Qui sommes Nous ?

Nous sommes un col­lec­tif, les filles des 343, for­mé par des mili­tantes fémi­nistes d’âges et d’origines diverses,  copines de blogs, appar­te­nant pour cer­taines à des  orga­ni­sa­tions ou asso­cia­tions fémi­nistes et/ou de gauche de la gauche.  Nous nous sommes retrou­vées autour de la même exas­pé­ra­tion : le dis­cours fai­sant de l’avortement un drame, un trau­ma­tisme dont on serait cen­sées  ne jamais se remettre.

Nous avons avor­té, et nous allons bien : nous avons déci­dé de le dire.

Pourquoi cet appel et ce blog ?

(Lire l’appel : http://jevaisbienmerci.net/)

Le 5 avril 1971, parais­sait le Mani­feste des 343. 343 femmes décla­rant en toute illé­ga­li­té, avoir avor­té pour s’op­po­ser à une situa­tion inique obli­geant les femmes à avor­ter par leurs propres moyens, quitte à en mou­rir.

Le mani­feste des 343 a sor­ti l’a­vor­te­ment du silence des cli­niques pri­vées  étran­gères que pou­vaient se payer cer­taines femmes, et des appar­te­ments miteux où les plus pauvres  allaient trou­ver les « fai­seuses d’anges ».

Cet acte de déso­béis­sance civile a ren­du l’a­vor­te­ment visible et en a fait une ques­tion poli­tique. Il a obli­gé les poli­tiques à voir en face les mortes et les estro­piées que sa loi absurde avait enter­rées. Il a obli­gé les poli­tiques à regar­der l’a­vor­te­ment en face.

40 ans plus tard, où en est-on avec l’a­vor­te­ment ?

Du droit à disposer de son ventre… au droit à disposer de son ventre ET de sa tête !

Si en France, on ne meurt plus en avor­tant depuis 1975, en revanche, on est encore som­mée d’en cre­ver… de honte et de culpa­bi­li­té.

Depuis le vote de la loi Veil en 1975, a‑t-on ces­sé de pré­dire le pire aux femmes qui décident d’a­vor­ter ?

« On vou­drait crier.
L’avortement libre et gra­tuit c’est : ces­ser immé­dia­te­ment d’avoir honte de son corps, être libre et fière dans son corps comme tous ceux qui jusqu’ici en ont eu le plein emploi ; ne plus avoir honte d’être une femme. » (Mani­feste des 343, 5 avril 1971)

C’est ce que nous, filles des 343 récla­mons aujourd’­hui.

Une majo­ri­té de médias, de poli­tiques, de méde­cins pré­sentent sans cesse l’a­vor­te­ment comme un drame et un trau­ma­tisme dont on ne se remet­trait pas : ces dis­cours sur l’a­vor­te­ment sont des slo­gans éloi­gnés de ce que vivent la grande majo­ri­té des femmes, ils ont pour but de les effrayer et de les culpa­bi­li­ser.

Nous en avons marre que l’on nous dicte ce que nous devons pen­ser et res­sen­tir.

Nous en avons assez de cette forme de mal­trai­tance poli­tique, média­tique, médi­cale.

Nous disons haut et fort que l’a­vor­te­ment est notre liber­té et non un drame.

Nous décla­rons avoir avor­té et n’avoir aucun regret : nous allons très bien.

Libérer notre parole sur l’avortement

C’est la rai­son d’être de cet appel et de ce blog :

  • Faire enfin émer­ger la parole des femmes qui ont avor­té et qui vont bien. Cette parole est trop sou­vent pas­sée sous silence.
  • Faire entendre un autre dis­cours pour que les femmes puissent enfin ne plus se sen­tir cou­pables de ne pas souf­frir d’a­voir avor­té.
  • Per­mettre aux femmes qui ont avor­té et l’ont mal vécu de voir que ce n’est pas une fata­li­té, que la pres­sion qui pèse sur nos épaules et nos ventres contri­bue à rendre les femmes mal­heu­reuses.
  • Faire com­prendre que ces dis­cours dra­ma­ti­sant l’a­vor­te­ment peuvent jouer comme des pro­phé­ties auto-réa­li­sa­trices : lors­qu’on croit que l’a­vor­te­ment ne peut être vécu autre­ment que comme un drame, com­ment bien le vivre ?

À Lire éga­le­ment : la poli­tique édi­to­riale du blog.

20 réponses sur « Qui sommes Nous ? »

Avor­ter à 20 ans est tou­jours un échec mais c’est un acci­dent de la vie, et la vie conti­nue, avec des enfants vou­lus et aimés … sans honte, sans culpa­bi­li­té., mon corps est
à moi, et JE VAIS BIEN mer­ci.

L’a­vor­te­me­ment est bien la réponse à un acci­dent de la vie.
Avoir ou ne pas avoir des enfants après, plus tard, n’est pas le pro­blème.
La femme n’a pas à jus­ti­fier son acte pré­sent par l’a­mour mater­nel ulté­rieur.
La ques­tion posée par l’a­vor­te­ment est la réap­pro­pria­tion du corps de la femme par sa déci­sion d’a­vor­te­ment. Une forme de liber­té mal­heu­reuse mais liber­té quand même.
Un moment de la vie d’une femme qui échappe com­plè­te­ment à l’homme — pas à celui qui accom­pagne- mais à ceux qui veulent tout déci­der ou contro­ler.

Oui, bon je vais bien, certes, mais j’ai quand même pris cher. Sans juge­ments autours de moi, tout s’est très bien pas­sé, mer­ci. Tout le monde a été cor­rect. Juste moi, pas for­cé­ment pré­pa­ré à sai­gner comme un cochon pen­dant quelques jours, à me dire que je m’é­tais tou­jours trom­pée sur moi-même pour avoir réus­sit à tom­ber enceinte alors qu’on m’a­vait tout bien expli­qué depuis bien long­temps. Je vais bien, mais c’est parce que je l’ai vou­lu et que ça m’a pris du temps.

Cata­pulte, mer­ci pour ton témoi­gnage.
L’IVG n’est pas for­cé­ment une ques­tion de mau­vaise infor­ma­tion sur la contra­cep­tion.
D’autres cir­cons­tances de la vie peuvent conduire à une gros­sesse non dési­rée, les femmes ne sont pas des robots.
Et comme le dit une femme dans un pré­cé­dent témoi­gnage, se trou­ver enceinte quand on est fer­tile et qu’on a une vie sexuelle active est simple, mais par­ve­nir à ne pas être enceinte tout au long de cette vie sexuelle, est plus com­pli­qué.
Envi­ron 40% des femmes, sta­tis­ti­que­ment, choi­sissent un jour l’IVG.
Ces 40% de femmes ne sont pas des incon­sé­quentes, puisque 3/4 des IVG sont pra­ti­quées sur des femmes qui ont une contra­cep­tion.
Tu n« as donc pas à croire que tu t’es trom­pée sur toi ou que tu aurais quelque part démé­ri­té !
Et nous sommes contentes de savoir que main­te­nant, ça va bien pour toi!

J’ai avor­té à 19 ans en 1998. Un échec du pré­ser­va­tif (ça ne fonc­tionne qu’à 99%). On a retar­dé volon­tai­re­ment mon ren­dez-vous à l’hô­pi­tal, si bien qu’il était trop tard pour un avor­te­ment médi­ca­men­teux. L’en­tre­tien avec le méde­cin s’est dérou­lé porte ouverte à proxi­mi­té d’une salle d’at­tente pleine de femmes enceintes au milieu des­quelles on m’a fait attendre. Le méde­cin m’a dit « Mais oui, bien sûr, c’est ça… » quand je lui ai dit que oui, on avait uti­li­sé un pré­ser­va­tif. Ensuite on m’a fait une écho­gra­phie et j’ai vu le coeur de l’embryon battre. On m’a dit « IL est là » en me le mon­trant. Je n’ai pas lâché. Pas ques­tion d’a­voir un enfant à 19 ans. Le méde­cin, appre­nant que j’a­vais des exa­mens et une com­pé­ti­tion spor­tive très impor­tante qui néces­si­tait que l’o­pé­ra­tion ait lieu rapi­de­ment, a déci­dé de me faire attendre. J’ai été malade un mois durant, j’ai raté mes exa­mens et ma com­pé­ti­tion. J’ai redou­blé mon année de fac.
Le jour de l’a­vor­te­ment, une autre fille était avec moi dans la chambre. Elle n’a pas arrê­té de pleu­rer. Les infir­mières lui ont dit d’un ton sec « On ne peut rien faire pour vous ! ». Très récon­for­tant… J’é­tais trop dans le cirage pour lui par­ler et la récon­for­ter. C’est mon seul regret.
En dehors de ça, je ne regrette pas du tout, et je vais bien, mer­ci.

1re IVG: une sonde posée par une « fai­seuse d’anges », un hos­to où j’ai été bien soi­gnée mais on m’a mon­tré un embryon de 2cm en me disant que c’é­tait un gar­çon… Echec ? non: pas le choix! Pas un plai­sir bien sûr mais pas de regrets. 2e avor­te­ment pro­vo­qué par moi-même. Quand une femme ne veut/peut pas avoir d’en­fant elle fera tout ce qui est pos­sible. (ma grand-mère s’est avor­tée 8 fois, 7 enfants au lieu de 15…). J’ai eu deux enfants vou­lus que j’aime. je vais bien. Il faut lut­ter pour l’IVG libre, gra­tuit, en milieu médi­cal, avec un accueil cha­leu­reux et décul­pa­bi­li­sant.

Une IVG il y a plus de dix ans. Une gyné­co très bien, la pre­mière dans l’an­nuaire. Un écho­graphe qui a eu l’in­tel­li­gence de dire : je ne vous montre pas l’é­cran, vous n’a­vez peut-être pas envie de voir ; même dis­cré­tion au labo d’a­na­lyses. Un centre d’or­tho­gé­nie (aujourd’­hui fer­mé) proche du plan­ning fami­lial, avec du per­son­nel volon­taire ; déli­ca­tesse et pro­fes­sion­na­lisme. Je ne l’ai pas fait dans la gaie­té mais je n’ai jamais regret­té. Et JE VAIS BIEN, MERCI.
Ce que je regrette : le tabou autour de l’IVG qui va de pair avec la culpa­bi­li­sa­tion. A croire que per­sonne ne s’est jamais faite avor­ter. On peut par­ler en détail de tous ses pro­blèmes médi­caux jusque dans les détails les moins ragoû­tants, mais l’IVG, ça ne se dit pas, comme si c’é­tait une faute. Cf la tête, et par­fois les remarques, des pro­fes­sion­nels de san­té quand, en répon­dant à un ques­tion­naire médi­cal, on men­tionne « ça » (dans la rubrique : inter­ven­tion chi­rur­gi­cale avec anes­thé­sie géné­rale). Main­te­nant je me cen­sure : pour­quoi ?

j’a­vais 43ans et 3 enfants, 3 gros­sesses à risques des mois de lit, des mois d’hos­pi­ta­li­sa­tion, mon mari m’a pous­sé à faire l’IVG en sou­li­gnant que mes enfants me pré­fé­raient sans doute vivante, j’a­voue l’a­voir fait à recu­lons ! mais aujourd’­hui après des années de culpa­bi­li­té, de silences (nous n’en par­lons jamais avec mon mari) je me dis que j’ai fait le bon choix, j’ai 60 ans bien­tôt et des pro­blèmes de san­té à ne plus savoir qu’en faire! alors cet enfant, ces enfants (car on a eu la gen­tillesse et la déli­ca­tesse de me dire que c’é­tait des jumeaux) com­ment auraient ils été?? et leurs grands frères, com­ment auraient ils aimés ces petits der­niers??
aujourd’­hui je vais à peu près bien dans ma tête, même si je vois tou­jours ces regards pleins de reproches, même si j’en­tends encore la phrase  » dom­mage mme, vous atten­diez deux filles, vous qui n’a­viez que des gar­çons… »

J’ai avor­té à 19 ans. Je suis tom­bée enceinte le jour de mon anni­ver­saire. J’ai été hos­pi­ta­li­sée après les fêtes de fin d’an­née. Bonne période.
J’ai eu l’im­pres­sion que le méde­cin du plan­ning fami­lial me vio­lait quand il m’a enfon­cé la sonde de l’é­cho intra vagi­nale sans un mot, sans une expli­ca­tion. Quand j’ai deman­dé si c’é­tait néces­saire on m’a répon­du que j’a­vais déjà écar­té les cuisses une fois (!!).
A l’hô­pi­tal, même étage que les femmes ayant des pro­blèmes de fécon­di­té.
Ma voi­sine une ado de 14 ans qui pleu­rait. Quand l’in­fir­mière m’a deman­dé de confir­mer ma date de nais­sance, la jeune fille s’est écrié « tu es majeure, tu pour­rais le gar­der et tu avortes !! moi si je pou­vais… »
J’ai eu l’im­pres­sion de tra­ver­ser un monde hos­tile, méchant. Un tri­bu­nal où je suis entrée cou­pable.
Mais pour moi ce bébé n’a jamais exis­té. C’é­tait un acci­dent de par­cours. Il n’au­rait jamais pu être mon fils ou ma fille.
Pas de regrets donc. A part celui de vivre dans une socié­té aus­si hypo­crite.
Oui, j’ai avor­té. Mais je vais bien, mer­ci.

bon­jour moi jai avor­ter il a quelque jour cela na pas eter facile la des­sion jai 21 ans jai une fille de 1 ans et jai apris que mon conjoint me trom­pais et qui pre­voyais deme­na­ger avec lautre fille … j’ai du prendre la des­sion de pas avoir lautre bébé . je ne vou­lais pas mettre un enfants au monde et le rendre mal­heux parce que le pere ne veux rien savoir de ses enfants etre mere mono­pa­ren­tal nest pas facile deja avec 1 enfants mes cela avec deux moi je trouve que ses impos­sible j’ai pu chan­ger ma vie et celui de ma fille pre­sente mal­gré que mes proche mon dit que je le regre­te­rai .. je ne croix pas je suis bien avec sa … et ma vie va etre mieux.

J’ai avor­té il y a 2 ans . ou plus exac­te­ment j’ai appris il y a exac­te­ment 2 ans que j’é­tais enceinte . D’un homme qui n’é­tait pas amou­reux et qui avait déjà 2 enfants. Je ne veux pas d’en­fant sans père . Je n’af­fron­te­rai pas , ayant vu ma maman le vivre, une vie de famille seule . Je sais que c’est dur .
Je sais qu’on ne fait pas un enfant « dans le dos « , j’ai vu trop d’a­mIS se retrou­ver père sans le savoir , ou sans avoir pu don­ner leur avis sur la ques­tion .
J’ai donc pris la seule déci­sion pos­sible . L’homme , au cou­rant , a fuit .
Je ne regrette rien .
Mal­gré une excel­lente prise en charge par une amie, mili­tante de longue date et direc­trice d’un ser­vice hos­pi­ta­lier d’orthogénie, je me suis cou­chée pen­dant 2 jours, et j’ai sai­gné pen­dant 2 mois . Une vraie par­tie de plai­sir . Ma Maman , qui s’est bat­tue pour ce droit , l’a sen­ti , et m’a accom­pa­gnée (Com­ment dire à sa mère, mili­tante du plan­ning fami­lial dans ses jeunes années , à mon age : euh, je suis enceinte, je le garde pas , j’ai ren­dez vous demain pour l’a­vor­te­ment . C’est un acci­dent . ? )J’ai aujourd’­hui 38 ans , et je me dis que mon corps m’a fait payer ce refus . L’hor­loge bio­lo­gique tu sais ?

Et tu sais quoi ? Je ne regrette rien .
Aujourd’­hui, je vais bien .

J’ai appris que j’é­tais enceinte le jour de mes 22 ans d’un gar­çon dont j’é­tais folle et je sais que lui m’ai­mait aus­si mais vu notre situa­tion plu­tôt com­pli­quée j’ai pris la déci­sion d’a­vor­ter, sans remords ni regrets. j’ai été vrai­ment sou­te­nue par ma mère, ma soeur et une amie, la gyné­co­logue a été fan­tas­tique la cli­nique aus­si. l’é­cho­gra­phie a été un pas­sage plus com­pli­qué: la radio­logue en charge de mon dos­sier a tenu à me mon­trer son coeur, à me par­ler du déve­lop­pe­ment du bébé  » tu sais dans quelques jours il com­men­ce­ra à avoir des bras et des jambes » et à me don­ner la date pré­su­mée de sa nais­sance, j’ai tenu bon, il était hors de ques­tion pour moi d’a­voir cet enfant. Je ne l’ai pas regret­té une seconde ensuite mais le mois de juillet sui­vant j’ai eu le blues de ma vie, j’au­rais pré­fé­ré ne pas le voir et ne pas connaitre cette date. il s’est pas­sé un an et demi depuis, je vais bien et j’au­rai des enfants plus tard

J’ai avor­té (j’ai du mal à écrire le mot…) il y a 15 ans, à 22 ans.
On était amou­reux mais pas prêts.
Les gens n’ont été ni par­ti­cu­liè­re­ment com­pré­hen­sifs ni par­ti­cu­liè­re­ment immondes… pro­fes­sion­nels on va dire.
Je ne l’ai jamais regret­té, cet enfant n’a jamais exis­té pour moi, et on a eux deux fils depuis.
Juste, au bout de 10 ans de petits bobos gyné­co­lo­giques récur­rents mais sans gra­vi­té (mais pour­quoi mes SEULS sou­cis de san­té se trouvent là ?), j’ai repen­sé à cette IVG, refait le point sur mes sen­ti­ments.
Eh bien le bobo en cours a dis­pa­ru spon­ta­né­ment, et depuis , rien, tout va bien 🙂

j’ai avor­té il y a plus de trente ans, et ce fut un vrai sou­la­ge­ment. Je ne vou­lais pas alors d’un enfant. Tout s’est très bien pas­sé, rapi­de­ment, l’é­quipe soi­gnante bor­de­laise a fait preuve de pro­fes­sion­na­lisme, ne s’a­ven­tu­rant guère sur le ter­rain de la psy­cho­lo­gie sur lequel je l’a­vais dis­sua­dé fer­me­ment de se pla­cer.
J’ai eu depuis le plai­sir d’être mère sans le moindre pro­blème, de sen­tir bou­ger en moi un enfant dési­ré, et vécu mes deux mater­ni­tés comme de grands moments d’é­mo­tion et de fier­té.
Res­tons vigi­lantes et que notre corps n’ap­par­tienne qu’à nous!

Bon­jour,
Ma mère m’a refu­sé la pilule. Le plan­ning fami­lial m’a refu­sé la pilule.
J’ai avor­té à 14 ans.
J’ai avor­té à 15 ans.
Après, j’ai eu accès à une contra­cep­tion.
J’ai avor­té à 38 ans. Pas un pro­blème d’ac­cès à la contra­cep­tion.
J’ai 40 ans.
3 IVGs.
Mais ça va bien main­te­nant, mer­ci.

J’ai 18 ans, j’ai avor­té par médi­ca­ment il y a 3 mois.
Le per­son­nel était impec­cable, même si je me suis éva­nouie dans les bras de mon amou­reux tel­le­ment la dou­leur était insup­por­table. Du sang pen­dant 1 mois, une erreur de par­cours, mais la vie conti­nue.
Je ne regrette rien, si c’é­tait à refaire je le refe­rais.
Je vais très bien mer­ci.

Je souffre seule­ment de la pres­sion sociale qui se bat pour me faire culpa­bi­li­ser.
N’ou­blions jamais : nous sommes des femmes, nous ne sommes pas toutes nées pour être mère, lais­sons nous choi­sir.

J’ai avor­té il y a 13 ans.
J’a­vais presque 21 ans.
J’é­tais jeune, je venais de rater mon BTS, j’é­tais l’of­fi­cieuse d’un copain de classe qui était depuis 5 ans avec son offi­cielle et qui n’a­vait pas du tout l’in­ten­tion de la quit­ter…
Je ne me suis pas du tout posé de ques­tion : j’al­lais avor­ter.

Par chance, j’ai tou­jours su qu’en cas d’ac­ci­dent, l’a­vor­te­ment était pos­sible et que mes parents me sou­tien­draient. J’ai lâché le mor­ceau à ma mère un soir où elle m’a­ga­çait à me dire « mais qu’est-ce que t’as? Tu fais la tête? T’es pénible! T’es de mau­vaise humeur… Mais qu’est-ce que t’as à la fin??? ». Ma réponse, très éner­vée : « Je suis enceinte! ça te convient comme excuse? »
Et là, elle s’est cal­mée, m’a par­lé très gen­ti­ment. M’a deman­dé qui était le gar­çon, si c’é­tait impor­tant et… Et elle m’a dit en me regar­dant dans les yeux « tu sais ma ché­rie, moi aus­si à ton âge, je suis tom­bée enceinte et je me suis fait avor­tée ».
Je savais que ma mère était fémi­niste, je ne savais pas que cette bataille-là, avait de l’im­por­tance pour elle (elle s’est fait avor­ter illé­ga­le­ment, donc, en 1969. En France, dans un hôpi­tal, par un vrai méde­cin. Quelle hypo­cri­sie!).

J’ai donc eu de la chance car elle m’a sou­te­nue et aidée dans mes démarches, m’a accom­pa­gnée (mes sœurs aus­si).
J’ai bien­tôt 34 ans, tou­jours pas d’en­fant, l’hor­loge bio­lo­gique fait de temps en temps « tic tac », mais je m’en fous. Je ne regrette rien, je n’ai jamais regret­té, pas une seconde. Je vais bien, et j’al­lais bien même le len­de­main de mon avor­te­ment (à part les dou­leurs).
Le pire moment? L’anes­thé­siste qui me culpa­bi­lise (la seule), et être assise à côté de ma mère dans cette salle d’at­tente entou­rée de femme au ventre plus qu’ar­ron­di qui me regarde de tra­vers. Et voir cette jeune femme en face de moi, seule, le ventre aus­si plat que le miens, voir son regard qui m’in­ter­roge, com­prendre qu’on est dans la même galère mais qu’elle est seule dans cette épreuve et ne rien pou­voir faire pour elle.
(Si c’é­tait aujourd’­hui, avec ma matu­ri­té, je pense que je me lève­rai, tra­ver­se­rai la salle et irai lui tenir la main pour lui dire que si c’est SON choix, alors c’est le BON choix)

Bon­jour,
J’ai avor­té hier, et je vais bien, mer­ci.
J’ai 38 ans, et 4 enfants. Il y a un mois je decou­vrai etre enceinte. Avec mon mari nous avons de suite pris notre deci­sion. J’ai eu de la chance et je n’ai ren­con­tré que bien­veillance sur ce che­min. … J’ai opté pour l’IVG médi­ca­men­teuse, 3 com­pri­més mer­cre­di matin, je suis ren­trée en hos­pit de jour le ven­dre­di. Pas de dou­leur, j’ai expul­sé 2h apres… Le plus dur pour moi a été de  »le » voir. Je pense que son image va me han­ter un moment. Je ne res­sens ni peine ni cha­grin, la vie conti­nue. Une jeune fille etait avec moi, elle souf­frait, mais elle n’a­vait pas une vie facile donc elle soma­ti­sait… J’ai eu bcp de peine pour elle. J’es­pere qu’elle aura une vie meilleure…
Je vais bien mer­ci.

Je n’ai pas pu avoir d’en­fants. J’ai donc adop­té 2 gar­çons. C’est comme si je les avais faits. Mais je com­prends le com­bat de ces femmes et il faut res­ter vigi­lant pour que l’IVG reste un choix , y com­pris pour les mineurs. Avec ou pas l’ac­cord des parents. Mon fils avait une copine à 17 ans, elle avait 15 ans. Et c’est moi et mon mari qui l’a­vons sou­te­nu dans son choix de ne pas avoir d’en­fants à 17 ans. Les parents de sa copine ne com­pre­nait pas l’u­ti­li­té de prendre un contra­cep­tif (à part le pré­ser­va­tif) bien qu’ils pas­saient des nuits ensemble. Nous l’a­vons bien sur appris trop tard. Le méde­cin de cette jeune fille pen­sait, éga­le­ment, qu’elle était trop jeune pour prendre un contraceptif.(lui trop vieux, sans doute). Tout le monde a un avis. Mais eux conti­nuent leur vie. Ils ont gran­di. Ne sont plus ensemble. Leur monde a chan­gé. Comme pour nous, qui avons connu le plai­sir de faire l’a­mour, avec la pilule et avant les années SIDA. Bon cou­rage dans votre com­bat.

Bon­jour à toutes, et mer­ci pour vos témoi­gnages.

J’ai avor­té cette année pour la pre­mière fois à 25 ans. Je venais de quit­ter mon copain, après qu’il m’ait frap­pée — pour la pre­mière fois éga­le­ment. Quand je me suis ren­due compte qu’il avait lais­sé ce « sou­ve­nir » dans le corps, je n’ai pas hési­té une seconde et j’ai pris ren­dez-vous immé­dia­te­ment chez ma méde­cin.

Elle a été for­mi­dable. Elle m’a ras­su­rée, écou­tée, et sur­tout jamais jugée. Au moment de l’é­cho­gra­phie ceci dit, j’ai eu la même mal­chance que cer­taines ici : un radio­logue qui a abso­lu­ment tenu à me mon­trer l’i­mage. Et qui m’a sor­ti : « vous ne vou­lez pas le gar­der ? Mais pour­quoi ? Vous savez, il y a des aides pour les mamans seules. » Je n’ai rien lâché. Je ne vou­lais pas d’en­fant, pas comme ça, pas de lui, pas main­te­nant, pas du tout.

À aucun moment je n’ai eu le sen­ti­ment d’a­voir un bébé dans le ventre. Juste quelque chose qui me gênait et qui n’a­vait rien à faire là.

Méthode médi­ca­men­teuse : presque pas de dou­leur, j’ai « expul­sé » le néces­saire faci­le­ment. Ça m’a encore ras­su­rée : mon corps et moi étions donc bien d’ac­cord.

Les sai­gne­ments ont été un peu longs à dis­pa­raître, mais maintenant…Voilà un mois que c’est fini. Et je ne regrette rien : c’é­tait la déci­sion à prendre. C’é­tait une évi­dence, grosse comme une bar­rique. Ce n’é­tait pas « agréable » ni un cau­che­mar non plus. Mais c’é­tait ce que je devais faire, ce que je vou­lais faire.

Le droit et l’ac­cès infor­més à l’IVG ne devraient jamais être remis en ques­tion. Jamais.
Je vais bien, mer­ci.