Femmes, comment pouvez-vous participer ?
- En relayant notre initiative, par mail, sur vos sites, vos blogs
- En nous apportant votre témoignage : laissez un commentaire dans notre rubrique TEMOIGNAGES.
- En signant l’appel : http://jevaisbienmerci.net/
Et les hommes ?
Si les hommes ne peuvent signer l’appel « nous avons avorté, tout va bien », ils ont la possibilité en revanche :
- de relayer cette initiative, par mail, sur leurs sites, leurs blogs.
- et pourquoi pas, de créer un appel de soutien. Nous nous ferons un plaisir de le relayer ici.
Les organisations ?
- Vous pouvez nous soutenir en mettant un message dans l’article soutien qui vous est réservé.


Bonjour,
Je n’arrive pas à témoigner dans la rubrique adéquate alors je le fais ici, car j’y tiens.
J’ai 23ans aujourd’hui et je suis étudiante en droit, à 14ans j’étais dans une relation stable et sérieuse à laquelle je me suis vouée pour cause d’abandon familial. Je suis tombée enceinte et j’ai avorté, s’en sont suivis 2ans d’humiliations familiales quotidiennes « pour me le faire payer ». Payer de quoi? parce que j’étais jeune et que je suis une fille. Point. Même la psychologue de l’hôpital me l’a reprochée! Ce comportement a fait que j’ai mis 4ans à cesser de culpabiliser « ma faute ». Quand je me suis pardonnée pour leur pardonner ensuite, d’abord moi en assumant mes choix et eux pour leur bétise, j’ai enfin pu me construire. Aujourd’hui, oui je vais bien et j’aide mes amies dans mon cas, avec le recul dont je bénéficie.
J’ai avorté il y a environ un an et demi. J’avoue y avoir réfléchi, non pas par scrupules moraux, mais parce ce que j’avais peur que quelqu’un puisse l’apprendre, et me juger.
Puis je suis allée au planning familial, qui a accepté d’accélérer la procédure pour que je puisse faire une ivg médicamenteuse.
Mon copain de l’époque (et actuel) avait peu que cela me détruise. Que je soie dévastée. Il était prêt à le garder, tout en sachant qu’un tambour à deux centimètres de mon oreilles ne me réveille pas la nuit.
On m’a reçue, sans me juger. Mes motivations étaient claires: il était hors de question que j’aie à m’occuper d’un bambin à 19 ans, alors que mes études étaient prenantes et que j’avais déjà du mal à m’occuper de moi même (bouffe, loyer, alcool qui dérape parfois, en soirée…). On m’a indiqué une gynécologue, qui a tout fait pour que je souffre le moins possible physiquement comme psychiquement… et je n’ai pas souffert.
J’avais l’impression d’avoir mes règles.
Je n’ai jamais regretté ce choix. Je sais que certaines personnes m’en ont voulu. Je n’en ai rien à foutre. J’ai conservé ma liberté, mon indépendance. Rien ne m’empêchera, un jour, de rendre un bambin ou une bambine vraiment heureux(se), si j’en ai le désir, et les moyens financiers pour lui offrir le meilleur départ possible.
Et si je n’ai jamais de bambin… tant pis. J’aurai fini mes études, réalisé mes passions.
Avec mon copain, on vit au jour le jour. La seule chose qui m’aie marqué de l’avortement, c’est que mon chéri avait plus la trouille que moi. Et pourtant Dieu sait que je suis parfois sensible et fleur bleue, et lui pragmatique à la tête froide.
j’ai avorté il y a deux ans et je tiens a dire que je suis tombée sur des personnes à l’écoute lorsque j’étais à l’hôpital.Cela m’a permis de ne jamais avoir à me sentir coupable car j’ai été accompagnée jusqu’au bout.Il existe donc des personnes qui ne jugent pas cet acte et qui comprennent parfaitement ce que l’on vit.Je ne regrette absolument pas mon choix car je sais que cet enfant n’aurait pas eu la vie que j’aurais voulu lui donner.
Aujourd’hui je vais très bien et j’avance
J’ai avorté en 1990 avec le RU et j’ai failli mourir car le centre d’orthogénie ne m’a pas laissé le choix ; j’avais plusieurs contre indications ( je fumais et mon age 38 ans) mais ça le médecin ne me l’a pas demandé…J’ai eu des hémorragies qui m’ont obligées à être hospitalisée. Résultat: j’ai subi un curetage sous ag qui aurait été inutile si j’avais avorté par aspiration. Heureusement, j’ai rencontré une interne en médecine qui m’a proposé une ligature des trompes comme contraception car je ne pouvais pas prendre la pilule et mon utérus faisait des overdoses de stérilets.
Les femmes doivent pouvoir choisir, la culpabilité est déjà assez lourde, elles peuvent avoir le droit d’être endormies avant l’aspiration.
J’ai 60 ans, deux filles, et quatre petits-enfants (de 20 ans à 9
ans). J’ai avorté trois fois, dont une de manière illégale grâce
à un médecin, mort depuis, qui m’a pris beaucoup d’argent et m’a dit
qu’il finançait ainsi sa superbe maison sur les hauteurs d’une grande
ville française. Je me débarrassais cette fois-là d’une grossesse
dont je ne voulais pas, je venais d’accoucher. La deuxième fois, j’ai
empêché un enfant de venir au monde dans un couple en cours de
rupture, je l’ai vécu comme un acte d’amour, le plus beau cadeau que
je pouvais faire à cet enfant c’était de ne pas le laisser arriver.
Quant au dernier, bien des années plus tard, je me suis débarrassée
d’un corps étranger, d’une espèce de kyste, d’un truc qui s’était
installé en moi sans autorisation.Chaque avortement est différent,
chaque femme est différente, chaque moment de la vie d’une femme est
différent. Je n’ai jamais eu la moindre souffrance, ni remords, ni
honte, ni rien de négatif, à la suite de ces décisions, et je
l’aurais refait si j’avais eu à le refaire. Il faut arrêter de dire
que c’est un traumatisme; que le choix ait été fait après
réflexion ou qu’il se soit imposé comme une évidence, il n’est
qu’un acte de la vie comme tant d’autres, issu de nos structures
mentales et affectives, et n’a pas à créer en nous un profil de
meurtrière. Je vais bien, merci !!!
Je suis gd-mère. J’ai avorté en 1970, j’avais un fils de 18 mois, un mari qui n’avait pas encore coupé le cordon ombilical. Il était donc contre, par « ça ne se faisait pas » dans la famille. Il a menacé de me dénoncer aux flics, ce dont il avait le droit à l’époque. Ca n’a fait que renforcer ma décision qui était déjà mûrement réfléchie. Je me souviendrai toujours que ça s’est passé sur une table de cuisine et que la télé diffusait Zorro. Suite à des complications, j’ai eu la chance de « tomber » sur un chirurgien âgé qui ne m’a ni jugée, ni sermonnée, à l’inverse des infirmières. Je n’ai jamais eu de regrets, remords ou choc psychologique. Je crois que quand une femme est déterminée, elle va jusqu’au bout, comme dans toute action qu’elle entreprend. Il faut arrêter de se laisser culpabiliser en tant que femme, c’est une décision personnelle dont il ne faut pas avoir honte. Surtout ne pas se soucier du « qu’en-dira-t’on », c’est notre vie, et à nous de la gérer. Je suis outrée, actuellement, par le retour insidieux de cette bien-pensance, notamment par l’accroissement des manifs où ils manipulent des enfants qui scandent des slogans dont ils ne comprennent pas le vrai sens. La religion est dévastatrice par son hypocrisie. J’ai un petit-fils de 20 ans, et je vais bien, merci !!
bonjour,
j’ai subit un ivg le 1er juin 2010 et aujourd’hui je vais très bien.
j’ai appris ma grossesse la semaine suivant paques 2010 (j’ai perdu mon chien qui avait a peine 1an le lundi de paques est ce que cela a joué dans mon histoire je ne sais pas), au début j’étais heureuse, j’ai mis 7 mois pour tomber enceinte, j’allais donner un petit frère ou une petite soeur a mon fils qui avait 18 mois. mais cela s’est gaté entre les nausées, les vomissements et la perte de poids flagrante, j’étais au plus mal, j’ai failli etre hospitalisé car meme les piqures de primpéran ne donnaient rien. bref petit et a petit c’est installée une sorte de dépression due a cette grossesse, je délaissais mon fils, je rejetais mon mari, j’ai failli faire 2 fois une TS mais mon mari a chaque fois a réussit a m’arréter a temps, il en a vraiment souffert et moi aussi. au bout d’un moment j’ai pris la décision d’aller aux urgences et là j’ai été écouté par une infirmière très gentille et a l’écoute, et je me suis rendu compte que j’étais ainsi depuis le début de ma grossesse mais que cela avait emplifié en meme temps que les hormones. ensuite j’ai rencontré un psychiatre qui m’a écouté et était présent pour moi enfin jusqu’a l’ivg car arès il n’y avait plus personne, ce psy m’a dit que si je gardais le bébé je risquais de le rejeter et de ne pas m’occuper de lui et meme pire il m’a dit que le bébé était surement malade donc avec mon mari nous avons réflechit et on a opté pour l’ivg. j’ai eu rdv au planning le jeudi et le mardi c’était finit, j’étais a 11 semaines de grossesse. le dimanche avant l’ivg j’ai été voir un prêtre qui a été compréhenssif (j’ai été surprise d’ailleur) et il m’a dit que j’allais vraiment pas bien qu’il le ressentait donc a partir de ce jour là j’ai plus eu de doute je faisais le bon choix. juste après l’intervention j’ai pleuré en salle de réveil et une infirième a été a mon écoute et m’a dit vous avez pris la meilleure décision madame « pourquoi m’a-t-elle dit ça je ne sais pas et je ne saurais jamais » mais quand j’ai été revoir mon médecin traitant et qu’on lui a tout expliqué (il m’a vu en état de dépression) il m’a dit vous avez pris la meilleur décision, le bébé était surement malade et c’est pour ça que vous avez été dans cette état car 1 semaine après l’ivg, plus de dépression, plus de TS et mon fils me redisait maman, mon couple aujourd’hui s’en est ressorti plus fort.
aujourd’hui on est en essai a nouveau pour un bébé ce sera bb3 car pour moi le bébé ivg a été bb2 et le sera toujours, j’ai culpabilisé au début d’avoir « tué » mon bébé mais je sais que j’avais pas le choix et maintenant je vais bien je regrette juste que ça se soit passé comme ça. j’ai trop peur que cela recommence pour bb3 mais je sais que ceette fois j’irai jusqu’au bout je serai plus forte du moins j’essayerai.
toute ma famille est au courant de ce qui c’est passé mes parents, mes soeurs, mes beaux parents (pas mon beau frère, ni ma belle soeur), ma cousine est au courant depuis peu. j’arrive a en parler et je pense que c’est très important.
mon fils a aujourd’hui 30 mois et est très proche de moi, je sais que j’ai fait le bon choix pour lui et pour moi.
je vais bien aujourd’hui et je ne culpabilise pas. au contraire j’ai fait le bon choix.
Ma grand mère a avorté en 1945 et nous n’allons pas bien.
Absolument clandestin, bien évidemment.
Elle en est morte, bien sûr.
Depuis, des générations de femmes.
Ma mère. 70 ans. De dépression en psychanalyse. Traumatisme de la perte de sa mère.
Moi, 50 ans. La ménopause est peut être faite. Peu importe. Je refuse absolument de vivre sans contraception.
Ma fille, étudiante en biologie. Déni total de grossesse jusqu’au terme. Ce n’était pas le manque d’information.
Ma petite fille, 7 ans.
La malédiction s’arrêtera là.
Je milite au Planning Familial.
Bonjour , j’ai avorté en 2004 et je vais bien !
A l’epoque je n’avait que 16ans !
Ma famille m’a poussé a le garder et mon cheri avait tellement peur que ca me detruise qu’il voulait donc le garder ! Mais je ne m’en sentai pas prete ! J’avais les finances vu que nous travaillions tt les deux a l’epoque mais ma tete n’etait pas prete !
J’ai pris rdv et je suis tombé sur des infirmieres completement folle qui essayer de me faire changer d’avis par culpabilité !
Mais j’ai ete au bout de ma demarche !
J’ai pleurer les deux jours suivant le curetage mais sans doute par fatigue puis l’acte n’est pas trop benin non plus ! Mais psychologiquement j’etais bien !
Pourtant j’etais seule ce jour la car mon cheri etait en deplacement malheureusement et ma mere etait pas loin de moi mais hospitalisée donc pas possible d’etre a mon chevet .
En 2006 , je me suis retrouver a nouveau enceinte , avec le meme papa ! Et contre toute attente , tous le monde me disait , avortttteee !!!
Comme une idiote j’ai pris le rdv .
Mais arriver a minuit la soirée avant le rdv , le moment ou j’aurai du prendre les medoc pour provoquer le decollement et ben j’ai tout jetter a la poubelle en accord ac mon conjoint ! Cette fois ci nous etions prets ! j’Etais enfin prete !
Et a l’heure d’aujourd’hui je suis maman de mon petit enzo né en juillet 2007 et d’un petit Nolan né en decembre 2010 !
Entre mes deux ptit amours j’ai perdu un bebe a 3 mois et demi mais ceci est une autre histoire !
Enfin tout ca pour dire , l’avortement n’est pas taboo , n’est pas une tare, ni meme un echec !
C’est un choix , un choix souvent plus intelligent qu’on pourrait le croire !
Ces femmes la ont au moins le courage de dire NON je n’en veux pas , ca n’est pas le moment , ni meme mon choix !
Et courage a celles qui ont du mal a ce decider !
J’ai avorté le 15 août 2010 et je peux dire aujourd’hui que je vais bien.
Bien sur ça n’a pas été facile de se retrouver entre l’envie d’avoir un enfant avec son partenaire que l’on aime et celle de la réalité qui fait que lorsque l’on à 21 et que l’on fait des études supérieures on ne peut pas se permettre d’avoir un enfant.
Je vais bien mieux aussi car cela n’a pas détruit mon couple contrairement à ce que je pensais et ce que j’avais lu. J’ai été très mal mais on à reussi à remonter la barre. Même si l’autre ne savait pas forcement comment réagir et que son soutien n’était pas à la hauteur de mes espérances j’ai réussi à pardonner pour la premiere fois de ma vie. L’ivg m’a fait murir.
Je vais bien .
Oui on peut surmonter un ivg ca peut prendre plus ou moins de temps mais on y arrive toutes.
J’ai vécu 2 autres ivg par procuration (2 de mes amies) et le soutien est indispensable. Donc merci à vous les filles et j’espere avoir fait le necessaire pour vous.
Le mot d’ordre est le soutien, la présence et je pense qu’en parler n’est pas forcement cathartique mais le simple fait de savoir que l’on pourrait le faire si on le veut est le seul moyen de s’en sortir.
Je vais bien , je vais mieux , je ne pleure plus devant une femme enceinte, je n’ai plus envie de taper tous les nourrissons et les enfants en bas âge et ce dont je suis le plus fière c’est que je ne pleure plus quand je regarde un film ou une série dans laquelle une femme subit un ivg.
L’ivg est un droit il faut le conserver. La grossesse est un moment merveilleux dans la vie d’une femme mais il se doit d’être desiré.
Je tenais à remercier toutes les personnes qui se battent pour que ce droit en reste un et pour que les femmes puissent devenir mères quand elles le désire.
Un grand merci à vous ! (je vais bien mais j’ai les larmes aux yeux en lisant tous ces temoignages qui auraient pu être les miens).
Je n’ai jamais avorté, mais…
J’ai bientôt 60 ans.
Ma vie sexuelle, en 1971, a commencé avec un retard de règles après un rapport « foiré » (selon les critères de l’époque : pas de pénétration, mais éjaculation).
19 ans, étudiante, habitant chez mes parents (pas des psychorigides, plutôt ouverts, mais quand même pas pu leur en parler).
Le mec ? Il m’avait larguée de toute façon, alors pas au courant, pas concerné.
Super!
Visite chez un gynéco « sympa », mes 100 francs (100 euros d’aujourd’hui) d’argent de poche y passent.
Test « de la lapine » en labo, les 100 francs d’argent de poche de ma meilleure copine y passent (le test de la lapine ou test de Friedman était un procédé qui permettait de savoir avec une lapine si une femme était enceinte : il suffisait d’injecter de l’urine de la patiente dans l’ovaire de la lapine, ce qui provoquait l’ovulation de l’animal).
Une semaine d’attente pour les résultats. Angoisse +++ dont je me souviens encore, 40 ans plus tard !
Si j’étais enceinte, comment faire pour avorter ? Aucun doute sur la nécessité de le faire, aucun état d’âme particulier, juste ce gros souci : comment faire ?
Je ne connaissais pas encore le féminisme et ses réseaux(c’est venu très vite par la suite) et la seule solution envisageable était la Suisse. Le seul copain qui gagnait déjà sa vie (les autres étaient étudiant.e.s et fauché.e.s) et qui aurait pu me prêter les 1000 ou 1500 francs nécessaires, faisait son service militaire…
Un jour, douleurs terribles au ventre, mes règles arrivent, et j’expulse ce que (ignorante) je croyais être un gros caillot de sang.
Le moment fatidique d’appeler le labo pour avoir les résultats du test arrive : je ne suis pas enceinte.
Ouf !
Mineure à l’époque, je vais consulter une gynéco militante qui donnait la pilule sans autorisation des parents.
Ouf !
Ce n’est que plusieurs années plus tard que j’ai reconstitué le puzzle :
– oui, on pouvait être enceinte après un rapport sans pénétration (une goutte de sperme suffit)
– oui, j’étais enceinte (le test était négatif parce que la fausse couche avait déjà commencé)
– oui, j’avais bien fait une fausse couche spontanée et expulsé un embryon (quand j’ai milité au MLAC quelques années plus tard, et participé à des IVG avec la méthode Karman, j’ai reconnu le fameux « caillot »)
Pendant les années qui ont suivi, j’ai baisé comme j’en avais envie, et toujours eu une contraception (pilule, stérilet).
J’ai milité au MLAC, puis dans des groupes femmes du MLF (avant récupération du sigle par Psychépo). J’ai signé le manifeste des 343 *… après les 343!
Lors d’une relation… disons… « embrouillée »… avec un mec qui me faisait du chantage (entre autres) à l’enfant, la seule chose sur laquelle j’ai résisté, c’est ce qui me semblait le plus important : ne pas avoir d’enfant avec lui, car si j’en avais un peu (sentimentalement) envie, je savais que c’était la dernière chose à faire avec lui, que je ne le voulais pas.
Ouf !
Ironie du sort : à 35 ans, ayant une relation épanouie avec un mec, nous décidons d’avoir un enfant ensemble.
Patatras, après quelques années de jambes en l’air, de soupçons, d’examens, le verdict tombe : je suis stérile…
Je ne veux pas de FIV (consciente des inconvénients physiologiques et psychologiques de la sur-médicalisation de la vie quotidienne et sexuelle que cette démarche implique). Nous optons pour l’adoption.
Jimmy a 20 ans, celui-là je l’ai voulu, nous l’avons voulu. Conçu de nos ovules et spermatozoïdes ou pas, c’est notre fils.
Étais-je déjà stérile pendant que je pratiquais scrupuleusement la contraception, que je me débattais pour ne pas faire d’enfant avec ce mec? Je ne le saurai jamais. Et je m’en fous.
Ce que je sais, c’est que, le diagnostic de stérilité confirmé, je n’ai jamais éprouvé le moindre regret.
La fausse couche à 19 ans ? Tant mieux. La décision de ne pas faire d’enfant avec ce mec qui me pourrissait la vie ? Je suis contente d’avoir résisté à son chantage. Le refus de la FIV et la décision d’adopter ? C’était le bon choix pour moi, pour nous.
Voilà. Je n’ai jamais avorté, mais je l’aurais fait s’il avait fallu.
Et je vais bien.
Féministe, toujours.
Annemarie
*Manifeste qui, soit dit en passant, n’avait pas de nom, la couverture du Nouvel Obs qui le publiait titrait « La liste des 343 françaises qui ont le courage de signer le manifeste « Je me suit fait avorter ».
C’est Charlie Hebdo qui la semaine suivante a titré avec la question « Qui a engrossé les 343 salopes? » adressée à Michel Debré (bien connu pour ses positions rétrogrades et natalistes) qui répondait « C’était pour la France..«
Les féministes de l’époque auraient pu (elle n’étaient pas les dernières à manier l’auto-dérision) se dénommer « les 343 salopes », elles n’y ont sans doute pas pensé, et Cabu l’a fait, c’était génial.
Que vous, dans le même esprit, ayiez choisi de vous nommer « Les filles des 343 salopes », j’approuve entièrement. C’est tout à fait dans l’esprit.
Par contre, que la mention de ce manifeste soit faite systématiquement dans les médias (par des journalistes ignorant.e.s, à date fixe, sans ironie ni recul)sous ce titre erroné, me défrise. Surtout dans cette ambiance nauséabonde de recul des droits à l’IVG…
Alors je me bats pour que ce manifeste si important dans l’histoire des femmes et du féminisme porte son vrai nom: « Un million de femmes se font avorter chaque année en France. Elles le font dans des conditions dangereuses en raison de la clandestinité à laquelle elles sont condamnées, alors que cette opération, pratiquée sous contrôle médical, est des plus simples. On fait le silence sur ces millions de femmes. Je déclare que je suis l’une d’elles. Je déclare avoir avorté. De même que nous réclamons le libre accès aux moyens anticonceptionnels, nous réclamons l’avortement libre.«
Un peu plus long, mais moins ambigu.
Il y a encore du boulot, les filles!
J’ai 25 ans. J’ai avorté à 23 ans et je vais bien ! Je sortais d’école, étais en période d’essai chez mon employeur et je savais que je n’allais pas passer ma vie avec mon copain d’alors.
Je n’ai pas réfléchi plus de 3s, c’était évident pour moi. Mon copain lui me demandait quand même de réfléchir et qu’il était tout à fait favorable à un changement d’avis. Il le voulait même je pense ce bébé.
Mais moi non. Ce qui m’a fait le plus souffrir c’est de ne pas en parler à mes parents, ma soeur, mes amis. J’avais honte et je ne voulais pas décevoir ma famille et mon copain m’avait interdit de le dire à mes amies. Mon médecin a été bien, pragmatique, efficace. Cela s’est relativement bien passé même si les médecins au bout de 10 jours n’étaient toujours pas sûrs que l’oeuf soit parti… Un peu de stress en bonus donc avec des echographies tous les 3 jours pour voir si les médocs avaient enfin fonctionné…
Aujourd’hui je ne regrette rien, je vis ma vie enfin, je me suis séparée du copain de cette époque, j’ai re respiré ! Je n’ai aucun regret et cherche à aider des jeunes (ou moins jeunes) filles perdues qui ne sauraient pas à qui en parler. J’ai pu me débrouiller et n’en parler à personne parce que j’avais de l’argent mais ça aurait pu être beaucoup plus compliqué…Et cela ne m’empêche pas de penser qu’un jour j’aurais des enfants, oui des enfants !
Bonjour,
Je suis une fille, une filles des 343, comme vous, et je vais bien.
Je n’ai jamais avorté, j’ai longtemps été terrifiée à cette idée. J’ai assisté à des IVG (je suis jeune médecin), j’ai entendu le discours autour de moi, et j’ai longtemps été persuadée que ça ne pouvait être que douloureux et triste.
Il y a des années, bien avant de m’avoir, ma mère a avorté. Ca n’était pas encore légal. Et elle va bien !
Elle a mis des années avant de me le dire, pourtant elle va bien, elle n’a jamais été culpabilisée, elle ne regrette rien. Elle avait simplement peur de ma réaction de fille, je comprend.
Mais je suis contente qu’elle l’ait fait, ça a changé beaucoup de choses pour moi, j’ai découvert qu’on pouvait bien le vivre (et quoi de plus convainquant que le témoignage d’une mère ?!).
C’est encore plus ma mère et je suis encore plus sa fille. Elle m’avait déjà transmis son combat, mais pour la première fois j’ai compris. Parce que pour la première fois nous avons pu parler de notre féminité, entre femmes.
Je prescris déjà des contraceptifs, et d’ici quelques années je ferai sans doute des IVG. Je sais que j’aiderai mieux toutes les femmes que je rencontrerai à la lumière de cette histoire, je sais que mon discours va évoluer avec mon entourage parce que je comprend ça.
Parlez-en à vos filles, à vos fils.
Surtout si vous allez bien. N’ayez pas peur de leur réaction, ce sont vos enfants, vous leur avez transmis vos valeur et peut-être vos combats, expliquez-leur.
Bonjour,
moi j’ai avorté malheureusement 2 fois.
1ère en 2005, j’avais 21 ans , un compagnon stable depuis 2 ans mais chez nos parents, moi dans mes études et lui cherchant sa voie.…pas le tableau idéal et surtout AUCUNES envies d’être mère maintenant alors que je n’ai pas encore vécue.
2ème il y a 1 mois à peu près; à 27 ans…je sais pas comment, on utilise le preservatif tout le temps, il ne craque pas et pourtant.……toujours avec mon compagnon qui est maintenant mon fiancé et bientôt mon mari.
Et pourtant je ne veux toujours pas de cette grossesse et lui non plus. Je me sens capable d’être mère mais toujours en études (longues), lui a un bon métier mais vient de commencer sa carriere.
Je ne regrette pas d’avoir avorté mais que nos situations ne soient pas enclines à acceuillir un être.…voilà
Bientot la vingtaine, quand j’ai sue que j’étais enceinte ce fut le choc. Toujours à l’école, mon copain aussi. Même si nous somme très liés et complice depuis un an, même si on a pleurée des larmes de joie pour cet enfant qu’on avaitas demandés mais qu’on aimais déjà, ce fut impossible pour nous de le garder. Surtout quand ma mère l’a sue elle m’a bien fait la morale. On aurait eu que de l’amour à lui offrir, mais pour succomber à ces besoins, on aurait bien galèrés. J’ai donc avortée .. Moi personnellement ce fut dure car je vis dans le but d’être maman, j’adore les enfants, et je rêve de donner la vie. J’ai beaucoup pleurée, regretter, j’ai fais une page Facebook ou j’y raconte l’histoire de À à Z, elle s’intitule BABY B0OH. Aujourd’hui avec le recul je me dis que c’était mieux pour cet enfant, en plus la vie de maintenant coûté chère alors voilà, si c’est pour passée tout mon quotidien à me dire » Comment je vais payer ci et sa ? » c’est pas la peine. Enfin bref chaque femme à ces raisons. Ce dont j’aimerais parler ce sont les critiques que j’ai reçu vis à vis de ma page Facebook ou j’y explique mon avortement. Certaines filles m’ont insultées de meutrières, d’assassin, je précise que même mes amis proches n’y ont pas été de mains morte .. Ensuite certaines m’ont dis que c’était vraiment nul de faire une page pour sa, que c’était pas la peine d’en faire un drame. Mais je n’en ai pas fais un drame c’est juste que moi j’ai ouvert ma gu*** et j’en ai parlée aux yeux de tous. Mais grâce à cette page, des filles ayant eu recours à l’ivg m’ont contactés afin d’en parler, vu que moi je l’ai vécu je peux les comprendre. Alors toutes ces femmes qui nous jugent c’est du grand n’importe quoi, ce n’est ni leurs corps à ce que je sache et cet enfant ce ne sont pas eux qui vont les élevés, alors qu’ils s’occupent de leurs affaires. On ne peut pas négliger une femme car elle a avortée, justement on devrait la respecter d’avoir stopper la vie de ce petit être juste pour le sauver. Avorter ce n’est pas rejeter un enfant car on en veut pas, avorter c’est réfléchir, pleurer, douter, penser, imaginer, être indécis, passer à l’acte .. Avorter c’est quand même quelque chose qu’on oublie pas, mais les gens devraient arrêter de nous négliger, et certains arrêter d’avoir de la pitiée. Moi personnellement sa à été dure mais je ne suis pas morte, je vis, je vais bien, merci.