Vous allez bien. Merci !

À peine quelques jours d’ouverture et déjà vous nous avez envoyé de nom­breux témoi­gnages pour nous dire « j’ai avorté et tout va bien, merci ! ».

Parmi vous, cer­taines ont eu la chance de ren­con­trer de bons méde­cins, de se rendre dans des struc­tures qui les ont orien­tées avec bien­veillance et sans le moindre juge­ment…. d’autres en revanche, encore très nom­breuses, sont venues témoi­gner des condi­tions déplo­rables dans les­quelles elles avaient été accueillies : juge­ments, ten­ta­tives de culpa­bi­li­sa­tion, indif­fé­rence à la dou­leur phy­sique, par­cours de la com­bat­tante pour avoir un rendez-vous…

Merci à vous toutes qui êtes venues témoi­gner ici, et à vous qui vous apprê­tez à le faire. 

Pour témoi­gner, vous pou­vez nous contac­ter par mail, ou en nous lais­sant un com­men­taire, rubrique Témoi­gnages.

J’ai avorté depuis 2010 et je vais bien

« Et donc non, je n’en ai pas souf­fert psy­cho­lo­gi­que­ment. Non, je n’ai pas de regret, non, je ne culpa­bi­lise pas. (…) Donc voilà, j’ai avorté, je vais bien, merci. Merci à celles et ceux qui se sont bat­tus pour la dépé­na­li­sa­tion, merci à ceux qui pro­cèdent à des avor­te­ments dans le res­pect des femmes et de leur choix, tous ceux qui per­mettent aux femmes de ne pas ris­quer leur inté­grité phy­sique et psy­cho­lo­gique, leur vie même en met­tant un terme à une gros­sesse non désirée. »

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« Et voilà, c’est arrivé. Je ne pre­nais plus la pilule à cause de ses effets sur moi et atten­dait la fin d’un trai­te­ment pour recom­men­cer. C’est bête, je n’ai pas recom­mencé assez vite. Bref, for­cé­ment, quand le test s’est avéré posi­tif, j’ai paniqué. »

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« Du coup, je ne me suis même pas posé la ques­tion. J’ai contacté immé­dia­te­ment le plan­ning fami­lial, ils m’ont donné toutes les adresse néces­saires, celle où je serais bien reçue, et pas jugée, parce que ça arrive encore. »

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« Bon ensuite, j’ai affine ma recherche et ai trouve un centre ou avor­ter.… mais a 400 dol­lars et a 2 heures de chez moi.… un per­iple dans tous les sens du terme. J’ai subi une inter­ven­tion chi­rur­gi­cale dans un centre de Chi­cago ou nous avons ete accueillis (avec mon ami) par des acti­vites pro-life qui nous ten­daient les roses de la vie.… »

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J’ai avorté dans les années 2000 et je vais bien

« De cette IVG pas­sée, je ne conserve pas d’autre sou­ve­nir que cette colère contre des soi­gnants qui n’avaient pas su, voulu ou pu assu­mer leur rôle. »

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« L’avortement était une évi­dence. Ça s’est très bien passé. Je n’en garde aucun traumatisme. »

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« J’ai 26 ans et j’ai mal au coeur de voir que les condi­tions de l’IVG en 2011 peuvent être si excé­crables. J’ai mal au coeur de devoir gueu­ler aux gens qui ne me com­prennent pas : ‘oui, j’ai avorté, et je vais bien’. »

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« Je n’ai jamais regretté ma déci­sion, je n’y pense qua­si­ment jamais, sauf quand j’apprends les dif­fi­cul­tés qui s’accumulent pour les femmes qui veulent, comme moi, avoir la liberté de déci­der de leur vie. Un jour pro­chain je devien­drai mère, mais c’est moi qui choi­si­rai ce jour »

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« La sale gueule de cer­taines connasses du centre hos­pi­ta­lier. La com­pas­sion de celle qui me remet les cachets. L’obligation de faire ça en « mater­nité » : quelle hérésie. »

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« Sor­tie de là, j’ai oublié rapi­de­ment cette his­toire, je n’ai pas une seule fois hésité à avor­ter et heureusement. »

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« J’ai eu un peu mal le jour même, j’ai été un peu triste, mais j’ai tout de suite su que c’était la bonne déci­sion. Cet avor­te­ment a été déci­sif dans mon enga­ge­ment et mon mili­tan­tisme fémi­niste, et quelques années après (je ne me sou­viens plus de l’année exacte, c’est dire), je vais bien, merci ! »

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« Je ne regrette rien, même si ça n’a pas été facile. Si je l’avais gardé je serais dans une situa­tion mer­dique, et avec un gamin mal­heu­reux!
Je suis main­te­nant avec un homme mer­veilleux, un job très inté­res­sant, et nous devien­dront parents lorsque nous le déci­de­ront.
Je vais très bien, merci ! »

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« Je vais très bien et pas de regret, aucun si ce n’est de n’avoir pu avor­ter à l’hôpital public mais chez moi, sans suivi réel…
et oui je vais et vis bien ! »

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« Aujourd’hui, j’ai 25 ans, et je pour­suis tou­jours mes études. Je n’ai vrai­ment pas l’intention d’avoir un enfant avant un bon moment, et si je devais à nou­veau avor­ter un jour pour pou­voir mener ma vie comme je l’entends, je n’hésiterai pas.
Merci pour cet espace de par­tage déculpabilisant. »

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« J’avais mal, je vou­lais des anti-douleur, mais le méde­cin n’était pas très coopé­ra­tif. Là j’ai res­senti que j’étais consi­dé­rée comme une fau­tive : c’était de ma faute après tout si j’étais dans cette posi­tion, si je souf­frais, je n’avais pas assez pris mes pré­cau­tions. La dou­leur phy­sique était comme une manière de me faire expier mes pêchés. (…) Certes, il y avait ces pro­blèmes phy­siques, dif­fi­ciles à sup­por­ter, mais si je n’avais pas inté­gré tous ces dis­cours mora­li­sa­teurs à pro­pos de l’avortement qui est *for­cé­ment* vécu comme une tra­gé­die, peut-être l’aurais-je vécu dif­fé­rem­ment. Vous par­lez de pro­phé­tie auto-réalisatrice sur votre site, c’est tout à fait cela. »

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« Il me rétorque que le ser­ment d’Hippocrate le lui inter­dit, qu’il doit sau­ver des vies et non les tuer. Je repars chez moi, et je regarde sur inter­net. Pen­dant ma recherche, le méde­cin m’appelle sur mon por­table et me fait un dis­court de près d’une heure sur « mes res­pon­sa­bi­li­tés de femme qui doit por­ter la vie et non la détruire ». (…) Quand j’en parle libre­ment aujourd’hui, il y a un malaise, on ne parle pas de ces « choses-là » quand on est une bonne fille… On me dit que « tout le monde n’est pas prêt à sup­por­ter ce que je raconte ».
La seule chose que je regrette c’est la honte et le trai­te­ment que l’on m’a infligé. Je plains les femmes qui ont encore et auront encore à subir ces épreuves. »

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« Il FALLAIT pleu­rer. L’institution nous OBLIGE à pleu­rer.  (…) Je vais bien aujourd’hui, oui!!! mais pas grâce à l’institution hos­pi­ta­lière qui nous méprise et nous juge! Dans quel siècle vivons nous? Le droit de dis­po­ser de son corps est bien loin d’être acquis dans la tête de nom­breuses personnes! »

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« Un conjoint depuis 7 ans, une vie de couple simple, pleine d’amour, mais je ne veux pas d’enfants. Alors j’ai avorté. C’est plu­tôt simple, et là merci pour ce blog, ça me per­met de ne pas être déso­lée : non, je ne suis pas désolée ! »

  • Myhou­seis­bro­ken


Témoi­gnage d’un avor­te­ment par myhou­seis­bro­ken

J’ai avorté dans les années 90 et je vais bien

« Le jour venu, sur le conseil de ma géné­ra­liste, j’avais emporté un bala­deur afin de ne pas entendre les bruits de l’aspiration. L’infirmière de ser­vice a refusé que je l’utilise au pré­texte que « je devais bien me rendre compte de la gra­vité de mon acte » . (…) Je l’ai échap­pée belle. J’ai pu dis­po­ser de mon corps comme je l’entendais, et comme toute femme devrait pou­voir le faire. »

Le le témoi­gnage dans son intégralité

« Je n’ai pas eu la moindre dou­leur. ni pen­dant, ni après Juste quelques état  » d’âme ». (…) Depuis je n’ai jamais eu aucun regret bien au contraire.Aujourd’hui encore je me dis que j’ai très bien fait. »

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« J’ai avorté à envi­ron 11 semaines, sous anes­thé­sie géné­rale et par aspi­ra­tion, après quelques jours de sai­gne­ments tout est ren­tré dans l’ordre phy­si­que­ment et je n’ai jamais eu de regret. »

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« La chi­rur­gienne, exas­pé­rée visi­ble­ment, ne m’a pas beau­coup ména­gée. J’ai mis ça sur le compte de ma deuxième fois et que là visi­ble­ment on allait me le faire payer.(…) Mais j’étais libre ! »

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« Je n’ai eu aucun pro­blème, aucun, une gyné­co­logue femme très com­pré­hen­sive, un entre­tien très rapide avec une assis­tante sociale qui ne m’a pas culpa­bi­li­sée. Une jour­née à l’hopital, anes­thé­sie géné­rale, aucune douleur. »

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« Aujourd’hui, j’ai trois enfants de l’homme que j’aime et ma « bles­sure » s’est refermée. »

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« A l’heure actuelle, je me suis donc fait avorté 2 fois et merci je vais très bien. »

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« Quand j’ai com­pris que cela irait jusqu’à l’acte sexuel, j’ai brandi un pré­ser­va­tif… qu’il a ignoré. J’ai alors été for­cée de ne pas en mettre. 3 semaines plus tard, je fai­sais le test de gros­sesse et ce que je redou­tais le plus s’est affi­ché: j’étais enceinte.
Le Plan­ning fami­lial m’a sou­te­nue dans toutes mes démarches. J’avais honte de m’être fait avoir, de n’avoir pas géré la situa­tion, d’avoir été abu­sée… (…) Aujourd’hui, j’ai deux enfants avec un homme que j’aime et qui me res­pecte. J’ai fait des études, je suis accom­plie et heureuse. »

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« Je ne me suis jamais sen­tie cou­pable, et non, pour moi ça n’a pas été un trau­ma­tisme contrai­re­ment à ce que cer­tains vou­draient nous faire croire.Aujourd’hui, j’ai 32ans, j’ai fait des études, j’ai beau­coup voyagé et j’ai plein de pro­jets et d’envies. Oui, je vais bien, merci. »

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J’ai avorté dans les années 80 et je vais bien

« Jamais je n’ai regretté l’avortement. L’acte ne m’a abso­lu­ment pas trau­ma­ti­sée, la douleur,si! Cette souf­france inutile, injuste aurait pu, aurait dû, être évitée.

C’était il y a trente ans. L’année sui­vante l’IVG a été rem­bour­sée par la sécu­rité sociale. Pen­dant des années j’ai pensé avec satis­fac­tion que les femmes pou­vaient désor­mais avor­ter dans de bonnes condi­tions.
Je me suis trompée. »

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« Le rendez-vous est pris, je n’’ai pas d’état d’âme, je n’en veux pas point barre. (…) L’anesthésiste me prend le bras vio­lem­ment. Je laisse sor­tir un « aie », le mâle serre encore plus fort mon bras avant d’y enfon­cer l’aiguille. Je l’entends me cra­cher « ce n’est pas de ma faute si vous êtes ici » … (…) Les années ont passé, je n’ai jamais eu de regret mais ce mon­sieur je ne l’ai jamais oublié……… »

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J’ai avorté entre 1976 et 1980 et je vais bien

« A l’instant où il est sorti de mon stu­dio, cette ren­contre de fête dan­sante, j’ai réa­lisé que je m’étais plan­tée dans mes cal­culs. Joué une fois, perdu ! (…) Je n’ai pas hésité une seconde, je n’ai pas regretté une seconde, je vais bien. »

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J’ai avorté avant 1975 et je vais bien

« Je me sou­viens avoir pris le train, seule avec ma petite valise, pour me rendre à la fron­tière et reve­nir, tou­jours seule, le jour même ou le len­de­main. Je me sou­viens d’un méde­cin à Bruxelles qui ven­dait des gouttes, dont j’ignore tou­jours les com­po­sants, à ver­ser dans de l’eau et à boire à inter­valles régu­liers, qui pro­vo­quaient effec­ti­ve­ment une fausse-couche dont vous pou­vez ima­gi­ner les dégâts par la suite (Pas de curetage…etc…). »

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17 réponses à Vous allez bien. Merci !

  1. Laurence dit :

    J’ai pra­ti­qué une IVG il y a 4 ans main­te­nant. Et il fal­lait vrai­ment que je sois au clair dans ma tête pour aller jusqu’au bout, pour ne pas flan­cher. Je suis d’abord aller voir mon méde­cin géné­ra­liste pour lui expli­quer. C’était pour­tant un bon méde­cin, plu­tôt atten­tif, enfin du genre qui ne se fout pas de ses patients. Cela ne l’a pas empê­ché de me pré­dire que j’allais for­cé­ment faire une dépres­sion après l’IVG… Ensuite, il a fallu trouvé rapi­de­ment un écho­graphe, qui m’a fait la morale… Merci à Mar­tin Wink­ler et à l’infirmière du centre qui m’ont rap­pelé que dans la vie on ne fait pas tou­jours tout comme il faut à 100%… et à Anne Syl­vestre pour sa superbe chan­son « Tu n’as pas de nom ». Ils m’ont aidé à gar­der et à retrou­ver mes forces… et à ne pas m’occuper des com­men­taires des gens qui croient que ça n’arrivent qu’aux autres et qui jugent au lieu d’essayer de com­prendre. Faire une IVG, si on l’a décidé ce n’est pas un drame. Ce qui est pro­blé­ma­tique c’est la façon dont nous sommes trai­tées dans les mater­ni­tés et par beau­coup de médecins.

    • Hélène dit :

      Bon­jour, je m’appelle Hélène et j’ai 24 ans. J’ai avorté il y a main­te­nant 2 ans et je le vis bien merci!! Merci d’avoir créé un espace comme celui-ci enfin on peut le dire sans honte ni culpa­bi­li­sa­tion je vais bien. J’ai choisi d’avorter pour plu­sieurs rai­sons. La pre­mière, je ne me sen­tais pas du tout prête à être maman, j’étais trop jeune, je le suis encore et je n’avais pas de situa­tion pro­fes­sion­nelle stable. Ensuite je suis tom­bée enceinte au tout début de ma rela­tion amou­reuse, cela fai­sait 15 jours que nous étions ensemble, nous avons donc décidé ensemble que c’était beau­coup trop tôt pour lan­cer un petit bout à deux. Nous sommes tou­jours ensemble actuel­le­ment et si la situa­tion se repré­sen­tait nous ver­rions les choses autre­ment je pense! Je sou­haite réagir à ce témoi­gnage car même si je l’avais décidé, même si pour moi je n’ai rien fait de hon­teux, je garde un sou­ve­nir hor­rible de ma jour­née d’hospitalisation. Mon avor­te­ment était tar­dif, le temps d’aller voir ma géné­ra­liste, de faire la prise de sang, de prendre rendez-vous au CHU, d’avoir un rendez-vous, ma gros­sesse en était qua­si­ment à 8 semaines. J’ai donc eu droit à l’aspiration et non l’IVG médi­ca­men­teuse. Le pre­mier couac c’était avec le méde­cin qui ma reçu au centre d’IVG. Il était accom­pa­gné d’un interne et je n’ai pas eu le droit de deman­der à le voir seul. La situa­tion était pénible, me foutre à poil, jambes écar­tés devant 2 par­faits incon­nus… Je lui ai fait part de ma gène et il ma dit que j’aurais du y réflé­chir avant… Merci doc­teur!!! Il me fait l’écho, me tri­ture à l’intérieur sans rien m’expliquer et le comble cet enfoiré pour être sur que je ne regret­te­rais rien, me fait écou­ter le bruit du fœtus en me disant, il faut vous rendre compte que ce que vous avait en vous est vivant made­moi­selle… Comme si je ne le savais pas… J’ai pris sur moi, et il a pla­ni­fié l’intervention (« rapi­de­ment bien sûr vu l’urgence … ») J’avais la mau­vaise impres­sion d’être une petite conne incons­ciente. Le jour J, mon ami ma accom­pa­gné, ils m’ont donné un médi­ca­ment qui ma fait vomir du vide (j’étais a jeun) et ensuite, on ma des­cendu au bloc. J’ai patienté dans une salle et j’ai vu pas­ser devant moi une fille sur un bran­card. Celle qui était là avant moi pour la même rai­son avec des tubes dans la bouche, toute blanche. Sa m’a pani­qué de m’imaginer comme elle peut après… Mais bien sûr per­sonne à qui par­ler rien j’avais froid peur je me suis vrai­ment senti seule… Une impres­sion de tra­vail à la chaine, on rentre, on aspire, on res­sort, et au sui­vant comme disait Brel… Le seul à être humain la dedans c’était l’anesthésiste qui à bien vu que j’étais morte de peur. Merci bon­homme tu n’as pas été trop con toi au moins. Il ma caressé les che­veux en me disant je suis avec vous sa va aller. Heu­reu­se­ment qu’il était là lui parce que pour les autres j’étais rien. Juste une gosse qui viens répa­rer une conne­rie… Enfin bref ensuite réveil avec des tubes dans la bouche qui font mal, qu’on veut arra­cher, infir­mières sur­boo­kées mais sympa quand même, j’ai mal je saigne c’est nor­mal? Je suis res­tée 2 heures en obser­va­tion, je sai­gnais trop appa­rem­ment et j’ai enfin pu voir mon ami. J’ai pleuré bien sûr pas en pen­sant à ce que j’avais fait, mais juste parce que je me suis sen­tie tel­le­ment seule ce jour là.. Depuis je vais bien, j’ai eu néan­moins quelques sou­cis suite à l’intervention, une infec­tion qui me cause des sou­cis depuis mais je me soigne!!! Je galère à trou­ver un gynéco com­pré­hen­sif, car pour moi, les sou­cis que j’ai (uréa­plasma, sta­phy­lo­coque et autres petites bêtes sympa) vienne de ce jour là. On était 5 filles à pas­ser ce matin là au bloc et je suis sûre que j’ai chopé une bac­té­rie la bas. Et ça fait plus de 2 ans que je me soigne mais ça reviens à chaque fois. Mon ami est très patient heu­reu­se­ment mais nous n’avons plus de vie sexuelle nor­male depuis… Et quand je veut en par­ler avec ma gynéco, c’est la faute de tout sauf du CHU… Je recherche donc un autre méde­cin, plus sympa, plus ouvert, moins sûr de la toute puis­sante méde­cine qui ne consi­dère plus vrai­ment l’humain… Juste pour dire que nous avons le droit d’avorter, que c’est gra­tuit et ano­nyme, ouvert à toutes mais qu’il reste encore un long che­min à par­cou­rir… J’ai une ques­tion à poser à tous ces tou­bibs qui ne font pas atten­tion au gamines: quand devien­drez vous des soignants?

  2. Christiane dit :

    J’ai avorté trois fois entre 58 et 66. C’était avant la loi: la pose de la sonde sur la table de la cui­sine avec l’aide de mon mari, le tou­bib appelé quelques jours plus tard, qui fait un cure­tage digi­tal à la mai­son pour évi­ter l’hosto et de pos­sibles pour­suites; ça fait très mal mais c’est vite oublié.
    Jamais je ne me suis sen­tie cou­pable; une seule chose comp­tait: arrê­ter la gros­sesse.
    J’ai eu aussi trois enfants dans la même période et tout s’est bien passé.
    Ma mère m’a appris à cette occa­sion qu’elle avait avor­tée en 43, l’année où Marie-Louise Giraud a été guillo­ti­née. Un chi­rur­gien l’a opé­rée de l’appendicite pour jus­ti­fier son hos­pi­ta­li­sa­tion et évi­ter son arres­ta­tion. C’était sous le régime de Vichy, l’avortement était un crime pas­sible de la peine de mort.
    Je milite depuis 66 au plan­ning fami­lial et j’ai pris les pre­mières pilules; j’ai aussi beau­coup mani­festé pour récla­mer le droit à l’avortement.
    A 45 ans j’ai décidé d’arrêter la contra­cep­tion me disant que si j’étais enceinte je pour­rais tou­jours avor­ter. J’aurais bien aimé connaître cet avor­te­ment légal pour lequel je m’étais bat­tue mais ce n’est pas arrivé, je le regrette un peu.
    Aujourd’hui j’ai 72 ans et je vais très bien, je conti­nue à défendre ce droit avec beau­coup de femmes dont mes filles et mes petites filles.

    • chuuuttt dit :

      Merci Chris­tiane, et toutes nos soeurs pour ce com­bat de toute une vie et je m’engage per­son­nel­le­ment à agir pour défendre ce droit qui nous est si cher. Merci encore.

  3. mariemad dit :

    Je me suis fait avor­ter deux fois, l’une à 17 ans aux Pays Bas, car ce n’était pas encore légal en France. Le Plan­ning fami­lial m’avait donné l’adresse, et je me sou­viens encore du méde­cin qui ne par­lait pas le fran­çais mais m’avait mon­tré mes traces de mor­sures sur mes mains, en me fai­sant com­prendre que je ne devais pas avoir peur, et que tout allait bien se pas­ser. Ce qui fut le cas.
    La deuxième fois, il y a 25 ans, je suis allée en Angle­terre car le délai des 10 semaines était écoulé. Là aussi , les choses se sont pas­sées au mieux, c’est à dire qu’il n’y a pas eu de culpa­bi­li­sa­tion, et que la dou­leur a été sup­por­table.
    Je suis tout à fait consciente de mes actes, je n’en suis pas fière, mais je ne me sent pas cou­pable non plus. Les fois où j’ai pleuré en pen­sant à l’avortement, c’est quand, lors de lec­tures, ou de vision­nage de film je me suis ren­due compte du sort des femmes qui n’ont pas pu béné­fi­cier de l’aide de méde­cins huma­nistes, et de voir dans quels dilemmes elles devaient prendre leur déci­sion, dans quelles souf­frances elles mou­raient sou­vent suite à des infec­tions faci­le­ment évi­tables. Pour toutes ces femmes, c’est une déci­sion plei­ne­ment réflé­chie et iné­luc­table qui per­met jus­te­ment de conti­nuer à vivre. Alors qu’une nais­sance non dési­rée peut démo­lir la vie de plu­sieurs per­sonnes (dont celle de l’enfant). Les femmes n’étaient pas capables de choi­sir leurs gou­ver­nants avant 1944, pas capables de déci­der si elles allaient gar­der le fruit d’une rela­tion sexuelle qui par­fois leur a même été impo­sée. Ça suf­fit main­te­nant ! Reti­rer la pos­si­bi­lité aux femmes d’avorter humai­ne­ment ne sup­pri­mera pas les avor­te­ments, il ne les dimi­nuera même pas. Sim­ple­ment les femmes qui avor­te­ront seront punies de la peine de mort ! Est-ce vrai­ment ce que l’on veut pour notre société de moderne-démocratique-laïque?

  4. Olga Ch dit :

    Je me suis fait avor­ter en jan­vier 2011. Mon copain m’a accom­pa­gnée et on a très bien vécu ça, avec humour et ten­dresse. Aucune séquelle psy­cho­lo­gique ni remords. Ce fut une déci­sion mutuelle qui nous a rap­pro­chée. Aujourd’hui, nous somem splus proches et amou­reux que jamais. Je suis reco­nais­sante envers mon copain, c’est un ange de patience et de dou­ceur. Le méde­cin était gen­til et tout s’est déroulé calmement.

  5. Alicia dit :

    J’ai avorté il y a de cela 4 ans. Je vais bien merci!

    Mal­heu­reu­se­ment, je ne rejoins pas mes consœurs qui avouent ne pas avoir souf­fert. En revanche, si mon corps à été tou­ché (dans une courte durée je le concède), mon esprit a été très rapi­de­ment apaisé par la cer­ti­tude de mon choix.
    Je n’ai qu’un regret; ne pas en avoir parlé à ma mère que je tiens en par­tie « res­pon­sable », et qui doit repro­duire avec ma petite soeur l’erreur du » déni sexuel ».
    Je déplore le para­doxe qui consiste à recon­naître impli­ci­te­ment la liberté de choix dont dis­posent les femmes, mais de ne pas leur per­mettre maté­riel­le­ment d’en profiter.

    Com­bien de parents et de mères( pour­tant elles aussi confron­tées à un moment aux aléas indis­po­sant de leur genre et de leur sexe) avouent avoir exclu toutes conver­sa­tions sur le sexe par embar­ras.… ? Le pro­blème consiste tout autant en un déni (RAS) qu’un « renie­ment « ; fer­mer des centres ivg et réduire le bud­get des plan­nings voilà une bonne manière d’entraver notre libre arbitre!
    30 ans de lutte pour ça?

    Je crains que sans la pré­sence des hommes la lutte ne soit per­due d’avance!
    Unissions-nous

  6. leslie dit :

    Bon­jour a toutes,

    J’espère ne jamais avoir a vivre cette situa­tion qu’est l’IVG, je ne sais pas com­ment je réagi­rais, si j’irais bien (merci !)ou si au contraire je vivrais l’avortement comme une épreuve.
    J espere ne jamais avoir a me tes­ter sur ce sujet.

    Ceci étant dit, votre com­bat me touche, il me semble néces­saire.
    Ca fait du bien de lire une autre pen­sée poli­ti­que­ment incor­recte qui lutte contre les dis­cours mora­li­sants et qui donne enfin une nou­velle voie de reflexion et de pen­sée.
    bravo a vous, en espe­rant que votre blog aide à l’ouverture d’esprit de tous. Vous oeu­vrez pour une cause primordiale.

    Les­lie

  7. Benjamin dit :

    Bon­jour, et bravo pour l’idée de ce site, et sur­tout pour ce gros tra­vail de décul­pa­bi­li­sa­tion que vous faites. J’ai juste une remarque, qui pourra vous sem­bler idiote, mais, de façon pro­fonde, je ne crois pas qu’elle le soit… Donc, dans ce petit dessin-logo, une chose me choque beau­coup : cet homme hys­té­rique qui semble per­son­ni­fier la culpa­bi­li­sa­tion de l’avortement. Il me laisse ce goût amer du connard mas­cu­lin, et ça ne me parait pas ano­din. Certes, il fal­lait bien per­son­ni­fier cette culpa­bi­li­sa­tion, et, après tout, un homme repré­sente l’ordre éta­bli, mas­cu­lin notam­ment. Mais en y réflé­chis­sant davan­tage, l’exigence de mater­nité, la culpa­bi­li­sa­tion des femmes ayant avorté, et même, par exten­sion, le condi­tion­ne­ment des femmes à un rôle de nour­ri­cière ne me parait pas plus porté par les hommes que par les femmes. C’est même le contraire, me semble-t-il. Je ne parle pas ici de la domi­na­tion mas­cu­line dans la majeure par­tie de notre société (fonc­tions, salaires, pré­ca­rité essen­tiel­le­ment fémi­nine), mais bien de ce rôle condi­tionné de femmes-reproductrices : je crois même qu’à ce sujet, de par leur concep­tion de la mater­nité obli­ga­toire qui leur per­met de « s’accomplir en temps que femme », ces pen­sées rétro­grades me semblent davan­tage por­tées par les femmes elles-mêmes. Le syn­drome de la ser­vi­tude volon­taire, sans doute. Ou, plus sim­ple­ment, l’incapacité à remettre en cause les rôles sociaux qui nous sont attri­bués… Car de la même façon que l’antiracisme n’est pas l’apanage des oppri­més, le fémi­nisme ne l’est pas des femmes…

    J’espère que ma remarque sera matière à dis­cus­sion…
    Bonne conti­nua­tion !
    Benjamin.

    • Tanxxx dit :

      Bon… je suis bien évidem­ment d’accord sur le fond… mais faut pas perdre de vue qu’il s’agit d’un des­sin saty­rique (bon sang, com­bien de fois ai-je du jus­ti­fier ce genre de choses, et com­bien de fois ai-je lu des âne­ries concer­nant le des­sin de presse !). On pour­rait mettre une femme à la place, mais là encore, on va crier au scan­dale. Mettre quoi, alors, une chose informe, un extra-terrestre, un catho, un élu, un méde­cin ? quoique je mette en face de cette pauvre femme, on trou­vera tou­jours à redire, et ça sera tou­jours sujet à dis­cus­sion, et on criera à la cari­ca­ture. Et c’est bien nor­mal, c’en est une.
      Ne rien mettre face à cette femme ? non plus : il s’agit bien de per­sonnes, en face d’elle, pas de choses informes, dés­in­car­nées. Déshu­ma­ni­ser la per­sonne en face est aussi dan­ge­reux. Alors oui, j’ai des­siné un homme, mais sans pen­ser que l’homme était seul à désap­prou­ver ce genre d’opération, ou que l’homme était le mal (le mâle ahah), mais comme « homme uni­ver­sel », à la limite, il n’est pas sexué, ou plu­tôt, il englobe les deux sexes. Il ne fau­drait pas non plus cari­ca­tu­rer mon pro­pos ou inter­pré­ter de tra­vers, et je tombe un peu des nues…

    • Laurence dit :

      Moi je trouve cou­ra­geux qu’un homme se reven­dique fémi­niste. Mais, force est de consta­ter Ben­ja­min, qu’ils sont peu nom­breux dans ce cas. Pour ma part, les tou­bibs ren­con­trés avant de pra­ti­quer l’IVG étaient des hommes. Et je peux te dire que l’ignorance, voire l’obscurantisme de cer­tains géné­ra­listes quant à la sexua­lité sont vrai­ment (com­ment dire?) ben, en fait, j’ai du mal à trou­ver le qua­li­fi­ca­tif, ça me laisse sans voix!

  8. mebahel dit :

    « J’espère que ma remarque sera matière à dis­cus­sion…« 
      Je trouve cette phrase de Ben­ja­min très paternaliste.

    Mais pour reve­nir au fond:
    le des­sin d’homme comme repré­sen­tant du ‘mas­cu­lin neutre’, ca se tient,
    l’autre chose qui se tient, c’est que pour faire un bébé il faut des gamètes femelles et mâles, donc bon…
    Mais sur­tout, le condi­tion­ne­ment des femmes, qui com­mence avant même la nais­sance, a pour effet de leur faire croire à leur propre domi­na­tion comme un fait de nature, et cela part de la domi­na­tion du groupe social hommes sur le groupe social femmes.
    A noter que si h et f sont alié­nés à des rôles de genre, seules les femmes sont domi­nées, et que si elles croient s’accomplir en tant qu’individues par la mater­nité, c’est bien parce que c’est ce que le sys­tème sexiste leur laisse comme voie ‘sacrée’ et… étroi­te­ment liée à leur biologie.

  9. Nicole dit :

    Bon­jour à tous
    encore merci à Simone VEIL et son cou­rage et merci à toues ces
    femmes qui se sont bat­tues pour que
    ce droit existe. J’ai fait une IVG médi­ca­men­teu­seà 45ans aprés
    avoir eu 2 enfant et des années de pillule et sté­ri­let j’avais
    décidé de tout arrê­ter (marre des hor­mones) et mon mari avait une
    vasec­to­mie de pro­gram­mée mais pas de chance pré­ser­va­tif qui craque
    et me voila confronté à ce sou­cis mais grace au numéro donné par
    le plan­ning fami­lial j’ai pu trou­ver un méde­cin pra­ti­quant l’IVG
    médi­ca­men­teuse et cela a été réglé en 1 semaine.je n’ai eu aucun
    sen­ti­ment de culpa­bi­lité et aucun pro­bléme de choix je ne regrette
    en rien ma démarche et mon mari s’est fait opéré et depuis plus de
    pro­bléme. merci encore au plan­ning familial

  10. Sylvette dit :

    Je ne me suis jamais faite avor­ter, mais de nom­breuses amies y sont pas­sées. 18 ans en 1975, les aînées s’étaient bat­tues pour la pilule et je n’ai pas lâché mon petit cachet quo­ti­dien jusqu’au moment où j’ai choisi d’avoir un enfant ! et puis la chance aussi, j’ai réussi à pas­ser au tra­vers. Mais ma jeu­nesse a été ber­cée par les his­toires sor­dides de mes tantes qui avaient failli mou­rir entre hémor­ra­gies et infec­tions, par mes copines qui, avant 75, par­taient en car qui en Angle­terre, qui en Hol­lande.
    Ce com­bat que nous avons mené dans les années 70/80 d’abord pour léga­li­ser l’avortement, puis pour le rem­bour­se­ment de l’IVG et de la contra­cep­tion, est loin d’être gagné. Actuel­le­ment, les méde­cins des centres IVG sont encore nom­breux à être de vieux mili­tants ; la pro­blé­ma­tique actuelle est liée non seule­ment à la dimi­nu­tion dras­tique des cré­dits affec­tés à l’hôpital, mais aussi au rem­pla­ce­ment de toute une géné­ra­tion de méde­cins qui vont par­tir à la retraite. Quel jeune tou­bib va déci­der de nos jours de « faire car­rière » dans un centre IVG ??
    Quant aux rem­bour­se­ments, ils ont été lar­ge­ment détour­nés car très peu de contra­cep­tifs et notam­ment de contra­cep­tifs oraux sont aujourd’hui rem­bour­sés.
    Devant la poli­tique actuelle de ren­ta­bi­lité imposé à l’hôpital, devant la dimi­nu­tion dras­tique des sub­ven­tions ver­sées aux asso­cia­tions (type pla­ning fami­lial), devant les fer­me­tures des hôpi­taux de proxi­mité par­tout sur le ter­ri­toire et donc de la fer­me­tures de lits, je crains que l’IVG devienne le parent pauvre de l’hôpital. Cet assè­che­ment finan­cier est la menace majeure qui plane sur le libre choix des femmes. Le com­bat n’est pas ter­miné et quand on compte le nombre de complets-vestons qui occupent les bancs du Sénat et de l’Assemblée Natio­nale, quand on voit com­ment le pré­sident de la Répu­blique s’est débar­rassé d’un revers de main de la seule élec­tion pari­taire qui exis­tait en France (conseillers régio­naux élus sur scru­tin de liste à parité obli­ga­toire), on com­prend qu’il y a encore du bou­lot !
    Alors bravo pour ce blog et … aux armes, citoyennes !

  11. touteouïe dit :

    Bon­jour. Merci de ce site et de vos temoi­gnages que j’ai eu besoin de lire. Non je n’ai pas pra­ti­qué l’ivg mais ma mère l’a fait et elle vit encore aujourd’hui très mal la chose, ce qui m’a laissé beau­coup d’interrogations (pour­quoi me choi­sir moi comme la confi­dente de ses pro­blèmes?), un peu de tris­tesse (puisque je ne peux jamais savoir ce qu’aurait été notre vie avec un petit frère ou une petite soeur), et même des remords (puisque je me suis tou­jours deman­dée si l’enfant que j’étais aurait pu appor­ter un meilleur sou­tien à ma mère en ce moment de sa vie). Lire votre site m’a per­mis de (1) mieux com­prendre le point de vue des femmes qui ont vécu l’ivg, et (2) com­prendre que je n’ai pas besoin de por­ter le far­deau de ma mère, que son choix et la manière dont elle le vit n’appartiennent qu’à elle. Je vais mieux, merci.

  12. LaMarguerite dit :

    Je n’ai pas avorté. Mais ça pour­rait arriver.

    On n’est jamais à l’abri d’une contra­cep­tion défaillante, d’un défaut de prise, d’un acci­dent quel­conque de la fécondité.

    J’ai un petit gar­çon, et je vais bien­tôt à nou­veau avoir un enfant. J’ai 26 ans, et je me donne jusqu’à 30 ans pour en avoir fini avec les gros­sesses et accou­che­ment. Dans tous les cas, je n’irai pas au delà de trois enfants, et je n’aurai pas d’enfants après 30 ans.

    Pour des rai­sons per­son­nelles : je veux pro­fi­ter jeune d’une famille, mais jeune encore aussi de ne plus avoir les mioches à la mai­son. Je veux éga­le­ment une chance de me recon­ver­tir encore jeune pro­fes­sion­nel­le­ment et de faire car­rière, éven­tuel­le­ment. Je veux pou­voir ache­ter une mai­son, mettre de côté pour les études des enfants, pour mes vieux jours, pour me payer les voyages que j’ai sacri­fiés jusqu’à présent.

    Et je ne veux pas qu’une gros­sesse non dési­rée me force à aban­don­ner tout cela.

    Mon homme non plus.

    Si donc mal­gré une contra­cep­tion et au delà de l’âge ou du nombre maxi­mum d’enfants que je me suis fixée, je devais tom­ber enceinte, j’avorterais. Sans regrets, ni remords, ni état d’âme.

    Et j’irai bien, merci.

    Et comme j’ai vécu un pre­mier accou­che­ment foutu en l’air par le corps médi­cal, je serai assez blin­dée pour me foutre com­plè­te­ment des juge­ments, des pro­pos culpa­bi­li­sants de la part des « soi­gnants », pour repous­ser la boîte de mou­choir insi­dieu­se­ment ten­due vers moi.

    Je n’aurai pas envie de pleu­rer, je ne me sen­ti­rai pas mal, je serai gaie comme un pin­son, parce que j’aurai pris la bonne décision.

    Je ne pleu­re­rai pas de dépit face aux paroles de juge­ment, comme cette amie, qui à 28 ans a avorté parce que le géni­teur ne vou­lait pas assu­mer sa par­ti­ci­pa­tion et son rôle ans l’histoire. Contrai­re­ment à elle, je sau­rai que j’ai pris la bonne déci­sion, et je n’aurai pas envie de pleurer.

    J’irai bien. Merci.

  13. moi dit :

    j’ai avorté hier..
    je vais TRES bien merci ! mieux même !
    je souffre d’acouphènes depuis 6 ans, une contra­cep­tion hor­mo­nale étant décon­seillée, j’ai atten­due (??), enfin, plu­tôt laissé trai­ner le moment d’aller chez mon gygy pour un sterilet..faut dire qu’il a la trem­blote alors…hahem, c’est mon bide quand même..!
    bref„ le temps d’en trou­ver un autre, de cal­cu­ler (faut croire que je ne sais plus faire ça), paf, test ++ !
    le choc m’a causé une pous­sée d’herpes !
    ensuite, les 4 semaines sui­vantes n’ont été que nau­sées, fatigues, dou­leurs dans le dos, les seins, sautes d’humeur, et mas­sacre de mon régime WW..!
    en gros, j’attendais avec grande impa­tience mon pre­mier rdv au plan­ning fami­lial.
    mais là…
    à mul­house, voilà qu’il n’y a de pre­mier rdv que dans 3 semaines !
    j’ai contacté alors une mater­nité plus près de chez moi, celle ci ferme son ser­vice d’orthogénie pour les vacances (c’est vrai, per­sonne ne tombe enceinte en juin juillet et aout, les zigo­tos de mon­sieur sont aussi en congés hein ??) et bel­fort, un vrai par­coure du com­bat­tant.
    alors, je me suis rabat­tue sur un site du gou­ver­ne­ment, recen­sant tout les ser­vices hos­pi­ta­liers pra­ti­quants les ivg dans ma région..j’ai contacté celui de thann..rdv 1 semaine après, pour ivg 7 jours plus tard…
    …l’infirmière qui m’a prise en charge hier s’est dite éton­née et ravie de me voir aussi posi­tive ! tant mieux..à bas la culpa­bi­lité.
    je ne suis pas qu’un ventre sur pattes, je suis moi..et par cet acte, je le suis rede­venu pour moi déjà, pour mon mari qui ‚quoi que silen­cieux sur le sujet, m’a sou­te­nue, et pour mes deux enfants aussi (12 et 2 ans) et enfin, pour mes col­lègues qui je l’admet, devaient se taper une râleuse qui trai­nait des pieds à lon­gueur de journée !

    pre­mière écho..« il est tout petit, vous inquiè­tez pas »…(top ! )
    la gygy était super, ma très bien conseillée en fonc­tion de mes contraintes, m’a décom­plexée avec tout ça ! dis­cours que je n’ai jamais enten­due avant !
    jour J : arri­vée à 8h pile, prise en charge par une infir­mière super sympa, qui explique bien le dérou­le­ment de la mati­née, de la prise des médocs, le pro­to­cole en cas de dou­leurs, passe régu­liè­re­ment, bref, aux petits soins..
    nous étions deux dans la chambre, une autre maman comme moi, avec deux enfants et qui n’en vou­lait plus non plus..
    moi qui pen­sait pas­ser une jour­née de m…e, fina­le­ment, ça été..le pas­sa­ger clan­des­tin a été débar­qué assez rapi­de­ment, plus vite que je ne pen­sais, les dou­leurs gérables vu que j’avais tout ce qu’il fal­lait..
    sorti vers 15h.
    depuis, je peux man­ger à nou­veau sans me sen­tir mal, j’ai de nou­veau mon punch habi­tuel et je me sens MOI !
    donc désolé petit bout, tu est deve­nue une nou­velle petite étoile là haut, par­donne moi de ne plus pen­ser à toi, mais tu as plus de place là haut que ici bas !
    voilà, J’AI AVORTE ET JE VAIS TRES BIEN MERCI !

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