A y est, vous pouvez réclamer notre livre à votre libraire

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Notre livre est depuis le 18 avril dis­po­nible chez votre libraire si sa librai­rie est une bonne librai­rie. Sinon, commandez-le.

Il est pré­facé par Carine Favier, pré­si­dente du Mou­ve­ment fran­çais pour le plan­ning fami­lial et Danielle Gau­dry, membre du bureau confé­dé­ral du plan­ning fami­lial, char­gée de la com­mis­sion avortement.

Voici le début de l’introduction :

Avant 1975, en France, les femmes avortent dans la clan­des­ti­nité et à leurs risques et périls. Beau­coup en meurent ou sont muti­lées à vie. Cha­cune fait ce qu’elle peut, en fonc­tion de son car­net d’adresse et de ses moyens. Cer­taines ont assez d’argent pour aller avor­ter dans quelque cli­nique suisse ou anglaise, tan­dis que d’autres se retrouvent sur la table de cui­sine « d’une fai­seuse d’anges », entre la mar­mite de pot-au-feu et le buf­fet en for­mica, en échange de quelques billets. D’autres encore sont obli­gées de se débrouiller seules et uti­lisent ce qu’elles peuvent pour s’avorter : « aiguille à tri­co­ter, baleine de para­pluie ou de cor­set, épingle à che­veux » mais aussi « des bigou­dis, des scou­bi­dous, des tuyaux d’aquarium, des piques (que les ven­deuses uti­li­saient pour mar­quer les prix) […] des ciseaux, des four­chettes, des branches d’arbre, des tiges de lierre ou de per­sil, des os de pou­let, du fil de fer, du fil élec­trique, un bout de bois » (GAUTHIER (Xavière), Paroles d’avortées, quand l’avortement était clan­des­tin, La Mar­ti­nière, 2004, pages 20–21.).

Quelles que soient les condi­tions, avant 1975,lorsqu’une femme est déter­mi­née à avor­ter, elle doit sup­por­ter le pire. Com­bien d’entre elles sont allées tra­vailler avec une sonde intro­duite dans l’utérus, souf­frant le mar­tyre dans l’espoir d’interrompre une gros­sesse dont elles ne veulent pas ? Gisèle Halimi raconte ainsi qu’elle a plaidé des jours entiers au tri­bu­nal, avec une sonde sous sa robe d’avocate. Pen­dant le pro­cès, elle se tient debout, mal­gré « une dou­leur intolérable,fulgurante », des « ver­tiges [qui lui] brouillaient la vue » et « une fatigue atroce » (HALIMI (Gisèle), La cause des femmes, Gras­set, 1973, pages 47.). Pour déclen­cher l’avortement, les femmes essaient de pro­vo­quer une infec­tion. Cer­taines arrivent à l’hôpital à temps :la gros­sesse est inter­rom­pue et l’infection peut se soi­gner ;d’autres arrivent trop tôt, et repartent avec leur gros­sesse etquelques médi­ca­ments pour soi­gner l’infection. Et puis il y acelles qui n’arrivent jamais à l’hôpital ou qui arrivent trop tard, alors que l’infection ne peut plus être enrayée : elles perdent alors leur uté­rus, leurs trompes ou leur vie, à la suite d’une sep­ti­cé­mie, d’une hémor­ra­gie ou d’une embolie.

De nombreux-ses militants-es luttent contre cette situa­tion into­lé­rable. En avril 1971, 343 femmes prennent le risque de décla­rer publi­que­ment avoir avorté, et ainsi enfreint l’article 317 du code pénal fran­çais. Ce fai­sant, elles s’exposent à une peine allant jusqu’à deux ans d’emprisonnement si le Minis­tère public­choi­sit de les pour­suivre – ce qu’il ne fit pas. Par cet acte de déso­béis­sance civile, les femmes signa­taires du Mani­feste des 343ont contri­bué à faire de l’avortement une ques­tion poli­tique. Il fau­dra encore quatre années d’âpres luttes (Ces luttes furent menées par des femmes, des méde­cins, des avocat-es… On se sou­vient par exemple du MLAC (Mou­ve­ment pour la liberté de l’avortement et de lacon­tra­cep­tion), du MFPF (Mou­ve­ment fran­çais pour le plan­ning fami­lial), ou encore de l’association « Choi­sir la cause des femmes », fon­dée notam­ment par Gisèle Halimi.) pour que soit – dif­fi­ci­le­ment – votée une loi auto­ri­sant le recours à l’avortement.

Cette loi, d’abord votée pour un temps défini (cinq années) est arra­chée dans un cli­mat d’une grande vio­lence, notam­ment vis-à-vis de la ministre de la Santé, Simone Veil, qui essuie de nom­breuses insultes. Mais la loi est là. Elle per­met enfin aux femmes d’avorter dans de bonnes condi­tions sani­taires, au sein d’hôpitaux fran­çais et sans ris­quer leur vie. Mieux, dès 1982, l’acte est enfin rem­boursé par la Sécu­rité sociale. Mais l’avortement est sou­mis à de nom­breuses condi­tions : les femmes doivent obli­ga­toi­re­ment se rendre à un « entre­tien social » avant chaque IVG, l’avortement n’est auto­risé que dans un délai de 12 semaines d’aménorrhée (absence de règles), soit dix semaines de gros­sesse, et les jeunes femmes mineures doivent obte­nir le consen­te­ment de leurs parents pour béné­fi­cier d’une IVG. Il fau­dra attendre 2001 pour que le délai légal passe de 12 à 14 semaines d’aménorrhée (soit de 10 à 12 semaines de gros­sesse), que l’entretien préa­lable obli­ga­toire soit sup­primé pour les femmes majeures, et que les mineures puissent avor­ter sans le consen­te­ment de leurs parents.

Dix années après la loi de 2001, trente-cinq ans après la loi Veil et plus de qua­rante années après le Mani­feste des 343, où en sommes-nous avec l’avortement ? C’est ce que nous vous pro­po­sons de décou­vrir à tra­vers les témoi­gnages de femmes, de militant-es et de soignant-es.

« Vous devez vous sen­tir cou­pable » Notre action a débuté à l’occasion des 40 ans du Mani­feste des 343, en avril 2011. Nous, filles des 343, avons sou­haité don­ner à nou­veau la parole aux femmes, pour lut­ter contre la culpa­bi­lité et le silence dans les­quels, encore actuel­le­ment, sont enfer­mées celles qui décident d’interrompre volon­tai­re­ment leur gros­sesse. À tra­vers les témoi­gnages que vous allez lire, se des­sine l’image de l’avortement aujourd’hui en France – et cette image est, c’est le moins que l’on puisse dire, contrastée.

Com­men­çons par ce qui est encou­ra­geant. Les femmes venues témoi­gner sur le site IVG : je vais bien, merci !  sont com­ba­tives et lucides. Conscientes que ce droit fon­da­men­tal est sans cesse menacé, elles ne semblent pas prêtes à bais­ser la garde.

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Un an et Un livre !

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Le site « IVG, je vais bien, merci ! » a un an !

L’année der­nière, alors que le Mani­feste des 343 fêtait ses 40 ans, nous avons décidé de créer un espace de parole décul­pa­bi­lisé et décul­pa­bi­li­sant sur l’avortement. 

Nous en avions assez qu’une majo­rité de médias, de poli­tiques et de méde­cins pré­sentent sans cesse l’avortement comme un drame et un trau­ma­tisme dont on ne se remet­trait pas. Selon nous, ces dis­cours sur l’avortement sont des slo­gans éloi­gnés de ce que vivent la grande majo­rité des femmes, ils ont pour but de les effrayer et de les culpabiliser.

Aussi, nous avons voulu dire :

  • Nous en avons marre que l’on nous dicte ce que nous devons pen­ser et ressentir;
  • Nous en avons assez de cette forme de mal­trai­tance poli­tique, média­tique, médicale;
  • Nous disons haut et fort que l’avortement est notre liberté et non un drame;
  • Nous décla­rons avoir avorté et n’avoir aucun regret : nous allons très bien !

Nous avons lancé un appel et une péti­tion, qui a pour l’instant recueilli près de 3000 signa­tures, et que vous pou­vez tou­jours signer en vous ren­dant à l’adresse http://jevaisbienmerci.net/

UN AN, UN LIVRE !

J’ai avorté et je vais bien, merci : le livre !

Depuis avril 2011, nous avons recueilli sur ce site plus de 250 témoi­gnages de femmes qui ont avorté, et vont très bien (merci !).

Nous vou­lions abso­lu­ment que ces témoi­gnages puissent être lus et par­ta­gés par un maxi­mum de femmes : nous avons donc décidé de les ras­sem­bler dans un livre.

Sa sor­tie est pré­vue pour le 18 avril pro­chain, mais vous pou­vez déjà l’acheter en ligne, sur le site des éditions la ville brûle.

 

 

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Les avortées décomplexées contre les cathos intégristes

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Samedi 31 mars, les cathos inté­gristes ont orga­nisé, comme chaque mois un ras­sem­ble­ment devant le centre IVG de l’hôpital Tenon.

Une contre-manifestante a uti­lisé le titre de notre livre à venir.

Et d’autres femmes sont venues spon­ta­né­ment signer sa pancarte.

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J’ai avorté à 17 ans, et je vais bien, merci !

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Selon le grand Pro­fes­seur Nisand, sa col­lègue gyné­co­logue Bri­gitte Letombe et Sophie Mari­no­pou­los, psy­cha­na­lyste, il fau­drait «  s’inquiéter du recours à l’avortement des jeunes  ».

Ces trois pro­fes­sion­nels, qui affirment écou­ter les femmes, disent n’avoir jamais « ren­con­tré de femmes pour qui l’avortement a[it] consti­tué «un événe­ment fon­da­teur de leur vie d’adulte». Pour eux, il s’agit même d’une «  énor­mité ». Les énor­mi­tés les saluent donc bien bas et leur pré­sentent quatre témoi­gnages de jeunes femmes ayant avorté à 17 ans. L’une d’elle, dit gar­der «  une dent très nette contre cer­tains méde­cins, qui pro­jettent leur concep­tion du monde et leurs idées sur leurs patients, et peuvent cau­ser des trau­ma­tismes dont ils ne sont sans aucun doute pas conscients.  » (Lili) , une autre écrit : «  Je n’ai jamais res­senti de regret, de peine ou d’hésitation, depuis le depart tout était trés clair pour moi et je pense que cette expe­rience m’aura fait gran­dir et murir.  » (Claire) ; la troi­sième affirme : «  J’ai 17 ans, je suis lycéenne et je ne regrette pas une seconde ma déci­sion  ». (Lou) ; et la qua­trième, enfin, déclare n’avoir  « pas vécu cette période comme dif­fi­cile, ni même mar­quante  » (Hélène).

Puisque ces trois pro­fes­sion­nels se targuent d’écouter les femmes, en voici ! Et s’ils se demandent pour­quoi ils n’entendent pas ces paroles dans le cadre de leur pra­tique, qu’ils s’interrogent sur les effets de cen­sure que leurs repré­sen­ta­tions impriment sur les femmes qu’ils reçoivent…

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Avortement aux Etats-Unis: des projets de lois comme s’il en pleuvait

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Les pro­jets de lois pour limi­ter, entra­ver, et abo­lir de fait, le droit des femmes à l’avortement se mul­ti­plient aujourd’hui sur tout le ter­ri­toire USaméricain.

Les répu­bli­cains (en par­ti­cu­lier) se sont fait une spé­cia­lité de ten­ter d’abolir, sans y arri­ver, tou­te­fois, l’arrêt Roe v. Wade, qui recon­naît l’avortement depuis 1973 comme un droit constitutionnel.

Cepen­dant, les groupes anti-IVG sont par­ve­nus à rendre l’avortement tou­jours plus dif­fi­cile d’accès, grâce à la com­pli­cité des élus de cer­tains états qui, soit ont omis volon­tai­re­ment de prendre des mesures pour faire appli­quer le droit à l’avortement, soit ont adopté des lois sour­noises pour le limi­ter – qu’il s’agisse du rem­bour­se­ment de l’acte, d’examens obli­ga­toires à la charge de la patiente, d’obligation de consul­ter un « cabi­net de conseils » en matière de soins repro­duc­tifs ou de l’inaccessibilité des centres d’IVG.

Sans par­ler de l’autorisation de se pré­va­loir de la « clause de conscience » pour les per­son­nels soi­gnants, les phar­ma­ciens ou les centres hos­pi­ta­liers, de l’indifférence des auto­ri­tés au har­cè­le­ment et aux menaces que subissent les per­son­nels de ces centres, leurs familles et les femmes qui s’y rendent pour avorter.

Cela, en vertu du 1er Amen­de­ment qui garan­tit la liberté d’expression et la liberté de conscience en matière de religion.

Mal­gré cela, ces mesures ne sont tou­jours pas satis­fai­santes pour le lobby anti-avortement, qui revient à la charge avec d’autres pro­jets de loi visant à por­ter un coup fatal à la loi sur l’IVG, et qui est sou­tenu par cer­tains élus des congrès des états qui débordent d’imagination pour inter­dire aux femmes – et plus par­ti­cu­liè­re­ment aux plus dému­nies — l’accès à l’IVG.

Après la Vir­gi­nie, le Texas, et l’Iowa , entre autres,  c’est main­te­nant au tour de la Loui­siane de remettre sa copie au Congrès de l’état.

L’état de Loui­siane pré­sente aujourd’hui un pro­jet de loi qui inter­dira à qui­conque de pra­ti­quer des avor­te­ments s’il n’est pas méde­cin agréé.

Selon NOLA.com (publié le 1 mars 2012) :

« Les avor­te­ments pra­ti­qués par toute per­sonne qui n’est pas doc­teur en méde­cine accré­dité par l’état de Loui­siane seraient consi­dé­rés comme un crime en vertu de la loi pro­po­sée jeudi 1 mars par le séna­teur démo­crate Rick Ward III. Ward  a déclaré que sa pro­po­si­tion de loi concer­ne­rait les infirmier-ère-s diplomé-e-s d’état, les infir­miers auxi­liaires, les assis­tants des méde­cins, les aides-soignant-e-s et ceux qui n’ont reçu aucune for­ma­tion médicale.

Le pro­jet de loi de Ward intro­duit la notion d’ »homicide volon­taire aggravé par le démem­bre­ment du fœtus » quand ceux qui ne sont pas doc­teurs en méde­cine se seront ser­vis de pinces, de for­ceps ou d’autres moyens pour démem­brer le fœtus au cours de l’avortement. Qui­conque accusé de ce crime serait pas­sible d’une peine de un à dix ans de pri­son, d’un amende entre 10 000 et 100000 dol­lars, ou à la fois d’une amende et d’une peine de prison.

Un autre aspect inté­res­sant de ce pro­jet de loi, c’est que les méde­cins doivent attes­ter par écrit qu’une femme qui a subi une inter­ven­tion à la suite d’un avor­te­ment spon­tané ou d’une gros­sesse qui se pas­sait mal, néces­si­tait vrai­ment une inter­ven­tion pour ce motif, en joi­gnant à son dos­sier les docu­ments et écho­gra­phies prou­vant le diag­nos­tic du médecin ».

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Viol légal : lois sur l’échographie transvaginale en Virginie, au Texas, et dans l’Iowa

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Titre ori­gi­nal: «  State-Sanctioned Rape: Trans-Vaginal Ultra­sound Laws in Vir­gi­nia, Texas, and Iowa  », par Andy Kopsa, 15 février 2012. (Tra­duc­tion, emcee)

La Vir­gi­nie s’apprête à faire signer au gou­ver­neur Bob McDon­nell deux des pro­po­si­tions de loi les plus abjectes contre l’avortement. Le gou­ver­neur, les yeux bra­qués sur le poste de vice-président, a annoncé qu’il comp­tait rati­fier au moins une des deux pro­po­si­tions de loi, si ce n’est les deux. La pre­mière concerne l’obligation qu’auront les femmes de subir une écho­gra­phie trans­va­gi­nale pour obte­nir l’autorisation d’avorter.

ultrasound
Illus­tra­tion de l’article ori­gi­nal « State-Sanctioned Rape: Vile Trans-Vaginal Ultra­sound Laws in Vir­gi­nia, Texas, and Iowa », mon­trant l’introduction de la sonde dans le vagin pour l’examen.

Comme d’autres pro­po­si­tions de loi qui ont été reje­tées, celle de Vir­gi­nie inter­di­rait non seule­ment l’avortement mais égale­ment cer­tains moyens de contra­cep­tion hormonale.

Si le gou­ver­neur a déclaré qu’il réflé­chi­rait sur le sta­tut de per­sonne pour l’embryon, il a clai­re­ment dit qu’il rati­fie­rait celle qui concerne l’obligation de subir une écho­gra­phie. Mais appe­lons cet acte de son vrai nom : un viol légal.

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Nouvelle menace sur le droit à l’avortement : payer les femmes pauvres pour qu’elles y renoncent

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Les grands esprits réac­tion­naires se ren­contrent. La région du Pié­mont en Ita­lie a pour pro­jet de ver­ser une allo­ca­tion de 250 euros pen­dant un an et demi aux femmes qui renoncent à avor­ter pour cause de pau­vreté, tan­dis qu’en Alle­magne, une petite caisse d’assurance mala­die pro­met 300 euros de prime aux femmes qui s’engagent à ne pas avor­ter en adhé­rant à l’association Prolife.

En Ita­lie

Chèque anti IVG, le pre­mier oui !

Pour qui renonce à avor­ter, 250 euros par mois pen­dant un an et demi

Une contri­bu­tion finan­cière qui crée déjà la polé­mique, avant même son appro­ba­tion défi­ni­tive par le Conseil Régio­nal. La com­mis­sion Bilan­cio de la Région Pié­mont a donné son accord à la créa­tion d’un fond des­tiné à sou­te­nir toutes les femmes qui renon­ce­ront à avor­ter si leur déci­sion a été prise à cause de pro­blèmes économiques.

Ce fond, dure­ment cri­ti­qué par les asso­cia­tions laïques et fémi­nines de tout le pays et par­ti­cu­liè­re­ment par la «casa delle Donne» qui tra­vaille depuis des années sur le ter­rain et offre des aides dans les domaines de la santé, des vio­lences faites aux femmes et de la mater­nité, sera dis­tri­bué sous la forme d’un chèque men­suel. Le mon­tant envi­sagé serait de 250 euros par mois pen­dant dix-huit mois.

L’approbation en Com­mis­sion d’un amen­de­ment de la loi finan­cière régio­nale pré­senté par le lea­der du groupe «Progett’Azione» du Pdl, Gian Luca Vignale, a per­mis de don­ner la voie libre à l’initiative dans les centres de consultation.

L’amendement pré­voit l’implication des centres de consul­ta­tions qui auront pour tâche de pla­ni­fier, pour chaque femme, un pro­jet spé­ci­fique per­son­na­lisé. Les béné­fi­ciaires rece­vront une carte pré­payée, sur laquelle, une fois par mois, sera ver­sée la contri­bu­tion. A condi­tion, par contre, d’être capable de prou­ver que le choix d’avorter était dû à « l’indigence ».

« Per­sonne, a com­menté sur son site le Coor­di­na­mento laico nazio­nale, ne dit com­ment feront ses femmes pour résoudre mira­cu­leu­se­ment leurs pro­blèmes en dix-huit mois si elles n’ont pas de tra­vail, pas d’allocations chô­mage suf­fi­santes, pas d’accès aux crèches ni à toutes les struc­tures sociales qui devraient sou­te­nir la famille »

La mesure est sou­te­nue par la majo­rité de centre droit Pdl-Lega Nord mais l’approbation défi­ni­tive ne sub­vien­dra qu’après l’examen du pro­jet par le Conseil Régio­nal. L’amendement n’a été approuvé que par les votes du Pdl : l’opposition de centre gauche et la Lega ont demandé que le pro­jet soit exa­miné en séance.

La Lega, par ailleurs, a déjà prévu d’autres modi­fi­ca­tions. Mario Carossa, son chef de file au Conseil Régio­nal a annoncé sa volonté d’imposer une condi­tion indis­pen­sable pour pou­voir béné­fi­cier du chèque anti avor­te­ment : la femme enceinte devra rési­der dans la région Pié­mont depuis au moins trois ans. Par contre, la pro­po­si­tion de Gianna Pen­te­nero, conseillère Pd, qui pré­co­ni­sait l’institution d’un fond pour les femmes enceintes en dif­fi­culté à par­tir du qua­trième mois de gros­sesse, ren­dant ainsi la contri­bu­tion écono­mique indé­pen­dante de la pra­tique ou non de l’IVG, a été rejetée.

Le Pd a aussi pro­testé au niveau natio­nal « Les femmes subissent les consé­quences de la crise et n’ont cer­tai­ne­ment pas besoin d’une humi­lia­tion sup­plé­men­taire » a déclaré Livia Turco qui a ajouté «  Je ne doute pas que le Conseil Régio­nal rejet­tera cette pro­po­si­tion »

ELENA LISA / TORINO / 16/02/2012

En Alle­magne

300 euros contre une pro­messe de ne pas avorter

Une caisse d’assurance mala­die alle­mande encou­rage ses membres à renon­cer à l’IVG. Une prime de 300 euros est accor­dée à la nais­sance d’un enfant, en échange d’une pro­messe solen­nelle: ne jamais avorter.

300 euros de prime pour la nais­sance d’un enfant. C’est ce qu’offre la petite caisse-maladie d’entreprise pour le com­merce, l’industrie et les assu­rances (BKK IHV) de Wies­ba­den, près de Franc­fort. A priori rien d’étonnant dans un pays à la nata­lité mori­bonde qui tente de relan­cer sa natalité.

Sauf que cette prime n’est pas allouée sans contre­par­tie. Seuls les assu­rés qui auront adhéré à l’association « Pro­Life », par­te­naire de la BKK IHV, pour­ront y avoir droit. Et pour deve­nir membre il faut faire une pro­messe solen­nelle: celle de ne jamais avorter.

Sou­tien des catho­liques conservateurs

Pro­Life est, en effet, une asso­cia­tion née en Suisse en 1989, qui milite contre l’interruption volon­taire de gros­sesse. Faire à nou­veau inter­dire l’avortement parais­sant rela­ti­ve­ment com­pro­mis, Pro­Life a déve­loppé une autre stra­té­gie: s’associer avec des caisses d’assurances mala­dies pour inci­ter les femmes à renon­cer d’elles-mêmes à l’IVG. Elle comp­te­rait actuel­le­ment 50.000 membres. Depuis 2009, l’association s’est expor­tée en Alle­magne. Et en 2010, elle est deve­nue par­te­naire de la BKK IHV.

Cette ini­tia­tive est lar­ge­ment saluée dans les milieux catho­liques conser­va­teurs. Ainsi la branche alle­mande de la contro­ver­sée confré­rie sacer­do­tale de Saint Pie X fait son éloge sur son site internet.

Dans cette caisse d’assurance mala­die peuvent être ras­sem­blés tous ceux qui se battent pour la vie »

peut-on y lire. Et la confré­rie appelle clai­re­ment à rejoindre l’association Pro­Life. Car selon elle, si les membres des autres assu­rances  « peuvent aussi refu­ser l’avortement taci­te­ment, ce renon­ce­ment silen­cieux n’est reconnu par per­sonne et cette pro­tes­ta­tion reste inau­dible » .

En fin de texte, on peut même trou­ver les indi­ca­tions pra­tiques pour rejoindre l’association ainsi qu’un lien direct vers le contrat d’adhésion.

Un conseil d’administration sous influence ProLife

A ce jour, envi­ron 1.200 des 16.000 assu­rés de la BKK IHV ont décidé de renon­cer à l’IVG au tra­vers de Pro­Life. Cepen­dant, ce posi­tion­ne­ment de la caisse d’assurance n’est pas tout à fait légal. En effet, selon la loi alle­mande, les assu­rances sont dans l’obligation de finan­cer les avor­te­ments légaux. De plus, en tant que per­sonnes morales de droit public, elles ont un devoir de neu­tra­lité. Mili­ter pour cer­tains buts idéo­lo­giques est donc interdit.

Résul­tat: la BKK IHV est actuel­le­ment sur­veillée de près par l’Office fédé­ral des assu­rances sociales (Bun­des­ver­si­che­rung­samt, BVA), l’instance étatique qui contrôle les quelques 200 caisses dans le pays. L’Office exa­mine depuis 2011 les dif­fé­rentes offres de l’assurance pour véri­fier leur légalité.

De son côté, le direc­teur de la BKK IHV, Heinz-Werner Stumpf, reste assez silen­cieux sur le sujet. Selon le maga­zine Der Spie­gel, ses seules décla­ra­tions consistent à assu­rer que les offres de sa caisse sont par­fai­te­ment conformes au droit alle­mand.  « Il ne répond aux ques­tions que par mail, et il met par prin­cipe ses avo­cats en copie » , pré­cise le jour­na­liste de l’hebdomadaire.

Et selon lui, Stumpf ne risque pas d’interrompre la coopé­ra­tion avec Pro­Life de son plein gré.

Dans cette affaire, le conseil d’administration de la BKK IHV a égale­ment son mot à dire et plu­sieurs membres de ce comité ont un pro­fil bien spé­cial : ils appar­tiennent à ProLife. »

Debo­rah Ber­lioz / Ber­lin / 16/02/2012

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IVG : quel est votre profil ?

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L’expression « IVG de confort » res­sort régu­liè­re­ment dans les médias, ou dans la bouche de porte-paroles de cer­tains par­tis poli­tiques… Rap­pe­lons que « IVG » signi­fie Inter­rup­tion VOLONTAIRE de gros­sesse. Il s’agit donc de l’interruption d’une gros­sesse sur déci­sion de la femme concer­née… et non pas « sur déci­sion [jugée accep­table par autrui] de la femme concernée ».

Répétons-le, puisque visi­ble­ment il est néces­saire de le faire… les femmes ne sont pas des abru­ties irres­pon­sables. Lorsqu’une femme prend la déci­sion de ne pas pour­suivre sa gros­sesse, sa déci­sion lui appar­tient et doit être respectée.

Si l’on juge les femmes inca­pables de prendre cette déci­sion, si on les prend pour des imbé­ciles qui avortent sans réflé­chir… alors pour­quoi ne pas établir un ques­tion­naire à l’entrée des centres IVG du type :

Bien­ve­nue, espèce d’idiote irresponsable,

Vous avez demandé à inter­rompre votre gros­sesse… Veuillez nous pré­ci­ser quelle type d’IVG vous demandez :

1. une IVG de confort : le loca­taire à l’intérieur prend trop de place, les nau­sées vous gênent, vous n’avez pas envie d’avoir d’enfant, vous êtes un monstre d’irresponsabilité et d’égoïsme.

= l’acte ne vous sera pas rem­boursé ET vous serez tondue.

2. une IVG de contra­cep­tion : c’est votre moyen habi­tuel de contra­cep­tion, étour­die comme vous êtes ; vous n’avez pas réa­lisé encore que prendre un contra­cep­tif est moins contrai­gnant que d’avorter régu­liè­re­ment (vous êtes lente), vous êtes un monstre d’irresponsabilité et d’égoïsme.

= l’acte ne vous sera pas rem­boursé ET vous serez fla­gel­lée en place publique avec un écri­teau « je suis trop stu­pide pour prendre la pilule ».

3. une IVG de plai­sir : vous êtes maso­chiste, vous aimez souf­frir (ça tombe bien, vous êtes née avec le bon sexe), vous êtes un monstre d’irresponsabilité et d’égoïsme.

= l’acte ne vous sera pas rem­boursé ET vous serez déchue de votre natio­na­lité fran­çaise (la fla­gel­la­tion vous ravirait).

4. une IVG de flemme : vous ne vou­liez pas aller bos­ser aujourd’hui, vous êtes — comme les béné­fi­ciaires du RSA — le « can­cer » de notre société, vous êtes un monstre d’irresponsabilité et d’égoïsme.

= l’acte ne vous sera pas rem­boursé ET vous serez contrainte à tra­vailler gra­tui­te­ment pour la Patrie.

5. une IVG pré­ven­tive  : vous êtes hypo­con­driaque et per­sua­dée que tout élément qui gran­dit en vous est une mala­die qui ne dit pas son nom, vous êtes un monstre d’irresponsabilité et d’égoïsme.

= l’acte ne vous sera pas rem­boursé ET tous vos exa­mens médi­caux futurs ne vous seront plus rem­bour­sés désormais.

6. une IVG fashion-victim : vous venez d’acheter une jupe en 34 et il est hors de ques­tion de ne pas pou­voir la por­ter dans 2 mois, vous êtes un monstre d’irresponsabilité et d’égoïsme.

= l’acte ne vous sera pas rem­boursé ET vous serez condam­née à faire une taille 36 (hor­reur et dam­na­tion), à por­ter un serre-tête en velours et un gilet à bou­ton doré pen­dant le reste de votre vie.

7. une IVG face­book : vous n’avez pas de vie, ça vous fera quelque chose à racon­ter, vous êtes un monstre d’irresponsabilité et d’égoïsme.

= l’acte ne vous sera pas rem­boursé ET votre connexion Inter­net sera bloquée.

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IVG : « Ce qui m’a mar­qué, c’est le silence ».

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J’ai avorté 3 fois dans ma vie. Je dois faire par­tie de celles que cer­tains dési­gne­raient comme pre­nant l’avortement pour une contra­cep­tion. Cette idée quand elle ne me met pas en colère me fait mar­rer : non mais est-ce qu’ils s’imaginent vrai­ment qu’en 20 ans de vie sexuelle je n’ai baisé que 4 fois en comp­tant mon môme ?

Conti­nue rea­ding

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IVG : « Il FALLAIT pleu­rer. L’institution nous OBLIGE à pleurer »

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C’était il y a envi­ron 5 ans. J’avais 22 ans. Si je témoigne aujourd’hui c’est sur­tout pour dénon­cer les com­por­te­ments et le mépris dont j’ai été vic­time, qui plus est, com­por­te­ments qui ont failli me coû­ter la vie.

Je me suis retrou­vée enceinte. Bizar­re­ment, je l’avais pres­senti dès la pre­mière semaine. Un jour où je ne me sen­tais pas bien, je me suis dit « je ne suis pas seule »… Allez savoir pour­quoi ?
Bref un mois plus tard, j’ai fait un test et celui-ci s’est révélé posi­tif. J’en ai tout de suite fait part à mon ami. La déci­sion a été rapide à prendre : nous étions jeunes, en couple depuis peu, étudiants, sans le sou.
Je suis donc allée très rapi­de­ment prendre un rendez-vous pour un avor­te­ment à l’hôpital. La liste d’attente était telle que j’ai eu un rendez-vous un mois plus tard, soit à 11 semaines de grossesse!

Conti­nue rea­ding

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