, mon époux était inquiet pour moi car il pen­sait que cela allait être dif­fi­cile pour moi. Mais au contraire, son sou­tien, celui de ma mère et l’écoute du gyné­co­logue ont été salu­taires. Je ne me suis pas posée de ques­tions à ce sujet et sur­tout je reste convain­cue que c’était la meilleure déci­sion à prendre.
    J’ai lu des tas d’articles sur l’avortement et les dif­fi­cul­tés qui existent encore aujourd’hui en France. Et l’impression que j’aie, est que nous régres­sons à ce sujet. Nous devons sou­te­nir les mou­ve­ments actifs qui luttent pour l’avortement et faire à notre niveau de la pré­ven­tion autour de nous car l’ivg est un DROIT! Ne l’oublions jamais!! Pour ma part, j’ai eu beau­coup de chance car je suis tom­bée sur une gyné­co­logue excep­tion­nelle qui a réagi rapi­de­ment et qui a com­pris ma détresse ainsi que ma déter­mi­na­tion car je ne vou­lais pas de cette gros­sesse. Il existe des pro­fes­sion­nels qui exercent leur métier avec beau­coup de dignité et d’humanité. Je tiens à saluer et à remer­cier toutes ces per­sonnes qui oeuvent dans ce sens pour aider les femmes à prendre les bonnes déci­sions, en les accom­pa­gnant sans les juger, et à dis­po­ser de leur corps.
    J’espère que nos témoi­gnages aide­ront les plus indécises…

  22. Lolita dit :

    Bon­jour à toutes et à tous.
    J’ai 23 ans, et j’ai avorté en 2012, alors que je me trou­vais pour des rai­sons pro­fes­sion­nelles loin de presque tous mes proches, excepté une très bonne amie.
    Mon sou­ve­nir de cet acte médi­cal est contrasté. Quand j’ai eu la cer­ti­tude d’être enceinte, j’ai com­plè­te­ment pani­qué. Je me suis retrou­vée devant mon écran à lire une mul­ti­tude de témoi­gnages plus affo­lant les uns que les autres au sujet de l’IVG (A NE PAS FAIRE, appe­lez quelqu’un de confiance, qui vous écoute et saura vous ras­su­rer !!!) , puisqu’il était hors de ques­tion que je garde un enfant avant d’être stable et encore moins que cet enfant naisse d’un homme qui m’a ris au nez quand je lui ai annoncé être enceinte, puisqu’il n’en était pas à sa pre­mière expé­rience de ce genre. J’ai donc pris rdv au plus tôt avec l’hôpital le plus proche, et je me sou­viens d’une gyné­co­logue froide, osten­si­ble­ment pro-vie, qui m’a beau­coup ques­tion­née sur mes rai­sons d’avorter. Une phrase m’a par­ti­cu­liè­re­ment mar­quée, quand nous sommes arri­vées dans un bureau où se trou­vait une sage femme : « tiens, il s’agit encore de ce genre jeune femme qui prend et arrête la pilule quand bon lui semble ».
    Alors c’était donc ça, je ne m’obstinais pas à m’injecter des hor­mones dans le corps durant mes périodes de céli­bat, l’automatisme de la pilule n’était pas acquis, et je deve­nais par­tie d’un « genre » de femme…
    Je me suis sen­tie jugée, irres­pon­sable, presque cri­mi­nelle, et pour­tant, j’étais sûre de mon choix, sûre de la vie future que je vou­lais, et un enfant ne fai­sait pas par­tie de cette vie.
    L’intervention a été médi­ca­men­teuse, incon­for­table mais je n’ai pas trop souf­fert. Je suis retour­née tra­vailler le len­de­main, j’en parle sans honte, mais sans fierté non plus, il s’agit d’un acte intime dans tous les sens du terme, et ma famille n’est tou­jours pas au cou­rant et ne le sera pro­ba­ble­ment jamais. Pour­quoi ? Un peu par peur de lire de la décep­tion ou un brin de juge­ment dans leurs yeux, ou même de la tris­tesse de ne pas avoir été là pour moi, un peu parce que c’est mon jar­din secret, et sur­tout parce que je n’ai aucun regret.
    Plus le temps passe, plus j’ai envie d’avoir un enfant dès que ma situa­tion me le per­met­tra, j’ai envie de sen­tir la vie en moi et de la voir gran­dir. Mon nou­veau com­pa­gnon y contri­bue beau­coup, évi­dem­ment. Si cela devait arri­ver pro­chai­ne­ment, je ne me dirais pas que j’ai été bête de ne pas gar­der ce bébé. J’ai confiance en mon juge­ment, je n’étais pas prête, et ne le suis tou­jours pas, mais de plus en plus.
    J’ai avorté, je ne suis pas trau­ma­ti­sée, et même si ce sou­ve­nir sonne comme une chan­son des verves, a bit­ter sweet sym­phony, je vais très bien, merci :) .

  23. dragon-flye dit :

    Voilà j’ai 34 ans et j’ai donc avorté la semaine der­nière.
    Je l’ai su car j’ai eu des nau­sées. A 34 ans on connait +/- son corps et avoir des nau­sées sans prendre le bateau c’est un peu curieux donc direc­tion la phar­ma­cie — test — pipi — grosse claque, j’y suis retour­née immé­dia­te­ment pour en ache­ter deux autres car je me disais que j’avais du faire pipi sur la fenêtre du test et que.… donc non j’apprends le 31 décembre, jour­née ou l’on s’apprête à se pré­pa­rer pour aller faire la fête que « bim » : il y a des cel­lules qui essayent de se for­mer ds mon corps! alors oui j’ai pleuré, j’étais sous le choc, autant vous dire qu’un 31 mon méde­cin n’était pas ouvert, direc­tion donc le plan­ning fami­lial… j’explique le tout a une conseillère conju­gale, que j’ai eu mes règles donc, que je ne com­prends pas… que mon der­nier rap­port avec « Mr Han­di­capé du coeur » date d’il y a 6 sem. car même pour un plan sex­friend le « Mr » est farouche, que la capote n’a pas cra­qué, mais qu’il est vrai qu’on a fait mumuse avant… le cours de SVT de 3éme et le fameux liquide sémi­nal revient au galop… elle me ques­tionne sur ma vie et elle m’explique avec un grand sou­rire que si je fume, le can­na­bis peux rendre un test +! Je vous avoue que même du haut de mes 34 ans et d’une culture géné­rale moyenne +, je l’ai crue! mon der­nier pétard datait d’1 sem. pour moi c’était la plus belle porte de sor­tie, mais en ren­trant chez moi à pied je me suis bien dis que c’était du grand n’importe quoi! 2 jours après — prise de sang le len­de­main écho.… pen­dant ces 4/5 jours, j’ai eu des gros doutes, toutes mes convic­tions des soi­rées meuf du style : « –et toi si tu tombes enceinte là qu’est ce que tu fait? — j’avorte, je ne veux pas d’un enfant sans père bla­bla­bla… il y en a plein a adop­ter bla­bla­bla » sauf que là on se dit que l’on à 34 ans, ça fait un an que l’on se dit : « why not faire un enfant fina­le­ment, ma vie pro est cool » alors qu’avant mes 33 ans c’était même pas en rêve… bref tout s’écroule… j’en ai parlé à 3/4 per­sonnes et bien sur je suis éga­le­ment tombé sur le fameux site ivg.net (ouvert 7/7 de 10hà20h) on se dit for­cé­ment avec une plage horaire aussi large c’est sur­ement un site de l’état! au moment ou la brave dame me dit qu’il vaut mieux que je le garde, que ça don­nera une impul­sion à ma vie (qui n’en a pas besoin en pas­sant) je me suis dit qu’il y avait qqchose de louche, j’ai donc rac­cro­ché. J’ai du par­tir 10 jours à l’étranger, j’avais envoyé un texto à « Mr Han­di­capé » qui m’a répondu 4 jrs après… j’ai gérer toutes mes prises de rdv de l’étranger et j’ai eu la chance de tom­ber sur un hôpi­tal avec une équipe au TOP, dès mon retour tt était booké. J’ai répondu à « Mr » en colère, car je l’étais contre moi et lui. Après un 1er RDV chez une nou­velle conseillère conju­gale, elle me conseille de tenir « Mr » au cou­rant de mes rdv afin qu’il soit éga­le­ment pré­sent si je le sou­hai­tais, mais non je ne vou­lais pas… Je l’ai tt de même contacté pour avoir sa ver­sion de son coté, peut être qu’il en souf­frait, je lui ai éga­le­ment demandé de m’accompagner le jour de l’intervention à 7h du matin, une amie devait venir me cher­cher l’après-midi. NO NEWS! J’ai eu ensuite rdv avec le gynéco, tel­le­ment gen­til que ça en parais­sait louche! Il m’a dit qu’il était là a ma dis­po­si­tion, que vu mes futurs impé­ra­tifs, c’était lui qui allait se débrouiller pour me prendre rapi­de­ment, qu’il ne fal­lait pas que je m’inquiète, que c’était son pro­blème! Je lui ai fais pars de mes craintes sur des trucs un peu gore — per­fo­ra­tion de l’utérus etc — j’ai donc plus de risque de mou­rir en voi­ture… et il m’a éga­le­ment ras­suré sur le sexe plai­sir. Car oui le sexe mène a avoir des enfants, mais il mène éga­le­ment au plai­sir et qu’il ne fal­lait pas que je change mon avis des­sus! Mon amie m’a donc accom­pa­gné à 7h à l’hôpital — 18 jours après avoir pris connais­sance des faits — je me suis retrouvé dans une chambre avec deux autres femmes, qui étaient en mode papo­tage, moi je ne l’étais pas for­cé­ment. J’ai donc pris ma douche à la béta­dine, mis mon pijama sexy et je me suis engouf­fré dans le lit à la cou­ver­ture bleue mémé pour ter­mi­ner ma nuit… Une infir­mière est venue vers 9h me don­ner un xanax ou autre et on m’a des­cendu vers 10h dans la salle, j’étais un peu shoo­tée, et je m’obstinais à fer­mer les yeux pour avoir le moins de sou­ve­nir de ces grosses lampes rondes… L’Anesthésiste me parle de mes pro­jets, que le gynéco à du consi­gner dans mon dos­sier, me sou­haite bonne chance me dit que c’est une super idée, et puis black out! J’ouvre les yeux dans la salle de réveil avec une dou­leur intense, du coté de l’appendicite, je bra­dy­carde, ma ten­sion tombe à 5, le gynéco passe par là, me fait une mini echo et me dit en me ras­su­rant que ça ne peux pas être lui car il n’est pas allé aussi haut… cal­mant en intra­vei­neuse, j’essaye de faire de la médi­ta­tion, les choses passent et puis on me remonte dans la chambre… tou­jours les deux autres jeunes femmes qui papotent et rigolent, je n’ai rien contre mais après une anes­thé­sie géné­rale, j’ai juste envie de dor­mir… l’aide soi­gnante, passe me don­ner une col­la­tion, avec un jolie sou­rire, j’engloutis le tout et je me ren­dors. L’infirmière passe une heure après m’enlever le cathé­ter. Je me ren­dors. A 16h, je com­mence dou­ce­ment à me réveiller, mon amie ne vas pas tar­der, il n’y a plus per­sonne dans la chambre, je prends ma douche, et je suis sou­la­gée… et oui jamais je n’aurais cru ça! Car pour moi je ne res­sen­tais rien pour ces cel­lules à l’instant « T ». J’ai tjrs eu peur d’avoir à avor­ter un jour, niveau psy­cho­lo­gique, le web est rem­plie de pro-vie qui vous culpa­bi­lise, et font croire qu’après il n’y a pas de vie! et bien non, il y en a une… la mienne! J’ai parlé à ces cel­lules pour leur dire que je vou­drais sur­ement qu’elles reviennent me visi­ter un jour et que ce jour là je serais heu­reuse de les accueillir, moi et futur « Mr Coeur »… J’ai avor­ter et je vais bien merci!

  24. Nickienoname dit :

    J’ai pas avorté, je suis entrain de.
    J’ai avalé mes deux cachets ce matin, et d’après ce que j’ai senti et vu, ça a du fonc­tion­ner.
    J’ai été très bien sui­vie, par le gynéco et par le doc­teur qui m’a remis les médi­ca­ments. On m’avait pour­tant dit que ce serai dif­fi­ci­le­ment sup­por­table, qu’on ferait tout pour me décou­ra­ger, et puis pas du tout, j’ai vrai­ment du tom­ber sur les bonnes per­sonnes.
    Le pire, c’est l’entourage, il veut te sou­te­nir mais te dit que tu vas mor­fler, que c’est pas un truc ano­din, qu’il fau­drait abso­lu­ment en par­ler bla bla bla.
    Et pour­tant, j’ai osé deman­der si je pou­vais tran­quille­ment reprendre mon bou­lot après avoir bouffé mes cachets, oui ça sonne sur­réa­liste.
    Les gens, il faut com­prendre que l’idéal de vie de tout le monde n’est pas « mariage et enfants ». En tout cas pas le mien.

    J’ai stressé un peu certes à cette idée, mais avor­ter ne m’empêche pas de dor­mir. Avor­ter ne me trau­ma­tise pas, et non, merci, je n’ai pas BESOIN d’en par­ler.
    J’avorte et je vais bien.

  25. Nono dit :

    Bon­jour,

    Je n’ai pas avorté mais je suis actuel­le­ment enceinte d’un troi­sième BB non désiré et conçu sous sté­ri­let. J’ai for­te­ment pensé à avor­ter au point de prendre RDV pour une inter­ven­tion. Pour des rai­sons per­son­nelles, j’ai décidé de le gar­der car je pen­sais mal le vivre après. Cepen­dant, pen­dant le par­cours de la com­bat­tante jusqu’à la prise de RDV final, j’ai été cho­quée de voir les pro­pos de cer­taines per­sonnes sur l’acte de l’IVG qui, sommes toute, est une déci­sion qui reste PERSONNELLE : des sites qui montrent les femmes qui ont fait des IVG comme des êtres bri­sés (et occultent toutes celles qui se portent bien) ou même des chan­sons mili­tantes anti IVG. Le pire que j’ai ren­con­tré était une interne des urgences. J’hésitais à l’époque entre les deux solu­tions et ayant fait une cho­les­tase gra­vi­dique pour mon deuxième enfant, j’ai cru avoir les symp­tômes de la cho­les­tase. Je vais donc aux urgences en me disant que s’il y a une cho­les­tase, je ne gar­de­rais pas cet embryon. J’explique à l’interne que je songe à faire une IVG et que je viens pour savoir si j’ai une cho­les­tase qui com­mence. Réponse de l’interne : « Bref, vous cher­chez une bonne excuse pour faire une IVG ». J’ai été cho­quée de voir un per­son­nel de santé, qui se doit d’être neutre, faire ce genre de réflexion !! Par contre, j’ai été tou­chée par l’humanité des per­sonnes du plan­ning fami­lial qui m’ont reçu au cours des démarches et c’est grâce à eux, que j’ai pris la déci­sion de le gar­der en mon âme et conscience (aucun juge­ment, juste beau­coup de com­pré­hen­sion). Merci à eux et vive l’IVG !!!

  26. Solène dit :

    bon­jour
    j’ai 32 ans et j’ai avortè en 2003 ‚j’étais avec un gar­çon depuis 5 mois( pas de tra­vail ‚pas de for­ma­tion ‚vivant chez mes parents )oubli de pilule un soir. Ma rela­tion conti­nue avec ce gar­çon (je suis enceinte ni lui ni moi ne savent) et finit par se dégra­der et je le quitte un jaloux pos­ses­sif très peu pour moi, il savait que j’avais un retard de règle .Je conti­nue ma petite vie je trouve un petit boulo(cdd) et la j’ai des dégout de la nour­ri­ture ‚perte d’appètit, très fati­guée plus d’energie je me pose beau­coup de ques­tion en plus du har­cè­le­ment de mon ex (du genre je suis sur que t’es enceinte t’as pas le droit d’avorter ‚moi ce bébé je le garde ma mère pourra bien s’en occu­per mieux que toi ) je me décide a faire ce test quand j’ai vu les deux traits s’afficher tout s’est écrou­ler autour de moi je me suis tapée le ventre en criant sors de la pen­dant une semaine ça ma tour­men­tée et puis j’ai contacté une amie de ma mère qui avait subi une IVG j’ai beau­coup parlé avec elle ( dans ma famille le dia­logue n’existe pas) nous sommes allée ensemble au plan­ning fami­lial entre­tien pour­quoi je sou­haite avor­ter et cette peur de mon ex qui vou­lai gar­der le bébé elle ma ras­su­rer cette per­sonne en me disant tant que le bébé est dans votre ventre il n’as aucun droit .
    L’échographie un moment pénible je n’ai meme pas regar­der l’écran trop dif­fi­cile pour moi la elle me dit le délai médi­ca­men­teux est dépassé donc ivg par aspi­ra­tion sous anes­thé­sie géné­rale
    la semaine de réflexion passe ma déci­sion est prise le rdv est fixé l’ivg se passe, au rèveil bien
    J’ai repris le boulo dés le len­de­main je me sen­tie libé­rée d’un poids j’ai retrouvé mon éner­gie
    pour conclure je n’ai jamais regretté cette déci­sion j’ai pu vivre ma jeu­nesse sans res­pon­sa­bi­litè , faire ma for­ma­tion d’aide soi­gnante et trou­ver l’amour
    ça m’est arri­vée de pen­ser a ce bébé a l’age qu’il ou elle aurait mais je sais que ce bébé n’arrivai pas au bon moment et dans les meilleures condi­tions
    j’ai 32 ans en couple nous avons deux jolies princesses

  27. L.EM dit :

    Bon­jour,
    J’ai avorté quelques jours avant mes 17 ans…suite à une rela­tion, d’un été, avec un homme plus vieux que moi…accident de pré­ser­va­tif et sans contra­cep­tion. J’aurais pu lui en par­ler, comme il était déjà 3 fois papa (7, 17 et 20 ans — de 2 mamans dif­fé­rentes)… il aurait com­pris mais je ne l’ai pas fait!
    En revanche, j’en ai parlé à mon méde­cin qui m’a orienté aussi vers un centre et j’ai quand même pris mon cou­rage à 2 mains pour en par­ler à ma mère. Le plus dur pour moi n’était pas d’affirmer mon choix mais d’être confron­ter au fait que ma maman n’avait pu vivre une gros­sesse. Oui, j’ai été adop­tée dès l’âge de 3 mois car je suis née sous X. Alors lui annon­cer que j’étais en enceinte, que j’allais me faire avor­ter me parais­sait incom­pré­hen­sible pour elle. Tara­tata! elle a très bien com­pris et a fait de son mieux pour m’accompagner…j’ai même par­fois regret­ter de lui avoir tout avoué car, dans ce délais de 7 jours, plu­sieurs fois, elle m’a pro­posé de le garder…A cette même période, mon ex-compagnon (rela­tion de 4 ans ), réap­pa­raît dans ma vie…et découvre ma gros­sesse et me pro­pose de gar­der cet enfant …Oups! Mais non, ce n’était pas ça la solu­tion …déjà quand on était ensemble, même s’il avait 10 ans de plus que moi, nous n’avions pas évo­qué le pro­jet de bébé et en plus, il n’était pas de lui…La « jeu­nette » a su lui prou­ver que ce serait que des reproches tout au long de notre his­toire!
    Bref, j’ai suivi mon choix…mais j’ai été sur­prise et révol­tée le jour de mon inter­ven­tion. En arri­vant à l’hôpital, accom­pa­gnée d’une amie, à 7h30, il y avait un groupe d’anti-avortement pré­sent et assez agres­sif avec leurs pan­cartes et leurs slo­gans. Flip­pants et irres­pec­tueux. Heu­reu­se­ment, l’équipe d’infirmier(e)s, méde­cins et de psy­cho­logues étaient pré­sents, et mon amie, pour me tenir la main. L’intervention n’a pas été dou­lou­reuse et je savais que c’était ce que je devais faire!
    Mes ques­tions de jeune adulte m’ont tra­vaillé mais pas de trau­ma­tisme! Le géni­teur l’a su quelques années après, stu­pé­fait que je lui ai pas demandé d’aide et le second est tou­jours un ami!
    Aujourd’hui, j’ai 36 ans et j’ai une fille de 10 ans…et sou­haite vrai­ment que toutes les femmes puissent béné­fi­cier de ce droit… j’ai avorté et MERCI, JE VAIS BIEN.…

  28. Amandine dit :

    Et bien moi je viens juste d’avorter… J’ai 23 ans je suis en couple depuis deux ans et demi avec l’homme le plus par­fait du monde. J’ai eu un retard de règles le mois der­nier (août 2014) j’ai fait un test après avoir décou­vert tout les symp­tômes pos­sible. (jambes lourdes tou­jours de mau­vaise humeur fati­guée « la flemme »). Le test étant posi­tif, je décide de prendre ren­dez vous avec un gyné­co­logue.… Et quel c** froid, pas un regard. Limite je suis là serial killeuse num­ber one ! Écho faite je suis à 6 semaines. Ren­dez vous la semaine d’après pour la prise du pre­mier médi­ca­ment. Aucun sai­gne­ments aucune dou­leurs. Ren­dez vous aujourd’hui à 7h après… Len­goisse de dingue étant eme­to­phobe (peur de vomir) je prend mes médi­ca­ments et attend.… Patiem­ment. 7h 8h 9h… Contrac­tions mais gérable. 10h30 pre­mières pertes de sang, pas une nau­sées, (merci prim­pe­ran !!) à 12h j’ai enfin pu man­ger.. Parce que oui à jeun depuis 22h ça creuse.. Retour mai­son quelques contrac­tion mais anti dou­leur au top ! Ce soir j’ai pris un bain, et en me rin­cant j’ai vu un truc flotté dans l’eau (baaaaaaaah !!!) je pense que c’est ça. J’ai quelques dou­leurs mais tout va bien…

  29. P'tite conne dit :

    J’ai avorté en 2001. J’avais 18 ans et quelques mois, j’étais en hypo­khâgne. En couple depuis 1998 avec un gar­çon qui avait une façon bien à lui de m’aimer, de me res­pec­ter. Je ne m’aimais pas, je me res­pec­tais peu. La pilule, Moneva, me fai­sait ger­ber. Je ne la pre­nais plus qu’un jour sur deux… p’tite conne… j’ai eu les seins lourds, j’ai eu des doutes, j’ai fait le test, en vacances chez ma grand-mère. Quand le point rubis est apparu, immé­diat, fla­grant, gros comme un petit pois, j’ai su. Que je méri­tais une autre vie, un autre couple. Que mon pre­mier enfant méri­tait d’être le fruit d’un amour, d’un pro­jet. J’ai su que je ne gar­de­rais ni l’embryon ni le géni­teur. Je suis entrée dans la chambre de ma mère et lui ai annoncé « en ren­trant, on pren­dra rendez-vous chez le gynéco, je dois avor­ter. » Ma mère m’a répondu « p’tite conne. » Je l’ai dit à mon amou­reux, qui m’expliqua que dans sa reli­gion ce que j’allais faire était un péché. Nous sommes allés ensemble chez mon gyné­co­logue, qui, nous voyant arri­ver main dans la main m’a fait une écho, m’a fait écou­ter les bat­te­ments de ce coeur, m’a donné la photo de ce petit hari­cot et m’a annoncé que l’accouchement était prévu pour ma date d’anniversaire… je ne l’ai pas inter­rompu… p’tite conne… puis je lui ai dit qu’il ne naî­trait pas, que je vou­lais avor­ter. Je l’ai gardé encore un mois. Un mois à m’endormir les deux mains sur mon ventre, à pleu­rer un peu, à ne jamais reve­nir sur ma déci­sion. Puis la cli­nique. Dans le cou­loir, j’entends « qu’il est beau, il res­semble à son père! »… je suis dans le ser­vice mater­nité. Une anes­thé­sie géné­rale, une aspi­ra­tion, un réveil en san­glots. Pour­quoi tu pleures ? C’est ton erreur, cet oubli de pilule, me dit ma mère… c’est ta déci­sion, cette inter­ven­tion, me dit Kader… p’tite conne…
    Aujourd’hui, je suis mariée avec un homme qui sait m’aimer. Nous avons mis deux ans pour avoir cha­cune de nos deux filles mer­veilleuses. J’ai choisi de ne pas don­ner la vie, c’est une déci­sion impor­tante. Mais choi­sir de don­ner la vie est une déci­sion cent mille fois plus lourde de consé­quences. Je suis une femme épa­nouie, une maman heu­reuse. La meilleure déci­sion de ma vie, celle que jamais je ne regret­te­rai, c’est cet avor­te­ment. Je l’ai fait pour l’enfant, je l’ai fait pour moi, je l’ai fait aussi pour un jour avoir mes deux filles. Fina­le­ment, si une fois dans ma vie je n’ai pas été une p’tite conne, c’est bien cette fois-là.

  30. Chloe dit :

    J’ai 27 ans, 3 avor­te­ments à mon actif, et une fausse-couche. Rien que de l’écrire et de le lire ça me fait tout drôle…J’ai l’impression que je parle d’une autre…Je n’ai jamais regretté mes avor­te­ments (médi­ca­men­teux pour les 3), mais à chaque fois que j’y repense, j’éprouve un grand sen­ti­ment de honte..en fait, j’ai beau­coup de mal à
    assu­mer.
    Issue d’une famille très aisée et catho­lique pra­ti­quante, j’ai vécue dans un milieu très tradi, très clas­sique. Aucun membre de ma famille n’est au cou­rant de ces 3 IVG. Je crois que leur avouer aurait été bien plus insup­por­table que l’avortement en lui-même..
    Mes 3 IVG se sont très bien pas­sées. J’ai eu beau­coup de chance. Je suis tom­bée sur des équipes médi­cales très pro, à l’écoute, bienveillantes…je garde très peu de sou­ve­nirs de mes deux pre­mières IVG, res­pec­ti­ve­ment il y a 9 ans, et 4 ans.
    Le temps y joue pour beau­coup, mais je pense éga­le­ment qu’inconsciemment, mon cer­veau a « refoulé » ces évé­ne­ments difficiles..Il a fait le tri…
    Ma pre­mière IVG, j’ai 18 ans. Je suis au lycée, amou­reuse, en couple depuis quelques mois..On met des capotes au début, et puis petit à petit, plus de contra­cep­tion. Pas tou­jours de pré­ser­va­tifs dans les poches, et fran­che­ment pas très agréable à uti­li­ser avouons-le..C’est bête mais j’étais tel­le­ment imma­ture et incons­ciente à l’époque, que jamais je n’aurai pensé tom­ber enceinte si faci­le­ment et si rapi­de­ment. Comme si je me croyais « au des­sus de tout ça », que ça ne pou­vait pas m’arriver à MOI..Chez moi, les rap­ports sexuels, la contra­cep­tion, étaient des sujets tota­le­ment tabou. Jamais ma mère ne m’avait parlé de pilule, et je n’avais jamais mis les pieds chez un gynéco. Et il faut dire que je suis l’aînée…Aborder ces sujets était impos­sible pour ma mère, car cela l’obligeait à admettre que je n’étais plus une petite fille, que je gran­dis­sais, et que par consé­quent, elle vieillis­sait. Je pense que tout ce contexte a énor­mé­ment joué dans mon rap­port à la sexua­lité, à la contra­cep­tion..
    J’ai avorté car en toute logique, nous étions bien trop jeunes mon ami et moi-même, pour assu­mer une telle res­pon­sa­bi­lité. Je crois que je n’ai jamais trop réa­lisé ce qui se pas­sait, ce que je faisais…J’étais en pleine jeu­nesse, il fal­lait que je me débar­rasse de ce « truc ». Point barre.
    Ma deuxième IVG, j’ai 24 ans. Un oubli de pilule, et pouf…enceinte. Je suis tou­jours avec mon pre­mier amou­reux, mais notre couple bat de l’aile depuis plu­sieurs mois..La sépa­ra­tion est proche. Je suis en train de pas­ser mon diplôme d’aide-soignante. J’avorte, et c’est un véri­table sou­la­ge­ment. Nous nous sépa­rons avec mon ami, deux semaines plus tard.
    Quelques années après j’ai à nou­veau ren­con­tré l’amour, et c’est tou­jours le même depuis 4 ans. Il y a 2 ans, mon chéri me confit craindre d’être sté­rile, car il a eu plu­sieurs tor­sions de tes­ti­cules étant jeune, et il a peur que ça n’ai affecté sa fer­ti­lité.
    Je panique en envi­sa­geant cette idée..Je l’aime comme une folle, nous avons pleins de pro­jets, dont celui de fon­der une famille…Ne pas pou­voir avoir d’enfant est inima­gi­nable pour moi. Dans le doute, j’arrête la pilule sur un coup de tète.
    Quelques semaines après, mes règles tardent à venir…j’attends quelques jours avant de faire un test…elles arrivent un soir, mais accom­pa­gnées de grosses dou­leurs uté­rines, et je vois bien qu’elles ne sont pas comme d’habitude, je perds des caillots. Je file aux urgences…l’écho montre des débris dans mon uté­rus. Je fais une fausse-couche. Je suis sous le choc. Apprendre que l’on était enceinte au moment ou l’on décèle une fausse-couche..c’est très bizarre. Je suis triste de perdre cette gros­sesse, et heu­reuse en même temps d’avoir la confir­ma­tion que mon ami n’est pas sté­rile. Le mélange de ces 2 sen­ti­ments oppo­sés est per­tur­bant.
    Quelques mois plus tard, j’ai repris une contra­cep­tion par pilule. Nous par­tons en vacances avec des amis, on fait la fête tous les soirs, on se couche au petit matin, on se réveille dans l’après-midi..j’oublie ma pilule à plu­sieurs reprises. A nou­veau des règles qui ne viennent pas, à nou­veau un test…et à nou­veau enceinte. A ce stade là, j’en arrive à mau­dire cette « hyper fer­ti­lité ». Ce sen­ti­ment de ne pas avoir le droit à l’erreur, ne serait-ce qu’une fois, qu’il suf­fit d’un oubli et hop, que je tombe enceinte..c’est dif­fi­cile à accep­ter. Je suis perdue…Cela fait un moment que je suis avec mon ami, nous avons une rela­tion stable, mais il est tou­jours en études..en pleine rédac­tion de sa thèse à ce moment là..Je ne suis pas quoi faire..Le gar­der? Avor­ter? Le gar­der? Avor­ter? Je me suis posée ces 2 ques­tions toutes les minutes pen­dant 15 jours..Je pour­rai le gar­der, bien sur…Mais je ne me sens pas prête. On a encore trop de choses à vivre tous les 2, c’est une époque ou on voyage beau­coup, ou on ren­contre beau­coup de monde..On s’enrichit l’un et l’autre au tra­vers de toutes ces expé­riences. Ce n’est clai­re­ment pas le moment pour avoir un enfant. J’avorte donc pour la 3ème fois. Une fois encore je garde tout pour moi. Mon ami n’est pas au cou­rant de ma grossesse..Je ne veux pas le per­tur­ber à ce moment cru­cial de ses études. Et je savais qu’il n’accepterait jamais l’IVG si je la lui révélait..Cela peut paraître très égoïste, cer­taines me trai­te­ront peut être de folle d’avoir fait ça de mon coté, sans inclure mon compagnon..mais j’ai voulu me pro­té­ger, le protéger…Je savais au plus pro­fond de moi que ce n’était pas le bon moment..J’avais peur qu’il m’en veuille à terme, de ne pas avoir prit cor­rec­te­ment ma pilule, et d’être tom­bée enceinte, à un moment ou il est extrê­me­ment stressé, et ou il a besoin de sou­tien.
    Je reprends donc la pilule, et suis par­ti­cu­liè­re­ment atten­tive à la prendre cor­rec­te­ment.
    Aujourd’hui, un an s’est écoulé depuis ma der­nière IVG, et nous sou­hai­tons avoir un enfant. Nous avons tous les 2 un emploi fixe, nous venons d’acheter une mai­son. Nous sommes bien dans notre couple, et j’ai le sen­ti­ment que nous en avons suf­fi­sam­ment pro­fité à 2, pour pou­voir se lan­cer plei­ne­ment dans l’éducation d’un enfant.
    Cela fait 2 mois que j’ai arrêté ma pilule, et je n’ai tou­jours pas eu mes règles..Pourtant je ne suis pas enceinte d’après les nom­breux tests que j’ai pu faire.
    Aujourd’hui je suis inquiète…moi qui suis tom­bée enceinte sous pilule, pour­quoi suis-je autant déré­glée main­te­nant que je ne la prends plus? Vais-je à nou­veau pou­voir retom­ber enceinte? Je sou­haite plus que tout avoir un enfant, ça en devient presque une obsession..Peut-être que je fais un blo­cage? Est– ce que mes nom­breux « anté­cé­dents gyné­co­lo­giques » peuvent avoir un impact psy­cho­lo­gique sur ma fer­ti­lité? J’ai peur…peur que mon corps se soit habi­tué à « reje­ter » une gros­sesse, et que je ne puisse jamais avoir d’enfant. J’ai besoin de vos témoignages…Vous qui avez avorté, plu­sieurs fois ou non, avez-vous eu des dif­fi­cul­tés à retom­ber enceinte le moment venu? Avez-vous été déré­glée?
    Merci d’avance pour l’aide que vous pour­rez m’apporter…et merci de m’avoir lu jusqu’au bout…
    Chloe

  31. Christine dit :

    2 mois, c’est rien 2 mois.
    Et il est nor­mal qu’après la pilule, il faille un peu de temps pour que les cycles retrouvent leur normalité.

    • Estelle dit :

      Après l’arrêt de la pilule en vue de ma pre­mière gros­sesse, j’ai éga­le­ment mis deux bons mois à avoir mes règles (pour­tant, comme le gynéco avait dit que c’était bien de lais­ser pas­ser un cycle avant d’essayer, on met­tait des capotes, et y’a pas eu d’accidents).
      Fausse couche pré­coce et spon­ta­née deux cycles plus tard (ça arrive, mal­heu­reu­se­ment), et deux cycles encore plus tard, c’était bon.

      Bonne chance !

  32. Chloe dit :

    Merci Chris­tine pour votre réponse…ça parait logique effec­ti­ve­ment, mais étant tom­bée enceinte à cause d’oublis de pilule (par­fois il a suf­fit d’un seul oubli!) j’ai beau­coup de mal à inté­grer que mon corps ait besoin de temps pour que tout rentre dans l’ordre. Je vis très mal cette absence de règles, et donc d’ovulation, car elle ne parait abso­lu­ment pas logique étant donné mes anté­cé­dents gynéco…

  33. Delphine L dit :

    Bon­jour a toutes

    Merci d’etre la. Vos temoi­gnages me sont, en ce moment de la plus grande aide.

    Je sou­hai­tais ne jamais devoir faire ce choix, et avec ce choix j’ai l’impression d’etre deve­nue plus femme mais aussi d’avoir perdu de mon insoucience !!

    J’ai 33 ans et maman d’un mer­veilleux petit bebe de 13 mois que j’aime plus que tout. Son papa est tout aussi incroyable, nous sommes maries depuis 3 ans. La gros­sesse de mon fils a ete la plus jolie des expe­riences, sans aucunes com­pli­ca­tions et je l’ai vecue en mode epa­nouie. Seule­ment en un an depuis la nais­sance de mon bebe , il s’est passe beau­coup de choses. Nous vivions en Asie a ce moment la depuis 8 ans. Je n’ai eu un conges mat que de 3 mois a mon grand regret. Je n’etais meme pas encore retour­nee au taff, j’etais en plein mode cocoo­ning avec mon bebe, que mon mari m’annonce qu’on deme­nage sur Londres dans 3 mois et la panique… Je dois me remettre en mode car­rie­riste pour me faire trans­fe­rer le plus rapi­dem­ment pos­sible. Resul­tat les sou­cis com­mencent et je ne pro­fite pas autant de mon fils que je ne l’aurais voulu. Je rejoins le papa 3 mois plus tard avec bebe. Encore speed, 2 semaines pour orga­ni­ser la garde bebe et je reprends un nou­veau taff.… Je dois repas­ser ma licence pro­fes­sio­nelle dans les 3 mois qui suivent, m’adapter a une nou­velle ou je ne connais per­sonne, etre au top au taff et essayer d’arreter ce baby et Asie blues le plus rapi­dem­ment pos­sible. Sans que je m’en aper­coive mon fils fete ses un an et j’ai l’impression que l’on m’a vole cette pre­miere annee avec mon fils. J’avais choisi de ne plus reprendre la pilulle car j’avais mis un peu de temps a tom­ber enceinte, et que ca ne me reus­sis­sait pas vrai­ment mais nous fai­sons tres atten­tion, j’ai des cycles bien visibles… Et paf il y a une semaine pas de regles … 2 jours apres test pipi deux barres roses et la pre­miere reac­tion de devas­ta­ting ion. Non pas main­te­nant pas comme ca !!! Je l’annonce au papa qui visi­ble­ment a l’air content et s’emprete de deman­der a mon fils s’il pre­fere un petit frere ou petite soeur. J’ecroule en san­glot et suis tres mal pen­dant 3 jours a n’en plus dor­mir. Mon mari a ete for­mi­dable, il m’a ecoute et c’est lui meme qui a sug­gere d’y mettre fin. Je ne com­prends pas pour­quoi cette reac­tion si dif­fe­rente mais en fai­sant ma propre psy ana­lyse je me rends compte que cette annee a ete trop intense et que j’ai besoin de me poser un peu, pro­fi­ter de mon fils , de le voir gran­dir et de pas lui voler cette exclu­si­vite a a peine 21 mois. La mater­nite a etr une expe­rience si intense que je veux pou­voir la revivre plei­ne­ment et acceuillir ce bebe en etant aussi heu­reuse que pour le pre­mier. Voila en ce moment je veux vivre plei­ne­ment avec ma petite famille a 3. C’est deja enor­me­ment de bon­heur. Mon fils a 13 mois et est encore un bebe!! J’acceuillerai un bebe quand ce sera le bon moment et que je serais prete. Deso­lee a ces quelques cel­lules qui se divisent en moi, j’aurais aime vous don­ner une chance mais la vie est faite de choix. La mater­nite ne doit pas etre subie, c’est un droit fon­da­men­tal de la femme dans ce monde moderne et cela fait parti du ‘kit de repro­duc­tion’. C’est un choix lorsque la contra­cep­tion a failli. Ce n’est juste pas le bon moment pour moi.… Meme si ca peut le deve­nir dans quelques mois je serais en phase avec moi meme. Je ne suis ps qu’in ventre et deux enfants trop rap­proches je n’en veux pas. Je serais inter­es­see de savoir si d’autres ont vecu la meme chose.
    Merci pour sou­tient a toutes

  34. Fanny dit :

    Salut!

    je suis en plein avor­te­ment, et je vais bien, merci.
    Il y a deux semaines, après avoir psy­choté pen­dant plu­sieurs jours avant l’arrivée sup­po­sée de mes règles, j’ai fini par faire un test qui s’est avéré posi­tif.
    Hor­reur et dam­na­tion, je ne veux pas d’enfants, ni main­te­nant, ni plus tard. Je n’ai pas vrai­ment eu à réflé­chir long­temps sur la déci­sion à prendre, j’ai tou­jours su que si cette situa­tion se mani­fes­tait, la seule chose que je ferais serait d’avorter.
    C’est donc ce que je suis en train de faire.
    J’ai pris tout de suite rdv au plan­ning fami­lial ( vou­lant évi­ter au maxi­mum les atti­tudes désa­gréables chez cer­tains pra­ti­ciens ) et les dates d’examens se sont suc­cédé jusqu’à mer­credi der­nier au centre de pla­ni­fi­ca­tion du CHU, où la pre­mière prise de pilule s’est faite.
    Hier j’ai bou­loté la seconde salve de cache­tons, et roule ma poule ! Je me féli­cite aujourd’hui de ne pas être future mère en com­pa­gnie de mon copain, qui lui aussi est très content de ne pas être futur père.

    J’ai eu de la chance en ce qui me concerne. J’ai su très tôt que j’étais enceinte (avant même un retard de règles), je suis tom­bée sur des pra­ti­ciens à l’écoute et qui ne sont JAMAIS allés dans le juge­ment, le déni­gre­ment ni quoi que ce soit de ce genre.
    J’en ai parlé uni­que­ment aux per­sonnes que je savais être de vrais sou­tiens et j’ai donc été super bien entou­rée durant toute cette période. Ils m’ont aussi per­mis de prendre ça avec humour, car à mon sens, c’est impor­tant de savoir rire de ses mal­heurs en bonne com­pa­gnie (parce que ça, je le fais très bien toute seule autre­ment :D )

    Alors effec­ti­ve­ment j’ai bien douillé ma race hier après les prises de cyto­tec, mais sérieu­se­ment, qu’est ce que je me sens libé­rée main­te­nant ! D’ailleurs, pou­voir anti­ci­per ce sen­ti­ment de libé­ra­tion est ce qui m’a per­mis de sup­por­ter plus aisé­ment les sautes d’humeurs, l’angoisse, la perte de poids infâme, et ensuite la dou­leur due à l’acte en lui-même.

    Je ne culpa­bi­lise pas, je ne regrette rien (tin­din­diiiin), et j’ai la patate dans ma tête.

    Voilà, j’ai avorté, je vais mieux, merci.

  35. Ella dit :

    Bon­jour à toutes
    Bon, ça doit faire des heures que je vous lis, et je vous ai toutes lu je crois! Merci de témoi­gner! Merci de me faire pleu­rer ! Vos his­toires sont belles et magni­fi­que­ment tou­chantes. J’aime être une femme à vos côtés !!
    Je me suis fait avor­ter en 2006, j’avais 20 ans. J’ai bien du mettre un an à m’en remettre. J’y pense encore par­fois, mais sans regret main­te­nant. Il s’agissait de faux jumeaux. Je le sais car cette femme dépour­vue d’humanité m’a imprimé la photo de l’écho en pre­nant soin de tout m’expliquer. La dou­leur des exa­mens, ses com­men­taires par­fai­te­ment culpa­bi­li­sant etc.… je la soup­çonne même de m’avoir conseillé la voix médi­ca­men­teuse alors que le délai était passé.. Enfin j’en sais rien et ne veux plus le savoir. Je ne lui en veux pas, elle était juste com­plè­te­ment dépour­vue d’intelligence, conne, ravie que je lui paie ses pro­chaines vacances… Bref, ça c’est le passé, là des­sus, je vais bien. Je ne regrette abso­lu­ment pas, et remer­cie du fond du coeur toutes les femmes qui se sont bat­tues pour que l’on ait main­te­nant ce droit que je consi­dère fon­da­men­tal. Mes­dames, cha­peau bas !
    Main­te­nant, pour mes presque 30 ans, je me trouve éga­le­ment enceinte, par acci­dent, par négli­gence. Tous les gyné­cos que j’ai pu voir ne me conviennent pas donc cotés contra­cep­tions, je ne suis pas un modèle de régu­la­rité. Et comme je ne suis plus jamais retombé enceinte, je me suis dit que ça allait être com­pli­qué quand je serais décidé à conce­voir… cer­tai­ne­ment dù à cet avor­te­ment mal fait. Que nenni. Quelques nau­sées, mais rien d’alarmant, je sors d’une gas­tro, poi­trine dou­lou­reuse, mais je mets ça sur les règles qui sont cen­sées arri­ver, j’attends patiem­ment. Par acquis de conscience, je fais le test quand même, 5 jours après la date nor­male de mes règles. Sans équi­voque, 3 tests de marques dif­fé­rentes, me disent la même chose…
    Je ne saute pas de joie, et l’annonce en pleure à mon chéri qui du coup, fond en larmes aussi. On est déçus de ne pas être ravis, mais ça tombe mal. Ma soeur ainée a perdu son plus jeune fils de 4 ans il y a juste 8 mois d’un can­cer, on diag­nos­tique une tumeur au cer­veau au père de mon chéri il y a 1 mois, je com­mence un nou­veau bou­lot dans 15 jours, on a pas un rond devant nous… et mes nou­veaux employeurs essaient en vain depuis plu­sieurs années de conce­voir, du coup je passe par tous les stades et ne sais vrai­ment pas quoi faire. Ca m’anéantit plus qu’autre chose, on est prit par le temps, mais on ne veut pas prendre cette déci­sion dans la pré­ci­pi­ta­tion. Je ne peux en par­ler à per­sonne, je sais très bien ce que mon entou­rage va me dire, et je ne me sens pas capable du tout d’appeler mes fran­gines pour leur annon­cer quoi que ce soit. Je rêve constam­ment de mon neveu, ca m’enfonce encore plus dans mon syn­drome d’autruche. Je n’arrive même pas à prendre rdv au moins pour dater cette gros­sesse… ca ne fait qu’une semaine, j’ai l’impression d’avoir un temps fou devant moi pour réflé­chir et en même temps je sais que je ne peux pas attendre trop long­temps… Il est hors de ques­tion que je le dise pour mon bou­lot, je ne serais jamais embau­chée et si je leur cache, je les mets en dif­fi­cul­tés. Je leur dois d’être hon­nête, ils sont ado­rables. Mais c’est ter­ri­ble­ment phy­sique, je ne sais pas com­bien de temps je pour­rais tra­vailler enceinte. Et sans bou­lot, pas de sous. Et pour le moment, j’assure seule les reve­nus de la mai­son… Je ne veux pas obli­ger mon ami à trou­ver un job par défaut qui va le rui­ner mora­le­ment encore plus… Je crois que je n’ai pas le choix dans le choix que je dois faire.. C’est genre 6 mois trop tôt. C’est une tor­ture de l’esprit.
    Com­ment faites-vous pour être aussi sûre de vous???
    Pour­quoi je n’ai pas mon éner­gie d’il y a 10 ans??
    Je suis morte de peur et suis enva­hie de ques­tions aux­quelles seul l’avenir est capable de répondre.. Je me dis aussi qu’il n’y a pas de hasard. Face à tous ces évè­ne­ments tra­giques de ces der­niers temps, la vie réagit. Ce qui est d’autant plus dur. Ca me dépasse et m’épuise…
    Oui, je m’épanche beau­coup, et ce témoi­gnage fina­le­ment, n’a que peu d’intérêt. Il en aura peut-être un dans les jours pro­chains, qui sait. Mais au moins, j’ai le choix, et c’est le plus impor­tant.
    Merci beau­coup.
    Ella

  36. Myriam dit :

    Bon­jour
    J’ai 60 ans.
    J’ai avorté en 1986, suite à une erreur de contra­cep­tion. Je vais très bien, n’ai eu ni remords, ni culpa­bi­lité, ni regrets. Je n’ai eu ni cau­che­mar, ni tris­tesse ni quoi que ce soit, et un embryon de quelques semaines n’est qu’un embryon. Je n’en suis pas for­cé­ment fière, car une erreur de contra­cep­tion est une erreur, mais ça arrive à plein de gens et nous étions deux à l’avoir faite.
    J’avais à l’époque une fille de trois ans, j’étais enceinte de son père, mon com­pa­gnon aimé. Je sor­tais à peine de la période d’adaptation à mon nou­veau mode de vie de mère, je tra­vaillais beau­coup et avais le pro­jet de par­tir tra­vailler à l’étranger.
    Je ne vou­lais pas d’un enfant à ce moment là, et n’étais même pas sûre de vou­loir un deuxième enfant un jour. Je me suis fait avor­ter a l’hôpital par une équipe par­faite.
    Huit ans plus tard, nous avons eu, parce que nous le dési­rions ‚un deuxième enfant, une fille. Aucun pro­blème pour conce­voir, et ce deuxième enfant est un vrai bon­heur. Je suis par­tie tra­vailler à l’étranger, et notre vie a été celle que nous vou­lions, avec beau­coup de bonheur.

  37. catherine dit :

    J’ai avorté, et j’allais, et je vais tou­jours, bien, merci !
    Je suis ce qu’on appelle une « fille dys­til­bène ». Donc, à 16 ans, bien que ma mère et ma gynéco étaient au cou­rant des pos­sibles impos­si­bi­li­tés à faire un bébé, je prends la pilule, comme toute jeune fille des années 80 ! à 20 ans, je ren­contre « l’homme de ma vie » et à 22 ans, on veut faire un bébé ; pata­tras, on m’annonce, enfin ! que ça risque d’être dif­fi­cile. Le ciel nous tombe sur la tête, j’entame une série d’examen, de cli­chés, d’analyses…
    et un beau jour de 1989, je tombe enceinte (que cette expres­sion est hor­rible ! je pré­fère : je deviens enceinte) et j’accouche d’un beau bébé, quelques jours avant noël.
    Je suis heu­reuse, le papa est heu­reux, le bébé va bien, je le nour­ris au sein et ça me pro­tège un temps d’une nou­velle ovu­la­tion…
    Sauf que,
    Sauf que le bébé se sèvre plus vite que prévu, que mes fonc­tions repro­duc­trices, un temps pen­sées comme « inca­pables » fina­le­ment fonc­tionnent si bien que je rede­viens enceinte ; ce qu’on appelle de cette expres­sion pleine de roman­tisme : « le retour de couches »…
    Voilà. Je retourne voir ma gynéco, elle me conseille une autre gynéco, plus en phase avec ma demande. Et oui, celle qui m’a sou­tenu dans la détresse et dans la joie de la mater­nité ne peut pas m’accompagner pour « faire pas­ser » le nou­veau bébé. Je le com­prends. Je passe donc un léger exa­men psy­cho­lo­gique, sur mes choix, mes envies, le tout avec le bébé dans son couf­fin, his­toire de bien faire com­prendre que je veux un bébé, quand je veux ! mais pas là. (et non, je ne subis pas l’influence d’un conjoint qui s’éloigne, ou celle d’une famille, ou de la société).
    Pas là parce que la situa­tion avec le papa s’est dégra­dée, que j’ai 23 ans, que je veux savoir ce qu’il m’arrive et le déci­der. On est en 1990, j’avorte à l’hôpital, par aspi­ra­tion. Tout ce passe bien, je ne souffre pas, mon amie V. vient me cher­cher, je rentre à la mai­son, et, depuis, tout va bien ! J’ai pris la pilule, porté un sté­ri­let, puis un implant, et main­te­nant je suis méno­pau­sée !!
    Bravo à toutes celles qui témoignent, bravo à ce blog, bravo à ces femmes (et ces hommes) qui font avan­cer le droit des femmes, les droits de LA Femme.

  38. Plouf dit :

    Je n’aurai qu’une chose à dire, que je réa­lise avec le recul: j’ai été plus « dévas­tée » en appre­nant que j’étais enceinte (à 21 ans), que dévas­tée par l’avortement en lui-même. Donc, j’ai avorté, et je le vis bien! Merci Simone <3

  39. zimboum dit :

    Merci de conti­nuer la veille… Merci de ne rien lâcher… Je viens d’avorter et j’ai réa­lisé à quel point les choses sont encore confi­den­tielles mal­gré tout…
    C’est une liberté fra­gile que celle de dis­po­ser de son corps.
    Je sou­haite plus que tout qu’elle per­dure pour moi, ma fille et mes peut-être futures arrières-petites-filles.
    Par mon IVG, je m’engage. Je m’engage à défendre ce droit toute ma vie.

  40. Claudia dit :

    Bon­jour,
    J’ai avorté en 1995. J’avais 35 ans et une folle envie d’avoir des enfants. Je suis tom­bée enceinte d’un homme marié avec lequel j’avais une rela­tion épi­so­dique. Il m’a dit qu’il n’assumerait pas un enfant illé­gi­time (il en avait trois avec sa femme). Je ne cache pas que les deux semaines de réflexion obli­ga­toires à l’époque ont été les plus longues de ma vie car je pen­sais oui un jour, non le len­de­main. Et puis j’ai décidé que je ne vou­lais pas éle­ver un enfant « sans père ». J’ai écouté une amie qui m’a dit « laisse toi la chance de faire un enfant avec un homme que tu aimes vrai­ment ». J’ai avorté à l’hôpital d’Issy-les-Moulineaux où m’a envoyée ma gynéco. A aucun moment, on ne m’a fait de réflexions désa­gréables ou culpa­bi­li­santes.
    J’ai eu une anes­thé­sie géné­rale et l’IVG a été faite par aspi­ra­tion. Tout s’est très bien passé. Aucune dou­leur.
    Bien sûr, après, c’est un moment à la fois de sou­la­ge­ment et de désar­roi. J’ai été très entou­rée par ma soeur et mes amies. Et puis, la vie, la mienne, a repris son cours.
    Depuis, j’ai ren­con­tré un homme que j’aime avec qui j’ai eu une fille qui a aujourd’hui 15 ans. Cette IVG n’est ni tabou, ni for­cé­ment un mau­vais sou­ve­nir : plu­tôt une étape de ma vie. Je ne regrette rien. Je vais très très bien!
    Sur­tout n’écoutez pas les mises en gardes débiles des anti-ivg : j’ai une vie sexuelle épa­nouie et je ne suis ni dépres­sive ni alcoo­lique ;-) ))
    Merci Simone!

  41. Angie dit :

    Atten­tion roman ^^

    Comme sou­vent mes règles avaient du retard alors je ne me suis pas trop inquié­tée.
    J’avais des dou­leurs aux seins, mal au dos, je me disais « ah c’est pour cette semaine sur­ement » puis une semaine de plus passe et tou­jours pas de règles.
    Cer­taines odeurs com­men­caient à me déran­ger, je ne fai­sais que de man­ger et dor­mir, j’avais des envies de nour­ri­ture incom­pré­hen­sibles et des idées noires, pour ne pas dire que j’avais car­ré­ment des envies sui­ci­daires. Ca m’est déjà arrivé d’être dépri­mée avant mes règles, je sup­porte très mal les chan­ge­ments hor­mo­naux, mais là, ça com­men­çait vrai­ment à me paniquer.

    J’ai fina­le­ment demandé à mon chéri d’acheter un test de gros­sesse et là ver­dict : Enceinte + de 3 semaines.
    Le ciel m’est tombé sur la tête, vrai­ment. J’ai vu ma vie défi­ler devant mes yeux. D’un côté je com­pre­nais mieux le pour­quoi du com­ment j’étais dans un tel état lamen­table depuis quelques temps et de l’autre je me suis dis « ‘man­quait plus que ça ».
    J’ai beau­coup pleuré (ce qui m’arrivait tous les jours depuis que j’étais enceinte), je me sen­tais prise en otage par ce fœtus.
    Je ne vou­lais et ne veux pas d’enfant (ni mon copain) alors entre pour­suivre ma gros­sesse ou avor­ter, le choix était vite fait.

    Ce que cer­tains ne com­prennent pas par­mis les anti-ivg c’est qu’on ne choi­sis pas for­cé­ment l’avortement car on a une mau­vaise situa­tion ou que ça ne va pas dans notre couple. Cer­taines femmes comme moi ne veulent pas et ne peuvent pas phy­si­que­ment et psy­cho­lo­gi­que­ment pour­suivre une gros­sesse. J’étais dans un tel état de fatigue émo­tion­nel­le­ment et phy­si­que­ment. Chaque jour j’avais l’impression d’être pas­sée sous un train, je pleu­rais sans cesse, je vou­lais me sui­ci­der, je n’étais plus moi. C’est comme si le fœtus aspi­rait mon éner­gie et ma vie.

    Je ne sou­haite pas cho­quer mais je veux être franche, j’ai mau­dit ce « quelqu’un chose » comme je l’appelle (n’étant ni quelqu’un, ni quelque chose), ça me révul­sait de savoir que mon corps était occupé pour ne pas dire squatté. (Et non je n’ai aucun pro­blèmes psy­cho­lo­giques lié à mon enfance ou je ne sais quoi, donc les psy de comp­toir, pas­sez votre chemin)

    Bref s’en suit le par­cours pour avor­ter.
    Mon chéri se rend au plan­ning fami­liale où on lui dit de se rendre au CHU. Il prend rdv pour une pre­mière écho­gra­phie, celle de data­tion puis s’en suit un rdv avec une gynéco. Heu­reu­se­ment qu’il était là, j’étais inca­pable de bou­ger, de mettre le nez dehors.

    RDV pour l’échographie, ça se passe bien, une écho quoi, rien de spé­cial. De là on me donne une feuille et je dois me rendre à mon rdv avec la gynéco. J’étais sou­la­gée de tom­ber sur une femme.
    Elle nous pose quelques ques­tions sur notre couple, sexua­lité, contra­cep­tion etc… Me demande si j’étais sûre de mon choix et j’avoue que j’ai du me contrô­ler pour ne pas lui dire « Enle­ver moi çaaaaaaaaaa avant que je ne me jette par une fenêtre ! » Car oui, cer­taines seraient prêtes à tout plu­tôt que de pour­suivre une gros­sesse. C’est peut être incom­pré­hen­sible pour cer­tains, mais c’est moi, je suis comme ça, je l’assume.

    La gros­sesse était déjà avan­cée, je n’avais pas le choix que de faire une ivg par aspi­ra­tion. Je choi­sis l’anesthésie locale, c’est moins prise de tête pour les démarches. La gyné­co­logue m’explique tout bien et on en pro­fite même pour pré­voir la pose d’un sté­ri­let en cuivre pen­dant l’intervention.

    (Avant l’intervention soit (2 semaines après ma pre­mière écho), j’ai eu un rdv pour une prise de sang. On m’a éga­le­ment donné une ordon­nance pour les médi­ca­ments à prendre.)

    La veille de l’ivg je devais prendre un médi­ca­ment pour dila­ter le col de l’utérus + un pour me détendre. Le jour J 1h avant l’intervention je devais prendre un autre médi­ca­ment qui pro­voque des contrac­tions et là.… Mon uté­rus à très bien, trop bien réagit à ce der­nier et j’ai eu vrai­ment mal, j’avais l’impression d’avoir une boule de bow­ling dans l’utérus (ça a duré 30mn), résul­tat, je suis arrivé en retard au CHU

    Arri­vée là bas on m’emmène dans une chambre et on demande à mon copain de par­tir. La pre­mière infir­mière me « gronde » un peu à cause de mon retard… Mais elle a com­prit que ce n’était pas le moment sur­tout après les dou­leurs que j’avais eu j’étais à deux doigts de pleu­rer.
    Fina­le­ment elle était très gen­tille après :) elle m’a mis ma per­fu­sion, m’a donné un relaxant et après quelques minutes j’ai été emmené au « bloc ». Il n’y avait que des femmes, toutes très gen­tilles et ma gynéco qui réa­li­sait l’opération .

    L’intervention ne m’a abso­lu­ment pas fait mal (j’avais un masque qui déli­vrait un gaz pour se détendre, pas un gaz hila­rant hein, on est consciente de tout). Je n’ai pas eu plus de dou­leurs que lors de mes règles. J’ai néan­moins tenu la main de l’infirmière pour me don­ner du cou­rage parce que ce n’est pas rien, on s’introduit dans votre uté­rus, c’est un mini­mum stres­sant.
    En moins de temps qu’il ne fal­lait le dire j’avais mon sté­ri­let et j’étais libé­rée. J’étais un peu fati­guée mais j’avais envie de crier ma joie, mon soulagement.

    Les jours qui ont suivi, j’ai eu des règles très abon­dantes, je ne pou­vais pas cou­rir par­tout comme je vou­lais mais inté­rieu­re­ment, si vous saviez le sou­la­ge­ment que j’ai eu. J’ai repensé à l’avortement et au dis­cours culpa­bi­li­sant des anti-ivg mais rien à faire, je n’arrivais pas à culpa­bi­li­ser, non aucun de leur pseudo argu­ment ne me tou­chaient, j’étais heu­reuse ! Je retrou­vais mon corps, mon éner­gie, ma santé men­tale, et j’avais même mon stérilet.

    J’ai eu une visite de contrôle avec ma gynéco où elle m’a demandé com­ment ça allait. Je lui ai dit que tout allait bien et je lui ai fait part des dou­leurs que j’avais eu avant l’intervention et qu’il fal­lait bien infor­mer, mieux infor­mer les futurs jeunes femmes car c’est rare d’avoir très mal comme moi mais si vous aussi votre uté­rus réagit au quart de tour, mieux vaut être pré­pa­rée psychologiquement.

    Bref depuis com­ment je vais ?
    Tel­le­ment bien ! Je n’ai pas envie de me sui­ci­der, j’ai toute ma tête, je ne pleurs pas, je ne m’en veux pas et mon couple, c’est le bon­heur. Pour ce qui est de mon corps, je lui ai laissé le temps de bien se remettre et de se re régler et désor­mais tout est par­fait. Mon sté­ri­let est bien en place, et je n’ai plus à avoir peur de tom­ber enceinte pour les 5 ans à venir.

    Les infir­mières ont été agréables, ma gynéco aussi, mon copain par­fait et moi j’ai été forte. C’était bien évi­dem­ment une épreuve stres­sante et je ne sou­haite pas la revivre, ça n’est pas agréable, mais ça n’a pas été trau­ma­ti­sant non plus.

    J’étais sûre de mon choix à 10 000%, j’ai eu le sou­tient de mon chéri et je suis tom­bée sur une gyné­co­logue à l’écoute et non mora­li­sa­trice, toutes les condi­tions étaient réunies pour que ça se passe bien et ça a été le cas.

    NB: Mon ivg date de avril 2016

  42. Juliette dit :

    J’ai avorté hier et je vais bien, merci!

    J’ai 20ans et je suis loin d’avoir ter­miné mes études. Je ne suis pas et n’ai jamais été en couple avec celui de qui je suis tom­bée enceinte. Nous sommes amis et cela fait presque un an que vous avons des rap­ports réguliers.

    J’ai du mal à réel­le­ment savoir com­ment j’ai vécu cette gros­sesse. La seule chose que je sais, c’est que je n’ai jamais aimé quelqu’un ou quelque chose autant que j’ai aimé cette vie que j’ai por­tée. Et c’est la rai­son pour laquelle j’ai avorté.

    Pen­dant ma gros­sesse, je me suis lon­gue­ment deman­dée si cette déci­sion d’avorter était vrai­ment la mienne. J’avais l’impression que je pre­nais cette déci­sion pour les autres et non, pour moi-même. Ce n’est que durant les der­nières secondes qui ont pré­cé­dées mon anes­thé­sie géné­rale, que j’ai com­pris. Non, je ne pre­nais pas cette déci­sion pour les autres, ni pour mon ami qui m’attendait dans ma chambre d’hôpital et encore moins pour moi-même. Je ne vou­lais pas avor­ter, je ne l’ai jamais voulu. Cette déci­sion, je la pre­nais pour cette vie que je por­tais. Et je ne la regrette pas. Parce que je sais que c’était le bon choix, et je n’en doute pas.

    Je ne pou­vais pas impo­ser ma vie à un enfant et encore moins au mien.
    Je finis tous les mois avec à peine 10euros sur mon compte, si j’arrive à me réveiller plus de deux matins par semaine pour aller en cours, c’est un exploit, je ne sais jamais dire non à une bonne soi­rée, les seules choses que je sais cui­si­ner sont les pâtes et, une fois sur deux, les ome­lettes. Je n’ai jamais eu de rela­tion sérieuse de plus de 3mois, autant dire jamais eu de rela­tion sérieuse tout court.

    Mais j’ai tou­jours réussi mes études, j’ai voyagé, décou­vert et appris. J’ai tou­jours adoré la vie estu­dian­tinne et le fait de pou­voir en pro­fi­ter plei­ne­ment. J’ai appris de mon irres­pon­sa­bi­lité. Cette expé­rience m’a fait grandir.

    Alors oui, je vais conti­nuer à pro­fi­ter de la vie, mais rai­son­na­ble­ment. Je ne repro­dui­rai plus les mêmes erreurs, réus­si­rai mes études, ferai la fête jusqu’au moment où il sera temps pour moi de gran­dir pour de bon. Et dans quelques années, quand je tom­be­rai enceinte à nou­veau, je serai prête à offrir à mon enfant la vie qu’il mérite.

  43. Sarah dit :

    Bon­soir
    Avant toute chose je sou­haite vous remer­cier pour l’existence de ce site! C’est en tom­bant des­sus que j’ai enfin pu me déci­der.
    Cette réflexion était per­son­nelle mais je culpa­bi­li­sait énor­mé­ment de ne pas vou­loir de cet enfant, de cette nou­velle gros­sesse. Et je ne trou­vais pas de témoi­gnages sur les forums clas­siques de femmes qui avaient avorté alors qu’elles étaient déjà maman.

    J’ai 2 enfants un gar­çon de 4 ans et une fille de 2 ans. Je suis très mater­nelle et mater­nante, je suis a 2000% dans mon rôle mais les enfants gran­dis­sant je com­men­çais à res­pi­rer, alors quand cette gros­sesse est arri­vée par acci­dent j’étais com­plè­te­ment dému­nie, tout le monde me disait tu es une maman avec un grand M un 3eme ca va aller et pour­tant je n’en vou­lais pas, pour mes enfants et pour moi, car je sen­tais que je ris­quais de perdre pied avec un 3eme sur­tout non désiré et aussi rap­pro­ché. Ça allait à l’encontre de ma vision des choses, com­ment être une maman bien­veillante quand on perd pied? Je sais que d’autres s’en sortent, bien ou pas, ca les regarde, mais à quel prix pour la maman, pour les aînés, pour le bébé? Sachant que maté­riel­le­ment nous aurions pu l’accueillir le papa le dési­rait. Moi non, mais je culpa­bi­li­sait et j’avais peur d’être mar­quée, de regret­ter, mais je ne vou­lais pas revivre une gros­sesse
    Aujourd’hui c’est fait et je suis sou­la­gée, je pro­fite encore plus de mes enfants et je garde en tête un 3eme si un jour je me sens prête.
    J’ai eu peur de tom­ber sur des « pro-vie » ca n’a pas été le cas, merci
    Je me suis ren­due à l’institut Mont­sou­ris à Paris et du début jusqu’à la fin ils ont été super, sachez que les éta­blis­se­ments pri­vés ne peuvent pas faire de dépas­se­ment d’honoraires sur l’IVG donc rien à débour­ser en plus.
    Je vou­lais pas d’une IVG médi­ca­men­teuse, ca été une anes­thé­sie géné­rale et je ne le regrette pas non plus.
    J’avais peur de l’après aujourd’hui je suis heu­reuse, libé­rée, sou­la­gée. Cette petite âme qui m’a accom­pa­gnée quelques temps m’a per­mis de réa­li­ser aussi la richesse de ce que j’avais déjà
    Bien sur j’aurais pré­féré ne pas vivre ca!
    Cou­rage à toutes celles qui vont tra­ver­ser ce moment, écoutez-vous, votre cœur votre tête pas les autres, c’est vous qui devien­drez mère si vous le gar­dez donc c’est vous que vous devez écou­ter, ce ne sont pas les gens qui feront votre vie mais vous-même, alors sentez-vous libre de choisir!

  44. Louise N dit :

    Bon­jour,
    Merci a ce blog d’exister, les témoi­gnages m’ont appor­tés un éclai­rage de taille et m’ont aidé d’une cer­taine manière a prendre une déci­sion, ma déci­sion.
    Atten­tion c’est un roman.
    Voila mon his­toire, mon par­cours, je suis mariée a un homme mer­veilleux depuis 13 ans et nous avons une situa­tion confor­table. Nous avons 2 enfants : l’une a 11 ans et la 2e a 6 mois…oui c’est une grand écart d’âge. Pour des rai­sons que nous igno­rons nous avons attendu trés long­temps avant que ce 2e miracle se pro­duise. Sept ans, sept ans à attendre ce +++ qui ne venait pas, 7 ans à entendre sans cesse et des memes per­sonnes « alors le 2e c’est pour quand ? » , 7 ans à dépri­mer tota­le­ment lorsque mes régles arri­vaient,
    Alors un jour, je me suis dit stop je n’en veux plus, aprés tout j’ai la chance d’avoir une fille je vais avoir 37 ans il y a un temps pour tout.
    Un mois plus tard, je suis nau­séeuse, et j’ai du retard, je suis enceinte !!!!!! C’est un bon­heur clai­re­ment, je pleure je hurle de joie je ne pen­sais pas que cela se pro­dui­rait un jour! Je vis a ma gros­sesse a fond, ma grande et mon mari sont impa­tients, c’est une fille ! J’accouche en Aout 2016, je l’adore aussi, elle est ma joie, ma vie, ma lumière ! Mais au quo­ti­dien ce n’est pas facile de s’y remettre ! J’ai 38 ans et pour ma part je sens que c’est dif­fé­rent, on a plus d’expérience c’est sur mais on absorbe moîns faci­le­ment la fatigue…les nuits sont courtes, je suis com­blée mais épui­sée.
    Pour amé­lio­rer notre confort, nous demé­na­geons en novembre pour une grande mai­son ! De l’espace nous fait du bien, nous y sommes bien mais voila cette ins­tal­la­tion nous épuise notoi­re­ment.
    Décembre 2016, je dois reprendre le tra­vail, je ne peux repous­ser la reprise, j’ai trouvé une nou­nou et j’ai un poste à res­pon­sa­bi­lité, je suis atten­due. Je reprends mais waw comme c’est dif­fi­cile de se lever si tot, prendre les trans­ports et assu­rer une longue jour­née, ren­trer et gérer l’après les bains, le diner etc…heureusement que mon mari m’aide un max ! Les we nous aident a nous retrou­ver a souf­fler et a anti­ci­per la semaine. Nous avan­çons c’est le prin­ci­pal, c’est ma fierté !
    Jan­vier 2016, je me sens encore plus fati­guée, je pleure sans rai­son appa­rente et suis sacré­ment irri­table! J’en parle a mon méde­cin trai­tant ce n’est rien d’après lui, un bb, Un démé­na­ge­ment, une reprise du tra­vail récente c’est nor­mal cela va pas­ser, je suis sous vita­mines. Oui mais voila, 2 semaines passent et je n’ai qu’une envie c’est de dor­mir… Je prends rdv avec gyneco sans doute est ce ma pillule ?
    Il m’ausculte, et le ver­dict tombe je suis enceinte !!!! La prise de sang que je fais 2h aprés Le confirme…
    Je ne com­prends pas, je suis sidé­rée, la nature se décide enfin a me rendre fertile…mais j’en dis­cute avec mon mari, il me sou­tient dans tout les cas, cela ne m’aide pas mais il est la il m’écoute, c’est le prin­ci­pal. Je ne me sens pas préte, je n’ai pas choisi d’être de nou­veau enceinte alors je choi­sis ce que j’estime être le mieux pour nous aujourd’hui… Aujourd’hui je décide d’avoir ce choix…ce n’est pas simple, sur­tout avec mon his­toire, ma situa­tion ! Une par­tie de moi a honte de pen­ser cela, je devrais accueillir cet évé­ne­ment comme un cadeau ! Mais non je ne le vis pas ainsi
    Mais je l’assume entiè­re­ment, oui je suis mater­nante oui j’aime trans­mettre, accom­pa­gner mais je serais com­plè­te­ment lar­guée avec un 3e et qui plus est si rapproché…quels enfants en ferais je? J’ai peur de tom­ber en burn out . Et je ne veux pas accueillir une autre gros­sesse, et je ne veux pas regret­ter de l’avoir gardé ! Et sur­tout je suis com­blée, sereine, oui fati­guée mais sereine.
    Aujourd’hui, j’ai renoncé a cela car j’ai choisi et je ne regrette aucu­ne­ment ! Je suis humaine je res­sens une cer­taine amer­tume, mais j’ai le coeur léger! J’ai avorté et je vais bien merci. Merci Simone !

  45. Len dit :

    Bon­jour à toutes ( et à tous ! ) :)

    Ayant eu recours à une inter­rup­tion volon­taire de gros­sesse médi­ca­men­teuse à domi­cile la semaine der­nière, je tiens à par­ta­ger avec vous mon expé­rience posi­tive et à ras­su­rer celles et ceux d’entre vous qui vivent peut être cer­tains moments d’angoisse. Tout d’abord, sachez que vous n’êtes pas seule, et qu’il s’agit de votre corps, de votre fer­ti­lité, de votre ave­nir et de votre propre bon­heur. Dans tous les cas, il me semble que le mieux reste de pri­vi­lé­gier la déci­sion qui est sus­cep­tible de vous rendre la plus heu­reuse et d’assumer le mode de vie que vous aurez choisi, ne per­dez pas votre pré­cieuse éner­gie et votre pré­cieux temps à culpa­bi­li­ser. Si vous avez dans votre entou­rage une per­sonne en qui vous pou­vez faire confiance, n’hésitez pas à lui en par­ler et à lui faire part de vos doutes, ne res­tez pas seules, déci­der d’être ou non mère c’est un choix impor­tant mais dans les deux cas, un choix dont on n’a pas à avoir honte. En aucun cas ne per­met­tez à qui que ce soit de vous juger pour ce que vous res­sen­tez ou pour votre décision.

    Atten­tion, c’est long !

    Je viens d’avoir 22 ans et vis actuel­le­ment avec mon copain. Nous avons le même age et sommes étu­diants. Ayant un sté­ri­let en cuivre depuis quelques mois, dont l’emplacement cor­rect avait été véri­fié et validé à deux reprises consé­cu­tives, je ne m’attendais vrai­ment pas à ce qu’un beau jour, après cinq jours insou­ciants de retards de règles, le test de gros­sesse acheté dans la phar­ma­cie d’à côté soit posi­tif. Enfin, je m’en dou­tais un peu, et j’avais pris rdv par vigi­lance avec la sage-femme qui m’avait posé le sté­ri­let, pour le len­de­main. A vrai dire, j’ai dû relire la notice du test au moins dix fois avant d’accepter le fait que mon sté­ri­let m’avait lâché. Dur. Mais pour moi, c’était évident depuis bien long­temps : gros­sesse non désiré = IVG. Il en était de même pour mon copain. Et pour ma famille ( bien que je n’en n’ai parlé qu’à ma maman). J’ai laissé le test dans un coin de ma salle de bain, en qua­ran­taine, et j’ai passé le reste de la jour­née à regar­der des des­sins ani­més avec mon copain, et pour com­plé­ter le gros cli­ché, on est même parti ache­ter de la glace et des cookies. Je n’ai res­senti ni joie, ni émer­veille­ment, ni tris­tesse, enfin, ce n’était pas un grand moment. La sage-femme était très embê­tée et elle à été extrê­me­ment com­pré­hen­sive. Le sté­ri­let s’était déplacé, et je ris­quais une gros­sesse extra-utérine («  si c’est extra-utérin je vous envoie au bloc en urgence et sinon on aura tout le temps de faire une IVG médi­ca­men­teuse avec un de mes col­lègues »). Elle m’a retiré le sté­ri­let, on ne voyait pas encore de poche embryon­naire et selon elle j’étais à moins de cinq semaines. Le soir même je suis allée faire une prise de sang et j’ai pris rdv avec un plan­ning fami­lial par inter­net. Il n’y avait pas de places avant cinq jours, autant pour la sage-femme, qui devait me faire une écho­gra­phie de data­tion, que pour les centres en région pari­sienne. J’ai attendu avec beau­coup d’anxiété les résul­tats du labo et j’ai passé les jours qui me sépa­raient du rdv avec la « conseillère pré-IVG » en appren­tie schi­zo­phrène, mon humeur fluc­tuant entre des phases de calme absolu (  » je maî­trise la situa­tion, je suis maître de mon corps, vive Simone ! vive la France !  ») et des phases anxieuses de doute (  » cinq jours ! cinq jours ?! mais ça fait presque une semaine de gros­sesse sup­plé­men­taire ! et si je dépasse les délais ? et si je n’obtiens pas de rdv avec un méde­cin assez rapi­de­ment après la conseillère ? et si ça devient extra-utérin ? et si mon rdv n’a pas vrai­ment été bien enre­gis­tré ? ). Ma plus grande angoisse durant tout le pro­ces­sus de mon IVG, c’était les délais à ne pas dépas­ser. J’étais même prête à aller aux Pays-Bas ou n’importe où ailleurs pour ne pas les dépas­ser.
    J’ai passé les jours sui­vants à regar­der de tra­vers les pous­settes dans les trans­ports en com­muns et dans les cabi­nets médi­caux. J’ai passé de nom­breux appels et j’ai har­celé de ques­tions le per­son­nel médi­cal pour m’informer quant aux délais des pro­cé­dures et des places dis­po­nibles. J’ai écha­faudé milles plans pour pré­voir et ten­ter de contrô­ler ce qui allait arri­ver par la suite. Je vou­lais VRAIMENT avor­ter. A aucun moment je ne me suis sen­tie  » liée » à mon ovule fécondé. J’étais seule­ment très fati­guée, dor­mais tout le temps, j’avais des frin­gales et mal aux nénés. Mon copain m’a accom­pa­gnée à tous mes rdv. Il était plus anxieux que moi.
    Le plan­ning fami­lial où je me suis ren­due était situé dans une mater­nité.
    C’est un endroit très inté­res­sant, une struc­ture qui, j’en suis convain­cue, est une grande avan­cée sociale qu’il est néces­saire de pro­té­ger. J’ai croisé aussi bien des mineures soli­taires à l’air un peu perdu que des jeunes couples qui sem­blaient mal infor­més, des bandes de copines qui viennent ensemble, des petits couples BCBG, des femmes plus âgées, de jeunes mamans, des filles très sûres d’elles …
    Lors de la séance avec la conseillère, cette der­nière à cher­ché à savoir si je n’avais pas de doutes concer­nant ma déci­sion. Elle à « fouiné » un peu sans pour autant juger ma déci­sion. Ce rdv per­met d’établir un dos­sier de suivi admi­nis­tra­tif et de signer la demande d’ivg, de choi­sir à quel type d’ivg on sou­haite recou­rir et d’établir les pro­chains rdv.
    J’ai eu de la chance, car le jour même j’ai eu les résul­tats de mon écho de data­tion ( 5 semaines) et de ma prise de sang. Il est aussi néces­saire de se faire pres­crire une prise de sang pour faire une carte de groupe san­guin. J’avais insisté la veille auprès du secré­ta­riat pour avoir un rdv avec un méde­cin dès le len­de­main du rdv avec la conseillère, en effet, ça a été très utile car cela à per­mis la créa­tion plus rapide de mon dos­sier et j’ai pu sau­ter la visite de contrôle avec le gyné­co­logue ( qui était cen­sée pré­cé­der les deux visites médi­cales avant la pre­mière prise de médi­ca­ment). Puis tout est allé très vite. Le len­de­main, la jeune méde­cin à été super et ma pro­posé de prendre le pre­mier com­primé après que moi dos­sier ai été validé. Elle m’a aussi pres­crit des anti-douleurs, un anti-nauséeux, un autre moyen de contra­cep­tion et nous avons conve­nus de la date de rdv de contrôle.

    Le tout m’a coûté 2 euros 54, et c’était un anti-douleur on cou­vert ma la sécu et par ma mutuelle. Mais je suis res­sor­tie du plan­ning sans avoir eu à débour­ser un centime.

    J’ai eu beau­coup de chance pour mon IVG. J’étais bien entou­rée, je suis tom­bée sur des méde­cins et un per­son­nel médi­cal extrê­me­ment com­pré­hen­sif et à aucun moment je ne me suis sen­tie jugée. Sauf quand j’ai appelé un ser­vice d’urgence d’un hôpi­tal, en panique, et que le méde­cin de garde m’a envoyé bouler …

    Je n’ai pas eu vrai­ment mal, en sui­vant les poso­lo­gies des com­pri­més anti-douleurs ( ibu­pro­fène, spas­fon …) j’ai seule­ment res­sen­tie quelques contrac­tion de règles com­pli­quées et j’ai eu quelques sai­gne­ments.
    J’ai expulsé la poche embryon­naire dès le second jour du pre­mier com­primé. Je n’ai rien senti. En allant aux toi­lettes j’ai juste remar­qué une petite boule géla­ti­neuse de un ou deux cen­ti­mètres de dia­mètre qui res­sem­blait à une bille de tapioca de bubble tea . Comme il n’y avait pas encore d’embryon à l’intérieur, ça ne m’a pas cho­quée du tout. J’étais juste éton­née de la rapi­dité de l’expulsion et de la taille de cette petite chose.
    Mais il m’a quand même fallu prendre le second com­primé (quatre cachets) 36h plus tard. Je crai­gnais un peu les effets de ce der­nier quant aux dou­leurs phy­siques et aux pos­sibles com­pli­ca­tions. J’ai même appelé mon copain pour qu’il me fasse un câlin pen­dant que les cachets fon­daient entre mes gen­cives et mes joues. (si vous n’avez pas de copain-calin à por­tée de main et que la prise des médocs vous désta­bi­lise un peu, deman­dez des câlins ou des encou­ra­ge­ments à la per­sonne qui est avec vous durant la prise, ne res­tez pas seule, c’est nor­mal d’avoir peur). Mais tout s’est très bien passé, j’ai sai­gné comme lors de grosses règles, sans grandes dou­leurs, sans nau­sées, sans migraine, sans hémor­ra­gie, sans chan­ge­ments d’humeurs. J’avais fais le plein de ser­viettes hygié­niques et de trucs bons à gri­gno­ter et j’ai regardé une série toute l’apreme. On a joué aux dames chi­noises et j’ai passé beau­coup de temps à ras­su­rer ma maman par télé­phone et mes amies que j’avais mises au cou­rant par texto.

    Je n’ai aucun regret, aucun trau­ma­tisme, aucune peine, aucune dou­leur psy­chique, je me sens sou­la­gée, ras­su­rée et le plus dur reste à rat­tra­per mes révi­sions pour la fac .…

    Cou­rage ! ça n’est pas for­cé­ment un drame.

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