J’ai avorté depuis 2010 et je vais bien

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67 Responses to J’ai avorté depuis 2010 et je vais bien

  1. Lou says:

    Aujourd’hui, ça fait un an et un mois que j’ai avorté. J’étais, et je suis tou­jours, étudiante, même chose pour mon copain. On vit tou­jours chez papa-maman et n’avons pas de reve­nus régu­liers.
    Depuis presque 2 ans que nous étions ensembles, nous avions déjà eu l’occasion de par­ler de ce risque, et la déci­sion était très claire pour tous les 2 : pas de situa­tion potable + pas plus de 25 ans = pas de bébé.
    Et voilà, c’est arrivé. Je ne pre­nais plus la pilule à cause de ses effets sur moi et atten­dait la fin d’un trai­te­ment pour recom­men­cer. C’est bête, je n’ai pas recom­mencé assez vite. Bref, for­cé­ment, quand le test s’est avéré posi­tif, j’ai pani­qué. A qui j’allais en par­ler en 1er, qui contac­ter pour m’aider. Ca a été mon méde­cin trai­tant, puis mon copain, et ça a fini chez le gynéco. J’ai eu droit à l’IVG médi­ca­men­teuse, et du coup, en une semaine, c’était réglé.
    Ca a été dur au début, même si je savais très bien que l’autre choix n’aurait rendu per­sonne heu­reux. J’en ai parlé à quelques amies et à ma mère, il m’a fallu un mois ou deux pour m’en remettre, mais main­te­nant, tout va bien. Je ne pleure pas en voyant un bébé dans une pous­sette en me disant que ça pour­rait être le mien, je ne pense pas à ce minus­cule amas de cel­lules chaque jour qui passe, je ne m’en veux pas d’avoir épar­gné un enfant d’un début de vie dif­fi­cile, je suis contente de conti­nuer mes études et de sor­tir avec mes amis, je suis bien dans ma vie actuelle et je sais que j’aurai dû faire une croix sur ma jeu­nesse si j’avais gardé le bébé. Et en plus, je suis tou­jours avec le même homme, qui n’a jamais cessé de me sou­te­nir pen­dant cette période.
    Je ne suis pas trau­ma­ti­sée par mon choix et je sais très bien que ça ne m’empêchera pas de reten­ter le coup quand le bon moment sera venu. Parce que oui, j’aime les enfants, mais pas au point de leur gâcher la vie en en fai­sant une flo­pée avant mes 25 ans.
    Avor­ter, c’est aussi épar­gner des vies, et ça, tout le monde n’en a pas conscience !

    • I says:

      J’ai 26 ans et j’ai avorté il y a un mois et demi à peu près. Et je vais très bien, merci.
      J’ai ren­con­tré mon copain depuis bien­tôt un an, ça se passe très bien entre nous et nous réflé­chis­sions « ensemble » à une méthode contra­cep­tive qui nous convienne à tous les deux. Parce qu’à mon avis cette déci­sion doit être prise à deux, ou au moins dis­cu­tée ensemble. Je refuse d’être la seule res­pon­sable de ma contra­cep­tion, même si c’est moi qui ai « subi » la gros­sesse! Nous par­ta­geons une vie sexuelle, nous devons par­ta­ger les déci­sions qui la concernent. Cela nour­rit le dis­cours selon lequel c’est de la faute de la femme si elle tombe enceinte, c’est elle qui prend/oublie la pilule…

      Je n’ai aucune envie de me jus­ti­fier sur la contra­cep­tion. J’ai tou­jours su que je pou­vais tom­ber enceinte avec lui, j’avais d’ailleurs fait 4 test de gros­sesse avant que je ne tombe enceinte pour de vrai.
      Depuis long­temps j’ai choisi de ne plus prendre la pilule parce que je ne m’y suis jamais bien adap­tée. J’ai choisi donc le pré­ser­va­tif et pen­dant 6 ans cela a été ma seule méthode contra­cep­tive jusqu’à que je ne le ren­contre, et que je ne tombe enceinte début octobre.

      J’ai opté pour la médi­ca­men­teuse; les méde­cins (mon méde­cin trai­tant, l’échographiste, le gynéco et fina­le­ment celui avec qui j’ai fait l’IVG) ont tous été d’une gen­tillesse et d’un res­pect admi­rables. Cools, agréables, sans por­ter aucun juge­ment.
      Je l’ai fait chez moi avec mon copain, pen­dant un week-end dont je garde des sou­ve­nirs plu­tôt plai­sants. On a écouté de la musique, on a fait à man­ger, on a parlé des choses et d’autres, on a lu des romans. Nous avons vécu ça ensemble, sans drame et sans regret.

      J’ai le droit de vivre mon avor­te­ment sans aucune pesan­teur, mes amies ont du mal à me com­prendre… tant pis! Lui et moi par­ta­geons cet avis, c’est déjà ça!

      Il faut dire que pour un mec ce n’est pas facile d’assumer qu’il le vit bien. Ils se sentent sou­vent dans l’obligation de souf­frir pour nous comme si c’était une preuve de soli­da­rité (ou d’amour, c’est rin­gard, mais oui, c’est bien comme ça que ça marche!) dans un moment « aussi dur ».
      Le fait que je n’hésite pas une seconde, que j’agisse vite parce que je vou­lais vrai­ment me débar­ras­ser de cette gros­sesse, parce que j’avais d’autres choses à faire et que ça fou­tait le bor­del au mau­vais moment, cela a été capi­tal pour que mon copain com­prenne que ce n’est pas grave, que nous avons le droit de boire un demi et trin­quer « pas­sons à autres choses ». ça nous a fait du bien de nous l’avouer.

      (main­te­nant j’ai un implant et je conseille ça aux pilu­lo­phobes, comme moi)

    • I says:

      Je vou­drais juste rajou­ter que j’aurais aimé connaître votre site avant d’avoir avorté. On trouve plus sou­vent des témoi­gnages culpa­bi­li­sants, ce qui m’a per­sua­dée d’en cher­cher plus sur inter­net à l’époque.
      Merci!

  2. So says:

    J’ai 25 ans, j’ai fait un IVG depuis quelques mois et tout va bien.
    Je viens de finir mes études, je n’ai pas de tra­vail, je suis au RSA, et quand j’ai appris un peu par hasard que j’étais enceinte, j’étais en sous-location à deux dans un 14 m².
    Bref! De plus, avec mon copain, tout va bien, mais on ne veux pas pas­ser notre vie ensemble. Ça fait deux ans qu’on est ensemble, et on avait déjà parlé de l’éventualité qu’un acci­dent arrive. On était tous les deux d’accord pour un IVG.

    Du coup, je ne me suis même pas posé la ques­tion. J’ai contacté immé­dia­te­ment le plan­ning fami­lial, ils m’ont donné toutes les adresse néces­saires, celle où je serais bien reçue, et pas jugée, parce que ça arrive encore.
    Mon copain est ren­trée pour m’accompagner aux rendez-vous. Même si on est sûre de ce qu’on fait, c’est impor­tant de ne pas être seule, d’après moi, parce que c’est un peu impres­sion­nant. De plus, dans mon cas, l’excès d’hormone change l’humeur, et tout sen­ti­ment devient un peu exalté — amour, anxiété.

    Voilà, c’est fini, je n’ai pas eu mal. J’ai uti­lisé la méthode médi­ca­men­teuse.
    Est-ce que je regrette un « enfant mort ». Euh…pas vrai­ment. A l’échographie, c’était tel­le­ment petit qu’ils ne voyaient qua­si­ment rien. En fait, ça mesu­rait 2mm. Fran­che­ment, 2mm! J’essaie de faire le lien entre enfant et 2mm, mais non en fait, pas possible.

    Évidem­ment, je n’en ai pas parlé à ma famille, je ne me suis même pas fait rem­boursé, pour que tout soit ano­nyme, j’ai payé en cash et j’ai brûlé l’ensemble des papiers. Parce qu’en 2011, il y a encore des familles où ça ne se fait pas — tom­ber enceinte « toute seule » — même à 25ans, et pas 16.

    J’ai trouvé un tra­vail à l’étranger, et je vais vrai­ment faire ce que j’aime. Si un jour, je veux un enfant, je le ferais avec la per­sonne que j’ai choi­sie, avec un toit sur la tête, et un salaire à la fin du mois, et pas en situa­tion de totale dépen­dance aux aides sociales, et avec ma famille sur le dos, voire ma belle famille for­cée.
    Quand je vois un bébé dans une pous­sette, je res­sens juste un immense soulagement.

  3. Dorothee says:

    J’ai avorte il y a presque 6 ans alors que j’etais etu­diante aux Etats-Unis. Je ne pre­nais pas la pillule car j’avais des pro­blemes hor­mo­naux et je vou­lais savoir si j’etais capable d’avoir mes regles sans qu’elles soient declen­chees. Mon gyneco m’avait dit et redit que pro­ba­ble­ment, j’aurais beau­coup de dif­fi­cultes a faire un enfant et que je devrais le pre­voir avec plu­sieurs annees d’avance. Alors, jeune et naive, je me suis dit qu’un moment d’inattention ne me cau­se­rait pas d’ennui… Mais voila, je suis tom­bee enceinte.… Je me suis tout sim­ple­ment reveillee un matin et c’est comme si mon corps m’avait parle. J’en etais per­sua­dee. Je ne l’explique pas. Le test etait positif.

    J’etais aux Etats-Unis et sur le coup, com­ple­te­ment per­due et pani­quee… Le moment etait vrai­ment effrayant. J’en ai parle a mon copain (de l’epoque) et pour moi, il n’y avait meme pas de ques­tion a se poser, pour lui non plus d’ailleurs. Je n’ai pas refle­chi un ins­tant a savoir si c’etait la bonne solution.

    J’ai donc com­mence par prendre le bot­tin et j’ai trouve un endroit (appa­rem­ment une asso­cia­tion) ou on pou­vait trou­ver de l’aide et rece­voir des conseils sur la marche a suivre. J’y suis allee et me suis retrou­vee devant deux bonnes femmes d’une cin­quan­taine d’annees qui m’ont fait refaire un test et qui m’ont explique que je devais gar­der la vie qui etait en moi et que je ne devais pas etre egoiste… il y avait tou­jours une solu­tion… Quelle pro­pa­gande!! Je suis sor­tie de la en cou­rant et ai trouve leur demarche tel­le­ment mal­hon­nete.…
    Bon ensuite, j’ai affine ma recherche et ai trouve un centre ou avor­ter.… mais a 400 dol­lars et a 2 heures de chez moi.… un per­iple dans tous les sens du terme. J’ai subi une inter­ven­tion chi­rur­gi­cale dans un centre de Chi­cago ou nous avons ete accueillis (avec mon ami) par des acti­vites pro-life qui nous ten­daient les roses de la vie.… Dans la cli­nique, tout le monde etait tres gen­til et ca s’est tres bien et vite passe. J’etais endor­mie, je n’ai donc rien senti et suis ensuite ren­tree chez moi. J’ai pleure un bon coup, non pas a cause de l’avortement mais a cause de tout le stress cause par cette demarche qui est un vrai par­cours du com­bat­tant. Le vivre, c’est se rendre compte de l’absence d’un reel droit sur son corps.
    (Je m’excuse de l’absence d’accent mais je tra­vaille sur cla­vier anglais…)

  4. Tia says:

    J’ai avorté l’an der­nier, et je vais bien.

    J’étais dans une période dépres­sive assez sévère, grosses crises d’angoisse liées à la fin de mes études, et plus vrai­ment capable de prendre soin cor­rec­te­ment de moi, y com­pris au niveau contra­cep­tif. Me voilà donc enceinte.
    La ques­tion de conti­nuer la gros­sesse ou pas ne s’est pas posée, il n’en était tout sim­ple­ment pas ques­tion, ni pour moi ni pour mon compagnon.

    Heu­reu­se­ment, je n’ai pas eu de pro­blème pour savoir où aller, ayant eu des échos posi­tifs du centre de plan­ning fami­lial lié à l’université libre de Bruxelles. Et je dois dire que ces échos ont été confir­més par mon expé­rience, les gens qui y tra­vaillent ont vrai­ment été très bien, et ce, dès la prise de rendez-vous par télé­phone.
    Avant de voir la gyné­co­logue il y a eu une entre­vue avec une psy­cho­logue, dans un pre­mier temps sans mon com­pa­gnon, pour s’assurer qu’il s’agit bien de ma déci­sion et pas d’une pres­sion de sa part. Je n’ai pas eu l’impression de devoir me « jus­ti­fier », ni d’être pous­sée dans un sens ou dans l’autre, au contraire, j’ai infor­mée de toutes les pos­si­bi­li­tés (y com­pris de l’aide en cas de volonté de conti­nuer la gros­sesse), du dérou­le­ment des opé­ra­tions etc.

    Je me serais bien pas­sée de la semaine de réflexion, ne vivant pas très bien ce début de gros­sesse (phy­si­que­ment: nau­sées, énorme fatigue et dou­leurs diverses). Mais bon, elle a passé rela­ti­ve­ment vite.

    L’avortement a été par aspi­ra­tion (vu le délai, il n’y avait pas le choix). Ce fut assez dou­lou­reux, mal­gré les anti-douleurs et cal­mants (il paraît que c’est très variable d’une femme à l’autre). Pour le reste, j’ai été bien accom­pa­gnée, mon com­pa­gnon a pu res­ter à mes côtés tout le long, et outre le méde­cin il y avait égale­ment la pré­sence de la psy. J’ai pu res­ter ensuite dans une salle amé­na­gée, confor­table et calme, le temps d’être capable de ren­trer chez moi.
    Quelques dou­leurs les jours qui sui­virent, un der­nier pas­sage chez la gynéco du plan­ning pour véri­fier que tout soit ok, et c’était fini.

    Et donc non, je n’en ai pas souf­fert psy­cho­lo­gi­que­ment. Non, je n’ai pas de regret, non, je ne culpa­bi­lise pas.( Para­doxa­le­ment même, vu la dépres­sion dans laquelle j’étais, c’était au moins un pro­blème auquel je voyais une issue)

    Je me suis sen­tie aussi un peu mal à l’aise en face de réac­tions de certain(e)s ami(e)s mis au cou­rant qui clai­re­ment entraient dans un dis­cours com­pas­sion­nel.
    Certes, ce n’est pas ano­din, à prendre à la légère, mais de là à en faire un trau­ma­tisme…
    Je ne crois pas non plus à l’argument des pro-vie comme quoi cer­taines femmes en feraient un moyen de contra­cep­tion, ça reste une inter­ven­tion trop lourde phy­si­que­ment pour que ça puisse être anec­do­tique.
    Per­son­nel­le­ment, je sais que je ferai tout pour ne pas repas­ser par là.

    Cet épisode m’a fait com­prendre la chance que j’ai eu de vivre dans un pays où l’avortement est dépé­na­lisé. Je le savais déjà, mais c’était uni­que­ment théo­rique.
    Refaire le point pour écrire ce témoi­gnage, après avoir lu tout ceux qui avaient déjà été dépo­sés m’a fait com­prendre qu’en outre j’avais égale­ment eu énor­mé­ment de chance pour à la façon dont ça s’est passé (le manque de res­pect auquel ont eu droit cer­taines femmes est vrai­ment révoltant).

    Donc voilà, j’ai avorté, je vais bien, merci.
    Merci à celles et ceux qui se sont bat­tus pour la dépé­na­li­sa­tion, merci à ceux qui pro­cèdent à des avor­te­ments dans le res­pect des femmes et de leur choix, tous ceux qui per­mettent aux femmes de ne pas ris­quer leur inté­grité phy­sique et psy­cho­lo­gique, leur vie même en met­tant un terme à une gros­sesse non désirée.

    Et vigi­lance, aucun de nos droits n’est hélas acquis…

  5. Morgane says:

    Même si je ne pen­sais pas dire ça il y a un an, et bien, si, je vais bien.
    Je venais d’avoir 21 ans et je suis tom­bée enceinte alors que j’avais un moyen de contra­cep­tion, un pour lequel je m’étais « bat­tue », un truc au taux d’échec ridi­cule (mais avec un taux d’échec quand même) : un DIU.
    Tom­ber enceinte a tou­jours été une grande peur, d’où le DIU, qui me lais­sait « tran­quille », rien à faire, juste l’amour et puis c’est tout. Je me sou­viens de quelques jours avant de faire le test de gros­sesse, pas encore vrai­ment de retard mais des sen­sa­tions que je met­tais sur le dos de tout et n’importe quoi, tiens j’ai mal aux seins, tiens le fro­mage c’est dégueu en fait, tiens je suis cre­vée. Quand j’ai lu le test, c’est comme si à la fois je le savais mais que le ciel me tom­bait sur la tête.
    J’étais étudiante, mon copain aussi, nous le sommes tou­jours.
    C’était juste pas le moment.
    Prendre une déci­sion (la trou­ver natu­relle, la rejet­ter, l’accepter, se dire que c’est le moins pire, puis la meilleure chose à faire), rava­ler sa colère (contre l’injustice, contre mon gynéco inca­pable de m’expliquer com­ment ça avait pu arri­ver, contre le manque de chance, contre mon corps, contre mon mec), tout ça m’a pris beau­coup de temps, tout comme pour arrê­ter d’être triste, de comp­ter les mois.
    Pour l’IVG elle-même, c’est mon gynéco qui m’a prise en charge, au Plan­ning où ils fai­saient des vaca­tions. L’équipe a été ado­rable avec moi, vrai­ment. Moins avec d’autres. Mais je retiens quand même cette impres­sion que non, on a pas le droit à la parole, on est tota­le­ment prises en charge, pas­sives dans tout ça. Mon gynéco ne m’a pas donné le choix pour la méthode (mais il n’arrivait pas à enle­ver le DIU dont les fils avaient dis­paru), ça s’est passé sous AL, par aspi­ra­tion, alors que j’étais enceinte de 3–4 semaines. Un petit point sur une écho­gra­phie qui mesu­rait 2mm et qui non, n’était pas un enfant. Si j’avais eu le choix, eu le cou­rage d’affirmer ce choix, j’aurais choisi autre­ment (ou pas…). J’aurais aimé plus d’explications aussi : j’ai eu un com­primé de RU 2 jours avant, et chez des amis, le soir, j’ai com­mencé à perdre des caillots de sang, per­sonne au plan­ning, per­sonne chez le gynéco et l’infirmière m’avait dit que je ne sai­gne­rais pas. Si je n’avais pas demandé, per­sonne ne m’aurait dit ce qu’étaient les petits cachets à prendre en man­geant (anti­bio). Sou­ve­nir impé­ris­sable aussi du moment où j’ai dû avan­cer l’argent pour l’intervention, ma mutuelle étudiante (?!) n’ayant pas fonc­tionné. Je ne me suis tou­jours pas faite rem­bour­ser d’ailleurs. Des visites ensuite ou visi­ble­ment mon gynéco n’avait pas envie de pas­ser 10 minutes à écou­ter mon res­senti. Trop de patientes sûre­ment…
    L’après est une longue (et dif­fi­cile) série de prises de tête avec mon copain (sur­mon­tées) qui n’a pas vrai­ment été à la hau­teur, de moments de grande dou­leur (gué­rie), de crises de larmes (séchées). Et puis à force de tra­vail et de soin, autour de la date où j’aurais dû accou­cher, j’ai réa­lisé que non, j’aurais dû rien du tout, j’avais fait ce choix, c’était le mien et il m’allait très bien.
    Je ne dis pas que de par­ler de ça ne me rend pas un peu triste, parce que tout ça est tout sauf une période joyeuse de ma vie, que j’ai le sou­ve­nir de cette grande dou­leur (phy­sique et morale) et que si elle s’atténue elle ne dis­pa­raî­tra peut-être pas. Comme d’autres choses difficiles.

    Mais oui, je vais bien, merci.

    (Et merci à celles et ceux qui ont rendu et rendent pos­sible l’avortement sans que cela soit un véri­table cata­clysme, ou un dan­ger de mort. Pour que cela soit un évène­ment de la vie et pas une des­cente aux enfers.)

  6. eva says:

    Cela fait aujourd’hui 1 an et des brouettes que j’ai avorté et je vais bien.
    Le feu de l’action, la capote qui pête,… La pillule du len­de­main pour laquelle il y a, je ne le savais pas, un cer­tain taux d’échec, retard de règle, test et bingo, en plein dedans.

    J’ai évidem­ment contacté mon « par­te­naire » pour lui annon­cer la nou­velle. Nous avons pu cal­me­ment en dis­cu­ter. A l’époque en fin de for­ma­tion pro­fes­sion­nelle, sans emploi, tri­bu­taire de pôle emploi financièrement,célibataire, je ne me voyais pas du tout future mêre!
    Assez rapi­dem­ment j’ai pris la déci­sion d’avorter. Cette déci­sion est venue de moi, pas de pres­sion du futur ex-papa de l’époque qui assez rapi­de­ment l’a accepté et m’a dit qu’il m’apporterait son sou­tien.
    Je suis allée voir ma gyné­co­logue qui a confirmé le test et m’a demandé ce que j’envisageais. Elle m’a laissé le temps de par­ler, m’a expli­qué ce qui se pas­sait et m’a parlé de l’avortement médi­ca­men­teux ( « ma gros­sesse était très jeune »: 15 jours) com­ment cela se pas­sait, que cela pou­vait se pas­ser à domi­cile dans mon cas, qui il fal­lait contac­ter en cas de pépin…
    J’ai eu droit à la semaine de réflexion, à la documentation…

    J’ai envie de dire que, pour moi, cela a été cette semaine qui a été la plus dif­fi­cile dans cette his­toire.
    J’ai eu le temps de retour­ner la ques­tion un peu dans tous les sens: être mêre, être femme, mon ave­nir… Ai-je bien le droit? Est-ce nor­mal de ne pas vou­loir être mêre là comme ça? n’est-ce pas une mesure de confort? fina­le­ment Eva, n’est-ce pas une mesure de confort? N’est-ce pas une fuite de tes responsabilités?…

    Cela a été plus fort que moi, j’en ai parlé à trois amies. Je ne pou­vais pas res­tée seule dans tout cela. Je ne me suis pas sen­tie jugée, j’ai tout de même expli­qué mon choix (un peu de culpa­bi­lité cer­tai­ne­ment) et je leur ai demandé de m’aider, comme au futur ex-papa.
    Je dois vous dire que ces per­sonnes ont étées géniales, vrai­ment: ma gynéco, mes amies, ce mec…

    Une semaine plus tard, j’ai réafirmé vou­loir me faire avor­ter.
    Le jour J, je suis allée chez ma gynéco qui m’a donné un médi­ca­ment (le RU, un truc comme ça) et une copine est venue pour me rac­com­pa­gner chez moi. Ensuite les trois sont venues au cours de la jour­née, elle se sont relayées. La soi­rée c’est finie avec le future ex-papa qui m’a veillé jusqu’au len­de­main.
    Par la suite, j’ai revu plu­sieurs fois la gynéco pour prendre encore un médi­ca­ment puis un peu plus tard pour une visite de suivi.

    Je tiens à dire que je n’ai rien eu à payer et que sur toutes les feuilles de soins ou de rem­bour­se­ments le fait qu’il s’agisse d’un IVG n’a jamais été mentionné.

    Je remer­cie ces per­sonnes de leur com­pré­hen­sion, leur aide, leur accueil, leur amour.
    Je remer­cie ces per­sonnes qui se sont bat­tues pour que l’IVG soit un droit et puisse se pas­ser sans que la mort en soit l’issue. Ces gens qui ne posent pas un regard accu­sa­teur « regarde la mère infan­ti­cide, regarde la traî­née… (il n’y a pas besoin de se faire avor­ter pour entendre ces idio­ties!).
    Merci aussi aux filles des 343 salopes qui me per­mettent aujourd’hui fina­le­ment d’écrire un petit bout de mon his­toire et de réa­li­ser que ouais c’est pas la balade de santé, ça fait réflé­chir, ça cham­boule mais l’IVG existe, il est un droit, il per­met à la femme d’être ce qu’elle entend être.

  7. Lily says:

    On n’a pas été pru­dents mais j’ai pris la pilule du len­de­main, en sou­li­gnant bien que c’était pas une bonne solu­tion, et qu’on recom­men­ce­rait pas à être cons.
    Et puis des règles quasi inexis­tantes et cette cer­ti­tude que quelque chose se pas­sait dans mon ventre. J’ai fait le test : posi­tif. J’ai appelé tout de suite le plan­ning fami­lial, qui m’a trouvé le nom d’un gyné­co­logue près de chez moi. La secré­taire m’a trouvé un rendez-vous pour le soir même.
    J’ai ensuite appelé mon copain du moment (dont je venais tout juste de me sépa­rer, pour des rai­sons tout à fait autres) et nous y sommes allés ensemble. Ver­dict : 5 semaines, juste à temps pour l’IVG médi­ca­men­teuse. Parce qu’on étaient déter­mi­nés et qu’une de ses patientes avait fina­le­ment décom­mandé son rendez-vous pour la prise du pre­mier médi­ca­ment, j’ai pu prendre la pre­mière par­tie du trai­te­ment dès ce rendez-vous. Le gyneco m’a aussi mis sous anxio­ly­tiques légers.
    Mon ex était là deux jours plus tard, lorsque j’ai pris le second médoc et déclen­ché l’expulsion. J’ai un peu pleuré et perdu beau­coup de sang sur le coup, mais je me sen­tais tout à fait nor­male. Je suis par­tie pour un long wee­kend avec des amis le jour même, comme prévu.
    Une semaine après, j’ai res­senti le besoin de pleu­rer, et mon ex, encore une fois, était là. On était tout à fait d’accord que c’était la bonne solu­tion, mais j’avais des choses à exté­rio­ri­ser.
    Alors oui, j’ai essayé de ne pas comp­ter les mois, de ne pas me deman­der si ça aurait été un gar­çon ou une fille, mais je ne regrette pas du tout ma déci­sion, et je vais bien, merci.
    Aujourd’hui, lorsque je vois que ce droit est remis en cause, que cer­taines ont des dif­fi­cul­tés à y avoir accès, je me dis que, plus que le fait de n’avoir pas de séquelles psy­cho­lo­gique, j’ai eu de la chance d’être si bien accueillie et entourée.

  8. CitronRouge says:

    J’avais 18 ans, ça fait presque deux ans main­te­nant, et c’est arrivé au pre­mier écart fait, la seule fois où nous n’avions pas uti­lisé de contra­cep­tion. Je pense tou­jours que c’est une gami­ne­rie, une pué­ri­lité de ma part et de celle de mon copain, même si je ne culpa­bi­lise pas pour autant.

    Je me suis ren­due compte assez vite que j’étais enceinte et je suis allée avec mon com­pa­gnon au plan­ning fami­lial d’une ville pas très loin de la mienne. C’était l’été, je suis étudiante mais j’étais donc à ce moment là chez mes parents, je n’ai pas voulu le leur dire et je ne leur dirais pas jus­te­ment parce que pour ma mère avor­ter c’est la fin du monde (elle n’est pas contre pour autant, mais elle ne com­pren­drait pas que j’aille bien). Comme mes parents habi­taient à côté de l’hôpital, j’ai pré­féré jouer la pru­dence.
    Tout s’est bien passé même si je suis pas­sée entre les mains de tout un tas de psy­cho­logues me disant de bien réflé­chir car ça allait être un trau­ma­tisme ter­rible. Ce dis­cours entendu par­tout, que ce soit mes parents, mes amis, les méde­cins, est devenu ma bête noire, parce que j’allais bien et que je n’ai pas eu besoin de m’en remettre, l’expérience n’a pas été dou­lou­reuse pour moi, du tout.
    J’ai été tout de même très heu­reuse d’être sou­te­nue par mon com­pa­gnon, je l’aurais sûre­ment vécu d’une manière beau­coup plus stres­sante sur­tout. Dans les salles d’attente, je voyais toutes ces filles dans le même cas que moi, plus jeunes par­fois, et aucune n’était accom­pa­gnée, je me disais que j’avais une chance folle.

    Le jour de l’avortement est même un sou­ve­nir amu­sant et agréable : j’ai dormi chez un ami qui m’a amené très tôt le matin, moi et mon com­pa­gnon, ça a été un moment très agréable tous les trois, très par­ti­cu­lier.
    Et puis après l’avortement, mon ami est venu me rendre visite avec des pâtis­se­ries et s’est glissé dans m chambre sans deman­der la per­mis­sion, c’était amusant.

    Je n’ai fina­le­ment que des sou­ve­nirs posi­tifs de cette période et je suis heu­reuse d’entendre un dis­cours dif­fé­rent, qui ne me donne pas l’impression d’être une hor­rible sans coeur.

  9. Nana says:

    Nous avons avorté en sep­tembre 2010 mon com­pa­gnon et moi.
    Nous n’étions ensemble que depuis un mois et demi on sen­tait que notre his­toire était faite pour durer –toute la vie– je n’avais pas de contra­cep­tion et ce jour là a été magique, au moment où nous avons conçu ce petit être on l’a su, on a tout de suite com­pris que j’était enceinte. Mais notre rela­tion était toute récente, nous n’avions pas de tra­vail CDI, j’avais peur du regard de ma famille et je ne vou­lais pas vivre une gros­sesse angois­sée et ne pas être sure d’apporter à notre futur enfant tout ce dont il aurait besoin. Mon com­pa­gnon lui était plus déta­ché de toutes ces consi­dé­ra­tions maté­rielles mais il a vite com­pris que même si je fai­sais des efforts pour voir les choses du bon côté, je n’était pas sereine, on a donc rapi­de­ment décidé d’avorter.

    Petite paren­thèse reven­di­ca­tive… [ Nous avons avorté à Car­cas­sonne, n’y allez pas où alors soyez psy­cho­lo­gi­que­ment solide, la prise en charge y est plus que déplo­rable: la plu­part des gyné­co­logues qui font les IVG là-bas sont loin d’être très favo­rable à cette pra­tique, nous sommes aller au rdv ensemble nous avons été « accueillis » par un piquet de glace, aucune ques­tion sur la manière dont s’est arrivé, encore moins sur la manière dont on vivait la chose, elle ne s’est adres­sée qu’à moi devant esti­mer que mon com­pa­gnon n’était qu’une déco­ra­tion, elle ne lui a pas pro­posé d’assister à l’échographie, ne nous a pas donné les recom­man­da­tions de base du post IVG.… Comme je n’était qu’à 3 semaines de gros­sesse elle m’a pro­posé la méthode médi­ca­men­teuse à faire chez moi du fait que je suis d’un groupe san­guin rhé­sus +, sur ce point j’était plu­tôt contente étant donné que, dans le ser­vice coha­bitent les femmes qui viennent pour un IVG et celle qui sont enceintes et épanouies de l’être (ils ne doivent pas connaitre la notion de TACT), bien­sure la gynéco me dit que le jour où je prends les com­pri­més je ne devais pas aller tra­vailler cela va de soit mais quand je lui demande un arrêt de tra­vail pour la jour­née elle me rétorque:« mais made­moi­selle ce n’est pas une mala­die, je ne vous ferais pas d’arrêt de tra­vail, si vous en vou­lez un vous n’avez qu’à prendre RDV chez votre géné­ra­liste ce jour là »… qu’est ce qu’on se sent épaulé c’est fou… ]

    Bref 2 jours plus tard chez moi 7h je prends les com­pri­més que je vomi 45 minutes + tard, 9h j’appelle le secré­ta­riat qui ouvrait pour savoir quoi faire, je doit reve­nir cher­cher d’autres com­pri­més j’habite à 45km de Car­cas­sonne, 10h30 je repars de l’hosto avec mes médocs –même si les pre­miers n’étaient pas suf­fi­sants pour déclen­cher l’expulsion, j’ai quand même des sacrées contrac­tions, 12h j’arrive chez ma géné­ra­liste pour avoir un arrêt de tra­vail, au moins une qui a un peu de com­pas­sion elle me pro­pose même deux jours d’arrêts, 13h je mange un peu avant de prendre les autres com­pri­més pas envie de vomir une 2e fois, après ca quelques heures pas très agréables mais un com­pa­gnon ado­rable qui reste près de moi et m’épaule du mieux qu’il peut.
    On peut pen­ser que c’est ter­miné mais pas tout à fait, je n’est pas vu le foe­tus expulsé ce jour, une semaine après une enclume dans le bas du ventre, je com­mence à m’inquiéter et deux jours plus tard au moment de me cou­cher, je sens quelque chose cou­ler, je trouve ca étrange car je ne saigne plus depuis plu­sieurs jours et là je découvre le foe­tus, il lui aura fallu 9 jours pour sor­tir de mon uté­rus et double dose de médoc.
    Je passe sur la défaillance de l’hopital pour la consult de sur­veillance 3 semaines après enfin j’ai juste entendu que 9 jours c’était anor­mal ca je sais mais je ris­quais soit disant une grosse hémor­ra­gie, je devais pro­ba­ble­ment reprendre une série de com­pri­més voir si ca ne mar­chait pas un cure­tage, tout ca à cause d’une micro­tache à l’écho.
    Pour cour­ron­ner le tout elle vou­lait m’empécher de par­tir 10 jours en vacances alors que je bos­sais 6j/7 depuis 6mois, heu­reu­se­ment que je suis infir­mière et que j’ai fait un stage en ser­vice IVG (1000 fois mieux que celui ci), cela m’a permi de ne pas suc­com­ber à la panique et à la crise de nerf…
    Je lui ai fermé son cla­pet en annon­cant ma pro­fes­sion et rien de ce qu’elle m’avait pré­dit n’est arrivé ( très mau­vaise madame Irma).

    J’ai bien vécu cette déci­sion car j’ai parlé à mon foe­tus avant l’avortement je lui ai expli­qué les rai­sons de notre déci­sion, et que je nous l’aimions de tout notre coeur, j’ai même pro­posé à son âme de reve­nir à ma pro­chaine gros­sesse.
    Après 9 mois de recul je suis tou­jours avec mon com­pa­gnon on pro­jette de faire un bébé bien­tôt, cette fois dans les meilleurs condi­tions qui puisse être, cette étape nous a rap­pro­ché et je ne regrette rien même si au moment où j’écris je devrais accou­cher plus ou moins ces jours-ci.
    Et même si j’y pense, c’est avec le coeur léger, plein de joie pour l’avenir et aucune culpa­bi­lité sur le passé.
    J’ai avorté, je vais bien, merci !!!
    Nous avons avorté, nous allons bien, merci !!!

    • Les filles des 343 says:

      Nous avons publié ce témoi­gnage. Il n’en reste pas moins que c’est la femme qui avorte, qui res­sent les dou­leurs phy­siques quand il y en a (ce qui est évitable) et qui est som­mée d’aller mal ensuite. C’est une réa­lité phy­sique et sociale.
      Il faut aussi rap­pe­ler qu’il s’agit d’une expé­rience sin­gu­lière et que si d’autres femmes ne voient pas d’enfant dans un embryon de quelques semaines, elles n’ont pas à s’en sen­tir cou­pables ou insensibles.

  10. Lulu says:

    On se dit, c’est bon, ça va pas m’arriver.. Ce la fait 9 mois que j’ai avorté.
    J’étais alors une étudiante de 21ans et n’avez pas de rela­tion dite « sérieuse ».
    Je ne sais pas com­ment l’expliquer mais avant même de consta­ter un retard dans mes règles, j’ai « senti » quelque chose. Il a donc fal­lut se rendre a l’évidence et filer à la phar­ma­cie.
    Après, tout c’est enchaîné assez vite. Le rendez-vous chez le méde­cin, le rendez-vous avec l’anesthésiste, puis l’intervention. En cinq jours, tout était réglé.
    Je ne sais pas si c’est à cause de la situa­tion d’urgence dans laquelle je me trou­vais, mais aucun des spé­cia­listes que j’ai ren­con­tré n’a prit le temps de m’expliquer com­ment ça aller se dérou­ler. C’est donc avec pleins de ques­tions et d’appréhensions que j’ai vécu cette semaine. Heu­reu­se­ment, les conseils d’une amie en école d’infirmière ont pu me ras­su­rer un peu avant l’intervention.
    Je n’ai pas eu de pro­blèmes de juge­ments de la part du per­son­nel hos­pi­ta­lier. Au contraire, un aide soi­gnant assez bla­gueur a tout fait pour me mettre à l’aise. L’intervention chi­rur­gi­cale s’est bien passé. Un p’tit réveil dou­lou­reux et quelques nau­sées dues à l’anesthésie géné­rale, mais rien de bien grave.
    Il m’a quand même fal­lut quelques jours pour assu­mer cet évène­ment. En effet, la fatigue et le stress accu­mu­lés lors des der­nières semaines sont retombé et j’était dans un état assez bizarre. Mais un matin, après une bonne nuit, je me suis réveillée et j’me suis dit  » C’est bon, t’as fait ce qu’il fal­lait !  » Et en effet, dans ma situa­tion, je n’aurais pas pu élever un enfant conve­na­ble­ment. Et puis, je suis jeune, je fais la fête, je sors avec mes amis, avec un bébé, mon train de vie aurait était cham­boulé et je n’en avais aucune envie a cet ins­tant.
    Et donc voila 9 mois après, je peux le dire, j’ai avorté, je vais bien , merci !
    Je tiens à dire que le fait dans par­ler à quelques amis proches m’a beau­coup aidé, j’en pro­fite donc pour les remer­cier .. :)

  11. Lou says:

    Cela fait 6 mois que j’ai avorté.
    J’ai 17 ans, je suis lycéenne et je ne regrette pas une seconde ma décision.

    J’ai tou­jours eu beau­coup de pro­blème avec mes contra­cep­tions. J’ai a peu près tout essayé: pilule, implant contra­cep­tif, anneau, patch… Rien a faire, à chaque fois, les effets secon­daires étaient trop impor­tants pour pou­voir conti­nuer. Sauf pour la pilule mais beau­coup de mal à la prendre de façon régulière.

    Bref, au moment ou je suis tom­bée enceinte, il y avait préservatif+pilule. Mais quand je me suis réveillée le len­de­main matin, j’ai senti qu’il se pas­sait quelque chose, sans pou­voir l’affirmer avec cer­ti­tude. J’ai attendu deux semaines avant de faire un pre­mier test, accom­pa­gnée de mes amies, qui était néga­tif mais qui ne m’a pas ras­su­rer pour un sous. Seins ten­dus, sen­sa­tions nau­séeuses. Ça sem­blait mal parti.
    Cinq jours plus tard, un samedi matin avant d’aller en cours, j’ai refait un test qui cette fois était positif.

    Je n’oublies pas cette sen­sa­tion mélan­gée entre de la satis­fac­tion (savoir que tout fonc­tion­nait nor­ma­le­ment chez moi à été un grand sou­la­ge­ment) mais égale­ment une sen­sa­tion d’impuissance totale.
    Je suis res­tée 10 minutes dans ma chambre, his­toire de reprendre mes esprits, et je suis direc­te­ment allé voir ma mère.
    « Maman, je suis enceinte, il faut que tu m’aides, je ne sais pas par où com­men­cer« 
      Je savais qu’elle ne me juge­rais pas, car elle a elle même subit trois IVG avant de me dési­rer, et ne conce­vait pas l’idée de devoir subir une gros­sesse. Son idée est qu’il faut le vou­loir pour l’accepter.

    Le défilé médi­cal à com­mencé. Au bout d’une semaine, je me suis enten­due dire que l’avortement médi­ca­men­teux n’était pas pos­sible, que le plan­ning fami­lial était com­plet pour trois mois, et que j’avais inté­rêt à aller dans une cli­nique pri­vée très chère pour pou­voir avoir une place.
    On a donc décidé, avec ma mère, d’en par­ler à mon beau-père car il avait un ami gyné­co­logue. Deux heures plus tard, j’étais dans son cabi­net, il me fai­sait une écho­gra­phie, et m’annonçait que je pou­vais très bien prendre la pilule RU. Ce que j’ai fais trois jours plus tard.
    Cinq minutes après la prise du com­primé, j’étais tor­due de dou­leur, à vou­loir m’arracher les tripes.
    Cela à durer envi­ron une heure, en se cal­mant petit à petit. Ma mère et un ami étaient là pour m’accompagner. Et mes règles sont arri­vées normalement.

    Je n’ai pas souf­fert mora­le­ment de cet avor­te­ment, c’était la seule chose à faire, et la seule solu­tion conce­vable dans ma tête. Un peu mélan­co­lique sur le moment, certes, mais aucuns regrets.
    Je vois bien d’ici les cari­ca­tures qu’on peut faire de ma situa­tion. Lycéenne et enceinte, quelle irres­pon­sable !
    Et bien non, je n’ai pas honte de ce qui m’est arrivé. Et per­sonne ne devrait.
    Pour le « père », je ne lui ai jamais dit. Non pas que j’ai honte de lui avouer, mais c’est qu’il n’y avait pas matière à dis­cu­ter, et que ce n’est pas vrai­ment une per­sonne de confiance.
    Mes amis, eux, sont au cou­rant, et ils ne me regardent pas de tra­vers.
    Je n’oublis pas cette période de ma vie, mais je suis très loin d’en faire des cau­che­mars la nuit.
    Je suis fière de ce que je suis, et cette épreuve fait par­tie de mon his­toire.
    Alors, je vais bien, merci !

  12. Angélique says:

    Juillet 2010, un pré­ser­va­tif qui craque…et hop enceinte.
    J’ai 30 ans, j’ai fait de longues études, je suis fonc­tion­naire, je suis fille de méde­cin, j’ai une vie des plus ordi­naires. Pour moi ce genre de choses ne pou­vait pas m’arriver…mais non, fina­le­ment, ça n’arrive pas qu’aux autres.
    J’ai ren­con­tré mon par­te­naire du moment peu de temps avant, je pars en vacances une semaine et à mon retour j’apprends qu’il est allé voir ailleurs, c’est pas bien grave, un de perdu dix de retrou­vés, l’histoire aurait pu s’arrêter là. Seule­ment voilà, ma poi­trine qui avait bizar­re­ment pris du volume pen­dant mes vacances est de plus en plus volup­tueuse, le café que je bois en quan­tité indus­trielle, je n’en sup­porte plus l’odeur, le petit déj dont je ne peux me pas­ser est rem­placé par des nau­sées. Moi qui suis réglée comme une hor­loge, j’ai beau comp­ter dans tous les sens et bien oui j’ai du retard.Je sais au fond de moi ce qui se passe, j’en parle à un ami qui me dit fais un test je suis sûr que tu t’inquietes pour rien, tu ne vas pas pas­ser le week end à te faire du souci. Il m’a bien remonté le moral le bougre, j’y aurais presque cru, je fais donc un test pour me ras­su­rer et là pas moyen d’échapper à la vérité, je suis enceinte. Enceinte et seule. Je reprends contact avec le géni­teur, je le choque à son tour, his­toire de.
    Nous sommes au tout début du mois d’aout, on est aussi perdu l’un que l’autre. Pas de bol le plan­ning fami­lial de ma ville est fermé en août, répon­deur qui laisse le numéro d’une sorte de plate forme, genre accueil télé­pho­nique ser­vice après vente. Tout ce qui inter­esse la per­sonne que l’on a au bout du fil, c’est l’état de notre couple mais on s’en fiche!C’est pas ça la ques­tion, il n’y a pas de couple. Fina­le­ment, elle dit d’aller voir telle et telle autre cli­nique de ma ville mais pas pos­sible pour moi, j’ai trop peur de voir des gens que je pour­rais connaitre. Elle nous oriente alors vers deux gynéco habi­li­tés a accom­pa­gner les IVG médi­ca­men­teuses, on s« y pointe illico et coup de rere­re­pas­de­bol, les deux sont par­tis en vacances en meme temps. Il nous faut les conseils d’un méde­cin, de quelqu’un qui puisse nous aider et vite! Mon ex par­te­naire de l’époque a une entière confiance en son géné­ra­liste, on y va. Je n’ai pas vu de psy pen­dant cette période, ça ne m’a pas été pro­posé mais ce géné­ra­liste là est au top, je l’ai vu 3 fois: lorsque j’ai appris la nou­velle, avant l’IVG et après. Cet homme là aurait pu faire cou­rir un mara­thon à un para­plé­gique. Il m’a aidé à rela­ti­vi­ser, m’a fait me poser les bonnes ques­tions et m’a remonté le moral comme per­sonne. Faire un IVG est une déci­sion que l’on prend oui mais ce n’est pas quelque chose que l’on fait de gaité de coeur. Ce doc­teur là m’a conseillé d’écrire le pour et le contre, m’a demandé de mettre sur papier la vie dont je rêvais et com­ment je voyais les choses pour moi. Ca peut paraitre un peu bateau, un peu fleur bleue mais ma vie, je la vois entou­rée d’amour, un homme que j’aime, un nid construit, des enfants vou­lus, faits dans l’amour et atten­dus. Ce dont je revais pour moi, n’était pas là, j’étais tom­bée enceinte par acci­dent, il n’y avait pas d’amour entre mon ex par­te­naire et moi. Je me retrou­ve­rais seule avec un seul salaire for­ce­ment, je pou­vais faire une croix sur mes pro­jets d’acheter un appart et d’évoluer pro­fes­sion­nel­le­ment. En étant très terre à terre, avoir un enfant dans la situa­tion dans laquelle je me trou­vais, signi­fiait me tirer une balle dans le pied et faire une croix sur mes pro­jets pour un cer­tain nombre d’années.
    Nous sommes donc allés dans une ville voi­sine, j’ai vu un gynéco, j’ai attendu la semaine légale de réflexion, qui n’a pas été des plus simples parce qu’avec tout ce que j’avais pu lire, j’avais peur de regret­ter, mais j’arrivais pas à savoir quoi puisqu’il n’y avait rien de posi­tif dans ma liste. La prise des médi­ca­ments se fait sur deux jours. La pre­mière prise sert à stop­per la crois­sance de l’oeuf et la seconde per­met l’expulsion. Il n’y a pas for­ce­ment besoin d’etre arrêté pour la pre­mière prise mais mon super méde­cin m’a mise en arrêt de tra­vail direct une semaine avec un motif fallacieux.Le jour de la pre­mière prise a été un vrai jour de déli­vrance, toutes mes craintes de regret­ter se sont envo­lées. Pour la deuxième prise, je suis res­tée à la cli­nique une demie jour­née. Les sages femmes ont été moyen­ne­ment bof, inexis­tantes mais bon, j’étais prête men­ta­le­ment et la semaine de reflexion avait été uti­li­sée mine de rien à bon escient. Par contre et là j’en reviens tou­jours pas, j’étais à l’étage mater­nité, les chambres d’à coté étaient pleines de mamans et de nou­veaux nés, si ‚si!
    Tout ça c’est le passé mais je n’oublie pas. Tous les rêves que j’ai cou­ché sur le papier et qui m’ont per­mis de prendre la déci­sion, je ne les rêve plus, je mets tout en place pour les réa­li­ser, je ne suis plus pas­sive de ma vie, main­te­nant j’agis. Cette déci­sion a été un sacré coup de pied aux fesses, allé hop bouge toi main­te­nant! Voilà ce dont tu rêves, alors fais le!
    En sep­tembre, j’ai ren­con­tré l’homme qui par­tage ma vie, je lui ai donné ma « liste de rêves » dans laquelle je fai­sais égale­ment part de mes déci­sions. L’appart dont je rêvais, main­te­nant il est à moi, avec mon com­pa­gnon on passe notre temps à savoir com­ment amé­na­ger notre petit nid. L’évolution pro­fes­sion­nelle, je la perds pas de vue non plus. Un bébé, on y pense sérieu­se­ment aussi mais ça sera un bébé de l’amour.
    Merci à Jérôme de m’avoir conseillé de faire un test et de m’avoir sou­te­nue, tu as été le seul à savoir ce qui se pas­sait dans ma vie à ce moment là sans être direc­te­ment concerné, tu dirais, c’est nor­mal, c’est le rôle d’un ami mais moi je dis merci qd meme c’est à toi que j’ai parlé et c’est pas pour rien.
    Merci à toi Sté­phane, le géni­teur, ex par­te­naire, notre rela­tion n’a pas tou­jours été facile mais tu ne m’as pas laissé dans la merde toute seule, tu m’as accom­pa­gnée comme t’as pu.
    Merci au petit boudha, le super méde­cin, vous avez su me gui­der sans pour autant m’influencer.
    Merci à toi Alexandre, d’avoir su entendre mon his­toire et d’avoir accepté ma liste des rêves avec tant d’émotions.
    Merci aux 343 salopes, cha­peau bas!
    Merci à vous d’avoir fait ce site, s’il avait existé il y a quelques mois il m’aurait beau­coup aidé j’en suis sûre.
    J’ai fait une IVG et je vais bien, merci!

    Angé­lique

  13. Momo says:

    Début 2010, je tra­vaillais, j’avais 25 ans et je sor­tais d’une période très dif­fi­cile sen­ti­men­ta­le­ment par­lant. Très instable, très mal­heu­reuse, je ne pre­nais plus la pilule. Et je suis enfin tom­bée amou­reuse, serei­ne­ment, pas­sion­né­ment.
    Pré­ser­va­tif cra­qué, pilule du len­de­main… 2 semaines plus tard, pous­sée par une intui­tion venue d’on ne sait où, je fais le test. Posi­tif. Le monde s’écroule. Oui, un bébé avec lui. Non, pas main­te­nant, sur­tout pas, on est tout sauf prêts. J’ai déjà du mal à me sen­tir femme, alors mère, c’est l’étape d’après pour moi.

    Je cours au PMI. On me donne un rendez-vous rapi­de­ment avec une conseillère conju­gale. Mon copain est là. Pour lui, c’est clair, on ne le garde pas. Moi, je me sens cou­pable d’être enceinte et de ne pas vou­loir le gar­der. Comme si j’étais lâche. Comme si, en avor­tant, je criais au monde entier mon irres­pon­sa­bi­lité et mon inca­pa­cité à avoir une sexua­lité maî­tri­sée. Comme si je n’étais pas digne d’être aidée après avoir fait un faux pas.
    Et puis j’ai dans la tête tous les dis­cours : « une femme qui avorte ne s’en remet jamais vrai­ment », « c’est un ter­rible trau­ma­tisme », « une femme qui avorte est trop faible pour être mère un jour ». Ils sont forts, ces mots, mine de rien. Moi qui avais tou­jours pensé et dit que l’avortement est une chance pour grand nombre de femmes et de couples, qu’un enfant ça se désire, j’en étais à me lais­ser enva­hir par le doute : « et s’ils avaient rai­son ? et si je ne devais jamais m’en remettre? »

    Le déclic vient d’un ami : sa mère a avorté long­temps avant de l’avoir et elle ne regrette pas, n’a jamais regretté, en a parlé avec ses enfants, et va bien, merci.
    Son récit dédra­ma­tise ma situa­tion, je réus­sis enfin à pen­ser à tout ça serei­ne­ment et à envoyer bala­der les doutes. Nous en par­lons aussi beau­coup avec mon copain : nous par­lons de nous, parents, dans le futur, quand nous serons mûrs pour ça. Nous avons besoin de temps.

    Tout s’éclaire enfin : ma déci­sion est prise.

    Et c’est parti. Je m’en suis ren­due compte extrê­me­ment tôt, alors ce sera par voie médi­ca­men­teuse. La conseillère conju­gale me dit que par aspi­ra­tion, au moins, on laisse le geste au méde­cin, mais moi je pré­fère le faire, ce geste, l’assumer, même si ce n’est « que prendre 2 cachets ». Je suis déci­dée, alors je fais.
    Tout au long du par­cours, j’ai été accom­pa­gnée magni­fi­que­ment par tous les pro­fes­sion­nels : psy, conseillères conju­gales, infir­mières, gyné­cos… et je sais que c’est une chance.

    Seule ombre au tableau : le jour de la prise du 2è cachet, j’ai été hos­pi­ta­li­sée du 8h30 à midi. A midi, m’avait-on pré­ve­nue, « vous sor­tez, que vous ayez expulsé ou pas ». A midi, rien ne s’était passé. C’est donc chez moi que tout est « sorti », dans l’après-midi. La dou­leur était sup­por­table, mais il m’a fallu une grande dose de sang-froid à la vue de tout le sang. Heu­reu­se­ment, les infir­mières m’avaient tout expli­qué, clai­re­ment et pré­ci­sé­ment, ce qui m’a évité de pani­quer le moment venu.

    Par la suite, je n’ai eu aucune com­pli­ca­tion phy­sique, et tout est rede­venu nor­mal dans le délai annoncé par les méde­cins.
    J’ai eu besoin de revoir la conseillère conju­gale du centre IVG plu­sieurs fois par la suite, pour encais­ser le choc, et depuis, j’y repense régu­liè­re­ment, sans dou­leur, sans culpa­bi­lité et je suis fière d’avoir réussi à faire ce choix et d’être sereine par rap­port à lui. Reste la tris­tesse, celle qui dit « j’aurais aimé ne pas avoir à vivre ça ».

    Quand j’y pense et quand j’en parle, je vois l’avortement comme un vrai choix lorsque la contra­cep­tion a failli. Et j’éprouve une recon­nais­sance énorme envers celles et ceux qui se sont bat­tus pour sa légalisation.

    Quant au trau­ma­tisme psy­cho­lo­gique que je crai­gnais tant… cette déci­sion fait aujourd’hui par­tie inté­grante de ce que je suis, en tant que per­sonne, en tant que femme, et un jour, peut-être, en tant que mère. Et tout va bien, merci !

  14. cha says:

    ils suf­fit par­fois d’une fois… un petit peu de lais­ser aller quand on s’aime est si vite arrivé…
    oui mais voila, on est jeunes, et on ne se voit pas parents a a peine 20ans… com­ment appor­ter la sta­bi­lité a un petit être fra­gile quand soi même on est très loin d’être stable? j’étais en accord avec moi même, en accord avec lui, la déci­sion était très claire tout de suite, même si on en a quand même lon­gue­ment dis­cuté.
    on a donc pris ren­dez vous au plan­ning fami­lial, pen­sant trou­ver face a nous du sou­tien. au lieu de ça la per­sonne face a moi a tenté a chaque rendez-vous de me convaincre que ma sen­sa­tion de n’être pas prête était nor­male et que même les futures mères mais que cela ne devait pas for­ce­ment me pous­ser a avor­ter, que je ne me sen­tais pas mature mais que deve­nir mère me ferait murir et pour­rait m’aider a me sen­tir mieux dans ma peau… en bref de me convaincre de chan­ger d’avis…j’ai cru hal­lu­ci­ner! elle ten­tait de me convaincre, quitte a me culpa­bi­li­ser ou a affir­mer des chose aber­rantes (on ne fait pas un enfant pour aller mieux dans sa tête!!!)
    heu­reu­se­ment le méde­cin était une femme très douce a qui j’ai d’ailleurs parlé de l’attitude de la « conseillère ». elle m’a aussi expli­qué qu’elle même conseillait l’ anes­thé­sie géné­rale pour l’ivg par « aspi­ra­tion ». le jour J j’ai donc été anes­thé­siée. je me suis réveillée, un peu vaseuse mais rien de plus.
    je savais que j’aurais été mal­heu­reuse d’être maman. et que j’aurais très bien pu de par mon his­toire et mes dif­fi­cul­tés rendre un enfant mal­heu­reux… alors non je n’ai pas hurlé de déses­poir, je ne pleure pas en voyant un bébé d’ailleurs ceux des autres je les adore et ils me font beau­coup rire et sou­rire. je ne me sens pas cou­pable. j’assume mes choix et je refuse de m’en cacher ou d’avoir honte. merci a vous de nous rap­pe­ler qu’on est libre de choi­sir et que ce n’est pas une honte.
    j’ai avorté et je vais bien, merci!

  15. Eloïse says:

    Je ne sais pas si mon mes­sage a sa place ici, mais je laisse le soin aux mode­ra­trices de l’enlever si elle le trouve peu oppor­tun.
    J’ai du subir un avor­te­ment, mais pas parce que la gros­sesse n’était pas dési­rée, juste parce que j’ai fait une fasse couche. Et je vais bien, merci! 15% des gros­sesses n’arrivent pas à terme et cer­taines de ces fausses couches doivent être extraite par cur­tage.
    Ce n’était pas chouette, comme pour la plus part des filles qui doivent, par choix ou par néces­sité, subir un cur­tage ou une aspi­ra­tion, ou même un avo­te­ment médi­ca­men­teux. Pour moi nom­plus ça n’était pas le moment, c’est mère nature qui a pris cette déci­sion, mais elle fait les choses bien, le bébé n’aurait pas été viable et voilà.
    Et je vais bien, merci.
    Je raconte ça parce que j’ai le sen­ti­ment que la perte d’un embryon DOIT être quelque chose de ter­rible, parce que nous sommes FAITES pour être mère et que l’échec est for­ce­ment une grande dou­leur. Et bien je regrète qu’on ne per­mette pas à la chose d’être plus légère, plus facile.
    Je suis main­te­nant enceinte de 8 mois, par choix, d’un petit mec, j’ai une vie que j’adore et je ne regrète rien. Je dis aussi ça pour dire aux filles qui avortent et qui savent qu’elles ont pris la bonne déci­sion: votre heure vien­dra quand vous le vou­drez et ça sera beau­coup mieux à ce moment là.
    On a pas le contrôle sur tout, ni sur notre contra­cep­tion (pas à 100%) ni sur nos gros­sesses. ça se passe dans nos corps, c’est donc à nous d’en « subir » les consé­quences quand quelque chose ne va pas. Mais ce n’est pas un drame, c’est juste comme ça. Grâce au com­bat de femmes de valeurs, on a la pos­si­bi­lité de par­ti­quer un avor­te­ment en cas de gros­sesse non dési­rée ou de fausse couche, merci à elles (au XIXe j’aurais pu y res­ter…).
    Il n’y a pas que ça dans nos vies. On peut bien passé par des­sus, sur­tout avec le sou­tien des tou­bibs et l’amour de notre entou­rage. Merci donc à eux tous, d’avoir par­ti­cipé à ce que toute cette his­toire ne soit pas si terrible.

  16. Emma says:

    J’ai avorté il y a presque un an et demi, j’avais 19 ans et il était hors de ques­tion d’avoir un enfant main­te­nant. Mon copain a été très pré­sent, et au début tout aller bien, mais au contraire des autres témoi­gnages je n’ai pas été bien accueillie par les méde­cin. Déjà ayant plus de 18ans le plan­ning fami­lial de ma ville ne pou­vait plus s’occuper de moi, du coup j’ai dû aller à l’hôpital avec des femmes qui allaient avoir leurs bébés. Donc cela com­men­çais assez mal, de là j’ai été envoyé chez une gyné­co­logue pour avor­ter par voie médi­ca­men­teuse. Je pense être tombé sur la gynéco la plus froide qui existe! J’ai sai­gné pen­dant deux mois après avoir pris le médi­ca­ment!
    Oui je peux dire que j’ai avorté et que je vais bien, je pense que au delà de l’avortement, la façon dont mon cas a été géré par les méde­cins a été plus trau­ma­ti­sante que l’avortement en lui même…

  17. Clara says:

    J’ai avorté il y a de ça un peu plus d’1 an (avril 2010).

    J’étais en couple depuis sep­tembre 2009 et tout se pas­sait mer­veilleu­se­ment (et c’est d’ailleurs tou­jours le cas!)
    J’avais 21 ans et tou­jours étudiante alors que mon copain bos­sait avec un revenu cor­rect et un CDI.

    Mi février nous étions invité chez des amis pour un anni­ver­saire et on a pas mal picolé (oui j’avoue…). Dans le feu de l’action on ne se pro­tège pas (toute façon il n’avais pas de capote mais je pre­nais la pilule). Je pré­cise que ce soir là, avec tous les gens, l’ambiance et l’alcool ma pilule est mal­heu­reu­se­ment passé à la trappe :/

    Je m’en rends compte uni­que­ment le len­de­main soir au moment de prendre la sui­vante, ni une ni deux je prends le com­primé oublié avec celui du jour.
    Petit pro­blème c’est que j’étais en fin de pla­quette quand cet inci­dent est arrivé et selon la notice j’ai donc vu qu’il pou­vait y avoir risque de grossesse…

    Pas du tout stres­sée, parce qu’après tout à part cette nuit tous nos rap­ports étaient pro­té­gés (en atten­dant de faire les tests). Je n’ai jamais pensé qu’un oublie de pilule (réparé mal­heu­reu­se­ment plus de 24h après…) pou­vait avoir de telles consé­quences.
    Quelque jours plus tard retard de règles, je ne m’inquiète pas sur le coup pen­sant que c’est du à la prise de 2 com­pri­més d’un coup quelques jours plus tôt.

    A la date où j’aurai du reprendre ma nou­velle pilule n’ayant tou­jours pas mes règles je fais un test, puis deux, puis un troi­sième pour être sur… je suis enceinte…
    Impos­sible, pas moi qui n’oublie d’habitude JAMAIS ma pilule… J’en parle à mon copain et nous sommes d’accord pour dire que ce n’est pas le moment : moi étudiante, et c’est sur­tout trop pour lui comme pour moi !

    J’en ai parlé tar­di­ve­ment à ma mère par peur de sa réac­tion (petite pré­ci­sion : elle tra­vaille dans le para­mé­di­cal) et elle me prends donc illico rdv chez un gynéco qu’elle connait et qui est com­pré­hen­sif, bref par­fait quoi. Parce que j’ai trop attendu avant de lui en parlé j’en suis déjà à mon 2ème mois… Nous sommes tous d’accord pour le faire rapi­de­ment (je n’ai pas eu la semaine de réflexion et tous les rdv nor­ma­le­ment pro­grammé) afin de ne pas me per­tur­ber pen­dant mes cours (beau­coup de dos­sier à rendre, exams,…)
    Tout c’est bien passé, mon copain m’a accom­pa­gné tout comme ma mère et j’ai eu une anes­thé­sie locale (je ne vou­lais pas géné­rale pour res­sor­tir le soir même). Tout c’est bien passé.
    J’ai eu des crampes dans le ventre les jours qui ont suivi mais sinon j’ai avorté et je vais bien.

    Ni moi ni mon copain ne regret­tons d’avoir choisi d’avorter. Je suis tou­jours étudiante (à l’étranger cette année en plus !!) et lui tra­vaille tou­jours. On aura des enfants plus tard on verra, rien ne presse ! Pour l’instant ce que l’on veut c’est pro­fi­ter de notre jeu­nesse, de notre liberté, bref de tout !!!!

    Cette expé­rience ne m’a pas trau­ma­tisé je n’ai pas pleuré. Juste main­te­nant lorsque je vais à une soi­rée je prends bien soin de prendre ma pilule avant (même si ce n’est pas l’heure habi­tuelle!!!) sur­tout que depuis on a stoppé les pré­ser­va­tifs avec mon copain.

  18. mystigriff says:

    Cou­rant novembre 2010, Je suis tom­bée enceinte, moi qui ai tou­jours pris la pilule et le pré­ser­va­tif tant que je n’étais pas dans une rela­tion sérieuse et que les tests n’avaient pas été faits.
    Com­ment?
    J’ai eu une gas­tro, et j’ai du vomir ma pilule plu­sieurs fois de suite sans m’en rendre compte. J’ai eu deux acci­dents de pré­ser­va­tifs, j’ai tout de suite stressé rap­port aux MST, mais j’avoue ne pas avoir pensé une seule seconde à la contra­cep­tion.
    Pas de MST, merci. Mais une gros­sesse non dési­rée, qui plus est avec un homme avec lequel je n’étais déjà plus. A 32ans j’ai eu une grosse culpa­bi­lité de ne pas avoir su ne pas tom­ber enceinte, encore plus en pen­sant à mes amies qui, elles, essayaient en vain d’avoir un enfant.
    Je me suis bagar­rée pour avoir le droit à un avor­te­ment médicalisée.…parcours du com­bat­tant, alors que j’étais dans les temps (jusqu’à 7 semaines d’aménorrhée).
    J’y suis arri­vée, mais pour moi ça n’a pas mar­ché, j’étais tou­jours enceinte.
    Deuxième par­cours donc. L’IVG médi­ca­li­sée.
    Là je vou­drais par­ti­cu­liè­re­ment remer­cier:
    –l’échographe de m’avoir mon­trée l’embryon (dès fois que ça m’aide hein!)!
    –Les secré­taires du plan­ning, qui m’ont don­née un ren­dez vous pour dans un mois après, et encore en insis­tant parce que sinon d’après elles je pou­vais bien attendre la toute fin du délai légal…parce que c’est vrai, je ne suis plus à « quelques semaines près »…
    –La Gyné­co­logue pour m’avoir dit que je devrais en par­ler au père parce qu’au moins il sau­rait qu’il n’est pas sté­rile!
    –L’équipe qui m’a avor­tée en anes­thé­sie locale.…c’est bien, vrai­ment, de tout res­sen­tir, de tout voir, de tout entendre.…
    Moi, j’ai eu le droit à un spas­fon sous la langue pen­dant l’intervention.…c’est vrai que ça soulage.…et un autre après alors que j’étais tor­due de dou­leurs sur un lit.
    Le lit j’y ai eu le droit Dieu merci! Mais faut jamais abu­ser non plus: 2H maxi, après quoi, je me suis retrou­vée sur une chaise à l’accueil à attendre que quelqu’un vienne me cher­cher.
    Du coup, je suis repar­tie toute seule, j’ai pris le métro, j’ai monté les esca­liers jusqu’à chez moi et je me suis effon­drée sur mon lit en atten­dant que ça passe.

    On était fin 2010, début 2011, l’avortement c’est tou­jours un com­bat. Je n’en ai pas parlé à ma famille, et juste 3 amies sont au cou­rant parce que c’est tou­jours pareil, t’as pas le droit de dire:
    J’ai avorté.
    J’ai pris la bonne déci­sion, je ne regrette pas.
    Et je vais bien merci!

    • Laura says:

      Je ne com­prends pas com­ment de tels com­por­te­ments sont encore pos­sibles.
      Anes­thé­sie locale, on frôle la bar­ba­rie !
      Je pen­sais que toutes les struc­tures en France pre­naient soin des patientes, il faut croire qu’il nous reste encore un petit bout de che­min.
      Tom­ber enceinte ça ne veut pas dire être com­plè­te­ment idiote et imma­ture, c’est par­fois sim­ple­ment pas de bol, un concours de cir­cons­tances.
      Je crains que cer­tains méde­cin voient l’IVG comme un tâche d’une bas­sesse extrême et qu’il faut bien que quelqu’un s’y colle ! Sur­tout que si nous en arri­vons là c’est que d’un côté on l’a bien cher­ché non ? Peut-être que pra­ti­quer des IVG ça claque moins que chi­rur­gien , mais c’est beau­coup plus humain !

    • Anne says:

      Bon­jour,
      Je suis la jour­na­liste qui ai lancé un appel à témoi­gnages (cf page d’accueil de ce blog)… En lisant votre récit, je me disais que peut-être vous accep­te­riez de m’en par­ler en res­tant tout à fait ano­nyme bien sûr…
      Merci
      Anne

    • Maria says:

      Mon avor­te­ment par médi­ca­ments est prévu le 4 avril.

      Heu­reu­se­ment je suis tombé sur une équipe de plan­ning fami­liale belge for­mi­dable qui a tout fait pour que je puisse avor­ter avec cette méthode. Toute l’équipe a été à l’écoute, per­sonne n’a essayé de mini­mi­ser ou de rendre cette situa­tion catas­tro­phique. « C’est votre choix et nous sommes là pour vous le rendre facile » voila ce qui les a guidés…

      Voila l’attitude nor­male en cette année 2012.

  19. mathooo says:

    Merci à vous pour ce blog. Merci à toutes pour ces com­men­taires. Merci à nos mamans et grands-mères d’avoir mener ce com­bat. PROTÉGEONS NOS DROITS !

    J’ai avorté il y a 7 mois. J’étais alors céli­ba­taire, jeune ingé­nieur diplô­mée au chô­mage de retour chez sa maman pour une durée indéterminée…

    A l’époque je ne pre­nais pas la pilule n’ayant pas de rela­tion. J’ai retrouvé mon ex dans une soi­rée. Dans le feu de l’action nous avons quand même pensé pré­ser­va­tif, mais il y a eu quelques pro­blèmes… Je suis donc allée aux aurores dans une phar­ma­cie pour prendre la pilule du lendemain.

    Je finis mon stage de fin d’étude, je pars en vacances avec des copines et à la fin de ces vacances je me sens un peu nau­séeuse, patraque… Mais je mets ça sous le coup du chan­ge­ment de rythme des vacances. De retour chez moi, j’ai tou­jours ce mal de ventre, des envies de vomir. Ni une ni deux je vais voir mon méde­cin, il me pres­crit quelques médocs (et une prise de sang) et me demande quand même « tu ne serais pas enceinte pas hasard ? » et je me vois lui répondre « mais non bien sûr ! ». J’en étais per­sua­dée. Fina­le­ment j’ai acheté un test de gros­sesse dans une phar­ma­cie (j’habite un petit vil­lage alors je suis allée assez loin!). Et là tout s’écroule : je suis enceinte.

    Je me suis dit que ce n’était pas pos­sible. J’ai eu honte que ça m’arrive à moi, ingé­nieur de 23 ans. Quand j’écris ça je me rends compte du matra­quage que l’on subit : non les gros­sesses indé­si­rées n’arrivent pas qu’aux filles de 14 ans de milieux défa­vo­ri­sés! Évidem­ment je n’en parle à per­sonne. Je prends la déci­sion de ne pas pour­suivre cette gros­sesse après une nuit de réflexion. Il n’y avait pas de couple, je vivais chez ma mère, j’étais au chô­mage, et sur­tout je ne vou­lais pas cet enfant.

    Je prends donc le bot­tin, je cherche un gynéco à moins de 50km, et bien il n’y en a qu’une !!! J’appelle, elle est en vacances. J’appelle donc le centre hos­pi­ta­lier le plus proche (il n’y a plus d’hôpital), une sage femme me donne un ren­dez vous pour une écho dès le len­de­main. La sage femme était très accueillante et m’a dit que j’étais à 7 semaines. Elle ne connais­sait pas mon his­toire et m’a mon­tré en gros­sis­sant ce petit hari­cot, c’était un peu trou­blant elle m’a fait entendre son cœur et on voyait sa colonne… Mais quand je lui ai dit que je ne vou­lais pas le gar­der, elle s’est excu­sée et m’a dit qu’on pou­vait écrire tout de suite mon avis pour que la semaine de réflexion com­mence ce jour. Elle m’a pris ren­dez vous chez un gynéco dans l’hôpital le plus proche. Elle m’a tout expli­qué, les dif­fé­rentes méthodes, le fait que c’était trop tard pour une inter­rup­tion médi­ca­men­teuse. Deux heures de route aller-retour pour l’hôpital juste pour un ren­dez vous avec un gynéco où j’ai décidé de faire l’intervention sous anes­thé­sie locale pour ren­trer au plus vite et pou­voir me débrouiller toute seule. Cette semaine de réflexion, j’ai trouvé ça injuste parce que ça retar­dait la date de l’intervention mais fina­le­ment ça m’a per­mis de repen­ser à mon geste, de me rendre compte que ce n’était pas ano­din, de me conso­li­der, et sur­tout d’oser en par­ler à ma mère. Fina­le­ment ma mère m’a accom­pa­gnée, ca a duré la jour­née. L’infirmière qui m’a suivi était très bien, l’intervention très dou­lou­reuse, et les moments sui­vant très dif­fi­ciles, mais j’ai pu res­ter dans la chambre jusqu’à ce que je me sente mieux.

    L’intervention a été un peu trau­ma­ti­sante. Mais je crois que le pire ça a été la contre visite avec une infir­mière qui m’a dit en gros que j’étais une incons­ciente, que c’était très grave et que je ne pour­rais peut être plus avoir d’enfant… Les mots font par­fois plus mal que les outils chi­rur­gi­caux. Heu­reu­se­ment d’autres rendent plus fort, comme quand ma mère m’a dit qu’elle aussi avait du avor­ter un peu avant de m’avoir (ça a été un moment de très grande com­pli­cité mère-fille).

    J’ai avorté et je vais bien, merci !

    • Charlotte says:

      Merci pour ce témoi­gnage. C’est vrai que le dis­cours sur « les gamines incons­cientes de 14 ans » qui ont recours à l’IVG est très pré­sent. Mais voilà, le pré­ser­va­tif qui craque, la pilule du len­de­main qui ne fonc­tionne pas, ça arrive aussi aux bacs + 5 et il faut le dire, sans honte et sans culpabilité !!

  20. Rhapsody says:

    Fin juin 2010, j’ai appris que j’étais enceinte.
    Le choc fut de taille. Je pre­nais la pillule, mais il m’arrivait de l’oublier. Et ce fut le drame. Ca fai­sait un peu plus d’un an que j’étais avec mon ami, j’allais sur mes vingts ans et mon CDD tou­chait à sa fin. La déci­sion a été prise très vite. Elle avait même était prise bien avant que je ne tombe enceinte.
    Nous avions déjà parlé de cette situa­tion qui peut arri­ver à tout le monde, et pour moi qui n’aime pas les enfants et n’en ait jamais voulu la solu­tion était évidente.

    Alors quand j’ai vu le +++ du test, même si je me suis sen­tie mal, la déci­sion était déjà prise et il me fal­lait donc faire toutes les démarches pour une IVG.
    Sauf que j’ai été bien idiote et naïve en par­cou­rant le net pour trou­ver des infor­ma­tions sur l’avortement. Je suis tom­bée sur des sites très clai­re­ment orien­tés anti avor­te­ment, des sites qui d’ailleurs mentent ouver­te­ment pour impo­ser leur seul choix. Un choix qui leur fait plai­sir à eux, ils se fichent pas mal des femmes en situa­tion d’avortement.
    Et parmi ces sites faci­le­ment iden­ti­fiable, il y en a un qui se démarque. En pre­miere page des moteurs de recherches, il se fait pas­ser pour un site neutre et pro­fes­sio­nel, pro­nant la vérité sur l’IVG alors qu’ils n’en montrent que les côtés néga­tifs pour faire peur et culpa­bi­li­ser. Ce site a un numéro de tele­phone si on veut dis­cu­ter, et je les avais appe­lés pour avoir des infos et me ras­su­rer. Je pen­sais encore impos­sible que des gens puissent à ce point vou­loir inter­fe­rer dans la vie d’autrui.

    Le seul résul­tat fut que j’ai long­temps douté de cet avor­te­ment, j’avais peur et envi­sa­geait de ne pas le faire alors que ma situa­tion, et que même mon désir (inexis­tant) ne me le per­met­tait pas. Pour­tant, lorsque mon ami, qui pre­fe­rait une IVG mais me lais­sait le choix, m’a dit que fina­le­ment il était d’accord pour qu’on le garde (à contre coeur), j’ai su ce que je vou­lais vraiment.

    Et j’ai avorté. L’opération en elle même s’est très bien passé, c’était sous anes­the­sie géné­rale. Je n’ai eu que peu de dou­leurs et depuis je n’ai pas le moindre regret. Le pire ne fut pas l’avortement, mais le com­por­te­ment des gens anti IVG, le doute qu’ils avaient fait naître en moi alors que j’étais sûre de mon choix.

    Alors oui, je vais bien, merci

  21. Laura says:

    Il suf­fit d’une seule fois, je vous le confirme et même après plu­sieurs années de pilule !
    Et voilà que je me retrouve enceinte sans l’avoir décidé, d’un gar­çon qui plus est n’est pas mon petit ami.
    Je suis seule et loin de chez moi, mais je prends les choses en mains ! Je trouve à Clermont-Ferrand une gyné­co­logue qui me prend entre deux patientes, je suis effec­ti­ve­ment bien enceinte, elle me dirige vers le CHU.
    Au CHU de Clermont-Ferrand, l’accueil et les expli­ca­tions sont très clairs et très pro­fes­sion­nels. Je ne me suis jamais sen­tie culpa­bi­li­sée ou jugée, les rap­ports avec les méde­cins étaient très bons, tout m’est expli­qué et tout se passe bien.
    Je tombe entre les mains du Dr Marie-Claire Tomé, avec qui le rendez-vous sera pris pour un IVG après la période légale de 8 jours. Cette gyné­co­logue a l’habitude de ce genre de situa­tion et ne pose pas de ques­tions, elle fait son tra­vail et elle le fait bien. Sa seule exi­gence est que le len­de­main de l’opération, j’ai choisi une nou­velle contra­cep­tion (plus effi­cace évidem­ment…)
    Petit pas­sage chez la psy­cho­logue qui com­prend tout à fait qu’il peut arri­ver de se trom­per.
    Le per­son­nel de l’hôpital s’arrange pour me trou­ver une date qui puisse col­ler à mon calen­drier et le jour de l’opération j’ai même une chambre pour moi toute seule !
    Après une bonne grosse jour­née de repos, tout est oublié, tout est revenu à la nor­male.
    Je pen­sais qu’un IVG devait for­cé­ment nous faire pleu­rer, ce n’est pas le cas. On a sim­ple­ment l’impression de pou­voir maî­tri­ser sa vie !

    Ce qui a le plus compté, ce sont mes amies avec qui j’ai parlé libre­ment de tout ça. Même si ce n’est pas le choc de toute une vie, c’est impor­tant de pou­voir par­ta­ger et échanger.

    Un an pile-poil après cet IVG, je vais bien merci !

  22. Del Dongo says:

    J’ai avorté en 2010, à cause d’un oubli de pilule, comme mes règles n’ont jamais été régu­lière je ne me suis pas inquié­tée de leur absence, quand j’ai fait le test je ne me suis pas posée de ques­tion j’ai pris rendez-vous chez un méde­cin qui m’a orienté vers le plan­ning fami­liale qui m’a pris en charge rapi­de­ment, sans juge­ment, en res­pec­tant mon choix. Tout a été très rapide car j’étais à 11 semaines de gros­sesse, on oubli donc les médoc et c’est direc­te­ment une opé­ra­tion. Anes­thé­sie locale mais gaz qui fait rire et méde­cin très éner­vée contre les res­tric­tions bud­gé­taires et l’avenir des plan­nings fami­liales, inté­res­sant mais heu­reu­se­ment qu’il y avait le gaz car je pense que ça m’aurait bien stressé! Après j’ai même eu le droit à un lit pen­dant un peu plus d’une heure et à une col­la­tion. Tout le monde était très gen­til et dis­cret, je féli­cite sur­tout tous les efforts pour éviter de mon­trer le fœtus aussi bien pen­dant l’échographie quand dans mon dos­sier ou le paravent qui cache la machine qui aspire, une démarche qui res­pecte la sen­si­bi­lité de cha­cun.
    Je vais bien, j’en parle autour de moi pour cas­ser ce tabou, je n’ai pas honte de ce que j’ai fait mais je me posait la ques­tion: est-ce nor­mal de ne pas culpa­bi­li­ser, d’aller bien? Merci de me faire com­prendre que je ne suis pas sans cœur! :)

  23. Fab says:

    J’ai avorté il y a un peu plus d’un an.
    Je ne pre­nais pas la pilule car j’étais céli­ba­taire, et j’ai eu une rela­tion sexuelle avec un homme qui était en couple. Dans le feu de l’action, pas de pré­ser­va­tif.
    Je ne sais pas si c’est à cause des chan­ge­ments dans ma vie à ce moment-là (démé­na­ge­ment, chan­ge­ment de bou­lot), ou parce que j’étais per­sua­dée de ne pas pou­voir tom­ber enceinte, mais je n’ai pas pensé une seconde à la pilule du len­de­main.
    2 semaines plus tard, retard de règles, 2 tests de gros­sesse, posi­tifs.
    J’ai appelé l’hôpital proche de chez moi, ils m’ont adres­sée vers un méde­cin de ville, écho­gra­phiste.
    Il s’est com­porté tout à fait cor­rec­te­ment et humai­ne­ment, m’a fait faire des ana­lyses san­guines pour véri­fier la gros­sesse. Confir­ma­tion et reprise de rendez-vous pour qu’il me donne le pre­mier médi­ca­ment (celui qui inter­rompt la gros­sesse). Il m’explique que je dois prendre le 2ème cachet deux jours plus tard, et que je ne dois pas être seule. J’appelle le ‘cores­pon­sable’ pour lui deman­der d’être pré­sent pour me sou­te­nir, ce qu’il accepte.
    Je n’avais pas du tout envie d’être à l’hôpital pour cela, avec des incon­nus.
    Au moment dit, j’avais seule­ment peur d’avoir mal et de beau­coup sai­gner.
    Mais les antal­giques don­nés par le méde­cin étaient très effi­caces, j’ai à peine eu des dou­leurs de règles, pen­dant moins d’une demi-heure.
    Pour le sang, j’avais eu des fibromes uté­rins un ou deux ans plus tôt, et c’était beau­coup moins impres­sion­nant. J’ai ensuite perdu du sang comme pour des règles un peu abon­dantes pen­dant quelques jours.

    Je ne me suis pas posé un ins­tant la ques­tion de conti­nuer cette gros­sesse, et je suis per­sua­dée d’avoir fait le bon choix. Aujourd’hui, je vais très bien, je suis ravie de voir mes amies avoir des enfants, je ne suis pas contre l’idée d’en avoir moi-même un jour, quand ce sera le bon moment.

    Je remer­cie toutes les per­sonnes qui se sont bat­tues pour que nous ayons ce droit, tous les pro­fes­sion­nels de santé qui nous per­mettent aujourd’hui d’y avoir accès, et toutes les per­sonnes humaines et intel­li­gentes qui nous accom­pagnent et nous sou­tiennent dans ce choix.

  24. kikicontrelamode says:

    J’ai 28 ans, un super métier, un super mari, une belle vie pour laquelle je remer­cie Dieu tous les jours.
    Je suis tom­bée enceinte en décembre 2010.
    Dès les pre­miers jours, les « effets secon­daires » ont été hor­ribles. Je n’ai jamais eu d’enfants, je ne savais donc pas à quoi je m’exposais. Ceci dit, c’est cer­tai­ne­ment très dif­fé­rent pour chaque femme. Impos­sible de dor­mir, de tra­vailler, etc etc et ce dès la pre­mière semaine. C’était tota­le­ment insup­por­table, je voyais déjà ma car­rière fichue, mon couple détruit et cet enfant que je détes­tais déjà pour ce qu’il me fai­sait subir.
    J’ai serei­ne­ment pris la déci­sion d’avorter. J’ai été sou­te­nue par mon entou­rage, mais l’hopital a été une épreuve ter­rible.
    A la pre­mière consul­ta­tion j’ai eu à faire à une sage-femme « robot », qui m’a tenu un dis­cours tota­le­ment déplacé sur mon « irres­pon­sa­bi­lité », qui m’a mon­tré le foe­tus etc etc. Elle a même osé cri­ti­quer ma façon de m’habiller en me disant « quand on est enceinte on met pas de robe et de talons hauts ». J’ai même pensé à por­ter plainte. Heu­reu­se­ment pour l’IVG en elle-même j’ai eu droit à des infier­miers ado­rables (sou­vent les hommes sont beau­coup plus sen­sibles que les femmes), qui m’ont très bien accom­pa­gnée. J’ai eu des dou­leurs tota­le­ment sur­réa­listes et ils m’ont admi­nis­tré un pro­to­cole anti-douleur qui a bien fonc­tionné. J’ai ren­con­tré une psy­cho­logue ado­rable qui m’a ras­su­rée lorsque je lui ai dit que je res­sen­tais un immense soul­ge­ment. Et j’ai même eu un arrêt-maladie.
    Je n’ai jamais regretté ma déci­sion et je n’ai jamais culpa­bi­lisé. Je pense qu’il vaut mieux avor­ter et être heu­reuse plu­tôt que d’être une mère malheureuse.

    Si je temoigne aujourd’hui c’est pour que les femmes soient mieux prises en charge, notam­ment au niveau de la dou­leur phy­sique, pour que notre droit ne soit plus menacé, pour qu’on arrête enfin de nous dire « mais si tu es trau­ma­ti­sée mais tu ne veux pas l’admettre ».
    Merci.

  25. Mathilde says:

    J’ai oublié une pilule. Une fois. Pour être pré­cise, je l’ai prise le len­de­main, pen­sant que ça pour­rait com­pen­ser l’oubli. Que nenni! J’ai senti que j’étais enceinte bien avant mon retard de règle. Pro­ba­ble­ment un sen­ti­ment dû à cette petite idée que je n’avais pas été très sérieuse.
    La veille de faire le test, quelle idiote, je vais voir les noces rebelles avec une tri­po­tée d’amis. Je leur dit en bla­guant que puisque je suis pro­ba­ble­ment enceinte, c’est un film très à pro­pos. Tous ont donc été au cou­rant que j’allais faire le test. Tous m’en ont demandé le résul­tat le len­de­main. Si tout a com­mencé comme une blague, je suis vite redes­cen­due sur terre. Étape par étape.

    D’abord, l’analyste qui m’a fait la prise de sang de confir­ma­tion m’a féli­cité. Pre­mier choc, je ne savais pas quoi lui répondre, à part merci avec un sou­rire forcé. Ensuite se sont posées les vraies ques­tions, et nous avons décidé avec mon copain de peser le pour et le contre. Ce fut une soi­rée hor­rible, mais impor­tante, je crois, pour la suite: j’avais besoin que cette déci­sion ne soit pas ano­dine, pour ne pas avoir à y repen­ser avec regrets.

    Je m’étais tou­jours dit l’avortement ne serait pas un pro­blème pour moi. J’ai été élevée dans un milieu assez conser­va­teur, ma liberté indi­vi­duelle est une acqui­si­tion, et je sais qu’elle est un bien précieux.

    Dans la colonne contre, donc, se dres­saient des consi­dé­ra­tions maté­rielles (nous sommes étudiants, ce qui veut dire sans beau­coup de moyen, avec un rythme de vie non adapté à un enfant.) Dans la colonne pour, nous étions d’accord pour dire que nous vou­lions avoir des enfants, beau­coup, ensemble, rela­ti­ve­ment tôt (après les études et le lan­ce­ment de nos deux car­rières), alors pour­quoi pas main­te­nant nous sommes nous dit.
    J’ai eu besoin des autres, pour prendre ma déci­sion, ou pour bien faire le tour de la ques­tion, je n’en sais rien. J’ai appelé Val, une amie qui m’avait dit qu’elle avait avorté. Nous sommes allés boire un verre tous les trois, c’était un moment agréable, nous avons bien rit, fina­le­ment, en ima­gi­nant une vie avec un enfant, dans notre colo­ca­tion estu­dian­tine.
    C’est en réa­li­sant que je ne vou­lais pas chan­ger de vie pour l’instant, que j’avais besoin d’être avec mes amis, avec mon copain, que j’ai su que l’avortement était vrai­ment la bonne solu­tion.
    Nous sommes tom­bés d’accord, lui et moi, en même temps.

    Dès le len­de­main j’appelle ma gynéco, qui me dit qu’elle ne fait pas les avor­te­ments. J’appelle le plan­ning fami­lial, ils me disent qu’il y a une liste d’attente longue comme la muraille de Chine, et que je devrais essayer ailleurs si je veux opter pour l’avortement médi­ca­men­teux. J’ai dû appe­ler tous les gyné­co­logues de ma ville (une secré­taire m’a même répondu qu’elle n’étais pas là pour prendre les appels de filles irres­pon­sables. Ca a été mon deuxième choc).
    Je trouve, enfin, une gynéco qui pro­pose de me prendre dans la demi-heure. Très sympa, elle m’explique le pro­ces­sus, me dit que ça va bien se pas­ser, et me donne direc­te­ment le pre­mier cachet.
    Je reviens une semaine plus tard avec mon copain, prête, mais anxieuse (je suis un peu cho­chotte) d’avoir mal. Je n’ai pas été déçue.
    Avant d’arriver chez moi, je m’évanouis de dou­leur dans le par­king où nous nous étions garés.
    Puis j’ai passé la jour­née à attendre des sai­gne­ments. J’ai du reprendre un deuxième cachet, qui celui-ci a fait effet, presque sans douleur.

    Mon copain, nous sommes tou­jours ensemble, est resté avec moi tout le temps, il a été très atten­tionné, très amou­reux, très bon cui­si­nier, très bon pro­gram­ma­teur de films, très tendre, très là quoi…
    Je crois que, sans le côté phy­sique, cette déci­sion l’a mar­qué aussi pro­fon­dé­ment que moi, puisque nous l’avons prise clai­re­ment à deux.

    Nous en par­lons sans com­plexe, entre nous et autour de nous. La plu­part de mes amis savent que j’ai avorté. Ce n’est pas une van­tar­dise, ou un sujet dont je veux me faire plaindre. Ce n’est juste pas un tabou. J’ai avorté, et je vais bien, merci !

  26. Soso says:

    Je ne sais pas si mon témoi­gnage peut trou­ver sa place.
    J’ai 31 ans, un mari ado­rable un bébé de 7 mois, une vie douce et a l’abris du besoin.
    La semaine der­nière je découvre que je suis de nou­veau enceinte. Stu­peur, nous avons eu bcp de dif­fi­cul­tés a avoir notre bébé et nous avons eu besoin de la PMA. (Pro­créa­tion médi­ca­le­ment assis­tés.) nor­ma­le­ment pas de risques de tom­ber enceinte… Normalement !

    Je me pro­jette et me vois avec deux enfants en bas âges. Tout a coup le film se fait tout seul.
    – pas de retour au tra­vail ( je venais d’ avoir une promo avant de par­tir en congés)
    –seule avec deux enfants car mon époux est très sou­vent en dépla­ce­ment
    –plus de vie sociale
    – un démé­na­ge­ment en urgence
    – un gros bidon alors que mon fils com­men­cera a peine a mar­cher
    – ne pas pou­voir pro­fi­ter serei­ne­ment de chaque pro­grès de mon fils
    – recom­men­cer une 2e gros­sesse en moins de 7 mois
    –ne plus avoir de pro­jet perso Pen­dant un bon petit moment.
    – être une mère et rien qu’une mère.

    Aujourd’hui je ne sou­haite pas cela, c’est peut être égoïste mais je ne vois pas dans cette vie. Un deuxième enfants oui pour­quoi pas mais quand je serais prête dans ma tête et dans mon corps. Je me suis confron­tée a moi même et j’ai écouté ma petite voix pour ne pas faire par­tie de ces femmes au bord du burn out. Pour conti­nuer a aimer ma vie, pour conti­nuer a me reconnaitre.

    J’ai décro­ché mon télé­phone et pris les rdvs.

    Je vais avor­ter, et je le fais pour mon bien.

    -

  27. Ririe says:

    Eh bin, comme d’autres avant moi l’ont dit, une seule fois c’est tout ce que ça prend.

    Une seule fois, et je sais exac­te­ment la date. Le 8 avril.
    Une (ou dix) petite coupe de vin dans le nez, et hop, on oublie les risques. « Mais non, pas de dan­ger… Juste une fois ».

    Une semaine plus tard, j’ai mal aux seins. Je dis a ma mère que ce sont mes régles qui arrivent, et elle me regarde, sur­prise. « Mais non, cela fait a peine deux semaines! ». Oui, maman, tu as bien rai­son… Nous les avons en même temps, ces fou­tues règles… Bon, je ne m’inquiète pas, c’est déja arrivé que j’aie mal aux seins avant. Une semaine plus tard, soit la semaine passé, je com­mence a avoir des maux de dos. Dans le bas du dos. Je me dis que ça arrive… Non. Et puis les crampes. La, c’est pour vrai!!!

    Tou­jours rien.

    Le stress com­mence. Dire que, il y a a peine un mois, moi et mon copain dis­cu­tions de gros­sesse. « Si c’était pour arri­ver, ce serait fini avant même que tu ne le saches et tu ne t’en ren­drais jamais compte.. », que je lui ai dit. Il a sim­ple­ment souri.… Mon amour, tel­le­ment ado­rable, aimant… Qui ne veut pas d’enfants.

    Hier soir, je me dis, « Bon quatre jour, c’est trop de retard! ». Mois qui est comme une hor­loge suisse.… Ce matin, je vais a la phar­ma­cie. J’achètes un test. Retour a la mai­son, un petit pipi plus tard, et bang. Le monde arrête de tour­ner. Tout s’écroule. C’est posi­tif. Tout de suite, je me mets a pleu­rer en pen­sant a ma petite nièce, qui a a peine trois mois… Son rire, ses sou­rires… Moi qui disait ne pas aimer les enfants, elle m’a prouvé tout le contraire! Dans ces quelques seconds ou mon monde tombe en ruines, tout va très vite. Ma nièce. Mon ventre. Ce petit truc qui gran­dit déja en moi.…

    Et puis je dis « Je dois prendre rendez-vous. » Cinq minutes plus tard, c’est fait. La date? Le 18 mai.

    J’ai réa­lisé ce que je savais déja. Je ne veux pas d’un enfant, ni moi ni mon copain. Je n’ai ni les moyens, ni la patience, ni la matu­rité, ni le désir d’élever un enfant. En l’espace de 24 heures, tant d’émotions. D’abord la peur, la tris­tesse… Et puis la panique, l’anxiété.… Finalement.…

    Le sou­la­ge­ment. Le sou­la­ge­ment de savoir que je vis dans un pays ou mon corps m’appartient, et ou je n’aurais pas a impo­ser une vie mal­heu­reuse a ce pauvre truc qui gran­dit en moi. (JE l’appelle truc parce que je ne crois pas avoir le cou­rage d’y pen­ser comme ‘mon enfant’) Alors, Truc-Muche.… Je te parles pour la pre­miere et der­niere fois.…

    Tu est tombé dans le ventre de la mau­vais maman. Je te laisse par­tir, et je sais que tu vivras et gran­di­ras heu­reux dans le ventre d’une autre qui te désire et qui t’aimeras. Peut-être un jour croiserai-je ton regard sur la rue au Marche. Mais pour l’instant, tu dois partir.

    Les treize pro­chains jours ne seront pas facile… Tu me donnes la nau­sée et t’avales tout mon éner­gie.… Mais je serai ‘egoïste’ dans ma géné­ro­si­tée… Je vivrai ma vie, et toi, tu ne seras pas malheureux.

    Je vais avor­ter, et je vais bien. Je le fais pour moi, et aussi pour toi.

    • Ririe says:

      Bon, voila, c’est fait.

      Je vais me faire plai­sir et racon­ter les jours qui ont suivi mon pre­mier post.

      Tout d’abord, les nau­sées. Effroyables. Tou­jours pré­sentes. La fatigue me tenait au bord du pré­ci­pice, et si je n’allait pas faire pipi 100 fois par jour, je n’y suis jamais allé!

      J’ai parlé a une amie. Elle fut très recep­tive, bien qu’un peu mal a l’aise. Elle me parle des options (que je conais­sais déja) et d’un ton incer­tain… « Et l’avortement…J’esseyais d’éviter ce mot »

      Pour­quoi? Parce que d’avorter, ça fait for­cé­ment de toi un monstre, un assas­sin? Parce que, encore aujourd’hui, c’est mal perçu et ça fait de toi un être damné?! PArce que, d’éviter la misère a un petit être inno­cent, c’est pas bien?! Parce que je devrais faire plai­sir a ma mère en ayant un enfant? Parce que, maman, tu serais bien la seule a être heu­reuse de la situa­tion… Rai­son pour­quoi je ne t’en ai pas parlé. J’ai beau­coup pleuré une jour­née ou j’étais seule a la mai­son. Non pas de regrets, mais par peur de l’IVG. J’avais peur de la dou­leur, de l’anasthésie… Et j’ai pleuré de ne pas me sen­tir coupable.

      Bref, les jours passent… Et le 18 arrive. Je me diriges vers la cli­nique au centre ville (Ah, cou­sine Que­be­coise ici…) de Mon­treal pour LE ren­dez vous. Une jeune femme est dans l’ascenseur avec moi, on va au même endroit.… Il y a deux autres femmes dans la salle d’attente. Et aucune ne pleure. Elle lisent la docu­men­ta­tion four­nie et rem­plissent les docu­ments neces­saires, tran­quille­ment, serei­ne­ment.… Je fais de même. Et puis l’attente… C’EST LONG. Je veux que ce soit fini le plus tot pos­sible… Je vais en griller une (Quelle mere hor­rible j’aurais fait.. Pffff.) vite fait, je reviens, et l’intervenante m’appelle. On se dirige vers son bureau.

      « Alors, com­ment vas tu? »

      Tres bien. Je suis sure. J’assume. Je suis en paix. JE n’ai jamais voulu d’enfant. Oui, le papa est au cour­rant, il vient d’ailleurs me cher­cher pour me rac­com­pa­gner chez moi tel que conseille… Sinon, le moral.… Bah. Je me sens cou­pable de ne pas me sen­tir coupable.

      « Ah bah la, tu es une vrai femme! On culpa­bi­lise de ne pas culpa­bi­li­ser.. C’est ce qu’il y a de plus ter­rible ca! » Je lui parle de ce blog, et elle semble intri­guée… Quelques minutes plus tard, je lui ecrit le lien sur un bout de papier, en lui disant « J’espere que ca pourra aider ces femmes qui se croient anor­males de ne pas sen­tir de tris­tesse face a l’IVG… » Je l’assures du fait que ce blog est VRAIMENT pro-choix, et non un blog pro-vie qui se fait passé pour tout autre chose…

      On parle pour cinq minutes, on blague (Oui oui, on BLAGUE. Parce que, tel qu’elle m’a dit, « Avor­ter, ce n’est pas for­ce­ment quel­que­chose de dra­ma­tique. On le tourne au dram. ») un peu, et elle m’envoie en salle de repos. Je me changes et tout le tra lala… Et ensuite, direc­tion salle d’op. L’infirmiere (Abso­lu­ment for­mi­dable, com­pre­hen­sive, douce.) me recoit, m’explique la chose… On fait l’echo. « C’est plus petit qu’un grain de riz! ». Ah, d’accord… Pas capable de faire le lien entre ÇA et un ENFANT. On parle pen­dant une dizaine de minutes en atten­dant le mede­cin… Il arrive. « Alors… T’en es sure? »

      CERTAINE, que dis-je.… Et puis la, le petit masque sur le nez (gaz hila­rant + quel­que­chose… Eh oh, pour­quoi la map monde au pla­fond fait des vagues?!), on me fait un injec­tion de je ne sais plus quoi, et on me dit « D’ici deux minutes, tu ne te sou­vien­dras plus de ton propre nom… »

      Mon nom? J’ai oublié TOUT. Hone­te­ment, j’ai un trou noir d’une ving­taine de minutes.… Voire une heure. Je me sou­viens seule­ment qu’on m’aie aidé a me lever, et puis je me suis reveillée dans mon lit dans la salle de repos… Aucune dou­leurs. Rien. Des sai­gne­ments legers le pre­mier jour, et puis rien depuis. Oh, les jours 3 4 et 5 sui­vants l’intervention, j’ai des crampes plu­tot graves… Mais quelques Advil et hop, on reprend notre che­min. On m’a pres­crit le Mirena… J’attend le ren­dez vous pour la pose.…

      Je n’ai pas de regrets. Je n’ai plus de nau­sées. Ma fatigue, par­tie. Je fais pipi de facon NORMALE a une fre­quence NORMALE.

      Alors main­te­nant, je peux le dire.…

      J’ai avorté, et je vais bien, MERCI!

  28. Marianne says:

    J’ai 26 ans et j’ai avorté il y a deux mois.
    On pense tou­jours que ça n’arrivera pas, que c’est pour les autres, celles trop jeunes ou irres­pon­sables, un peu pau­mées. On juge vite, à l’emporte-pièce. Je n’avais jamais eu de rela­tions sérieuses, je ne pre­nais pas la pilule, et jamais mis les pieds sur les étriers d’une table de gynéco. Trop prise par les études, le pre­mier bou­lot pas­sion­nant, les gar­çons, on verra ça quand ça viendra …

    Et puis, lui. Les deux pre­miers mois, la tête qui fait des bulles, l’esprit qui papillonne. on fait le test assez vite, je pense à aller consul­ter … 2 jours après la fin de mes règles, on le fait sans pro­tec­tion, sans même y pen­ser. Puis je prends mon cou­rage à deux mains, visite chez le gynéco, et reviens toute fière, avec ma boite de pilules, l’impression d’être une femme adulte… sans pen­ser que je vais attendre mes règles plu­sieurs jours, impa­tiente, anxieuse, puis car­ré­ment flip­pée. [On repas­sera pour le coup du calen­drier, 5 semaines plus tard, j’ai mal aux seins, et l’évidence dans les tripes. ]
    Deux parents méde­cins, une mère fémi­niste jusqu’au bout des ongles, membre du MLF dans les années 70. L’avortement, pour moi, c’est une liberté et un droit, que j’entends exer­cer tout de suite, comme une évidence.

    Un tour sur le net pour voir les étapes à suivre en cas de.
    Je veux la méthode médi­ca­men­teuse, je suis encore dans les temps. Moi qui ne vais JAMAIS chez le méde­cin, j’arpente les salles d’attentes et les labos d’analyses pen­dant deux semaines. J’ai de la chance d’être pari­sienne, les méde­cins que j’ai vu ont été très pros. En 15 jours, c’est réglé, dans des condi­tions tout à fait nor­males et accep­tables. Je l’ai dit à deux copines (une est venue avec moi à l’hôpital l’après-midi de l’avortement) et à ma mère, qui m’a offert « Le choeur des femmes » de Win­ck­ler dans la foulée…

    J’ai décidé de ne pas en par­ler à mon ami. De mul­tiples rai­sons. C’est la seule chose qui m’a tra­vaillé dans tout ça. Mais c’est mon choix, j’assume, sans culpa­bi­lité ! Je n’ai pas l’impression que ça me bou­le­verse, c’est juste une tuile, ça peux arri­ver. Et puis, je sais que si jamais, je veux être mère un jour, tout marche de ce coté…

    Alors merci, je vais bien, merci les filles des 343 salopes !
    (mon por­table me rap­pelle à l’ordre, c’est l’heure de la pilule…)

  29. Nadine says:

    J’ai 35 ans, j’ai avorté il y a 11 ans à l’âge de 24 ans, et je vais bien, merci !

    C’était l’été, ren­contre d’un gars au bord de la plage, il m’invite à man­ger sur son bateau qui mouille un peu plus loin. J’y vais, sans pen­ser à rien. Une fois sur le bateau, il me fait des avances, et je ne me sou­viens même plus com­ment on se retrouve à un moment lui sur moi à me péné­trer. Je pré­cise, his­toire de bot­ter le cul à un autre tabou, que je ne suis pas trau­ma­ti­sée non plus par cette péné­tra­tion « non entiè­re­ment vou­lue par les tré­fonds de ma chair et de mon âme ». J’ai juste le sou­ve­nir d’un coup vite parti, sans plai­sir pour moi, qui m’a laissé indif­fé­rente. Aucune ques­tion avant sur la contra­cep­tion, évidem­ment je suis sup­po­sée prendre la pilule…Quand je lui dis que non, il est tout déso­lée. Je ne m’inquiète pas plus que ça, et je vais faire un plouf. Dans l’eau, je vois le nom de son bateau, et je lui cris « On l’appellera Arle­quin ! », pour rigoler.

    Eh voilà. Je quitte cette île, je conti­nue ma vadrouille, et une dizaine de jours plus tard je me rends compte qu’il y a quelque chose qui cloche, des nau­sées, de la fatigue… Je crois que j’avais déjà l’idée à ce moment-là que j’étais enceinte. Je rentre dans ma ville, chez ma mère (j’étais sans loge­ment fixe, sac sur le dos). J’achète un test à l’urine, je le fais dans les toi­lettes de mon bar pré­féré, celui où je suis allée pen­dant toute la période du lycée, je m’y sens un peu chez moi…Le test est positif.

    Je télé­phone à ma mère, et je suis sur­prise de sa réac­tion : cela la met vrai­ment de mau­vaise humeur, comme si j’avais fait une conne­rie ; c’est d’autant plus sur­pre­nant que ce n’est pas du tout son genre de s’énerver pour rien, c’est une per­sonne plu­tôt mesu­rée et prag­ma­tique. Je n’en ai jamais reparlé depuis avec elle, je pense que ça a du bous­cu­ler quelque chose en elle d’assez fort.

    Com­mence le pro­ces­sus, écho­gra­phie, puis RDV avec une nana du plan­ning, pas de sou­ve­nir par­ti­cu­lier, elle ne m’a pas embêté je crois. C’est le mois d’aout, le ser­vice qui prend en charge les avor­te­ments à l’hôpital ne peut pas me rece­voir, je vais donc dans une cli­nique d’accouchement. Pen­dant tout ce temps je suis accom­pa­gnée par ma mère et une amie proche. J’ai choisi l’aspiration sous anes­thé­sie, même si je suis encore dans les temps pour la méthode médi­ca­men­teuse, car j’imagine qu’avec celle-ci je vais avoir plein de sang qui va cou­ler et que ça va être glauque ; je pré­fère être incons­ciente et que tout soit fini quand je me réveille.

    Je ne me sou­viens pas de l’accueil à l’hôpital ; vu que je suis avec ma mère et mon amie, je n’ai pas besoin qu’on soit gen­til et pré­ve­nant, ça me passe au-dessus de la tête. Quand je me réveille de l’anesthésie, je suis toute contente, parce que j’ai rêvé, et je ne savais pas qu’on rêvait quand on était anes­thé­sié ; je le dis tout haut, ravie, mais per­sonne ne me répond ou me souris…Une fois dans la chambre, là aussi, je suis avec les femmes qui m’accompagnent, donc tout va bien. Mais je me suis dit plus tard que je n’avais vrai­ment reçu aucun sou­tien de la part de l’équipe médi­cale : ils ne sont même pas venu me voir pour me deman­der si j’allais bien, après.

    Les quelques jours qui suivent, j’ai vrai­ment très mal au ventre, avec des « ver­tiges inté­rieurs » qui m’empêchent de m’endormir ; je suis du coup très fati­guée, ces quelques jours sont rudes physiquement.

    ..et puis après, je reprends mon sac à dos et je conti­nue mes vacances !

    Une chose que je dois pré­ci­ser : avant cet été là, je par­lais de l’avortement en disant « oui, c’est bien que d’autres puissent le faire, mais moi, je ne pour­rais jamais », et je disais cela en me tenant le ventre d’un air dou­lou­reux… quand je me suis retrou­vée enceinte, ma déci­sion d’avorter a été prise en une seconde et demi. Aucun désir d’enfant, une vie de vadrouille, aucun moyen de retrou­ver le géni­teur qui était reparti dans son voilier…De la repré­sen­ta­tion a priori au vécu, il y a par­fois un gouffre.

    Deux années plus tard, des amis très proches ont eu un bébé. En visite chez eux pour faire connais­sance avec la nou­velle venue, j’ai un jour lon­gue­ment pleu­rer, face à la mer, en pen­sant au pos­sible avorté. Ces longs pleurs sont un bon sou­ve­nir. Pen­dant quelques années, j’ai pensé par­fois à cet « enfant », quel âge il aurait, etc. Sans dou­leurs ni regrets, peut-être un peu de tris­tesse, mais plu­tôt liée qu’à ce moment-là de ma vie j’aurais bien aimé ren­con­tré un homme et faire un enfant qu’à l’acte même d’avoir avorté.

    Je me sou­viens aussi m’être posé des ques­tions en lisant à plu­sieurs reprises des écrits qui disaient que l’avortement était for­cé­ment une souf­france psy­chique : est-ce qu’un trau­ma­tisme était caché dans le fond de mon incons­cient et allait res­sur­gir un jour en me rava­geant de dou­leur ? Puis j’ai com­pris la mani­pu­la­tion morale, et je me suis mise à sou­vent raconté mon avor­te­ment pour témoi­gner : non, on n’est pas obli­gées d’être en souf­france, ni avant, ni pen­dant, ni après.

  30. Mélissa says:

    J’ai appris être enceinte à nou­veau (déjà une mer­veilleuse prin­cesse de 6 mois…) il y a semaine, même symp­tômes que ma pre­mière gros­sesse, allé hop ni une ni deux, un test posi­tif évidem­ment.
    Bon, avec déjà un bébé de 6 mois l’avortement pour mon mari et moi était une évidence.

    Rdv chez la gynéco le len­de­main du test. « Bon­jour, je suis enceinte, mais c’est pas pos­sible donc bon je vou­drais avor­ter » réponse de l’intéressée « Vous avez fait un test?«
    Non madame j’ai pas fait de test, j’avais juste qu’on me fasse une écho vagi­nale pour le plai­sir!!!!!!
    Madame très sym­pa­thique d’ailleurs: elle me montre les contours de l’embryon, et me donne toutes ses carac­té­ris­tiques (on ne sait jamais hein!) j’ai même eu le droit de repar­tir (!!!!!!!) avec l’écho !
    Bon après tout le bla bla sur l’avortement et ses risques mes­sages loin d’être sub­li­mi­naux: vous allez sai­gner madame, beau­coup sai­gnez vous com­pre­nez?
    Com­bien de fois me l’a-t-elle dit? Envi­ron une dizaine (non je n’exagère pas…)
    Mon mari et moi tra­vaillons et impos­sible pour moi d’être hos­pi­ta­li­sée pour l’IVG j’opte pour la méthode médi­ca­men­teuse… à domi­cile (au tra­vail pour le coup).
    Madame la gynéco ne fait pas je cite « ce genre de pra­tique » ll y a bien un géné­ra­liste qui le fait dans le coin, mais je pour­rais pas vous dire son nom.
    Me voilà donc ren­trée chez moi avec mon écho sous le bras (je fais quoi je l’encadre? grrrrr) à taper dans Google: « IVG à domi­cile –nom de ma ville– ». Si c’est pas du pro­fes­sion­na­lisme ça. Encore un peu et j’aurais presque cru qu’elle était contre l’avortement (ben ouai ma grande mais dans ce cas là, on ne fait pas ce métier).

    Enfin bref tant bien que mal je trouve ce fameux géné­ra­liste qui est juste un amour et qui me conseille de chan­ger de gynéco au pas­sage (c’est qu’elle a bonne répu­ta­tion apparemment…).

    Je vous épargne tout ce qui est prise des médi­ca­ments, dou­leurs (je n’en ai pas eu) etc…

    Et main­te­nant?
    Ça fera 1 semaine mardi et depuis mardi der­nier, je me demande pour­quoi je ne pleure pas (ben oui avor­ter c’est MAL bouuuuuh). La réponse est venue toute seule:
    Mon géné­ra­liste qui m’a dit « tenez allez là des­sus, c’est un blog sur des femmes qui ont avorté et qui vont bien. Parce que on peu très bien avoir recours à une IVG sans pour autant deve­nir dépres­sive ».
    J’ai pas l’impression d’avoir tué un bébé, j’ai pas l’impression de lou­per quelque chose dans ma vie et j’ai pas mangé plus de cho­co­lat que d’habitude.

    J’ai avorté mardi et je vais bien, merci.

    Merci à vous, c’est pas parce que l’on avorte que l’on est des monstres, bien-au-contraire ! C’est prendre conscience que non c’est pas pos­sible d’avoir un enfant et autant attendre de pou­voir lui offrir le meilleur ou pour d’autre d’attendre de vou­loir deve­nir mère.

    • Océane says:

      Votre gynéco est en infrac­tion. Elle est en droit de refu­ser un avor­te­ment, mais elle est dans l’obligation de vous réorien­ter vers un méde­cin le pratiquant.

  31. Marie says:

    J’ai 30 ans, je suis cadre et j’ai appris que j’étais enceinte de 3 semaines 1/2 le 11 mai dernier.

    A vrai dire, je m’en dou­tais, d’une part parce que je savais qu’on n’avait pas fait atten­tion, que je ne pre­nais plus la pilule, que je n’ai pas pris la pilule du len­de­main (je me demande encore pour­quoi) … Et d’autre part parce que j’ai eu rapi­de­ment mal aux seins (bien plus qu’à l’approche des règles) et que j’étais tout le temps crevée.

    Ce fut pen­dant 2 jours la confu­sion, prise entre 2 feux : « putain ça marche » et « vite vite il faut que j’avorte ». De suite, j’ai appelé le secré­ta­riat de mon gynéco pour m’entendre dire « Le Dr X ne pra­tique pas d’avortement ». Je n’ai rien répondu et j’ai rac­cro­ché même si je sais main­te­nant qu’il avait l’obligation de m’orienter vers un confrère qui pra­tique l’avortement.
    J’ai appelé le plan­ning fami­lial, qui m’a de suite orien­tée et conseillée au mieux. Donc en 2 jours, RDV avec un méde­cin, prise de sang, écho de data­tion et prise de RDV pour pra­ti­quer l’IVG médi­ca­men­teuse à domi­cile. J’ai donc pris les­dit médi­ca­ments le 19 et le 21 mai der­nier (ce wee­kend quoi).
    Sans ren­trer dans les détails, j’ai com­pris assez rapi­de­ment que c’était fait.
    J’ai tou­jours un peu mal au ventre aujourd’hui mais je res­sens comme une libé­ra­tion. Je dois encore retour­ner à l’hôpital dans 2 semaines his­toire de véri­fier que « tout » est bien parti mais je sens déjà que ma vie peut reprendre son cours, mal­gré les petits désa­gré­ments phy­siques actuels (saignements).

    Je ne regrette pas mon choix. Je suis céli­ba­taire, et cela a tou­jours été clair pour moi que je ne ferai pas un enfant seule.

    Alors bien sûr que je me sou­vien­drais de cet épisode de ma vie.

    Mais aujourd’hui, deux jours après, je vais bien !

  32. Agnès says:

    J’ai avorté il y a plus d’un an.
    Un choix rai­son­nable, qui s’est imposé à la minute j’ai eu connais­sance de ma gros­sesse. Je suis jeune, j’ai des pro­jets pleins la tête…je ne peux pas gar­der cet enfant.

    J’ai choisi d’avorter. Comme une femme sur deux. Mais une femme sur deux ne connait pas le par­cours du com­bat­tant que de nom­breuses femmes ayant avorté ont connu.
    Plus de trois semaines de délai pour avor­ter, des méde­cins qui changent à lon­gueur de temps, le dos­sier médi­cal perdu, un avor­te­ment médi­ca­men­teux à plus de huit semaines de gros­sesse, un doli­prane pour cal­mer la dou­leur en 7heures d’hospitalisation, une pres­crip­tion de pilule inadé­quate qui mène à 1 an de pro­blème hor­mo­nal, aucun suivi pro­posé, une sage femme qui insiste pour que l’on lui decrive ce que l’on a vu (un foe­tus ou non)

    On se rend compte alors qu’il y a encore de nom­breux pro­grès à effec­tuer pour le droit des femmes lorsqu’il s’agit de l’avortement, et sur­tout, celui d’améliorer l’hospitalisation. Car le trau­ma­tisme vient aussi de le prise en charge lors de l’hospitalisation

    Cette his­toire fera tou­jours parti de moi, et je vis avec…

    Mais aujourd’hui, je peux le dire, j’ai avorté et je vais bien.

  33. Yves Egée says:

    Voilà, là ce soir moi j’ai appris que j’étais enceinte, 3 ème avor­te­ment, je suis en colère de payer ma fécon­dité pour chaque écart de ma vie. Ca n’a jamais loupé.
    Alors j’ai créé à l’instant un blog. Et je compte racon­ter com­ment ça va se pas­ser.
    Demain j’appelle l’hosto. Je sais pas si je vais bien, mais je sais que j’en ai plein le cul.
    http://yvesegee.com/

  34. lilarose21 says:

    Bon­jour,
    Voilà 10 mois que j’ai subi une IVG, j’étais enceinte de 2 semaines. Au départ, j’avais été sur le net afin de recueillir des témoi­gnages mal­heu­reu­se­ment j’étais tom­bée sur des pro life, mais en rien cela n’a modi­fié ma déci­sion de le faire. Ma seule crainte por­tait sur les réper­cus­sions psy­cho­lo­giques.
    Ce qui m’a fait du bien, c’est d’en par­ler à une amie, qui elle-même avait déjà fait une ivg.
    J’aurai très bien pu gar­der cet enfant sachant que je suis en couple et que nous avons déjà un petit gar­çon de 3ans, mais je n’ai pas sou­haité retom­ber enceinte. Cela fai­sait du mal à mon ami que je le fasse mais il com­pre­nait mes rai­sons. Cepen­dant, j’ai fait toutes les démarches seule sans vrai­ment lui en par­ler, tout ce qu’il savait c’est que j’allais subir une ivg.
    Je ne me sen­tais pas prête à une seconde mater­nité et j’étais encore étudiante, un enfant se désire et il faut pou­voir l’accueillir dans des condi­tions opti­males. Cela n’aurait été le cas et tout le monde en aurait pâti. J’ai clai­re­ment expli­qué tout cela avec la média­trice du plan­ning, mettre des mots des­sus m’a encore plus convaincu de mon choix et je ne regrette pas du tout.
    Au ser­vice, le per­son­nel était très bien, très à l’écoute et dis­po­nible.
    Pen­dant la demi jour­née d’hospitalisation, je n’ai pas sou­haité être contacté par mon com­pa­gnon, car je devais vivre ce moment seul. Cette demi jour­née a été vécu comme une remise en cause, j’avais conscience de ce que je fai­sais, j’imaginais aussi la chance que nous avions à notre époque de pou­voir le faire dans de bonnes condi­tions.
    Mais je pense que ce qui a fait que l’avortement s’est passé ainsi c’est que pour moi, cet enfant n’existait pas bien qu’il fut pré­sent.
    A l’heure actuelle, j’y pense rare­ment, tout ce que je sais c’est que ce n’est pas une fata­lité d’avorter mais la consé­quence d’une réflexion mure­ment réflé­chie. Aujourd’hui, je parle de mon expé­rience sans honte, et je suis navrée de voir que c’est encore un sujet tabou. Si tabou que des avor­te­ments se font encore clan­des­ti­ne­ment au péril de la vie de ces femmes, ou encore des femmes mettent au monde des enfants pour aus­si­tôt s’en débar­ras­ser, d’autres les gardent mais vivent dif­fi­ci­le­ment le rôle de mère au détri­ment de petits inno­cents qui n’ont rien demandé…

  35. Marie says:

    voila je m’appelle marie je me suis fait avor­ter ven­dredi donc ya 3 jour !!
    j’etait enceinte de 2 mois et quelque semaine .…) pareille ya 2 ans mon mede­cin m’a dit que j’aurais du mal a avoir des enfants , je pre­nais la pillule et j’ai arre­ter car je ne l’a sup­por­ter plus !
    Pen­dant 6–7 moi je n’ai pris aucun moyen de contra­cep­tion ! je me suis donc dit si je ne suis pas tom­ber enceinte main­te­nant ces que le mede­cin avais sans doute rèson..
    et non un jour je com­men­cer a voir des noses desa­greable je l’ai mal vecu pen­dant 2 semaine cetait les noser !
    donc pour moi cetait sans doute que j’ai senti je savais deja que j’etait enceinte , sur le coup je n’ai pas trop rea­li­ser ni pani­quer j’en n’ai par­ler a mon copain j’ai fait une prise de sang et la j’ai apris que je n’etais pas enceinte que d’un bébé mes de 2 bébé
    donc la le choc je ne savais pas quoi faire !
    pas de situa­tion tou­jour chez mes parent je me suis dit je peut pas les gar­der ces pas pos­sible je m’en sor­ti­rais jamais a 20 ans ces dur quand meme je suis encore jeune mes amies mon dit refle­chis bien exct.…)
    mes cetait dejas tout bien refle­chis , je suis aller voir le gyneco qui m’a don­ner un rendez-vous pour l’avortement et ces la veille du jou-j que la je me suis sen­tis pas tres bien le stress ! j’i etait tout ces bien pas­ser !
    je suis ren­trer, et le soir j’ai un peut pleures mes le choix je n’ai pas honte de l’avoir fait car quand je voit des jeune de 15–16 ans avoir des enfants et gale­rer moi ces pas une vie comme ca que je veut pour mes enfants.…)
    je veut quil ne manque de rien !
    donc voila la je vais bien
    et pour toute les filles dans le meme cas que moi je vous trouve cou­ra­geuse et je suis contente qui et aussi des fille qui pence un peut comme moi sans juger les gens !!
    voila mer­cii a bientoot

  36. Olga says:

    J’ai décou­vert que j’étais enceinte de 3 semaines en décembre 2009. Pré­ser­va­tif défec­tueux je pré­sume, car nous nous étions tou­jours pro­té­gés.
    Au bout d’une semaine de retard, j’ai fait un test, 10 minutes après j’étais chez le méde­cin, le len­de­main à l’hôpital pour mon pre­mier rdv.
    Tout ce que je savais, c’est que ce n’étais pas pos­sible: j’avais 30 ans et tou­jours tout fait pour ne pas avoir à me retrou­ver dans cette situa­tion.
    J’ai réflé­chi mais je n’ai jamais hésité.
    J’étais enceinte de 3 semaines, je pen­sais que ça allait très vite mais il a fallu attendre 4 semaines sup­plé­men­taires pour que la date de l’ivégé ne ‘tombe pas pen­dant les fêtes’. C’est sans doute ce que j’ai le plus mal vécu, de devoir subir un mois de gros­sesse non dési­rée, avec les nau­sées et ce corps que je ne sup­por­tais pas.
    Le corps médi­cal a été bien, j’ai plu­tôt été déçue par les rares proches à qui j’en ai parlé qui m’ont tous expli­qué que j’allais être trau­ma­ti­sée (et si pas main­te­nant, plus tard!)…
    L’avortement s’est fait par voie chi­mique et même si d’un point de vue phy­sique, j’ai trouvé ça vrai­ment dur, et fati­guant (j’ai bien mis 2 mois à récu­pé­rer), je n’ai jamais regretté, culpa­bi­lisé ou autres. Je n’y ai jamais vu un bébé poten­tiel, je ne me suis pas impli­quée émotion­nel­le­ment.
    Je me sen­tais presque ‘anor­male’ d’être si indifférente.

    18 mois plus tard, tout va tou­jours bien, je sais que j’ai pris la bonne déci­sion :)

  37. Mona says:

    J’ai 28 ans, je suis en couple et très amou­reuse de mon com­pa­gnon depuis 7 ans. Nous vivons dans un mignon appar­te­ment pari­sien depuis 6 ans et nous sommes tous deux ensei­gnants.
    Et pour­tant, j’ai avorté. Aucune excuse.
    Et pour­tant aucune envie d’enfant. Un non-désir – celui d’enfanter — qui s’est révélé incon­tes­table à la seconde où le test m’a révélé la nou­velle. Un choix – celui d’avorter – qui s’est révélé évident durant cette même seconde. La déci­sion je l’ai prise seule, bien que sou­te­nue et accom­pa­gnée par mon com­pa­gnon dès que je l’ai for­mu­lée. Elle m’appartenait, c’était à moi de choi­sir. S’il a eu sa place dans le pro­ces­sus médi­cal et dans les ques­tion­ne­ments qui ont sui­vis, mon com­pa­gnon n’a pas eu sa place dans cette réflexion pre­mière. C’est mon corps, mon choix, mon droit. A moi de déci­der. Il n’y a pas eu de « qu’est ce que tu en penses ? » juste des « com­ment on fait ? ». Il est d’accord avec moi, c’est comme ça qu’il fal­lait faire.
    Depuis je vais bien merci ! Pas le sen­ti­ment d’avoir fait une conne­rie, pas le sen­ti­ment d’avoir gâché une vie, pas l’idée débile et asser­vis­sante que cet amas de cel­lules de la taille d’un quart de caca­huète aurait pu être un « être vivant », un « bébé », ni même un « fœtus » . Amas de cel­lule il était, amas de cel­lules il n’est plus. Et c’est tout.
    Et puis, des enfants j’en aurais quand j’en aurai envie.
    J’ai avorté, je vais bien merci ! Mais… Parce qu’il y a un mais. Car dans une société où tout cherche à nous rap­pe­ler que ce que j’ai fait … n’est pas grave Noooon, vrai­ment pas grave, on accepte, c’est un droit, lala­lala … Mais … C’est lourd de consé­quence. Ça va déter­mi­ner beau­coup de choses par la suite. Je vais y pen­ser. Regret­ter. Etc. Et bien, ce n’est pas facile !
    Pas facile parce que ces com­por­te­ments post-avortement déter­minent des com­por­te­ments médi­caux. A com­men­cer par l’obligation du délai de réflexion de 8 jours, comme si une femme ne pou­vait pas être cer­taine de son choix, une fois la démarche faite de se rendre au plan­ning fami­lial. Et puis, en insis­tant un peu, en payant un peu plus cher, on peut tom­ber sur un gynéco en ville qui nous prend entre deux rendez-vous pour nous filer la pilule abor­tive.
    C’est le sen­ti­ment que j’ai eu : on m’a filé une pilule parce que j’insistais pour ne pas avoir des symp­tômes de gros­sesse 8 jours sup­plé­men­taires alors que je n’aurai jamais changé d’avis.
    Vous êtes sûre ? Oui. Alors démerdez-vous seule, lisez ce papier, signez celui-ci et gobez moi ça.
    Voilà.
    Ça va faire mal ? Non – me dit le méde­cin, comme des grosses règles.
    Alors que le pre­mier com­primé me déclenche des dou­leurs de règles qui m’obligent à quit­ter le tra­vail, le second, qui enclenche l’expulsion me fait hur­ler à la mort. Je vomis, me vide par tous les trous, perd des quan­ti­tés de sang impor­tante toute la jour­née. Et je suis seule. Enfin, avec mon com­pa­gnon, livide de me voir dans cet état-là.
    La notion de mal­trai­tance me vient à l’esprit toute la jour­née. Pour­quoi me fait-on subir ça ? Pour m’obliger à ne pas recom­men­cer ? Pour que j’arrête de faire l’amour, seul moyen fiable de ne pas tom­ber enceinte ? Aucun per­son­nel médi­cal n’est là pour me ras­su­rer et je hurle ma dou­leur toute la jour­née.
    Quand enfin c’est fini, il me faut quand même expli­quer à mon gynéco que des dou­leurs de règle, ce n’est pas vrai­ment ça – fran­che­ment si c’était le cas, je me serais fait enle­ver l’utérus il y a long­temps… « Ah oui », me dit-il, « c’est vrai que ça fait ça à beau­coup de femme. Je ne vous l’ai pas dit pour ne pas vous inquié­ter » : Réduite à un sta­tut de gamine à qui on vapo­ri­se­rai de l’antiseptique en assu­rant que « ça ne va pas piquer ». Je me sens conne de l’avoir cru. Conne d’avoir été prise pour une conne.
    Et depuis, je suis en colère. En colère devant tous les gens qui se demande com­ment on peut encore tom­ber enceinte acci­den­tel­le­ment de nos jours. En colère devant les copines qui essaient de tom­ber enceinte et m’en veulent d’avoir avorté moi qui y arrive si faci­le­ment. En colère devant tout ce qui me rap­pelle que je devrais pleu­rer et comp­ter chaque mois l’âge qu’aurait dû avoir mon « enfant ». En colère face à ce psy qui m’assène à chaque moment de ma vie que si je suis malade c’est parce que mon esprit me rap­pelle que j’aurais dû avoir un enfant, si je n’arrive pas à tra­vailler c’est parce que j’aurais dû avoir un enfant dans les bras, etc.
    Sur­tout en colère contre cette conven­tion qui fait que l’on ne parle pas de « ça ». Sur­tout pas en société. Seule­ment avec les copines, à voix basses, devant des regards contrits. On ne dit pas : hey la semaine der­nière j’étais en arrêt mala­die. Pour­quoi ? Oh, un petit IVG. Non, on dit « j’étais malade ». Parce que l’IVG, c’est intime, c’est une déci­sion dure, qui implique un retour sur soi et son couple, qui ne regarde que nous… Pfffff.
    Voilà, j’ai avorté, je vais bien… Mais. Mais il faut encore gagner un droit à l’avortement, pra­ti­qué en toute dignité avec une ges­tion de la dou­leur qui ne nous fasse pas res­sem­bler à des chiens. Un droit à l’avortement qui change les consciences et qui ne nous oblige pas à vivre l’avortement comme un drame.

  38. sandrine says:

    j’ai avorté en juin 2011

    Sor­tie des études, je peine à trou­ver du tra­vail dans ma branche et vis chez mes parents au RSA. Trois ans avec mon ami d’un amour assez chao­tique mais qui, para­doxa­le­ment, tient. Un acci­dent, une fois sans pro­tec­tion comme ça, et on pense naï­ve­ment que ça n’aura pas de consé­quences. On est condi­tionné car on voit les copines à côté ‚galé­rer à mettre en route leur bébé, des mois, par­fois des années après l’arrêt de contra­cep­tifs. On les entends par­ler de cal­cul minu­tieux de leur période d’ovulation , de tech­niques de poi­riers impro­bables à effec­tuer après les rap­ports. On espère même avec elle chaque mois que ça tom­bera (enfin) de sorte à ce qu’elles se lavent de leur obses­sion d’enfantement qui les rend dépres­sive et pou­voir plai­san­ter un peu de nou­veau . Alors incons­ciem­ment, a lieu une géné­ra­li­sa­tion . On se dit que soi même on est assu­jetti à l’hypo fer­ti­lité plu­tôt que l’inverse. mais bon, l’intuition est là. Plate comme une limande depuis tou­jours, mes seins se mettent alors à gon­fler dan­ge­reu­se­ment. Dans d’autres cir­cons­tances j’aurais été ravie mais là, je me suis bien douté que ce n’était pas un cadeau du ciel his­toire de com­bler ma fémi­nité lacu­naire. Pos­tif you­hou. Lui est plus jeune que moi et encore en for­ma­tion, ne béné­fi­cie pas d’un salaire suf­fi­sant pour sub­ve­nir aux besoins d’une famille. Quand bien même ça avait été le cas, ce n’aurait pas été le bon moment. Pas le bon moment pour mon accès à l’emploi déjà dif­fi­cile, pas pour cette vie de femme que je sou­haite mener avant d’être mère, pas pour ces défor­ma­tions du corps et de l’esprit que je n’ai pas anticipé.Pas pour cet amour com­pli­qué qui doit encore se sta­bi­li­ser pour être accueillant. Psy­cho­lo­gi­que­ment, maté­riel­le­ment impossible.Faire un enfant pour qu’il sur­vive plu­tôt que vive? Alors c’est vrai qui suis-je pour sup­pri­mer la vie? une sacré salope égoïste. Ou peut être jus­te­ment tout l’inverse.… La nata­lité n’est pas en dan­ger dans le monde, il paraî­trait même que nos res­sources s’amenuisent. Aujourd’hui élever rela­ti­ve­ment conve­na­ble­ment un enfant aujourd’hui implique des sacri­fices écono­miques non négli­geables, avec les chan­ge­ments actuels de nos socié­tés il faut comp­ter de le nour­rir l’éduquer et jusqu’à ses 25 ans révo­lus et de dis­po­ser de suf­fi­sam­ment de fric pour qu’il puisse entrer dans les grandes écoles et ne pas finir smi­card frus­tré en manque de pers­pec­tives. Qui suis-je pour l’infliger à qui que ce soit dans des condi­tions mer­diques? Je don­ne­rai tout ce que j’ai à un enfant encore faut-il avoir quelque chose à don­ner. Un toit, des parents aimants, un ave­nir. Toutes mes bonnes rai­sons étaient là à por­tée de main, et la liste pou­vaient s’allonger encore et encore . Ma propre exis­tence ne devait pas pas­ser tout de suite par la case bébé, un point c’est tout. Mais voilà, il est là dans le ventre, et le cli­ché se réa­lise. On ne voit plus les choses pareilles. les hor­mones jouent des tours. Dif­fi­cile de res­ter prag­ma­tique, de ne pas pen­ser à cette cel­lule comme un enfant, Avec un pré­nom , un peu de vous, un peu de votre chéri, à une per­sonne unique, avec ses qua­li­tés ses défauts. Dif­fi­cile de ne pas suc­com­ber au roman­tique, à l’idéal de la situa­tion.  » . Quand j’ai annoncé la pers­pec­tive d’un IVG à une amie elle s’est tota­le­ment effon­drée en larme à cause  » du trau­ma­tisme que j’allais subir ». J’apprécie son empa­thie mais tout de même, il me fal­lait rela­ti­vi­ser, non dra­ma­ti­ser. Mon ami m’a sou­tenu, et j’ai pro­cédé à l’IVG médi­ca­men­teuse. Le plus pénible est l’attente et les pro­cé­dures bien lourdes pour devoir le faire. Écho­gra­phie a plu­sieurs reprises, prises de sang, RDV méde­cin et gyné­co­logue spé­cia­liste. Entre les ren­dez vous, dans votre tête et votre corps c’est le cham­bou­le­ment et l’on ne pense plus qu’à ça. Pre­mier médi­ca­ments: Un peu dif­fi­cile, le geste de por­ter le cachet à la bouche vous donne une mini impres­sion de vous sui­ci­der un peu. Psy­cho­lo­gi­que­ment dif­fi­cile, phy­si­que­ment aucun symp­tômes. Le second beau­coup plus facile à por­ter à la bouche, on à juste hâte d’évacuer le tout. Psy­cho­lo­gi­que­ment très facile, phy­si­que­ment: une tor­ture abdo­mi­nale de 3/4 d’heures, puis ensuite des dou­leurs le res­tant de la jour­née. Deux jours plus tard c’est oublié. 2 mois plus tard pas de regrets. J’ai avorté et je vais bien merci.

  39. karyn21 says:

    J’ai 32 ans, je suis maman céli­ba­taire depuis plus de 8 ans 1/2 d’une nénette de presque 8 ans.
    Je suis res­tée maman à 200% de février 2003 à mai 2011! aucun rap­port, aucun flirt, nada!
    Et fin mai 2011 je saute le pas!

    Depuis la ren­trée sco­laire (sept 2010), une petite nou­velle est arri­vée dans la classe de ma fille. J’ai bien remar­qué que seul son papa venait la cher­cher. J’ai demandé à ma fille, elle m’a répondu que sa maman est morte. Oups…
    Les mois passent, les regards se font plus insis­tants…
    Et fin mai, les beaux jours aidant, nous nous retrou­vons dans le même parc de jeux pour enfant, non loin de l’école. Les filles jouent ensembles, nous sommes sur deux bancs oppo­sés. L’orage gronde, nous nous appo­ro­chons du por­tillon du parc en même temps, regards tendres, petit mot sympa. Nous fai­sons le bout de che­min ensemble jusqu’à nos voi­ture.
    Le len­de­main, on se retrouve au parc, comme par hasard!?!

    Et de fil en aiguille, on parle, on parle de nos vies, on s’échange nos télé­phones, on s’envoie des tex­tos, on s’appelle 3 heures durant et puis, le 1er bai­ser…
    Quelques jours plus tard, je me retrouve dans son lit… Une seconde 1re fois, car après plus de 8 ans 1/2, pas facile de sau­ter le pas! la nuit fut géniale.
    Bref nous avons passé le mois de juin avec nos filles, à sor­tir, à venir chez l’un, chez l’autre.

    Et puis il a mis de la dis­tance dans notre rela­tion fin juin, sans don­ner d’explication. Je devais avoir mes règles autour du 29 juin. (Je pré­cise que je ne pre­nais plus la pillule depuis 2003 car je n’avais aucun rap­port. J’ai demandé la pillule à mon méde­cin trai­tant quand j’ai ren­con­tré mon ami, fin mai, mais ayant mes règles, il m’a demandé de com­men­cer la pla­quette au pro­chain cycle, donc fin juin. On a donc essayé de faire atten­tion lors de nos rap­ports, non pro­té­gés.)
    Je n’ai jamais eu de règles régu­lières, mais le 6 juillet je m’inquiète, je vais ache­ter un test de gros­sesse à la phar­ma­cie. Et là, ver­dict : posi­tif… (je suis quasi cer­taine que la concep­tion a eu lieu le 19/06).Direct, je vais chez le méde­cin, il me reçoit enre deux clients, je suis pani­quée… Je lui dit « je suis enceinte, je dois avor­ter! ». Je pré­viens mon ami que je suis enceinte, il tombe lui aussi des nues.

    On est clair là des­sus (on en avait déjà parlé) : il faut avor­ter! on se connait depuis 1 mois, on a cha­cun une fille de 8 ans (lui a aussi deux belles filles de 20 et 15 ans, filles de sa com­pagne décéde en 2008), etc…

    Bref j’ai eu un rdv 1 semaine plus tard au centre d’orthogénie. Rie à l’écho… Sus­pis­cion de gros­sesse extra uté­rine. Prises de sang bHCG à 48h d’intervalle : gros­sesse normale.

    Bref il m’a fallu 3 semaines entre mon test uri­naire et le jour J.

    J’ai donc eu recours à une IVG Chi­rur­gi­cale le 27 juillet 2011, sous anes­thé­sie locale. Tout s’est très bien passé, l’équipe médi­cale a été très très très pré­ve­nante. L’infirmière m’a tenu la main au bloc.
    En remon­tant dans ma chambre je me suis sen­tie libé­rée, le sou­rire aux lèvres.
    Je n’ai pas du tout sai­gné après car j’étais enceinte de 7 SA (5 semaines de gros­sesse) à peine.
    J’ai eu mon rdv de contrôle post IVG chez mon gyneco habi­tuel : RAS.

    Bref j’ai avorté aussi, et je vais bien, très bien, merci!
    cou­rage à toutes celles qui passent par là…

    Ps : mon ami (36 ans) et moi sommes sépa­rés depuis, car déjà avant l’annonce de ma gros­sesse il avait pris ses dis­tances. Il est venu à l’hôpital le jour J, il me l’avait pro­mis, mais n’a pas assisté aux rdv avant ni après. Il m’a expli­qué qu’on avait été trop vite dès le départ et que ça lui a fait peur. Bref je suis à nou­veau maman à 200% et je pense le res­ter tant que ma fille sera à ma charge… donc encore de nom­breuses années. J’ai rompu mon céli­bat pen­dant 1 mois, mais ce mois a entraîné trop de soucis…

    Ps2 : J’était anti IVG, aujourd’hui ej suis bien plus tolérante!

  40. orchidée says:

    Bon­jour à toutes

    Ce témoi­gnage pour sou­te­nir toutes celles et ceux qui doivent faire le choix face à une gros­sesse non dési­rée.
    Ce fut mon cas. J’étais au début d’une rela­tion. Nous avons eu un acci­dent de contra­cep­tion. Mon par­te­naire ne se sen­tant pas du tout près, ni à avoir un enfant, ni à lier sa vie à la mienne. Un gros déchi­re­ment pour moi car, c’est vrai, j’aurais aimé gar­der l’enfant (j’ai un grand désir de mater­nité). Mais pas sans l’accord ni le sou­tien du père. Je suis croyante et pra­ti­quante mais j’ai dû reve­nir sur mes prin­cipes, car j’ai vrai­ment res­senti que je n’y arri­ve­rais pas seule (bou­lot très pre­nant, je tra­vaille le week-end et horaires déca­lés) et que je ne pou­vais pas impo­ser ce choix à cet homme non plus. D’autre part, en ayant parlé à ma famille proche, celle-ci était très réti­cente et je sen­tais que le sou­tien que je deman­dais pour une vie de mère céli­ba­taire n’allait pas de soi..
    Ma déci­sion fut donc un choix dans un non-choix. Je n’ai pas avorté dans la légè­reté et l’insouciance comme nous le reprochent sou­vent les « anti-avortement ».
    La clé de mon témoi­gnage est ici:
    Mon avor­te­ment s’est bien passé car j’ai été très bien accueillie à l’hôpital. Per­son­nel sans juge­ment, res­pec­tueux, atten­tionné. Gyné­co­logue très pré­ve­nant. Et sou­tien de la femme qui était dans le même cas que moi juste à côté (nous étions plu­sieurs ce jour-là). Je tiens à pré­ci­ser ce contexte car j’avais lu plein de témoi­gnages flip­pants sur un per­son­nel soi­gnant méchant, qui nous lais­sait dans la dou­leur.
    Je me suis égale­ment fait accom­pa­gner par une amie proche qui est res­tée à mes côtés dans ma chambre.
    Alors, si ce choix fut dif­fi­cile, si cette épreuve reste impor­tante, si je suis tou­jours en contra­dic­tion avec mes prin­cipes de base (la vie est « sacrée », je ne regrette pas mon choix dans le fond. Je ne me sen­tais pas cap­cable de faire autre­ment dans ces cir­cons­tances. Je suis glo­ba­le­ment apai­sée.
    Je dors bien, je vis, je n’ai pas fait de dépres­sion. Je ne retourne pas à l’église, me sen­tant inté­rieu­re­ment jugée.
    J’espère qu’un jour j’aurai un enfant dans un pro­jet avec un homme qui le désire autant que moi.
    Cou­rage à toutes les femmes qui doivent faire un choix, soyez les plus libres pos­sibles, dans les cir­cons­tances que la vie vous impose.

  41. N says:

    44 ans, j’ai avorté à l’étranger en 2011 et je vais bien.
    J’habite à l’étranger, dans un pays musul­man où l’avortement est inter­dit, pas­sible de pri­son pour la femme comme pour le pra­ti­cien.
    Je ne sais pas si mon témoi­gnage a sa place ici ou si peut être.
    Je ne suis plus une gamine, j’ai deux enfants, et j’étais sépa­rée et tou­jours pas divor­cée, une situa­tion un peu com­pli­quée dans un pays où une femme seule avec enfants est très mal vue. Je n’utilisais que des pré­ser­va­tifs pour des rela­tions sans len­de­main, aucune envie d’un homme dans ma vie après ce que j’avais vécu.
    Et un jour , on ne sait jamais quand ça va vous arri­ver, je ren­contre X et le mot amour que j’avais sorti de mon voca­bu­laire me tombe des­sus ! Lui ne sup­porte pas les pré­ser­va­tifs , nous allons ensemble faire en don du sang pour avoir des ana­lyses cor­rectes et échan­geons nos résul­tats , néga­tifs des deux cotés, et notre vie amou­reuse s’enchaîne, fai­sant atten­tion aux dates, moi pre­nant la pilule du len­de­main, et 3 jours de retard, 9 jours , … test.… et bingo c’est posi­tif !
    Ma pre­mière réac­tion fut joyeuse, un autre enfant ? Avec lui pour­quoi pas ? En France sans pro­blème , ici une rela­tion hors mariage est aussi pas­sible de pri­son , alors on parle des heures de l’avenir et on se décide à deux à avor­ter.
    Le ren­dez– vous est pris avec le méde­cin qui a accou­ché mes deux enfants, je lui explique ma situa­tion, pas encore divor­cée.… il me demande si mon com­pa­gnon est au cou­rant je réponds. Écho­gra­phie… il confirme avec un doute mais … Il me donne un cachet et m’explique que si je ne saigne pas dans les 48 h je le rap­pelle. Je ne saigne pas, rien du tout . Je revois mon gyné­co­logue et l’intervention est pré­vue une semaine après.
    7h du matin, je vais dans une cli­nique pri­vée, j’y vais seule en taxi, mon com­pa­gnon vien­dra me cher­cher. Sur mon ordon­nance il y a écrit : révi­sion gyné­co­lo­gique ! je rigole en moi même , j’ai l’impression d’être une voi­ture d’occasion.
    J’ai une chambre pour moi ( je suis étran­gère et donc j’ai les moyens de me soi­gner contrai­re­ment à la popu­la­tion du pays).
    C’est là que je me rends compte que j’ai été très bien trai­tée, j’ai subi une anés­thé­sie géné­rale ( le truc qui me fait le plus peur ! j’ai tou­jours eu peur de ne jamais me réveiller) . Dans la salle d’intervention mon méde­cin a gen­ti­ment poser sa main sur mon front : » t’inquiètes pas ! à toute suite ! ». Mes yeux se ferment sur un fla­con en l’air avec un tuyau comme ceux des aspi­ra­teurs.
    En salle de réveil tout le monde est gen­til, pas de ques­tion, je retourne dans la chambre et à midi on me dit que je peux sor­tir . Je paye , je prend mon ordon­nance , et un fla­con à faire ana­ly­ser : le truc, le machin qui n’était même pas une idée d’enfant et les larmes me montent au yeux .
    Mon ami est là , il m’emmène, j’ai du mal à mar­cher, je lui donne le fla­con et il va s’occuper des ana­lyses, des médi­ca­ments, il me couche et je m’écroule !
    J’ai dormi jusqu’au len­de­main, et je suis aller tra­vailler ce fut dur et fati­gant. Mon cycle est rede­venu nor­mal. Je me suis fait poser un sté­ri­let, j’ai tou­jours le même com­pa­gnon !
    C’était mon pre­mier avor­te­ment. Nous avons pris la bonne déci­sion.
    J’ai 44 ans, j’ai avorté en Avril 2011 et je vais TRÈS bien.

  42. Chloe says:

    Bon­jour,
    J’ai 20 ans et je suis enceinte. Je viens de l’apprendre et je suis encore sous le choc. J’ai eu ma consul­ta­tion avec mon docteur-gynécologue et fait ma prise de sang pour déter­mi­ner le taux hor­mo­nal de gros­sesse avé­rée que j’ai, au jour d’aujourd’hui. Mon écho­gra­phie se passe la semaine pro­chaine et je suis en période d’acceptation de la situa­tion. Je ne vais pas vous le cacher, je suis triste. Et j’ai peur de l’intervention. Je me ren­seigne comme je peux, dis­crè­te­ment, et j’essaye d’être ouverte à tout opi­nion concer­nant l’avortement.
    Tout d’abord, quand j’ai appris la nou­velle, la pre­mière réac­tion phy­sique que j’ai eue était de trem­bler. Les bat­te­ments de mon cœur se sont accé­lé­rés et j’ai pani­qué. Réac­tion néga­tive en soit. Clai­re­ment ce n’est pas le moment. Je suis en 3ème année d’école de com­merce, la meilleure, en période d’examens, et en pleine rup­ture avec mon copain. Pas le moment, mais ce n’est jamais le moment dans le fond lorsqu’on a 20 ans et qu’on n’arrive pas encore à bien s’occuper de soi-même, et d’un seul coup, une ques­tion exis­ten­tielle se pose, est-ce que je dois avor­ter?
    Bien sûr! Pour­quoi à mon âge devrais-je m’occuper d’une vie en plus de la mienne qui est déjà assez chao­tique toute seule. Je n’ai même pas d’homme à mes côtés (et ce n’est pas ça qui manque sur terre), pas de bou­lot assez rému­néré — j’ai trois jobs à côté de mes études qui coûtent chers. La ques­tion ne se pose même pas. Je ne veux pas d’un bébé qui pleure pen­dant 3 ans et ne pas pou­voir faire des nuits com­plètes. Je veux faire le tour du monde, voya­ger, débattre sur des sujets enflam­més, boire à la santé de mes amis, voir ma sœur gran­dir étant donné qu’elle n’a que 13 ans. Je veux conti­nuer à vivre seule, et être une femme indé­pen­dante.
    Je ne suis peut-être pas faite en papier mais je ne vous cache pas ma dou­leur de vivre tout ça. En sillon­nant le web à la recherche de réponses, je suis tom­bée sur des sites qui ban­nissent l’avortement, qui démontre l’évolution de l’embryon. Je suis à deux semaines de gros­sesse. D’après eux, dans une semaine j’ai un deuxième cœur qui bat en moi, dans deux semaines, les membres et organes vitaux se forment, dans trois semaines, le visage est visible et dans quatre, le sexe peut être déter­miné. De quoi don­ner la patate aux femmes qui choi­sissent d’avorter. Alors j’étais triste, mais je tiens à ne pas être igno­rante sur le sujet. Car la déter­mi­na­tion même d’une gros­sesse, c’est qu’il y a un bébé dans neuf mois qu’on le veuille ou non. Après dans mon cas, ce n’est pas ce à quoi j’aspire.
    Je veux un bou­lot inté­res­sant, bien rému­néré, m’épanouir seule. Pas envie de fon­der une famille main­te­nant. Qu’on soit clair. J’ai encore le choix. Et je vais jouir de cette liberté. Pour­quoi un homme a le droit de faire ce qu’il veut, quand il veut, et pas moi? Je veux encore construire ma vie, libre de toutes contraintes. Je veux apprendre de nou­velles choses et pro­fi­ter de ma jeu­nesse. Chaque chose en son temps. Un jour, dans dix ans, j’aurais peut-être un enfant, mais pas main­te­nant. Un enfant qui sera le fruit d’un amour par­tagé. Et je dis ça, ça ne veut pas dire que l’homme avec qui j’étais n’est pas for­mi­dable. On s’est quitté. Ça arrive. C’est la vie. Ce n’était pas lui. Alors je regarde devant moi, et je me dis, il y a de l’avenir, et il faut aller de l’avant, mal­gré tout.
    Oui je peux choi­sir de gar­der le bébé. Mais je ne pense pas que je serais heu­reuse après coup. Je ne sais pas, je n’ai jamais été mère. Mais si ma pre­mière réac­tion était tel un cata­clysme, je trouve que ce n’est pas le bon choix de le gar­der. Et je souffre car tout cela aurait pu être évité. Mais main­te­nant, avor­te­ment ou non, faut savoir prendre ses res­pon­sa­bi­li­tés. Nous vivons qu’une seule fois et la liberté se prend, elle ne se donne pas.
    Je ne veux pas d’enfant main­te­nant, et je ne vais pas me mor­fondre sur mon sort après mon avor­te­ment. Cela ne veut pas dire que je n’ai pas la fibre mater­nelle, je l’ai. Mais c’est trop tôt pour par­ler bébé. Au jour d’aujourd’hui, je parle crise finan­cière, droits d’humanité, famines, pau­vreté, abus d’autorité, abus sexuels, études supé­rieures, exa­mens et nuits blanches, sexe, amour, ami­tié, liberté, res­pect et ambi­tion. Je suis fière de moi, fière de me lais­ser toutes mes pos­si­bi­li­tés d’évolutions, et d’apprendre chaque jour, ce que j’aime ou n’aime pas faire, je suis un chan­tier constant. Et je n’ai aucune envie de m’occuper d’un deuxième chan­tier. Alors on retrousse ses manches. Et on fait avec les dou­leurs phy­siques, psy­cho­lo­giques (soit disant) et on sou­rit à la vie, merde! Si c’est pour faire une dépres­sion, ce n’est pas la peine. Déjà vécue, m’en suis sor­tie beau­coup plus forte et avec une soif de vivre qui fait que non je ne vais pas dépri­mer suite à cette déci­sion rela­ti­ve­ment importante.

  43. caroline says:

    Je viens de signer la péti­tion, je pré­cise que je n’ai jamais eu à avor­ter et que je n’ai pas d’enfants. Mais je suis très tou­chée par tout ce qui a trait à la liberté et au res­pect de la femme: en effet une per­sonne de ma famille proche a été vio­lée, et de plus je connais­sais bien la jeune Agnès qui a été vio­lée et assas­si­née en novembre 2011 par un gamin réci­di­viste. Je trouve scan­da­leux que l’on conteste encore le droit à l’avortement, tant qu’il s’agit de la gros­sesse, il s’agit avant tout du corps de la femme, et la femme a tous les droits sur son corps. Je suis mal­heu­reu­se­ment parente d’une bande d’intégristes et leur point de vue sur ce thème me révolte tout par­ti­cu­liè­re­ment.
    Ainsi, même si je n’ai pas avorté je me sens très proche de toutes celles qui l’ont fait.

  44. Sophie says:

    J’ai 23 ans, un mas­ter, je pense être bien infor­mée sur la contra­cep­tion, et pour­tant, je suis tom­bée enceinte fin 2010. Si l’on pou­vait arrê­ter de dire que « ça » n’arrive qu’aux écer­ve­lées, inca­pables de se prendre en charge…

    Gros­sesse sous sté­ri­let, pas de chance, et énorme sen­ti­ment d’injustice. J’avais fait tout ce qu’il fal­lait, et je tom­bais quand même enceinte. Mais sur­tout, une évidence : je ne veux pas le gar­der, je ne me serais pas fait poser un sté­ri­let sinon !

    Avec mon ami, la ques­tion ne se pose pas vrai­ment : il est encore étudiant, j’ai com­mencé à tra­vailler il y a un an, tout va bien entre nous, mais un enfant, main­te­nant, ce n’est clai­re­ment pas à l’ordre du jour.

    Je passe quelques coups de télé­phone, avec des résul­tats variables : si la per­sonne qui me répond au Plan­ning est ado­rable (elle me donne plu­sieurs numé­ros à contac­ter, m’incite à la rap­pe­ler si ça ne fonc­tionne pas), celle qui me répond à l’hôpital Robert Debré me donne clai­re­ment l’impression que je la dérange, et qu’elle n’a pas envie de s’occuper de mon cas. Il fau­drait que je me débrouille pour aller faire l’échographie de data­tion (sans ordon­nance, donc pas de rem­bour­se­ment évidem­ment) avant de prendre rendez-vous dans ce service.

    Fina­le­ment, la Mater­nité des Lilas me répond, et là, tout se passe bien : on me pro­pose un rendez-vous une semaine plus tard, pour l’échographie, et entre­tien dans la fou­lée avec l’anesthésiste, pour que ce soit fait. Le gynéco est par­fait, il répond à toutes mes ques­tions, ne me juge jamais, m’explique toutes les pos­si­bi­li­tés et me laisse choi­sir. L’IVG aura lieu 2 semaines plus tard, sous anes­thé­sie géné­rale. Idem, per­son­nel atten­tif, dou­leur prise en charge, rien à redire.

    Ce n’est pas un drame, ça ne le sera jamais. J’aurai peut-être des enfants, plus tard, peut-être pas, mais pas main­te­nant. Quand je l’aurai décidé. En atten­dant, je vais bien, merci !

  45. Elisa says:

    J’ai bien­tôt vingt-huit ans, je n’ai jamais voulu et ne veux tou­jours pas d’enfant. Mon com­pa­gnon, qui a presque quatre ans de plus que moi, non plus. Ça m’est tombé des­sus sans crier gare. Par le passé, alors que j’étais sous pilule et que j’oubliais régu­liè­re­ment un com­primé sur la pla­quette, j’avais déjà été confron­tée aux doutes et m’était ren­sei­gnée sur les démarches à suivre, au cas où. Mais fina­le­ment, ces oublis sont, par chance, tou­jours res­tés sans consé­quences. Tou­te­fois, il y a trois ans, j’ai fais le choix de ne plus avoir à pen­ser à ma contra­cep­tion et je me suis fait posé un DIU en cuivre (par choix, je refuse désor­mais toute hor­mone) que j’ai par ailleurs par­fai­te­ment bien sup­porté. Ce jour-là, la gyné­co­logue m’a aussi donné une ordon­nance pour le cas « où vous auriez un retard de règles ». Elle dor­mait depuis parmi le reste de mes papiers.

    J’ai fais les fêtes de fin d’année 2011 avec les abus habi­tuels, notam­ment en alcool. Aucune mani­fes­ta­tion d’un quel­conque chan­ge­ment. Et pour­tant, début 2012, je com­mence à m’interroger sur ce retard qui s’accumule. Mon cycle se déca­lant chaque mois de cinq à dix jours, je ne me suis guère inquié­tée de l’absence de règles fin décembre. Début jan­vier, je fais un pre­mier test uri­naire qui s’avère néga­tif. Ras­su­rée, j’attends une semaine de plus. Le doute per­dura jusqu’à la vue des résul­tats de la prise de sang le 10. J’ai espéré jusqu’au der­nier moment me faire des idées et que tout ren­tre­rait dans l’ordre une fois que j’aurais sous les yeux la preuve que je soma­ti­sais.
    Mais les résul­tats étaient for­mels. La gros­sesse avait com­mencé depuis presque quatre semaines. La course contre la montre a com­mencé. J’ai filé chez mon méde­cin géné­ra­liste qui rece­vait alors sans rendez-vous. C’est son rem­pla­çant qui consulte ce soir-là mais peu importe. Je suis arri­vée à dans ma ville actuelle il y a seule­ment quelques mois et évite autant que faire ce peut tout ce qui est médi­cal. De ce fait, je connais encore mal les méde­cins – géné­ra­listes ou spé­cia­listes – et c’est sans doute ce qui m’effraie le plus. Las ! Mes craintes sont infon­dées et il me conseille par­fai­te­ment, me fait toutes les ordon­nances, tous les papiers néces­saires et me donne des pistes pour les démarches à suivre.

    La suite ne sera pas simple mais seule­ment parce que je me suis retrou­vée confron­tée à deux dif­fi­cul­tés maté­rielles : n’étant plus étudiante depuis seule­ment quelques mois, les délais pour le chan­ge­ment de caisse d’assurance mala­die freinent l’avancée de mes démarches car je ne suis pas en mesure d’avancer tous les frais et j’ai de toute façon un dépla­ce­ment d’une semaine en Bre­tagne, prévu de longue date et que je ne peux annuler.

    Dès le len­de­main, je me rends donc aux urgences du centre hos­pi­ta­lier spé­cia­lisé en mater­nité et gyné­co­lo­gie qui se trouve à moins de dix minutes de mon domi­cile. Une pre­mière écho­gra­phie lais­sera pen­ser qu’il s’agit d’un œuf clair. Néan­moins, l’interne qui m’a reçue me rédige une nou­velle ordon­nance pour une seconde écho­gra­phie à réa­li­ser une semaine après afin que le diag­nos­tic puisse être confirmé (ou non). Je prends le rendez-vous pour le len­de­main de mon retour de Bre­tagne, une semaine plus tard.

    Fatigue, nau­sées… Mon séjour n’a pas été de tout repos. Je garde pour­tant espoir que la gros­sesse se soit bien arrê­tée d’elle-même et qu’il ne s’agisse que d’une ques­tion de temps pour que mon corps « s’en rende compte ». Mais la seconde écho­gra­phie ne laisse plus de place aux doutes. Elle conti­nuait bel et bien. Dès le len­de­main matin, je me suis donc ren­due au centre de pla­ni­fi­ca­tion fami­liale du prin­ci­pal CHU de la ville, et j’obtenais un rendez-vous pour le 30 jan­vier. Un peu tar­dif. Celui plus proche de mon domi­cile, moins débor­dés, m’en pro­pose un pour le 24. Il ne me res­tait plus qu’à attendre ce pre­mier rendez-vous afin de savoir com­ment la suite allait se dérou­ler.
    Cet entre­tien a été très rapide. Étant sûre de mon choix, et après avoir sim­ple­ment dis que je n’avais jamais voulu et ne vou­lais sim­ple­ment pas d’enfant, qu’il s’agissait d’un raté de contra­cep­tion parce que le DIU est des­cendu et que je ne chan­geais pas d’avis, il aura duré moins d’une demi-heure, le temps de don­ner les docu­ments néces­saires, rem­plir les papiers et de me voir expo­ser les dif­fé­rentes méthodes par la conseillère qui m’a reçu. Je repars avec un rendez-vous pour le len­de­main matin. Si tout se passe bien, étant encore à moins de sept semaines de gros­sesse révo­lues, je pour­rais faire une IVG médi­ca­men­teuse à domicile.

    Le 25 au matin, je ren­contre donc le gyné­co­logue qui va me suivre. Avant tout, il me retire sans dif­fi­culté mon DIU, ce qui va me per­mettre de faire l’IVG médi­ca­men­teuse. Il m’explique encore une fois com­ment cela va se pas­ser, la prise des com­pri­més. Étant encore dans les délais (à un jour près !) j’ai pu faire le choix de prendre ces com­pri­més à domi­cile. J’avais la pos­si­bi­lité de me rendre rapi­de­ment à l’hôpital en cas de pro­blème et mon com­pa­gnon a pris sa jour­née pour res­ter avec moi et pou­voir réagir vite en cas de souci.

    Le 27, 48h après le pre­mier, je prends enfin les deux com­pri­més qui vont déclen­cher l’avortement. J’avoue avoir angoissé la veille, non pas parce que je me serais mise à dou­ter de ma déci­sion, mais sim­ple­ment comme on peut angois­ser face à une situa­tion incon­nue. Fina­le­ment, tout s’est très bien passé. Les dou­leurs n’ont jamais excé­dées celles de règles très dou­lou­reuses, de celles qui vous obligent à res­ter allon­ger quelques heures. Et l’après-midi, j’étais déjà sur pied, l’esprit libéré avec la cer­ti­tude d’être enfin débar­ras­sée de cet amas de cel­lule qui, dans ma tête, n’aurait jamais dû com­men­cer à faire sa place dans mon utérus.

    C’est une grande chance d’avoir accès à un ser­vice de soins et à du per­son­nel com­pé­tent (j’entends par là com­pré­hen­sif, ouvert au dia­logue. Je n’ai jamais été confronté ni au silence, ni au juge­ment) si près de chez moi. De plus, étant actuel­le­ment en recherche d’emploi, j’avais du temps à consa­crer à toutes les démarches néces­saires qui se sont avé­rer être assez longues et plus lourde qui l’acte lui-même. Mon com­pa­gnon tra­vaillant à plein temps, j’ai fais toutes les démarches et tous les rendez-vous seule, néan­moins cela ne l’a pas empê­ché d’être pré­sent, tout comme mes ami(e)s que j’avais mis dans la confi­dence. Même sûre de son choix, ce sou­tien n’est pas négli­geable dans ces moments-là.

    Depuis, je reprends mon rythme de vie nor­mal. Je ne res­sens plus cette fatigue intense qui m’handicapait tel­le­ment. Psy­cho­lo­gi­que­ment, ça a été un véri­ta­ble­ment sou­la­ge­ment et oui, je vais par­fai­te­ment bien dans ma tête. La semaine pro­chaine j’ai le rendez-vous post-IVG et le gyné­co­logue me repo­sera un nou­veau DIU en cuivre. J’espère ne pas revivre la même mésa­ven­ture plus tard, mais ça reste le seul moyen de contra­cep­tion dans lequel j’ai réel­le­ment confiance.

    Alors à ceux et celles qui sou­hai­te­raient voir l’avortement dérem­boursé sous pré­texte qu’il est tou­jours pos­sible d’éviter une gros­sesse non dési­rée, savez-vous à quel point vous vous trom­pez ? Au-delà du fait qu’il est inac­cep­table de reve­nir sur cette pos­si­bi­lité de CHOIX qui est offerte aux femmes, un acci­dent peut tou­jours arri­ver. Si j’avais dû prendre des risques pour avor­ter, je l’aurais fait, parce que c’est mon corps, ma vie, mon ave­nir qui est en jeu et qu’aucun(e) poli­tique n’a le droit de déci­der de ce qui est bon pour moi ou non.

    Cet avor­te­ment, je l’ai choisi, je ne le regrette pas et je vais très bien merci !

    Élisa, 10 février 2012.

  46. Alexe says:

    J’ai 19 ans et j’ai avorté il y a main­te­nant une semaine. Et je vais très bien, merci.
    J’ai pas eu de chance, comme d’habitude on pense que ça n’arrive qu’aux autres. Et mal­heu­reu­se­ment non.
    Quand on apprend ça , qu’on le veule ou non, on ne peut pas tou­jours le gar­der.
    Etu­diante sans revenu à part ceux de ma mère, apprendre à 6semaines et 4 jours que je suis enceinte. En suite suivre les démarches et avor­ter à 8semaines et 5 jours. C’est sur­tout dur mora­le­ment, sur­tout quand votre corps se venge et vous rend mal pen­dant 1 semaines, une fois à l’hôpital, on ne réa­lise pas. Une fois réveiller tout est der­rière nous, sou­la­gées sans doute, mais peut être un peu mal. L’intervention pour ma part, ne m’a pas fait mal, j’ai plus eu mal les jours avant (maux de ventre ect). En suite , quelques heures aprés, je me sen­tais comme avant , main­te­nant je me sens mieux, une épreuve en plus, qui fait réflé­chir. J’ai eu beau­coup de chance étant jeune majeure que l’hôpital de ma ville prenne tout en charge, les gens ne vous juges pas, et essaye de vous faire sou­rires. Si vous allez subir cette épreuve, avant qu’on vous endormes, soyez posi­tif. Sou­vent il est mieux d’agir vite, même si moi c’était trop tard pour un IVG médi­ca­men­teux. L’IVG par aspi­ra­tion, ne m’a fait aucuns tord, je n’ai pas eu mal, et aucuns effets secon­daires dou­lou­reux. J’ai choi­sit l’implant dans le bras, sans dou­leur, ceci m’assure pen­dant 3 ans une contra­cep­tion je n’aurais dont pas à oublier de la prendre, vu qu’elle est dans mon bras, dis­cret et sans prise de tête. Ceci n’est pas ano­din comme inter­ven­tion, elle fait gran­dir, on peut avoir 14 ans ou 25 ans, ceci arrive à beau­coup de per­sonne et ce n’est pas une ques­tion d’être imma­ture et de pas savoir réflé­chir. C’est juste que mal­gré tout des fois il arrive des acci­dents, et on ne peut pas tou­jours choi­sir. Avor­ter n’est pas une honte, il faut du cou­rage . Alors cet avor­te­ment, je l’ai choisi, je ne le regrette pas , car main­te­nant ça m’a per­mis d’avancer et de tour­ner une énorme page. N’hésitez pas à en par­ler , il y a des gens pour ça.

  47. Estelle says:

    J’ai avorté il y a trois jours et je vais bien, merci. Je vais même mieux… Un acci­dent de contra­cep­tion et me voilá enceinte. J’ai 35 ans et deux enfants déjá. Aucune envie d’un autre enfant.
    Déci­sion prise en toute conscience, après diz­cus­sion avec mon mari. Pas un ins­tant je n’ai douté.…mais voilá les délais sont longs et bien que j’assure au méde­cin que je n’ai pas besoin de la semaine de reflexion .…je dois quand même m’y soumettre.Résultat depuis ma pre­mière visite, trois semaines á attendre, trois semaines de nau­sées, de dou­leurs bref de symp­tomes nor­maux lorsqu’on est enceinte. Pour moi c’est cela qui a été vrai­ment dur. Voilà, il y a trois jours, anes­thé­sie géné­rale puis inter­ven­tion. Immé­dia­te­ment après, je me suis sen­tie sou­la­gée et depuis je revis. Je m’en veux pour cet acci­dent de contra­cep­tion mais sur­tout pas pour ma déci­sions. Je n’ai pas douté et je n’ai aucun regret. Com­ment accep­ter qu’un acci­dent, une erreur engage toute mon exis­tence alors même que j’ai le droit de déci­der!! Et c’est ce que j’ai fait.
    Tout le per­son­nel médi­cal que j ‘ai ren­con­tré a été sub­til et déli­cat avec moi sans tom­ber dans la dra­ma­tur­gie!!! Oui c’est une épreuve mais fran­che­ment je vais bien et je suis pas trauma!!! Voilá, je vou­lais sou­te­nir toutes les femmmes qui doivent un jour prendre cette déci­zion qu’il faut dédra­ma­ti­ser.
    J’ai avorté et je vais bien, merci
    Estelle

  48. Maria says:

    J’ai avorté hier par méthode médi­cale. Et je vais très bien men­ta­le­ment. C’est vrai que phy­si­que­ment les crampes et les pertes de sang res­semblent, pour moi, à ces règles dou­leu­reuses que nous avons toutes connues un jour. Mais l’acte en lui-même était une simple for­ma­lité dans mon cas : il était hors de ques­tion d’avoir un enfant et l’équipe du plan­ning qui m’a sui­vie ne m’a JAMAIS ren­due cou­pable ou mis en doute ma déter­mi­na­tion.
    Donc depuis hier 14h30 je suis une de vos salopes et j’accepte ce titre avec plai­sir car OUI JE VAIS BIEN

  49. Marion says:

    J’ai avorté deux fois et je vais bien.
    La pre­mière fois, j’avais 23 ans, un copain sérieux et un moyen de contra­cep­tion. Je ne m’en suis pas ren­due compte tout de suite, voire pas du tout. J’avais certes pris un peu de poids mais vu que mon copain était cuis­tot, rien de bien anor­mal de ce coté là ! J’ai fait un test en août car je n’avais pas eu mes règles ce der­nier mois. Le test étant posi­tif, j’ai tout de suite entre­pris les démarches. L’accueil a l’hôpital fut en froid, c’est le moins qu’on puisse dire. Sur­tout lorsque lors de l’échographie, le méde­cin a réa­lisé que je n’étais pas enceinte de 1 ou 3 semaines comme je le pen­sais mais de 16. Il a bien entendu refusé de croire que j’utilisais la pilule, ou alors que je ne la pre­nais pas régu­liè­re­ment et a fini par me ren­voyer sans aucunes indi­ca­tions de la marche à suivre. J’ai fini par trou­ver : le plan­ning fami­lial. Accueil cha­leu­reux, pas de culpa­bi­li­sa­tion et me voilà par­tie pour l’Espagne. Si ce n’est le coût finan­cier, dont j’ai mis un an à me remettre, tout s’est très bien passé. Je ne suis res­sor­tie qu’avec un gros res­sen­ti­ment pour mon copain de l’époque, dont le corps, lui, n’avait pas changé et une parano qui m’oblige à faire des tests tous les trois mois.
    Le pire ça a été quand j’ai réa­lisé que j’avais dit un peu avant toute cette his­toire que pour être enceinte et ne pas s’en rendre compte, il fal­lait être pau­mée. Enceinte de 3 mois à ce moment là, j’aurais mieux fait de me taire.
    Bref, j’ai juré qu’on ne m’y repren­drais plus.
    Et… deux ans après, même période esti­vale. J’avais repris les études et j’étais en vacances en atten­dant l’année pro­chaine. Je n’avais pas de rela­tions sexuelles pen­dant un petit moment et j’avais un copain depuis 3 mois mais je conti­nuais à faire des tests régu­liers, juste pour me ras­su­rer. C’était fin juin, je fais mon test comme une for­ma­lité… Posi­tif. Vu le néant de ma vie sexuelle de la der­nière année, j’étais per­sua­dée que cette fois-ci, j’étais les temps. Le méde­cin a l’hôpital n’était pas du même avis. Il m’a donné une date de concep­tion au 14 février (iro­nie du sort). J’ai eu beau lui expli­quer que c’était impos­sible, que je savais que je n’avais pas eu de rela­tions sexuelles à ce moment là, il n’en a pas démordu.
    « Vous êtes sure que vous n’avez pas trop fait la fête un soir et que vous ne vous en rap­pe­lez pas ? » Euh non merci bien. Mon plus grand regret, c’est de ne pas l’avoir envoyé paître. Dans cette situa­tion là, on est per­due, assom­mée, sous le choc et on dépend des méde­cins. Triste est de consta­ter qu’ils uti­lisent ces peurs.
    Et rebe­lotte pour l’Espagne, avec ma mère cette fois-ci. Je n’étais pas mal, plu­tôt calme mais je me sen­tais néan­moins cou­pable de ne pas m’en être ren­due compte… une deuxième fois. L’accueil a l’hôpital était bien, cer­tains méde­cins par­laient fran­çais. Et évidem­ment lors de l’échographie, ils se sont ren­dus compte que je n’étais pas aussi enceinte que ceux que disaient les méde­cins fran­çais. Ils m’ont même confiés que ça arri­vait sou­vent. L’opération, elle, ne fut pas une par­tie de plai­sir, j’attendais dans une salle avec d’autres jeunes filles, en pleine détresse, avec qui bar­rière de la langue oblige, je ne pou­vais pas com­mu­ni­quer. J’en garde un très mau­vais sou­ve­nir mais aussi le sou­la­ge­ment de savoir que c’était fini !
    Je suis sor­tie très vite pour retour­ner à ma vie nor­male… et non je ne le regrette pas.

  50. géelle says:

    J’ai avorté il y a un mois et 5 jours.
    C’est encore pénible car j’y pense sou­vent, et la société nous impose une culpa­bi­lité de prin­cipe !
    Mal­gré le deuil que je dois conti­nuer, une chose reste claire et lim­pide dans mon esprit : j’ai pris la déci­sion la plus sen­sée de toute ma vie.
    Le géni­teur s’est intro­duit dans ma vie en me fai­sant croire qu’il était libre.
    Que nénni !! mal­gré sa situa­tion (en concu­bi­nage notoire), lorsque je lui ai annoncé ma gros­sesse, il m’a fait croire qu’il vou­lait réel­le­ment avoir cet enfant de moi.
    Je savais au fond de moi que tout cela était la plus grosse impos­ture au monde.
    La déci­sion d’avorter était dif­fi­cile à prendre parce qu’à plus de 30 ans, je n’avais pas encore eu d’enfant, étant encore céli­ba­taire, que j’ai un petit désir sourd d’enfant et que l’âge monte etc.
    Mais je savais que je n’aurais pas eu le coeur d’élever un enfant seule (ou à moi­tié seule), que je ne vou­lais pas don­ner à mon enfant un papa « à temps par­tiel », et que, au des­sus de tout cela, je ne sou­hai­tais pas être liée à vie à cet homme là.
    J’attend aujourd’hui encore l’Homme de ma vie, encore plus convain­cue et déter­mi­née à vivre mes rêves et à choi­sir ma vie.
    Je vais tous les jours de mieux en mieux, merci !

  51. Sarah says:

    J’ai 23 ans, j’étais avec un homme avec qui je m’amusait beau­coup depuis 6 mois, mais qui ne s’occupait abso­lu­ment pas de ses enfants (il en a déjà quelques uns), je ne pen­sais pas tom­ber enceinte : pré­ser­va­tifs à chaque rap­port… sauf très très rares excep­tions. Nous ne sommes pas dans une rela­tion exclusive.

    La pilule, je ne la prends plus depuis long­temps (perte de libido). Avec l’anneau (qui est un contra­cep­tif super quand on a une rela­tion exclu­sive), j’ai déchiré 3 pré­ser­va­tifs dif­fé­rents avec le même homme, heu­reu­se­ment. Depuis 8 mois donc, je me contente du pré­ser­va­tif, qui ne me dérange pas, du tout.

    Un peu d’alcool, mes règles qui venaient de finir, ok, on en met pas cette fois… Et bam.

    La date de concep­tion était au 9 mars, je pense qu’au bout d’une semaine et demie, je savais que j’étais déjà enceinte : dou­leurs très forte dans les seins.

    Pre­mier test néga­tif. J’invente, mes règles vont arri­ver, mes seins sont juste en mode gon­flés avant les règles.
    Deuxième test une semaine après, posi­tif direc­te­ment. Je le savait. J’aurait dû en faire tous les jours s’il fal­lait, des tests.

    J’ai envie d’en par­ler à « mon homme » le soir même, je savais que j’allais avor­ter, mais j’avais envie qu’on en dis­cute. Il m’annonce sans pré­am­bule que sa femme est reve­nue, qu’il pense se remettre avec. Ils étaient sépa­rés depuis plus d’un an. Pas envie de lui par­ler de ce qu’il se passe dans mon ventre, perte de confiance en moi, en lui. Je me dit même que si je lui dit que je suis enceinte, il est capable de me deman­der de le gar­der parce que « vu comme on est beaux tous les deux ça ferait un magni­fique bébé », qu’il « sera là » pour moi et que ce ne seront que de jolies paroles qu’il a dit à d’autres femmes avant moi. Et qu’il serait capable de me faire culpabiliser.

    Je vois le gynéco le lundi 2 avril, dès mon entrée je lui dit que je suis enceinte et que je ne sou­haite pas gar­der l’enfant. Il me donne la date de concep­tion et rédige le cour­rier pour l’établissement qui pra­ti­quera l’avortement.

    Je dois me dépla­cer en per­sonne pour prendre le rdv avec la gynéco « on ne vous donne le rdv qu’en voyant la lettre du gynéco, et seule­ment 8 jours après votre pre­mière consul­ta­tion », la secré­taire est froide au télé­phone. Sur place, c’est une autre, très conci­liante pour la prise du RDV.

    Le mardi 10 avril, la secré­taire veux me fait signer un papier ou je dis bien com­prendre qu’il y a des risques liés à l’avortement : dont la sté­ri­lité. Elle est hau­taine, je sent le juge­ment à son « vous avez déjà subit cette inter­ven­tion ? non, c’est la pre­mière fois » Je sou­haite signer le docu­ment après en avoir dis­cuté avec la gynéco, la secré­taire fait la tête. La gynéco est beau­coup plus cool, elle me donne un fas­ci­cule, mais je ne pense pas qu’elle le fasse pour tout le monde, c’est sim­ple­ment qu’elle voit que j’ai beau­coup de ques­tions en tête… On parle du risque de sté­ri­lité, qui est quand même faible, on parle contra­cep­tion, non je n’ai pas envie d’un implant, je vais me remettre à l’anneau. Nou­velle écho­gra­phie pour véri­fier que la gros­sesse est « évolu­tive », ordon­nance pour avoir la carte de groupe san­guin et la pro­cé­dure est lan­cée, pour moi ce truc ne res­semble en rien à une vie.

    Le mer­credi j’ai RDV avec la sage-femme qui me don­nera les pre­miers com­primé, mau­vaise impres­sion que tous les soi­gnants qui passent à côté de moi savent que je suis assise là en train d’attendre pour « ça », alors que les femmes visi­ble­ment enceinte de l’autre côté attendent pour une autre prise en charge.

    Elle est gen­tille et sou­riante, mais on dirait qu’elle en fait tel­le­ment que je n’ai aucune rai­son de m’inquiéter. Et j’avoue, ça me ras­sure. Elle est expé­di­tive, mais me dit que je risque de sai­gner, que nor­ma­le­ment il n’y a aucune dou­leur. Elle me donne RDV le ven­dredi pour les autres com­pri­més, selon elle cela pren­dra 5 min. Dès le soir, je com­mence a sai­gner, comme si j’avais mes règles en 4 fois plus, la dou­leur est faible.

    Le ven­dredi je m’en sens toute à côté de la plaque. Cre­vée, envie de pleu­rer tout le temps. Je parle des « règles abon­dantes » à la sage-femme, elle me dit que c’est bon signe. Que ça veut sou­vent dire que l’interruption médi­ca­men­teuse fonc­tion­nera.
    Quand elle me demande si j’ai pris des anti-douleur (ben non, on m’a pas dit), elle s’exclame « mais pour­quoi tant de haine », elle va cher­cher doli­pranes dans ue autre pièce, me demande si j’en ai chez moi, si j’ai bien l’intention de res­ter dans mon lit toute l’apres-midi et ce jusqu’à demain matin, je dis oui. Les larmes me montent aux yeux (la peur ?), je me contient, je lui demande com­bien de temps les dou­leurs vont durer, et les sai­gne­ments, elle me dit que cela dépends de chaque femme. Elle me donne 2 Doli­pranes de 500 mg et me recom­mande d’en prendre toutes les 6h. Ok.

    Je rentre chez moi et je pleure, la dou­leur arrive, tou­jours comme des règles, puis­sance 10. Je pleure sur­tout parce que je suis seule. J’essaie de dor­mir. J’appelle mes copines, parle du beau temps, je les écoute par­ler de leur vie, non, je ne leur dirai pas ce qu’il m’arrive, je dis­cute avec ma maman et ma soeur aussi, ça va mieux, les doli­pranes calment bien la dou­leur. Je ne sais pas quand l’embryon est sorti : dans la douche, aux toi­lettes ? J’ai dormi à moi­tié et me suis dou­chée de nom­breuses fois en 20heures.

    Le samedi j’étais avec des amis (petit bar­buc) dont « mon ex », tout s’est bien passé, à part le mal de ventre (qui a bien dimi­nué quand même), j’ai essayé de ne pas y pen­ser. Le mal de coeur c’est autre chose, même si l’on savait tous les deux que notre rela­tion n’aurai jamais été plus loin. J’ai com­mencé à espa­cer les Doli­pranes le samedi soir et eu mal au ventre jusqu’au lundi soir.

    Aujourd’hui, j’ai tou­jours des règles, très fines, comme quand tu prends la pilule le pre­mier mois, je ne sais pas com­bien de temps cela durera, le mois j’imagine.
    Je n’ai plus mal aux seins, je suis moins fati­guée. L’échographie de contrôle, c’est ven­dredi 27, j’irai, mais je sais que mon corps est retourné à la normale.

    Non ce n’était pas un avor­te­ment de confort, car le confort n’existe pour ce genre de déci­sion. Ma sécu n’étant pas à jour, j’ai tout avancé, mais parce que j’en ai les moyens. Je ne sais pas encore si je cher­che­rai à me faire rembourser.

    Mais à ceux qui veulent dimi­nuer le rem­bour­se­ment de l’IVG, souhaitez-vous vrai­ment enle­ver ce droit des femmes à dis­po­ser de leur propre corps, à choi­sir si un enfant est le bien­venu à ce moment de notre vie de femme ?
    Souhaitez-vous que les femmes qui ont peu de moyens aient plus d’enfants ou galèrent d’avantage encore pour inter­rompre une gros­sesse dont elles ne veulent pas ?
    L’IVG est un droit, et on doit se battre pour le conserver !

    J’ai avorté le ven­dredi 13 avril 2012.
    Et je sais que c’était le bon choix, je vais bien. Merci.

  52. Krikr3l says:

    J’ai avorté un jour de mars 2012, et je vais bien merci!

    Pas lepé­niste pour deux sous, ce sont pour­tant les pro­pos de la pré­si­dente du FN qui m’ont le plus atteint. Comme si, oui, je me recon­nais­sais dans cette « IVG de confort » dont elle nous a rebattu les oreilles au cours de sa cam­pagne. J’étais entou­rée, aimée, dis­po­sant de moyens finan­ciers et sou­te­nue, quelle que soit ma déci­sion par familles, ami(e)s, amou­reux. Alors pour­quoi choi­sir l’avortement?

    La déci­sion s’est impo­sée d’elle même, sans hési­ta­tion, aucune. « Je ne suis pas prête » comme on l’entend sou­vent, voilà ce que je peux vous dire. Je rêve de voyages, d’aventures, d’imprévus et de coups de têtes. Je rêve d’explorer son corps, mon corps, mais pas à tra­vers l’expérience de la mater­nité. Je rêve de chan­ger le monde mais pas en éduquant cet embryon aux bons com­por­te­ments.
    Je ne veux pas. Et tout s’est arrêté là.

    Parce que l’avortement est un droit, j’ai choisi. Cela fait plus d’un mois que cette aven­ture s’est pas­sée, je porte aujourd’hui un sté­ri­let, et je vais bien, merci!
    Parce que l’avortement est un droit, nous n’avons pas à culpa­bi­li­ser lorsque nous choi­sis­sons de l’exercer.
    Parce que l’avortement est aujourd’hui un vote, je remer­cie les 343 salopes!

  53. Lili says:

    J’ai 24 ans, en der­nière année d’école de com­merce et j’ai avorté hier pour la pre­mière fois (et j’espère la der­nière) et je vais bien, je suis soulagée.

    Je laisse une trace sur ce site pour l’enrichir. Car quand j’étais enceinte et angois­sée, ce site contrai­re­ment aux autres a été très ras­su­rant. Heu­reu­se­ment qu’un site comme celui-ci existe. En voyant que j’étais enceinte, mon choix pour l’avortement était déjà fait mais c’est ce site qui m’a fait réel­le­ment com­prendre qu’on a de la chance d’être dans un pays qui nous laisse avoir le choix pour notre corps et notre vie. C’est aussi injuste qu’à cause d’une erreur à 2, juste une seule per­sonne doive subir les conséquences.

    Je vous épargne les détails de com­ment je suis tom­bée enceinte et le gros coup de choc.

    Pour celles qui doivent vivre ça, je vous conseille d’être bien entou­rée. J’ai eu de la chance d’avoir des amis proches (mon copain et moi n’étions pas dans la même ville) qui m’ont accom­pa­gnée à chaque RDV. Et ça il y en a eu pas mal. J’ai tou­jours eu de la chance de faire face à des gens com­pé­tents et aimables qui n’ont jamais remis en cause mon choix.

    Bref, je vou­lais sur­tout par­ler de la méthode chi­rur­gi­cale. J’ai choisi cette méthode car je ne vou­lais pas vivre mon avor­te­ment. J’ai vécu la gros­sesse qu’à tra­vers les nau­sées, les seins gon­flés et les chan­ge­ments d’humeur. Je n’ai pas vécu ça comme avoir un être qui gran­dis­sait en moi puisque ce n’était qu’un amas de cellule.

    A 5h du matin, le jour de l’opération, l’anesthésiste me demande de prendre un cachet. Le cyo­tec. Le cachet m’a donné des dou­leurs, comme des règles bien dou­lou­reuses. J’ai eu peu de sai­gne­ments mais la dame dans la chambre avec moi avait vrai­ment mal au ventre.
    J’ai eu la chance de pas­ser la pre­mière, à 9h00. Encore une fois, un per­son­nel com­pé­tent et aimable. Ils voyaient que j’étais stres­sée et me fai­saient des blagues pour me faire rire. Même si ça ne mar­chait pas, j’ai bien appré­cié le geste.
    Ils m’emmènent au bloc opé­ra­toire et c’est vrai­ment le moment où j’ai eu le plus peur. Je voyais les lumières défi­ler au des­sus de moi, j’avais l’impression d’être dans le cou­loir de la mort…Une fois en salle d’opération, ils me mettent la per­fu­sion et m’endorment. Je me suis réveillée envi­ron 1 heure après en salle de réveil. Je ne res­sen­tais rien. Pas de dou­leur, rien. J’ai alors demandé à l’infirmière si c’était ter­miné et elle m’a dit que oui.

    J’en reve­nais pas. Je me rap­pe­lais même pas m’être endor­mie. C’était enfin fini. On me ramène ensuite dans la chambre. L’autre femme arrive quelques minutes après. On échange nos impres­sions. J’étais sou­la­gée, c’était enfin fini. Avec toutes les démarches j’ai su que j’étais enceinte pen­dant 5 longues semaines. (Comme je vou­lais le faire par chi­rur­gie, il y avait un cer­tain délai d’attente du genre 7 semaines de gros­sesse pour que ça marche.)
    Je n’avais pas mal, pas de sai­gne­ments, je pen­sais qu’au fait que j’en étais enfin débar­ras­sée. C’est que main­te­nant que j’ai de petits sai­gne­ments, sans dou­leur, chose nor­male.
    Pour info, la dame à côté de moi a eu beau­coup mal après l’opération, mais les infir­mières l’ont prise en charge et lui ont donné des doli­pranes.
    Je sais qu’il faut attendre la visite de contrôle pour être sûre, mais je le sais que je ne suis plus enceinte.

    Bref, je suis pas fière d’être tom­bée enceinte mais je suis sou­la­gée d’avoir pu avor­ter. Je vais très bien, merci.

  54. sasa says:

    J’ai avorté le 1er Février 2012, et je vais bien merci!!
    J’ai 24 ans, je suis en CDI à temps par­tiel (750€) par mois, tout se passe bien avec mon chéri mais on com­men­cait seule­ment à cher­cher un appar­te­ment ensemble donc il n’était meme pas envi­sa­geable d’avoir un enfant, on vou­lait faire les choses dans l’ordre… Avec le recul même si cer­tains pro­fes­sion­nel n’ont pas été sympa je ne regrette abso­lu­ment RIEN, voila je vais donc racon­tait mon petit par­cours avec les ren­dez vous et les coûts que l’on ne pré­voit pas ^^ Bonne lec­ture :p
    Com­ment ais-je pu tom­ber enceinte?
    Prise de 5 pillules dif­fé­rentes qui ont été une véri­table catas­trophe: +20kg en 2 mois, migraine à en cre­ver, règles en continu pen­dant des mois…
    J’ai égale­ment essayé l’anneau qui est res­sor­tit aussi sec après avoir été mis x)
    De plus je suis aller­gique au latex, et à savoir les pré­ser­va­tifs sans latex craquent quelques fois.
    Donc avec mon copain c’est cal­cul d’ovulation et pré­ser­va­tif. Il a cra­qué quelques fois mais jamais dans les périodes cri­tiques jusqu’au jour…

    Lundi 23 jan­vier 2012: test de gros­sesse posi­tif.
    Je prends direc­te­ment RDV avec mon méde­cin géné­ra­liste, date pré­vue le jeudi 26 janvier.

    J’en parle avec mon copain, il pense comme moi, c’est trop tôt on com­men­çait à peine à cher­cher un appar­te­ment pour vivre ensemble.

    Déci­sion prise sans aucune hési­ta­tion. ( J’en parle égale­ment avec ma mère, qui me dit que cela doit être ma déci­sion, elle me raconte aussi avoir eut recours à un IVG qui c’était bien déroulé mal­gré que ce soit illé­gal à l’époque).

    Mer­credi 25 jan­vier je fais un 2eme test de gros­sesse avec esti­ma­tion: enceinte 3 semaine et +.

    Jeudi 26 jan­vier: mon méde­cin me dit de prendre contact avec mon gyné­co­logue, je lui dis que je n’en ai pas car cela c’était mal passé avec le pré­cé­dent. Suite à quoi il me pré­pare une lettre pour un gynéco vers lequel il veut m’envoyer. Il demande à se secré­taire de m’avoir un RDV le plus rapi­de­ment pos­sible semaine d’après der­nier délais. (celle-ci un peu réti­cente lui dit que cela risque d’être com­pli­qué il lui a dit qu’il ne vou­lait pas savoir que c’était comme ça)!! Prix 23€ (inté­gra­le­ment remboursé)

    Rendez-vous prévu le len­de­main avec le gynéco.

    Ven­dredi 27 jan­vier 11h45 gynéco prix 56.70€ ( inté­gra­le­ment remboursé)

    Il me reçoit je lui explique la situa­tion. On se dirige ensuite pour faire l’écho. Résul­tat début de gros­sesse mais décol­le­ment et pour le moment œuf clair pas d’embryon. Pour lui il y a risque de fausse couche. Un autre RDV est fixé le mer­credi 1er février pour lais­ser pas­ser la réflexion et voir s’il n’y a pas eu de fausse couche, sinon prise des 1ers médicaments.

    Mer­credi 1er février (my bir­th­day…) 56.70€ (inté­gra­le­ment remboursé)

    Pas de fausse couche. Il me demande si je suis tou­jours sûre de mon choix, je lui dis que oui. De là, une nou­velle écho, cette fois ci il y a bien un embryon, je n’en veux tou­jours pas.

    Il m’explique que là je vais aller prendre des médi­ca­ments qui vont inter­rompre ma gros­sesse, que nor­ma­le­ment je ne devrais pas avoir de dou­leur ni de sai­gne­ments, et que ven­dredi je ren­trais en cli­nique pour prendre d’autres médi­ca­ments pour évacuer l’œuf et que cette fois ci il y aurait des contrac­tions (- forte que pour un accou­che­ment) et des sai­gne­ments impor­tants plus que pour les règles.

    Il me dit ten­dre­ment en me pre­nant la main que tout va bien aller (du récon­fort ça fait du bien).

    De là on prend RDV pour le contrôle le lundi 19 mars.

    Je me dirige ensuite vers le ser­vice d’admission de la cli­nique pour réser­ver ma chambre pour le ven­dredi 3 février. Tout est pris en charges par la sécu et ma mutuelle, je n’ai rien à payer et je serais en chambre particulière.

    Je me rends ensuite au ser­vice mater­nité ou une sage-femme m’accueille pour prendre les 3 com­pri­més de MIFEGYNE vers 16h.

    Je rentre ensuite chez moi, aucune dou­leur, aucun sai­gne­ment. J’ai juste l’impression que les cachets res­tent en tra­vers de la gorge mal­gré toute l’eau bue.

    Cette sen­sa­tion va durer jusqu’à 19h30 envi­ron. Soi­rée tran­quille. Aucun res­senti par­ti­cu­lier les jours d’après.

    Ven­dredi 3 février: Je me pré­sente à l’entrée de la cli­nique à 8h15. Je monte ensuite dans ma chambre. A 8h30 prise de 2 com­pri­més de CYTOTEC, quelques sai­gne­ments sont appa­rus vers 10h20.

    Mon gynéco est venu me voir en me disant que des sai­gne­ments devaient appa­raitre et que si tout allait bien vers 13h/14h je pour­rais partir.

    La dou­leur était sup­por­table de légère crampe comme les règles. Par contre j’ai eu une très forte diar­rhée qui elle n’était plus sup­por­table au bout d’un moment.

    J’ai donc eut peu de sai­gne­ment, j’en avais quand j’allais au WC pour la diar­rhée. Je pense que j’ai expulsé l’œuf avant 11h entre 2 crises de diar­rhée quand je suis allée faire pipi j’ai clai­re­ment vu une petite bille transparente.

    Au bout d’un moment j’ai appelé une sage-femme pour qu’elle fasse quelque chose pour cette diar­rhée car j’en pou­vais vrai­ment plus…

    Elle vient donc avec tout son atti­raille, me pose une perf en me fou­tant du sang par­tout au pas­sage… tout ça pour me dire une fois la perf pas­sée que c’était du doli­prane et qu’elle n’avait pas voulu me le don­ner en cachet des fois que j’ai des nau­sées… j’ai hal­lu­ciné… du doli­prane… elle aurait pu sim­ple­ment me poser la ques­tion parce que du doli­prane j’en avait dans mon sac… je vou­lais quelque chose pour faire ces­ser cette diarrhée.

    Enfin bref à 11h n’ayant que très peu de sai­gne­ment, rebe­lote pour 2 com­pri­més de plus. La même peu de sai­gne­ment, diar­rhée atroce, et mal de ventre un peu plus intense. J’ai donc pris la déci­sion de prendre un immo­dium lin­gual que j’avais dans mon sac parce que la sage-femme m’avait un peu gonflé ^^.

    A oui à savoir aussi c’est que depuis envi­ron 10h du mat je n’arrêtais pas de pleu­rer pour un rien sans rai­son par­ti­cu­lière ca sor­tait juste comme ça… très bizarre.

    Vers 13h j’ai demandé ce qu’il allait se pas­ser vu que per­sonne ne me tenait au cou­rant et que le gynéco m’avait dit que si tout allait bien je sor­ti­rais entre 13h et 14h. Elle part se ren­sei­gner et me dis qu’elle va me redon­ner encore 2 com­pri­més car les sai­gne­ments n’étaient pas assez impor­tant. Cette fois elle me les as direc­te­ment mis dans le vagin (aucune dou­ceur, elle me disait juste mais déten­dait vous bon sang… super ça va m’aider c’est sur…) donc 2 com­pri­més de plus à 13h30.

    A 14h30 mon gynéco vient me voir en me deman­dant si j’avais plus de sai­gne­ments, je lui dis que non. Il me dit de des­cendre dans son cabi­net à 15h30 pour faire une écho voir ce qu’il en était et que de là on sau­rait si je pou­vais ou non sortir.

    A 15h, j’appelle encore une fois ^^ pour savoir si je pou­vais man­ger (à jeun depuis 6h du matin) parce que je devais aller à l’écho et que je ne me sen­tais pas par­ti­cu­liè­re­ment bien. Elle me dit que non je ne pou­vais pas car je ris­quais de vomir en reve­nant de l’écho… BON

    J’attends donc 15h30, je rap­pelle pour leur dire je dois aller à l’écho elle me dit bin allez y…

    J’ai hal­lu­ciné encore une fois… on m’envoi toute seule 4 étages plus bas avec une perf dans le bras alors que je leur avais signalé que je ne me sen­tais pas bien, un scandale…

    Je des­cends donc les marches tant bien que mal en fai­sant quelques pauses et en pleu­rant tou­jours pour un rien avec la rage contre ces sages-femmes!!

    J’entre dans le cabi­net de mon gynéco et il me fait l’écho et me dit que l’œuf à bien était expulsé (OUF) mais qu’il y a encore des restes et que donc il allait me don­ner des médi­ca­ments à prendre pen­dant 5 jours. Il me demande com­ment je me sens, et là je lui dis tout en pleu­rant que je n’arrête pas de pleu­rer sans rai­son mais que sinon ça allait.

    Il me prend dans ses bras pour me récon­for­ter, il me dit que non je ne pleure pas pour rien, que j’étais en train de vivre un trau­ma­tisme, et que ça prou­vait que je ne pre­nais pas ça a la légère, et que si je ne pleu­rais pas ça vou­drais dire que j’en ai rien à faire de tout ça.

    Il me donne les consignes à suivre: pas de rap­ports sexuels, pas de tam­pon, pas de bain pen­dant 2 semaines. Il me fait mon bon de sor­tie et je remonte dans ma chambre pour récu­pé­rer mes affaires sou­la­ger de savoir que je vais partir.

    J’appelle une sage-femme de ma chambre pour lui don­ner le bon de sor­tie et pour qu’on m’enlevé la perf, là elle me sort vous ne vou­lez pas man­ger? D’un regard plus que noir je lui dis NON là main­te­nant je rentre CHEZ MOI!, je crois qu’elle a bien sen­tie ma rage elle n’a pas insisté.

    Je suis donc par­tie rebe­lote 4 étages à descendre.

    Je vais à ma phar­ma­cie pour prendre les médi­ca­ments, et là AU mal­heur, ils n’en ont pas…. Mais bon très gen­tils ils ont appelé une phar­ma­cie voi­sine qui elle les avait, ils sont même allé me les cher­cher, des anges…

    Je suis ensuite ren­tré chez moi, ma mère m’avait pré­paré un bon pot au feu, et je me suis cou­chée tranquillement.

    Mon com­pa­gnon n’arrêtait pas de me dire qu’il vou­lait venir me voir quand j’étais à l’hôpital, mais avec cette diar­rhée je ne vou­lais pas qu’il soit là avec moi dans cette chambre.

    Le samedi matin je bos­sais, une mine de déter­rée, tout le monde me deman­dait si j’étais malade… oué oué je suis malade laissez-moi tranquille ^^

    Je n’ai pas trop eut de sai­gne­ments, j’en avais seule­ment quand j’étais debout ou quand je marchais.

    Après j’avais une semaine de vacance. Les sai­gne­ments tou­jours pareil très peu sauf quand je mar­chais ou en res­tant debout, ils se sont tota­le­ment arrê­tais le 14 février.

    Du ven­dredi 3 février au lundi 6 février quand même une dou­leur un peu plus forte que pen­dant les règles ce n’étais pas constant. En fait c’était sur­tout quand je mar­chais de trop ou que je m’agitais trop après j’avais très mal.

    A par­tir du mardi 7 février plus de dou­leur. A la sor­tie de l’hôpital j’ai pris pen­dant 5 jours 3 com­pri­més par jour de METHERGIN accom­pa­gné de dafal­gan si j’en avais besoin.

    Aujourd’hui, je me sens beau­coup mieux, ne regret­tant en aucun cas ma déci­sion. Je n’ai pas repleuré, j’ai seule­ment pleuré quand j’étais à l’hôpital, mais je pense que c’était dû à l’ambiance des sages-femmes et au fait que j’étais toute seule là-bas.

    Après je sais aussi que si j’avais su tout ça à l’avance, j’aurais pris la déci­sion de le faire par aspi­ra­tion sous anes­thé­sie géné­rale. Au moins, tout est déjà par­tit il n’y a pas l’attente de savoir si oui ou non ca a bien été expulsé. Il y aurait juste eut quelques sai­gne­ment un peu de dou­leur et basta…

    J’ai eut mon RDV de contrôle, un mois et demi après, tout était par­tit.
    Et de la on a parlé d’une nou­velle pilule avec mon gynéco, je n’étais pas trop pour mais il ne veut pas me poser de sté­ri­let du fait que je n’ai pas eut d’enfant. Il me donne donc une nou­velle pilule et me dit de ne pas hési­ter au moindre sou­cis de l’appeler il me dit que des pilules il y en a pleins et que l’on trou­vera bien celle qui me cor­res­pond. De la il me donne RDV dans 3 mois pour voir si tout se passe bien avec cette pilule.
    Pour le moment elle à l’air d’aller même si à la pre­miere pla­quette j’ai eut les règles pen­dant 15 jours ^^ on verra bien.

    Ce que je retiens de cet IVG, le posi­tif j’ai un méde­cin en OR, j’ai trouvé un nou­veau gynéco SUPER, avec mon chéri tout va bien!!!! on emmé­nage en juin et on est ravit!!!

  55. Mona says:

    J’ai très sou­vent entendu dire que ne pas gar­der l’enfant en cas de gros­sesse, c’était ne pas prendre ses responsabilités.

    Moi, j’ai pris à bras le corps mes res­pon­sa­bi­li­tés: J’ai avorté en juin 2011, et je vais bien, très bien même ! Merci !

    Ayant des règles très irré­gu­lières, je ne me suis pas inquié­tée quand mes règles, un beau matin de mai, ne sont pas arri­vées. C’était fré­quent. Au bout d’une semaine et demi de retard tout de même, j’ai com­mencé à me poser des ques­tions et ai fina­le­ment acheté un test de gros­sesse en phar­ma­cie: Positif.…

    Aïe ! La déci­sion s’est tout de suite impo­sée à moi: étudiante, 22 ans; habi­tant chez ma mère, et dans une rela­tion de couple hou­leuse, tous les fac­teurs étaient réunis pour assu­rer à cet éven­tuel futur enfant une bonne vie de galère, de cris, d’angoisse et de chagrin…

    J’ai donc pris rendez-vous chez le méde­cin, pour faire une prise de sang dans le but de confir­mer les résul­tats du test de gros­sesse. Je lui annonce que mon test est posi­tif, et il me dit « ah! mais c’est for­mi­dable ! je vais vous expli­quer les pre­mières démarches à accom­plir ! » Heu, non je vais avor­ter. Tête de six pieds de longs du tou­bib, qui me regarde alors comme l’incarnation de la dépra­va­tion dans un corps de (jeune) femme.…

    Je réa­lise fina­le­ment cette fameuse prise de sang , et entre­prend d’annoncer la nou­velle à mon copain, bien que ma déci­sion soit déjà prise et irré­vo­cable. Que dire… Je me suis fait trai­tée de salope, d’abomination, de trai­née, je vou­lais tuer son gamin, l’avortement devait être inter­dit car il bri­sait les hommes et les vies de si nom­breux embryons… La famille a été appe­lée à la res­cousse pour me van­ter la for­mi­dable expé­rience qu’est la mise au monde d’un enfant, mon devoir en tant que femme (ou devrais-je dire matrice), ma res­pon­sa­bi­lité que je refu­sais d’assumer…

    Comme si mettre un enfant au monde dans un envi­ron­ne­ment glauque, instable, et sans le vou­loir pro­fon­dé­ment était prendre ses res­pon­sa­bi­li­tés… Au contraire, je consi­dère que j’ai sauvé ma vie et celle de cet enfant en avor­tant… Je lui ai offert la chance de ne pas venir au monde dans un cadre hos­tile à son déve­lop­pe­ment équilibré.

    Bref, direc­tion le plan­ning fami­lial pour pro­gram­mer une IVG. Le plan­ning m’oriente tout d’abord vers le gyné­co­logue du centre pour pas­ser une écho­gra­phie.
    Merci pour les com­men­taires insis­tants sur la « néces­saire prise de contra­cep­tion res­pon­sable » et pour les images de l’embryon.… Je rap­pelle que je pre­nais la pilule quand je suis tom­bée enceinte, et que cet événe­ment à été l’occasion de réa­li­ser un bilan gyné­co­lo­gique ulté­rieur qui a démon­tré que cette pilule était en fait inef­fi­cace pour moi.…

    Je retourne au plan­ning, j’annonce à la conseillère que je ren­contre que je sou­hai­te­rai réa­li­ser l’IVG sous anes­thé­sie géné­rale, à l’hôpital… Mais non, « vous com­pre­nez, vous êtes encore dans les délais pour une IVG médi­ca­men­teuse à domi­cile, c’est beau­coup plus simple et moins dur psy­cho­lo­gi­que­ment, parce que les séquelles d’un avor­te­ment, vous savez…Bla bla bla bla… » J’ai man­qué de volonté et de fer­meté et me suis lais­sée convaincre de réa­li­ser une médicamenteuse.

    La com­mu­nauté d’agglomération dont je dépends, qui regroupe 14 com­munes, compte 108 000 habi­tants. Com­bien de méde­cins pro­po­sant l’IVG médi­ca­men­teuses? Les paris sont lan­cés ! 3 ! Fan­tas­tique, me voilà donc par­tie pour une demi-heure de voi­ture pour ren­con­trer ce fameux méde­cin. Et là sur­prise, quelqu’un de vrai­ment bien. Il ne m’a pas culpa­bi­lisé, m’a dit que l’avortement était devenu presque banal main­te­nant dans la vie d’une femme, il a répondu à toutes mes ques­tions sans dra­ma­ti­ser, m’a pres­crit des antal­giques sans que je ne lui en demande, et en nombre ! For­mi­dable donc.

    Je pro­cède donc 2 jours plus tard à l’IVG, depuis mon lit. Dou­leurs atroces, mais bon jusque là rien d’anormal. Sauf que l’IVG n’a mar­ché que par­tiel­le­ment. Quelques jours plus tard, j’ai une forte fièvre, tou­jours des dou­leurs au ventre, donc direc­tion le gynéco. Il res­tait des débris intra-utérins qu’il fal­lait évacuer par cure­tage. Anes­thé­sie géné­rale, le len­de­main j’étais sur pied et je sor­tais de l’hôpital. Une bonne nuit de som­meil, et hop ! c’est reparti !

    J’ai donc vécu l’IVG médi­ca­men­teuse et le cure­tage, et je vais bien ! Le plus dur en réa­lité, cela n’a pas été l’avortement en tant que tel, mais la pres­sion qu’ont m’a infligé autour de celui-ci. Les regards désap­pro­ba­teurs, la phar­ma­cienne qui me dit que si elle avait été à ma place, elle l’aurait gardé, la vie c’est sacré… L’impression d’être la pire des traî­tresses et des salopes en vou­lant uni­que­ment accom­plir un acte auto­risé par la loi et qui ne regarde que MON corps, MES envies et MON intimité.

    Cet avor­te­ment m’a libé­rée, je suis sor­tie de l’hôpital en sou­riant, et si c’était à refaire je le refe­rai sans aucune hésitation !

  56. g.b says:

    Nous avons pra­ti­qué une IVG en Mars 2012. Ni mon com­pa­gnon, ni moi-même ne sou­hai­tions de cette gros­sesse. Ensemble nous élevons quatre enfants dont le plus jeune n’a qu’un an. Lorsque j’ai décou­vert que j’étais enceinte mal­grès un DIU au cuivre nous étions conster­nés, il nous sem­blait que ce mode de contra­cep­tion était ultra fiable… La déci­sion a été prise dans la minute, nous ne vou­lions pas d’autre enfant. Dans la jour­née j’ai appelé un gynéco d’une cli­nique privé. Nous avons pu obte­nir un rendez-vous trois jours après, nous nous y sommes ren­dus tous les deux. Le méde­cin a été cor­recte et res­pec­tueux de notre déci­sion. Par contre je n’ai pas eu beau­coup de détails « tech­niques » du dérou­le­ment d’une IVG médi­ca­man­teuse à part : « vous serez col­lée sur les toi­lettes deux heures après la prise du cyto­tec et ce pen­dant toute la mati­née ». En fait l’expulsion s’est pro­duite le len­de­main de la prise du myfé­gine, je n’ai abso­lu­ment pas souf­fert. Le pro­ces­sus a été si peu dou­lou­reux que je me suis même posé la ques­tion de savoir si l’IVG était effec­tive. A la visite de contrôle RAS, je suis phy­si­que­ment fati­guée mais sinon tout va bien,y com­pris psy­cho­lo­gi­que­ment, sans aucun doute bien mieux que si j’avais pour­suivi une gros­sesse non dési­rée. Alors oui comme tant d’autres femmes je vais bien.
    Mon expé­rience per­son­nelle n’est en rien trau­ma­ti­sante, j’ai été accom­pa­gnée par l’homme que j’aime, je n’ai pas souf­fert, je n’ai pas eu de remarques désa­gréables… Peut être aussi par­ceque j’ai trente cinq ans quatre enfants, et une gros­sesse sur un sté­ri­let encore en place. Aurais-je eu le droit à la même huma­nité à vingt cinq ans, enceinte après un oubli de pré­ser­va­tif suite à une soi­rée trop arro­sée ? Il me semble que ce qui trau­ma­tise les femmes c’est la façon dont elles sont reçues et trai­tées, bien plus que l’acte en lui même.

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