Vous pouvez laisser vos témoignages en commentaires. Ne laissez pas d’informations qui, croisées, permettent de vous identifier (sauf si vous y tenez) mais dites-nous un peu qui vous étiez à ce moment-là (âge, catégorie professionnelle, situation sentimentale…)
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Aujourd’hui, ça fait un an et un mois que j’ai avorté. J’étais, et je suis toujours, étudiante, même chose pour mon copain. On vit toujours chez papa-maman et n’avons pas de revenus réguliers.
Depuis presque 2 ans que nous étions ensembles, nous avions déjà eu l’occasion de parler de ce risque, et la décision était très claire pour tous les 2 : pas de situation potable + pas plus de 25 ans = pas de bébé.
Et voilà, c’est arrivé. Je ne prenais plus la pilule à cause de ses effets sur moi et attendait la fin d’un traitement pour recommencer. C’est bête, je n’ai pas recommencé assez vite. Bref, forcément, quand le test s’est avéré positif, j’ai paniqué. A qui j’allais en parler en 1er, qui contacter pour m’aider. Ca a été mon médecin traitant, puis mon copain, et ça a fini chez le gynéco. J’ai eu droit à l’IVG médicamenteuse, et du coup, en une semaine, c’était réglé.
Ca a été dur au début, même si je savais très bien que l’autre choix n’aurait rendu personne heureux. J’en ai parlé à quelques amies et à ma mère, il m’a fallu un mois ou deux pour m’en remettre, mais maintenant, tout va bien. Je ne pleure pas en voyant un bébé dans une poussette en me disant que ça pourrait être le mien, je ne pense pas à ce minuscule amas de cellules chaque jour qui passe, je ne m’en veux pas d’avoir épargné un enfant d’un début de vie difficile, je suis contente de continuer mes études et de sortir avec mes amis, je suis bien dans ma vie actuelle et je sais que j’aurai dû faire une croix sur ma jeunesse si j’avais gardé le bébé. Et en plus, je suis toujours avec le même homme, qui n’a jamais cessé de me soutenir pendant cette période.
Je ne suis pas traumatisée par mon choix et je sais très bien que ça ne m’empêchera pas de retenter le coup quand le bon moment sera venu. Parce que oui, j’aime les enfants, mais pas au point de leur gâcher la vie en en faisant une flopée avant mes 25 ans.
Avorter, c’est aussi épargner des vies, et ça, tout le monde n’en a pas conscience !
J’ai 26 ans et j’ai avorté il y a un mois et demi à peu près. Et je vais très bien, merci.
J’ai rencontré mon copain depuis bientôt un an, ça se passe très bien entre nous et nous réfléchissions « ensemble » à une méthode contraceptive qui nous convienne à tous les deux. Parce qu’à mon avis cette décision doit être prise à deux, ou au moins discutée ensemble. Je refuse d’être la seule responsable de ma contraception, même si c’est moi qui ai « subi » la grossesse! Nous partageons une vie sexuelle, nous devons partager les décisions qui la concernent. Cela nourrit le discours selon lequel c’est de la faute de la femme si elle tombe enceinte, c’est elle qui prend/oublie la pilule…
Je n’ai aucune envie de me justifier sur la contraception. J’ai toujours su que je pouvais tomber enceinte avec lui, j’avais d’ailleurs fait 4 test de grossesse avant que je ne tombe enceinte pour de vrai.
Depuis longtemps j’ai choisi de ne plus prendre la pilule parce que je ne m’y suis jamais bien adaptée. J’ai choisi donc le préservatif et pendant 6 ans cela a été ma seule méthode contraceptive jusqu’à que je ne le rencontre, et que je ne tombe enceinte début octobre.
J’ai opté pour la médicamenteuse; les médecins (mon médecin traitant, l’échographiste, le gynéco et finalement celui avec qui j’ai fait l’IVG) ont tous été d’une gentillesse et d’un respect admirables. Cools, agréables, sans porter aucun jugement.
Je l’ai fait chez moi avec mon copain, pendant un week-end dont je garde des souvenirs plutôt plaisants. On a écouté de la musique, on a fait à manger, on a parlé des choses et d’autres, on a lu des romans. Nous avons vécu ça ensemble, sans drame et sans regret.
J’ai le droit de vivre mon avortement sans aucune pesanteur, mes amies ont du mal à me comprendre… tant pis! Lui et moi partageons cet avis, c’est déjà ça!
Il faut dire que pour un mec ce n’est pas facile d’assumer qu’il le vit bien. Ils se sentent souvent dans l’obligation de souffrir pour nous comme si c’était une preuve de solidarité (ou d’amour, c’est ringard, mais oui, c’est bien comme ça que ça marche!) dans un moment « aussi dur ».
Le fait que je n’hésite pas une seconde, que j’agisse vite parce que je voulais vraiment me débarrasser de cette grossesse, parce que j’avais d’autres choses à faire et que ça foutait le bordel au mauvais moment, cela a été capital pour que mon copain comprenne que ce n’est pas grave, que nous avons le droit de boire un demi et trinquer « passons à autres choses ». ça nous a fait du bien de nous l’avouer.
(maintenant j’ai un implant et je conseille ça aux pilulophobes, comme moi)
Je voudrais juste rajouter que j’aurais aimé connaître votre site avant d’avoir avorté. On trouve plus souvent des témoignages culpabilisants, ce qui m’a persuadée d’en chercher plus sur internet à l’époque.
Merci!
J’ai 25 ans, j’ai fait un IVG depuis quelques mois et tout va bien.
Je viens de finir mes études, je n’ai pas de travail, je suis au RSA, et quand j’ai appris un peu par hasard que j’étais enceinte, j’étais en sous-location à deux dans un 14 m².
Bref! De plus, avec mon copain, tout va bien, mais on ne veux pas passer notre vie ensemble. Ça fait deux ans qu’on est ensemble, et on avait déjà parlé de l’éventualité qu’un accident arrive. On était tous les deux d’accord pour un IVG.
Du coup, je ne me suis même pas posé la question. J’ai contacté immédiatement le planning familial, ils m’ont donné toutes les adresse nécessaires, celle où je serais bien reçue, et pas jugée, parce que ça arrive encore.
Mon copain est rentrée pour m’accompagner aux rendez-vous. Même si on est sûre de ce qu’on fait, c’est important de ne pas être seule, d’après moi, parce que c’est un peu impressionnant. De plus, dans mon cas, l’excès d’hormone change l’humeur, et tout sentiment devient un peu exalté — amour, anxiété.
Voilà, c’est fini, je n’ai pas eu mal. J’ai utilisé la méthode médicamenteuse.
Est-ce que je regrette un « enfant mort ». Euh…pas vraiment. A l’échographie, c’était tellement petit qu’ils ne voyaient quasiment rien. En fait, ça mesurait 2mm. Franchement, 2mm! J’essaie de faire le lien entre enfant et 2mm, mais non en fait, pas possible.
Évidemment, je n’en ai pas parlé à ma famille, je ne me suis même pas fait remboursé, pour que tout soit anonyme, j’ai payé en cash et j’ai brûlé l’ensemble des papiers. Parce qu’en 2011, il y a encore des familles où ça ne se fait pas — tomber enceinte « toute seule » — même à 25ans, et pas 16.
J’ai trouvé un travail à l’étranger, et je vais vraiment faire ce que j’aime. Si un jour, je veux un enfant, je le ferais avec la personne que j’ai choisie, avec un toit sur la tête, et un salaire à la fin du mois, et pas en situation de totale dépendance aux aides sociales, et avec ma famille sur le dos, voire ma belle famille forcée.
Quand je vois un bébé dans une poussette, je ressens juste un immense soulagement.
J’ai avorte il y a presque 6 ans alors que j’etais etudiante aux Etats-Unis. Je ne prenais pas la pillule car j’avais des problemes hormonaux et je voulais savoir si j’etais capable d’avoir mes regles sans qu’elles soient declenchees. Mon gyneco m’avait dit et redit que probablement, j’aurais beaucoup de difficultes a faire un enfant et que je devrais le prevoir avec plusieurs annees d’avance. Alors, jeune et naive, je me suis dit qu’un moment d’inattention ne me causerait pas d’ennui… Mais voila, je suis tombee enceinte.… Je me suis tout simplement reveillee un matin et c’est comme si mon corps m’avait parle. J’en etais persuadee. Je ne l’explique pas. Le test etait positif.
J’etais aux Etats-Unis et sur le coup, completement perdue et paniquee… Le moment etait vraiment effrayant. J’en ai parle a mon copain (de l’epoque) et pour moi, il n’y avait meme pas de question a se poser, pour lui non plus d’ailleurs. Je n’ai pas reflechi un instant a savoir si c’etait la bonne solution.
J’ai donc commence par prendre le bottin et j’ai trouve un endroit (apparemment une association) ou on pouvait trouver de l’aide et recevoir des conseils sur la marche a suivre. J’y suis allee et me suis retrouvee devant deux bonnes femmes d’une cinquantaine d’annees qui m’ont fait refaire un test et qui m’ont explique que je devais garder la vie qui etait en moi et que je ne devais pas etre egoiste… il y avait toujours une solution… Quelle propagande!! Je suis sortie de la en courant et ai trouve leur demarche tellement malhonnete.…
Bon ensuite, j’ai affine ma recherche et ai trouve un centre ou avorter.… mais a 400 dollars et a 2 heures de chez moi.… un periple dans tous les sens du terme. J’ai subi une intervention chirurgicale dans un centre de Chicago ou nous avons ete accueillis (avec mon ami) par des activites pro-life qui nous tendaient les roses de la vie.… Dans la clinique, tout le monde etait tres gentil et ca s’est tres bien et vite passe. J’etais endormie, je n’ai donc rien senti et suis ensuite rentree chez moi. J’ai pleure un bon coup, non pas a cause de l’avortement mais a cause de tout le stress cause par cette demarche qui est un vrai parcours du combattant. Le vivre, c’est se rendre compte de l’absence d’un reel droit sur son corps.
(Je m’excuse de l’absence d’accent mais je travaille sur clavier anglais…)
J’ai avorté l’an dernier, et je vais bien.
J’étais dans une période dépressive assez sévère, grosses crises d’angoisse liées à la fin de mes études, et plus vraiment capable de prendre soin correctement de moi, y compris au niveau contraceptif. Me voilà donc enceinte.
La question de continuer la grossesse ou pas ne s’est pas posée, il n’en était tout simplement pas question, ni pour moi ni pour mon compagnon.
Heureusement, je n’ai pas eu de problème pour savoir où aller, ayant eu des échos positifs du centre de planning familial lié à l’université libre de Bruxelles. Et je dois dire que ces échos ont été confirmés par mon expérience, les gens qui y travaillent ont vraiment été très bien, et ce, dès la prise de rendez-vous par téléphone.
Avant de voir la gynécologue il y a eu une entrevue avec une psychologue, dans un premier temps sans mon compagnon, pour s’assurer qu’il s’agit bien de ma décision et pas d’une pression de sa part. Je n’ai pas eu l’impression de devoir me « justifier », ni d’être poussée dans un sens ou dans l’autre, au contraire, j’ai informée de toutes les possibilités (y compris de l’aide en cas de volonté de continuer la grossesse), du déroulement des opérations etc.
Je me serais bien passée de la semaine de réflexion, ne vivant pas très bien ce début de grossesse (physiquement: nausées, énorme fatigue et douleurs diverses). Mais bon, elle a passé relativement vite.
L’avortement a été par aspiration (vu le délai, il n’y avait pas le choix). Ce fut assez douloureux, malgré les anti-douleurs et calmants (il paraît que c’est très variable d’une femme à l’autre). Pour le reste, j’ai été bien accompagnée, mon compagnon a pu rester à mes côtés tout le long, et outre le médecin il y avait également la présence de la psy. J’ai pu rester ensuite dans une salle aménagée, confortable et calme, le temps d’être capable de rentrer chez moi.
Quelques douleurs les jours qui suivirent, un dernier passage chez la gynéco du planning pour vérifier que tout soit ok, et c’était fini.
Et donc non, je n’en ai pas souffert psychologiquement. Non, je n’ai pas de regret, non, je ne culpabilise pas.( Paradoxalement même, vu la dépression dans laquelle j’étais, c’était au moins un problème auquel je voyais une issue)
Je me suis sentie aussi un peu mal à l’aise en face de réactions de certain(e)s ami(e)s mis au courant qui clairement entraient dans un discours compassionnel.
Certes, ce n’est pas anodin, à prendre à la légère, mais de là à en faire un traumatisme…
Je ne crois pas non plus à l’argument des pro-vie comme quoi certaines femmes en feraient un moyen de contraception, ça reste une intervention trop lourde physiquement pour que ça puisse être anecdotique.
Personnellement, je sais que je ferai tout pour ne pas repasser par là.
Cet épisode m’a fait comprendre la chance que j’ai eu de vivre dans un pays où l’avortement est dépénalisé. Je le savais déjà, mais c’était uniquement théorique.
Refaire le point pour écrire ce témoignage, après avoir lu tout ceux qui avaient déjà été déposés m’a fait comprendre qu’en outre j’avais également eu énormément de chance pour à la façon dont ça s’est passé (le manque de respect auquel ont eu droit certaines femmes est vraiment révoltant).
Donc voilà, j’ai avorté, je vais bien, merci.
Merci à celles et ceux qui se sont battus pour la dépénalisation, merci à ceux qui procèdent à des avortements dans le respect des femmes et de leur choix, tous ceux qui permettent aux femmes de ne pas risquer leur intégrité physique et psychologique, leur vie même en mettant un terme à une grossesse non désirée.
Et vigilance, aucun de nos droits n’est hélas acquis…
Je rejoins complètement ton témoignage! Je ferais tes mots les miens! Merci!
Même si je ne pensais pas dire ça il y a un an, et bien, si, je vais bien.
Je venais d’avoir 21 ans et je suis tombée enceinte alors que j’avais un moyen de contraception, un pour lequel je m’étais « battue », un truc au taux d’échec ridicule (mais avec un taux d’échec quand même) : un DIU.
Tomber enceinte a toujours été une grande peur, d’où le DIU, qui me laissait « tranquille », rien à faire, juste l’amour et puis c’est tout. Je me souviens de quelques jours avant de faire le test de grossesse, pas encore vraiment de retard mais des sensations que je mettais sur le dos de tout et n’importe quoi, tiens j’ai mal aux seins, tiens le fromage c’est dégueu en fait, tiens je suis crevée. Quand j’ai lu le test, c’est comme si à la fois je le savais mais que le ciel me tombait sur la tête.
J’étais étudiante, mon copain aussi, nous le sommes toujours.
C’était juste pas le moment.
Prendre une décision (la trouver naturelle, la rejetter, l’accepter, se dire que c’est le moins pire, puis la meilleure chose à faire), ravaler sa colère (contre l’injustice, contre mon gynéco incapable de m’expliquer comment ça avait pu arriver, contre le manque de chance, contre mon corps, contre mon mec), tout ça m’a pris beaucoup de temps, tout comme pour arrêter d’être triste, de compter les mois.
Pour l’IVG elle-même, c’est mon gynéco qui m’a prise en charge, au Planning où ils faisaient des vacations. L’équipe a été adorable avec moi, vraiment. Moins avec d’autres. Mais je retiens quand même cette impression que non, on a pas le droit à la parole, on est totalement prises en charge, passives dans tout ça. Mon gynéco ne m’a pas donné le choix pour la méthode (mais il n’arrivait pas à enlever le DIU dont les fils avaient disparu), ça s’est passé sous AL, par aspiration, alors que j’étais enceinte de 3–4 semaines. Un petit point sur une échographie qui mesurait 2mm et qui non, n’était pas un enfant. Si j’avais eu le choix, eu le courage d’affirmer ce choix, j’aurais choisi autrement (ou pas…). J’aurais aimé plus d’explications aussi : j’ai eu un comprimé de RU 2 jours avant, et chez des amis, le soir, j’ai commencé à perdre des caillots de sang, personne au planning, personne chez le gynéco et l’infirmière m’avait dit que je ne saignerais pas. Si je n’avais pas demandé, personne ne m’aurait dit ce qu’étaient les petits cachets à prendre en mangeant (antibio). Souvenir impérissable aussi du moment où j’ai dû avancer l’argent pour l’intervention, ma mutuelle étudiante (?!) n’ayant pas fonctionné. Je ne me suis toujours pas faite rembourser d’ailleurs. Des visites ensuite ou visiblement mon gynéco n’avait pas envie de passer 10 minutes à écouter mon ressenti. Trop de patientes sûrement…
L’après est une longue (et difficile) série de prises de tête avec mon copain (surmontées) qui n’a pas vraiment été à la hauteur, de moments de grande douleur (guérie), de crises de larmes (séchées). Et puis à force de travail et de soin, autour de la date où j’aurais dû accoucher, j’ai réalisé que non, j’aurais dû rien du tout, j’avais fait ce choix, c’était le mien et il m’allait très bien.
Je ne dis pas que de parler de ça ne me rend pas un peu triste, parce que tout ça est tout sauf une période joyeuse de ma vie, que j’ai le souvenir de cette grande douleur (physique et morale) et que si elle s’atténue elle ne disparaîtra peut-être pas. Comme d’autres choses difficiles.
Mais oui, je vais bien, merci.
(Et merci à celles et ceux qui ont rendu et rendent possible l’avortement sans que cela soit un véritable cataclysme, ou un danger de mort. Pour que cela soit un évènement de la vie et pas une descente aux enfers.)
Cela fait aujourd’hui 1 an et des brouettes que j’ai avorté et je vais bien.
Le feu de l’action, la capote qui pête,… La pillule du lendemain pour laquelle il y a, je ne le savais pas, un certain taux d’échec, retard de règle, test et bingo, en plein dedans.
J’ai évidemment contacté mon « partenaire » pour lui annoncer la nouvelle. Nous avons pu calmement en discuter. A l’époque en fin de formation professionnelle, sans emploi, tributaire de pôle emploi financièrement,célibataire, je ne me voyais pas du tout future mêre!
Assez rapidemment j’ai pris la décision d’avorter. Cette décision est venue de moi, pas de pression du futur ex-papa de l’époque qui assez rapidement l’a accepté et m’a dit qu’il m’apporterait son soutien.
Je suis allée voir ma gynécologue qui a confirmé le test et m’a demandé ce que j’envisageais. Elle m’a laissé le temps de parler, m’a expliqué ce qui se passait et m’a parlé de l’avortement médicamenteux ( « ma grossesse était très jeune »: 15 jours) comment cela se passait, que cela pouvait se passer à domicile dans mon cas, qui il fallait contacter en cas de pépin…
J’ai eu droit à la semaine de réflexion, à la documentation…
J’ai envie de dire que, pour moi, cela a été cette semaine qui a été la plus difficile dans cette histoire.
J’ai eu le temps de retourner la question un peu dans tous les sens: être mêre, être femme, mon avenir… Ai-je bien le droit? Est-ce normal de ne pas vouloir être mêre là comme ça? n’est-ce pas une mesure de confort? finalement Eva, n’est-ce pas une mesure de confort? N’est-ce pas une fuite de tes responsabilités?…
Cela a été plus fort que moi, j’en ai parlé à trois amies. Je ne pouvais pas restée seule dans tout cela. Je ne me suis pas sentie jugée, j’ai tout de même expliqué mon choix (un peu de culpabilité certainement) et je leur ai demandé de m’aider, comme au futur ex-papa.
Je dois vous dire que ces personnes ont étées géniales, vraiment: ma gynéco, mes amies, ce mec…
Une semaine plus tard, j’ai réafirmé vouloir me faire avorter.
Le jour J, je suis allée chez ma gynéco qui m’a donné un médicament (le RU, un truc comme ça) et une copine est venue pour me raccompagner chez moi. Ensuite les trois sont venues au cours de la journée, elle se sont relayées. La soirée c’est finie avec le future ex-papa qui m’a veillé jusqu’au lendemain.
Par la suite, j’ai revu plusieurs fois la gynéco pour prendre encore un médicament puis un peu plus tard pour une visite de suivi.
Je tiens à dire que je n’ai rien eu à payer et que sur toutes les feuilles de soins ou de remboursements le fait qu’il s’agisse d’un IVG n’a jamais été mentionné.
Je remercie ces personnes de leur compréhension, leur aide, leur accueil, leur amour.
Je remercie ces personnes qui se sont battues pour que l’IVG soit un droit et puisse se passer sans que la mort en soit l’issue. Ces gens qui ne posent pas un regard accusateur « regarde la mère infanticide, regarde la traînée… (il n’y a pas besoin de se faire avorter pour entendre ces idioties!).
Merci aussi aux filles des 343 salopes qui me permettent aujourd’hui finalement d’écrire un petit bout de mon histoire et de réaliser que ouais c’est pas la balade de santé, ça fait réfléchir, ça chamboule mais l’IVG existe, il est un droit, il permet à la femme d’être ce qu’elle entend être.
On n’a pas été prudents mais j’ai pris la pilule du lendemain, en soulignant bien que c’était pas une bonne solution, et qu’on recommencerait pas à être cons.
Et puis des règles quasi inexistantes et cette certitude que quelque chose se passait dans mon ventre. J’ai fait le test : positif. J’ai appelé tout de suite le planning familial, qui m’a trouvé le nom d’un gynécologue près de chez moi. La secrétaire m’a trouvé un rendez-vous pour le soir même.
J’ai ensuite appelé mon copain du moment (dont je venais tout juste de me séparer, pour des raisons tout à fait autres) et nous y sommes allés ensemble. Verdict : 5 semaines, juste à temps pour l’IVG médicamenteuse. Parce qu’on étaient déterminés et qu’une de ses patientes avait finalement décommandé son rendez-vous pour la prise du premier médicament, j’ai pu prendre la première partie du traitement dès ce rendez-vous. Le gyneco m’a aussi mis sous anxiolytiques légers.
Mon ex était là deux jours plus tard, lorsque j’ai pris le second médoc et déclenché l’expulsion. J’ai un peu pleuré et perdu beaucoup de sang sur le coup, mais je me sentais tout à fait normale. Je suis partie pour un long weekend avec des amis le jour même, comme prévu.
Une semaine après, j’ai ressenti le besoin de pleurer, et mon ex, encore une fois, était là. On était tout à fait d’accord que c’était la bonne solution, mais j’avais des choses à extérioriser.
Alors oui, j’ai essayé de ne pas compter les mois, de ne pas me demander si ça aurait été un garçon ou une fille, mais je ne regrette pas du tout ma décision, et je vais bien, merci.
Aujourd’hui, lorsque je vois que ce droit est remis en cause, que certaines ont des difficultés à y avoir accès, je me dis que, plus que le fait de n’avoir pas de séquelles psychologique, j’ai eu de la chance d’être si bien accueillie et entourée.
J’avais 18 ans, ça fait presque deux ans maintenant, et c’est arrivé au premier écart fait, la seule fois où nous n’avions pas utilisé de contraception. Je pense toujours que c’est une gaminerie, une puérilité de ma part et de celle de mon copain, même si je ne culpabilise pas pour autant.
Je me suis rendue compte assez vite que j’étais enceinte et je suis allée avec mon compagnon au planning familial d’une ville pas très loin de la mienne. C’était l’été, je suis étudiante mais j’étais donc à ce moment là chez mes parents, je n’ai pas voulu le leur dire et je ne leur dirais pas justement parce que pour ma mère avorter c’est la fin du monde (elle n’est pas contre pour autant, mais elle ne comprendrait pas que j’aille bien). Comme mes parents habitaient à côté de l’hôpital, j’ai préféré jouer la prudence.
Tout s’est bien passé même si je suis passée entre les mains de tout un tas de psychologues me disant de bien réfléchir car ça allait être un traumatisme terrible. Ce discours entendu partout, que ce soit mes parents, mes amis, les médecins, est devenu ma bête noire, parce que j’allais bien et que je n’ai pas eu besoin de m’en remettre, l’expérience n’a pas été douloureuse pour moi, du tout.
J’ai été tout de même très heureuse d’être soutenue par mon compagnon, je l’aurais sûrement vécu d’une manière beaucoup plus stressante surtout. Dans les salles d’attente, je voyais toutes ces filles dans le même cas que moi, plus jeunes parfois, et aucune n’était accompagnée, je me disais que j’avais une chance folle.
Le jour de l’avortement est même un souvenir amusant et agréable : j’ai dormi chez un ami qui m’a amené très tôt le matin, moi et mon compagnon, ça a été un moment très agréable tous les trois, très particulier.
Et puis après l’avortement, mon ami est venu me rendre visite avec des pâtisseries et s’est glissé dans m chambre sans demander la permission, c’était amusant.
Je n’ai finalement que des souvenirs positifs de cette période et je suis heureuse d’entendre un discours différent, qui ne me donne pas l’impression d’être une horrible sans coeur.
Nous avons avorté en septembre 2010 mon compagnon et moi.
Nous n’étions ensemble que depuis un mois et demi on sentait que notre histoire était faite pour durer –toute la vie– je n’avais pas de contraception et ce jour là a été magique, au moment où nous avons conçu ce petit être on l’a su, on a tout de suite compris que j’était enceinte. Mais notre relation était toute récente, nous n’avions pas de travail CDI, j’avais peur du regard de ma famille et je ne voulais pas vivre une grossesse angoissée et ne pas être sure d’apporter à notre futur enfant tout ce dont il aurait besoin. Mon compagnon lui était plus détaché de toutes ces considérations matérielles mais il a vite compris que même si je faisais des efforts pour voir les choses du bon côté, je n’était pas sereine, on a donc rapidement décidé d’avorter.
Petite parenthèse revendicative… [ Nous avons avorté à Carcassonne, n’y allez pas où alors soyez psychologiquement solide, la prise en charge y est plus que déplorable: la plupart des gynécologues qui font les IVG là-bas sont loin d’être très favorable à cette pratique, nous sommes aller au rdv ensemble nous avons été « accueillis » par un piquet de glace, aucune question sur la manière dont s’est arrivé, encore moins sur la manière dont on vivait la chose, elle ne s’est adressée qu’à moi devant estimer que mon compagnon n’était qu’une décoration, elle ne lui a pas proposé d’assister à l’échographie, ne nous a pas donné les recommandations de base du post IVG.… Comme je n’était qu’à 3 semaines de grossesse elle m’a proposé la méthode médicamenteuse à faire chez moi du fait que je suis d’un groupe sanguin rhésus +, sur ce point j’était plutôt contente étant donné que, dans le service cohabitent les femmes qui viennent pour un IVG et celle qui sont enceintes et épanouies de l’être (ils ne doivent pas connaitre la notion de TACT), biensure la gynéco me dit que le jour où je prends les comprimés je ne devais pas aller travailler cela va de soit mais quand je lui demande un arrêt de travail pour la journée elle me rétorque:« mais mademoiselle ce n’est pas une maladie, je ne vous ferais pas d’arrêt de travail, si vous en voulez un vous n’avez qu’à prendre RDV chez votre généraliste ce jour là »… qu’est ce qu’on se sent épaulé c’est fou… ]
Bref 2 jours plus tard chez moi 7h je prends les comprimés que je vomi 45 minutes + tard, 9h j’appelle le secrétariat qui ouvrait pour savoir quoi faire, je doit revenir chercher d’autres comprimés j’habite à 45km de Carcassonne, 10h30 je repars de l’hosto avec mes médocs –même si les premiers n’étaient pas suffisants pour déclencher l’expulsion, j’ai quand même des sacrées contractions, 12h j’arrive chez ma généraliste pour avoir un arrêt de travail, au moins une qui a un peu de compassion elle me propose même deux jours d’arrêts, 13h je mange un peu avant de prendre les autres comprimés pas envie de vomir une 2e fois, après ca quelques heures pas très agréables mais un compagnon adorable qui reste près de moi et m’épaule du mieux qu’il peut.
On peut penser que c’est terminé mais pas tout à fait, je n’est pas vu le foetus expulsé ce jour, une semaine après une enclume dans le bas du ventre, je commence à m’inquiéter et deux jours plus tard au moment de me coucher, je sens quelque chose couler, je trouve ca étrange car je ne saigne plus depuis plusieurs jours et là je découvre le foetus, il lui aura fallu 9 jours pour sortir de mon utérus et double dose de médoc.
Je passe sur la défaillance de l’hopital pour la consult de surveillance 3 semaines après enfin j’ai juste entendu que 9 jours c’était anormal ca je sais mais je risquais soit disant une grosse hémorragie, je devais probablement reprendre une série de comprimés voir si ca ne marchait pas un curetage, tout ca à cause d’une microtache à l’écho.
Pour courronner le tout elle voulait m’empécher de partir 10 jours en vacances alors que je bossais 6j/7 depuis 6mois, heureusement que je suis infirmière et que j’ai fait un stage en service IVG (1000 fois mieux que celui ci), cela m’a permi de ne pas succomber à la panique et à la crise de nerf…
Je lui ai fermé son clapet en annoncant ma profession et rien de ce qu’elle m’avait prédit n’est arrivé ( très mauvaise madame Irma).
J’ai bien vécu cette décision car j’ai parlé à mon foetus avant l’avortement je lui ai expliqué les raisons de notre décision, et que je nous l’aimions de tout notre coeur, j’ai même proposé à son âme de revenir à ma prochaine grossesse.
Après 9 mois de recul je suis toujours avec mon compagnon on projette de faire un bébé bientôt, cette fois dans les meilleurs conditions qui puisse être, cette étape nous a rapproché et je ne regrette rien même si au moment où j’écris je devrais accoucher plus ou moins ces jours-ci.
Et même si j’y pense, c’est avec le coeur léger, plein de joie pour l’avenir et aucune culpabilité sur le passé.
J’ai avorté, je vais bien, merci !!!
Nous avons avorté, nous allons bien, merci !!!
Nous avons publié ce témoignage. Il n’en reste pas moins que c’est la femme qui avorte, qui ressent les douleurs physiques quand il y en a (ce qui est évitable) et qui est sommée d’aller mal ensuite. C’est une réalité physique et sociale.
Il faut aussi rappeler qu’il s’agit d’une expérience singulière et que si d’autres femmes ne voient pas d’enfant dans un embryon de quelques semaines, elles n’ont pas à s’en sentir coupables ou insensibles.
On se dit, c’est bon, ça va pas m’arriver.. Ce la fait 9 mois que j’ai avorté.
J’étais alors une étudiante de 21ans et n’avez pas de relation dite « sérieuse ».
Je ne sais pas comment l’expliquer mais avant même de constater un retard dans mes règles, j’ai « senti » quelque chose. Il a donc fallut se rendre a l’évidence et filer à la pharmacie.
Après, tout c’est enchaîné assez vite. Le rendez-vous chez le médecin, le rendez-vous avec l’anesthésiste, puis l’intervention. En cinq jours, tout était réglé.
Je ne sais pas si c’est à cause de la situation d’urgence dans laquelle je me trouvais, mais aucun des spécialistes que j’ai rencontré n’a prit le temps de m’expliquer comment ça aller se dérouler. C’est donc avec pleins de questions et d’appréhensions que j’ai vécu cette semaine. Heureusement, les conseils d’une amie en école d’infirmière ont pu me rassurer un peu avant l’intervention.
Je n’ai pas eu de problèmes de jugements de la part du personnel hospitalier. Au contraire, un aide soignant assez blagueur a tout fait pour me mettre à l’aise. L’intervention chirurgicale s’est bien passé. Un p’tit réveil douloureux et quelques nausées dues à l’anesthésie générale, mais rien de bien grave.
Il m’a quand même fallut quelques jours pour assumer cet évènement. En effet, la fatigue et le stress accumulés lors des dernières semaines sont retombé et j’était dans un état assez bizarre. Mais un matin, après une bonne nuit, je me suis réveillée et j’me suis dit » C’est bon, t’as fait ce qu’il fallait ! » Et en effet, dans ma situation, je n’aurais pas pu élever un enfant convenablement. Et puis, je suis jeune, je fais la fête, je sors avec mes amis, avec un bébé, mon train de vie aurait était chamboulé et je n’en avais aucune envie a cet instant.
Et donc voila 9 mois après, je peux le dire, j’ai avorté, je vais bien , merci !
Je tiens à dire que le fait dans parler à quelques amis proches m’a beaucoup aidé, j’en profite donc pour les remercier ..
Cela fait 6 mois que j’ai avorté.
J’ai 17 ans, je suis lycéenne et je ne regrette pas une seconde ma décision.
J’ai toujours eu beaucoup de problème avec mes contraceptions. J’ai a peu près tout essayé: pilule, implant contraceptif, anneau, patch… Rien a faire, à chaque fois, les effets secondaires étaient trop importants pour pouvoir continuer. Sauf pour la pilule mais beaucoup de mal à la prendre de façon régulière.
Bref, au moment ou je suis tombée enceinte, il y avait préservatif+pilule. Mais quand je me suis réveillée le lendemain matin, j’ai senti qu’il se passait quelque chose, sans pouvoir l’affirmer avec certitude. J’ai attendu deux semaines avant de faire un premier test, accompagnée de mes amies, qui était négatif mais qui ne m’a pas rassurer pour un sous. Seins tendus, sensations nauséeuses. Ça semblait mal parti.
Cinq jours plus tard, un samedi matin avant d’aller en cours, j’ai refait un test qui cette fois était positif.
Je n’oublies pas cette sensation mélangée entre de la satisfaction (savoir que tout fonctionnait normalement chez moi à été un grand soulagement) mais également une sensation d’impuissance totale.
Je suis restée 10 minutes dans ma chambre, histoire de reprendre mes esprits, et je suis directement allé voir ma mère.
« Maman, je suis enceinte, il faut que tu m’aides, je ne sais pas par où commencer«
Je savais qu’elle ne me jugerais pas, car elle a elle même subit trois IVG avant de me désirer, et ne concevait pas l’idée de devoir subir une grossesse. Son idée est qu’il faut le vouloir pour l’accepter.
Le défilé médical à commencé. Au bout d’une semaine, je me suis entendue dire que l’avortement médicamenteux n’était pas possible, que le planning familial était complet pour trois mois, et que j’avais intérêt à aller dans une clinique privée très chère pour pouvoir avoir une place.
On a donc décidé, avec ma mère, d’en parler à mon beau-père car il avait un ami gynécologue. Deux heures plus tard, j’étais dans son cabinet, il me faisait une échographie, et m’annonçait que je pouvais très bien prendre la pilule RU. Ce que j’ai fais trois jours plus tard.
Cinq minutes après la prise du comprimé, j’étais tordue de douleur, à vouloir m’arracher les tripes.
Cela à durer environ une heure, en se calmant petit à petit. Ma mère et un ami étaient là pour m’accompagner. Et mes règles sont arrivées normalement.
Je n’ai pas souffert moralement de cet avortement, c’était la seule chose à faire, et la seule solution concevable dans ma tête. Un peu mélancolique sur le moment, certes, mais aucuns regrets.
Je vois bien d’ici les caricatures qu’on peut faire de ma situation. Lycéenne et enceinte, quelle irresponsable !
Et bien non, je n’ai pas honte de ce qui m’est arrivé. Et personne ne devrait.
Pour le « père », je ne lui ai jamais dit. Non pas que j’ai honte de lui avouer, mais c’est qu’il n’y avait pas matière à discuter, et que ce n’est pas vraiment une personne de confiance.
Mes amis, eux, sont au courant, et ils ne me regardent pas de travers.
Je n’oublis pas cette période de ma vie, mais je suis très loin d’en faire des cauchemars la nuit.
Je suis fière de ce que je suis, et cette épreuve fait partie de mon histoire.
Alors, je vais bien, merci !
Juillet 2010, un préservatif qui craque…et hop enceinte.
J’ai 30 ans, j’ai fait de longues études, je suis fonctionnaire, je suis fille de médecin, j’ai une vie des plus ordinaires. Pour moi ce genre de choses ne pouvait pas m’arriver…mais non, finalement, ça n’arrive pas qu’aux autres.
J’ai rencontré mon partenaire du moment peu de temps avant, je pars en vacances une semaine et à mon retour j’apprends qu’il est allé voir ailleurs, c’est pas bien grave, un de perdu dix de retrouvés, l’histoire aurait pu s’arrêter là. Seulement voilà, ma poitrine qui avait bizarrement pris du volume pendant mes vacances est de plus en plus voluptueuse, le café que je bois en quantité industrielle, je n’en supporte plus l’odeur, le petit déj dont je ne peux me passer est remplacé par des nausées. Moi qui suis réglée comme une horloge, j’ai beau compter dans tous les sens et bien oui j’ai du retard.Je sais au fond de moi ce qui se passe, j’en parle à un ami qui me dit fais un test je suis sûr que tu t’inquietes pour rien, tu ne vas pas passer le week end à te faire du souci. Il m’a bien remonté le moral le bougre, j’y aurais presque cru, je fais donc un test pour me rassurer et là pas moyen d’échapper à la vérité, je suis enceinte. Enceinte et seule. Je reprends contact avec le géniteur, je le choque à son tour, histoire de.
Nous sommes au tout début du mois d’aout, on est aussi perdu l’un que l’autre. Pas de bol le planning familial de ma ville est fermé en août, répondeur qui laisse le numéro d’une sorte de plate forme, genre accueil téléphonique service après vente. Tout ce qui interesse la personne que l’on a au bout du fil, c’est l’état de notre couple mais on s’en fiche!C’est pas ça la question, il n’y a pas de couple. Finalement, elle dit d’aller voir telle et telle autre clinique de ma ville mais pas possible pour moi, j’ai trop peur de voir des gens que je pourrais connaitre. Elle nous oriente alors vers deux gynéco habilités a accompagner les IVG médicamenteuses, on s« y pointe illico et coup de rererepasdebol, les deux sont partis en vacances en meme temps. Il nous faut les conseils d’un médecin, de quelqu’un qui puisse nous aider et vite! Mon ex partenaire de l’époque a une entière confiance en son généraliste, on y va. Je n’ai pas vu de psy pendant cette période, ça ne m’a pas été proposé mais ce généraliste là est au top, je l’ai vu 3 fois: lorsque j’ai appris la nouvelle, avant l’IVG et après. Cet homme là aurait pu faire courir un marathon à un paraplégique. Il m’a aidé à relativiser, m’a fait me poser les bonnes questions et m’a remonté le moral comme personne. Faire un IVG est une décision que l’on prend oui mais ce n’est pas quelque chose que l’on fait de gaité de coeur. Ce docteur là m’a conseillé d’écrire le pour et le contre, m’a demandé de mettre sur papier la vie dont je rêvais et comment je voyais les choses pour moi. Ca peut paraitre un peu bateau, un peu fleur bleue mais ma vie, je la vois entourée d’amour, un homme que j’aime, un nid construit, des enfants voulus, faits dans l’amour et attendus. Ce dont je revais pour moi, n’était pas là, j’étais tombée enceinte par accident, il n’y avait pas d’amour entre mon ex partenaire et moi. Je me retrouverais seule avec un seul salaire forcement, je pouvais faire une croix sur mes projets d’acheter un appart et d’évoluer professionnellement. En étant très terre à terre, avoir un enfant dans la situation dans laquelle je me trouvais, signifiait me tirer une balle dans le pied et faire une croix sur mes projets pour un certain nombre d’années.
Nous sommes donc allés dans une ville voisine, j’ai vu un gynéco, j’ai attendu la semaine légale de réflexion, qui n’a pas été des plus simples parce qu’avec tout ce que j’avais pu lire, j’avais peur de regretter, mais j’arrivais pas à savoir quoi puisqu’il n’y avait rien de positif dans ma liste. La prise des médicaments se fait sur deux jours. La première prise sert à stopper la croissance de l’oeuf et la seconde permet l’expulsion. Il n’y a pas forcement besoin d’etre arrêté pour la première prise mais mon super médecin m’a mise en arrêt de travail direct une semaine avec un motif fallacieux.Le jour de la première prise a été un vrai jour de délivrance, toutes mes craintes de regretter se sont envolées. Pour la deuxième prise, je suis restée à la clinique une demie journée. Les sages femmes ont été moyennement bof, inexistantes mais bon, j’étais prête mentalement et la semaine de reflexion avait été utilisée mine de rien à bon escient. Par contre et là j’en reviens toujours pas, j’étais à l’étage maternité, les chambres d’à coté étaient pleines de mamans et de nouveaux nés, si ‚si!
Tout ça c’est le passé mais je n’oublie pas. Tous les rêves que j’ai couché sur le papier et qui m’ont permis de prendre la décision, je ne les rêve plus, je mets tout en place pour les réaliser, je ne suis plus passive de ma vie, maintenant j’agis. Cette décision a été un sacré coup de pied aux fesses, allé hop bouge toi maintenant! Voilà ce dont tu rêves, alors fais le!
En septembre, j’ai rencontré l’homme qui partage ma vie, je lui ai donné ma « liste de rêves » dans laquelle je faisais également part de mes décisions. L’appart dont je rêvais, maintenant il est à moi, avec mon compagnon on passe notre temps à savoir comment aménager notre petit nid. L’évolution professionnelle, je la perds pas de vue non plus. Un bébé, on y pense sérieusement aussi mais ça sera un bébé de l’amour.
Merci à Jérôme de m’avoir conseillé de faire un test et de m’avoir soutenue, tu as été le seul à savoir ce qui se passait dans ma vie à ce moment là sans être directement concerné, tu dirais, c’est normal, c’est le rôle d’un ami mais moi je dis merci qd meme c’est à toi que j’ai parlé et c’est pas pour rien.
Merci à toi Stéphane, le géniteur, ex partenaire, notre relation n’a pas toujours été facile mais tu ne m’as pas laissé dans la merde toute seule, tu m’as accompagnée comme t’as pu.
Merci au petit boudha, le super médecin, vous avez su me guider sans pour autant m’influencer.
Merci à toi Alexandre, d’avoir su entendre mon histoire et d’avoir accepté ma liste des rêves avec tant d’émotions.
Merci aux 343 salopes, chapeau bas!
Merci à vous d’avoir fait ce site, s’il avait existé il y a quelques mois il m’aurait beaucoup aidé j’en suis sûre.
J’ai fait une IVG et je vais bien, merci!
Angélique
Début 2010, je travaillais, j’avais 25 ans et je sortais d’une période très difficile sentimentalement parlant. Très instable, très malheureuse, je ne prenais plus la pilule. Et je suis enfin tombée amoureuse, sereinement, passionnément.
Préservatif craqué, pilule du lendemain… 2 semaines plus tard, poussée par une intuition venue d’on ne sait où, je fais le test. Positif. Le monde s’écroule. Oui, un bébé avec lui. Non, pas maintenant, surtout pas, on est tout sauf prêts. J’ai déjà du mal à me sentir femme, alors mère, c’est l’étape d’après pour moi.
Je cours au PMI. On me donne un rendez-vous rapidement avec une conseillère conjugale. Mon copain est là. Pour lui, c’est clair, on ne le garde pas. Moi, je me sens coupable d’être enceinte et de ne pas vouloir le garder. Comme si j’étais lâche. Comme si, en avortant, je criais au monde entier mon irresponsabilité et mon incapacité à avoir une sexualité maîtrisée. Comme si je n’étais pas digne d’être aidée après avoir fait un faux pas.
Et puis j’ai dans la tête tous les discours : « une femme qui avorte ne s’en remet jamais vraiment », « c’est un terrible traumatisme », « une femme qui avorte est trop faible pour être mère un jour ». Ils sont forts, ces mots, mine de rien. Moi qui avais toujours pensé et dit que l’avortement est une chance pour grand nombre de femmes et de couples, qu’un enfant ça se désire, j’en étais à me laisser envahir par le doute : « et s’ils avaient raison ? et si je ne devais jamais m’en remettre? »
Le déclic vient d’un ami : sa mère a avorté longtemps avant de l’avoir et elle ne regrette pas, n’a jamais regretté, en a parlé avec ses enfants, et va bien, merci.
Son récit dédramatise ma situation, je réussis enfin à penser à tout ça sereinement et à envoyer balader les doutes. Nous en parlons aussi beaucoup avec mon copain : nous parlons de nous, parents, dans le futur, quand nous serons mûrs pour ça. Nous avons besoin de temps.
Tout s’éclaire enfin : ma décision est prise.
Et c’est parti. Je m’en suis rendue compte extrêmement tôt, alors ce sera par voie médicamenteuse. La conseillère conjugale me dit que par aspiration, au moins, on laisse le geste au médecin, mais moi je préfère le faire, ce geste, l’assumer, même si ce n’est « que prendre 2 cachets ». Je suis décidée, alors je fais.
Tout au long du parcours, j’ai été accompagnée magnifiquement par tous les professionnels : psy, conseillères conjugales, infirmières, gynécos… et je sais que c’est une chance.
Seule ombre au tableau : le jour de la prise du 2è cachet, j’ai été hospitalisée du 8h30 à midi. A midi, m’avait-on prévenue, « vous sortez, que vous ayez expulsé ou pas ». A midi, rien ne s’était passé. C’est donc chez moi que tout est « sorti », dans l’après-midi. La douleur était supportable, mais il m’a fallu une grande dose de sang-froid à la vue de tout le sang. Heureusement, les infirmières m’avaient tout expliqué, clairement et précisément, ce qui m’a évité de paniquer le moment venu.
Par la suite, je n’ai eu aucune complication physique, et tout est redevenu normal dans le délai annoncé par les médecins.
J’ai eu besoin de revoir la conseillère conjugale du centre IVG plusieurs fois par la suite, pour encaisser le choc, et depuis, j’y repense régulièrement, sans douleur, sans culpabilité et je suis fière d’avoir réussi à faire ce choix et d’être sereine par rapport à lui. Reste la tristesse, celle qui dit « j’aurais aimé ne pas avoir à vivre ça ».
Quand j’y pense et quand j’en parle, je vois l’avortement comme un vrai choix lorsque la contraception a failli. Et j’éprouve une reconnaissance énorme envers celles et ceux qui se sont battus pour sa légalisation.
Quant au traumatisme psychologique que je craignais tant… cette décision fait aujourd’hui partie intégrante de ce que je suis, en tant que personne, en tant que femme, et un jour, peut-être, en tant que mère. Et tout va bien, merci !
ils suffit parfois d’une fois… un petit peu de laisser aller quand on s’aime est si vite arrivé…
oui mais voila, on est jeunes, et on ne se voit pas parents a a peine 20ans… comment apporter la stabilité a un petit être fragile quand soi même on est très loin d’être stable? j’étais en accord avec moi même, en accord avec lui, la décision était très claire tout de suite, même si on en a quand même longuement discuté.
on a donc pris rendez vous au planning familial, pensant trouver face a nous du soutien. au lieu de ça la personne face a moi a tenté a chaque rendez-vous de me convaincre que ma sensation de n’être pas prête était normale et que même les futures mères mais que cela ne devait pas forcement me pousser a avorter, que je ne me sentais pas mature mais que devenir mère me ferait murir et pourrait m’aider a me sentir mieux dans ma peau… en bref de me convaincre de changer d’avis…j’ai cru halluciner! elle tentait de me convaincre, quitte a me culpabiliser ou a affirmer des chose aberrantes (on ne fait pas un enfant pour aller mieux dans sa tête!!!)
heureusement le médecin était une femme très douce a qui j’ai d’ailleurs parlé de l’attitude de la « conseillère ». elle m’a aussi expliqué qu’elle même conseillait l’ anesthésie générale pour l’ivg par « aspiration ». le jour J j’ai donc été anesthésiée. je me suis réveillée, un peu vaseuse mais rien de plus.
je savais que j’aurais été malheureuse d’être maman. et que j’aurais très bien pu de par mon histoire et mes difficultés rendre un enfant malheureux… alors non je n’ai pas hurlé de désespoir, je ne pleure pas en voyant un bébé d’ailleurs ceux des autres je les adore et ils me font beaucoup rire et sourire. je ne me sens pas coupable. j’assume mes choix et je refuse de m’en cacher ou d’avoir honte. merci a vous de nous rappeler qu’on est libre de choisir et que ce n’est pas une honte.
j’ai avorté et je vais bien, merci!
Je ne sais pas si mon message a sa place ici, mais je laisse le soin aux moderatrices de l’enlever si elle le trouve peu opportun.
J’ai du subir un avortement, mais pas parce que la grossesse n’était pas désirée, juste parce que j’ai fait une fasse couche. Et je vais bien, merci! 15% des grossesses n’arrivent pas à terme et certaines de ces fausses couches doivent être extraite par curtage.
Ce n’était pas chouette, comme pour la plus part des filles qui doivent, par choix ou par nécessité, subir un curtage ou une aspiration, ou même un avotement médicamenteux. Pour moi nomplus ça n’était pas le moment, c’est mère nature qui a pris cette décision, mais elle fait les choses bien, le bébé n’aurait pas été viable et voilà.
Et je vais bien, merci.
Je raconte ça parce que j’ai le sentiment que la perte d’un embryon DOIT être quelque chose de terrible, parce que nous sommes FAITES pour être mère et que l’échec est forcement une grande douleur. Et bien je regrète qu’on ne permette pas à la chose d’être plus légère, plus facile.
Je suis maintenant enceinte de 8 mois, par choix, d’un petit mec, j’ai une vie que j’adore et je ne regrète rien. Je dis aussi ça pour dire aux filles qui avortent et qui savent qu’elles ont pris la bonne décision: votre heure viendra quand vous le voudrez et ça sera beaucoup mieux à ce moment là.
On a pas le contrôle sur tout, ni sur notre contraception (pas à 100%) ni sur nos grossesses. ça se passe dans nos corps, c’est donc à nous d’en « subir » les conséquences quand quelque chose ne va pas. Mais ce n’est pas un drame, c’est juste comme ça. Grâce au combat de femmes de valeurs, on a la possibilité de partiquer un avortement en cas de grossesse non désirée ou de fausse couche, merci à elles (au XIXe j’aurais pu y rester…).
Il n’y a pas que ça dans nos vies. On peut bien passé par dessus, surtout avec le soutien des toubibs et l’amour de notre entourage. Merci donc à eux tous, d’avoir participé à ce que toute cette histoire ne soit pas si terrible.
J’ai avorté il y a presque un an et demi, j’avais 19 ans et il était hors de question d’avoir un enfant maintenant. Mon copain a été très présent, et au début tout aller bien, mais au contraire des autres témoignages je n’ai pas été bien accueillie par les médecin. Déjà ayant plus de 18ans le planning familial de ma ville ne pouvait plus s’occuper de moi, du coup j’ai dû aller à l’hôpital avec des femmes qui allaient avoir leurs bébés. Donc cela commençais assez mal, de là j’ai été envoyé chez une gynécologue pour avorter par voie médicamenteuse. Je pense être tombé sur la gynéco la plus froide qui existe! J’ai saigné pendant deux mois après avoir pris le médicament!
Oui je peux dire que j’ai avorté et que je vais bien, je pense que au delà de l’avortement, la façon dont mon cas a été géré par les médecins a été plus traumatisante que l’avortement en lui même…
J’ai avorté il y a de ça un peu plus d’1 an (avril 2010).
J’étais en couple depuis septembre 2009 et tout se passait merveilleusement (et c’est d’ailleurs toujours le cas!)
J’avais 21 ans et toujours étudiante alors que mon copain bossait avec un revenu correct et un CDI.
Mi février nous étions invité chez des amis pour un anniversaire et on a pas mal picolé (oui j’avoue…). Dans le feu de l’action on ne se protège pas (toute façon il n’avais pas de capote mais je prenais la pilule). Je précise que ce soir là, avec tous les gens, l’ambiance et l’alcool ma pilule est malheureusement passé à la trappe :/
Je m’en rends compte uniquement le lendemain soir au moment de prendre la suivante, ni une ni deux je prends le comprimé oublié avec celui du jour.
Petit problème c’est que j’étais en fin de plaquette quand cet incident est arrivé et selon la notice j’ai donc vu qu’il pouvait y avoir risque de grossesse…
Pas du tout stressée, parce qu’après tout à part cette nuit tous nos rapports étaient protégés (en attendant de faire les tests). Je n’ai jamais pensé qu’un oublie de pilule (réparé malheureusement plus de 24h après…) pouvait avoir de telles conséquences.
Quelque jours plus tard retard de règles, je ne m’inquiète pas sur le coup pensant que c’est du à la prise de 2 comprimés d’un coup quelques jours plus tôt.
A la date où j’aurai du reprendre ma nouvelle pilule n’ayant toujours pas mes règles je fais un test, puis deux, puis un troisième pour être sur… je suis enceinte…
Impossible, pas moi qui n’oublie d’habitude JAMAIS ma pilule… J’en parle à mon copain et nous sommes d’accord pour dire que ce n’est pas le moment : moi étudiante, et c’est surtout trop pour lui comme pour moi !
J’en ai parlé tardivement à ma mère par peur de sa réaction (petite précision : elle travaille dans le paramédical) et elle me prends donc illico rdv chez un gynéco qu’elle connait et qui est compréhensif, bref parfait quoi. Parce que j’ai trop attendu avant de lui en parlé j’en suis déjà à mon 2ème mois… Nous sommes tous d’accord pour le faire rapidement (je n’ai pas eu la semaine de réflexion et tous les rdv normalement programmé) afin de ne pas me perturber pendant mes cours (beaucoup de dossier à rendre, exams,…)
Tout c’est bien passé, mon copain m’a accompagné tout comme ma mère et j’ai eu une anesthésie locale (je ne voulais pas générale pour ressortir le soir même). Tout c’est bien passé.
J’ai eu des crampes dans le ventre les jours qui ont suivi mais sinon j’ai avorté et je vais bien.
Ni moi ni mon copain ne regrettons d’avoir choisi d’avorter. Je suis toujours étudiante (à l’étranger cette année en plus !!) et lui travaille toujours. On aura des enfants plus tard on verra, rien ne presse ! Pour l’instant ce que l’on veut c’est profiter de notre jeunesse, de notre liberté, bref de tout !!!!
Cette expérience ne m’a pas traumatisé je n’ai pas pleuré. Juste maintenant lorsque je vais à une soirée je prends bien soin de prendre ma pilule avant (même si ce n’est pas l’heure habituelle!!!) surtout que depuis on a stoppé les préservatifs avec mon copain.
Courant novembre 2010, Je suis tombée enceinte, moi qui ai toujours pris la pilule et le préservatif tant que je n’étais pas dans une relation sérieuse et que les tests n’avaient pas été faits.
Comment?
J’ai eu une gastro, et j’ai du vomir ma pilule plusieurs fois de suite sans m’en rendre compte. J’ai eu deux accidents de préservatifs, j’ai tout de suite stressé rapport aux MST, mais j’avoue ne pas avoir pensé une seule seconde à la contraception.
Pas de MST, merci. Mais une grossesse non désirée, qui plus est avec un homme avec lequel je n’étais déjà plus. A 32ans j’ai eu une grosse culpabilité de ne pas avoir su ne pas tomber enceinte, encore plus en pensant à mes amies qui, elles, essayaient en vain d’avoir un enfant.
Je me suis bagarrée pour avoir le droit à un avortement médicalisée.…parcours du combattant, alors que j’étais dans les temps (jusqu’à 7 semaines d’aménorrhée).
J’y suis arrivée, mais pour moi ça n’a pas marché, j’étais toujours enceinte.
Deuxième parcours donc. L’IVG médicalisée.
Là je voudrais particulièrement remercier:
–l’échographe de m’avoir montrée l’embryon (dès fois que ça m’aide hein!)!
–Les secrétaires du planning, qui m’ont donnée un rendez vous pour dans un mois après, et encore en insistant parce que sinon d’après elles je pouvais bien attendre la toute fin du délai légal…parce que c’est vrai, je ne suis plus à « quelques semaines près »…
–La Gynécologue pour m’avoir dit que je devrais en parler au père parce qu’au moins il saurait qu’il n’est pas stérile!
–L’équipe qui m’a avortée en anesthésie locale.…c’est bien, vraiment, de tout ressentir, de tout voir, de tout entendre.…
Moi, j’ai eu le droit à un spasfon sous la langue pendant l’intervention.…c’est vrai que ça soulage.…et un autre après alors que j’étais tordue de douleurs sur un lit.
Le lit j’y ai eu le droit Dieu merci! Mais faut jamais abuser non plus: 2H maxi, après quoi, je me suis retrouvée sur une chaise à l’accueil à attendre que quelqu’un vienne me chercher.
Du coup, je suis repartie toute seule, j’ai pris le métro, j’ai monté les escaliers jusqu’à chez moi et je me suis effondrée sur mon lit en attendant que ça passe.
On était fin 2010, début 2011, l’avortement c’est toujours un combat. Je n’en ai pas parlé à ma famille, et juste 3 amies sont au courant parce que c’est toujours pareil, t’as pas le droit de dire:
J’ai avorté.
J’ai pris la bonne décision, je ne regrette pas.
Et je vais bien merci!
Je ne comprends pas comment de tels comportements sont encore possibles.
Anesthésie locale, on frôle la barbarie !
Je pensais que toutes les structures en France prenaient soin des patientes, il faut croire qu’il nous reste encore un petit bout de chemin.
Tomber enceinte ça ne veut pas dire être complètement idiote et immature, c’est parfois simplement pas de bol, un concours de circonstances.
Je crains que certains médecin voient l’IVG comme un tâche d’une bassesse extrême et qu’il faut bien que quelqu’un s’y colle ! Surtout que si nous en arrivons là c’est que d’un côté on l’a bien cherché non ? Peut-être que pratiquer des IVG ça claque moins que chirurgien , mais c’est beaucoup plus humain !
Bonjour,
Je suis la journaliste qui ai lancé un appel à témoignages (cf page d’accueil de ce blog)… En lisant votre récit, je me disais que peut-être vous accepteriez de m’en parler en restant tout à fait anonyme bien sûr…
Merci
Anne
Mon avortement par médicaments est prévu le 4 avril.
Heureusement je suis tombé sur une équipe de planning familiale belge formidable qui a tout fait pour que je puisse avorter avec cette méthode. Toute l’équipe a été à l’écoute, personne n’a essayé de minimiser ou de rendre cette situation catastrophique. « C’est votre choix et nous sommes là pour vous le rendre facile » voila ce qui les a guidés…
Voila l’attitude normale en cette année 2012.
Merci à vous pour ce blog. Merci à toutes pour ces commentaires. Merci à nos mamans et grands-mères d’avoir mener ce combat. PROTÉGEONS NOS DROITS !
J’ai avorté il y a 7 mois. J’étais alors célibataire, jeune ingénieur diplômée au chômage de retour chez sa maman pour une durée indéterminée…
A l’époque je ne prenais pas la pilule n’ayant pas de relation. J’ai retrouvé mon ex dans une soirée. Dans le feu de l’action nous avons quand même pensé préservatif, mais il y a eu quelques problèmes… Je suis donc allée aux aurores dans une pharmacie pour prendre la pilule du lendemain.
Je finis mon stage de fin d’étude, je pars en vacances avec des copines et à la fin de ces vacances je me sens un peu nauséeuse, patraque… Mais je mets ça sous le coup du changement de rythme des vacances. De retour chez moi, j’ai toujours ce mal de ventre, des envies de vomir. Ni une ni deux je vais voir mon médecin, il me prescrit quelques médocs (et une prise de sang) et me demande quand même « tu ne serais pas enceinte pas hasard ? » et je me vois lui répondre « mais non bien sûr ! ». J’en étais persuadée. Finalement j’ai acheté un test de grossesse dans une pharmacie (j’habite un petit village alors je suis allée assez loin!). Et là tout s’écroule : je suis enceinte.
Je me suis dit que ce n’était pas possible. J’ai eu honte que ça m’arrive à moi, ingénieur de 23 ans. Quand j’écris ça je me rends compte du matraquage que l’on subit : non les grossesses indésirées n’arrivent pas qu’aux filles de 14 ans de milieux défavorisés! Évidemment je n’en parle à personne. Je prends la décision de ne pas poursuivre cette grossesse après une nuit de réflexion. Il n’y avait pas de couple, je vivais chez ma mère, j’étais au chômage, et surtout je ne voulais pas cet enfant.
Je prends donc le bottin, je cherche un gynéco à moins de 50km, et bien il n’y en a qu’une !!! J’appelle, elle est en vacances. J’appelle donc le centre hospitalier le plus proche (il n’y a plus d’hôpital), une sage femme me donne un rendez vous pour une écho dès le lendemain. La sage femme était très accueillante et m’a dit que j’étais à 7 semaines. Elle ne connaissait pas mon histoire et m’a montré en grossissant ce petit haricot, c’était un peu troublant elle m’a fait entendre son cœur et on voyait sa colonne… Mais quand je lui ai dit que je ne voulais pas le garder, elle s’est excusée et m’a dit qu’on pouvait écrire tout de suite mon avis pour que la semaine de réflexion commence ce jour. Elle m’a pris rendez vous chez un gynéco dans l’hôpital le plus proche. Elle m’a tout expliqué, les différentes méthodes, le fait que c’était trop tard pour une interruption médicamenteuse. Deux heures de route aller-retour pour l’hôpital juste pour un rendez vous avec un gynéco où j’ai décidé de faire l’intervention sous anesthésie locale pour rentrer au plus vite et pouvoir me débrouiller toute seule. Cette semaine de réflexion, j’ai trouvé ça injuste parce que ça retardait la date de l’intervention mais finalement ça m’a permis de repenser à mon geste, de me rendre compte que ce n’était pas anodin, de me consolider, et surtout d’oser en parler à ma mère. Finalement ma mère m’a accompagnée, ca a duré la journée. L’infirmière qui m’a suivi était très bien, l’intervention très douloureuse, et les moments suivant très difficiles, mais j’ai pu rester dans la chambre jusqu’à ce que je me sente mieux.
L’intervention a été un peu traumatisante. Mais je crois que le pire ça a été la contre visite avec une infirmière qui m’a dit en gros que j’étais une inconsciente, que c’était très grave et que je ne pourrais peut être plus avoir d’enfant… Les mots font parfois plus mal que les outils chirurgicaux. Heureusement d’autres rendent plus fort, comme quand ma mère m’a dit qu’elle aussi avait du avorter un peu avant de m’avoir (ça a été un moment de très grande complicité mère-fille).
J’ai avorté et je vais bien, merci !
Merci pour ce témoignage. C’est vrai que le discours sur « les gamines inconscientes de 14 ans » qui ont recours à l’IVG est très présent. Mais voilà, le préservatif qui craque, la pilule du lendemain qui ne fonctionne pas, ça arrive aussi aux bacs + 5 et il faut le dire, sans honte et sans culpabilité !!
Fin juin 2010, j’ai appris que j’étais enceinte.
Le choc fut de taille. Je prenais la pillule, mais il m’arrivait de l’oublier. Et ce fut le drame. Ca faisait un peu plus d’un an que j’étais avec mon ami, j’allais sur mes vingts ans et mon CDD touchait à sa fin. La décision a été prise très vite. Elle avait même était prise bien avant que je ne tombe enceinte.
Nous avions déjà parlé de cette situation qui peut arriver à tout le monde, et pour moi qui n’aime pas les enfants et n’en ait jamais voulu la solution était évidente.
Alors quand j’ai vu le +++ du test, même si je me suis sentie mal, la décision était déjà prise et il me fallait donc faire toutes les démarches pour une IVG.
Sauf que j’ai été bien idiote et naïve en parcourant le net pour trouver des informations sur l’avortement. Je suis tombée sur des sites très clairement orientés anti avortement, des sites qui d’ailleurs mentent ouvertement pour imposer leur seul choix. Un choix qui leur fait plaisir à eux, ils se fichent pas mal des femmes en situation d’avortement.
Et parmi ces sites facilement identifiable, il y en a un qui se démarque. En premiere page des moteurs de recherches, il se fait passer pour un site neutre et professionel, pronant la vérité sur l’IVG alors qu’ils n’en montrent que les côtés négatifs pour faire peur et culpabiliser. Ce site a un numéro de telephone si on veut discuter, et je les avais appelés pour avoir des infos et me rassurer. Je pensais encore impossible que des gens puissent à ce point vouloir interferer dans la vie d’autrui.
Le seul résultat fut que j’ai longtemps douté de cet avortement, j’avais peur et envisageait de ne pas le faire alors que ma situation, et que même mon désir (inexistant) ne me le permettait pas. Pourtant, lorsque mon ami, qui preferait une IVG mais me laissait le choix, m’a dit que finalement il était d’accord pour qu’on le garde (à contre coeur), j’ai su ce que je voulais vraiment.
Et j’ai avorté. L’opération en elle même s’est très bien passé, c’était sous anesthesie générale. Je n’ai eu que peu de douleurs et depuis je n’ai pas le moindre regret. Le pire ne fut pas l’avortement, mais le comportement des gens anti IVG, le doute qu’ils avaient fait naître en moi alors que j’étais sûre de mon choix.
Alors oui, je vais bien, merci
Il suffit d’une seule fois, je vous le confirme et même après plusieurs années de pilule !
Et voilà que je me retrouve enceinte sans l’avoir décidé, d’un garçon qui plus est n’est pas mon petit ami.
Je suis seule et loin de chez moi, mais je prends les choses en mains ! Je trouve à Clermont-Ferrand une gynécologue qui me prend entre deux patientes, je suis effectivement bien enceinte, elle me dirige vers le CHU.
Au CHU de Clermont-Ferrand, l’accueil et les explications sont très clairs et très professionnels. Je ne me suis jamais sentie culpabilisée ou jugée, les rapports avec les médecins étaient très bons, tout m’est expliqué et tout se passe bien.
Je tombe entre les mains du Dr Marie-Claire Tomé, avec qui le rendez-vous sera pris pour un IVG après la période légale de 8 jours. Cette gynécologue a l’habitude de ce genre de situation et ne pose pas de questions, elle fait son travail et elle le fait bien. Sa seule exigence est que le lendemain de l’opération, j’ai choisi une nouvelle contraception (plus efficace évidemment…)
Petit passage chez la psychologue qui comprend tout à fait qu’il peut arriver de se tromper.
Le personnel de l’hôpital s’arrange pour me trouver une date qui puisse coller à mon calendrier et le jour de l’opération j’ai même une chambre pour moi toute seule !
Après une bonne grosse journée de repos, tout est oublié, tout est revenu à la normale.
Je pensais qu’un IVG devait forcément nous faire pleurer, ce n’est pas le cas. On a simplement l’impression de pouvoir maîtriser sa vie !
Ce qui a le plus compté, ce sont mes amies avec qui j’ai parlé librement de tout ça. Même si ce n’est pas le choc de toute une vie, c’est important de pouvoir partager et échanger.
Un an pile-poil après cet IVG, je vais bien merci !
J’ai avorté en 2010, à cause d’un oubli de pilule, comme mes règles n’ont jamais été régulière je ne me suis pas inquiétée de leur absence, quand j’ai fait le test je ne me suis pas posée de question j’ai pris rendez-vous chez un médecin qui m’a orienté vers le planning familiale qui m’a pris en charge rapidement, sans jugement, en respectant mon choix. Tout a été très rapide car j’étais à 11 semaines de grossesse, on oubli donc les médoc et c’est directement une opération. Anesthésie locale mais gaz qui fait rire et médecin très énervée contre les restrictions budgétaires et l’avenir des plannings familiales, intéressant mais heureusement qu’il y avait le gaz car je pense que ça m’aurait bien stressé! Après j’ai même eu le droit à un lit pendant un peu plus d’une heure et à une collation. Tout le monde était très gentil et discret, je félicite surtout tous les efforts pour éviter de montrer le fœtus aussi bien pendant l’échographie quand dans mon dossier ou le paravent qui cache la machine qui aspire, une démarche qui respecte la sensibilité de chacun.
Je vais bien, j’en parle autour de moi pour casser ce tabou, je n’ai pas honte de ce que j’ai fait mais je me posait la question: est-ce normal de ne pas culpabiliser, d’aller bien? Merci de me faire comprendre que je ne suis pas sans cœur!
J’ai avorté il y a un peu plus d’un an.
Je ne prenais pas la pilule car j’étais célibataire, et j’ai eu une relation sexuelle avec un homme qui était en couple. Dans le feu de l’action, pas de préservatif.
Je ne sais pas si c’est à cause des changements dans ma vie à ce moment-là (déménagement, changement de boulot), ou parce que j’étais persuadée de ne pas pouvoir tomber enceinte, mais je n’ai pas pensé une seconde à la pilule du lendemain.
2 semaines plus tard, retard de règles, 2 tests de grossesse, positifs.
J’ai appelé l’hôpital proche de chez moi, ils m’ont adressée vers un médecin de ville, échographiste.
Il s’est comporté tout à fait correctement et humainement, m’a fait faire des analyses sanguines pour vérifier la grossesse. Confirmation et reprise de rendez-vous pour qu’il me donne le premier médicament (celui qui interrompt la grossesse). Il m’explique que je dois prendre le 2ème cachet deux jours plus tard, et que je ne dois pas être seule. J’appelle le ‘coresponsable’ pour lui demander d’être présent pour me soutenir, ce qu’il accepte.
Je n’avais pas du tout envie d’être à l’hôpital pour cela, avec des inconnus.
Au moment dit, j’avais seulement peur d’avoir mal et de beaucoup saigner.
Mais les antalgiques donnés par le médecin étaient très efficaces, j’ai à peine eu des douleurs de règles, pendant moins d’une demi-heure.
Pour le sang, j’avais eu des fibromes utérins un ou deux ans plus tôt, et c’était beaucoup moins impressionnant. J’ai ensuite perdu du sang comme pour des règles un peu abondantes pendant quelques jours.
Je ne me suis pas posé un instant la question de continuer cette grossesse, et je suis persuadée d’avoir fait le bon choix. Aujourd’hui, je vais très bien, je suis ravie de voir mes amies avoir des enfants, je ne suis pas contre l’idée d’en avoir moi-même un jour, quand ce sera le bon moment.
Je remercie toutes les personnes qui se sont battues pour que nous ayons ce droit, tous les professionnels de santé qui nous permettent aujourd’hui d’y avoir accès, et toutes les personnes humaines et intelligentes qui nous accompagnent et nous soutiennent dans ce choix.
J’ai 28 ans, un super métier, un super mari, une belle vie pour laquelle je remercie Dieu tous les jours.
Je suis tombée enceinte en décembre 2010.
Dès les premiers jours, les « effets secondaires » ont été horribles. Je n’ai jamais eu d’enfants, je ne savais donc pas à quoi je m’exposais. Ceci dit, c’est certainement très différent pour chaque femme. Impossible de dormir, de travailler, etc etc et ce dès la première semaine. C’était totalement insupportable, je voyais déjà ma carrière fichue, mon couple détruit et cet enfant que je détestais déjà pour ce qu’il me faisait subir.
J’ai sereinement pris la décision d’avorter. J’ai été soutenue par mon entourage, mais l’hopital a été une épreuve terrible.
A la première consultation j’ai eu à faire à une sage-femme « robot », qui m’a tenu un discours totalement déplacé sur mon « irresponsabilité », qui m’a montré le foetus etc etc. Elle a même osé critiquer ma façon de m’habiller en me disant « quand on est enceinte on met pas de robe et de talons hauts ». J’ai même pensé à porter plainte. Heureusement pour l’IVG en elle-même j’ai eu droit à des infiermiers adorables (souvent les hommes sont beaucoup plus sensibles que les femmes), qui m’ont très bien accompagnée. J’ai eu des douleurs totalement surréalistes et ils m’ont administré un protocole anti-douleur qui a bien fonctionné. J’ai rencontré une psychologue adorable qui m’a rassurée lorsque je lui ai dit que je ressentais un immense soulgement. Et j’ai même eu un arrêt-maladie.
Je n’ai jamais regretté ma décision et je n’ai jamais culpabilisé. Je pense qu’il vaut mieux avorter et être heureuse plutôt que d’être une mère malheureuse.
Si je temoigne aujourd’hui c’est pour que les femmes soient mieux prises en charge, notamment au niveau de la douleur physique, pour que notre droit ne soit plus menacé, pour qu’on arrête enfin de nous dire « mais si tu es traumatisée mais tu ne veux pas l’admettre ».
Merci.
J’ai oublié une pilule. Une fois. Pour être précise, je l’ai prise le lendemain, pensant que ça pourrait compenser l’oubli. Que nenni! J’ai senti que j’étais enceinte bien avant mon retard de règle. Probablement un sentiment dû à cette petite idée que je n’avais pas été très sérieuse.
La veille de faire le test, quelle idiote, je vais voir les noces rebelles avec une tripotée d’amis. Je leur dit en blaguant que puisque je suis probablement enceinte, c’est un film très à propos. Tous ont donc été au courant que j’allais faire le test. Tous m’en ont demandé le résultat le lendemain. Si tout a commencé comme une blague, je suis vite redescendue sur terre. Étape par étape.
D’abord, l’analyste qui m’a fait la prise de sang de confirmation m’a félicité. Premier choc, je ne savais pas quoi lui répondre, à part merci avec un sourire forcé. Ensuite se sont posées les vraies questions, et nous avons décidé avec mon copain de peser le pour et le contre. Ce fut une soirée horrible, mais importante, je crois, pour la suite: j’avais besoin que cette décision ne soit pas anodine, pour ne pas avoir à y repenser avec regrets.
Je m’étais toujours dit l’avortement ne serait pas un problème pour moi. J’ai été élevée dans un milieu assez conservateur, ma liberté individuelle est une acquisition, et je sais qu’elle est un bien précieux.
Dans la colonne contre, donc, se dressaient des considérations matérielles (nous sommes étudiants, ce qui veut dire sans beaucoup de moyen, avec un rythme de vie non adapté à un enfant.) Dans la colonne pour, nous étions d’accord pour dire que nous voulions avoir des enfants, beaucoup, ensemble, relativement tôt (après les études et le lancement de nos deux carrières), alors pourquoi pas maintenant nous sommes nous dit.
J’ai eu besoin des autres, pour prendre ma décision, ou pour bien faire le tour de la question, je n’en sais rien. J’ai appelé Val, une amie qui m’avait dit qu’elle avait avorté. Nous sommes allés boire un verre tous les trois, c’était un moment agréable, nous avons bien rit, finalement, en imaginant une vie avec un enfant, dans notre colocation estudiantine.
C’est en réalisant que je ne voulais pas changer de vie pour l’instant, que j’avais besoin d’être avec mes amis, avec mon copain, que j’ai su que l’avortement était vraiment la bonne solution.
Nous sommes tombés d’accord, lui et moi, en même temps.
Dès le lendemain j’appelle ma gynéco, qui me dit qu’elle ne fait pas les avortements. J’appelle le planning familial, ils me disent qu’il y a une liste d’attente longue comme la muraille de Chine, et que je devrais essayer ailleurs si je veux opter pour l’avortement médicamenteux. J’ai dû appeler tous les gynécologues de ma ville (une secrétaire m’a même répondu qu’elle n’étais pas là pour prendre les appels de filles irresponsables. Ca a été mon deuxième choc).
Je trouve, enfin, une gynéco qui propose de me prendre dans la demi-heure. Très sympa, elle m’explique le processus, me dit que ça va bien se passer, et me donne directement le premier cachet.
Je reviens une semaine plus tard avec mon copain, prête, mais anxieuse (je suis un peu chochotte) d’avoir mal. Je n’ai pas été déçue.
Avant d’arriver chez moi, je m’évanouis de douleur dans le parking où nous nous étions garés.
Puis j’ai passé la journée à attendre des saignements. J’ai du reprendre un deuxième cachet, qui celui-ci a fait effet, presque sans douleur.
Mon copain, nous sommes toujours ensemble, est resté avec moi tout le temps, il a été très attentionné, très amoureux, très bon cuisinier, très bon programmateur de films, très tendre, très là quoi…
Je crois que, sans le côté physique, cette décision l’a marqué aussi profondément que moi, puisque nous l’avons prise clairement à deux.
Nous en parlons sans complexe, entre nous et autour de nous. La plupart de mes amis savent que j’ai avorté. Ce n’est pas une vantardise, ou un sujet dont je veux me faire plaindre. Ce n’est juste pas un tabou. J’ai avorté, et je vais bien, merci !
Je ne sais pas si mon témoignage peut trouver sa place.
J’ai 31 ans, un mari adorable un bébé de 7 mois, une vie douce et a l’abris du besoin.
La semaine dernière je découvre que je suis de nouveau enceinte. Stupeur, nous avons eu bcp de difficultés a avoir notre bébé et nous avons eu besoin de la PMA. (Procréation médicalement assistés.) normalement pas de risques de tomber enceinte… Normalement !
Je me projette et me vois avec deux enfants en bas âges. Tout a coup le film se fait tout seul.
– pas de retour au travail ( je venais d’ avoir une promo avant de partir en congés)
–seule avec deux enfants car mon époux est très souvent en déplacement
–plus de vie sociale
– un déménagement en urgence
– un gros bidon alors que mon fils commencera a peine a marcher
– ne pas pouvoir profiter sereinement de chaque progrès de mon fils
– recommencer une 2e grossesse en moins de 7 mois
–ne plus avoir de projet perso Pendant un bon petit moment.
– être une mère et rien qu’une mère.
Aujourd’hui je ne souhaite pas cela, c’est peut être égoïste mais je ne vois pas dans cette vie. Un deuxième enfants oui pourquoi pas mais quand je serais prête dans ma tête et dans mon corps. Je me suis confrontée a moi même et j’ai écouté ma petite voix pour ne pas faire partie de ces femmes au bord du burn out. Pour continuer a aimer ma vie, pour continuer a me reconnaitre.
J’ai décroché mon téléphone et pris les rdvs.
Je vais avorter, et je le fais pour mon bien.
-
Eh bin, comme d’autres avant moi l’ont dit, une seule fois c’est tout ce que ça prend.
Une seule fois, et je sais exactement la date. Le 8 avril.
Une (ou dix) petite coupe de vin dans le nez, et hop, on oublie les risques. « Mais non, pas de danger… Juste une fois ».
Une semaine plus tard, j’ai mal aux seins. Je dis a ma mère que ce sont mes régles qui arrivent, et elle me regarde, surprise. « Mais non, cela fait a peine deux semaines! ». Oui, maman, tu as bien raison… Nous les avons en même temps, ces foutues règles… Bon, je ne m’inquiète pas, c’est déja arrivé que j’aie mal aux seins avant. Une semaine plus tard, soit la semaine passé, je commence a avoir des maux de dos. Dans le bas du dos. Je me dis que ça arrive… Non. Et puis les crampes. La, c’est pour vrai!!!
Toujours rien.
Le stress commence. Dire que, il y a a peine un mois, moi et mon copain discutions de grossesse. « Si c’était pour arriver, ce serait fini avant même que tu ne le saches et tu ne t’en rendrais jamais compte.. », que je lui ai dit. Il a simplement souri.… Mon amour, tellement adorable, aimant… Qui ne veut pas d’enfants.
Hier soir, je me dis, « Bon quatre jour, c’est trop de retard! ». Mois qui est comme une horloge suisse.… Ce matin, je vais a la pharmacie. J’achètes un test. Retour a la maison, un petit pipi plus tard, et bang. Le monde arrête de tourner. Tout s’écroule. C’est positif. Tout de suite, je me mets a pleurer en pensant a ma petite nièce, qui a a peine trois mois… Son rire, ses sourires… Moi qui disait ne pas aimer les enfants, elle m’a prouvé tout le contraire! Dans ces quelques seconds ou mon monde tombe en ruines, tout va très vite. Ma nièce. Mon ventre. Ce petit truc qui grandit déja en moi.…
Et puis je dis « Je dois prendre rendez-vous. » Cinq minutes plus tard, c’est fait. La date? Le 18 mai.
J’ai réalisé ce que je savais déja. Je ne veux pas d’un enfant, ni moi ni mon copain. Je n’ai ni les moyens, ni la patience, ni la maturité, ni le désir d’élever un enfant. En l’espace de 24 heures, tant d’émotions. D’abord la peur, la tristesse… Et puis la panique, l’anxiété.… Finalement.…
Le soulagement. Le soulagement de savoir que je vis dans un pays ou mon corps m’appartient, et ou je n’aurais pas a imposer une vie malheureuse a ce pauvre truc qui grandit en moi. (JE l’appelle truc parce que je ne crois pas avoir le courage d’y penser comme ‘mon enfant’) Alors, Truc-Muche.… Je te parles pour la premiere et derniere fois.…
Tu est tombé dans le ventre de la mauvais maman. Je te laisse partir, et je sais que tu vivras et grandiras heureux dans le ventre d’une autre qui te désire et qui t’aimeras. Peut-être un jour croiserai-je ton regard sur la rue au Marche. Mais pour l’instant, tu dois partir.
Les treize prochains jours ne seront pas facile… Tu me donnes la nausée et t’avales tout mon énergie.… Mais je serai ‘egoïste’ dans ma générositée… Je vivrai ma vie, et toi, tu ne seras pas malheureux.
Je vais avorter, et je vais bien. Je le fais pour moi, et aussi pour toi.
Bon, voila, c’est fait.
Je vais me faire plaisir et raconter les jours qui ont suivi mon premier post.
Tout d’abord, les nausées. Effroyables. Toujours présentes. La fatigue me tenait au bord du précipice, et si je n’allait pas faire pipi 100 fois par jour, je n’y suis jamais allé!
J’ai parlé a une amie. Elle fut très receptive, bien qu’un peu mal a l’aise. Elle me parle des options (que je conaissais déja) et d’un ton incertain… « Et l’avortement…J’esseyais d’éviter ce mot »
Pourquoi? Parce que d’avorter, ça fait forcément de toi un monstre, un assassin? Parce que, encore aujourd’hui, c’est mal perçu et ça fait de toi un être damné?! PArce que, d’éviter la misère a un petit être innocent, c’est pas bien?! Parce que je devrais faire plaisir a ma mère en ayant un enfant? Parce que, maman, tu serais bien la seule a être heureuse de la situation… Raison pourquoi je ne t’en ai pas parlé. J’ai beaucoup pleuré une journée ou j’étais seule a la maison. Non pas de regrets, mais par peur de l’IVG. J’avais peur de la douleur, de l’anasthésie… Et j’ai pleuré de ne pas me sentir coupable.
Bref, les jours passent… Et le 18 arrive. Je me diriges vers la clinique au centre ville (Ah, cousine Quebecoise ici…) de Montreal pour LE rendez vous. Une jeune femme est dans l’ascenseur avec moi, on va au même endroit.… Il y a deux autres femmes dans la salle d’attente. Et aucune ne pleure. Elle lisent la documentation fournie et remplissent les documents necessaires, tranquillement, sereinement.… Je fais de même. Et puis l’attente… C’EST LONG. Je veux que ce soit fini le plus tot possible… Je vais en griller une (Quelle mere horrible j’aurais fait.. Pffff.) vite fait, je reviens, et l’intervenante m’appelle. On se dirige vers son bureau.
« Alors, comment vas tu? »
Tres bien. Je suis sure. J’assume. Je suis en paix. JE n’ai jamais voulu d’enfant. Oui, le papa est au courrant, il vient d’ailleurs me chercher pour me raccompagner chez moi tel que conseille… Sinon, le moral.… Bah. Je me sens coupable de ne pas me sentir coupable.
« Ah bah la, tu es une vrai femme! On culpabilise de ne pas culpabiliser.. C’est ce qu’il y a de plus terrible ca! » Je lui parle de ce blog, et elle semble intriguée… Quelques minutes plus tard, je lui ecrit le lien sur un bout de papier, en lui disant « J’espere que ca pourra aider ces femmes qui se croient anormales de ne pas sentir de tristesse face a l’IVG… » Je l’assures du fait que ce blog est VRAIMENT pro-choix, et non un blog pro-vie qui se fait passé pour tout autre chose…
On parle pour cinq minutes, on blague (Oui oui, on BLAGUE. Parce que, tel qu’elle m’a dit, « Avorter, ce n’est pas forcement quelquechose de dramatique. On le tourne au dram. ») un peu, et elle m’envoie en salle de repos. Je me changes et tout le tra lala… Et ensuite, direction salle d’op. L’infirmiere (Absolument formidable, comprehensive, douce.) me recoit, m’explique la chose… On fait l’echo. « C’est plus petit qu’un grain de riz! ». Ah, d’accord… Pas capable de faire le lien entre ÇA et un ENFANT. On parle pendant une dizaine de minutes en attendant le medecin… Il arrive. « Alors… T’en es sure? »
CERTAINE, que dis-je.… Et puis la, le petit masque sur le nez (gaz hilarant + quelquechose… Eh oh, pourquoi la map monde au plafond fait des vagues?!), on me fait un injection de je ne sais plus quoi, et on me dit « D’ici deux minutes, tu ne te souviendras plus de ton propre nom… »
Mon nom? J’ai oublié TOUT. Honetement, j’ai un trou noir d’une vingtaine de minutes.… Voire une heure. Je me souviens seulement qu’on m’aie aidé a me lever, et puis je me suis reveillée dans mon lit dans la salle de repos… Aucune douleurs. Rien. Des saignements legers le premier jour, et puis rien depuis. Oh, les jours 3 4 et 5 suivants l’intervention, j’ai des crampes plutot graves… Mais quelques Advil et hop, on reprend notre chemin. On m’a prescrit le Mirena… J’attend le rendez vous pour la pose.…
Je n’ai pas de regrets. Je n’ai plus de nausées. Ma fatigue, partie. Je fais pipi de facon NORMALE a une frequence NORMALE.
Alors maintenant, je peux le dire.…
J’ai avorté, et je vais bien, MERCI!
J’ai 26 ans et j’ai avorté il y a deux mois.
On pense toujours que ça n’arrivera pas, que c’est pour les autres, celles trop jeunes ou irresponsables, un peu paumées. On juge vite, à l’emporte-pièce. Je n’avais jamais eu de relations sérieuses, je ne prenais pas la pilule, et jamais mis les pieds sur les étriers d’une table de gynéco. Trop prise par les études, le premier boulot passionnant, les garçons, on verra ça quand ça viendra …
Et puis, lui. Les deux premiers mois, la tête qui fait des bulles, l’esprit qui papillonne. on fait le test assez vite, je pense à aller consulter … 2 jours après la fin de mes règles, on le fait sans protection, sans même y penser. Puis je prends mon courage à deux mains, visite chez le gynéco, et reviens toute fière, avec ma boite de pilules, l’impression d’être une femme adulte… sans penser que je vais attendre mes règles plusieurs jours, impatiente, anxieuse, puis carrément flippée. [On repassera pour le coup du calendrier, 5 semaines plus tard, j’ai mal aux seins, et l’évidence dans les tripes. ]
Deux parents médecins, une mère féministe jusqu’au bout des ongles, membre du MLF dans les années 70. L’avortement, pour moi, c’est une liberté et un droit, que j’entends exercer tout de suite, comme une évidence.
Un tour sur le net pour voir les étapes à suivre en cas de.
Je veux la méthode médicamenteuse, je suis encore dans les temps. Moi qui ne vais JAMAIS chez le médecin, j’arpente les salles d’attentes et les labos d’analyses pendant deux semaines. J’ai de la chance d’être parisienne, les médecins que j’ai vu ont été très pros. En 15 jours, c’est réglé, dans des conditions tout à fait normales et acceptables. Je l’ai dit à deux copines (une est venue avec moi à l’hôpital l’après-midi de l’avortement) et à ma mère, qui m’a offert « Le choeur des femmes » de Winckler dans la foulée…
J’ai décidé de ne pas en parler à mon ami. De multiples raisons. C’est la seule chose qui m’a travaillé dans tout ça. Mais c’est mon choix, j’assume, sans culpabilité ! Je n’ai pas l’impression que ça me bouleverse, c’est juste une tuile, ça peux arriver. Et puis, je sais que si jamais, je veux être mère un jour, tout marche de ce coté…
Alors merci, je vais bien, merci les filles des 343 salopes !
(mon portable me rappelle à l’ordre, c’est l’heure de la pilule…)
J’ai 35 ans, j’ai avorté il y a 11 ans à l’âge de 24 ans, et je vais bien, merci !
C’était l’été, rencontre d’un gars au bord de la plage, il m’invite à manger sur son bateau qui mouille un peu plus loin. J’y vais, sans penser à rien. Une fois sur le bateau, il me fait des avances, et je ne me souviens même plus comment on se retrouve à un moment lui sur moi à me pénétrer. Je précise, histoire de botter le cul à un autre tabou, que je ne suis pas traumatisée non plus par cette pénétration « non entièrement voulue par les tréfonds de ma chair et de mon âme ». J’ai juste le souvenir d’un coup vite parti, sans plaisir pour moi, qui m’a laissé indifférente. Aucune question avant sur la contraception, évidemment je suis supposée prendre la pilule…Quand je lui dis que non, il est tout désolée. Je ne m’inquiète pas plus que ça, et je vais faire un plouf. Dans l’eau, je vois le nom de son bateau, et je lui cris « On l’appellera Arlequin ! », pour rigoler.
Eh voilà. Je quitte cette île, je continue ma vadrouille, et une dizaine de jours plus tard je me rends compte qu’il y a quelque chose qui cloche, des nausées, de la fatigue… Je crois que j’avais déjà l’idée à ce moment-là que j’étais enceinte. Je rentre dans ma ville, chez ma mère (j’étais sans logement fixe, sac sur le dos). J’achète un test à l’urine, je le fais dans les toilettes de mon bar préféré, celui où je suis allée pendant toute la période du lycée, je m’y sens un peu chez moi…Le test est positif.
Je téléphone à ma mère, et je suis surprise de sa réaction : cela la met vraiment de mauvaise humeur, comme si j’avais fait une connerie ; c’est d’autant plus surprenant que ce n’est pas du tout son genre de s’énerver pour rien, c’est une personne plutôt mesurée et pragmatique. Je n’en ai jamais reparlé depuis avec elle, je pense que ça a du bousculer quelque chose en elle d’assez fort.
Commence le processus, échographie, puis RDV avec une nana du planning, pas de souvenir particulier, elle ne m’a pas embêté je crois. C’est le mois d’aout, le service qui prend en charge les avortements à l’hôpital ne peut pas me recevoir, je vais donc dans une clinique d’accouchement. Pendant tout ce temps je suis accompagnée par ma mère et une amie proche. J’ai choisi l’aspiration sous anesthésie, même si je suis encore dans les temps pour la méthode médicamenteuse, car j’imagine qu’avec celle-ci je vais avoir plein de sang qui va couler et que ça va être glauque ; je préfère être inconsciente et que tout soit fini quand je me réveille.
Je ne me souviens pas de l’accueil à l’hôpital ; vu que je suis avec ma mère et mon amie, je n’ai pas besoin qu’on soit gentil et prévenant, ça me passe au-dessus de la tête. Quand je me réveille de l’anesthésie, je suis toute contente, parce que j’ai rêvé, et je ne savais pas qu’on rêvait quand on était anesthésié ; je le dis tout haut, ravie, mais personne ne me répond ou me souris…Une fois dans la chambre, là aussi, je suis avec les femmes qui m’accompagnent, donc tout va bien. Mais je me suis dit plus tard que je n’avais vraiment reçu aucun soutien de la part de l’équipe médicale : ils ne sont même pas venu me voir pour me demander si j’allais bien, après.
Les quelques jours qui suivent, j’ai vraiment très mal au ventre, avec des « vertiges intérieurs » qui m’empêchent de m’endormir ; je suis du coup très fatiguée, ces quelques jours sont rudes physiquement.
..et puis après, je reprends mon sac à dos et je continue mes vacances !
Une chose que je dois préciser : avant cet été là, je parlais de l’avortement en disant « oui, c’est bien que d’autres puissent le faire, mais moi, je ne pourrais jamais », et je disais cela en me tenant le ventre d’un air douloureux… quand je me suis retrouvée enceinte, ma décision d’avorter a été prise en une seconde et demi. Aucun désir d’enfant, une vie de vadrouille, aucun moyen de retrouver le géniteur qui était reparti dans son voilier…De la représentation a priori au vécu, il y a parfois un gouffre.
Deux années plus tard, des amis très proches ont eu un bébé. En visite chez eux pour faire connaissance avec la nouvelle venue, j’ai un jour longuement pleurer, face à la mer, en pensant au possible avorté. Ces longs pleurs sont un bon souvenir. Pendant quelques années, j’ai pensé parfois à cet « enfant », quel âge il aurait, etc. Sans douleurs ni regrets, peut-être un peu de tristesse, mais plutôt liée qu’à ce moment-là de ma vie j’aurais bien aimé rencontré un homme et faire un enfant qu’à l’acte même d’avoir avorté.
Je me souviens aussi m’être posé des questions en lisant à plusieurs reprises des écrits qui disaient que l’avortement était forcément une souffrance psychique : est-ce qu’un traumatisme était caché dans le fond de mon inconscient et allait ressurgir un jour en me ravageant de douleur ? Puis j’ai compris la manipulation morale, et je me suis mise à souvent raconté mon avortement pour témoigner : non, on n’est pas obligées d’être en souffrance, ni avant, ni pendant, ni après.
J’ai appris être enceinte à nouveau (déjà une merveilleuse princesse de 6 mois…) il y a semaine, même symptômes que ma première grossesse, allé hop ni une ni deux, un test positif évidemment.
Bon, avec déjà un bébé de 6 mois l’avortement pour mon mari et moi était une évidence.
Rdv chez la gynéco le lendemain du test. « Bonjour, je suis enceinte, mais c’est pas possible donc bon je voudrais avorter » réponse de l’intéressée « Vous avez fait un test?«
Non madame j’ai pas fait de test, j’avais juste qu’on me fasse une écho vaginale pour le plaisir!!!!!!
Madame très sympathique d’ailleurs: elle me montre les contours de l’embryon, et me donne toutes ses caractéristiques (on ne sait jamais hein!) j’ai même eu le droit de repartir (!!!!!!!) avec l’écho !
Bon après tout le bla bla sur l’avortement et ses risques messages loin d’être subliminaux: vous allez saigner madame, beaucoup saignez vous comprenez?
Combien de fois me l’a-t-elle dit? Environ une dizaine (non je n’exagère pas…)
Mon mari et moi travaillons et impossible pour moi d’être hospitalisée pour l’IVG j’opte pour la méthode médicamenteuse… à domicile (au travail pour le coup).
Madame la gynéco ne fait pas je cite « ce genre de pratique » ll y a bien un généraliste qui le fait dans le coin, mais je pourrais pas vous dire son nom.
Me voilà donc rentrée chez moi avec mon écho sous le bras (je fais quoi je l’encadre? grrrrr) à taper dans Google: « IVG à domicile –nom de ma ville– ». Si c’est pas du professionnalisme ça. Encore un peu et j’aurais presque cru qu’elle était contre l’avortement (ben ouai ma grande mais dans ce cas là, on ne fait pas ce métier).
Enfin bref tant bien que mal je trouve ce fameux généraliste qui est juste un amour et qui me conseille de changer de gynéco au passage (c’est qu’elle a bonne réputation apparemment…).
Je vous épargne tout ce qui est prise des médicaments, douleurs (je n’en ai pas eu) etc…
Et maintenant?
Ça fera 1 semaine mardi et depuis mardi dernier, je me demande pourquoi je ne pleure pas (ben oui avorter c’est MAL bouuuuuh). La réponse est venue toute seule:
Mon généraliste qui m’a dit « tenez allez là dessus, c’est un blog sur des femmes qui ont avorté et qui vont bien. Parce que on peu très bien avoir recours à une IVG sans pour autant devenir dépressive ».
J’ai pas l’impression d’avoir tué un bébé, j’ai pas l’impression de louper quelque chose dans ma vie et j’ai pas mangé plus de chocolat que d’habitude.
J’ai avorté mardi et je vais bien, merci.
Merci à vous, c’est pas parce que l’on avorte que l’on est des monstres, bien-au-contraire ! C’est prendre conscience que non c’est pas possible d’avoir un enfant et autant attendre de pouvoir lui offrir le meilleur ou pour d’autre d’attendre de vouloir devenir mère.
Votre gynéco est en infraction. Elle est en droit de refuser un avortement, mais elle est dans l’obligation de vous réorienter vers un médecin le pratiquant.
J’ai 30 ans, je suis cadre et j’ai appris que j’étais enceinte de 3 semaines 1/2 le 11 mai dernier.
A vrai dire, je m’en doutais, d’une part parce que je savais qu’on n’avait pas fait attention, que je ne prenais plus la pilule, que je n’ai pas pris la pilule du lendemain (je me demande encore pourquoi) … Et d’autre part parce que j’ai eu rapidement mal aux seins (bien plus qu’à l’approche des règles) et que j’étais tout le temps crevée.
Ce fut pendant 2 jours la confusion, prise entre 2 feux : « putain ça marche » et « vite vite il faut que j’avorte ». De suite, j’ai appelé le secrétariat de mon gynéco pour m’entendre dire « Le Dr X ne pratique pas d’avortement ». Je n’ai rien répondu et j’ai raccroché même si je sais maintenant qu’il avait l’obligation de m’orienter vers un confrère qui pratique l’avortement.
J’ai appelé le planning familial, qui m’a de suite orientée et conseillée au mieux. Donc en 2 jours, RDV avec un médecin, prise de sang, écho de datation et prise de RDV pour pratiquer l’IVG médicamenteuse à domicile. J’ai donc pris lesdit médicaments le 19 et le 21 mai dernier (ce weekend quoi).
Sans rentrer dans les détails, j’ai compris assez rapidement que c’était fait.
J’ai toujours un peu mal au ventre aujourd’hui mais je ressens comme une libération. Je dois encore retourner à l’hôpital dans 2 semaines histoire de vérifier que « tout » est bien parti mais je sens déjà que ma vie peut reprendre son cours, malgré les petits désagréments physiques actuels (saignements).
Je ne regrette pas mon choix. Je suis célibataire, et cela a toujours été clair pour moi que je ne ferai pas un enfant seule.
Alors bien sûr que je me souviendrais de cet épisode de ma vie.
Mais aujourd’hui, deux jours après, je vais bien !
J’ai avorté il y a plus d’un an.
Un choix raisonnable, qui s’est imposé à la minute j’ai eu connaissance de ma grossesse. Je suis jeune, j’ai des projets pleins la tête…je ne peux pas garder cet enfant.
J’ai choisi d’avorter. Comme une femme sur deux. Mais une femme sur deux ne connait pas le parcours du combattant que de nombreuses femmes ayant avorté ont connu.
Plus de trois semaines de délai pour avorter, des médecins qui changent à longueur de temps, le dossier médical perdu, un avortement médicamenteux à plus de huit semaines de grossesse, un doliprane pour calmer la douleur en 7heures d’hospitalisation, une prescription de pilule inadéquate qui mène à 1 an de problème hormonal, aucun suivi proposé, une sage femme qui insiste pour que l’on lui decrive ce que l’on a vu (un foetus ou non)
On se rend compte alors qu’il y a encore de nombreux progrès à effectuer pour le droit des femmes lorsqu’il s’agit de l’avortement, et surtout, celui d’améliorer l’hospitalisation. Car le traumatisme vient aussi de le prise en charge lors de l’hospitalisation
Cette histoire fera toujours parti de moi, et je vis avec…
Mais aujourd’hui, je peux le dire, j’ai avorté et je vais bien.
Voilà, là ce soir moi j’ai appris que j’étais enceinte, 3 ème avortement, je suis en colère de payer ma fécondité pour chaque écart de ma vie. Ca n’a jamais loupé.
Alors j’ai créé à l’instant un blog. Et je compte raconter comment ça va se passer.
Demain j’appelle l’hosto. Je sais pas si je vais bien, mais je sais que j’en ai plein le cul.
http://yvesegee.com/
Bonjour,
Voilà 10 mois que j’ai subi une IVG, j’étais enceinte de 2 semaines. Au départ, j’avais été sur le net afin de recueillir des témoignages malheureusement j’étais tombée sur des pro life, mais en rien cela n’a modifié ma décision de le faire. Ma seule crainte portait sur les répercussions psychologiques.
Ce qui m’a fait du bien, c’est d’en parler à une amie, qui elle-même avait déjà fait une ivg.
J’aurai très bien pu garder cet enfant sachant que je suis en couple et que nous avons déjà un petit garçon de 3ans, mais je n’ai pas souhaité retomber enceinte. Cela faisait du mal à mon ami que je le fasse mais il comprenait mes raisons. Cependant, j’ai fait toutes les démarches seule sans vraiment lui en parler, tout ce qu’il savait c’est que j’allais subir une ivg.
Je ne me sentais pas prête à une seconde maternité et j’étais encore étudiante, un enfant se désire et il faut pouvoir l’accueillir dans des conditions optimales. Cela n’aurait été le cas et tout le monde en aurait pâti. J’ai clairement expliqué tout cela avec la médiatrice du planning, mettre des mots dessus m’a encore plus convaincu de mon choix et je ne regrette pas du tout.
Au service, le personnel était très bien, très à l’écoute et disponible.
Pendant la demi journée d’hospitalisation, je n’ai pas souhaité être contacté par mon compagnon, car je devais vivre ce moment seul. Cette demi journée a été vécu comme une remise en cause, j’avais conscience de ce que je faisais, j’imaginais aussi la chance que nous avions à notre époque de pouvoir le faire dans de bonnes conditions.
Mais je pense que ce qui a fait que l’avortement s’est passé ainsi c’est que pour moi, cet enfant n’existait pas bien qu’il fut présent.
A l’heure actuelle, j’y pense rarement, tout ce que je sais c’est que ce n’est pas une fatalité d’avorter mais la conséquence d’une réflexion murement réfléchie. Aujourd’hui, je parle de mon expérience sans honte, et je suis navrée de voir que c’est encore un sujet tabou. Si tabou que des avortements se font encore clandestinement au péril de la vie de ces femmes, ou encore des femmes mettent au monde des enfants pour aussitôt s’en débarrasser, d’autres les gardent mais vivent difficilement le rôle de mère au détriment de petits innocents qui n’ont rien demandé…
voila je m’appelle marie je me suis fait avorter vendredi donc ya 3 jour !!
j’etait enceinte de 2 mois et quelque semaine .…) pareille ya 2 ans mon medecin m’a dit que j’aurais du mal a avoir des enfants , je prenais la pillule et j’ai arreter car je ne l’a supporter plus !
Pendant 6–7 moi je n’ai pris aucun moyen de contraception ! je me suis donc dit si je ne suis pas tomber enceinte maintenant ces que le medecin avais sans doute rèson..
et non un jour je commencer a voir des noses desagreable je l’ai mal vecu pendant 2 semaine cetait les noser !
donc pour moi cetait sans doute que j’ai senti je savais deja que j’etait enceinte , sur le coup je n’ai pas trop realiser ni paniquer j’en n’ai parler a mon copain j’ai fait une prise de sang et la j’ai apris que je n’etais pas enceinte que d’un bébé mes de 2 bébé
donc la le choc je ne savais pas quoi faire !
pas de situation toujour chez mes parent je me suis dit je peut pas les garder ces pas possible je m’en sortirais jamais a 20 ans ces dur quand meme je suis encore jeune mes amies mon dit reflechis bien exct.…)
mes cetait dejas tout bien reflechis , je suis aller voir le gyneco qui m’a donner un rendez-vous pour l’avortement et ces la veille du jou-j que la je me suis sentis pas tres bien le stress ! j’i etait tout ces bien passer !
je suis rentrer, et le soir j’ai un peut pleures mes le choix je n’ai pas honte de l’avoir fait car quand je voit des jeune de 15–16 ans avoir des enfants et galerer moi ces pas une vie comme ca que je veut pour mes enfants.…)
je veut quil ne manque de rien !
donc voila la je vais bien
et pour toute les filles dans le meme cas que moi je vous trouve courageuse et je suis contente qui et aussi des fille qui pence un peut comme moi sans juger les gens !!
voila mercii a bientoot
J’ai découvert que j’étais enceinte de 3 semaines en décembre 2009. Préservatif défectueux je présume, car nous nous étions toujours protégés.
Au bout d’une semaine de retard, j’ai fait un test, 10 minutes après j’étais chez le médecin, le lendemain à l’hôpital pour mon premier rdv.
Tout ce que je savais, c’est que ce n’étais pas possible: j’avais 30 ans et toujours tout fait pour ne pas avoir à me retrouver dans cette situation.
J’ai réfléchi mais je n’ai jamais hésité.
J’étais enceinte de 3 semaines, je pensais que ça allait très vite mais il a fallu attendre 4 semaines supplémentaires pour que la date de l’ivégé ne ‘tombe pas pendant les fêtes’. C’est sans doute ce que j’ai le plus mal vécu, de devoir subir un mois de grossesse non désirée, avec les nausées et ce corps que je ne supportais pas.
Le corps médical a été bien, j’ai plutôt été déçue par les rares proches à qui j’en ai parlé qui m’ont tous expliqué que j’allais être traumatisée (et si pas maintenant, plus tard!)…
L’avortement s’est fait par voie chimique et même si d’un point de vue physique, j’ai trouvé ça vraiment dur, et fatiguant (j’ai bien mis 2 mois à récupérer), je n’ai jamais regretté, culpabilisé ou autres. Je n’y ai jamais vu un bébé potentiel, je ne me suis pas impliquée émotionnellement.
Je me sentais presque ‘anormale’ d’être si indifférente.
18 mois plus tard, tout va toujours bien, je sais que j’ai pris la bonne décision
J’ai 28 ans, je suis en couple et très amoureuse de mon compagnon depuis 7 ans. Nous vivons dans un mignon appartement parisien depuis 6 ans et nous sommes tous deux enseignants.
Et pourtant, j’ai avorté. Aucune excuse.
Et pourtant aucune envie d’enfant. Un non-désir – celui d’enfanter — qui s’est révélé incontestable à la seconde où le test m’a révélé la nouvelle. Un choix – celui d’avorter – qui s’est révélé évident durant cette même seconde. La décision je l’ai prise seule, bien que soutenue et accompagnée par mon compagnon dès que je l’ai formulée. Elle m’appartenait, c’était à moi de choisir. S’il a eu sa place dans le processus médical et dans les questionnements qui ont suivis, mon compagnon n’a pas eu sa place dans cette réflexion première. C’est mon corps, mon choix, mon droit. A moi de décider. Il n’y a pas eu de « qu’est ce que tu en penses ? » juste des « comment on fait ? ». Il est d’accord avec moi, c’est comme ça qu’il fallait faire.
Depuis je vais bien merci ! Pas le sentiment d’avoir fait une connerie, pas le sentiment d’avoir gâché une vie, pas l’idée débile et asservissante que cet amas de cellules de la taille d’un quart de cacahuète aurait pu être un « être vivant », un « bébé », ni même un « fœtus » . Amas de cellule il était, amas de cellules il n’est plus. Et c’est tout.
Et puis, des enfants j’en aurais quand j’en aurai envie.
J’ai avorté, je vais bien merci ! Mais… Parce qu’il y a un mais. Car dans une société où tout cherche à nous rappeler que ce que j’ai fait … n’est pas grave Noooon, vraiment pas grave, on accepte, c’est un droit, lalalala … Mais … C’est lourd de conséquence. Ça va déterminer beaucoup de choses par la suite. Je vais y penser. Regretter. Etc. Et bien, ce n’est pas facile !
Pas facile parce que ces comportements post-avortement déterminent des comportements médicaux. A commencer par l’obligation du délai de réflexion de 8 jours, comme si une femme ne pouvait pas être certaine de son choix, une fois la démarche faite de se rendre au planning familial. Et puis, en insistant un peu, en payant un peu plus cher, on peut tomber sur un gynéco en ville qui nous prend entre deux rendez-vous pour nous filer la pilule abortive.
C’est le sentiment que j’ai eu : on m’a filé une pilule parce que j’insistais pour ne pas avoir des symptômes de grossesse 8 jours supplémentaires alors que je n’aurai jamais changé d’avis.
Vous êtes sûre ? Oui. Alors démerdez-vous seule, lisez ce papier, signez celui-ci et gobez moi ça.
Voilà.
Ça va faire mal ? Non – me dit le médecin, comme des grosses règles.
Alors que le premier comprimé me déclenche des douleurs de règles qui m’obligent à quitter le travail, le second, qui enclenche l’expulsion me fait hurler à la mort. Je vomis, me vide par tous les trous, perd des quantités de sang importante toute la journée. Et je suis seule. Enfin, avec mon compagnon, livide de me voir dans cet état-là.
La notion de maltraitance me vient à l’esprit toute la journée. Pourquoi me fait-on subir ça ? Pour m’obliger à ne pas recommencer ? Pour que j’arrête de faire l’amour, seul moyen fiable de ne pas tomber enceinte ? Aucun personnel médical n’est là pour me rassurer et je hurle ma douleur toute la journée.
Quand enfin c’est fini, il me faut quand même expliquer à mon gynéco que des douleurs de règle, ce n’est pas vraiment ça – franchement si c’était le cas, je me serais fait enlever l’utérus il y a longtemps… « Ah oui », me dit-il, « c’est vrai que ça fait ça à beaucoup de femme. Je ne vous l’ai pas dit pour ne pas vous inquiéter » : Réduite à un statut de gamine à qui on vaporiserai de l’antiseptique en assurant que « ça ne va pas piquer ». Je me sens conne de l’avoir cru. Conne d’avoir été prise pour une conne.
Et depuis, je suis en colère. En colère devant tous les gens qui se demande comment on peut encore tomber enceinte accidentellement de nos jours. En colère devant les copines qui essaient de tomber enceinte et m’en veulent d’avoir avorté moi qui y arrive si facilement. En colère devant tout ce qui me rappelle que je devrais pleurer et compter chaque mois l’âge qu’aurait dû avoir mon « enfant ». En colère face à ce psy qui m’assène à chaque moment de ma vie que si je suis malade c’est parce que mon esprit me rappelle que j’aurais dû avoir un enfant, si je n’arrive pas à travailler c’est parce que j’aurais dû avoir un enfant dans les bras, etc.
Surtout en colère contre cette convention qui fait que l’on ne parle pas de « ça ». Surtout pas en société. Seulement avec les copines, à voix basses, devant des regards contrits. On ne dit pas : hey la semaine dernière j’étais en arrêt maladie. Pourquoi ? Oh, un petit IVG. Non, on dit « j’étais malade ». Parce que l’IVG, c’est intime, c’est une décision dure, qui implique un retour sur soi et son couple, qui ne regarde que nous… Pfffff.
Voilà, j’ai avorté, je vais bien… Mais. Mais il faut encore gagner un droit à l’avortement, pratiqué en toute dignité avec une gestion de la douleur qui ne nous fasse pas ressembler à des chiens. Un droit à l’avortement qui change les consciences et qui ne nous oblige pas à vivre l’avortement comme un drame.
j’ai avorté en juin 2011
Sortie des études, je peine à trouver du travail dans ma branche et vis chez mes parents au RSA. Trois ans avec mon ami d’un amour assez chaotique mais qui, paradoxalement, tient. Un accident, une fois sans protection comme ça, et on pense naïvement que ça n’aura pas de conséquences. On est conditionné car on voit les copines à côté ‚galérer à mettre en route leur bébé, des mois, parfois des années après l’arrêt de contraceptifs. On les entends parler de calcul minutieux de leur période d’ovulation , de techniques de poiriers improbables à effectuer après les rapports. On espère même avec elle chaque mois que ça tombera (enfin) de sorte à ce qu’elles se lavent de leur obsession d’enfantement qui les rend dépressive et pouvoir plaisanter un peu de nouveau . Alors inconsciemment, a lieu une généralisation . On se dit que soi même on est assujetti à l’hypo fertilité plutôt que l’inverse. mais bon, l’intuition est là. Plate comme une limande depuis toujours, mes seins se mettent alors à gonfler dangereusement. Dans d’autres circonstances j’aurais été ravie mais là, je me suis bien douté que ce n’était pas un cadeau du ciel histoire de combler ma féminité lacunaire. Postif youhou. Lui est plus jeune que moi et encore en formation, ne bénéficie pas d’un salaire suffisant pour subvenir aux besoins d’une famille. Quand bien même ça avait été le cas, ce n’aurait pas été le bon moment. Pas le bon moment pour mon accès à l’emploi déjà difficile, pas pour cette vie de femme que je souhaite mener avant d’être mère, pas pour ces déformations du corps et de l’esprit que je n’ai pas anticipé.Pas pour cet amour compliqué qui doit encore se stabiliser pour être accueillant. Psychologiquement, matériellement impossible.Faire un enfant pour qu’il survive plutôt que vive? Alors c’est vrai qui suis-je pour supprimer la vie? une sacré salope égoïste. Ou peut être justement tout l’inverse.… La natalité n’est pas en danger dans le monde, il paraîtrait même que nos ressources s’amenuisent. Aujourd’hui élever relativement convenablement un enfant aujourd’hui implique des sacrifices économiques non négligeables, avec les changements actuels de nos sociétés il faut compter de le nourrir l’éduquer et jusqu’à ses 25 ans révolus et de disposer de suffisamment de fric pour qu’il puisse entrer dans les grandes écoles et ne pas finir smicard frustré en manque de perspectives. Qui suis-je pour l’infliger à qui que ce soit dans des conditions merdiques? Je donnerai tout ce que j’ai à un enfant encore faut-il avoir quelque chose à donner. Un toit, des parents aimants, un avenir. Toutes mes bonnes raisons étaient là à portée de main, et la liste pouvaient s’allonger encore et encore . Ma propre existence ne devait pas passer tout de suite par la case bébé, un point c’est tout. Mais voilà, il est là dans le ventre, et le cliché se réalise. On ne voit plus les choses pareilles. les hormones jouent des tours. Difficile de rester pragmatique, de ne pas penser à cette cellule comme un enfant, Avec un prénom , un peu de vous, un peu de votre chéri, à une personne unique, avec ses qualités ses défauts. Difficile de ne pas succomber au romantique, à l’idéal de la situation. » . Quand j’ai annoncé la perspective d’un IVG à une amie elle s’est totalement effondrée en larme à cause » du traumatisme que j’allais subir ». J’apprécie son empathie mais tout de même, il me fallait relativiser, non dramatiser. Mon ami m’a soutenu, et j’ai procédé à l’IVG médicamenteuse. Le plus pénible est l’attente et les procédures bien lourdes pour devoir le faire. Échographie a plusieurs reprises, prises de sang, RDV médecin et gynécologue spécialiste. Entre les rendez vous, dans votre tête et votre corps c’est le chamboulement et l’on ne pense plus qu’à ça. Premier médicaments: Un peu difficile, le geste de porter le cachet à la bouche vous donne une mini impression de vous suicider un peu. Psychologiquement difficile, physiquement aucun symptômes. Le second beaucoup plus facile à porter à la bouche, on à juste hâte d’évacuer le tout. Psychologiquement très facile, physiquement: une torture abdominale de 3/4 d’heures, puis ensuite des douleurs le restant de la journée. Deux jours plus tard c’est oublié. 2 mois plus tard pas de regrets. J’ai avorté et je vais bien merci.
J’ai 32 ans, je suis maman célibataire depuis plus de 8 ans 1/2 d’une nénette de presque 8 ans.
Je suis restée maman à 200% de février 2003 à mai 2011! aucun rapport, aucun flirt, nada!
Et fin mai 2011 je saute le pas!
Depuis la rentrée scolaire (sept 2010), une petite nouvelle est arrivée dans la classe de ma fille. J’ai bien remarqué que seul son papa venait la chercher. J’ai demandé à ma fille, elle m’a répondu que sa maman est morte. Oups…
Les mois passent, les regards se font plus insistants…
Et fin mai, les beaux jours aidant, nous nous retrouvons dans le même parc de jeux pour enfant, non loin de l’école. Les filles jouent ensembles, nous sommes sur deux bancs opposés. L’orage gronde, nous nous apporochons du portillon du parc en même temps, regards tendres, petit mot sympa. Nous faisons le bout de chemin ensemble jusqu’à nos voiture.
Le lendemain, on se retrouve au parc, comme par hasard!?!
Et de fil en aiguille, on parle, on parle de nos vies, on s’échange nos téléphones, on s’envoie des textos, on s’appelle 3 heures durant et puis, le 1er baiser…
Quelques jours plus tard, je me retrouve dans son lit… Une seconde 1re fois, car après plus de 8 ans 1/2, pas facile de sauter le pas! la nuit fut géniale.
Bref nous avons passé le mois de juin avec nos filles, à sortir, à venir chez l’un, chez l’autre.
Et puis il a mis de la distance dans notre relation fin juin, sans donner d’explication. Je devais avoir mes règles autour du 29 juin. (Je précise que je ne prenais plus la pillule depuis 2003 car je n’avais aucun rapport. J’ai demandé la pillule à mon médecin traitant quand j’ai rencontré mon ami, fin mai, mais ayant mes règles, il m’a demandé de commencer la plaquette au prochain cycle, donc fin juin. On a donc essayé de faire attention lors de nos rapports, non protégés.)
Je n’ai jamais eu de règles régulières, mais le 6 juillet je m’inquiète, je vais acheter un test de grossesse à la pharmacie. Et là, verdict : positif… (je suis quasi certaine que la conception a eu lieu le 19/06).Direct, je vais chez le médecin, il me reçoit enre deux clients, je suis paniquée… Je lui dit « je suis enceinte, je dois avorter! ». Je préviens mon ami que je suis enceinte, il tombe lui aussi des nues.
On est clair là dessus (on en avait déjà parlé) : il faut avorter! on se connait depuis 1 mois, on a chacun une fille de 8 ans (lui a aussi deux belles filles de 20 et 15 ans, filles de sa compagne décéde en 2008), etc…
Bref j’ai eu un rdv 1 semaine plus tard au centre d’orthogénie. Rie à l’écho… Suspiscion de grossesse extra utérine. Prises de sang bHCG à 48h d’intervalle : grossesse normale.
Bref il m’a fallu 3 semaines entre mon test urinaire et le jour J.
J’ai donc eu recours à une IVG Chirurgicale le 27 juillet 2011, sous anesthésie locale. Tout s’est très bien passé, l’équipe médicale a été très très très prévenante. L’infirmière m’a tenu la main au bloc.
En remontant dans ma chambre je me suis sentie libérée, le sourire aux lèvres.
Je n’ai pas du tout saigné après car j’étais enceinte de 7 SA (5 semaines de grossesse) à peine.
J’ai eu mon rdv de contrôle post IVG chez mon gyneco habituel : RAS.
Bref j’ai avorté aussi, et je vais bien, très bien, merci!
courage à toutes celles qui passent par là…
Ps : mon ami (36 ans) et moi sommes séparés depuis, car déjà avant l’annonce de ma grossesse il avait pris ses distances. Il est venu à l’hôpital le jour J, il me l’avait promis, mais n’a pas assisté aux rdv avant ni après. Il m’a expliqué qu’on avait été trop vite dès le départ et que ça lui a fait peur. Bref je suis à nouveau maman à 200% et je pense le rester tant que ma fille sera à ma charge… donc encore de nombreuses années. J’ai rompu mon célibat pendant 1 mois, mais ce mois a entraîné trop de soucis…
Ps2 : J’était anti IVG, aujourd’hui ej suis bien plus tolérante!
Bonjour à toutes
Ce témoignage pour soutenir toutes celles et ceux qui doivent faire le choix face à une grossesse non désirée.
Ce fut mon cas. J’étais au début d’une relation. Nous avons eu un accident de contraception. Mon partenaire ne se sentant pas du tout près, ni à avoir un enfant, ni à lier sa vie à la mienne. Un gros déchirement pour moi car, c’est vrai, j’aurais aimé garder l’enfant (j’ai un grand désir de maternité). Mais pas sans l’accord ni le soutien du père. Je suis croyante et pratiquante mais j’ai dû revenir sur mes principes, car j’ai vraiment ressenti que je n’y arriverais pas seule (boulot très prenant, je travaille le week-end et horaires décalés) et que je ne pouvais pas imposer ce choix à cet homme non plus. D’autre part, en ayant parlé à ma famille proche, celle-ci était très réticente et je sentais que le soutien que je demandais pour une vie de mère célibataire n’allait pas de soi..
Ma décision fut donc un choix dans un non-choix. Je n’ai pas avorté dans la légèreté et l’insouciance comme nous le reprochent souvent les « anti-avortement ».
La clé de mon témoignage est ici:
Mon avortement s’est bien passé car j’ai été très bien accueillie à l’hôpital. Personnel sans jugement, respectueux, attentionné. Gynécologue très prévenant. Et soutien de la femme qui était dans le même cas que moi juste à côté (nous étions plusieurs ce jour-là). Je tiens à préciser ce contexte car j’avais lu plein de témoignages flippants sur un personnel soignant méchant, qui nous laissait dans la douleur.
Je me suis également fait accompagner par une amie proche qui est restée à mes côtés dans ma chambre.
Alors, si ce choix fut difficile, si cette épreuve reste importante, si je suis toujours en contradiction avec mes principes de base (la vie est « sacrée », je ne regrette pas mon choix dans le fond. Je ne me sentais pas capcable de faire autrement dans ces circonstances. Je suis globalement apaisée.
Je dors bien, je vis, je n’ai pas fait de dépression. Je ne retourne pas à l’église, me sentant intérieurement jugée.
J’espère qu’un jour j’aurai un enfant dans un projet avec un homme qui le désire autant que moi.
Courage à toutes les femmes qui doivent faire un choix, soyez les plus libres possibles, dans les circonstances que la vie vous impose.
44 ans, j’ai avorté à l’étranger en 2011 et je vais bien.
J’habite à l’étranger, dans un pays musulman où l’avortement est interdit, passible de prison pour la femme comme pour le praticien.
Je ne sais pas si mon témoignage a sa place ici ou si peut être.
Je ne suis plus une gamine, j’ai deux enfants, et j’étais séparée et toujours pas divorcée, une situation un peu compliquée dans un pays où une femme seule avec enfants est très mal vue. Je n’utilisais que des préservatifs pour des relations sans lendemain, aucune envie d’un homme dans ma vie après ce que j’avais vécu.
Et un jour , on ne sait jamais quand ça va vous arriver, je rencontre X et le mot amour que j’avais sorti de mon vocabulaire me tombe dessus ! Lui ne supporte pas les préservatifs , nous allons ensemble faire en don du sang pour avoir des analyses correctes et échangeons nos résultats , négatifs des deux cotés, et notre vie amoureuse s’enchaîne, faisant attention aux dates, moi prenant la pilule du lendemain, et 3 jours de retard, 9 jours , … test.… et bingo c’est positif !
Ma première réaction fut joyeuse, un autre enfant ? Avec lui pourquoi pas ? En France sans problème , ici une relation hors mariage est aussi passible de prison , alors on parle des heures de l’avenir et on se décide à deux à avorter.
Le rendez– vous est pris avec le médecin qui a accouché mes deux enfants, je lui explique ma situation, pas encore divorcée.… il me demande si mon compagnon est au courant je réponds. Échographie… il confirme avec un doute mais … Il me donne un cachet et m’explique que si je ne saigne pas dans les 48 h je le rappelle. Je ne saigne pas, rien du tout . Je revois mon gynécologue et l’intervention est prévue une semaine après.
7h du matin, je vais dans une clinique privée, j’y vais seule en taxi, mon compagnon viendra me chercher. Sur mon ordonnance il y a écrit : révision gynécologique ! je rigole en moi même , j’ai l’impression d’être une voiture d’occasion.
J’ai une chambre pour moi ( je suis étrangère et donc j’ai les moyens de me soigner contrairement à la population du pays).
C’est là que je me rends compte que j’ai été très bien traitée, j’ai subi une anésthésie générale ( le truc qui me fait le plus peur ! j’ai toujours eu peur de ne jamais me réveiller) . Dans la salle d’intervention mon médecin a gentiment poser sa main sur mon front : » t’inquiètes pas ! à toute suite ! ». Mes yeux se ferment sur un flacon en l’air avec un tuyau comme ceux des aspirateurs.
En salle de réveil tout le monde est gentil, pas de question, je retourne dans la chambre et à midi on me dit que je peux sortir . Je paye , je prend mon ordonnance , et un flacon à faire analyser : le truc, le machin qui n’était même pas une idée d’enfant et les larmes me montent au yeux .
Mon ami est là , il m’emmène, j’ai du mal à marcher, je lui donne le flacon et il va s’occuper des analyses, des médicaments, il me couche et je m’écroule !
J’ai dormi jusqu’au lendemain, et je suis aller travailler ce fut dur et fatigant. Mon cycle est redevenu normal. Je me suis fait poser un stérilet, j’ai toujours le même compagnon !
C’était mon premier avortement. Nous avons pris la bonne décision.
J’ai 44 ans, j’ai avorté en Avril 2011 et je vais TRÈS bien.
Bonjour,
J’ai 20 ans et je suis enceinte. Je viens de l’apprendre et je suis encore sous le choc. J’ai eu ma consultation avec mon docteur-gynécologue et fait ma prise de sang pour déterminer le taux hormonal de grossesse avérée que j’ai, au jour d’aujourd’hui. Mon échographie se passe la semaine prochaine et je suis en période d’acceptation de la situation. Je ne vais pas vous le cacher, je suis triste. Et j’ai peur de l’intervention. Je me renseigne comme je peux, discrètement, et j’essaye d’être ouverte à tout opinion concernant l’avortement.
Tout d’abord, quand j’ai appris la nouvelle, la première réaction physique que j’ai eue était de trembler. Les battements de mon cœur se sont accélérés et j’ai paniqué. Réaction négative en soit. Clairement ce n’est pas le moment. Je suis en 3ème année d’école de commerce, la meilleure, en période d’examens, et en pleine rupture avec mon copain. Pas le moment, mais ce n’est jamais le moment dans le fond lorsqu’on a 20 ans et qu’on n’arrive pas encore à bien s’occuper de soi-même, et d’un seul coup, une question existentielle se pose, est-ce que je dois avorter?
Bien sûr! Pourquoi à mon âge devrais-je m’occuper d’une vie en plus de la mienne qui est déjà assez chaotique toute seule. Je n’ai même pas d’homme à mes côtés (et ce n’est pas ça qui manque sur terre), pas de boulot assez rémunéré — j’ai trois jobs à côté de mes études qui coûtent chers. La question ne se pose même pas. Je ne veux pas d’un bébé qui pleure pendant 3 ans et ne pas pouvoir faire des nuits complètes. Je veux faire le tour du monde, voyager, débattre sur des sujets enflammés, boire à la santé de mes amis, voir ma sœur grandir étant donné qu’elle n’a que 13 ans. Je veux continuer à vivre seule, et être une femme indépendante.
Je ne suis peut-être pas faite en papier mais je ne vous cache pas ma douleur de vivre tout ça. En sillonnant le web à la recherche de réponses, je suis tombée sur des sites qui bannissent l’avortement, qui démontre l’évolution de l’embryon. Je suis à deux semaines de grossesse. D’après eux, dans une semaine j’ai un deuxième cœur qui bat en moi, dans deux semaines, les membres et organes vitaux se forment, dans trois semaines, le visage est visible et dans quatre, le sexe peut être déterminé. De quoi donner la patate aux femmes qui choisissent d’avorter. Alors j’étais triste, mais je tiens à ne pas être ignorante sur le sujet. Car la détermination même d’une grossesse, c’est qu’il y a un bébé dans neuf mois qu’on le veuille ou non. Après dans mon cas, ce n’est pas ce à quoi j’aspire.
Je veux un boulot intéressant, bien rémunéré, m’épanouir seule. Pas envie de fonder une famille maintenant. Qu’on soit clair. J’ai encore le choix. Et je vais jouir de cette liberté. Pourquoi un homme a le droit de faire ce qu’il veut, quand il veut, et pas moi? Je veux encore construire ma vie, libre de toutes contraintes. Je veux apprendre de nouvelles choses et profiter de ma jeunesse. Chaque chose en son temps. Un jour, dans dix ans, j’aurais peut-être un enfant, mais pas maintenant. Un enfant qui sera le fruit d’un amour partagé. Et je dis ça, ça ne veut pas dire que l’homme avec qui j’étais n’est pas formidable. On s’est quitté. Ça arrive. C’est la vie. Ce n’était pas lui. Alors je regarde devant moi, et je me dis, il y a de l’avenir, et il faut aller de l’avant, malgré tout.
Oui je peux choisir de garder le bébé. Mais je ne pense pas que je serais heureuse après coup. Je ne sais pas, je n’ai jamais été mère. Mais si ma première réaction était tel un cataclysme, je trouve que ce n’est pas le bon choix de le garder. Et je souffre car tout cela aurait pu être évité. Mais maintenant, avortement ou non, faut savoir prendre ses responsabilités. Nous vivons qu’une seule fois et la liberté se prend, elle ne se donne pas.
Je ne veux pas d’enfant maintenant, et je ne vais pas me morfondre sur mon sort après mon avortement. Cela ne veut pas dire que je n’ai pas la fibre maternelle, je l’ai. Mais c’est trop tôt pour parler bébé. Au jour d’aujourd’hui, je parle crise financière, droits d’humanité, famines, pauvreté, abus d’autorité, abus sexuels, études supérieures, examens et nuits blanches, sexe, amour, amitié, liberté, respect et ambition. Je suis fière de moi, fière de me laisser toutes mes possibilités d’évolutions, et d’apprendre chaque jour, ce que j’aime ou n’aime pas faire, je suis un chantier constant. Et je n’ai aucune envie de m’occuper d’un deuxième chantier. Alors on retrousse ses manches. Et on fait avec les douleurs physiques, psychologiques (soit disant) et on sourit à la vie, merde! Si c’est pour faire une dépression, ce n’est pas la peine. Déjà vécue, m’en suis sortie beaucoup plus forte et avec une soif de vivre qui fait que non je ne vais pas déprimer suite à cette décision relativement importante.
Je viens de signer la pétition, je précise que je n’ai jamais eu à avorter et que je n’ai pas d’enfants. Mais je suis très touchée par tout ce qui a trait à la liberté et au respect de la femme: en effet une personne de ma famille proche a été violée, et de plus je connaissais bien la jeune Agnès qui a été violée et assassinée en novembre 2011 par un gamin récidiviste. Je trouve scandaleux que l’on conteste encore le droit à l’avortement, tant qu’il s’agit de la grossesse, il s’agit avant tout du corps de la femme, et la femme a tous les droits sur son corps. Je suis malheureusement parente d’une bande d’intégristes et leur point de vue sur ce thème me révolte tout particulièrement.
Ainsi, même si je n’ai pas avorté je me sens très proche de toutes celles qui l’ont fait.
J’ai 23 ans, un master, je pense être bien informée sur la contraception, et pourtant, je suis tombée enceinte fin 2010. Si l’on pouvait arrêter de dire que « ça » n’arrive qu’aux écervelées, incapables de se prendre en charge…
Grossesse sous stérilet, pas de chance, et énorme sentiment d’injustice. J’avais fait tout ce qu’il fallait, et je tombais quand même enceinte. Mais surtout, une évidence : je ne veux pas le garder, je ne me serais pas fait poser un stérilet sinon !
Avec mon ami, la question ne se pose pas vraiment : il est encore étudiant, j’ai commencé à travailler il y a un an, tout va bien entre nous, mais un enfant, maintenant, ce n’est clairement pas à l’ordre du jour.
Je passe quelques coups de téléphone, avec des résultats variables : si la personne qui me répond au Planning est adorable (elle me donne plusieurs numéros à contacter, m’incite à la rappeler si ça ne fonctionne pas), celle qui me répond à l’hôpital Robert Debré me donne clairement l’impression que je la dérange, et qu’elle n’a pas envie de s’occuper de mon cas. Il faudrait que je me débrouille pour aller faire l’échographie de datation (sans ordonnance, donc pas de remboursement évidemment) avant de prendre rendez-vous dans ce service.
Finalement, la Maternité des Lilas me répond, et là, tout se passe bien : on me propose un rendez-vous une semaine plus tard, pour l’échographie, et entretien dans la foulée avec l’anesthésiste, pour que ce soit fait. Le gynéco est parfait, il répond à toutes mes questions, ne me juge jamais, m’explique toutes les possibilités et me laisse choisir. L’IVG aura lieu 2 semaines plus tard, sous anesthésie générale. Idem, personnel attentif, douleur prise en charge, rien à redire.
Ce n’est pas un drame, ça ne le sera jamais. J’aurai peut-être des enfants, plus tard, peut-être pas, mais pas maintenant. Quand je l’aurai décidé. En attendant, je vais bien, merci !
J’ai bientôt vingt-huit ans, je n’ai jamais voulu et ne veux toujours pas d’enfant. Mon compagnon, qui a presque quatre ans de plus que moi, non plus. Ça m’est tombé dessus sans crier gare. Par le passé, alors que j’étais sous pilule et que j’oubliais régulièrement un comprimé sur la plaquette, j’avais déjà été confrontée aux doutes et m’était renseignée sur les démarches à suivre, au cas où. Mais finalement, ces oublis sont, par chance, toujours restés sans conséquences. Toutefois, il y a trois ans, j’ai fais le choix de ne plus avoir à penser à ma contraception et je me suis fait posé un DIU en cuivre (par choix, je refuse désormais toute hormone) que j’ai par ailleurs parfaitement bien supporté. Ce jour-là, la gynécologue m’a aussi donné une ordonnance pour le cas « où vous auriez un retard de règles ». Elle dormait depuis parmi le reste de mes papiers.
J’ai fais les fêtes de fin d’année 2011 avec les abus habituels, notamment en alcool. Aucune manifestation d’un quelconque changement. Et pourtant, début 2012, je commence à m’interroger sur ce retard qui s’accumule. Mon cycle se décalant chaque mois de cinq à dix jours, je ne me suis guère inquiétée de l’absence de règles fin décembre. Début janvier, je fais un premier test urinaire qui s’avère négatif. Rassurée, j’attends une semaine de plus. Le doute perdura jusqu’à la vue des résultats de la prise de sang le 10. J’ai espéré jusqu’au dernier moment me faire des idées et que tout rentrerait dans l’ordre une fois que j’aurais sous les yeux la preuve que je somatisais.
Mais les résultats étaient formels. La grossesse avait commencé depuis presque quatre semaines. La course contre la montre a commencé. J’ai filé chez mon médecin généraliste qui recevait alors sans rendez-vous. C’est son remplaçant qui consulte ce soir-là mais peu importe. Je suis arrivée à dans ma ville actuelle il y a seulement quelques mois et évite autant que faire ce peut tout ce qui est médical. De ce fait, je connais encore mal les médecins – généralistes ou spécialistes – et c’est sans doute ce qui m’effraie le plus. Las ! Mes craintes sont infondées et il me conseille parfaitement, me fait toutes les ordonnances, tous les papiers nécessaires et me donne des pistes pour les démarches à suivre.
La suite ne sera pas simple mais seulement parce que je me suis retrouvée confrontée à deux difficultés matérielles : n’étant plus étudiante depuis seulement quelques mois, les délais pour le changement de caisse d’assurance maladie freinent l’avancée de mes démarches car je ne suis pas en mesure d’avancer tous les frais et j’ai de toute façon un déplacement d’une semaine en Bretagne, prévu de longue date et que je ne peux annuler.
Dès le lendemain, je me rends donc aux urgences du centre hospitalier spécialisé en maternité et gynécologie qui se trouve à moins de dix minutes de mon domicile. Une première échographie laissera penser qu’il s’agit d’un œuf clair. Néanmoins, l’interne qui m’a reçue me rédige une nouvelle ordonnance pour une seconde échographie à réaliser une semaine après afin que le diagnostic puisse être confirmé (ou non). Je prends le rendez-vous pour le lendemain de mon retour de Bretagne, une semaine plus tard.
Fatigue, nausées… Mon séjour n’a pas été de tout repos. Je garde pourtant espoir que la grossesse se soit bien arrêtée d’elle-même et qu’il ne s’agisse que d’une question de temps pour que mon corps « s’en rende compte ». Mais la seconde échographie ne laisse plus de place aux doutes. Elle continuait bel et bien. Dès le lendemain matin, je me suis donc rendue au centre de planification familiale du principal CHU de la ville, et j’obtenais un rendez-vous pour le 30 janvier. Un peu tardif. Celui plus proche de mon domicile, moins débordés, m’en propose un pour le 24. Il ne me restait plus qu’à attendre ce premier rendez-vous afin de savoir comment la suite allait se dérouler.
Cet entretien a été très rapide. Étant sûre de mon choix, et après avoir simplement dis que je n’avais jamais voulu et ne voulais simplement pas d’enfant, qu’il s’agissait d’un raté de contraception parce que le DIU est descendu et que je ne changeais pas d’avis, il aura duré moins d’une demi-heure, le temps de donner les documents nécessaires, remplir les papiers et de me voir exposer les différentes méthodes par la conseillère qui m’a reçu. Je repars avec un rendez-vous pour le lendemain matin. Si tout se passe bien, étant encore à moins de sept semaines de grossesse révolues, je pourrais faire une IVG médicamenteuse à domicile.
Le 25 au matin, je rencontre donc le gynécologue qui va me suivre. Avant tout, il me retire sans difficulté mon DIU, ce qui va me permettre de faire l’IVG médicamenteuse. Il m’explique encore une fois comment cela va se passer, la prise des comprimés. Étant encore dans les délais (à un jour près !) j’ai pu faire le choix de prendre ces comprimés à domicile. J’avais la possibilité de me rendre rapidement à l’hôpital en cas de problème et mon compagnon a pris sa journée pour rester avec moi et pouvoir réagir vite en cas de souci.
Le 27, 48h après le premier, je prends enfin les deux comprimés qui vont déclencher l’avortement. J’avoue avoir angoissé la veille, non pas parce que je me serais mise à douter de ma décision, mais simplement comme on peut angoisser face à une situation inconnue. Finalement, tout s’est très bien passé. Les douleurs n’ont jamais excédées celles de règles très douloureuses, de celles qui vous obligent à rester allonger quelques heures. Et l’après-midi, j’étais déjà sur pied, l’esprit libéré avec la certitude d’être enfin débarrassée de cet amas de cellule qui, dans ma tête, n’aurait jamais dû commencer à faire sa place dans mon utérus.
C’est une grande chance d’avoir accès à un service de soins et à du personnel compétent (j’entends par là compréhensif, ouvert au dialogue. Je n’ai jamais été confronté ni au silence, ni au jugement) si près de chez moi. De plus, étant actuellement en recherche d’emploi, j’avais du temps à consacrer à toutes les démarches nécessaires qui se sont avérer être assez longues et plus lourde qui l’acte lui-même. Mon compagnon travaillant à plein temps, j’ai fais toutes les démarches et tous les rendez-vous seule, néanmoins cela ne l’a pas empêché d’être présent, tout comme mes ami(e)s que j’avais mis dans la confidence. Même sûre de son choix, ce soutien n’est pas négligeable dans ces moments-là.
Depuis, je reprends mon rythme de vie normal. Je ne ressens plus cette fatigue intense qui m’handicapait tellement. Psychologiquement, ça a été un véritablement soulagement et oui, je vais parfaitement bien dans ma tête. La semaine prochaine j’ai le rendez-vous post-IVG et le gynécologue me reposera un nouveau DIU en cuivre. J’espère ne pas revivre la même mésaventure plus tard, mais ça reste le seul moyen de contraception dans lequel j’ai réellement confiance.
Alors à ceux et celles qui souhaiteraient voir l’avortement déremboursé sous prétexte qu’il est toujours possible d’éviter une grossesse non désirée, savez-vous à quel point vous vous trompez ? Au-delà du fait qu’il est inacceptable de revenir sur cette possibilité de CHOIX qui est offerte aux femmes, un accident peut toujours arriver. Si j’avais dû prendre des risques pour avorter, je l’aurais fait, parce que c’est mon corps, ma vie, mon avenir qui est en jeu et qu’aucun(e) politique n’a le droit de décider de ce qui est bon pour moi ou non.
Cet avortement, je l’ai choisi, je ne le regrette pas et je vais très bien merci !
Élisa, 10 février 2012.
J’ai 19 ans et j’ai avorté il y a maintenant une semaine. Et je vais très bien, merci.
J’ai pas eu de chance, comme d’habitude on pense que ça n’arrive qu’aux autres. Et malheureusement non.
Quand on apprend ça , qu’on le veule ou non, on ne peut pas toujours le garder.
Etudiante sans revenu à part ceux de ma mère, apprendre à 6semaines et 4 jours que je suis enceinte. En suite suivre les démarches et avorter à 8semaines et 5 jours. C’est surtout dur moralement, surtout quand votre corps se venge et vous rend mal pendant 1 semaines, une fois à l’hôpital, on ne réalise pas. Une fois réveiller tout est derrière nous, soulagées sans doute, mais peut être un peu mal. L’intervention pour ma part, ne m’a pas fait mal, j’ai plus eu mal les jours avant (maux de ventre ect). En suite , quelques heures aprés, je me sentais comme avant , maintenant je me sens mieux, une épreuve en plus, qui fait réfléchir. J’ai eu beaucoup de chance étant jeune majeure que l’hôpital de ma ville prenne tout en charge, les gens ne vous juges pas, et essaye de vous faire sourires. Si vous allez subir cette épreuve, avant qu’on vous endormes, soyez positif. Souvent il est mieux d’agir vite, même si moi c’était trop tard pour un IVG médicamenteux. L’IVG par aspiration, ne m’a fait aucuns tord, je n’ai pas eu mal, et aucuns effets secondaires douloureux. J’ai choisit l’implant dans le bras, sans douleur, ceci m’assure pendant 3 ans une contraception je n’aurais dont pas à oublier de la prendre, vu qu’elle est dans mon bras, discret et sans prise de tête. Ceci n’est pas anodin comme intervention, elle fait grandir, on peut avoir 14 ans ou 25 ans, ceci arrive à beaucoup de personne et ce n’est pas une question d’être immature et de pas savoir réfléchir. C’est juste que malgré tout des fois il arrive des accidents, et on ne peut pas toujours choisir. Avorter n’est pas une honte, il faut du courage . Alors cet avortement, je l’ai choisi, je ne le regrette pas , car maintenant ça m’a permis d’avancer et de tourner une énorme page. N’hésitez pas à en parler , il y a des gens pour ça.
J’ai avorté il y a trois jours et je vais bien, merci. Je vais même mieux… Un accident de contraception et me voilá enceinte. J’ai 35 ans et deux enfants déjá. Aucune envie d’un autre enfant.
Décision prise en toute conscience, après dizcussion avec mon mari. Pas un instant je n’ai douté.…mais voilá les délais sont longs et bien que j’assure au médecin que je n’ai pas besoin de la semaine de reflexion .…je dois quand même m’y soumettre.Résultat depuis ma première visite, trois semaines á attendre, trois semaines de nausées, de douleurs bref de symptomes normaux lorsqu’on est enceinte. Pour moi c’est cela qui a été vraiment dur. Voilà, il y a trois jours, anesthésie générale puis intervention. Immédiatement après, je me suis sentie soulagée et depuis je revis. Je m’en veux pour cet accident de contraception mais surtout pas pour ma décisions. Je n’ai pas douté et je n’ai aucun regret. Comment accepter qu’un accident, une erreur engage toute mon existence alors même que j’ai le droit de décider!! Et c’est ce que j’ai fait.
Tout le personnel médical que j ‘ai rencontré a été subtil et délicat avec moi sans tomber dans la dramaturgie!!! Oui c’est une épreuve mais franchement je vais bien et je suis pas trauma!!! Voilá, je voulais soutenir toutes les femmmes qui doivent un jour prendre cette décizion qu’il faut dédramatiser.
J’ai avorté et je vais bien, merci
Estelle
J’ai avorté hier par méthode médicale. Et je vais très bien mentalement. C’est vrai que physiquement les crampes et les pertes de sang ressemblent, pour moi, à ces règles douleureuses que nous avons toutes connues un jour. Mais l’acte en lui-même était une simple formalité dans mon cas : il était hors de question d’avoir un enfant et l’équipe du planning qui m’a suivie ne m’a JAMAIS rendue coupable ou mis en doute ma détermination.
Donc depuis hier 14h30 je suis une de vos salopes et j’accepte ce titre avec plaisir car OUI JE VAIS BIEN
J’ai avorté deux fois et je vais bien.
La première fois, j’avais 23 ans, un copain sérieux et un moyen de contraception. Je ne m’en suis pas rendue compte tout de suite, voire pas du tout. J’avais certes pris un peu de poids mais vu que mon copain était cuistot, rien de bien anormal de ce coté là ! J’ai fait un test en août car je n’avais pas eu mes règles ce dernier mois. Le test étant positif, j’ai tout de suite entrepris les démarches. L’accueil a l’hôpital fut en froid, c’est le moins qu’on puisse dire. Surtout lorsque lors de l’échographie, le médecin a réalisé que je n’étais pas enceinte de 1 ou 3 semaines comme je le pensais mais de 16. Il a bien entendu refusé de croire que j’utilisais la pilule, ou alors que je ne la prenais pas régulièrement et a fini par me renvoyer sans aucunes indications de la marche à suivre. J’ai fini par trouver : le planning familial. Accueil chaleureux, pas de culpabilisation et me voilà partie pour l’Espagne. Si ce n’est le coût financier, dont j’ai mis un an à me remettre, tout s’est très bien passé. Je ne suis ressortie qu’avec un gros ressentiment pour mon copain de l’époque, dont le corps, lui, n’avait pas changé et une parano qui m’oblige à faire des tests tous les trois mois.
Le pire ça a été quand j’ai réalisé que j’avais dit un peu avant toute cette histoire que pour être enceinte et ne pas s’en rendre compte, il fallait être paumée. Enceinte de 3 mois à ce moment là, j’aurais mieux fait de me taire.
Bref, j’ai juré qu’on ne m’y reprendrais plus.
Et… deux ans après, même période estivale. J’avais repris les études et j’étais en vacances en attendant l’année prochaine. Je n’avais pas de relations sexuelles pendant un petit moment et j’avais un copain depuis 3 mois mais je continuais à faire des tests réguliers, juste pour me rassurer. C’était fin juin, je fais mon test comme une formalité… Positif. Vu le néant de ma vie sexuelle de la dernière année, j’étais persuadée que cette fois-ci, j’étais les temps. Le médecin a l’hôpital n’était pas du même avis. Il m’a donné une date de conception au 14 février (ironie du sort). J’ai eu beau lui expliquer que c’était impossible, que je savais que je n’avais pas eu de relations sexuelles à ce moment là, il n’en a pas démordu.
« Vous êtes sure que vous n’avez pas trop fait la fête un soir et que vous ne vous en rappelez pas ? » Euh non merci bien. Mon plus grand regret, c’est de ne pas l’avoir envoyé paître. Dans cette situation là, on est perdue, assommée, sous le choc et on dépend des médecins. Triste est de constater qu’ils utilisent ces peurs.
Et rebelotte pour l’Espagne, avec ma mère cette fois-ci. Je n’étais pas mal, plutôt calme mais je me sentais néanmoins coupable de ne pas m’en être rendue compte… une deuxième fois. L’accueil a l’hôpital était bien, certains médecins parlaient français. Et évidemment lors de l’échographie, ils se sont rendus compte que je n’étais pas aussi enceinte que ceux que disaient les médecins français. Ils m’ont même confiés que ça arrivait souvent. L’opération, elle, ne fut pas une partie de plaisir, j’attendais dans une salle avec d’autres jeunes filles, en pleine détresse, avec qui barrière de la langue oblige, je ne pouvais pas communiquer. J’en garde un très mauvais souvenir mais aussi le soulagement de savoir que c’était fini !
Je suis sortie très vite pour retourner à ma vie normale… et non je ne le regrette pas.
J’ai avorté il y a un mois et 5 jours.
C’est encore pénible car j’y pense souvent, et la société nous impose une culpabilité de principe !
Malgré le deuil que je dois continuer, une chose reste claire et limpide dans mon esprit : j’ai pris la décision la plus sensée de toute ma vie.
Le géniteur s’est introduit dans ma vie en me faisant croire qu’il était libre.
Que nénni !! malgré sa situation (en concubinage notoire), lorsque je lui ai annoncé ma grossesse, il m’a fait croire qu’il voulait réellement avoir cet enfant de moi.
Je savais au fond de moi que tout cela était la plus grosse imposture au monde.
La décision d’avorter était difficile à prendre parce qu’à plus de 30 ans, je n’avais pas encore eu d’enfant, étant encore célibataire, que j’ai un petit désir sourd d’enfant et que l’âge monte etc.
Mais je savais que je n’aurais pas eu le coeur d’élever un enfant seule (ou à moitié seule), que je ne voulais pas donner à mon enfant un papa « à temps partiel », et que, au dessus de tout cela, je ne souhaitais pas être liée à vie à cet homme là.
J’attend aujourd’hui encore l’Homme de ma vie, encore plus convaincue et déterminée à vivre mes rêves et à choisir ma vie.
Je vais tous les jours de mieux en mieux, merci !
J’ai 23 ans, j’étais avec un homme avec qui je m’amusait beaucoup depuis 6 mois, mais qui ne s’occupait absolument pas de ses enfants (il en a déjà quelques uns), je ne pensais pas tomber enceinte : préservatifs à chaque rapport… sauf très très rares exceptions. Nous ne sommes pas dans une relation exclusive.
La pilule, je ne la prends plus depuis longtemps (perte de libido). Avec l’anneau (qui est un contraceptif super quand on a une relation exclusive), j’ai déchiré 3 préservatifs différents avec le même homme, heureusement. Depuis 8 mois donc, je me contente du préservatif, qui ne me dérange pas, du tout.
Un peu d’alcool, mes règles qui venaient de finir, ok, on en met pas cette fois… Et bam.
La date de conception était au 9 mars, je pense qu’au bout d’une semaine et demie, je savais que j’étais déjà enceinte : douleurs très forte dans les seins.
Premier test négatif. J’invente, mes règles vont arriver, mes seins sont juste en mode gonflés avant les règles.
Deuxième test une semaine après, positif directement. Je le savait. J’aurait dû en faire tous les jours s’il fallait, des tests.
J’ai envie d’en parler à « mon homme » le soir même, je savais que j’allais avorter, mais j’avais envie qu’on en discute. Il m’annonce sans préambule que sa femme est revenue, qu’il pense se remettre avec. Ils étaient séparés depuis plus d’un an. Pas envie de lui parler de ce qu’il se passe dans mon ventre, perte de confiance en moi, en lui. Je me dit même que si je lui dit que je suis enceinte, il est capable de me demander de le garder parce que « vu comme on est beaux tous les deux ça ferait un magnifique bébé », qu’il « sera là » pour moi et que ce ne seront que de jolies paroles qu’il a dit à d’autres femmes avant moi. Et qu’il serait capable de me faire culpabiliser.
Je vois le gynéco le lundi 2 avril, dès mon entrée je lui dit que je suis enceinte et que je ne souhaite pas garder l’enfant. Il me donne la date de conception et rédige le courrier pour l’établissement qui pratiquera l’avortement.
Je dois me déplacer en personne pour prendre le rdv avec la gynéco « on ne vous donne le rdv qu’en voyant la lettre du gynéco, et seulement 8 jours après votre première consultation », la secrétaire est froide au téléphone. Sur place, c’est une autre, très conciliante pour la prise du RDV.
Le mardi 10 avril, la secrétaire veux me fait signer un papier ou je dis bien comprendre qu’il y a des risques liés à l’avortement : dont la stérilité. Elle est hautaine, je sent le jugement à son « vous avez déjà subit cette intervention ? non, c’est la première fois » Je souhaite signer le document après en avoir discuté avec la gynéco, la secrétaire fait la tête. La gynéco est beaucoup plus cool, elle me donne un fascicule, mais je ne pense pas qu’elle le fasse pour tout le monde, c’est simplement qu’elle voit que j’ai beaucoup de questions en tête… On parle du risque de stérilité, qui est quand même faible, on parle contraception, non je n’ai pas envie d’un implant, je vais me remettre à l’anneau. Nouvelle échographie pour vérifier que la grossesse est « évolutive », ordonnance pour avoir la carte de groupe sanguin et la procédure est lancée, pour moi ce truc ne ressemble en rien à une vie.
Le mercredi j’ai RDV avec la sage-femme qui me donnera les premiers comprimé, mauvaise impression que tous les soignants qui passent à côté de moi savent que je suis assise là en train d’attendre pour « ça », alors que les femmes visiblement enceinte de l’autre côté attendent pour une autre prise en charge.
Elle est gentille et souriante, mais on dirait qu’elle en fait tellement que je n’ai aucune raison de m’inquiéter. Et j’avoue, ça me rassure. Elle est expéditive, mais me dit que je risque de saigner, que normalement il n’y a aucune douleur. Elle me donne RDV le vendredi pour les autres comprimés, selon elle cela prendra 5 min. Dès le soir, je commence a saigner, comme si j’avais mes règles en 4 fois plus, la douleur est faible.
Le vendredi je m’en sens toute à côté de la plaque. Crevée, envie de pleurer tout le temps. Je parle des « règles abondantes » à la sage-femme, elle me dit que c’est bon signe. Que ça veut souvent dire que l’interruption médicamenteuse fonctionnera.
Quand elle me demande si j’ai pris des anti-douleur (ben non, on m’a pas dit), elle s’exclame « mais pourquoi tant de haine », elle va chercher dolipranes dans ue autre pièce, me demande si j’en ai chez moi, si j’ai bien l’intention de rester dans mon lit toute l’apres-midi et ce jusqu’à demain matin, je dis oui. Les larmes me montent aux yeux (la peur ?), je me contient, je lui demande combien de temps les douleurs vont durer, et les saignements, elle me dit que cela dépends de chaque femme. Elle me donne 2 Dolipranes de 500 mg et me recommande d’en prendre toutes les 6h. Ok.
Je rentre chez moi et je pleure, la douleur arrive, toujours comme des règles, puissance 10. Je pleure surtout parce que je suis seule. J’essaie de dormir. J’appelle mes copines, parle du beau temps, je les écoute parler de leur vie, non, je ne leur dirai pas ce qu’il m’arrive, je discute avec ma maman et ma soeur aussi, ça va mieux, les dolipranes calment bien la douleur. Je ne sais pas quand l’embryon est sorti : dans la douche, aux toilettes ? J’ai dormi à moitié et me suis douchée de nombreuses fois en 20heures.
Le samedi j’étais avec des amis (petit barbuc) dont « mon ex », tout s’est bien passé, à part le mal de ventre (qui a bien diminué quand même), j’ai essayé de ne pas y penser. Le mal de coeur c’est autre chose, même si l’on savait tous les deux que notre relation n’aurai jamais été plus loin. J’ai commencé à espacer les Dolipranes le samedi soir et eu mal au ventre jusqu’au lundi soir.
Aujourd’hui, j’ai toujours des règles, très fines, comme quand tu prends la pilule le premier mois, je ne sais pas combien de temps cela durera, le mois j’imagine.
Je n’ai plus mal aux seins, je suis moins fatiguée. L’échographie de contrôle, c’est vendredi 27, j’irai, mais je sais que mon corps est retourné à la normale.
Non ce n’était pas un avortement de confort, car le confort n’existe pour ce genre de décision. Ma sécu n’étant pas à jour, j’ai tout avancé, mais parce que j’en ai les moyens. Je ne sais pas encore si je chercherai à me faire rembourser.
Mais à ceux qui veulent diminuer le remboursement de l’IVG, souhaitez-vous vraiment enlever ce droit des femmes à disposer de leur propre corps, à choisir si un enfant est le bienvenu à ce moment de notre vie de femme ?
Souhaitez-vous que les femmes qui ont peu de moyens aient plus d’enfants ou galèrent d’avantage encore pour interrompre une grossesse dont elles ne veulent pas ?
L’IVG est un droit, et on doit se battre pour le conserver !
J’ai avorté le vendredi 13 avril 2012.
Et je sais que c’était le bon choix, je vais bien. Merci.
J’ai avorté un jour de mars 2012, et je vais bien merci!
Pas lepéniste pour deux sous, ce sont pourtant les propos de la présidente du FN qui m’ont le plus atteint. Comme si, oui, je me reconnaissais dans cette « IVG de confort » dont elle nous a rebattu les oreilles au cours de sa campagne. J’étais entourée, aimée, disposant de moyens financiers et soutenue, quelle que soit ma décision par familles, ami(e)s, amoureux. Alors pourquoi choisir l’avortement?
La décision s’est imposée d’elle même, sans hésitation, aucune. « Je ne suis pas prête » comme on l’entend souvent, voilà ce que je peux vous dire. Je rêve de voyages, d’aventures, d’imprévus et de coups de têtes. Je rêve d’explorer son corps, mon corps, mais pas à travers l’expérience de la maternité. Je rêve de changer le monde mais pas en éduquant cet embryon aux bons comportements.
Je ne veux pas. Et tout s’est arrêté là.
Parce que l’avortement est un droit, j’ai choisi. Cela fait plus d’un mois que cette aventure s’est passée, je porte aujourd’hui un stérilet, et je vais bien, merci!
Parce que l’avortement est un droit, nous n’avons pas à culpabiliser lorsque nous choisissons de l’exercer.
Parce que l’avortement est aujourd’hui un vote, je remercie les 343 salopes!
J’ai 24 ans, en dernière année d’école de commerce et j’ai avorté hier pour la première fois (et j’espère la dernière) et je vais bien, je suis soulagée.
Je laisse une trace sur ce site pour l’enrichir. Car quand j’étais enceinte et angoissée, ce site contrairement aux autres a été très rassurant. Heureusement qu’un site comme celui-ci existe. En voyant que j’étais enceinte, mon choix pour l’avortement était déjà fait mais c’est ce site qui m’a fait réellement comprendre qu’on a de la chance d’être dans un pays qui nous laisse avoir le choix pour notre corps et notre vie. C’est aussi injuste qu’à cause d’une erreur à 2, juste une seule personne doive subir les conséquences.
Je vous épargne les détails de comment je suis tombée enceinte et le gros coup de choc.
Pour celles qui doivent vivre ça, je vous conseille d’être bien entourée. J’ai eu de la chance d’avoir des amis proches (mon copain et moi n’étions pas dans la même ville) qui m’ont accompagnée à chaque RDV. Et ça il y en a eu pas mal. J’ai toujours eu de la chance de faire face à des gens compétents et aimables qui n’ont jamais remis en cause mon choix.
Bref, je voulais surtout parler de la méthode chirurgicale. J’ai choisi cette méthode car je ne voulais pas vivre mon avortement. J’ai vécu la grossesse qu’à travers les nausées, les seins gonflés et les changements d’humeur. Je n’ai pas vécu ça comme avoir un être qui grandissait en moi puisque ce n’était qu’un amas de cellule.
A 5h du matin, le jour de l’opération, l’anesthésiste me demande de prendre un cachet. Le cyotec. Le cachet m’a donné des douleurs, comme des règles bien douloureuses. J’ai eu peu de saignements mais la dame dans la chambre avec moi avait vraiment mal au ventre.
J’ai eu la chance de passer la première, à 9h00. Encore une fois, un personnel compétent et aimable. Ils voyaient que j’étais stressée et me faisaient des blagues pour me faire rire. Même si ça ne marchait pas, j’ai bien apprécié le geste.
Ils m’emmènent au bloc opératoire et c’est vraiment le moment où j’ai eu le plus peur. Je voyais les lumières défiler au dessus de moi, j’avais l’impression d’être dans le couloir de la mort…Une fois en salle d’opération, ils me mettent la perfusion et m’endorment. Je me suis réveillée environ 1 heure après en salle de réveil. Je ne ressentais rien. Pas de douleur, rien. J’ai alors demandé à l’infirmière si c’était terminé et elle m’a dit que oui.
J’en revenais pas. Je me rappelais même pas m’être endormie. C’était enfin fini. On me ramène ensuite dans la chambre. L’autre femme arrive quelques minutes après. On échange nos impressions. J’étais soulagée, c’était enfin fini. Avec toutes les démarches j’ai su que j’étais enceinte pendant 5 longues semaines. (Comme je voulais le faire par chirurgie, il y avait un certain délai d’attente du genre 7 semaines de grossesse pour que ça marche.)
Je n’avais pas mal, pas de saignements, je pensais qu’au fait que j’en étais enfin débarrassée. C’est que maintenant que j’ai de petits saignements, sans douleur, chose normale.
Pour info, la dame à côté de moi a eu beaucoup mal après l’opération, mais les infirmières l’ont prise en charge et lui ont donné des dolipranes.
Je sais qu’il faut attendre la visite de contrôle pour être sûre, mais je le sais que je ne suis plus enceinte.
Bref, je suis pas fière d’être tombée enceinte mais je suis soulagée d’avoir pu avorter. Je vais très bien, merci.
J’ai avorté le 1er Février 2012, et je vais bien merci!!
J’ai 24 ans, je suis en CDI à temps partiel (750€) par mois, tout se passe bien avec mon chéri mais on commencait seulement à chercher un appartement ensemble donc il n’était meme pas envisageable d’avoir un enfant, on voulait faire les choses dans l’ordre… Avec le recul même si certains professionnel n’ont pas été sympa je ne regrette absolument RIEN, voila je vais donc racontait mon petit parcours avec les rendez vous et les coûts que l’on ne prévoit pas ^^ Bonne lecture :p
Comment ais-je pu tomber enceinte?
Prise de 5 pillules différentes qui ont été une véritable catastrophe: +20kg en 2 mois, migraine à en crever, règles en continu pendant des mois…
J’ai également essayé l’anneau qui est ressortit aussi sec après avoir été mis x)
De plus je suis allergique au latex, et à savoir les préservatifs sans latex craquent quelques fois.
Donc avec mon copain c’est calcul d’ovulation et préservatif. Il a craqué quelques fois mais jamais dans les périodes critiques jusqu’au jour…
Lundi 23 janvier 2012: test de grossesse positif.
Je prends directement RDV avec mon médecin généraliste, date prévue le jeudi 26 janvier.
J’en parle avec mon copain, il pense comme moi, c’est trop tôt on commençait à peine à chercher un appartement pour vivre ensemble.
Décision prise sans aucune hésitation. ( J’en parle également avec ma mère, qui me dit que cela doit être ma décision, elle me raconte aussi avoir eut recours à un IVG qui c’était bien déroulé malgré que ce soit illégal à l’époque).
Mercredi 25 janvier je fais un 2eme test de grossesse avec estimation: enceinte 3 semaine et +.
Jeudi 26 janvier: mon médecin me dit de prendre contact avec mon gynécologue, je lui dis que je n’en ai pas car cela c’était mal passé avec le précédent. Suite à quoi il me prépare une lettre pour un gynéco vers lequel il veut m’envoyer. Il demande à se secrétaire de m’avoir un RDV le plus rapidement possible semaine d’après dernier délais. (celle-ci un peu réticente lui dit que cela risque d’être compliqué il lui a dit qu’il ne voulait pas savoir que c’était comme ça)!! Prix 23€ (intégralement remboursé)
Rendez-vous prévu le lendemain avec le gynéco.
Vendredi 27 janvier 11h45 gynéco prix 56.70€ ( intégralement remboursé)
Il me reçoit je lui explique la situation. On se dirige ensuite pour faire l’écho. Résultat début de grossesse mais décollement et pour le moment œuf clair pas d’embryon. Pour lui il y a risque de fausse couche. Un autre RDV est fixé le mercredi 1er février pour laisser passer la réflexion et voir s’il n’y a pas eu de fausse couche, sinon prise des 1ers médicaments.
Mercredi 1er février (my birthday…) 56.70€ (intégralement remboursé)
Pas de fausse couche. Il me demande si je suis toujours sûre de mon choix, je lui dis que oui. De là, une nouvelle écho, cette fois ci il y a bien un embryon, je n’en veux toujours pas.
Il m’explique que là je vais aller prendre des médicaments qui vont interrompre ma grossesse, que normalement je ne devrais pas avoir de douleur ni de saignements, et que vendredi je rentrais en clinique pour prendre d’autres médicaments pour évacuer l’œuf et que cette fois ci il y aurait des contractions (- forte que pour un accouchement) et des saignements importants plus que pour les règles.
Il me dit tendrement en me prenant la main que tout va bien aller (du réconfort ça fait du bien).
De là on prend RDV pour le contrôle le lundi 19 mars.
Je me dirige ensuite vers le service d’admission de la clinique pour réserver ma chambre pour le vendredi 3 février. Tout est pris en charges par la sécu et ma mutuelle, je n’ai rien à payer et je serais en chambre particulière.
Je me rends ensuite au service maternité ou une sage-femme m’accueille pour prendre les 3 comprimés de MIFEGYNE vers 16h.
Je rentre ensuite chez moi, aucune douleur, aucun saignement. J’ai juste l’impression que les cachets restent en travers de la gorge malgré toute l’eau bue.
Cette sensation va durer jusqu’à 19h30 environ. Soirée tranquille. Aucun ressenti particulier les jours d’après.
Vendredi 3 février: Je me présente à l’entrée de la clinique à 8h15. Je monte ensuite dans ma chambre. A 8h30 prise de 2 comprimés de CYTOTEC, quelques saignements sont apparus vers 10h20.
Mon gynéco est venu me voir en me disant que des saignements devaient apparaitre et que si tout allait bien vers 13h/14h je pourrais partir.
La douleur était supportable de légère crampe comme les règles. Par contre j’ai eu une très forte diarrhée qui elle n’était plus supportable au bout d’un moment.
J’ai donc eut peu de saignement, j’en avais quand j’allais au WC pour la diarrhée. Je pense que j’ai expulsé l’œuf avant 11h entre 2 crises de diarrhée quand je suis allée faire pipi j’ai clairement vu une petite bille transparente.
Au bout d’un moment j’ai appelé une sage-femme pour qu’elle fasse quelque chose pour cette diarrhée car j’en pouvais vraiment plus…
Elle vient donc avec tout son attiraille, me pose une perf en me foutant du sang partout au passage… tout ça pour me dire une fois la perf passée que c’était du doliprane et qu’elle n’avait pas voulu me le donner en cachet des fois que j’ai des nausées… j’ai halluciné… du doliprane… elle aurait pu simplement me poser la question parce que du doliprane j’en avait dans mon sac… je voulais quelque chose pour faire cesser cette diarrhée.
Enfin bref à 11h n’ayant que très peu de saignement, rebelote pour 2 comprimés de plus. La même peu de saignement, diarrhée atroce, et mal de ventre un peu plus intense. J’ai donc pris la décision de prendre un immodium lingual que j’avais dans mon sac parce que la sage-femme m’avait un peu gonflé ^^.
A oui à savoir aussi c’est que depuis environ 10h du mat je n’arrêtais pas de pleurer pour un rien sans raison particulière ca sortait juste comme ça… très bizarre.
Vers 13h j’ai demandé ce qu’il allait se passer vu que personne ne me tenait au courant et que le gynéco m’avait dit que si tout allait bien je sortirais entre 13h et 14h. Elle part se renseigner et me dis qu’elle va me redonner encore 2 comprimés car les saignements n’étaient pas assez important. Cette fois elle me les as directement mis dans le vagin (aucune douceur, elle me disait juste mais détendait vous bon sang… super ça va m’aider c’est sur…) donc 2 comprimés de plus à 13h30.
A 14h30 mon gynéco vient me voir en me demandant si j’avais plus de saignements, je lui dis que non. Il me dit de descendre dans son cabinet à 15h30 pour faire une écho voir ce qu’il en était et que de là on saurait si je pouvais ou non sortir.
A 15h, j’appelle encore une fois ^^ pour savoir si je pouvais manger (à jeun depuis 6h du matin) parce que je devais aller à l’écho et que je ne me sentais pas particulièrement bien. Elle me dit que non je ne pouvais pas car je risquais de vomir en revenant de l’écho… BON…
J’attends donc 15h30, je rappelle pour leur dire je dois aller à l’écho elle me dit bin allez y…
J’ai halluciné encore une fois… on m’envoi toute seule 4 étages plus bas avec une perf dans le bras alors que je leur avais signalé que je ne me sentais pas bien, un scandale…
Je descends donc les marches tant bien que mal en faisant quelques pauses et en pleurant toujours pour un rien avec la rage contre ces sages-femmes!!
J’entre dans le cabinet de mon gynéco et il me fait l’écho et me dit que l’œuf à bien était expulsé (OUF) mais qu’il y a encore des restes et que donc il allait me donner des médicaments à prendre pendant 5 jours. Il me demande comment je me sens, et là je lui dis tout en pleurant que je n’arrête pas de pleurer sans raison mais que sinon ça allait.
Il me prend dans ses bras pour me réconforter, il me dit que non je ne pleure pas pour rien, que j’étais en train de vivre un traumatisme, et que ça prouvait que je ne prenais pas ça a la légère, et que si je ne pleurais pas ça voudrais dire que j’en ai rien à faire de tout ça.
Il me donne les consignes à suivre: pas de rapports sexuels, pas de tampon, pas de bain pendant 2 semaines. Il me fait mon bon de sortie et je remonte dans ma chambre pour récupérer mes affaires soulager de savoir que je vais partir.
J’appelle une sage-femme de ma chambre pour lui donner le bon de sortie et pour qu’on m’enlevé la perf, là elle me sort vous ne voulez pas manger? D’un regard plus que noir je lui dis NON là maintenant je rentre CHEZ MOI!, je crois qu’elle a bien sentie ma rage elle n’a pas insisté.
Je suis donc partie rebelote 4 étages à descendre.
Je vais à ma pharmacie pour prendre les médicaments, et là AU malheur, ils n’en ont pas…. Mais bon très gentils ils ont appelé une pharmacie voisine qui elle les avait, ils sont même allé me les chercher, des anges…
Je suis ensuite rentré chez moi, ma mère m’avait préparé un bon pot au feu, et je me suis couchée tranquillement.
Mon compagnon n’arrêtait pas de me dire qu’il voulait venir me voir quand j’étais à l’hôpital, mais avec cette diarrhée je ne voulais pas qu’il soit là avec moi dans cette chambre.
Le samedi matin je bossais, une mine de déterrée, tout le monde me demandait si j’étais malade… oué oué je suis malade laissez-moi tranquille ^^
Je n’ai pas trop eut de saignements, j’en avais seulement quand j’étais debout ou quand je marchais.
Après j’avais une semaine de vacance. Les saignements toujours pareil très peu sauf quand je marchais ou en restant debout, ils se sont totalement arrêtais le 14 février.
Du vendredi 3 février au lundi 6 février quand même une douleur un peu plus forte que pendant les règles ce n’étais pas constant. En fait c’était surtout quand je marchais de trop ou que je m’agitais trop après j’avais très mal.
A partir du mardi 7 février plus de douleur. A la sortie de l’hôpital j’ai pris pendant 5 jours 3 comprimés par jour de METHERGIN accompagné de dafalgan si j’en avais besoin.
Aujourd’hui, je me sens beaucoup mieux, ne regrettant en aucun cas ma décision. Je n’ai pas repleuré, j’ai seulement pleuré quand j’étais à l’hôpital, mais je pense que c’était dû à l’ambiance des sages-femmes et au fait que j’étais toute seule là-bas.
Après je sais aussi que si j’avais su tout ça à l’avance, j’aurais pris la décision de le faire par aspiration sous anesthésie générale. Au moins, tout est déjà partit il n’y a pas l’attente de savoir si oui ou non ca a bien été expulsé. Il y aurait juste eut quelques saignement un peu de douleur et basta…
J’ai eut mon RDV de contrôle, un mois et demi après, tout était partit.
Et de la on a parlé d’une nouvelle pilule avec mon gynéco, je n’étais pas trop pour mais il ne veut pas me poser de stérilet du fait que je n’ai pas eut d’enfant. Il me donne donc une nouvelle pilule et me dit de ne pas hésiter au moindre soucis de l’appeler il me dit que des pilules il y en a pleins et que l’on trouvera bien celle qui me correspond. De la il me donne RDV dans 3 mois pour voir si tout se passe bien avec cette pilule.
Pour le moment elle à l’air d’aller même si à la premiere plaquette j’ai eut les règles pendant 15 jours ^^ on verra bien.
Ce que je retiens de cet IVG, le positif j’ai un médecin en OR, j’ai trouvé un nouveau gynéco SUPER, avec mon chéri tout va bien!!!! on emménage en juin et on est ravit!!!
Merci pour ce témoignage
Juste en passant… le gynéco qui affirme qu’un DIU/stérilet ne peut pas être posé à une femme sans enfant est soit mal informé, soit un menteur !
C’est même reconnu par les autorité sanitaire, l’ANAES, depuis 2004… cf. cet article de Martin Winckler : http://martinwinckler.com/article.php3?id_article=434.
Donc, si vous voulez opter pour un DIU, vous pouvez le faire sans crainte !
J’ai très souvent entendu dire que ne pas garder l’enfant en cas de grossesse, c’était ne pas prendre ses responsabilités.
Moi, j’ai pris à bras le corps mes responsabilités: J’ai avorté en juin 2011, et je vais bien, très bien même ! Merci !
Ayant des règles très irrégulières, je ne me suis pas inquiétée quand mes règles, un beau matin de mai, ne sont pas arrivées. C’était fréquent. Au bout d’une semaine et demi de retard tout de même, j’ai commencé à me poser des questions et ai finalement acheté un test de grossesse en pharmacie: Positif.…
Aïe ! La décision s’est tout de suite imposée à moi: étudiante, 22 ans; habitant chez ma mère, et dans une relation de couple houleuse, tous les facteurs étaient réunis pour assurer à cet éventuel futur enfant une bonne vie de galère, de cris, d’angoisse et de chagrin…
J’ai donc pris rendez-vous chez le médecin, pour faire une prise de sang dans le but de confirmer les résultats du test de grossesse. Je lui annonce que mon test est positif, et il me dit « ah! mais c’est formidable ! je vais vous expliquer les premières démarches à accomplir ! » Heu, non je vais avorter. Tête de six pieds de longs du toubib, qui me regarde alors comme l’incarnation de la dépravation dans un corps de (jeune) femme.…
Je réalise finalement cette fameuse prise de sang , et entreprend d’annoncer la nouvelle à mon copain, bien que ma décision soit déjà prise et irrévocable. Que dire… Je me suis fait traitée de salope, d’abomination, de trainée, je voulais tuer son gamin, l’avortement devait être interdit car il brisait les hommes et les vies de si nombreux embryons… La famille a été appelée à la rescousse pour me vanter la formidable expérience qu’est la mise au monde d’un enfant, mon devoir en tant que femme (ou devrais-je dire matrice), ma responsabilité que je refusais d’assumer…
Comme si mettre un enfant au monde dans un environnement glauque, instable, et sans le vouloir profondément était prendre ses responsabilités… Au contraire, je considère que j’ai sauvé ma vie et celle de cet enfant en avortant… Je lui ai offert la chance de ne pas venir au monde dans un cadre hostile à son développement équilibré.
Bref, direction le planning familial pour programmer une IVG. Le planning m’oriente tout d’abord vers le gynécologue du centre pour passer une échographie.
Merci pour les commentaires insistants sur la « nécessaire prise de contraception responsable » et pour les images de l’embryon.… Je rappelle que je prenais la pilule quand je suis tombée enceinte, et que cet événement à été l’occasion de réaliser un bilan gynécologique ultérieur qui a démontré que cette pilule était en fait inefficace pour moi.…
Je retourne au planning, j’annonce à la conseillère que je rencontre que je souhaiterai réaliser l’IVG sous anesthésie générale, à l’hôpital… Mais non, « vous comprenez, vous êtes encore dans les délais pour une IVG médicamenteuse à domicile, c’est beaucoup plus simple et moins dur psychologiquement, parce que les séquelles d’un avortement, vous savez…Bla bla bla bla… » J’ai manqué de volonté et de fermeté et me suis laissée convaincre de réaliser une médicamenteuse.
La communauté d’agglomération dont je dépends, qui regroupe 14 communes, compte 108 000 habitants. Combien de médecins proposant l’IVG médicamenteuses? Les paris sont lancés ! 3 ! Fantastique, me voilà donc partie pour une demi-heure de voiture pour rencontrer ce fameux médecin. Et là surprise, quelqu’un de vraiment bien. Il ne m’a pas culpabilisé, m’a dit que l’avortement était devenu presque banal maintenant dans la vie d’une femme, il a répondu à toutes mes questions sans dramatiser, m’a prescrit des antalgiques sans que je ne lui en demande, et en nombre ! Formidable donc.
Je procède donc 2 jours plus tard à l’IVG, depuis mon lit. Douleurs atroces, mais bon jusque là rien d’anormal. Sauf que l’IVG n’a marché que partiellement. Quelques jours plus tard, j’ai une forte fièvre, toujours des douleurs au ventre, donc direction le gynéco. Il restait des débris intra-utérins qu’il fallait évacuer par curetage. Anesthésie générale, le lendemain j’étais sur pied et je sortais de l’hôpital. Une bonne nuit de sommeil, et hop ! c’est reparti !
J’ai donc vécu l’IVG médicamenteuse et le curetage, et je vais bien ! Le plus dur en réalité, cela n’a pas été l’avortement en tant que tel, mais la pression qu’ont m’a infligé autour de celui-ci. Les regards désapprobateurs, la pharmacienne qui me dit que si elle avait été à ma place, elle l’aurait gardé, la vie c’est sacré… L’impression d’être la pire des traîtresses et des salopes en voulant uniquement accomplir un acte autorisé par la loi et qui ne regarde que MON corps, MES envies et MON intimité.
Cet avortement m’a libérée, je suis sortie de l’hôpital en souriant, et si c’était à refaire je le referai sans aucune hésitation !
Nous avons pratiqué une IVG en Mars 2012. Ni mon compagnon, ni moi-même ne souhaitions de cette grossesse. Ensemble nous élevons quatre enfants dont le plus jeune n’a qu’un an. Lorsque j’ai découvert que j’étais enceinte malgrès un DIU au cuivre nous étions consternés, il nous semblait que ce mode de contraception était ultra fiable… La décision a été prise dans la minute, nous ne voulions pas d’autre enfant. Dans la journée j’ai appelé un gynéco d’une clinique privé. Nous avons pu obtenir un rendez-vous trois jours après, nous nous y sommes rendus tous les deux. Le médecin a été correcte et respectueux de notre décision. Par contre je n’ai pas eu beaucoup de détails « techniques » du déroulement d’une IVG médicamanteuse à part : « vous serez collée sur les toilettes deux heures après la prise du cytotec et ce pendant toute la matinée ». En fait l’expulsion s’est produite le lendemain de la prise du myfégine, je n’ai absolument pas souffert. Le processus a été si peu douloureux que je me suis même posé la question de savoir si l’IVG était effective. A la visite de contrôle RAS, je suis physiquement fatiguée mais sinon tout va bien,y compris psychologiquement, sans aucun doute bien mieux que si j’avais poursuivi une grossesse non désirée. Alors oui comme tant d’autres femmes je vais bien.
Mon expérience personnelle n’est en rien traumatisante, j’ai été accompagnée par l’homme que j’aime, je n’ai pas souffert, je n’ai pas eu de remarques désagréables… Peut être aussi parceque j’ai trente cinq ans quatre enfants, et une grossesse sur un stérilet encore en place. Aurais-je eu le droit à la même humanité à vingt cinq ans, enceinte après un oubli de préservatif suite à une soirée trop arrosée ? Il me semble que ce qui traumatise les femmes c’est la façon dont elles sont reçues et traitées, bien plus que l’acte en lui même.