J’ai avorté avant 1975 et je vais bien

Vous pou­vez lais­ser vos témoi­gnages en com­men­taires.  Ne lais­sez pas d’informations qui, croi­sées, per­mettent de vous iden­ti­fier (sauf si vous y tenez) mais dites-nous un peu qui vous étiez à ce moment-là (âge, caté­go­rie pro­fes­sion­nelle, situa­tion sentimentale…)

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22 réponses à J’ai avorté avant 1975 et je vais bien

  1. Michelle dit :

    J’ai connu l’époque d’avant la loi Veil. Inutile de vous dire qu’après, la vie des femmes a changé. J’ai connu l’émancipation de la femme dans toute sa splen­deur. Avoir 18 ans en 68, c’était le super pied! Tout à coup, c’était la liberté, dont celle de cou­cher comme on en avait envie (Je sais, vous devez avoir du mal à com­prendre cela). Mais.….Pas de pillule, donc gros­sesses indé­si­rées et gros pro­blèmes sur­tout vis-à-vis des parents. J’ai donc connu l’époque où les filles pre­naient des bains de pieds dans de l’eau impré­gnée de mou­tarde… (Oui! C’était sensé pro­vo­quer une fausse-couche!). Vivant en Bel­gique, j’ai connu l’époque où il fal­lait se faire avor­ter en Hol­lande où l’avortement était auto­risé. Je me sou­viens avoir pris le train, seule avec ma petite valise, pour me rendre à la fron­tière et reve­nir, tou­jours seule, le jour même ou le len­de­main. Je me sou­viens d’un méde­cin à Bruxelles qui ven­dait des gouttes, dont j’ignore tou­jours les com­po­sants, à ver­ser dans de l’eau et à boire à inter­valles régu­liers, qui pro­vo­quaient effec­ti­ve­ment une fausse-couche dont vous pou­vez ima­gi­ner les dégâts par la suite (Pas de curetage…etc…). J’ai vécu cela tant bien que mal et je me porte bien. J’ai une fille mer­veilleuse de 26 ans qui a été dési­rée et je suis heu­reuse. Pour­tant, j’aimerais ajouté ceci au risque de vous paraître une emmer­deuse: nous n’avions pas ce moyen contra­cep­tif miracle qui s’appelle la pillule mais vous, les jeunes, vous l’avez. Alors, je me pose la ques­tion: pour­quoi encore et tou­jours tant d’avortements? Je vou­drais sim­ple­ment dire que l’avortement n’est pas un moyen contra­cep­tif. Ceci dit et par­don de cette remarque, je suis de tout coeur avec vous. On ne peut pas régres­ser, les femmes ne peuvent plus vivre ce que nous avons vécu. Il ne faut pas oublier que des femmes se sont bat­tues pour ce droit à l’avortement. Je me sou­viens du slo­gan « Notre corps nous appar­tient », du mani­feste signé par ces femmes célèbres et paru dans Paris-Match, de Simone Veil, cette grande Dame qui a dû tout entendre et même le pire lorsque à la Chambre, elle a mis toute son éner­gie et ses larmes pour que cette loi passe, de ces méde­cins de l’ombre qui en dépit de la loi, ont pra­ti­qué des avor­te­ments clan­des­tins et dont cer­tains ont purgé une peine de pri­son. On ne peut pas oublier.

    • Les filles des 343 dit :

      Merci pour ton témoi­gnage ! Rap­pe­ler les condi­tions dans les­quelles les femmes avor­taient avait la loi Veil est capi­tal ! ton témoi­gnage nous est précieux.

      Tou­te­fois, la pilule n’est pas un « contra­cep­tif miracle », il ne convient pas à toutes les femmes, n’est pas acces­sible à toutes les femmes — par ex. mineures sans pos­si­bi­lité de ses déplacer/sans argent, et qui plus est, per­sonne n’est à l’abri d’un oubli, de la prise d’un médi­ca­ment dimi­nuant son effet, etc.
      Quant à ta ques­tion sur la contra­cep­tion et les gros­sesses non pré­vues :
      « en 1978, 52 % des femmes « au risque » uti­li­saient une méthode médi­cale (pilule ou sté­ri­let) et la pro­por­tion est aujourd’hui de 82 %. Il en est résulté une dimi­nu­tion du nombre de gros­sesses non pré­vues qui repré­sen­taient 46 % des gros­sesses vers 1975, 36 % quinze ans plus tard, 33 % aujourd’hui ». (source : Popu­la­tion et Socié­tés n° 407, décembre 2004, Pour­quoi le nombre d’avortements n’a-t-il pas baissé en France depuis 30 ans ? INED)

      • Sabine dit :

        Bon­jour,

        Sur le « nombre d’avortement qui ne baisse pas » je rajou­te­rai que la popu­la­tion de femmes en age de pro­créer a aug­menté entre 1975 et 2007. Envi­ron 3 mil­lions de plus de femmes entre 12 et 55 ans . Donc .…, le nombre d’avortement baisse. Et puis le pro­blème n’est pas le nombre d’avortement mais ne nombre de gros­sesse non dési­rées. L’avortement est une solution.

  2. Dahlia dit :

    sans oublier qu’aucun contra­cep­tif n’est effi­cace à 100%, pas même la pilule !

  3. Michelle dit :

    Merci pour ces pré­ci­sions et j’espère que ma remarque n’était pas trop dépla­cée.
    Bravo à vous toutes pour votre ini­tia­tive et ravie que la relève soit assurée!

  4. Claudia dit :

    Je venais de m’installer à Paris. C’était en 72. Tout allait bien pour moi : emploi, loge­ment, vie affec­tive et ami­cale. Le gynéco pari­sien indi­qué par une col­lègue a voulu que je fasse des tests avant de me don­ner la pillule. Mal­gré les pré­ser­va­tifs, j’ai eu la sur­prise de m’entendre dire que j’étais enceinte. C’était au moment de la cou­ver­ture du « Nou­vel Obs » et de l’appel des « 343 salopes ». Inutile de dire que j’ai lu tous les témoi­gnages sur les consé­quences d’avortements clan­des­tins faits par des « fai­seuses d’anges ». Effrayant ! Je ne vou­lais pas de cet embryon. J’avais tout fait pour ne pas être enceinte et je l’étais… quelle injus­tice !
    J’ai donc cher­ché autour de moi, dans mon cercle d’amis. On m’a indi­qué l’adresse d’un méde­cin en ban­lieue, connu pour pra­ti­quer des avor­te­ments en douce. Je l’ai vu, nous sommes tom­bés d’accord sur une date. Arri­vée au rendez-vous, le méde­cin m’a annoncé qu’il venait d’être contrôlé et qu’il ne pour­rait pas pra­ti­quer l’acte en ques­tion.
    Jamais autant pleuré de ma vie que ce soir-là. Avec mon copain, nous avons donc opté pour la solu­tion « fai­seuse d’anges »… chez ses parents, absents de chez eux. La dame est venue, a sorti une sonde et a essayé à plu­sieurs reprises de la poser. Impos­sible. C’était une tor­ture, j’avais très mal. Je l’ai vue sor­tir une aiguille à tri­co­ter (pour que la sonde reste rigide et puisse pas­ser le col). Là j’ai dit « non » ! Je lui ai demandé de par­tir et de reve­nir le len­de­main, j’avais trop mal.
    C’est alors que j’ai pensé à une autre solu­tion : la Suisse. L’Angleterre avait trop mau­vaise répu­ta­tion (bou­che­rie, sans anes­thé­sie). J’avais tra­vaillé à Genève, une par­tie de ma famille y vivait. J’ai passé un coup de fil à une cou­sine pour lui deman­der des adresses. Le len­de­main, nous par­tions mon copain et moi pour Genève, après avoir décom­mandé la fai­seuse d’anges.
    J’ai vu le gyné­co­logue, qui m’a expli­qué la marche à suivre : je devais ren­con­trer un psy­chiatre et lui expli­quer pour­quoi je vou­lais avor­ter et le convaincre que c’était impor­tant pour mon équi­libre psy­cho­lo­gique.
    Ce que je fis… j’ai un peu menti, un peu exa­géré mon côté « cali­mero » aban­donné par son petit ami et reniée par sa famille. Et j’ai eu son accord. Je suis sor­tie du cabi­net du psy ravie, mon auto­ri­sa­tion à la main, tout sou­rire. J’ai mon­tré le papier à mon mec. Il m’a conduite avec ma Dodoche chez le gynéco où j’ai subi une anes­thé­sie géné­rale avant de me faire avor­ter. J’ai passé une nuit sous sur­veillance et suis sor­tie avec des consignes de pré­cau­tion le len­de­main matin. Je n’avais pas souf­fert (sauf peut-être d’un mal de crâne cer­tai­ne­ment dû à l’anesthésie) et j’étais plu­tôt en forme.
    C’est un des meilleurs sou­ve­nirs de ma vie, je n’ai aucune honte à le dire. Je ne me sen­tais abso­lu­ment pas prête pour être mère. Je ne l’ai d’ailleurs jamais été…
    Bizar­re­ment, lorsque je dis n’avoir pas été trau­ma­ti­sée, beau­coup d’amies ou même ma soeur m’affirment que si, mais que je ne veux pas le voir ! J’ai pour­tant fait 3 psycho-thérapies, pas pour ça mais à cause de la colère qui m’habitait face à ma mère.
    Donc je le crie haut et fort : j’ai avorté début 72 et je vais bien.
    Je ne dirais jamais assez merci à mes soeurs, les 343 salopes
    ;o).

    • Léa dit :

      Bon­jour,

      Je suis une jeune jour­na­liste qui réa­lise actuel­le­ment un docu­men­taire sonore de 20 minutes sur l’avortement à par­tir de témoi­gnages de trois géné­ra­tions de femmes.
      Je suis donc à la recherche de femmes comme vous qui vou­draient témoi­gner à mon micro. Votre expé­rience serait inté­res­sante à par­ta­ger pour toutes les jeunes filles qui n’ont pas connu cette période.
      Vous pou­vez me contac­ter à cette adresse mail : ballea@orange.fr

      Merci !

      Vous pou­vez me contacter

  5. Anonyme dit :

    J’ai subi un avor­te­ment en …1969 de manière clan­des­tine évi­dem­ment à l’époque où c’était inter­dit.
    La sonde que l’on m’avait posée m’a occa­sioné des dou­leurs insupportables…et j’ai dû la reti­rer au bout de 24h tel­le­ment c’était hor­rible, et mon entou­rage m’a pro­tégé en me fai­sant des piqures d’antibiotique à forte dose et un rap­pel anti­té­ta­nique.
    Pen­dant plu­sieurs semaines, j’ai souf­fert de maux de ventre puis ai com­mencé à sai­gner.
    Lorsque des caillots ont com­mencé à s’évacuer, j’ai dû aller à l’hôpital pour un cure­tage et mes parents ont décou­vert que j’étais en train de faire une fausse couche.
    A cette époque-là, c’était par­ti­cu­liè­re­ment tabou de par­ler d’avortement, je n’ai rien dit évi­dem­ment, sur­tout que mon père était méde­cin.……!!
    Mais dans les mois qui ont suivi, j’ai subi la pres­sion de mon père pour me marier avec le res­pon­sable de ma gros­sesse.
    J’ai long­temps porté le poids de cette déci­sion à l’âge de 20 ans où nous n’avions aucun autre moyen de ne pas pour­suivre une gross­sesse non dési­rée.
    Et ce secret est resté bien gardé.

    J’ai quand même eu 2 filles qui sont mon bon­heur, comme quoi l’avortement est néces­saire à un cer­tain moment de notre vie.
    Je défends ce droit comme une affir­ma­tion que notre corps nous appar­tient et que per­sonne n’a le droit de nous dire ce que l’on doit faire et sur­tout pas les hommes.
    L’avortement est légal aujourd’hui et ce droit ne doit pas être remis en cause.

  6. Catherine dit :

    Comme les témoi­gnages pré­cé­dents, j’ai avorté avant 1975.
    Je pense qu’il faut abso­lu­ment tou­jours rap­pe­ler dans quel contexte cette loi a été votée, et pas sans mal ! Ter­ri­fiant de réen­tendre les insultes de la Chambre à Simone Veil…
    L’avortement a été un crime pas­sible de la peine de mort, puis encore de pri­son. Il fal­lait se méfier des tests de gros­sesse qui pou­vaient vous dénon­cer, trou­ver des « réseaux » pour se faire avor­ter, dans le meilleur des cas par des méde­cins qui ris­quaient gros…et se fai­saient payer cher. C’était très dou­lou­reux (phy­si­que­ment), pas une par­tie de plai­sir ! Donc celles qui le fai­saient avaient de bonnes rai­sons. Et la morale sociale aussi : une jeune fille devait être vierge au mariage , on ne devait pas avoir de rela­tions avant. Et si on « tom­bait » enceinte, il fal­lait par­tir ailleurs, se cacher, etc… De nos jours tout ça paraît invrai­sem­blable et pour­tant ce n’est pas si vieux ! Et puis, lorsqu’il y a eu la pilule, cer­tains méde­cins refu­saient de la pres­crire à des femmes non mariées : à plus de 30 ans, années 70, je me suis fait dire par un méde­cin à qui je la deman­dais que je n’avais qu’à me marier !!! C’était contraire à ses prin­cipes ! On pour­rait citer tant de faits …
    J’ai 69 ans, je ne me suis jamais mariée (par choix, mais j’ai eu de com­pa­gnons !), je n’ai jamais eu d’enfants (mais étant prof j’en ai côtoyé des mil­liers !), et je ne regrette pas d’avoir avorté. A l’époque il était IMPOSSIBLE pour moi d’élever un enfant. Il faut lut­ter pour pré­ser­ver ce DROIT aujourd’hui sérieu­se­ment menacé pour toutes sortes de rai­sons, en par­ti­cu­lier le retour de l’Ordre Moral , les inté­grismes religieux…

  7. Clementine dit :

    Mal­grès que je prend la pilule de façon très régu­lière et sur­veillé, celle ci n’étant pas 100% effi­cace, je suis tombé enceinte (j’ai fais une fausse couche au bout de trois semaines, c’est comme ça que j’ai su que j’étais enceinte) Ayant pris des anti­bio­tiques et de la cor­ti­zone au même moment à cause d’une grosse grippe, je ne l’aurais pas gardé si j’avais eu le choix… (et puis je suis jeune, pas de bou­lot, etc…)
    Ma mère a avorté (dans les années 80 je crois), elle était tombé enceinte, sous cor­ti­zone aussi. Les infir­mières ont été très désa­gréables avec elle, et quand elle a dit qu’elle avait mal, on lui a répondu « fal­lait y pen­ser avant de le faire! ».
    J’ai aussi eu la ver­sion de grand-mère , arrière-grand-mère et arrière-arrière-grand-mère… La pre­mière se jetait dans les esca­liers et les deux autres fai­sait ça avec des aiguilles à tri­co­ter…
    A côté de ça, j’ai entendu par­ler de filles (de mon âge) qui uti­li­sait effec­ti­ve­ment l’avortement comme moyen de contra­cep­tion… 25 ans, et a déjà avor­ter 6 fois. J’ai trouvé ça com­plè­te­ment dingue… Mais c’est vrai­ment une mino­rité, heu­reu­se­ment.
    Bravo pour ce site, je suis de tout coeur avec vous.

  8. regine dit :

    j’ai avorté deux fois en cette période : avant les grandes per­iodes mili­tantes pro-ivg et pen­dant;
    avant : ça a été assez hor­rible et ce que je regrette c’est d’avoir du le faire faute d’une contra­cep­tion adap­tée… et un peu trop d’insouciance de ma part et de mon par­te­naire of course). je n’ai pas d’autre regrets, et je ne porte aucun « deuil »…

    pen­dant : j’ai eu la chance de trou­ver des mede­cins mili­tants et ça c’est passé dans de bonnes condi­tions phy­siques et psy­cho­lo­giques. là non plus pas d’autres regrets que d’avoir du en arri­ver là (même causes mêmes effets que la pre­mière fois, c’est un peu con).
    je n’ai eu aucun pseudo « deuil » à faire.
    presque 40 ans plus tard, c’est la même chose : regret de ne pas avoir pra­ti­qué une contra­cep­tion cor­rec­te­ment, pas d’avoir avorté.

    ç’est très « gon­flant » d’entendre et de lire les articles qui culpa­bi­li­sen
    t les femmes, les obligent à l’attitude poli­ti­que­ment cor­rectes du regret, de la souf­france, du deuil à effec­tuer ect… que je mets dans le même sac de la ten­dance « leache league », l’allaitement « obli­ga­toire », les couches à laver, le co-dodo, le retour au « natu­rel » (exit la péri­du­rale), ect..

    mais ou va-t-on ?????

    dire « je ne regrette rien » : faux, car je regrette le manque d’éducation reçue, le manque de dia­logue avec nos parents et édu­ca­teurs, les dis­cours sur la contra­cep­tion (mon futur beau-père : la pillule, c’est rendre les femmes salopes).
    l’accès à la contra­cep­tion est évi­dem­ment infi­ni­ment préférable.

    mais c’est tout.

    manip reac­tion­naire, puri­ta­nisme insensé.

  9. de gus­sem liliane dit :

    Je ne me rapelle plus l’année où j’ai du prendre cette déci­sion, mais c’était avant la loi Veil ici en France mais j’habitais la Bel­gique, mon ex-mari étant parti conter fleu­rette auprès d’une ado de 16 ans m’avais laissé en plan avec un fis­ton de 2ans et demi et, il ne le savait pas, avec un ovule en pleine expan­sion dans mon ventre !

    Ayant été aban­do­née je n’avais pas d’autre solu­tion que de me résoudre à ne point gar­der ce qu’il m’avait laissé sans aucun com­plexe et en me disant que je n’avais qu’à prendre mes res­pon­sa­bi­li­tés pour le gar­der ou pas.

    Mon papa assez moderne pour l’époque ne vou­lant pas faire souf­frir sa grande fille et de concert avec ma mère on trouvé une « sage femme fai­seuse d’anges » qui pou­vait me déli­vrer d’une nais­sance non voulue.

    Cela c’était passé sur la table de la cui­sine de mes parent, car aucun hopi­tal n’aurait voulu accep­ter de le faire, la seule chose de posi­tive dans cette affaire c’est que nous avions un méde­cin qui pou­vait prendre en charge si un pro­blème sur­ve­nait après l’avortement!

    Mal­gré que je sois catho­lique je n’ai jamais regretté ce que j’ai fait puisque avec un père absent com­ment assu­mer la venue d’une nou­velle vie ?

  10. Christiane dit :

    J’ai 68 ans et j’ai avorté clan­des­ti­ne­ment dans la peur, mais déjà
    sans honte, dans les années 1964–65… et je ne l’ai jamais regretté
    ni ne me semble en avoir des séquelles phy­siques ou psy­cho­lo­giques
    !!!
    A l’époque je ne vou­lais pas d’enfant Mon com­pa­gnon de l’époque
    l’aurait volon­tiers accepté même s’il ne s’était jamais vrai­ment
    posé le pro­blème, mais pour moi il n’en était pas ques­tion. Je
    dési­rais construire ma vie à ma guise et n’avais aucu­ne­ment de
    « sen­ti­ments mater­nels » innés. Le seul pro­blème a été de trou­ver
    « l’adresse » et l’argent. Par chance, cela s’est passé dans de
    rela­ti­ve­ment bonnes condi­tions, mais après le cure­tage, j’ai été
    mise vite fait dans un taxi sans un mot d’explication et j’ai eu très
    peur dans les jours (semaines?) qui ont suivi de tout ce sang qui
    conti­nuait à cou­ler alors que je « savais » qu’on pou­vait en mou­rir.
    Dix ans plus tard, après avoir milité au MLAC et dans les
    mou­ve­ments fémi­nistes, je suis deve­nue mère par choix avec un
    com­pa­gnon prêt à par­ta­ger la charge d’enfants et c’est un bon­heur
    jusqu’à maintenant.

    Bravo à vous pour reprendre notre flambeau.

    Conti­nuez votre œuvre de salut public

  11. Claudine dit :

    J’ai 60 ans.
    En 1973, j’ai eu recours à un avor­te­ment, cure­tage sous AG, chez un gyné­co­logue à Jéru­sa­lem. Loupé de la pilule. Etu­diants, à la charge de nos familles, impos­sible d’envisager une nais­sance. Pas de trau­ma­tisme. Immense sou­la­ge­ment. A sans doute révélé la « pré­ca­rité » de notre couple.
    En 1975, juste avant le vote de la loi en France, les mili­tants de « Choi­sir » étant en vacances, c’est à Genève, où vivait le « non-papa », que j’ai eu recours à une deuxième IVG sous anes­thé­sie géné­rale. Pas spé­cia­le­ment trau­ma­ti­sante. Immense sou­la­ge­ment éga­le­ment. Trente ans plus tard, retrou­vant mon amou­reux de cette époque, ce sou­ve­nir com­plè­te­ment enfoui réémer­geant a curieu­se­ment pro­vo­qué des contrac­tions uté­rines inin­ter­rom­pues comme pour un accou­che­ment, pen­dant plu­sieurs jours.
    En 1980, reve­nant d’un long voyage avec une gros­sesse non dési­rée, (mal­gré contra­cep­tion orale) j’ai demandé une IVG au CH de ma ville. Aspi­ra­tion sans anes­thé­sie, très très mau­vais sou­ve­nir, dou­leur+++, aucune empa­thie de l’infirmière, un point posi­tif: par­ler de mes échecs récur­rents de contra­cep­tion avec la psy…Par contre,j’étais en colère contre le ser­vice mini­mum de l’hopital concer­nant la pra­tique de l’IVG. Pas de trau­ma­tisme non plus ni culpa­bi­lité ni avant, ni pen­dant ni après.
    Par la suite j’ai eu deux enfants sans pro­blème.
    J’ai accom­pa­gné des jeunes filles enceintes dans leurs démarches de demande d’IVG. Tou­jours pas de trau­ma­tisme constaté.…
    Bref, cette his­toire de trau­ma­tisme, c’est du pipeau, mon expé­rience le prouve.

  12. Lynn dit :

    J’ai avorté en 1971, j’avais 18 ans et demi… et je vais bien;-)
    Certes, la loi Neu­wirth auto­ri­sant la pilule contra­cep­tive exis­tait déjà, mais j’étais mineure et n’avais jamais osé la deman­der à ma mère…
    J’étais étu­diante et vivais depuis quelques mois avec un char­mant mon­sieur et, catas­trophe, je me retrouve enceinte.
    Pour moi (et aussi pour mon com­pa­gnon d’alors), il allait de soi qu’on ne vou­lait pas gar­der l’enfant…
    Moi, d’une part, je n’avais abso­lu­ment aucun désir d’enfant, d’autre part, je me trou­vais beau­coup trop jeune pour une déci­sion aussi grave.
    Lui non plus n’avait aucun désir d’enfant (c’était d’ailleurs contraire à son éthique;-).
    On a très vite pris la déci­sion : avor­te­ment en Angle­terre.
    Comme nous n’étions vrai­ment pas riches, je me suis décidé à en par­ler à ma mère pour, éven­tuel­le­ment, lui deman­der son aide.
    Ma mère a très bien réagi et, comme moi, jugé qu’il ne fal­lait abso­lu­ment pas s’engager, tra­cer son des­tin si jeune. Bien que guère for­tu­née elle-même, elle nous a sans hési­ter immé­dia­te­ment prêté une par­tie de la somme néces­saire (envi­ron 2000 francs à l’époque, plus le prix du voyage).

    Je dois dire que pour moi, il allait de soi que cette chose, « enfan­ter », n’allait pas adve­nir, que, bien sûr, je/nous arri­ve­rions à trou­ver un moyen.
    Ce n’est pas seule­ment que je n’avais pas de désir d’enfant à ce moment-là… Ce non-désir était beau­coup plus pro­fond (il a d’ailleurs duré tout ma vie;-).
    En fait, j’avais pris la déci­sion (que tout le monde me disait pré­ma­tu­rée, bien sûr;-) dès mon ado­les­cence de ne pas avoir d’enfant, et ce pour une foule de rai­sons (que je n’énumèrerai pas ici, ce serait trop long;-).
    Je suis assez satis­faite et fière d’avoir res­pecté cette parole : j’ai aujourd’hui 59 ans et à aucun moment de ma vie, je n’ai regretté ce choix;-)

    Donc, nous voici tous les deux par­tis, mon ami et moi (et notre vieille 2CV;-), de l’autre côté de la Manche, à Londres.
    Là, tout s’est mer­veilleu­se­ment bien passé.
    Après un entre­tien avec une psy très bien­veillante pour dis­cu­ter de ma déci­sion et de mes moti­va­tions, j’ai passé à peine 2 jours à la cli­nique (dans des beaux quar­tiers;-), très bien trai­tée par tout le monde, méde­cins et per­son­nel infir­mier (vrai­ment aux petits soins;-).
    Quand je res­sors, à peine quelques petites dou­leurs (genre règles un peu dou­lou­reuses, rien de plus grave;-).
    J’ai le sou­ve­nir d’un Londres tel­le­ment beau et chaud cet été-là que, ravis et sou­la­gés, nous sommes par­tis flâ­ner dans les rues et m’acheter une jolie petite robe légère.
    Seule fausse note dans l’histoire : notre 2CV, tom­bée en panne à Rea­ding, que nous avons dû aban­don­ner sur place (il aurait fallu attendre 15 jours pour faire venir les pièces de France:-(
    Autre côté posi­tif : après cet avor­te­ment, moi qui avais souf­fert depuis ma jeune ado­les­cence de règles très très dou­lou­reuses, abso­lu­ment plus aucun pro­blème !;-)
    Je n’ai jamais regretté ma déci­sion d’avorter et, vu les cir­cons­tances très posi­tives de cet avor­te­ment et de ce bref séjour anglo-saxon, je garde plu­tôt le sou­ve­nir d’une joyeuse équipée;-)

  13. sophie dit :

    J’ai avorté en 1973, avant la loi Veil. J’avais 18 ans.
    Grace à un doc­teur du pla­ning fami­lial qui était venu faire quelques leçons et qui (par chance) nous avait laissé ses coor­don­nées et au MLAC, j’ai pu faire une IVG en Hol­lande (à l’époque aspi­ra­tion sans anes­thé­sie). Ma mère s’était ren­due compte que je n’avais pas eu mes règles et elle a agi immé­dia­te­ment. Elle m’a accom­pa­gnée chez ce doc­teur et nous avons pris contact avec le MLAC. Départ en car pour Amster­dam le soir, arri­vée le matin et IVG dans la jour­née. Retour le len­de­main en soi­rée. C’était un peu l’usine mais, par rap­port aux fai­seuses d’anges et mede­cins com­plai­sants qui se fai­saient gras­se­ment payer, c’était ce qu’il y avait de plus sur à l’époque. De plus je me sou­viens que l’après-midi, la dou­leur étant pas­sée, je me suis pro­me­née dans Amster­dam.
    Quelques années plus tard, je me suis mariée. J’ai pris la pillule jusqu’au moment où, mon mari et moi, nous avons décidé d’avoir des enfants. Nous avons eu 2 filles. Il y a 4 ans, la plus jeune est res­tée enceinte, un acci­dent… et, habi­tant en Ita­lie, avec tout ce que cela com­porte, je ne vous dis pas le par­cours du com­bat­tant pour la faire avor­ter… Aujourd’hui elle a 22 ans et se porte bien!
    Moi j’ai 56 ans et je vais très bien.
    Je suis d’accord avec Cathe­rine, il faut tou­jours rap­pe­ler qu’avant la loi Veil, les femmes devaient se débrouiller et les condi­tions dans les­quelles cer­taines en mou­raient. Merci encore au Pla­ning Fami­lial, aux volon­taires, aux doc­teurs qui fai­saient le tour des écoles et des lycées, merci au MLAC et merci à Simone Veil et à toutes celles qui se sont bat­tues pour que l’avortement devienne enfin légal!

  14. Lélia dit :

    J’ai avorté deux fois, la pre­mière fois en 1980 j’étais étu­diante à Paris. Avec mon com­pa­gnon nous avions déjà un enfant d’un an. Je n’ai pas hésité une seconde, il était hors de ques­tion de nous retrou­ver avec deux enfants, nos études à faire…etc J’ai contacté le plan­ning fami­lial et tout s’est très bien passé. La deuxième fois c’était en 89 à Aix en Pro­vence à la suite d’erreur de contra­cep­tif. Et même chose je n’ai eu aucune hési­ta­tion. Je suis pas­sée par le plan­ning. J’ai main­te­nant 56 ans, trois enfants qui ont 34, 25 et 20 ans qui ont été voulu et attendu. Lorsque j’entends cer­tains com­men­taires sur l’IVG les bras m’en tombent ! Nous serions trau­ma­ti­sées à vie, cou­pables de je ne sais quoi etc… Je me sou­viens de l’époque du MLAC, quand des copines de fac devaient par­tir en bus pour la Hol­lande ou l’Angleterre…La loi Weil est une néces­sité elle a été une avan­cée énorme pour la liberté des femmes (des couples). Quand je pense qu’aujourd’hui en 2012 des per­sonnes vou­draient remettre en cause cette liberté, qu’il existe des parents qui refusent toute contra­cep­tion à leurs enfants je me dis que rien n’est jamais acquis et qu’il nous faut tou­jours être vigi­lantes ! Lorsque mes deux filles ont eu 15 ou 16 ans nous sommes allées ensemble au plan­ning fami­lial, elles ont pu par­ti­ci­per à des réunions sur les moyens de contra­cep­tion, être sui­vies par des gyné­co­logues qui leur ont pro­posé un moyen de contra­cep­tion. Heu­reu­se­ment que le plan­ning existe, bien que leurs sub­ven­tions soient sys­té­ma­ti­que­ment revues à la baisse. Les jeunes filles et jeunes gar­çons y sont reçus, infor­més même sans accord paren­tal et c’est très bien comme ça. Il va sans dire que je n’éprouve aucune culpa­bi­lité d’avoir avorté deux fois !

  15. J’ai avortè en 1964, en Suisse. C’était une inter­ven­tion ille­gale (sans l’expertise psy­chia­trique requise par la loi de 1942), mais j’avais trouvé un méde­cin qui com­pre­nait. C’était un libé­ra­tion, comme si ma vie m’eût été don­née une seconde fois. Je n’ai jamais regretté, cela m’a permi de réa­li­ser mon grand rêve, à l’époque: faire de la danse. Plus tard, j’ai donné nais­sance à 3 enfants dési­rés. Nous allons tous très bien, merci.
    J’ai lutté pen­dant 30 ans, en Suisse pour la léga­li­sa­tion de l’avortement, ce que le peuple suisse a adopté le 2 juin 2002. Mais déjà, les anti-avortement repartent à l’attaque: ils veulent abo­lir l’obligation pour les caisses-maladie de rem­bour­ser l’IVG.
    C’est pour­quoi la cam­pagne a été lan­cée, en Suisse, le 27 mai, contre cette ini­tia­tive anti-avortement absurde.
    Nous lut­tons contre la dis­cri­mi­na­tion des femmes et la stig­ma­ti­sa­tion de l’avortement et pour l’accès à l’avortement légal et sûr pour TOUTES les femmes.
    http://www.facebook.com/profile.php?id=100003502197365&ref=tn_tnmn#!/pages/Nein-zur-Initiative-Abtreibungsfinanzierung-ist-Privatsache/277693215634866

  16. Hélène dit :

    Je vou­drais tout d’abord remer­cier l’initiatrice de ce site ainsi que tous celles et ceux qui se battent pour le droit à l’ivg, pour qu’il reste un droit et que pour toutes celles qui ont a prendre cette déci­sion cela se passe bien.
    Je ne sais pas si mon témoi­gnage entre dans le cadre de cette page, à la modé­ra­trice de déci­der.
    Je suis mère de deux enfants vou­lus et dési­rés, je n’ai pas eu à prendre cette déci­sion.
    Mais ma mère a eu il y a 46 ans à faire un choix.
    Je suis un acci­dent de par­cours. Ma grand-mère mater­nelle a pro­posé à ma mère d’aller avor­ter aux Pays Bas.
    Elle ne l’a pas fait, et de son propre aveu, alors que je lui deman­dais si elle m’aimait, elle m’a dit qu’elle avait choisi de ne pas avor­ter pour ne pas deve­nir la chose de sa mère. J’avais douze ans.
    Jusqu’a l’arrivée de mon frère cadet voulu et désiré (et mieux que juste une fille han­di­ca­pée de sur­croit), de huit ans plus jeune, je n’avais pas remar­qué mon sta­tut d’échec (déchet?).
    A par­tir de ce jour j’ai eu a souf­frir de vio­lences essen­tiel­le­ment ver­bales quasi quo­ti­diennes –elles ont été pour moi pire que les coups-.
    Mon père a été et est tou­jours spec­ta­teur. A quinze ans j’ai dit à ma mère que si elle levait encore la main sur moi je lui ren­drai ses coups. La réac­tion pater­nelle a été « je ne veux pas de vio­lence sous mon toit ». Tout ce qui avait pré­cédé à cet éve­ne­ment n’avait consti­tué sans doute que des méthodes péda­go­giques. Mes parents sont pro­fes­seurs de lycée (à la retraite).
    J’ai une ana­lyse der­rière moi. Elle m’a per­mis d’être mère à mon tour; je m’efforce de com­mettre des erreurs dif­fé­rentes de celles de mes parents.
    Mon mari me dit que je suis une mère aimante, ma petite fille m’accueille du tra­vail tous les jours avec des effu­sions de joie; au début je me retour­nais pour voir s’il n’y avait pas quelqu’une der­rière moi. Et mon grand gar­con me fait des câlins lorsque il n’y a pas de copains aux abords (not cool at all quand les potes sont là).
    Mais cette ana­lyse se révèle avoir été vaine en ce qui concerne ma rela­tion à ma propre géni­trice.
    Jusqu’au mariage de ma jeune soeur, j’ai eu l’illusion d’une rela­tion apai­sée. Je renon­cais à ce que ma mère recon­naisse m’avoir infligé des souf­frances et en contre par­tie elle me trai­tait comme un membre à part entière de la famille.
    Elle a décidé de mettre fin à ce fra­gile équi­libre. Le pré­texte était futile.
    A par­tir de ce jour, et parce que j’étais éga­le­ment pro­fes­sio­nel­le­ment en situa­tion de fra­gi­lité, j’ai plongé dans la dépres­sion.
    Toute visite dans la mai­son de ma géni­trice –pré­sen­ta­tion des petits enfants à la demande — est plus que pénible.
    J’oublie de dire que la femme qui m’a mis au monde exige que je conti­nue de l’appeler Maman et que je lui fasse la bise. C’est mon père — éter­nel invité mais fugi­tif sous le toit de son épouse– qui m’a prié de conti­nuer à appe­ler sa femme Maman, afin qu’elle ne lui empoi­sonne pas un peu plus l’existence.
    Celle ci a expli­qué à mon mari — qui a par­fois la main leste — que frap­per ses enfants, c’est très mal; elle ne l’a jamais fait. Mes enfants ont de l’affection pour leur grand parents, et sont trop jeunes pour regar­der l’édifice fami­lial audelà de la facade rose bon­bon.
    Oui ma géni­trice souffre elle aussi du mal de vivre, mais elle a deux déver­soirs dans les­quels elle vomit son mal être:
    son mari et sa pre­mière née. Mon géni­teur m’a tou­jours dit: j’ai choisi cette femme, je ne la quit­te­rai pas; mais toi tu vivras ta vie.
    Aujourd’hui tout contact avec les membres de ma famille me sont dou­lou­reux. Même avec mes frères que pour­tant j’aime. Ma jeune soeur ayant déclaré que j’ai tou­jours détesté notre mère sans cher­cher à me com­prendre, m’a par cette affir­ma­tion très pro­fon­dé­ment mor­ti­fiée. Elle a un niveau uni­ver­si­taire supé­rieur au mien et des centres d’intêrets fort dif­fé­rents des miens donc je n’entretiens plus notre rela­tion. La peur de l’inconnu et l’amour de mes enfants me retiennent de mettre un point final à mon exis­tence.
    Vous qui lisez ces lignes, si vous n’êtes pas sûre d’aimer l’enfant à venir indé­pen­dem­ment de son phy­sique (han­di­cap) ou des ses traits de carac­tère, ou de ses per­for­mances sco­laires ou uni­ver­si­taires, alors n’hésitez plus: avortez.

  17. Annie dit :

    Bon­jour…
    j’ai 60 ans et j’ai décou­vert le 14 juillet 69 à Londres que ce jour là n’était pas férié par­tout dans le monde.
    j’avais 17 ans et la pre­mière fois avait été la bonne.… le prince char­mant a botté en touche en disant « qu’est ce qui me prouve qu’il est de moi »…
    J’ai eu la chance d’avoir une maman atten­tive qui l’a su avant moi… qui m’a ras­su­rée et qui a réuni je ne sais pas com­ment la grosse somme qu’il fal­lait pour un voyage en Angle­terre (mes parents n’avaient pas de gros moyens) et trouvé grace à notre méde­cin de famille qui était une femme super les adresses vont bien.
    ( le temps de faire tout le cir­cuit le temps avait passé et c’était la limite )
    Je suis par­tie toute seule … train, aéro­glis­seur, taxi … fait deux méde­cins pour avoir les signa­tures … puis rv pour le len­de­main dans une cli­nique de Londres… j’ai passé la nuit dehors car rien n’était prévu et que je n’avais pas d’argent pour un hôtel.
    L’intervention s’est bien pas­sée sous anes­thé­sie géné­rale, et nous étions plu­sieurs en pro­ve­nance de France dans la même chambre avec les mêmes sou­cis
    Je suis res­tée deux jours et puis retour par les mêmes moyens..Je me sou­viens d’avoir été très mal pen­dant le voyage de retour, dou­leur et prise de conscience.

    Ma mère a eu raison.……mon père « tu lui diras qu’elle n’a pas eu de chance ».…. le Prince char­mant m’a télé­phoné pour deman­der si j’allais bien et je lui ai rac­cro­ché au nez…
    Voilà.… j’ai grandi d’un coup… appris à me méfier des contes de fées .…

    je ne regrette pas.…
    et j’ai eu depuis 5 enfants.…
    La défense de IVG est un des rares trucs qui pour­raient me faire des­cendre dans la rue.
    Ami­ca­le­ment Annie

  18. Corinne dit :

    J’ai avorté en 1970, j’avais 18 ans et venais d’avoir mon bac. Ma mère m’avait pris rendez-vous chez un méde­cin pour qu’il me donne la pillule, j’avais acheté la pre­mière pla­quette et att­ten­dais les pro­chaines règles pour com­men­cer à l’utiliser, mais elles ne vinrent pas, il était trop tard !
    alors emprunt à un ami de mon copain (il fal­lait alors 2 000 F, j’en gagnais 1100 par mois en étant sur­veillante pen­dant ma pre­mière année d’études secon­daires). Une adresse à Londres, Bond Street, un mar­chan­dage sor­dide au sous-sol (je ne vou­lais pas me lais­ser tondre, j’ai tenu bon en disant ne pas avoir une somme pareille, je n’ai donc payé « que » 1600 F ! Un taxi engagé par le méde­cin m’a emme­née à une adresse incon­nue et sous anes­thé­sie géné­rale l’avortement a été pra­ti­qué. le soir le même taxi m’a rac­com­pa­gnée jusqu’à un foyer où j’avais trouvé un lit. J’ai eu un peu mal au ventre le len­de­main, mais que ce soit tout de suite ou pen­dant toutes les années pas­sées depuis, je n’ai jamais regretté. J’ai recom­mencé en 1978, j’avais alors deux enfants (du même père que celui laissé en Angle­terre, mais nés 5 et 6 ans plus tard, après mariage et vou­lus !) cette fois en France et de manière tout-à-fait légale (j’étais sous pillule, c’était donc « un acci­dent » et mon mari ne vou­lait pas de troi­sième, sur­tout si rap­pro­ché) ; à quelques kilo­mètres de chez moi, sans le moindre pro­blème. Je sou­haite à toutes les jeunes filles et à toutes les femmes dans le monde de pou­voir choi­sir d’être mères, c’est un tel cadeau, mais de ne jamais se le voir impo­ser. Vive la loi Veil !

  19. Maguy dit :

    Quel site inté­res­sant et impor­tant! J’ai per­son­nel­le­ment eu la chance d’avorter dans un centre de plan­ning fami­lial en 2001, en Bel­gique, sans culpa­bi­lité, sans souci de santé par la suite; un avor­te­ment qui s’est bien passé, par aspi­ra­tion, sous anes­thé­sie locale. J’ai eu cette chance comme le raconte aussi Colombe Schneck dans son livre « dix-sept ans ». Tout de suite après, j’ai lu « L’événement » d’Annie Ernaux: avor­te­ment clan­des­tin dans les années 60, sem­blable à cer­tains de vos témoi­gnages. Avec cette sen­sa­tion d’être une pauvre fille, une culpa­bi­li­sa­tion puis­sante et le risque de mou­rir. Ces 2 livres sont courts, expli­cites, à lais­ser traî­ner dans les mains de toutes les femmes et les jeunes filles. Conti­nuer à infor­mer, à valo­ri­ser nos centres de plan­ning fami­lial qui font un tra­vail extra­or­di­naire, qui sont acces­sibles tant humai­ne­ment que maté­riel­le­ment car ils sont à moindre frais! Il sont essen­tiels! Parce qu’il y a aussi le pro­blème du coût. Aux Etats-Unis des études montrent que l’avortement clan­des­tin est encore fort pra­ti­qué actuel­le­ment (même s’il est dif­fi­cile de connaître les don­nées exactes). Une des rai­sons évo­quées par ces per­sonnes est notam­ment le manque d’argent : http://www.slate.fr/story/44825/avortement-domicile-diy
    Infor­mer, rap­pe­ler, pro­fi­ter de notre chance et ne pas lais­ser les choses reve­nir en arrière! Merci Madame Veil! Merci aussi au gou­ver­ne­ment belge d’avoir voté la loi en faveur de l’avortement le 4 avril 1990, pen­dant que le roi Bau­douin, refu­sant de la signer, s’est mis en inca­pa­cité de régner. C’était il n’y a pas si long­temps. C’est une loi pré­cieuse. Abo­lir ces lois revien­draient à sup­pri­mer la liberté aux femmes, les pla­cer dans une état de sou­mis­sion, de DANGER, et tout sim­ple­ment de ne pas les res­pec­ter. Le CHOIX et les SOINS de SANTE sont indis­pen­sables à tout un cha­cun. Une des filles des 343 salopes.

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